C.O.E (World Council of Churches)

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Glicherie
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C.O.E (World Council of Churches)

Message par Glicherie »

Merci Antoine pour cette pulication, et votre commentaire auquel j'adhère totalement.
Cependant, est-on bien sur, et cela est dans le fil aussi de ma question sur l'actualité des encycliques, qu'aujourd'hui de telles position sont encore tenues ?
Pour le Patriarcat de Moscou, en effet, cela semble posé.
Mais Constantinople ?

[Note du modérateur: ce début de message répond à un texte publié dans la rubrique "Mariage, vie de couple, sexualité"]

Que penser de la participation de l'Eglise Orthodoxe à au mouvement des hérétiques oecuménistes ?

Ce texte, par exemple de COE, trouvé sur leur site:

Les voix orthodoxes sont entendues mais pas toujours comprises



Par Olivier Schopfer (*)



Un prêtre tout en noir déambule lentement devant les murs éclatants de blancheur d'un monastère, sous un ciel bleu roi. Telle est l'image "carte postale" que beaucoup de chrétiens occidentaux ont du monde orthodoxe. La réalité est beaucoup plus riche et variée. Les chrétiens orientaux représentent une importante part de la chrétienté, présente dans des contextes très variés, souvent aux marges du "monde chrétien", et donc en contact étroit avec d'autres religions notamment l'Islam.

Le Grand Schisme de 1054 a marqué la rupture entre la chrétienté occidentale et la chrétienté orientale, qui se désignera elle même comme "orthodoxe", c'est à dire "ayant conservé la juste manière de glorifier Dieu". Les raisons de cette séparation sont théologiques, mais surtout politiques, notamment la réaction à l'importance croissante du pouvoir temporel du pape.

L'histoire récente a laissé des traces profondes au sein des Eglises orientales. Beaucoup d'orthodoxes se sont retrouvés en diaspora en Occident, tandis que d'autres ont subi l'ère communiste, avec son cortège de vexations. En raison de ces parcours différents, un orthodoxe parisien n'aura pas nécessairement les mêmes références que son coreligionnaire moscovite! De plus, les Eglises d'Europe de l'Est sont dans des situations très diverses selon les pays. Certaines sont très proches de l'Etat, d'autres pas du tout. Le monde orthodoxe est loin d'être aussi uni qu'il peut paraître.

Les Eglises orthodoxes ont été parties prenantes du mouvement oecuménique dès ses débuts. Elles se sont également rapprochées de l'Eglise catholique romaine. Elles ont pourtant souvent été mal comprises, au point de se sentir mises à part et systématiquement minorisées.

Ces incompréhensions ont créé des tensions, qui ont été jusqu'à conduire certaines Eglises orthodoxes à envisager de se retirer du Conseil Oecuménique des Eglises (COE). Pour tenter d'y remédier, une commission spéciale a été créée qui, au terme d'un travail approfondi, a publié un ensemble de recommandations visant à mieux respecter les différentes sensibilités. Ces recommandations portent notamment sur la manière de prendre des décisions, la manière de célébrer ensemble, ou encore les différentes façons pour une Eglise de se rattacher au COE.

La réunion plénière de la commission de Foi et constitution du COE, qui se tient à Kuala Lumpur du 28 juillet au 6 août, est une bonne occasion de faire le point.

Des voix qui se font entendre

A la question "les voix orthodoxes sont-elles aujourd'hui entendues, notamment ici, au sein de Foi et constitution?", nos interlocuteurs ont répondu unanimement par l'affirmative, et s'accordent à voir une évolution frappante en terme de nombre de prises de paroles. Ils l'attribuent principalement aux travaux de la commission spéciale, qui ont donné confiance aux Eglises orthodoxes, en particulier sur le fait qu'elles ne risquaient plus d'être liées contre leur gré par des décisions prises par les organes du COE dans lesquelles elles auraient été minoritaires. En effet le modèle de prise de décision qui devrait s'appliquer dès l'Assemblée du COE à Porto Alegre en 2006, est basé sur la recherche d'un consensus, plutôt que sur un système majoritaire qui fait toujours des perdants.

"Pour la première fois, dans mon expérience, les voix orthodoxes sont très constructives, et largement prises en considération, notamment dans la discussion sur le baptême ou celle sur l'ecclésiologie", nous a déclaré le métropolite Gennadios de Sassima, du patriarcat oecuménique de Constantinople, qui est vice-modérateur de la commission Foi et constitution. "Lors d'une réunion préparatoire, j'ai prié les orthodoxes de prendre une part plus active aux débats, et ils l'ont fait" a-t-il ajouté.

Le père Heikki Huttunen, qui est prêtre orthodoxe dans une paroisse en Finlande, est plus réservé: "Nous nous écoutons les uns les autres, c'est certain. Mais je ne suis pas sûr que nous nous comprenions." "Cela soulève une question de méthode" dans le travail de Foi et constitution, ajoute-t-il, en remarquant que les interventions orthodoxes sont souvent dans une position défensive, plutôt que d'avoir l'initiative d'une expression créative. "Nous devons sortir d'une approche quasi juridique du travail théologique" et "bâtir des ponts entre le langage canonique et la réalité spirituelle des gens."

Quand l'éthique et les modes de vie font problème

Durant les plénières, plusieurs interventions de délégués orthodoxes ont fortement mis l'accent sur les questions que posent pour eux l'évolution des modes de vie, en particulier la reconnaissance croissante de l'homosexualité en Occident. Ainsi le métropolite Bishoy de Damiette, représentant l'Eglise orthodoxe copte, qui a pris la parole dans le cadre de la discussion sur "la nature et la mission de l'Eglise", pour dire notamment: "Selon les Ecritures, saint Paul a averti que l'homosexualité était un grand péché. Il s'ensuit que le verset 'Accueillez-vous les uns les autres (Rm 15.78, ce verset servait de thème à la conférence NDR)' n'est pas applicable à des homosexuels qui ne se repentiraient pas."

Cet avis est loin d'être partagé par tous les orthodoxes présents. Pour les uns, avant de prononcer des paroles définitives, il faut commencer par admettre que l'homosexualité est une réalité, qu'elle existe au quotidien. Les autres se déclarent surpris que cette question émerge à ce moment de la discussion, plutôt que dans le débat sur la "nature humaine" (anthropologie théologique).

Le père Huttunen souhaite ardemment que ce sujet ne devienne pas un "status confessionis", une position de principe sur laquelle aucune discussion n'est possible. A son avis, l'enjeu n'est pas de maintenir la "pureté de l'Eglise", mais de prendre la Bible au sérieux, ce qui pose toute la question de son interprétation aujourd'hui.

"Cela ne peut se faire qu'en revisitant toujours à nouveau notre lecture de la Bible, a la manière dont l'ont fait les Pères de l'Eglise", nous a dit Anastasia Vassiliadou, une jeune théologienne orthodoxe grecque. "Ils ont interprété la Bible pour leur temps et nous devons faire de même. On peut figer les Pères de l'Eglise en une 'nouvelle Bible', mais on peut aussi lire l'esprit des Pères". Et elle conclut: "Il ne faut pas oublier le but de l'Eglise: sauver le peuple et le monde. C'est l'essentiel. L'Eglise est là pour le salut du monde, pas pour son propre salut!"

Célébrer ensemble

La tradition liturgique orthodoxe est riche de symboles qui peuvent paraître étranges aux chrétiens occidentaux. A l'inverse les pratiques cultuelles de certaines Eglises, notamment celles issues de la Réforme, sont si loin des habitudes orientales qu'un orthodoxe peut avoir de la peine à s'y sentir à l'aise. Parmi les recommandations de la commission spéciale, l'une concerne les célébrations en commun, et propose notamment que l'on laisse plus de place, dans les rassemblements oecuméniques, a des offices proprement confessionnels, auxquels les membres d'autres traditions seraient invités: Une occasion de se plonger dans d'autres traditions, de les découvrir de l'intérieur.

Les participants orthodoxes à la rencontre de Foi et constitution ont vivement regretté l'absence de tels offices durant cette session, même s'ils ont reconnu et apprécié l'effort fait pour préparer des recueillements interconfessionnels, rassemblant des éléments tirés de différentes traditions.

Autres religions, un dialogue nécessaire

La plupart des Eglise orthodoxes vivent dans des contextes multi-religieux. Plusieurs d'entre elles sont minoritaires dans des pays à majorité non chrétienne, par exemple en Egypte (coptes) ou ailleurs au Moyen Orient. Cela les rend particulièrement sensibles à la nécessité de développer un dialogue avec les autres religions. Pour Anastasia Vassiliadou, "le dialogue interreligieux ne vise pas seulement à entretenir de bonnes relations avec d'autres religions: il a un impact direct sur notre foi." Elle estime par conséquent qu'il faut intégrer la question interreligieuse dans les différentes études de Foi et constitution. La définition de l'activité missionnaire de l'Eglise doit également être repensée.

Exigence de précisions

Quel est l'apport spécifique des Eglises orthodoxes au mouvement oecuménique?

Pour le métropolite Gennadios, les orthodoxes ont depuis bien des années contribué à nourrir la réflexion théologique de Foi et constitution. Ils ont notamment apporté toute leur réflexion sur le rôle du Saint Esprit.

"Les orthodoxes apportent une exigence, ils demandent de préciser les notions, d'aller au bout des choses", ajoute le père Huttunen.

L'apport de l'Eglise orthodoxe russe s'inscrit dans cette perspective. Ainsi l'évêque Hilarion, évêque de Vienne et de l'Autriche, l'un des représentants de cette Eglise, a-t-il insisté sur le fait qu'il "faut prendre plus au sérieux la tragédie de la division entre chrétiens". Il a également relevé de nouvelles divisions, non pas entre les Eglises, mais au sein même des Eglises, entre les courants traditionnels et les courants libéraux.

Les conclusions de la commission spéciale initiée à la demande des orthodoxes comptent au nombre des apports de l'orthodoxie au mouvement oecuménique. Elles proposent un réel changement, qui devrait permettre au COE d'être encore plus oecuménique.

Enfin, conclut Anastasia Vassiliadou, "ils apportent la richesse de leur tradition. Comme les autres, il faut qu'ils participent pleinement au mouvement oecuménique. Qu'ils y apportent et qu'ils en tirent quelque chose. Qu'ils mettent le mouvement oecuménique au défi de ne pas choisir la voie de la facilité, mais de prendre les choses honnêtement et avec sérieux."

* Olivier Schopfer est un pasteur réformé Suisse. Il travaille comme responsable web au Conseil Oecuménique des Eglises, dans le cadre de l'équipe d'information au public.
Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

Ce qui est surtout significatif dans ce texte du pasteur Schopfer, c'est que c'est un évêque monophysite, le métropolite Bishoy de Damiette, représentant une Eglise qui s'est séparée de l'Eglise orthodoxe depuis le VIème siècle et qui a repoussé toutes les propositions de réunion faites par l'Eglise orthodoxe (les dernières datant de 1990 et 1993), qui est censé représenter un point de vue orthodoxe face à l'homosexualité.

Le texte du pasteur Schopfer me semble relever d'une certaine confusion qui plaque sur l'Orthodoxie des réalités qui sont propres au protestantisme. Comme le COE regroupe des centaines d'Eglises protestantes qui ne sont d'accord sur rien, mais arrivent à coopérer sur des programmes minimaux (tout en gardant à l'esprit que, d'ici quelques années et au vu de la progression du pentecôtisme, la majorité des protestants du monde appartiendront à des Eglises qui ne veulent rien avoir en commun avec le COE), le pasteur Schopfer en vient finalement à imaginer une Orthodoxie fonctionnant sur ce modèle. Malgré des désaccords doctrinaux insurmontables, les anti-chalcédoniens se retrouvent groupés avec les orthodoxes. En fait, le texte du pasteur Schopfer confond allègrement ce qui est oriental et ce qui est orthodoxe. Toujours cette volonté de réduire le témoignage de l'Eglise orthodoxe à du folklore oriental, ce qui est aussi le signe que le COE est aussi une relique du colonialisme anglo-saxon d'avant 1914 et de son sentiment de supériorité. D'où le côté contradictoire du poids qu'il donne au témoignage de ce prêtre orthodoxe finlandais: en effet, si l'Eglise de Finlande est bien orthodoxe, je ne vois pas en quoi elle est orientale... Mais peut-être que ses bonnes relations avec les luthériens (au point que le père Huttunen emploie l'expression luthérienne status confessionis) justifient de la mettre en avant à ce point-là?

Quant aux déclarations surprenantes de la "théologienne" grecque Vassiliadou sur le "dialogue interreligieux" (c'est-à-dire avec les personnages du genre de Tariq Ramadan, je suppose?), elles sont l'illustration de ce que le métropolite vieux-calendariste grec Cyprien de Phyli avait annoncé il y a une dizaine d'années dans une conférence (également diffusée sur une cassette vidéo en langue française) où il prévoyait que le COE se ferait le promoteur de "l'oecuménisme élargi" aux non-chrétiens.

Tout ceci relève de la même idéologie, qui n'a rien de religieux et tout de politique: le mondialisme. Et tout ce petit monde de théologiens qui gravite autour du COE me semble bien le pendant avec col clergyman des leurs collègues fonctionnaires internationaux des organisations onusiennes - vous savez, ces gens qui réalisent le tour de force de vivre trente ans à Genève sans apprendre un traître mot de français. En clair, ils parlent, et la vie continue sans eux.

Mais la vraie question n'est pas posée: combien ça coûte, la bureaucratie du COE? Qui paie les voyages à Kuala Lumpur (plus sympa que de se réunir à La Chaux-de-Fonds!)? Et pendant combien de temps encore?
Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Effectivement, il serait très intéressant de savoir qui paye. Et qui est toujours derrière tout cela. Jadis le père Georges Florovsky, qui fut l’un des pères historiques des discussions œcuméniques authentiques entre théologiens orthodoxes et protestants, bien avant la création du CŒE après la guerre, s’inquiétait de la dérive qu’il constatait et se demandait quel était ce mystérieux “comité de désignation” qui précéterminait les élections de l”Assemblée générale du CŒE.

Mais on peut aussi lire le texte du pasteur Schopfer d’une autre manière : il constate que l’autorité de la foi orthodoxe n’a cessé de grandir, contre toute attente, et malgré la médiocrité de ses représentants. On pourrait donc faire la même remarque qu’à propos de laattitude des catholiques. L’autorité de l’Orthodoxie ne cesse de grandir, même quand elle se montre incapable d’assumer ses responsabilités. On ne peut plus la "minoriser".
Jean-Louis Palierne
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Irène
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Message par Irène »

Le COE est un fromage, de même que tant d'organismes plus ou moins internationaux.
J'ai connu un pasteur qui en faisait partie - toujours par monts et par vaux - et qui faisait appel aux bonnes volontés pour loger des jeunes venant faire je ne sais quoi à Genève. Je vous parle de cela ily a environ six ou sept ans et, déjà, il se plaignait ouvertement de manquer d'argent.
Sans un apport, soyons clairs, des Etats Unis, je ne vois pas comment leurs finances pourront s'améliorer.
Toujours pour la Suisse, les protestants viennent de licencier une trentaine de pasteurs. Ce ne sont donc pas sur les finances des brebis protestantes que le COE pourra compter. Reste les Etats.
Les Etats Unis investissent déjà beaucoup dans ce domaine pour réussir des implantations - en particulier en Afrique noire - auxquelles ils ne sont jamais parvenu par d'autres moyens ; (je parle de l'Afrique de l'Ouest en particulier parce que je connais la situation là-bas, mais il paraît que le processus fait florès en Amérique du sud).
Pour répondre à la question "qui paye", je l'ignore mais ce qui est sûr c'est que "l'on" paye de moins en moins.
Irène
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Message par Irène »

Sur le site www.protestant.ch/memorial.nsf/ 0/bb8129e0cb4097d0c12566b7003b053c?OpenDocument - 10k (taper "par mots clés", choisir "oeucuménisme" et, enfin, "assemblée de l'eglise du 18 Septembre 1998)
vous trouverez une conférence donnée par le pasteur Emilio Castro pour le 50 ème anniversaire de la création du COE, très interessante même si elle date de six ans.
Irène
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Message par Irène »

http://www.wcc-coe.org/wcc/who/index-f.html#4

C'est sur cette page que vous trouverez la très peu explicite réponse du COE à la question "qui paye"
Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Je remercie Irène pour le texte du pasteur Emilio Castro. Non point que ses idées m’intéressent, mais c’est un témoignage très spontané (visiblement noté sur le vif) d’une discussion entre amis. C’est une façon de poser les problèmes qui n’est pas du tout la nôtre, et pas du tout ecclésiale.

Je note :

1) Une constatation implacablement lucide :
Si l'on constate aujourd'hui que l'Espagne et l'Italie, les deux pays les plus catholiques d'Europe sont les deux pays les plus dépeuplés, il est évident qu'il y a une désobéissance massive du peuple à l'enseignement de l'Eglise.
Autrement dit les cathos devraient faire beaucoup d’enfants. Ce n’est pas le cas. Dons les cathos n’obéissent pas au Pape.

2) L’importance décisive qu’a pour eux la question de l’ordination des femmes. Cette question « appartient au contenu même du dialogue œcuménique »..

3) un aveu très clair :
Lorsque le travail protestant a commencé en Amérique latine, ces missionnaires avaient été appelés en Amérique latine par les Francs-maçons. C'était des libéraux qui luttaient contre la domination culturelle de l'Eglise catholique et essayaient de trouver des alliés objectifs auprès de chrétiens ayant une autre perspective.
Le pasteur EC dit qu’il est lui-même «  en quelque sorte un fruit de l'évangélisation presque prosélytiste en Amérique latine ».

Cela fait penser à la fondation de l’Institut Saint-Serge avec le soutien de l’YMCA dans les années 1920.

4) La situation au Brésil (et probablement en Amérique latine) :
Chaque année, environ un demi million de personnes quittent l'Eglise catholique du Brésil pour entrer dans les Eglises pentecôtistes. J'ai dit à mes amis catholiques qu'ils ont une ecclésiologie qui ne correspond plus à la réalité. S'ils n'augmentent pas le nombre des prêtres pour suivre le mouvement des populations, vivre avec elles et répondre à leurs besoins religieux, ils seront dépassés par les pentecôtistes qui sont partout et apportent aux gens des réponses à leurs besoins spirituels immédiats.
Et pourquoi l’Église catholique n’arrive-t-elle pas à répondre à la réalité ? Parce qu’en refusant l’ordination des prêtres mariés et l’ordination de la femme ils n’ont pas assez de prêtres :
actuellement, on peut estimer le nombre de prêtres à un pour trente à quarante mille personnes au Brésil et on leur demande de suivre les sacrements de la pénitence avec la confession auriculaire. Cette ecclésiologie ne correspond pas à la réalité.
Il faut reconnaître qu’au moins le pasteur ne parle pas la langue de bois, et qu’il est très réaliste.

5) Et les Églises orthodoxes ?
Elles s'attendaient à une attitude de collaboration et de soutien des Eglises oecuméniques et pas à cette concurrence directe.
Autrement dit le KGB et le Département des Relations extérieures s’étaient trompés dans leurs analyses.

6) J’ai enrichi mon vocabulaire de deux expressions nouvelles pour moi :

- le “macro-œcuménisme” que paraît-il il faut distinguer du “dialogue interreligieux” (je n’ai pas bien compris la différence).

- “l’œcuménisme intra-chrétien”, c’est-à-dire l’œcuménisme qui se limite au monde chrétien.

6) Quant à la question "Qui paye ?" évidemment on n'a pas de réponse claire.

7) Dans une autre page du même site, il y a une allusion à un groupe d’Églises africaines “éthiopiennes” c’est-à-dire fascinées par l’existence d’une Église africaine d’origine antique. Mais il ne donne pas de précisions. Quelqu’un en a-t-il ?
Jean-Louis Palierne
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Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

D'accord avec Jeanne Saint-Gilles sur le fait que tout ce qui concerne le World Council of Churches (j'aime bien le désigner par son nom anglais pour souligner que c'est un fromage anglo-saxon qui n'a rien à voir avec Genève, lieu de son implantation) devrait être transféré sur un fil "Conseil oecuménique des Eglises" .

[Note du modérateur:
Suite à cette remarque de Jeanne et de Claude nous avons reporté les messages dans cette nouvelle rubrique C.O.E.]


A propos des déclarations du pasteur Castro, il faut comprendre que le protestantisme en Amérique latine se compose de trois types d'Eglises:

- des Eglises strictement consulaires (comme la plupart des juridictions orthodoxes chez nous, par exemple...) destinées aux immigrés venus de l'Europe protestante. Il est bien connu que les Allemands au Chili et dans le sud du Brésil, les Anglais et les Ecossais en Argentine avaient un rôle économique prépondérant et c'est d'ailleurs pour leur complaire que les pays d'Amérique latine ont instauré la liberté de culte les uns après les autres après le départ des Espagnols. Ces immigrés ont donné naissance à des Eglises luthériennes et anglicanes, mais aussi mennonites, qui ont bien sûr tendance à périciliter par suite de l'assimilation de leurs fidèles, mais qui conservent une bonne organisation. Ces Eglises étaient de véritables conservatoires de la culture du pays d'origine (y compris de ses problèmes politiques). L'Eglise luthérienne allemande du Brésil, dans les années 1930, était même de stricte orientation "chrétienne-allemande" et alignée sur le national-socialisme (position intenable dans un pays métis comme le Brésil).
Au moins une de ces Eglises consulaires s'est volontairement et totalement hispanisée: l'Eglise vaudoise du Rio de la Plata. En effet, des immigrés venus des vallées vaudoises du Piémont (il s'agit de Vaudois au sens religieux, de fidèles de la Chiesa valdese, pas d'originaires du canton de Vaud!) s'étaient installés dans la deuxième moitié du XIXème siècle dans de véritables colonies en Argentine et en Uruguay. Mais ils avaient très vite décidé de passer à l'espagnol comme langue du culte dans le but de conserver leur foi (et de la transmettre) quand il seraient assimilés à la culture ambiante. Leur pari est réussi, puisqu'ils se compteraient encore 15'000 (alors que les Vaudois d'Italie ne sont que 30'000).

-des Eglises protestantes "à l'européenne", produit de missions anglo-saxonnes puissamment soutenues par les libéraux et la franc-maçonnerie en Amérique latine, dans le but de créer une contre-culture face à la culture héritée de la colonisation espagnole et qui s'appuyait sur l'Eglise catholique romaine. Tout l'éventail du protestantisme est représenté: luthériens (il y a au Brésil une Eglise luthérienne autochtone qui y est depuis longtemps beaucoup plus importante que l'Eglise luthérienne allemande immigrée), presbytériens, méthodistes, anglicans, baptistes... Le fameux John Mott, dont on connaît l'action auprès du métropolite Euloge de Paris et le rôle dans la fondation du COE, avait été très actif sur ce terrain.
Mais le financement anglo-saxon de ces Eglises les desservait aux yeux de la population, et, vers 1960, le bilan démographique d'un siècle de mission protestante restait limité: entre 0,5% et 7% de la population selon les pays, la seule exception étant Haïti qui comptait déjà 10,4% de protestants.

- des Eglises pentecôtistes qui ont été à l'origine du décollage du protestantisme en Amérique latine: même si le pentecôtisme est aussi une importation des Etats-Unis, il a trouvé un terrain favorable en Amérique latine parce qu'il permettait de recycler certaines croyances du chamanisme amérindien sous couvert de manifestations de l'Esprit. Alors que, dans un pays comme la Roumanie, il est visible que le pentecôtisme est sous infusion d'argent étasunien, en Amérique latine il est devenu autochtone et autonome. Il s'agit en fait d'Eglises "non romaines" plutôt que réellement protestantes, la plupart de ces Eglises étant fort éloignées des opinions centrales des Réformateurs sur le serf arbitre, la justification par la foi, le sacerdoce universel. Au contraire, ce sont des Eglises qui sont assez proches de la doctrine du salut par les oeuvres, très cléricalisées (les pasteurs pentecôtistes étant beaucoup plus autoritaires, en moyenne, que les prêtres cathos d'aujourd'hui), dont certaines ont gardé le latin comme langue liturgique, et qui doivent surtout leur succès à la grande liberté de création de formes liturgiques (avec une grande ouverture à la culture amérindienne) ou ecclésiologiques et au style de vie actif qu'elles prônent (ce dernier trait est sans doute ce qui les rapproche le plus du vrai protestantisme). Ces Eglises progressent à une vitesse fulgurante, comptent des dizaines de millions de fidèles dans un pays comme le Brésil, dépassaient largement le cinquième de la population dans certains pays déjà en 1985, et pourraient sans doute renverser la majorité confessionnelle d'ici peu d'années. Il n'y a que dans les pays les plus européanisés d'Amérique latine, l'Argentine et l'Uruguay, qu'elles progressent peu, tout simplement parce que ces deux pays sont devenus très tièdes dans le domaine religieux. Contrairement au monde religieux d'où provient le pasteur Castro, ces Eglises ne doivent absolument rien au secteur libéral et maçonnisant des sociétés latino-américaines, et sont au contraire bien souvent d'orientation politique ultra-conservatrice et autoritaire (ce qui n'est absolument pas incompatible avec leur recrutement essentiellement populaire, voire prolétaire). Elles ne sont par ailleurs pas du tout intéressé par l'oecuménisme ou les bla-bla diplomatiques à la mode du COE.

Naturellement, pour reprendre un peu d'initiative, les Eglises protestantes du second groupe ont aussi tendance à se laisser "pentecôtiser".

Je ne peux que recommander la lecture d'un excellent ouvrage sur ce sujet:
Jean-Pierre Bastian, Le protestantisme en Amérique latine, Labor et Fides, Genève 1994.

A ma connaissance, il n'existe pas en français un seul ouvrage qui donne une vue d'ensemble du pentecôtisme, religion qui toucherait déjà 150 millions de personnes à travers le monde!
Dernière modification par Claude le Liseur le mer. 01 sept. 2004 12:07, modifié 1 fois.
Irène
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Message par Irène »

Sur ce site http://www.afrique-demain.org/Lettres/l ... ttre44.htm

vous trouverez quelques réponses concernant les églises africaines dites "éthiopiennes".
Il y a également l'église "kibanguiste" (en tapant Kibangui, du nom du fondateur de cette église, vous aurez de nombreuses informations), mais il faut savoir que le COE n'accepte plus l'adhésion de cette église et les autorités vaticanes ne la considère plus comme chrétienne.
Concernant l'église harriste, il me semble que l'auteur exagère son importance, mais j'ai vu à Grand-Basssam, berceau du harrisme en Côte d'Ivoire, une église harriste. Je la trouvais fascinante. Elle était minuscule mais l'extérieur était décoré à profusion d'une façon totalement syncrétique.
Irène
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Message par Irène »

J'ai omis de préciser que la réponse ci-dessus s'adresse plus particulièrement à Jean Louis Palierne.
Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Merci pour la réponse.

Il se trouve que j’habite à Paris dans le quartier qui est devenu depuis environ vingt ans le quartier africain de Paris : le “Château-Rouge”. C’est un quartier de “première immigration”, c’est-à-dire que les arrivants restent quelques années à leur arrivée en France, et la grande majorité va habiter ailleurs (n'oublions pas que la majorité travaille, contrairement à ce qu'on dit).

Au début, dans les années 80-90, on a vu arriver essentiellement des musulmans du Sahel (Sénégal, Mali, Niger). Mais depuis une dizaine d’années la majorité est formée d’immigrants des régions du Golfe de Guinée et d’Afrique Équatoriale. Donc des chrétiens. Je constate une très grande activité des Églises évangéliques, un nombre incroyable de réunions de réveil etc. prophétisme et étude de la Bible.

Je n’ai vu pratiquement aucun signe d’activité des Églises proprement africaines. Je sais qu’elles existent, mais jusqu’à présent je n’ai rien remarqué.

En ce qui concerne les catholiques, rien de visible dans la rue, mais ils se regroupent dans quelques paroisses, avec un clergé à eux.

Il y a aussi quelques magasins spécialisés dans le crypto-christianisme d’envoûtements et de désenvoûtements (dont un fut fondé par des disciples de mgr Vigile).

Tout à côté se trouve le quartier de la Goutte d’Or qui est à dominance maghrébine. Un jour j’ai vu un jeune évangéliste de couleur café-crème (habillé très simple à l’européenne) qui tenait un stand de Bibles à deux pas d’une mosquée islamiste. Il était pris à partie par une poignée de vigoureux maghrébins en djellabah, et la conversation était très mouvementée. Or ils parlaient tous la même langue qui ne pouvait donc être que l’arabe maghrébin (j’ai d’ailleurs entendu plusieurs fois le nom d’Al Massiah = le Christ) Je demande combien de métis antillais savent parler l’arabe maghrébins ? Personne évidemment sauf quelques missionnaires évangéliques (il y en a en Algérie).

J’avoue que j’ai prié pour cet homme, qui défendait l’honneur du nom du Christ (mais j'ai prié secrètement, parce que je suis prudent).
Jean-Louis Palierne
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Irène
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Message par Irène »

Jean Louis, sur ce site :
http://www.uhb.fr/sc_humaines/ceriem/do ... 6mokok.htm
vous trouverez de nombreux renseignements sur le kibanguisme, dont la liste des paroisses en France. Il y en a également en Suisse.
N'oubliez cependant pas de tenir compte de ce que j'ai dit concernant les problèmes spécifiques du kibanguisme.
Comme vous le savez, la Côte d'Ivoire est actuellement déchirée par une guerre civile qui oppose le nord musulman au sud chrétien, et ces problèmes se retrouvent là où s'expatrient les habitants. Donc la haine est transportée là où vous l'avez constatée.
Cependant, il ne faut pas oublier que les africains sont viscéralement animistes et qu'ils intégrent la chrétienté à leur façon de voir les choses. Ils savent parfaitement faire de n'importe église une "église locale" !
Les églises évangéliques font un "travail" incroyable, et les américains s'imposent : vous le remarquez même à Paris. Pour ce qui est de l'Afrique noire c'est le cheval de Troie des Etats Unis : ils ont enfin trouvé une solution.Je suis désolée si la politique est si souvent mêlée à la religion ...
Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

Sur le site de notre frère Jean-François Mayer, vous trouverez un entretien des plus intéressants avec un théologien kimbanguiste qui fait son doctorat à Fribourg en Nuithonie. Ce jeune théologien n'est pas du tout d'accord avec les nouvelles orientations de son Eglise et il explique pourquoi les kimbanguistes ont été chassés du Conseil oecuménique des Eglises et ne sont plus considérés comme chrétiens par le Vatican:

http://religion.info/french/entretiens/article_91.shtml .

Les kimbanguistes (qui sont au moins 5 millions en République démocratique du Congo) ne sont que la plus connue parmi des centaines et des centaines d'Eglises africaines indépendantes, qui pullulent au Nigéria et en Afrique du Sud. Beaucoup se rattachent (plus ou moins vaguement) à la mouvance pentecôtiste, mais d'autres sont plus originales.

On a vu dans l'interview de l'évêque Pantéléimon du Ghana reproduite sur ce forum que c'est le ralliement d'une de ces Eglises africaines indépendantes qui est à l'origine de la mission orthodoxe au Ghana.
Sylvie
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Inscription : lun. 01 août 2005 2:50

Message par Sylvie »

Voici un très long texte reçu aujourd'hui par le diffuseur Zénit.

Il y a beaucoup de questions qui surgissent tout au long de la lecture. Je vais poser ces questions. Je ne crois pas que vous puissiez y répondre à toutes. Je met le questionnement tout simplement pour nous mettre en éveil pour nous aider à discerner les signes des temps.

J'ai pensé diviser le texte en bloc pour faciliter la discussion s'il y a lieu.

BLOC 1
« Le mouvement œcuménique au XXIe s. », par le card. Kasper
40e anniversaire du Groupe mixte de travail

ROME, Jeudi 17 Novembre 2005 (ZENIT.org) –A l’occasion du 40e anniversaire du Groupe mixte de travail entre l’Eglise catholique romaine et le Conseil mondial des Eglises (cf. http://www.wcc-coe.org/wcc/francais.html), le cardinal Walter Kasper, président du conseil pontifical pour la >Promotion de l’Unité des chrétiens, a prononcé l’allocution suivante sur le « Mouvement œcuménique au XXIe siècle ».

LE MOUVEMENT ŒCUMÉNIQUE AU 21e SIÈCLE
Contribution du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens

Cardinal Walter Kasper

Nous célébrons ces jours-ci le 40e anniversaire du Groupe mixte de travail. C'est avec gratitude que nous pensons à ces quatre décennies d'une coopération parfois difficile, mais néanmoins fructueuse, du COE et de l'Eglise catholique romaine. Nous remercions tous ceux qui ont été nos compagnons et nos amis sur ce chemin. Toutefois, le but de notre colloque ne consiste pas en une simple rétrospective, mais principalement à regarder vers l'avant, à réfléchir à ce que seront le rôle et le mandat du Groupe mixte de travail à l'avenir et à trouver les moyens grâce auxquels il peut contribuer au renouveau du mouvement œcuménique au 21e siècle.
Quels sont ses compagnons et amis sur ce chemin ? Je suppose que ceux qui sont concernés se reconnaissent.

Quel est ce renouveau du mouvement œcuménique ? Est-ce ; le dialogue interreligieux, l'unité dans la diversité, l'unité par les causes humanitaires ?

BLOC 2
I. L'engagement œcuménique de l'Eglise catholique

Dans l'Eglise catholique, le développement de l'œcuménisme au cours du 20e siècle a été apprécié bien avant que le Concile Vatican II (1962-65) prenne part officiellement à ce mouvement. Dès la première moitié du siècle, des théologiens tels que Paul Couturier, Hans Urs von Balthasar, Karl Adam et un grand nombre d'autres ont préparé la voie au Décret Unitatis Redintegratio dans lequel le Concile affirme que la restauration de l'unité de tous les chrétiens est l'une de ses préoccupations principales. Cette décision se fonde sur le mandat que notre Seigneur a confié à son Eglise dans sa prière, à la veille de sa mort: "Que tous soient un" (Jean 17, 21)

Le pape Jean-Paul II a qualifié à plusieurs reprises cette décision d'irrévocable et d'irréversible; en fait, la tâche œcuménique était l'une de ses priorités pastorales. Le pape Benoît XVI, dès son élection, a réaffirmé ce même engagement en ces termes: " A la suite de mes prédécesseurs, particulièrement Paul VI et Jean-Paul II, j'éprouve le besoin intense de réaffirmer l'engagement irréversible pris lors du Concile Vatican II et qui s'est poursuivi au cours des années écoulées, grâce notamment à l'action du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens."

BLOC 3
II. Brève rétrospective

Pour comprendre nos relations œcuméniques, il nous faut les replacer dans la perspective d'un bref historique. Ce n'est qu'en voyant clairement d'où nous venons que nous serons en mesure de savoir où nous allons dans ce nouveau siècle.

Près de cent ans se sont écoulés depuis les débuts du mouvement oecuménique moderne que l'on fait habituellement remonter à la Conférence mondiale sur la mission qui s'est tenue à Edimbourg en 1910. A l'époque, un signe prophétique de l'entrée de l'Eglise catholique dans la mouvance oecuménique a peut-être été posé par l'évêque Geremia Bonomelli de Crémone (1831-1914), qui a envoyé un message personnel à la Conférence. Il s'agit là probablement de l'un des premiers contacts non officiels entre l'Eglise catholique et le mouvement œcuménique à ses débuts. Peu après, le 2 novembre 1914, Robert Gardner, secrétaire de la Commission de l'Eglise épiscopale des Etats-Unis, écrivait au secrétaire d'Etat Gaspari pour lui demander une audience auprès du pape, afin de parler de la proposition d'une conférence de toutes les communions chrétiennes en vue de discuter des questions relatives à Foi et constitution. L'audience a été accordée et en mai 1919, une délégation de cinq épiscopaliens rendit visite au pape Benoît XV (1914-1922).

Ces exemples prouvent que des contacts existaient avec l'Eglise catholique dès les origines du mouvement œcuménique. Mais il fallait encore surmonter de nombreux obstacles. Lors de la première Conférence de Foi et constitution à Lausanne en 1927, l'Eglise catholique n'était pas prête à y envoyer des délégués officiels. Ce n'est que le 20 décembre 1949 qu'une Instruction du Saint Office a contribué à créer une attitude plus positive à l'égard de la participation de catholiques aux rassemblements œcuméniques. C'est ainsi que quatre catholiques ont pu participer à l'Assemblée du COE à La Nouvelle-Delhi en 1961, chose que nous trouvons normale aujourd'hui.

Le Concile Vatican II a créé une atmosphère propice à l'entrée de l'Eglise catholique dans le courant de l'œcuménisme moderne. En 1960, le pape Jean XXIII créa le "Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens", l'une des Commissions préparatoires au Concile. L'une des premières tâches du Secrétariat était de conseiller le Pape sur la procédure à suivre pour inviter des observateurs venus d'autres Eglises et communautés ecclésiales, ainsi que des représentants des organismes œcuméniques. En 1962, le Secrétariat a été mis au même niveau que les autres commissions conciliaires; elle était donc responsable de préparer et de présenter au Concile les documents sur l'œcuménisme (Unitatis Redintegratio), sur les religions non chrétiennes (Nostra Aetate), sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae) et, en coopération avec la commission doctrinale, la Constitution dogmatique sur la Révélation divine (Dei Verbum).

L'une des tâches incombant au Secrétariat pendant le Concile consistait à faciliter la participation de plus de 100 observateurs œcuméniques, au nombre desquels se trouvaient deux observateurs du COE; ceux-ci, au travers du secrétariat, ont exercé une influence remarquable sur le Concile. Leur présence a contribué à créer une atmosphère de confiance qui a permis divers dialogues œcuméniques et l'établissement de relations structurées avec le COE. L'idée de créer un Groupe mixte de travail a vu le jour au cours de rencontres entre le premier secrétaire général du COE, le pasteur Visser t'Hooft, et le premier président du Secrétariat, le cardinal Augustin Bea, tous deux éminents pionniers et promoteurs du mouvement œcuménique. Ils imaginèrent de faire du Groupe mixte de travail un forum consultatif et un instrument de coopération flexible. Celui-ci put se réunir pour la première fois à Bossey, en mai 1965, c'est à dire avant même la clôture du Concile. C'était là un jalon important que nous avons raison de célébrer aujourd'hui.

L'Eglise catholique et le COE sont deux entités entièrement différentes: l'une est une Eglise mondiale chargée d'une mission universelle et dotée d'une structure d'enseignement et de gouvernement, l'autre un conseil d'0Eglises qui se conçoit comme une communauté fraternelle d'Eglises. Cependant, lorsque l'on relit les nombreuses déclarations et les huit rapports du Groupe mixte de travail, on se rend immédiatement compte de l'engagement avec lequel il a répondu à sa vocation œcuménique et s'est efforcé de prendre en compte les dimensions à la fois théologiques, sociales et pastorales de l'œcuménisme. On est aussi amené à réfléchir à la richesse de l'expérience commune qu'il a offerte à ses membres et aux progrès qui ont pu être accomplis au cours de cette période, avec l'aide de Dieu, sur la voie de la pleine communion visible.

Le pape Benoît XVI a réaffirmé l'intérêt que le pape Jean-Paul II a manifesté à diverses reprises pour le travail du Groupe mixte de travail, à l'occasion de la visite à Rome, en juin dernier, du pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE. Ainsi, nous pouvons nous réjouir des tâches et des défis nouveaux qui sont devant nous en ce nouveau siècle.

J'ai mis en gras, dans ce bloc, ce qui a attiré mon attention.

"L'audience a été accordée et en mai 1919, une délégation de cinq épiscopaliens rendit visite au pape Benoît XV (1914-1922)."

Il est de tradition dans l'Église Catholique, que le nom choisi par le pape indique qu'il veut poursuivre les travaux de son prédécesseur portant le même nom. C'est ainsi que nous savions que Jean-Paul 1er voulait continuer les travaux de Jean XXIII et Paul VI. Jean-Paul II continuait dans la même lignée.

Je m'attendais à ce que le pape Benoît XVI prenne le nom de Jean-Paul III. Je me demandais pour quelle raison qu'il avait fait cette coupure. Je pense que j'ai ma réponse ici. À mon avis, je ne suis pas spécialiste, il veut continuer le lien commencé sous le pontificat de Benoît XV avec le C.O.E.

BLOC 4
III. Situation actuelle du mouvement œcuménique

Après 40 ans d'une expérience œcuménique intense, nous pouvons regarder le passé avec reconnaissance pour les progrès accomplis dans ce voyage vers la pleine unité visible. Mais nous devons aussi jeter un regard critique sur la situation présente du mouvement œcuménique. Il a connu des temps forts, mais aussi des difficultés, des malentendus et des illusions. Nous ne pouvons pas, ici, entrer dans les détails, mais une évaluation générale sera entreprise au cours de ce colloque.

D'une manière plus générale, nous pouvons dire que le mouvement œcuménique se trouve aujourd'hui dans une période de transition. D'une part, nous prenons acte avec gratitude des fruits excellents du dialogue œcuménique, en particulier la redécouverte de la fraternité chrétienne parmi les membres des différentes communautés chrétiennes, qui ne se considèrent plus comme ennemis ou concurrents, mais comme frères et sœurs en Christ faisant route ensemble vers la communion complète. D'autre part, nous ne saurions ignorer la critique théologique, politique et institutionnelle du mouvement œcuménique qui ne vient pas seulement de groupes dits fondamentalistes, mais de certaines Eglises anciennes et vénérables ainsi que de théologiens sérieux. Pour certains d'entre eux, œcuménisme est devenu un terme chargé négativement, un équivalent de syncrétisme, de relativisme doctrinal et d'indifférentisme.

En outre, nous devrions garder à l'esprit, en ce début du 21e siècle, les changements intervenus sur la scène œcuménique. Au niveau mondial, nous observons d'une part la création d'unions et d'alliances, l'apparition d'un très grand nombre de documents de consensus ou de convergence; d'autre part, nous notons l'existence de tensions et même de nouvelles divisions souvent provoquées par des questions éthiques. Nous observons aussi l'émergence de nouvelles communautés de type évangélique ou pentecôtiste, qui connaissent parfois une croissance énorme, et souvent n'adhèrent pas au mouvement œcuménique ou lui sont même ouvertement hostiles. Pensons aussi au phénomène relativement récent des nouvelles configurations œcuméniques composées de diverses coalitions œcuméniques: le COE, les communions chrétiennes mondiales, les organisations œcuméniques régionales et les organisations non gouvernementales œcuméniques. Aux niveaux national et local, nous avons été témoins de la croissance de conseils d'Eglises et d'organismes similaires. C'est dans ce contexte qu'il faut situer la discussion qui nous est proposée sur "L'œcuménisme au 21e siècle", ou la reconfiguration du mouvement œcuménique.

Nous ne pouvons pas réagir à cette situation uniquement et principalement au plan institutionnel et organisationnel. Cette période de transition doit avoir son propre "ethos", assorti de la volonté d'approcher des partenaires et de leur tendre la main de la réconciliation, afin de guérir les blessures héritées de l'histoire (purification des mémoires). Sans risquer de trahir notre foi ou notre conscience, nous pourrions aujourd'hui déjà accomplir ensemble beaucoup plus que nous ne faisons réellement: étude commune de la bible, échange d'expériences, collecte de textes liturgiques, liturgies communes de la Parole, compréhension meilleure de notre tradition commune ainsi que des différences existant entre nous, coopération dans les domaines du développement et de la sauvegarde de l'environnement, des médias, etc. L'œcuménisme spirituel et la formation œcuménique, comme nous allons le voir, revêtent une importance particulière pour cette période de transition.

C'est dans cet esprit nouveau que les partenaires participant au mouvement œcuménique doivent chercher des formes et des structures institutionnelles pour la période de transition actuelle. Ce sont des efforts que l'on peut entreprendre notamment au travers des conseils d'Eglises à l'échelon national et local. Ils ne constituent pas une super-Eglise, et n'exigent d'aucune Eglise l'abandon de la conception qu'elle a d'elle-même. Si ce sont, en définitive, les Eglises elles-mêmes qui sont responsables de ce voyage œcuménique, les conseils d'Eglises sont cependant des instruments importants pour la promotion de l'unité et des espaces précieux pour l'échange d'informations, pour la communication et la coopération entre les Eglises.
"D'autre part, nous ne saurions ignorer la critique théologique, politique et institutionnelle du mouvement œcuménique qui ne vient pas seulement de groupes dits fondamentalistes, mais de certaines Eglises anciennes et vénérables ainsi que de théologiens sérieux."

Je ne connais pas d'autre Églises anciennes que les Orthodoxes. Et vous ?


BLOC 5
IV. L'œcuménisme au 21e siècle


En ce début du 21e siècle, le mouvement œcuménique a besoin d'une vision œcuménique revitalisée, d'un esprit renouvelé et d'un nouvel engagement de tous les partenaires. Cela ne signifie pas que l'on se mette à échafauder des utopies irréalistes pour l'avenir. Au lieu de nous fixer sur l'impossible et de nous en irriter, nous devons vivre la communio déjà donnée et faire ce qui est possible aujourd'hui. C'est plus que ce que nous faisons normalement. En avançant de cette manière réaliste, pas à pas, nous pouvons espérer qu'avec l'aide de l'Esprit de Dieu, qui est toujours prêt à nous surprendre, nous trouverons le chemin d'un avenir commun.

Alors, quelle est notre vision, quelle est ma vision catholique du mouvement œcuménique pour le 21e siècle? Dans ce qui suit, je souhaite résumer ma position en cinq points:

1. En premier lieu, le mouvement œcuménique du 21e siècle a besoin de clarifier, parfois à nouveaux frais, ses fondements théologiques. Autrement, il en sera comme de la maison bâtie sur le sable qui s'écroule lorsque vient la tempête (cf. Matthieu 7,26). Il n'est pas ici question d'un simple sentiment familial émotionnel ou d'un humanitarisme vague. La pierre d'angle est Jésus Christ (cf. Matthieu 21,42 et al.). C'est cette notion qui constitue la base constitutionnelle du COE et qui sous-tend aussi le Concile Vatican II. Conformément à nos conceptions, ce fondement est posé dans l'Ecriture sainte elle-même et dans son interprétation telle qu'elle se trouve dans le credo et dans les premiers conciles reconnus par tous; par le seul baptême au nom du Dieu trinitaire, nous sommes incorporés au seul Corps du Christ (cf. Galates 3,28; 1 Corinthiens 12, 13). Par notre foi commune en un seul Dieu, un seul Seigneur, un seul Seigneur et un seul baptême, nous sommes un seul corps en Christ (cf. Ephésiens 4, 4s.). Nous sommes dans une communion déjà existante, mais pas encore complète, qui nous permet de nous donner les uns aux autres le beau nom de chrétiens.

La continuation du dialogue sur le baptême et la reconnaissance mutuelle de ce même baptême, lancé avec succès en 1982 sur la base des documents de Lima sur Baptême, eucharistie, ministère, revêt donc une importance fondamentale pour nos futures relations œcuméniques. Nous saluons l'affirmation du Troisième colloque international des conseils d'Eglises tenu à Hong Kong en 1993 selon laquelle le baptême est un élément commun qui nous lie et oblige les chrétiens à agir en vue de l'unité du corps du Christ.

Nous sommes reconnaissants aussi pour le document de Foi et constitution intitulé Confesser la foi commune. Explication de la foi apostolique, publié en 1999, et nous regrettons que ce document important n'ait pas reçu l'écho et la réception qu'il méritait. Si nous ne poursuivons pas ce projet et ne l'approfondissons pas, l'œcuménisme deviendra vague et ambigu. Il sera coupé de ses racines, dépérira et finira par mourir, ou il sera manipulé à d'autres fins qui ne sauraient être les nôtres. C'est pourquoi nous demandons au COE de redonner à Foi et constitution l'importance qui était la sienne à l'origine dans le mouvement œcuménique et dans le programme du COE. Le Groupe mixte de travail ne peut pas être un moteur d'appoint pour ce que Foi et constitution devrait faire.

2. Mon second point concerne une vision et un objectif communs. Qu'entendons-nous par "l'unité visible en une seule foi et en une seule communauté eucharistique, exprimée dans le culte et dans la vie commune en Christ, à travers le témoignage et le service au monde", comme le déclare la Constitution du COE? Les partenaires, au sein du mouvement œcuménique, partagent-il une même conception de l'œcuménisme et de ses buts? Si nous n'avons pas de réponse à la question de savoir où nous allons, nous n'irons nulle part. Le proverbe qui dit "sans vision, le peuple meurt" vaut pour nous aussi. L'Assemblée du COE qui s'est tenue à Harare en 1998 a donné un témoignage profondément émouvant sur "Notre vision œcuménique". Elle était toutefois assez réaliste pour confesser que jusqu'à maintenant, nous ne partageons pas une vision pleinement commune. Ce n'est pas là la moindre des raisons de la crise de l'œcuménisme. La conception catholique de l'unité, en tant qu'unité complète de la foi, des sacrements et du ministère ecclésial, correspond en principe à celle de nos Eglises sœurs orthodoxes, mais diffère malheureusement de l'interprétation la plus courante de la position protestante dominante et de son fameux "satis est consentire de doctrina evangelii et de administrationne sacramentorum".Avec certains théologiens luthériens, les catholiques pourraient dire: "Satis est non satis est".

Toutefois, la conception catholique de l'unité ne doit pas être confondue avec l'uniformité. Le principe du concile des Apôtres est valable pour nous aussi, à savoir qu'il ne faut imposer aucun fardeau qui ne soit nécessaire (Actes 15, 28). L'unité conçue comme communion implique l'unité dans la diversité et la diversité dans l'unité. Mais, de même que l'unité ne saurait se confondre avec l'uniformité, la pluralité ne doit pas être identique à un pluralisme de doctrines contradictoires où à un indifférentisme au sujet de nos positions confessionnelles respectives. L'indifférentisme n'est jamais un fondement solide sur lequel on peut construire.

Le dialogue présuppose des partenaires qui ont leur identité claire et distincte; ce n'est qu'alors qu'ils peuvent apprécier une identité différente et entrer dans un dialogue qui a un sens et porte du fruit. La déclaration de Toronto de 1950 posait que des ecclésiologies différentes n'empêchent pas le dialogue œcuménique, mais qu'elles sont au contraire une interpellation et une invitation au dialogue. Cette affirmation vaut aussi pour la Déclaration – controversée –Dominus Jesus (2000), de la Congrégation du Saint Siège pour la doctrine de la foi, qui ne disait rien de plus que ce que toute personne bien informée sait déjà, c'est-à-dire que catholiques et protestants ont une ecclésiologie différente et que cette divergence devrait faire à l'avenir l'objet d'un dialogue sérieux.

Un tel dialogue va bien au delà d'un simple échange d'idées; d'une certaine manière, il est un échange des dons que reçoit chacune des Eglises en présence. Dans le dialogue, nous pouvons apprendre les uns des autres. Il n'en sortira pas une nouvelle super-Eglise. Dans la mesure où, dans le dialogue, nous croissons et parvenons à l'état d'adultes, à la taille de Jésus Christ dans sa plénitude (cf. Ephésiens 4, 13), l'Eglise elle aussi réalise plus concrètement ce qu'elle est, ce qu'elle a toujours été et ce qu'elle sera toujours; elle parvient à une réalisation concrète plus complète de sa catholicité. Il ne s'agit pas ici d'un œcuménisme dit "du retour", d'un retour en arrière, mais d'un cheminement orienté vers le Christ et vers l'avenir, sous la conduite du Saint Esprit, vers toute la vérité (Jean 16, 13).

Ainsi, l'œcuménisme du 21e siècle doit être cohérent et honnête dans ses intentions, ses buts et son orientation. Cependant, les partenaires ne peuvent pas partager une même vision du but sans un fondement théologique commun sur la signification de l'Eglise et de son unité. C'est la raison pour laquelle le projet de Foi et constitution sur La nature et le but de l'Eglise a selon nous une haute priorité pour le débat œcuménique au 21e siècle.

3. Lorsque le fondement et le but sont clairs, alors – et c'est mon troisième point – la route devient sûre. Elle n'a rien d'extraordinaire, mais est identique au cheminement de la vie chrétienne. Il n'existe pas d'œcuménisme sans conversion, et pas d'avenir du tout sans conversion La meilleure réflexion que je connaisse à ce sujet se trouve dans le document du Groupe des Dombes intitulé Pour la conversion des Eglises (1991). Ce document fait remarquer que l'identité confessionnelle et la conversion œcuménique ne s'excluent pas mutuellement, mais se complètent.

Le renouveau et la conversion du cœur comportent des aspects à la fois personnels et institutionnels. Le renouveau et la conversion personnels impliquent un changement d'attitude envers les autres, qui conduit à purifier les mémoires des expériences amères du passé et à éviter les déclarations injustes et polémiques, ouvrant ainsi la voie de la réconciliation. La conversion et la sanctification personnelles impliquent une spiritualité de communio, ce qui signifie que l'on fait de la place à l'autre et résiste aux tentations égoïstes que sont la concurrence, le carriérisme, la méfiance et la jalousie.

Dans le même temps, la réforme institutionnelle – le concile parle même d'une réforme permanente (perennis reformatio) – est un préalable et une condition essentielle au progrès dans le domaine de l'œcuménisme. Le pape Jean-Paul II n'a pas hésité à parler des structures du péché. L'Eglise est "à la fois sainte et toujours appelée à se purifier, poursuivant constamment son effort de pénitence et de renouvellement". Il ne fait pas de doute que l'Eglise du 20e siècle, après le concile, a entrepris de nombreuses réformes qu'aucune autre Eglise n'a réalisées. Il est compréhensible qu'après cette période de réformes, elle ait maintenant besoin de temps pour stabiliser sa vie interne et rassembler de nouvelles forces spirituelles en vue de l'avenir. Mais il ne fait pas de doute non plus, comme nos partenaires œcuméniques et nombre de nos fidèles nous le rappellent, que nous ne sommes pas encore au terme de la route.

De même, le mouvement œcuménique a besoin de la même réforme et du même renouveau que tous ses partenaires si nous voulons que les choses changent dans le nouveau siècle.

4. J'en viens à mon quatrième point, qui est l'âme et le cœur du mouvement œcuménique, à l'œcuménisme spirituel. Lorsque nous parlons d'œcuménisme spirituel, nous n'utilisons pas ce concept – malheureusement un peu éculé – dans le sens d'une spiritualité vague, faible, simplement sentimentale, irrationnelle et subjective, qui ne prendrait pas en compte la tradition ecclésiale objective ou l'ignorerait. On ne se réfère pas ici à un esprit quelconque, mais à l'Esprit de Jésus Christ qui confesse: "Jésus est Seigneur" (1 Corinthiens 12, 3). Le terme œcuménisme spirituel signifie l'enseignement de l'Ecriture, de la tradition vivante de l'Eglise et celle de ce à quoi ont abouti les dialogues œcuméniques qui ont été personnellement et entièrement assimilés, remplis de vie et qui deviennent lumière et force dans notre vie quotidienne.

Le simple activisme œcuménique devient une bureaucratie sans âme et il est condamné à s'épuiser; le simple débat académique entre experts, tout important qu'il puisse être, échappe au fidèle 'normal' et ne touche que marginalement son cœur et de sa vie. Nous ne pouvons étendre le mouvement œcuménique qu'en l'approfondissant.

Dans l'œcuménisme spirituel, la première place revient à la prière, qui s'associe à la prière de Jésus à la veille de sa mort: "que tous soient un (Jean 17,21). Cette prière est à son apogée au cours de la "Semaine de prière pour l'unité". L'unité des chrétiens ne saurait être le fruit du seul effort humain; en tant qu'êtres humains, nous ne pouvons ni la 'faire', ni l'organiser. Nous ne pouvons que la recevoir comme un don de l'Esprit. J'aimerais mentionner aussi le partage et la méditation de l'Ecriture Sainte, les échanges entre monastères, communautés et mouvements de spiritualité, les visites aux lieux de pèlerinage et aux centres de spiritualité. L'un des signes récents les plus encourageants dans ce domaine est la multiplication des réseaux de spiritualité œcuméniques qui s'établissent entre mouvements spirituels, monastères, fraternités et congrégations religieuses.

Le pape Jean-Paul II nous a rappelé une autre forme importante d'œcuménisme spirituel: celui de la "grande nuée de témoins" (Hébreux 12,1), et notamment de ceux qui ont donné leur vie pour le Christ, les nombreux martyrs d'un grand nombre de nos Eglises, orthodoxes, catholiques et protestantes, au cours du 20e siècle. Si les paroles de Tertullien sont vraies, lui qui écrivait au début du troisième siècle que le sang des martyrs est la semence de l'Eglise, alors nous pouvons aussi appliquer ce mot fameux au mouvement œcuménique et dire: le sang de tant de martyrs de tant d'Eglises, au 20e siècle, est la semence de l'unité des Eglises au 21e siècle.

5. Mon cinquième et dernier point concerne l'œcuménisme pratique. L'unité de l'Eglise n'est pas un but en soi. Elle est un instrument, un signe, une anticipation de l'unité de l'humanité entière. C'est une affirmation fondamentale du Concile Vatican II, et on la retrouve souvent dans les textes du COE.

Dès ses débuts à Edimbourg, le mouvement œcuménique a été intimement associé au mouvement missionnaire et à la Commission de mission et d'évangélisation. L'Eglise est missionnaire de par sa nature même, tandis que nos divisions nuisent à "la plus sainte des causes, la prédication de l'Evangile à toute créature". Aujourd'hui, la tâche missionnaire confiée à l'Eglise est loin d'être achevée; à l'orée du 21e siècle, elle aborde un nouveau commencement.

La Conférence sur la mission et l'évangélisation qui s'est tenue à Bangkok en 1973 a pris conscience de la nouvelle situation missionnaire dans le monde post-colonial, mais sa proposition de moratoire et sa conception contextuelle de la mission ont soulevé des questions critiques de la part des milieux évangéliques. La conférence d'Athènes, il y a quelques mois, a constitué un nouveau commencement, même si l'on n'a pas encore de réponses communes. Tout cela a des conséquences pour le mouvement œcuménique du 21e siècle. Il n'y aura pas de nouvel enthousiasme œcuménique sans un renouveau de l'esprit missionnaire et sans une théologie adaptée à la nouvelle situation de la mission sur l'ensemble des cinq continents.

Le contexte universel de l'engagement en faveur de l'unité de l'Eglise a en outre des implications pour la diaconie sociale et politique, le témoignage pratique, la dignité de la personne humaine et les droits de l'homme, pour la sainteté de la vie, les valeurs familiales, l'éducation, la justice et la paix, la santé, la sauvegarde de la création et enfin, ce qui est loin d'être sans importance, pour le dialogue interreligieux.

Dans tous ces domaines, nous pouvons travailler ensemble, et cette coopération peut nous rapprocher. Mais, comme l'expérience le démontre, ces problèmes pratiques peuvent aussi, et ont malheureusement souvent débouché sur des divisions. Le slogan œcuménique: "la doctrine divise, l'action unit" n'a rien d'une évidence. Dans le passé déjà, des implications politiques ont souvent été responsables du fait que des conflits théologiques aboutissent à des divisions au sein de l'Eglise; aujourd'hui, les options politiques séculières ont souvent le même effet.

La théologie peut dégénérer en idéologie nationaliste, conservatrice ou gauchiste ou en utopie sécularisée. On trouve sans peine des exemples de ces dangers; aucune Eglise, ni même le COE, ne sont à l'abri de ces tendances ou de la perte du fondement théologique et du but de l'œcuménisme. Une réflexion théologique autocritique et sans illusions, et le discernement de l'Esprit seront nécessaires pour parvenir à un développement sain du mouvement œcuménique au 21e siècle.

Au fil des ans, les questions soulevées dans le débat œcuménique se sont déplacées du domaine de l'éthique politique à celui de l'éthique individuelle, notamment en ce qui concerne le comportement sexuel. Autrefois, un large consensus existant sur ces questions; aujourd'hui, de nouvelles différences, inconnues alors, sont apparues. D'aucuns diront que ces questions n'occupent pas la place la plus importante dans la hiérarchie des vérités. C'est vrai. Néanmoins elles ont une force émotionnelle et donc, comme on l'a vu récemment, un potentiel énorme de division. Ce ne sont pas des adiaphora. Derrière les problèmes concrets, on repère aisément des positions anthropologiques profondément divergentes et des problèmes d'herméneutique biblique. C'est pourquoi il est dommage que le projet du Groupe mixte de travail sur l'anthropologie n'ait pas pu être mené à terme durant la période écoulée; Foi et constitution a encore un large champ d'action devant elle. Il en va de la contribution œcuménique à un nouvel humanisme pour le 21e siècle.
"Mon cinquième et dernier point concerne l'œcuménisme pratique. L'unité de l'Eglise n'est pas un but en soi. Elle est un instrument, un signe, une anticipation de l'unité de l'humanité entière. C'est une affirmation fondamentale du Concile Vatican II, et on la retrouve souvent dans les textes du COE."

Donc ce n'est plus seulement l'unité des Chrétiens, mais de l'humanité entière donc avec toutes les religions non Chrétiennes.

Ce n'est pas que je sois contre les autres religions. Je suis contre les OGM religieux.

Je suis d'accord pour parler aux autres religions. J'ai des amis athées et new âge etc. mais je ne peux concevoir ce dialogue dans un cadre œcuménique.

"Le slogan œcuménique: "la doctrine divise, l'action unit" n'a rien d'une évidence."

Où est la recherche de la Vérité ?

BLOC 6
Conclusion

L'Eglise catholique voit les progrès accomplis au cours du pèlerinage œcuménique du siècle écoulé et elle s'en réjouit. Mais il reste beaucoup à faire, davantage que ce qui a été accompli jusqu'ici. Nous ne sommes qu'au début d'un nouveau commencement. Pour pouvoir prendre un nouveau départ avec un renouveau d'enthousiasme et d'énergie dans ce siècle, nous devons clarifier les fondements, la vision, les voies et la pratique du mouvement œcuménique; et surtout, nous avons besoin d'un œcuménisme spirituel.

Dès sa création, le mouvement œcuménique a été - et il continuera d'être - une impulsion et un don du Saint Esprit. Les activités œcuméniques qui ne sont pas enracinées dans un œcuménisme spirituel deviendront rapidement une routine sans âme, tandis que l'œcuménisme spirituel nous conduira à la conviction que celui qui a été à l'origine du mouvement œcuménique est fidèle et qu'il le mènera à son accomplissement. C'est avec cette espérance que nous pouvons nous mettre en route avec courage et confiance dans ce 21e siècle. Nous espérons, avec l'aide de Dieu, que ce sera un siècle œcuménique.

------------------------Notes---------------------

CONCILE VATICAN II, Décret sur l'œcuménisme Unitatis Redintegratio, 1

Notamment Encyclique Ut Unum Sint (1995), 3 ibid., 99.

L'Osservatore Romano (édition anglaise), n° 18, 4 mai 2005, p. 3

Cf. Delaney, J. From Cemona to Edinburgh: bishop Bonomelli and the World Missionary Council of 1910, West Haven, Connecticut, 1999.

Ce message a été publié dans: World Missionary Conference 1910, Report of Commission VIII on Co-operation and the Promotion of Unity Cf AAS 2, 195, 12-17.

Cf. Conseil oecuménique des Eglises, Constitution, I Base. Le statut ecclésial du COE a été précisé dans la Déclaration de Toronto sur l'Eglise, les Eglises et le Conseil œcuménique des Eglises (The Church, the Churches and the World Council of Churches. The Ecclesiogical Significance of the World Council of Churches – 1950).

Ut Unum Sint, 42

Cf. TOM STRANSKY, "Criticism of the Ecumenical Movement and of the WCC" in: Dictionary of the Ecumenical Movement, WCC, Geneva 2002, 278-284.

Cf. PHILIP JONES, The Next Christendom. The Coming of Global Christianity, Oxford University Press, Oxford 2002.

Il existe en tout 120 conseils d'Eglises dans le monde et l'Eglise catholique est membre de 70 de ces organismes.

Cf. CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITE DES CHRETIENS, Directoire pour l'application des principes et des normes sur l'oecuménisme, Cité du Vatican 1993, 166-171

Cf. Conseil œcuménique des Eglises, Constitution, I Base; Unitatis Redintegratio, 1.

Constitution du Conseil œcuménique des Eglises, III Fonctions et buts.

CONSEIL OECUMENIQUE DES EGLISES, Faisons route ensemble. Rapport officiel de la Huitième Assemblée du Conseil œcuménique des Eglises, Genève, 1999, 127-129.

Ibid. 103-105.

Unitatis Redintegratio, 3.

Confessio Augustana, Art. 7 (BSELK 61).

Cf. Unitatis Redintegratio, 18

Ut Unum Sint, 28

Unitatis Redintegratio,7; Ut unum sint, 15,2.; 33-35; 82-84.

GROUPE DES DOMBES, Pour la conversion des Eglises, Centurion, 1991

JEAN-PAUL II, Lettre apostolique Novo Millenio Ineunte (2001), 43.

Unitatis Redintegratio, 6

Ut Unum Sint,34

CONCILE VATICAN II, Lumen Gentium, 8

Unitatis Redintegratio, 8, Ut Unum Sint, 21

Ut Unum Sint, 21-27

Ut Unum Sint, 1; 48;83 s.

TERTULLIEN, Apologeticum, 50,14.

CONCILE VATICAN II, Lumen Gentium, 1; 9; Gaudium et Spes,42, et al.

L'Assemblée d'Upsal du COE, en 1968, dont le thème était "Voici, je fais toutes choses nouvelles", a marqué le début d'une orientation plus sécularisée, anthropologique et éthique du COE, ce qui n'a pas été sans soulever des problèmes.

CONCILE VATICAN II, Ad Gentes, 2.

Unitatis Redintegratio, 1

JEAN-PAUL II, Encyclique Redemptoris Missio (1990), 1.

Cf. Unitatis Redintegratio, 1; 4.

[Traduit de l’anglais par les soins du Service linguistique, COE]
ZF05111812

Je ne vois rien de positif dans ce genre d"œcuménisme. Il me semble que le seul moyen d'atteindre un certain consensus entre les diverses religions est de mettre l'humanité au centre des dialogues. Ce n'est plus le Dieu fait Homme qui est au centre, mais l'homme rendu digne.

Sylvie
Jean-Louis Palierne
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Inscription : ven. 20 juin 2003 11:02

Message par Jean-Louis Palierne »

Je crois que vous vous préoccupez pour pas grand chose.
Il est de tradition dans l'Église Catholique, que le nom choisi par le pape indique qu'il veut poursuivre les travaux de son prédécesseur portant le même nom.
Ça me paraît pour le moins extrêment douteux. Ce petit jeu des noms choisis me paraît surtout un paravent derrière lequel on cache d’obscures manœuvres.

Effectivement B16 semble se réclamer de B15 (qui fut entre autres un pape pro-allemand). Mais entre ces deux papes, le contexte est totalement différent, la situation des catholiques n’est plus du tout la même, et nul ne peut dire si B16 aura l’énergie nécessaire pour imposer ses vues personnelles.

Vous citez Kasper :
”D'autre part, nous ne saurions ignorer la critique théologique, politique et institutionnelle du mouvement œcuménique qui ne vient pas seulement de groupes dits fondamentalistes, mais de certaines Eglises anciennes et vénérables ainsi que de théologiens sérieux."
Puis vous posez une question :
Je ne connais pas d'autre Églises anciennes que les Orthodoxes. Et vous ?
À mon avis le fait nouveau est que B16 fait comprendre que l’Église catholique, à son sens, ne peut ignorer les critiques que depuis Vatican II elle affectait superbement d’ignorer. Il appelle donc à un virage à 180 degrés. Il met sur le même pied les “théologiens sérieux”, les “fondamentalistes” et “certaines Églises anciennes et vénérables”. Dans cette dernière catégorie il faut ranger selon lui, non seulement les Églises orthodoxes (dont le Vatican veut toujours parler au pluriel, ce qui est déjà un problème, mais lesdites Églises orthos donnent largement prise à la critique), mais aussi toutes les Églises anti-chalcédoniennes. Cette confusion est encore une ruse vaticane. Par ailleurs il se confirme que dorénavant le Vatican tiendra pour quantité négligeable les Églises uniates, dont la contribution dans la diplomatie inter-ecclésiastique s’est montré anti-productive.

On l’a déjà dit ici : les “groupes dits fondamentalistes” ne sont nullement des défenseurs de la Tradition de l’Église antique. C’est à la Contre-Réforme qu’ils veulent revenir : le Concile de Trente et Pie V.

Par contre il est certain qu’un certain nombre de “théologiens sérieux” dans les rangs de l’Église catholique en viennent peu à peu à poser des questions gênantes, sur le Filioque, sur l’absence de l’épiclèse, sur la forme de l’ordination épiscopale, sur la fausse synodalité et la primauté pontificale entre autres. Les dirigeants du Vatican ne peuvent plus ignorer ces évolutions.

Le problème posé par les rapports entre le pape B15 et les Églises anglicane et épiscopaliennes ne se résume pas à la continuité affirmée entre B15 et B16 et à la sincérité de son invocation. Le rappel de ces rapports est aussi un trompe-l’œil et montre le peu de confiance qu'on peut accorder à la diplomatie vaticane. En fait depuis les origines de l’anglicanisme (Acte de Suprémarie en 1534) jusqu’au ralliement de l”Église catholique au mouvement œcuménique, les relations ont été très mauvaises. J’ignore ce qu’il en était de la rencontre de 1919. Mais je suis convaincu qu’elle a dû se dérouler dans un climat de froide diplomatie, et ce n’est certainement pas B15 qui a mis de l’huile dans les rouages. Par contre il est certain que les relations entre la communion anglicane et l’Église orthodoxe ont été beaucoup plus bienveillantes (et à mon avis beaucoup plus inquiétantes).

Plusieurs tentatives de rapprochement ont eu lieu, commençant dès le XVIIIème siècle. En particulier le futur patriarche Tikhon, celui qui plus tard devait finir martyr des Bolcheviks, alors qu’il était métropolite de l’Église russe à New-York au début du XXème siècle, entretenait d’excellentes relations avec son homologue anglican, et ils tentèrent à eux deux, à deux reprises, d’organiser des ordinations épiscopales conjointes aux deux Églises (Oui !!!). Seule des circonstances providentielles imprévues les firent échouer. À partir de 1917 ces relations devinrent impossibles, et par la suite la dérive de l’Église anglicane a amené les deux Églises à s’éloigner, probablement pour toujours.

Vous ne soulignez peut-être pas assez le passage suivant du texte de Kasper :
En premier lieu, le mouvement œcuménique du XXIème siècle a besoin de clarifier, parfois à nouveaux frais, ses fondements théologiques.
En fait le mouvement œcuménique est mort. S’il y a de nos jours des rapports entre Églises chrétiennes, c’est, pour le meilleur ou pour le pire, en dehors du CŒE. B16 appelle à un œcuménisme inter-traditionnaliste, ce qui est une chose tout à fait différente du mouvement œcuménique. B16 en prend acte tout en affirmant le contraire. Ce sont les vertus de la “langue de bois”.

Un peu plus loin le document affirme :
La conception catholique de l'unité, en tant qu'unité complète de la foi, des sacrements et du ministère ecclésial, correspond en principe à celle de nos Eglises-sœurs orthodoxes, mais diffère malheureusement de l'interprétation la plus courante de la position protestante dominante et de son fameux "satis est consentire de doctrina evangelii et de administrationne sacramentorum".
C’est vous qui soulignez avec raison la première de ces deux phrases, mais il faut noter aussi que B16 rejette sèchement l’ecclésiologie (ou la non-ecclésiologie) protestante. Mais ce qui nous importe est la position qu’il prend vis-à-vis des orthos. Il tente de les prendre (de nous prendre) au piège de leur (de notre) ethnophylétisme. On pourrait dire aussi au piège de la sécularisation, car aujourd’hui toute Église orthodoxe qui se respecte s’efforce de se comporter avec autant de professionnalisme qu’un État moderne, avec sa diplomatie, ses spécialistes, son administration hiérarchisée et centralisée, son secret d’État etc.

Le risque est de voir une “Sainte Alliance des Églises traditionnalistes” se substituer à la communion des Églises orthodoxes. Espérons donc que l’implosion de l’Église catholique sera maintenant aussi rapide que celui de l’Église anglicane.

En ce qui concerne le dialogue interreligieux, ce serait évidemment une catastrophe; Mais je crois que le danger est faible. Ni Juifs, ni Musulmans, ni Bouddhistes, ni aucun autre ne s’y intéresse -- à part quelques notables en mal d’audience.

J’apprécie particulièrement votre phrase :
Ce n'est pas que je sois contre les autres religions. Je suis contre les OGM religieux.
Avec votre permission, je tenterai de la resservir à l’occasion.
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr
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