"il y a 50 ans, le pogrom anti-grec d'Istanbul"

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Claude le Liseur
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"il y a 50 ans, le pogrom anti-grec d'Istanbul"

Message par Claude le Liseur »

Titre d'un entrefilet d'Armand Gaspard publié dans Le Temps du lundi 5 septembre 2005, page 15.

"Les 6 et 7 septembre 1955, la communauté grecque d'Istanbul était victime d'un déchaînement de violence de la part de vandales locaux. Bilan: le supérieur d'un monastère orthodoxe tué, de nombreux blessés et des femmes violées, 75 églises saccagées, plus de 5'000 magasins et appartements pillés. Ces événements s'inscrivent dans le cadre du conflit de Chypre qui opposait sur l'île, alors colonie britannique, partisans de l'Enosis (union avec la Grèce) aux séparatistes turcs et dressait l'un contre l'autre Athènes et Ankara.

Un prétendu attentat contre la maison natale de Kemal Ataturk à Thessalonique servit de détonateur. Un journal turc à grand tirage publia même une photo truquée de la maison partiellement détruite en appelant à des représailles. Aussitôt des hordes de casseurs envahirent le quartier "européen" d'Istanbul suivant des meneurs manipulés par le gouvernement Menderes comme on le saura plus tard.

Cinq ans après, ce gouvernement fut renversé par un coup d'Etat militaire et les généraux au pouvoir traduisirent en justice les principaux dirigeants destitués. Le pogrom de septembre 1955 figurait en bonne place dans l'acte d'accusation. Le procès s'acheva par la condamnation à mort et l'exécution d'Adnan Menderes et de deux de ses ministres.

Le sort de la minorité grecque en Turquie ne s'en trouva pas foncièrement amélioré. En mettant fin à la dernière guerre gréco-turque, le Traité de Lausanne du 24 septembre 1923 a mis fin également à la présence hellénique en Asie mineure qui remonte à l'époque d'Homère. A l'exception toutefois de quelque 130'000 Grecs vivant dans l'agglomération d'Istanbul. Le pogrom de 1955 provoqua l'exode d'environ 50'000 d'entre eux. L'hémorragie devait se poursuivre avec les événements de Chypre en été 1974 et l'occupation du nord de l'île par l'armée turque.

Au début de 2005, le journal Hurriyet écrivait qu'à Istanbul il ne reste que 1'244 citoyens turcs d'origine grecque..."


Cet article du vénérable quotidien genevois tranche avec le silence qui a entouré le cinquantenaire de ces événements dans les media francophones.
L'information la plus intéressante est celle du chiffre réel de la présence hellène demeurant à Constantinople (ville autrefois grecque à 99%, faut-il le préciser). Il faut y a ajouter la survie pénible de 5 à 10'000 orthodoxes "arabophones" (on verra quelques lignes plus bas ce qu'il en est de leur connaissance réelle de l'arabe...) dans l'ancien sandjak d'Alexandrette, cédé en 1939 à Ankara par la France au mépris total des engagements que celle-ci avait envers la Syrie. Ces orthodoxes d'Alexandrette ("Iskenderun") et Antioche ("Antakya") relèvent de la métropole d'Alep du patriarcat d'Antioche; cette communauté est décimée par l'émigration vers l'Allemagne (en général via "Istanbul"). A signaler aussi que ces derniers vrais Antiochiens ne parlent en réalité plus l'arabe et que le patriarcat d'Antioche a donné sa bénédiction pour passer à l'usage du turc dans la liturgie (ce qui apparaît comme la dernière chance de survie de la communauté). Au passage, il me semble qu'il était plus que temps de traduire la liturgie en turc.
En étant très optimiste, il y aurait à Constantinople 3'000 de ces orthodoxes "arabophones", pour la plupart en attente d'émigration.

Ces chiffres sont à opposer aux proclamations phantasmatiques qui nous font état d'une présence orthodoxe à Constantinople supérieure à celle de l'époque de l'Empire des Romains. Je pense aussi que la réduction de 99% en 80 ans des effectifs de la minorité orthodoxe de Constantinople est un démenti suffisant à l'égard des laudateurs européens de la "laïcité" kémaliste et post-kémaliste, si tant est que les faits puissent encore les guérir de leurs chimères. Ce dont je doute malheureusement.


Mais surtout, la question fondamentale reste posée. En s'obstinant à demeurer à Constantinople au lieu de se replier à Thessalonique ou à Chambésy (après tout, le patriarcat d'Antioche a bien eu la sagesse de se replier à Damas), le patriarcat oecuménique met en péril sa simple survie. Et les conséquences d'une disparition du patriarcat oecuménique (car celui-ci peut disparaître comme ont disparu, autrefois, les Eglises autocéphales de Carthage, de Milan, de Tolède ou d'Irlande; le Christ a promis à Son Eglise dans son ensemble que les portes de l'Enfer ne prévaudraient pas contre elle; Il n'a rien promis en ce qui concerne chaque Eglise locale) seraient autrement plus douloureuses pour nous, minorités orthodoxes de l'Europe occidentale, que pour les orthodoxes de Grèce ou d'ailleurs. La disparition du patriarcat de Constantinople serait une catastrophe pour l'Orthodoxie dans des régions comme les pays germanophones, l'Amérique centrale ou l'Asie du Sud-Est, où il représente à peu près la seule présence orthodoxe ouverte aux autochtones.

Et pourtant, elle est bien présente, cette réalité à laquelle personne ne veut faire face: comment imaginer que c'est une communauté de 1'200 personnes qui fournira les métropolites nécessaires à la simple existence du saint Synode du patriarcat oecuménique?
Dernière modification par Claude le Liseur le lun. 12 sept. 2005 0:33, modifié 1 fois.
Maksim
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Message par Maksim »

Il faut pourtant tenir bon.
Le cinquantenaire des évènements a été commémoré du 5 au 8 septembre par de larges articles et témoignages illustrés, publiés par les trois quotidiens principaux (dont j’achète régulièrement un et suis deux autres sur le net), le rôle du gouvernement de l’époque, stigmatisé.
Une exposition de photos a été organisée dans la rue de Péra, scène principale des évènements, malheureusement attaquée par des excités «nationalistes», aussitôt éloignés manu militari.
Quant au saint Synode, la citoyenneté turque n’est pas imposée au membres et il est composé déjà (pour moitié, je crois, de non turcs). La condition de citoyenneté ne vaut que pour le patriarche et, le cas échéant, celle-ci est accordée sans difficulté.
La principale difficulté réside dans l’ouverture de l’école de théologie mais je crois que cela viendra.
Le Patriarche tient bon, il faut le soutenir.
Avec espérance et humilité...
crevieauxp
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Message par crevieauxp »

La principale difficulté réside dans l’ouverture de l’école de théologie mais je crois que cela viendra.
Le Patriarche tient bon, il faut le soutenir.[/quote]

Maksim, comment peux-tu dire que là réside la principale difficulté après toute l'explication que Claude vient de te donner? Comment ce rappel ne te fait pas pleurer à en crever? Comment peux-tu rester si calme devant tant de sang, de massacres, de mensonges et d'aussi peu de couverture médiatique? Comment ne penses-tu pas relever que les Albanophones ont eu injustement plus d'égard que nos frères d'Asie Mineure? Comment ne sais-tu pas que nos frères chypriotes n'eurent qu'à peine davantage de 'pub' ces derniers temps, intégration à l'UE oblige? Comment tout cela peut-il te laisser si placide?

Il faut d'urgence fonder un Institut du Monde Orthodoxe aussi incontournable que l'arabe, et qui aurait pour tâche d'expliquer, d'informer sans cesse le monde sur les injustices dont les orthodoxes sont victimes.

Le Patriarche n'est rien tant que Chirac ou Busch ne tapperont pas du poing sur la table et avec une autre force souterraine que la seule immédiateté médiatique.

Philippe Crévieaux
Maksim
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Message par Maksim »

Ami Crevieauxp,

J’avais 12 ans à l’époque des événements et j’ai pleuré à en crever même si je n’étais pas directement concerné, devant les boutiques saccagées de l’»oncle» Bodos, épicier, et du «frère aîné» Aleko, quincaillier, comme nous les enfants les appelions.
Mon âge et le fait que je suis très métissé du point de vue famille et culture expliqueraient peut-être ma «placidité»... même s’ils ne me la font pas pardonner.
Je pense que c’est la mémoire qu’il faut entretenir et non les rancoeurs si nous voulons montrer l’erreur qui a été commise et où peut mener une surcharge d’émotion pour que les mêmes erreurs ne se répètent pas... pour recréer les mêmes douleurs.
Je suis arrivé à ce forum à un âge avancé, j'essaie de me nourrir de miettes et de bribes mais je sais qu'avant de ce faire, je dois revenir vers mon frère avec lequel je suis fâché et le pardonner et me faire pardonner aussi et ne pas espérer digérer les miettes que je pourrais récolter si j’ai déjà un poids sur l’estomac.
Malgré tout, le Patriarche reste modéré mais persévère. La douce mais ferme pression de sa main aura sûrement plus de poids et d’impact qu’un coup sur la table porté par un Chirac ou par un Bush.
Pardonne-moi si tu me trouves trop placide mais c’est comme ça que je perçois les choses.
Avec espérance et humilité...
crevieauxp
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Message par crevieauxp »

Cher Maksim,

Pardonne ma véhémence devant ton expérience personnelle que je devine tragique. C'est ta pondération qui m'a choqué dans tes propos.

On ne peut rester pondéré devant le persécuteur, le violeur, le baffoueur : soyons toujours les reproches vivants de ces monstres. Toi et les tiens, comme les miens en Russie sommes tous redevables de ce qu'ils nous ont légué.

C'est faire honneur aux nôtres et obligation minimale que de témoigner. C'est ton rôle aussi de le faire, sans jamais baisser la garde devant le mensonge et la manipulation de l'Histoire ou des âmes.

Je n'ai pas ton flegme mais je crois que tu ne devrais jamais oublier ce qu'ils t'ont fait comme tu dois être prêt à leur pardonner s'ils te le demandent mais ils ne le demandent pas! Pire, ils s'entêtent et c'est là qu'il faut se montrer intransigeant.

Encore une fois, pardonne-moi de t'avoir blessé, j'en suis meurtri.

Philippe
eliazar
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Il y a 50 ans, le pogrom

Message par eliazar »

L'échange qui vient d'avoir lieu entre Maksim et Philippe me touche beaucoup. Je suis certain de ne pas être le seul. Pour ma part je pense ici au génocide contre les Arméniens; je ne suis pas Arménien mais j'ai une grande dette personnelle envers ce peuple chrétien de la première heure. Et je suis toujours étonné lorsque je vois un de mes plus proches amis vendre des produits turcs, sans discrimination, à côté des produits libanais, ou grecs, ou autres, par exemple. Quand je lui en ai parlé, il m'a regardé avec une pointe de tristesse dans le fond des yeux, n'a rien dit, mais a haussé les épaules. Je me suis tu aussi, et il me semble que j'ai compris la leçon.

Les Français ont beaucoup de sang sur les mains - et quand ils protestent contre les SS d'Oradour, peu d'entre eux savent que parmi ces SS il y avait pas mal d'Alsaciens... On pourrait continuer indéfiniment une telle liste.

Pourtant, lorsque le Christ répond à Pierre qu'il doit pardonner 77 fois 7 fois, Il ne précise pas : à condition que ton frère te le demande expressément. Or le pardon dont parle Pierre est le pardon du péché - et le péché est "contre Dieu" ; le Christ précise ailleurs qu'Il n'est pas venu pour condamner, mais pour sauver. C'est bien Lui, pourtant, qui va bientôt être assassiné sur le Golgotha - pour NOUS racheter...

Alors, à la réflexion : j'ai encore un sacré chemin à parcourir, avant d'être digne d'être appelé Chrétien !

Et comme je suis encore plus âgé que Maksim, il me reste encore moins de temps (potentiel) qu'à lui, pour faire cet indispensable chemin.

Kyrie, eleison!
Kyrie, eleison me!
Kyrie, eleison himas!
crevieauxp
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Message par crevieauxp »

Les chrétiens sont persécutés dans de nombreux pays du monde. Différentes associations chrétiennes se sont spécialisées dans le soutien aux communautés persécutées et dans l'information concernant ces tragédies, car ces réalités sont trop souvent méconnues dans les pays occidentaux. En France, l'association catholique Aide à l'Eglise en détresse (A.E.D.) est la plus active dans ce domaine. Elle propose une information régulière et de nombreux dossiers. Elle invite à prier pour les chrétiens persécutés. Sur internet, il est possible, entre autres, de prendre connaissance de son "observatoire". Selon les pays, celui-ci évoque non seulement les Eglises catholiques, mais aussi orthodoxes. A titre d'exemple, voici un extrait de la page consacrée à Chypre.www.aed-france.org/observatoire/index.htm

Extrait:
A Chypre, en zone turque, avant l'invasion par les troupes d'Ankara, on comptait 82 églises chrétiennes. Il n'en reste plus une seule aujourd’hui. 68 ont été transformées en mosquées, 5 en écuries, 4 en musées, 3 en casernes, 2 en habitations. Après l’invasion, les Turcs ont détruit tous les monuments d’inspiration chrétienne et hellénique. Même des musées et des sites archéologiques n’ont pas échappé au vandalisme et au pillage. La plupart des églises orthodoxes grecques qui n’ont pas été transformées en mosquées ont été détruites. Les sites religieux ont été des cibles privilégiées puisque cela permettait de détruire l’identité culturelle de la région occupée. Les antiquités estimées comme « vendables » sont passées des mains turques à des marchands internationaux. Évidemment, les Turcs en ont profité pour débaptiser les toponymes grecs et les remplacer par des dénominations turques.
(Référence : www.aed-france.org/observatoire/pays.php?id=118 ).

Autre exemple, la situation au Kosovo: lire "Eglise orthodoxe agressée":
www.aed-france.org/observatoire/pays.php?id=114

Plusieurs reportages en photographies sur les évènements du Kosovo ont été mis récemment en ligne.
Une première série peut être consultée en cliquant sur le lien suivant:
www.kosovo.com/pogrom.html
Un reportage (nombreuses photographies) sur le vif :
www.kosovo.com/www.besimi.com/prizreni/default.htm
Le retour de moines et de moniales dans leurs monastères en partie détruits:
www.kosovo.com/povratnici/arhangeli/page_01.htm
Et:
www.kosovo.com/povratnici/devic/page_01.htm
Pour des informations récentes, en anglais, voir la page d'accueil du site ("latest news") : www.kosovo.com/
Pour ceux qui s'intéressent de près à l'actualité du Kosovo, il existe un groupe yahoo, en langue anglaise, qui est entièrement consacré à cette question : Decani-Kosovo daily news. Le groupe, fondé en 1998, compte 1084 inscrits. Tous les jours des dépêches d'agences du monde entier, qui traitent des évènements au Kosovo et dans les régions environnantes, sont mises en ligne. Ainsi, au mois de septembre, ce ne sont pas moins de 500 messages qui sont venus s'ajouter sur le site du groupe.
Adresse:
http://groups.yahoo.com/group/decani

Je renvoie aussi chacun au site de Christophe LEVALOIS (chr.levalois@infonie.fr) orthodoxie.com qui regorge de ce type d’infos, entre autres :
extrait d'une information diffusée (le samedi 4 décembre 2004) par "Info-Grèce".
Référence:www.info-grece.com/article.php?sid=2111 ... =0&thold=0 :
« Se referant à un "régime" qui repose sur les concertations de Lausanne de 1923, la Turquie a
haussé le ton contre le Patriarcat ocuménique de l'Orthodoxie dont le siège est à Istanbul, mettant en doute cette semaine l'ocuménisme du Patriarcat de Constantinople. Le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré mercredi soir à la télévision turque que c'est à tort que le Patriarcat et le Patriarche utilisent le titre d'ocuménique, alors qu'il interdisait en même temps à tout fonctionnaire turc d'assister à une réception offerte jeudi à Ankara en l'honneur de l'ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, Eric Edelman par l'Ordre des Seigneurs
du Patriarcat, une association de bienfaiteurs américains du Patriarcat.
…/…
Lors d'une cérémonie analogue offerte par l'Ordre des Seigneurs du Patriarcat ocuménique en l'honneur du patriarche ocuménique Bartholomeos Ier, à laquelle avait été convié le consul général des Etats-Unis à Istanbul, David Ardnr, le diplomate américain a répondu à l'argumentation du gouvernement turc en notant que "comme chacun sait, Istanbul est le siège moderne d'une fondation des plus respectées et importantes dans le monde, du Patriarcat ocuménique, du premier entre égaux dans la direction de l'Eglise orthodoxe de 300 millions
(de fidèles), y compris de millions de mes compatriotes américains qui ont foi au Patriarcat
ocuménique pour leur conduite et orientation spirituelle". Plus encore, M. Ardnr a estimé que l'avenir et la viabilité du Patriarcat ne sont pas assurés, puisque la Faculté de Théologie de Halki reste fermée et que des centaines de propriétés historiques ont été confisquées. La situation juridique du Patriarcat et la possibilité de choisir de nouveaux cléricaux reste une interrogation, a poursuivi M. Ardnr, rappelant que les Etats-Unis continuent à poser en
toute occasion cette question au gouvernement turc et à encourager le gouvernement et le peuple turcs à comprendre la richesse inestimable que la présence du Patriarcat ocuménique constitue pour la Turquie. Encouragements restés sans effet, pourrait-on remarquer.
A Athènes, le porte-parole par intérim du gouvernement, Evanghelos Antonaros, a réaffirmé que le soutien de la Grèce au Patriarcat "est acquis, stable, constant et multilatéral". M. Antonaros a estimé que "la position de la Turquie vis-à-vis du Patriarcat est bien connue depuis de nombreuses années", soulignant que "pour nous, mais aussi pour nos partenaires européens, il est évident que le respect des libertés religieuses constituent un élément fondamental pour que progresse la marche européenne de la Turquie".

Finalement, on ne se rend pas compte de l’énormité que constituerait l’entrée de la Turquie au sein de l'Union européenne. La Turquie aurait fourni suffisamment d’efforts pour devenir membre de ce club. Pourtant, certaines décisions récentes du parlement turc sont inquiétantes : l’article 127 (renommé 306) du nouveau code pénal turc prévoit des peines de prison pour les auteurs d’articles qui porteraient atteinte aux " intérêts nationaux " de la Turquie. La loi précise quelques thèmes qui menaceraient ces intérêts : parmi ceux-ci, des affirmations telles que « l’armée turque doit quitter Chypre », ou encore « les Arméniens ont subi un génocide à l’époque ottomane » sont les plus remarquables. Des députés ont introduit un amendement limitant la pénalisation de ces expressions aux cas d’affirmations motivées par " des intérêts matériels "( ?) Comprenne qui peut. De plus, les personnes appartenant aux minorités, comme les Grecs, sont fichées: adressée aux 81 préfets du territoire turc, une circulaire précise que dès le début 2004 toute l’information concernant les minorités serait centralisée et qu’il ne sera plus possible de modifier les données. Il s’agit de recenser les personnes appartenant aux minorités arménienne, grecque, juive, assyrienne, chaldéenne, et yezidi.

Le poids de l’Histoire est souvent lourd à porter pour les nations incapables de reconnaître la vérité sur leur passé, comme la Turquie. Islamistes ou laïques, conservateurs ou de gauche, tous les gouvernements turcs ont toujours eu la même attitude ignoble face aux massacres perpétrés dans le passé mais aussi pour les plus récents, ceci expliquant sans doute cela. Alors pourquoi tant d’acharnement de la part de l’Union européenne à occulter les massacres de chrétiens dans l’Empire ottoman, puis en Turquie ? Pourquoi les négociateurs européens nous trompent-ils en masquant l’extermination du christianisme anatolien par la Turquie ?

Elle frappa trois minorités ethico-religieuses : les Arméniens apostoliques, les Grecs orthodoxes et les Araméens (Syriaques orthodoxes et catholiques, Assyriens et Chaldéens catholiques). Si le premier génocide est largement connu et médiatisé, le deuxième n’est qu’à peine mentionné dans nos livres d’Histoire et le troisième complètement occulté. Il s’agissait pourtant de la quasi-éradication des plus vieilles communautés chrétiennes du monde, parlant encore la langue du Christ. Les Syriaques n’ont pu revivre que dans l’émigration au Liban et en Syrie, les Chaldéens se sont concentrés en Irak et les Assyriens se sont dispersés à travers le monde. Mais tous ont pratiquement disparu de Turquie où les derniers restes de présence chrétienne s’effilochent d’année en année. Ce processus d’éradication commença à grande échelle avec le gouvernement ottoman ouvertement musulman, puis les « laïques » Jeunes-Turcs de Mustapha Kemal : massacres de 1894, 1895 et 1896, vagues de conversion forcée à l’Islam, insécurité permanente créée par les tribus kurdes, tous autant musulmanes que les Turcs (les Kurdes n’étaient pas encore les héros de l’Occident…), et finalement génocide planifié de 1915 à 1918.

Mais les horreurs ne s’arrêtent pas en 1919. Il y eut le pogrom contre les orthodoxes grecs à Istanbul en1955 suivi des expulsion de 1964 et 1967 qui ont ramené la population grecque orthodoxe d'Istanbul de 155.000 à 2.500 , une injustice toujours pas réparée et que les Turcs ont effacé de leur mémoire collective. Que dire du fait que Mustapha Kemal, partout adoré, soit responsable du massacre des Grecs pontiques (Grecs du nord est de la Turquie, sachant que les Grecs pontiques musulmans ont échappé au massacre et vivent toujours en Turquie - région de Trabzon). Depuis 1974, les églises orthodoxes de la partie occupée par l’armée turque à Chypre sont presque toutes transformées en mosquées et les images saintes qui s’y trouvaient vendues ou détruites.

En outre, on nous dit « l’hérésie » démocratique à affirmer les racines chrétiennes de l’Europe alors que la Turquie affirme clairement sa religion : les députés islamistes, dont le parti est au pouvoir, sont inquiets du recul du gouvernement suite aux pressions européennes. Ils s'interrogent sur la place future de l'islam au sein de l'Union européenne, "née dans un cercle chrétien". (AFP 29/9/2004). Lancée lors d'un séminaire à huis-clos du parti islamiste, la question fut posée à Kizilcahamam, à environ 80 kilomètres au nord-ouest d'Ankara. Cette réunion a été organisée dans la foulée de l'adoption par le parlement turc du nouveau code pénal, afin d'aplanir les dissensions internes au parti, dont l'aile islamiste radicale avait tenté en vain d'imposer un article réprimant l'adultère. Le Premier ministre Erdogan, dans un premier temps partisan de cet article, avait finalement annoncé que le projet était abandonné, après des entretiens le 23 septembre à Bruxelles. "L'Union européenne est née dans un cercle chrétien. Allons-nous être assimilés une fois que nous en serons membre? Comment allons-nous protéger notre culture? Allons-nous devoir faire des concessions à notre foi musulmane?", ont interrogé certains députés.

Dans la même logique, la Turquie impose que le patriarche orthodoxe de Constantinople soit citoyen turc. N’oublions pas les pressions subies par le patriarche orthodoxe d'Antioche qui l'ont conduit à l'exil ; les loups gris, organisation turque d'extrême droite ayant pignon sur rue, qui ont brûlé une poupée à l'éffigie du patriarche de Constantinople devant le patriarcat, à Istanbul ; ces mêmes milieux fanatiques qui reprochent au patriarcat de revendiquer, avec le soutien de la Grèce et des États-Unis, la réouverture du séminaire orthodoxe d'Istanbul, fermé depuis 1971. Ce séminaire, le seul orthodoxe de Turquie, avait été fermé en pleine crise dans les relations entre la Turquie et la Grèce à propos de Chypre.
Je suis contre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne

Philippe Crévieaux
Maksim
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Message par Maksim »

Merci, les amis.

Philippe, vous ne devez pas vous en vouloir. Blessé, je suis, mais pas par vous. En toute bonne foi, vous avez cherché à mettre ma pendule à l’heure. Vous aviez raison, Eliazar aussi a raison et son intervention a été précieuse.
Je suis blessé par ce que j’ai vu, ce que j’ai vécu et ce que j’ai su aussi, par après, de tout ce qui était arrivé avant le pogrom (l’impôt sur la fortune, les bataillons du travail...).
A propos, le livre de Dido Sotiriou, «La terre ensanglantée» est instructif pour voir comment la Grande Guerre et celle qui a suivi, la guerre de l’indépendance (turque) ont été vécues et perçues par les habitants de l’ouest anatolien, tant grecs que turcs... «Une histoire d’île» de Yachar Kémal aussi, surtout pour comprendre un autre traumatisme, l’échange de populations, qui a suivi la fin des hostilités.
J’avais dit que j'étais blessé.
Je ne suis pas que blessé, je porte en plus la honte de cette blessure car à l’époque j’étais un petit Turc musulman et c’était les «miens» qui avaient infligé tout ça à mes «oncles», «frères» et à leurs familles. Une partie de moi-même avait frappé et anéanti l’autre partie de moi-même.
Pourtant, après la guerre... et la paix, Atatürk et Venizélos avaient été capables d’imaginer qu’un jour la frontière pourrait être supprimée entre les deux pays. C’est en cela que j’ai toujours voulu croire: une réconciliation, un pardon qui tiennent compte du passé, qui en tirent la leçon... mais sans s’acharner à dresser une comptabilité des torts.
C’est cet espoir qu’avaient fait poindre un instant le séisme de ’99 et la main grecque tendue de l’autre côté de la mer... l’équipe turque de secouristes qui peu de temps après a dû intervenir, en Grèce, cette fois, et a reçu le drapeau grec offert... en l’embrassant!
Je reste persuadé que cela viendra, peut-être pas demain, mais un jour...
Et c’est pour cela aussi que je souhaite que le Patriarcat demeure.
J’aurais souhaité que vous puissiez lire les journaux turcs, début septembre. La reconnaissance du pogrom et le mea culpa y étaient.

Je vous demande pardon d’avoir été si long sur ce sujet, quelque peu personnel en plus, surtout dans un forum consacré à la foi mais j’ai pensé aussi que si nous nous comprenions mieux nous pourrions mieux nous aider et éclairer.
Donc... Philippe, Eliazar, les amis du forum, encore une fois... pardon et merci.
Avec espérance et humilité...
eliazar
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Il y a 50 ans, le pogrom

Message par eliazar »

Merci pour ce rappel documenté, Philippe. Et merci à Maksim : tu n'es pas le seul à être déchiré, tu sais ? Ce siècle (je veux dire le XXème+XXIème !) a profondément coupé tous les hommes en deux, les familles en deux, les peuples en deux... Qui peut encore être fier de son pays, de sa civilisation, de nos jours ?! Qui n'a pas au fond de son âme cette brûlure de honte dont tu parles si bien, avec tes demi-teintes?

J'ai déjà fait allusion à mes liens affectifs avec les survivants arméniens, notamment ceux qui vivent dans mon pays. Je dois ajouter qu'ici, à Nice comme en Provence occidentale du reste, très peu d'autochtones sont partisans de l'entrée de la Turquie en Europe. Lorsque la conversation va plus loin qu'un simple : "Ah! par exemple, il ne nous manquerait plus que çà! Les Turcs ? Jamais!" - je constate que même ceux qui n'ont pas une idée bien claire de l'Histoire connaissent la Turquie, globalement, comme un pays de persécutions anti-chrétiennes et un porte-avion territorial de impérialisme guerrier des Etats-Unis. L'opposition populaire, très vivace, à une quelconque entrée de la Turquie dans la Communauté est porteuse, à la limite, d'un rejet de plus en plus conscient de l'Europe - considérée parfois comme inévitablement décidée (d'avance) à accepter la Turquie après quelques tours de passe-passe. Et les Français qui reprochent souvent à notre région de voter un peu trop pour Le Pen oublient cet aspect du problème. Ils ont tort. Le Pen est ressenti par ici comme le seul homme politique à pouvoir vraiment faire obstruction (en attendant mieux ?! ...) à l'acceptation fataliste de la Turquie par le reste de l'électorat "franchiman".

Tout ceci est évidemment un peu "brut de décoffrage", parfois même un peu caricatural, mais ce rejet "populiste" marque un évident bon sens populaire. Il fait en quelque sorte écho à la dernière phrase du message de Philippe. Et pour ma part, je ne crois pas que nous fussions nombreux, dans ce Forum, à ne pas y souscrire totalement. Au moins pour ces raisons profondes qui tiennent aux racines de la Foi.

La haine et le mépris du christianisme est une constante ininterrompue de la politique turque, mais elle imprègne aussi le subconscient de la grande majorité des citoyens de ce pays. Leur admission serait un énorme danger pour la paix occidentale : on sait la part que les fonds secrets turcs (et des organisations comme les Loups Gris) ont prise à faire progresser l'islamisme, l'albanophonie, l'Outcheka et aussi la construction de nouvelles mosquées partout où les pouvoirs publics, l'OTAN ou l'Europe ont fermé les yeux.

On n'empêche pas les grandes inondations en se retirant sur l'Aventin. Même si on y gagne une plus jolie vue. Momentanément du reste.

Dans ce sens, la candidature Sarkozy en France a beaucoup perdu de crédibilité chez nous en raison de ses initiatives en faveur d'une structuration officielle des musulmans dans la République. Une des plus grossières erreurs d'une certaine droite est de supposer par principe que les petites gens sont totalement manipulables. Et je regrette infiniment le silence "oecuménisant" de trop de nos hiérarques à ce sujet - qui touche au coeur même de la Foi. Cela aussi a un terrible sens:

"A quoi sert une statue sculptée ... un oracle menteur pour qu'en lui se confie celui qui la façonne, fabriquant des Néants muets ?
Malheur à qui dit au bois "Réveille-toi!", à la pierre silencieuse: "Eveille-toi!".
Cela peut-il enseigner ?
Sans doute c'est recouvert d'or et d'argent, mais pas un Souffle en son milieu!
Mais YHWH, lui, est dans Son Temple : silence devant Lui, terre entière !"
(Hab. 2, 18-20)

"... Et lorsque [l'Agneau] ouvrit le septième sceau, il se fit dans le ciel un grand silence..." (Apoc. 8, 1)
< Demeurons dans la Joie. Prions sans cesse. Rendons grâce en tout... N'éteignons pas l'Esprit ! >
Makcim
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Message par Makcim »

Chers frères et soeurs,
Je n'ai pas écrit depuis longtemps, je n'ai guère de temps, bien que je lise assez régulièrement vos messages... mais là je ne peux que faire un effort pour mettre mon grain de sel sur cette plaie qui démange...
Vous me pardonnerez de troubler quelque peu vos effusions sentimentales de tristesse pour les uns et de culpabilité de pécheurs pour les autres. Je ne connais pas les situations familiales des uns et des autres mais il me semble que l’on peut peut-être légitimement avoir quelque préoccupation de l’avenir pour nos enfants et qu'un certain angélisme devrait faire place à un peu plus de réalisme :

• Régulièrement l’espace aérien grec est violé par des avions turcs (souvent armés) sans que qui que ce soit - même pas les Grecs européanistes, évidemment pas eux ! – s’en émeuve.
• Le patriarcat de Constantinople subit depuis des années des attentats.
• Chypre en est au statu quo
• Le génocide arménien n’a toujours pas été reconnu

La morgue des Turcs n’a d’égale que leur soutien américain et celui des politiques européens qui ne peuvent qu’être grassement achetés pour appuyer avec tant de constance la candidature des Turcs à l’Europe.
Mais que vos consciences troublées ne s’émeuvent pas davantage de ces rumeurs guerrières (il faut tout de même avoir bien à l’esprit que, autant la pauvre armée grecque n’est pas brillante, autant l’armée turque est exemplaire…) En effet, une fois la porte ouverte, la démographie fera plus sûrement des merveilles pour l’effacement non seulement de l’hellénisme (si impérialiste chez nous, véritables anciens orthodoxes n’est-ce pas ? M' enfin !?) mais également de l’identité européenne. Mais quoi notre patrie n’est-elle pas au Ciel et ne serons-nous pas bienheureux d’être martyrs pour gagner le Royaume plus rapidement ?
Après la guerre en Asie mineure, la défaite grecque par les Turcs et l’ « échange » des populations turques et grecques, la Grèce comptait, au recensement de 1928, 6,2 millions de ressortissants tandis que la Turquie en comptait 13,6 millions au recensement de 1927. Aujourd’hui la population de la Grèce est grosso modo de 10 millions tandis que celle de la Turquie avoisine les 70 millions.
Vu la progression de la natalité en Turquie on atteindra les 100 millions dans 20 ans et vu la « modernisation » (enfin quoi !?) de la Grèce, ce n’est qu’un au revoir mes frères…
Mais notre saint Patriarche, fidèle à l'histoire de l'Eglise, et fidèle au poste, quitte à faire appel à quiconque voudra bien entendre, persiste à militer pour l’adhésion en même temps qu’elle mendie, de façon misérable, depuis des années son séminaire de Halki - que les Turcs n’accorderont pas plus que le reste.
Car les Turcs sont forts (eh oui, c’est bien connu !) et se sentent forts, conscients de leur potentiel et sûrs de l'appui de nos chers amis anglo-saxons (d'Outre Manche et d'Outre Atlantique) qui viennent encore de nous rappeler que « C'est clairement une décision que l'Union européenne doit prendre elle-même » Ben voyons…
Saint baisers à tous de Maxime le minime.
Makcim
Nicolas
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Message par Nicolas »

Macsim, il n'y a absolument rien à rajouter.

En général je présente les faits quasiment de la même manière. Les gens qui connaissent un tant soi peu, dans l'ordre, le Patriarcat de Constantinople, la Turquie "moderne", la Grèce "contemporaine" et sa féodalisation européenne arrivent à ce malheureux constat.

Plus que jamais il faut soutenir le Patriarche Bartholomée, un homme d'une immense valeur, qui est, nous le savons tous, terriblement isolé.

Je ne répond même pas à ceux qui préconisent son départ pour Genève ou ailleurs.
theodore
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Turquie:oui, j'ai peur et je l'avoue...

Message par theodore »

Le 3 octobre la Turquie va entamer ses négociations d'adhésion dans l'Union Européenne, pour moi , et malgré toute l'ouverture d'esprit que je m'efforce d'avoir de tout ce qui m'est étranger(lecture d'ouvrages d'autres spiritualités par simple curiosité intellectuelle) , c'est un cauchemard.
Je songe à la démographie de cette pauvre Russie, en berne avec seulement 150M d'habitants sur un territoire aussi immense, en première ligne avec un nombre considérable de pays musulmans sur ses flancs(Chine exceptée mais qui éprouve elle aussi quelques soucis avec ses remuantes provinces turcophones du Sin Kiang).
Cet ensemble turcophone et musulman sera dans vingt ans presque deux fois plus peuplé que la Russie.
Sincèrement , j'avoue que j'ai peur , malgré toute mon espérance en Christ, de cette menace grandissante de l'Islam(et je me méfie encore plus de ce que l'on ose appeler un prétendu "Islam modéré", car les chrétiens d'Orient savent très bien par expérience ce que signifie la trop fameuse 'taqya" , cette aptitude de caméleon qui consiste à masquer ses intentions réelles).
Je me console toujours en me disant que notre espérance peut aussi toucher des coeurs et des consciences venues de l'Islam, comme Saint Ahmed le Calligraphe, mais ma méfiance s'accroit quand même.
Sur la croix des syriaques il y a quatre petit mots , rédigés en araméen avec , inscrit, aux quatre coins de celle-ci :"(Jésus) protège nous de nos ennemis", j'avoue que j'ai peur , peur non seulement pour l'Orthodoxie , dont la Russie est la plus grande nation , mais aussi pour l'ensemble de la Chrétienté(et au-delà de ceux qui veulent rester libres).
Face à l'Islam et au défi qu'il nous impose , ce n'est pas en syriaque orthodoxe préchalcédonien etc... des nuances dont il(l'Islam) n'a cure que je me pose, mais d'abord en Chrétien disciple de l'Evangile et de son Christ.
Je me rassure chaque matin en me souvenant de ce que l'ange dit a Joseph, dans la Bible syriaque ou Peshitto comme dans toutes les Bibles de toutes les langues:lo tedhal -"n'aie pas peur", je me souviens aussi d'un Saint Paul qui nous incite dans ses Epitres au courage .
Je dis ce que j'ai sur le coeur.
Je suis hostile à cette adhésion et je doute qu'une majorité de citoyens d'Europe tant occidentale qu'orientale y soit sincèrement favorable.
La Croix est la volonté prête à toutes les douleurs.
Saint Isaac de Nisibe dit le Syrien
ioanna
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progrom anti - grec de Constantinople

Message par ioanna »


Bonjour à vous toutes et tous, soyez indulgents avec moi : suis toute nouvelle et en plus pas très à l'aise dans les échanges virtuels mais....je me soigne ! Je suis née à Constantinople (aucun membre de ma famille n'a jamais prononcé le mot Istambul) le 11 Septembre 1955. Ma mère a été emmené dans un camion militaire turc pour accoucher. C'est certainement pour çc que je suis devenue une grande angoissée. Puis quand j'ai eu 9 ans , nous nous promenions sur le Bosphore quand deux turcs arrivant de face nous ont "présenté" des lames blanches dans les côtes et nous ont dit "Guiaour, turkché connouch" (il ne me reste que la phonétique. Trad : Athés, parlez le turc". Quelques jours après, au petit matin des policiers ont frappé à notre appartement : nous devions avoir traversé la frountière le lendemain matin..... C'était en 1964. Quelques années plus tard un camion militaire grec m'a roulé dessus : c'était le ramassage scolaire et le putch des colonnels en Grèce. La petite fille que j'étais : :shock: :shock: :?: Les négociations avec la turquie vont commencer : que Dieu nous garde, qu'Il protège les chrétiens. Et je ne suis pas une grenouille de bénitier. Merci de cet espace d'expression...Ioanna
Plus on va dans l'infime, plus on a de chances de trouver l'essentiel (P.DELERM)
Makcim
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Message par Makcim »

1821 : ordre du sultan Mahmut II de tuer tous les révoltés chrétiens de l'empire ottoman, conformément à la Charia;sans suite majeure
1821 : le patriarche Grégoire V est pendu par les Janissaires à la porte de l'église du Phanar à Constantinople
1821 : avril: exécution du patriarche orthodoxe de Constantinople Grégorios
1821 : attaque des minorités grecques en Anatolie en réplique à la libération du Péloponnèse.
1821 : en réponse aux massacres de la communauté ottomane en Morée, les Turcs massacrent les grecs en Thessalie,Macédoine, dans la mer Egée, Constantinople, Chios
1821 : mars: proclamation du jihad par les Ottomans, par l'intermédiaire du Califat
1821 : à Constantinople, deux métropolites et douze évêques sont pendus sur ordre du sultan.
1822 : massacre de Chio par les Turcs: 25 000 morts; 40 000 esclaves?
1823 : Mehmet Ali réclame que le nombre d'esclaves dans son armée soit de 30 000
1829 : la conquête du Caucase par les Russes interrompt le trafic des esclaves circassiennes "blanches"
1829 : octobre: le chef kurde Rwandez attaque les chrétiens assyriens le long du Tigre. Il fait assassiner les prêtres et les moines.
1829 : octobre: les Kurdes attaquent le village assyrien de Bit Zabda; 200 morts
1829 : octobre: les Kurdes attaquent le village assyrien de Asfas: meurtre du chef Rais Arabo et du prêtre Aziz; 80 enfants sont tués dans les environs.
1829 : attaque de Nisibe par les Kurdes.
1829 c : le prêtre assyrien Bahnam est assassiné par les Kurdes avec 80 de ses étudiants
1842 : tentative de génocide des chrétiens assyriens par l'émir kurde d'Hakkari Badr Khan Bey: 10 000 morts, esclavage des femmes et des enfants. Les Ottomans n'interviennent pas.
1842 : à Hakkari, martyre de la mère du patriarche assyrien Mar Shimun, découpée en morceau et jetée dans la rivière Zab.
1842 : 800 chrétiens assyriens sont éliminés dans la région de Dez selon les registres fiscaux.
1843 : massacres des chrétiens nestoriens d'Orient notamment par les Kurdes: environ 20 000 morts
1843 : décapitation d'un jeune Arménien à Constantinople pour apostasie
1843 : lettre du grand Vizir ottoman à lord Ashley confirmant l'impossibilité de grâce dans les cas d'apostasie
1843 : massacre de chrétiens nestoriens au Kurdistan
1844 : sous la pression européenne, le sultan abandonne en partie la loi réprimant l'apostasie (seulement pour les sujets chrétiens à l'origine)
1846 : nouvelle vague de persécution contre les chrétiens assyriens.
1846 : après la révolte du village assyrien de Tyari, Badr Khan Bey reçoit 3 paniers remplis d'oreilles coupées en signe de soumission; la population de la ville est dispersée; les responsables sont exécutés: 30 prêtres et 60 vicaires
1846 : octobre: l'emir d'Hakkari Badr Khan Bey attaque le région de Tkhoma; 300 femmes sont massacrées ainsi que leurs enfants.
1847 : reprise des persécutions des chrétiens assyriens par les Kurdes. 30 000 morts?
1854 : l'ambassadeur britannique en Turquie prévient que les militaires ottomans combattant en Crimée avec les Alliés en profitent pour reprendre le trafic d'esclaves circassiennes "blanches"
1855 : permis d'inhumer d'un chrétien par un cadi ottoman (extrait): nous accordons au prêtre de l'église de Marie que la carcasse impure, pourrie, puante de Saideh, damné ce jour, pourra être enterré."
1856 : l'empire ottoman, en contradiction avec le Traité de Paris, exige des minorités l'acquisition d'un permis pour construire ou réparer les lieux de culte.
1857 : interdiction de l'esclavage dans tout l'empire ottoman sous pression occidentale
1860 : massacre des chrétiens syriens
1860 : massacre de 22 000 chrétiens libanais, dont 5000 à Damas, par les Druzes et avec l'accord des Turcs
1860 : destruction de monastères et d'églises par les Albanais au Kosovo
1860 : avril: ordre du sultan visant à l'élimination des Maronites dans les montagnes du Liban
1860 : avril-mai: déroulement du massacre des maronites sous la responsabilité du gouverneur de Damas Ahmet Pacha
1875 : révolte des orthodoxes de Bosnie contre l'oppression ficale ottomane; le sultan Abdul Hamid II "le Sultan Rouge" exige une destruction totale.
1875 : sous pression européenne, le sultan accorde l'égalité aux chrétiens de Bosnie, avec la fin de l'application de la sharia à leur égard.
1876 : écrasement de la révolte bulgare
1876 : massacre des Bulgares par les Turcs (15 000 morts selon un consul US)
1876 : au cours de la guerre d'indépendance bulgare, les bandes d'irréguliers de l'armée ottomane, brigands, kurdes et fanatiques, massacrent environ 15 000 personnes dans la région de Plovdiv: 58 villages sont détruits ainsi que 5 monastères
1876 : conférence de Constantinople imposée par les puissances européennes sur le respect des minorités; le ministre libéral partisan de la tolérance Midhat Pacha est assassiné aussitôt après.
1877 : juin: massacre par les irréguliers ottomans des Arméniens de Bulgarie
1877 : massacre d'Arméniens à Beyazit en Anatolie
1894 : début des massacres contre les Arméniens décidés sous le sultan Abdul Hamid =>1896; environ 300 000 morts
1894 : aout: massacre du village arménien de Gelie-Guzan
1894 : aout: massacre d'Arméniens au Mont Gebin, déportés du village d'Andok et brulés vifs dans la forêt
1894 : aout:74 villages arméniens détruits dans la région de Sassun: 10000 victimes
1894 : aout-octobre: massacre d'Arméniens par les seigneurs kurdes autour de Mush; 5000 morts selon les Européens
1894 : l'ambassadeur de France à Constantinople décrit la création des régiments kurdes comme " l'organisation officielle pour le pillage aux dépens des chrétiens arméniens"
1895 : massacre d'Arméniens à Van et Istanbul

1895 : exécution à Birecik de 20 Arméniens refusant de se convertir
1895 : septembre: massacre d'Arméniens à Baberd par les Turcs
1895 : septembre: pogroms contre les Arméniens à Constantinople; 2000 morts; plaintes des Européens
1895 : octobre: massacre d'Arméniens dans la province de Derjan
1895 : octobre: massacre d'Arméniens dans la province de Trébizonde; témoignage du consul français
1895 : octobre: massacre d'Arméniens à Erzincan et Kamakh
1895 : octobre: massacre d'Arméniens dans la région de Kghi; 1000 morts
1895 : octobre: massacre d'Arméniens à Baghesh
1895 : octobre: massacre d'Arméniens à Urfa; 10 000 morts dans les combats
1895 : octobre: massacre d'Arméniens à Shapin-Karahisar; 2000 morts dans la ville et 3000 dans la campagne
1895 : octobre: massacre d'Arméniens dans la ville d'Erzincan; 1000 morts
1895 : novembre: massacre d'Arméniens à Zklus; 200 morts
1895 : novembre: massacre d'Arméniens à Amasya; 100 morts
1895 : novembre: massacre d'Alep; 1000 morts


Etc etc etc. etc etc etc. etc etc etc. etc etc etc. etc etc etc. etc etc etc. etc etc etc. etc etc etc. etc


Je n’ai pas tout collé…
Voir site : http://www.atheisme.org/listeislam.html
Makcim
ioanna
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Message par ioanna »

Voilà donc ce qui se passe dans les établissements scolaires d'un pays de Liberté. C'est la 1° année que dans le programme d'histoire va apparître le génocide Arménien... Quelle hypocrisie ! C'est pour cette hypocrisie que je suis devenue apolitique après un investissement acharné de quelques années dans ma jeunesse. Enfant, ma 1° et meilleure amie était Turque, nos voisins (dans ce quartier VIP où nous vivions) tous turcs ou étrangers et nous étions si bien ensemble !!!! Que de fêtes, que de rires, et je vous assure que tous les enfants que nous étions parlions au moins 4 langues parfaitement bien. Nous jouions dans la rue .... Nos mères surveillaient par les balcons autour d'un café, mais l'époque des grands coureaux n'étaient pas encore arrivée. Des Grecs fûrent assassinés, ceux qui refusaient de partir parceque tout simplement ils allaient laisser leurs morts soit à Constantinople, soit à Halki, soit à Pringippos, ont été contraints et forcés de rallier la nationalité Turque. Orthodoxes turcs !!!! Je sais bien que Dieu est unique, qu'il a des noms différents comme moi qui en France je m'appelle Jeanne, en grèce Ioanna et en Angleterre Jennifer et aux US Jane : mais je suis la même. Eux n'ont pas ce point de vue. Il n'y a qu'à regarder la liste de Makcim : prions pour tous ceux-là qui ne demandaient qu'à vivre, juste vivre. C'est beaucoup mais pour eux ce fû si peu !!!!
Plus on va dans l'infime, plus on a de chances de trouver l'essentiel (P.DELERM)
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