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Message par Glicherie » Mer 29 Sep 2004 17:18

Jean-Louis,
M.Kovalevski dans son livre (orthodoxie et occident) relate les exigences de l'Archevêque Jean et du Synode Russe HF:
-donner la communion, après le jeune eucharistique et la confession, aux seuls orthodoxes,
-adoption du calendrier et de la pascalie orthodoxe
et il y en avait d'autres. C'est cela que je visait dans mes propos.

Sans doute à l'époque il y avait un avantage a proposer l'Orthodoxie comme "culturellement" liée à l'Occident et a la France, qui était (encore) tout de même très marquée par le papisme.

Il y a tout de même des éléments qui m'ont toujours troublés.
Si l'Ecof au début avait acceptée le typikon byzantino-slave, elle aurait sans aucun doute eu plusieurs évêques et surement put prétendre à l'autocéphalie. Là, il était loisible à un Synode français de procéder aux adaptations jugées nécessaires à "l'esprit français", le cas échéant.

Au lieu de cela, on voit l'évêque Jean le jour de son sacre refuser de porter une couronne, malgré les supplications de l'Archevêque Jean, qui avait réussi à lui faire mettre un sakos, et finalement...être couronné d'une mitre papiste (cf photo page d'accueil site ecof)!

On voit l'évêque Germain au Synode Roumain, en couronne et sakos, glabre!

On refuse de célébrer St Jean Chrysostome, mais on fait des "messes" pour les franc-maçons...

L'exception cultuelle française...?
Glicherie
 
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Message par Jean-Louis Palierne » Mer 29 Sep 2004 18:26

Glicherie a écrit :

Glicherie a écrit :Jean-Louis,
M.Kovalevski dans son livre (orthodoxie et occident) relate les exigences de l'Archevêque Jean et du Synode Russe HF:
-donner la communion, après le jeune eucharistique et la confession, aux seuls orthodoxes,
-adoption du calendrier et de la pascalie orthodoxe
et il y en avait d'autres. C'est cela que je visait dans mes propos.


Oui c'est vrai. J'avais oublié cet épisode, que je n'ai pas connu personnellement.

Sans doute à l'époque il y avait un avantage a proposer l'Orthodoxie comme "culturellement" liée à l'Occident et a la France, qui était (encore) tout de même très marquée par le papisme.


Justement, c'est cela que je mets en doute. Je prétends que tous ceux qui ont cherché à valoriser le passé spirituel de la France se trompaient à l'époque. Ils cherchaient une référence dans le Moyen-Âge (cf Péguy, Claudel), pas dans le passé orthodoxe. Ils n'ont même pas su renouer avec le passé des spirituels français de l'époque classique, si chers à Jean-Marie Gourvil.

Et ce passé moyenâgeux, même les orthodoxes y croyaient. Je voyais récemment dans une étude d'Émilie Van Taack qu'à cette époque la confrérie saint Photius mélangeait dans le passé spirituel français Jeanne d'Arc et saint Louis ! Et le confrérie saint Photius déclarait aussi qu'une Église orthodoxe ne devrait pas installer un évêque de Paris, puisque c'est le territoire canonique du patriarcat de Rome. (1) l'Occident étant tombé dans l'hérésie, l'Orthodoxie a le droit et le devoir d'installer des évêques orthodoxes en Occident. Elle le fait d'ailleurs maintenant. (2) l'Église des Gaules ne faisait pas partie du territoire canonique de Rome, pas plus que l'Église d'Espagne ou celle d'Afrique.

Mais les occidentaux qui s'intéressent à retourner aux sources patristiques de l'Église ancienne n'éprouvent pas le besoin de restaurer les ruines de la Liturgie occidentale, ni que leurs évêques portent la mitre latine ! J'ai cependant vu une photo où mgr Antoine Bloom, évêque occidental du patriarcat de Moscou, avait trouvé nécessaire de porter un jour la mitre occidentale. Vraiment ils ont cru que les occidentaux étaient si attachés à leur passé !

Il y a tout de même des éléments qui m'ont toujours troublés.
Si l'Ecof au début avait acceptée le typikon byzantino-slave, elle aurait sans aucun doute eu plusieurs évêques et surement put prétendre à l'autocéphalie. Là, il était loisible à un Synode français de procéder aux adaptations jugées nécessaires à "l'esprit français", le cas échéant.

Au lieu de cela, on voit l'évêque Jean le jour de son sacre refuser de porter une couronne, malgré les supplications de l'Archevêque Jean, qui avait réussi à lui faire mettre un sakos, et finalement...être couronné d'une mitre papiste (cf photo page d'accueil site ecof)!


Leur projet n'était pas de construire un synode autocéphale qui aurait pris rang parmi les Églises orthodoxes. Ils pensaient qu'une telle Église ne serait pas assez mûre pour remettre en cause la routine des vieilles Églises orthodoxes. Or pour eux, le typikon byzantino-slave semblait un véhicule d'arriération. Ils souhaitaient surtout lancer une passerelle de l'Église russe vers l'Occident pour montrer à quelles exigences l'Église russe saurait répondre pour se renouveler.

Pour une telle rénovation, ils pensaient qu'il était nécessaire que l'Église russe sache trouver une réponse aux besoin de l'Occident moderne : une attitude positive envers le monde réel. Et dans les exigences de la modernité il y avait celle d'une rénovation de la vie communautaire activement présente au niveau paroissial (donc au niveau de la vie quotidienne).
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Message par Jean-Louis Palierne » Mer 29 Sep 2004 19:07

Pascal me rétorquait :

pascal a écrit :Peut être qu'on pourrait juger sur pièce et pas en faisant des appréciations, teintées de déceptions passées ou de manque d'objectivité présent dû aux cercles magiques que sont les encensements autour de sfidèles comme vous aviez dit un jour.

c'est un fait que cette liturgie est reconstituée, en même temps elle fonctionne...


Pascal

Non effectivement je n’ai pas fouillé les archives que vous avez raison de rappeler, mais je sais que d’autres l’ont fait, et qu’on ne peut pas y trouver grand chose. Vous avez d’ailleurs rappelé vous-même la liste de ce qu’il a fallu ajouter pour faire quelque chose qui se tienne. Ce n’est pas ce résultat que je critique, mais :

(1)Le fait que ce soit le résultat d’un bon travail, et non de la Tradition. Les Liturgies de saint Jean Chrysostome et de saint Basile, comme d’ailleurs celles de saint Jacques ou de saint Marc, ne se présentent pas comme un travail de qualité, mais comme une expression de la Tradition. Et la Tradition de l’Église, après une longue expérimentation, retient finalement les deux premières comme la meilleure expression de la Tradition.

(2)Le fait qu’on cache que 80% des éléments sont d’origine dite “orientale” (appellation d’ailleurs hautement contestable) et qu’on donne au mélange final le nom de Liturgie “occodentale”. Il y a là-dessus une vieille histoire du pâté de cheval et d’alouette.

(3) Le fait qu’on y ajoute une manière de célébrer qui déséquilibre au profit de l’inclusion communautaire.

Beaucoup de curieux occidentaux qui entrent pour la première fois dans une église orthodoxe, mieux encore qui assistent pour la première fois à une liturgie orthodoxe, s’étonnent du désordre qui y règne : des gens entrent et sortent, allument des cierges, se signent à divers moments, déposent des pains et des gâteaux, répondent ou pas, chantent ou pas, etc

Cela n’est pas un désordre, c’est la liberté du Peuple royal. La Liturgie se déroule au nom de tous, sans exiger que chacun manifeste visiblement sa “participation” comme on dit à saint Irénée. Et bien sûr il y a des gens qui exagèrent. Et il y a aussi des clochards à la porte. Et il y a des gens qui ne viennent que pour donner de l’argent et acheter des cierges dix fois leur valeur.

Il y a aussi des gens qui tiennent à prier "personnellement" prosternés dans un petit coin. Et il y a même des gens qui vont rarement à la Liturgie.

le fait que selon vous ces éléments ne sont plus contrebalancés par une recherche de la prière personnelle, une ascèse, un dépouillement de la vanité individuelle, une étude de la Tradition relève plus d'un bel amalgame et d'une généralisation qui vous est toute personnelle.


Alors là non. Il y a dans l'Église une nécessité, non pas de "dépasser" la Liturgie vers une prière plus intérieure, mais de faire encore plus soi-même ce que l'on fait dans la Liturgie. Il y a toujours eu dans l'Église des gens qui, très peu nombreux certes, sont appelés par l'Esprit à s'isoler pour prier, ou pour pratiquer certaines formes d'ascèse (qui ne peut être qu'une prière). Il y en a aussi qui passent leur vie à se dévouer à la vie de l'Église, dans toutes sortes de tâches. Mais on n'a pas le droit de dire aux fidèles : c'est ÇA ton ascèse : apporter par ton labeur ta participation à la vie communautaire.

Or je l'ai souvent entendu dire à saint Irénée, où l'on considère que tous les fidèles présents doivent manifester durant la Liturgie leur participation à la Liturgie communautaire.

vouloir à tout crin mettre sa patte dans une nouvelle rédaction de Notre Père c'est quoi sinon un manque de dépouillement de la vanité individuelle?


Je pense que c'est à très juste titre que la discussion renaît constamment au sujet de la traduction du "Notre Père". Effectivement les points qui sont en discussion sont au centre de la Révélation du Christ.
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Message par pascal » Jeu 30 Sep 2004 7:53

Il y a dans l'Église une nécessité, non pas de "dépasser" la Liturgie vers une prière plus intérieure, mais de faire encore plus soi-même ce que l'on fait dans la Liturgie. Il y a toujours eu dans l'Église des gens qui, très peu nombreux certes, sont appelés par l'Esprit à s'isoler pour prier, ou pour pratiquer certaines formes d'ascèse (qui ne peut être qu'une prière). Il y en a aussi qui passent leur vie à se dévouer à la vie de l'Église, dans toutes sortes de tâches. Mais on n'a pas le droit de dire aux fidèles : c'est ÇA ton ascèse : apporter par ton labeur ta participation à la vie communautaire.

je suis d'accord avec vous.

Je pense que je me suis mal exprimé ou que je vous ai mal compris dans le message précédent:

comme ces éléments ne sont plus contrebalancés par une recherche de la prière personnelle, une ascèse, un dépouillement de la vanité individuelle, une étude de la Tradition.

J'ai cru voir dans vos propos une généralisation de l'attitude de l'ensemble des fidèles de Saint Irénée, par rapport à leur vie de prière ce qui m'a fait dire que vous faisiez une généralisation. Suis je plus clair?

Personnellement, sincèrement, on ne m'a jamais fait le type de prescription que vous citez sur la participation à la liturgie.
pascal
 
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Message par pascal » Jeu 30 Sep 2004 8:00

sinon, je me pose la question, peut être secondaire, je ne sais pas trop:

à partir de quel moment la mitre est-elle apparue?
et à partir de quel moment les évêques ont-ils été couronnés?

quelle est la différence de signification entre les deux?
pascal
 
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Message par Jean-Louis Palierne » Jeu 30 Sep 2004 13:47

Je na savais pas, avant de lire le message de Glicherie, qu'en roumain on emploie le terme “couronne” pour désigner la tiare des évêques orthodoxes. Je l’apprends donc.

À vrai dire qu’elle ait une forme ou une autre, je m’en fiche un peu. Au début, l’iconographie nous montre des évêques sans tiare ni mitre (cf par exemple les mosaïques de Ravenne). C’est un fait que l’Occident a préféré un forme et l’Orient une autre. Je n’ai vraiment pas l’intention d’aller jusqu’à parler de pureté dogmatique à ce propos. Mais c’est un fait aussi qu’à une époque récente les (trop) rares orthodoxes qui se préoccupaient de rendre l’Orthodoxie accessible aux occidentaux estimaient nécessaire d’en présenter non seulement une traduction dans la langue du pays — ce qui a toujours été une préoccupation de l’Église depuis le jour où l’Esprit saint , descendant sur les Apôtres, leur a donné la charisme que nous appelons “le don des langues” — mais aussi de réutiliser les formes liturgiques qui avaient existé en Occident, avec seulement une adaptation orthodoxisante. Et ils ont cru utile d'aller jusqu'à la forme de la mitre !

Il y a eu par exemple un essai d’orthodoxisation de la liturgie anglicane du “Common Book of Prayer” destiné à faciliter le passage à l’Orthodoxie des anglicans. Je crois que ça n’a pas été une réussite. Il y a eu une tentative je crois très sérieuse de résurrection d’une liturgie celte bien conservée (le "Missel de Stowe). Même si c’est une vénérable pièce de musée, elle ne sert pas à grand chose, car très peu de gens s’en servent (il ne s’agit pas de l’ecclésiole dite “Église celtique”) et éprouvent le besoin de passer par là pour entrer dans l’Orthodoxie.

L'expérience depuis au moins 80 ans montre que l'utilisation de liturgies occidentales, bien reconstituées ou non, n'est pas utile pour présenter l'Orthodoxie aux occidentaux d'aujourd'hui.

Les gens qui ont tenté l’opération en France se sont trouvé devant des matériaux trop faibles pour donner re-naissance à une Église. Ils ont produit une chose qui s’appelle “liturgie des Gaules” qui contient 80% d’éléments orientaux, qui fonctionne, mais comme ils ont voulu profiter de l’occasion pour en faire un exemple de re-communautarisation et de rénovation de l’Orthodoxie, ils ont produit une secte très contestable et rejetée par la communion orthodoxe.

Pour répondre au post précédent de Pascal, je peux dire que personnellement, sincèrement, j’ai entendu dire qu’il faut éviter, oublier, fuire la tentation de la prière personnelle, et je connais un certain nombre de gens qui l’ont entendu aussi. Je dois dire aussi que j’ai entendu la même choses dans certains cercles du modernisme parisien. Les Églises orthodoxes traditionnelles, dit-on, se sont laissé impressionner par le monachisme, on a voulu des moines-évêques, les prêtres ont pris l’habit des moines, on a répandu un certain nombre de pratiques piétistes telles que la prière du Nom, les acathistes etc. J’ai vu à saint Irénée interdire de venir à l’Église avec des livres etc.

Au début j’étais étonné. Ce n’est que peu à peu que j’ai compris la cohérence de tout cela. Cohérence qui ne correspond absolument pas à ce que viennent chercher les occidentaux quand ils viennent vers l'Église orthodoxe, contrairement à l'idée que les modernistes orientaux se font de l'Occident.

En dehors de l’ÉCOF, dans la vraie orthodoxie parisienne, on a aussi cherché à éliminer la référence au monachisme en souhaitant que l’Église orthodoxe ne soit plus composée que de paroisses engagées dans la vie réelle. Certes ceux qui préconisaient ce genre de conceptions rénovationnistes ont toujours veillé à s’entourer de prudence, car ils souhaitaient que cette ligne s’infiltre dans les Églises orthodoxes d’origine, sans provoquer de réactions. Le programme rénovationniste n’est donc pas révélé en public.
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Message par Invité » Jeu 30 Sep 2004 13:56

Je trouvais déjà la mitre épiscopale romaine d'un gout discutable mais je suis encore plus réservé sur la couronne des évêques orthodoxes. Surtout si je pense à la couronne d'épines du Christ...
Invité
 

Message par Jean-Louis Palierne » Jeu 30 Sep 2004 15:32

Emmanuel,

Bien sûr… Je soupçonne fort les pierre précieuses de n’être que des brillants de pacotille. On est vraiment très loin de la couronne d'épines !

Mais il faut bien voir quelle en est la signification (mais ce sont des choses dont on n’aime guère parler). L’évêque tient une place centrale dans l’édification du Corps du Chris, qui est l’Église. Il doit être unique en un lieu donné, les canons insistent beaucoup sur ce point, et y reviennent (quand on pense à l’état misérablement anti-canonique de l’Église actuelle dans la Diaspora !). C’est l’unicité de l’évêque dans sa cité, qui doit être en communion avec tous les autres évêques de l’Église orthodoxe répartis dans le monde, c’est parce qu’il participe nécessairement et activement à un synode d’évêques présidé (mais seulement présidé) par un métropolite investi d'un rôle de cohésion, c’est parce que l’évêque est choisi, consacré, contrôlé et jugé par le Synode auquel il doit faire part de ce qu’il fait, c’est parce que c’est seulement de l’évêque que dépendent personnellement tous les prêtres, qu’il a choisis et éprouvés après qu’ils aient été des serviteurs de l’Assemblée eucharistique, qu’il peut exprimer l’unité de la foi orthodoxe et recevoir et exercer personnellement tous les charismes nécessaires pour diriger l’Église qui lui est confiée : présider l’Assemblée eucharistique, distribuer à tous les fidèles les saints Mystères de l’Église (les prêtres sont là pour le démultiplier), et pour exercer les fonctions d’enseignant, de thérapeute et de juge. Son discernement l’autorise à écarter les pécheurs de l’offrande eucharistique (et donc de la communion), puis à les réadmettre selon leur pénitence et leur guérison ; véritable père spirituel de son Église, il choisit les hommes, les éprouve et les guide, tant ceux qui vivent dans le monde que les moines ; c’est à lui d’écarter les faux enseignements et les illusions spirituelles. Il possède et gère personnellement tous les biens de l’Église, séculiers et monastiques. Quand un évêque est défaillant, l’Église est malade.

C’est parce qu’il tient personnellement le rôle du Seigneur dans l’Église, c’est parce qu’il représente personnellement l’unité du corps du Christ, c’est parce que sa liberté charismatique fait de tous ses gestes des gestes d’Église, que les chrétiens ont voulu marquer, et signaler aux yeux de tous les fidèles son éminente dignité — même lorsqu’il est au-dessous de sa tâche.

On a plusieurs fois souligné, et en particulier ici, que la réalité est souvent très différente, et que notre Église souffre de la médiocrité épiscopale. C’est vrai, et les évêques sont la première victime de l’intrusion de l’esprit du siècle dans l’Église. Il faut donc croire que l’Esprit tolère que l’Église soit attaquée par les ruses du démon et qu’elle en souffre — comme Lui-même en a souffert.

La plus évidente des injures faites aux canons de l’Église est celle que font les Églises des pays de tradition orthodoxe, ce que j’appelle les Églises “ethniques”, considèrent commé évident qu’elles ont un rôle à jouer dans la vie publique de leur nation, et c’est un rôle de direction, en montrant la voie à suivre. Elles sont devenues un exemple de sécularisation. Mais pour nous, dans notre Occident, ce qui nous touche le plus c’est que les Églises ethniques créent des “filiales” ethniques à l’usage de leurs diasporas respectives dans les pays occidentaux (pour nous ce dont des immigrations).

Les évêques qui sont nommés à la tête de ces filiales en Occident conçoivent leur rôle en fonction des intérêts de leurs Églises-mères.
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Message par Monique » Ven 01 Oct 2004 8:32

Cher Jean-Louis,
Je ne sais pas d’où vient l’hymne « l’aurore de clarté rutile », je pense que c’est une traduction d’un hymne latin ; il est chanté tous les dimanches en paroisse, et s’il nous a bien fait rire (j’ai fait partie d’une paroisse de l’ECOF où on avait beaucoup d’humour), il ne nous a jamais aidé à prier.
Et quand j’ai découvert l’hymne de la résurrection orthodoxe, j’ai eu l’impression qu’on nous avait donné de la piquette alors que le bon vin existait et était connu des dirigeants.

« Je recommande en particulier à votre lecture critique les "psaumes ecclésiastiques" des matines, qui sont un "résumé" de l'hymnographie byzantine de l'Orthros. »

Quand je suis arrivée dans une paroisse ECOF se sont ces "psaumes ecclésiastiques" qui m’ont tout de suite intéressés, mais dans mon entourage, personne n’a pu me dire d’où ils étaient tirés ; depuis j’ai acheté le livre PARACLITIQUE ou Grand Octoèque et j’ai retrouvé tous ces « psaumes » et « strophes patristiques ». Les traductions de l’ECOF sont meilleures.
Dans le Paraclitique, on a parfois l’impression que c’est traduit du japonais par un hollandais et recopié par un esquimau (je prends les peuples au hasard) comme pour les notices d’explication d’appareil ménager. C’est parfois incompréhensible, mais pas ridicule. Il y a là un travail de traduction très important.

Et je trouve que l’histoire de l’ECOF montre un grand gâchis de capacité, de compétence et de bonne volonté.
Et il a beaucoup de choses bonnes à l'ECOF qu’il serait malheureux de perdre comme par exemple les antiennes des Noms Divins avant Noël. (à noter qu’un de ces nom est Orient)

Quand je regarde le Grand Livre d’Heures je note des termes comme : «là où c’est l’usage », « selon l’usage slave », « selon l’usage de la sainte montagne de l’Athos » ; l’orthodoxie n’est pas figée et peut inclure des usages différents.
Le séparatisme de l’ECOF entre occident et orient, comme si une manière d’être orthodoxe excluait les autres, rend beaucoup plus difficile l’intégration des usages particuliés à l'occident dans l’orthodoxie.
Monique
 
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Message par Jean-Louis Palierne » Ven 01 Oct 2004 10:27

Irène-Monique,

Vous écrivez :

Le séparatisme de l’ECOF entre occident et orient, comme si une manière d’être orthodoxe excluait les autres, rend beaucoup plus difficile l’intégration des usages particuliés à l'occident dans l’orthodoxie.


C'est exactement cela. Ce séparatisme a été institué pout placer les fidèles de "l'Orthodoxie occidentale" à l'écart des influences pernicieuses des juridictions d'émigrés présentes en France — qui d'ailleurs à l'époque étaient étroitement contrôlées par des influences tout à fait extérieures à l'Orthodoxie. Mais la ruse ainsi employée était muvaise. La communauté créée sur ces bases a pris une existence tellement propre qu'elle devenue étrangère à toute la Tradition orthodoxe, au point de prétendre qu'elle constitue à elle seule une des deux moitiés de l'Orthodoxie !

Glicherie avait écrit :

Il me semble que les nécessités ne sont plus les mêmes, les économies plus destructrices qu'autre chose, et la justification du rite et de l'occidentalité sont dépassées....les 200 fidèles et 10 clercs de l'ECOF peuvent-ils soutenir que les orthodoxes français rentrés dans l'Eglise Orthodoxe en France sont orientalisés ? c'est ridicule, et d'autant que la plupart viennent de l'ECOF...


Bien évidemment. Je ne sais pas si il était vraiment utile de tenter l’occidentalité pour présenter l’Orthodoxie en France quand on l’a entrepris (et en tout cas on a échoué à présenter une reconstitution). Personnellement je crois que même alors c’était une erreur. Mais en tout cas beaucoup de français sont entrés à l’Orthodoxie par la grande porte, sans objecter que cette voie d’accès leur semble exotique, et y compris des anciens de l’ÉCOF, dont pas mal de clercs.

Mais quand vous dites dans un autre message du même fil :

'évêque Germain n'a pas été canoniquement déposé, il n'a plus de protection patriarcal.


Je ne vois pas ce que signifie canoniquement la “protection patriarcale”. Vous voulez probablement dire qu’il se trouve hors de tout synode provincial d’évêques orthodoxes. Dans ce cas, ce qu’il fait ne concerne pas les fidèles de l’Église orthodoxe.

Certes l’Église orthodoxe pourrait conférer la grâce à nouveau à l’Église de mgr Germain s’il faisait pénitence (on peut toujours rêver), et elle peut donner la grâce a posteriori à une ordination actuellement sans réalité qu’il aurait conférée depuis qu’il n’est plus dans la communion orthodoxe. L’Église orthodoxe peut en effet donner la grâce à une coquille vide hérétique, ce qui est souvent le cas du Baptême. Mais on ne peut pas dire que maintenant :

Ses actes sacramentels sont valides, si tant est qu'ils soient accomplis dans la Foi orthodoxe, et qu'il veuille ce que le Christ et l'Eglise veulent.


La communion avec l’Église orthodoxe est également nécessaire pour la validité des saints Mystères. C’est un principe qui est difficile à admettre pour ceux qui ont adopté une théologie académique utilisant les concepts scolastiques et les modes de pensée occidentale.
Jean-Louis Palierne
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Message par Antoine » Jeu 07 Oct 2004 8:09

A la rubrique "Moi, prêtre et franc-maçon" Antoine demandait le Dim 03 Oct 2004 13:29
Glicherie a écrit: <<L'évêque Germain n'a pas été canoniquement déposé, il n'a plus de protection patriarcale>>

Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer cela? Sur quoi repose votre assertion?


Pourtant voici le document daté de 1993 à partir duquel on voudrait nous faire croire que le patriarcat de Roumanie n'a fait que "retirer sa protection canonique" à l'Ecof, ce qui semble un peu invraisemblable et difficile à comprendre.

Le Patriarcat Roumain
Le département des relations ecclésiastiques extérieures
Roumanie

423/3.III.1993

A son Excellence l’évêque Germain de St Denis
Paris France

VOTRE EXCELLENCE

Nous portons à votre connaissance que le saint Synode de l’Eglise Roumaine, dans sa session de travail du 23 janvier 1993, a de nouveau examiné la situation de Votre Excellence et de l’Evêché Orthodoxe Catholique de France,

Comme Vous savez, en 1972, ce diocèse Français, à la demande instante de ses représentants, a été reçu par le patriarcat Roumain sous sa juridiction, afin de lui offrir, par économie ecclésiastique, la communion canonique de même que la possibilité de s’intégrer dans l’ensemble de l’Orthodoxie et de progresser spirituellement.

Peu de temps après avoir été reçu sous notre juridiction et après le sacre épiscopal de Votre excellence, au sein du diocèse et dans Votre activité commencèrent à se manifester. diverses erreurs d’ordre dogmatique, liturgique et de discipline canonique, ainsi que des enseignements et des pratiques contraires à l’orthodoxie universelle, qui ne firent que se multiplier avec le temps continuant à présent encore et étant maintes fois portées à notre connaissance.

Au long de toutes ces années, le Saint synode, dans l’Esprit de la charité chrétienne et de la tolérance à l’égard de votre excellence et du clergé et des fidèles de l’Evêché Orthodoxe Catholique de France, a fait de considérables efforts pour vous aider à faire remédier les erreurs et à redresser la vie religieuse de ce diocèse, afin que vous puissiez entrer dans la communion de l’orthodoxie universelle.

Par conséquent vous avez été maintes fois invité par le patriarcat Roumain de participer, accompagné par vos collaborateurs, à des discussions dans le cadre de diverses commissions synodales. Chaque fois ont été dressés des protocoles et vous avez signé des engagements et des déclarations (1974,1976, 1978,1979, 1982, 1985, 1987, 1988, 1989, 1990), stipulant que vous allez vous intégrer dans l’orthodoxie universelle. Vous les avez cependant chaque fois ignorés et transgressés sciemment, faisant preuve de désobéissance et d ‘insoumission.

Etant donné que vous n’avez pas respecté les susdits protocoles, les déclarations et vos propres engagements de vous intégrer effectivement et sincèrement avec le diocèse dans l’orthodoxie universelle ;

Compte tenu de l’attitude permanente de désobéissance et de la transgression délibérée de vos propres engagements quant à l’observation et de la doctrine et de la pratique de la vie religieuse orthodoxe,

Le saint synode de l’Eglise Orthodoxe Roumaine a décidé de retirer définitivement la juridiction canonique de l’Eglise orthodoxe roumaine à Votre excellence et à l’Evêché Orthodoxe catholique de France. Par conséquent, l’exercice de toute fonction épiscopale vous est désormais défendu. Toute correspondance reçue de Votre part à ce sujet ne sera plus prise en considération.

Il a été également décidé que les prêtres ou les communautés du respectif diocèse qui souhaiteraient maintenir les liens canoniques avec L’Orthodoxie universelle puissent s’adresser à cet effet aux juridictions canoniques orthodoxes locales.

Les susdites décisions seront communiquées aussi au conseil diocésain de l’Evêché Orthodoxe Catholique de France, aux prêtres appartenant à ce diocèse, au Comité Inter-épiscopal orthodoxe de Paris et aux Eglises Orthodoxes sœurs.
Avec le regret que le patriarcat roumain ait été contraint de prendre de telles mesures disciplinaires, nous prions le Seigneur de vous accorder son aide et sa lumière et de vous protéger dans la grâce miséricordieuse ;

Président du saint Synode
+ Théoctiste
Patriarche de l’Eglise orthodoxe Roumaine

Secrétaire du Saint synode,
+ Evêque Nifon Ploiesteanul
Vicaire patriarcal


Par ailleurs, dans les tentatives faites pour un rapprochement de l’Ecof avec le patriarcat de Serbie, l’évêque Lukas dans une note du 26 juillet 1999 intitulée:"Proposition pour la résolution du problème de l'eglise catholique orthodoxe de france (ecof)" répertoriait une douzaine de conditions.

La première de ces conditions est la suivante :

1 • La condition de la résolution du problème doit être le retrait permanent de l’évêque Germain de sa charge. Les raisons de son retrait sont bien connues, de sorte qu'il est inutile d'en fournir une explication détaillée. Ce que l'on petit définitivement dire à ce sujet est que l'évêque Germain ne peut. être, accueilli par aucune Assemblée des évêques d’une Église Autocéphale, Nous considérons que son maintien à la tête de l’Ecof, non seulement continuerait à rendre difficile la solution du problème, mais constituerait un obstacle incontournable â sa solution.
Nous soulignons que ces dispositions ont été prises par l’Evêque Lukas et ses collaborateurs réunis en séance tenue dans les locaux diocésains le 26 Juillet 1999, donc bien avant "l’avis d’expertise canonique" daté du 3janvier 2001 dont nous publions le document ci-après. Cela montre que Monseigneur Lukas avait parfaitement compris l’acte de déposition par le patriarcat de Roumanie de 1993 sans avoir eu besoin d'attendre ce "fameux avis d'expertise canonique".


PATRIARHIA ROMANA
CANCELARIA SFANTULUI SINOD
SECTORUL PENTRU RELATII EXTERNE BISERICESTI

AVIS D’EXPERTISE CANONIQUE

No 9 /3 Janvier 2001

Après une suite d’erreurs de l’ex-évêque Germain de Saint Denis, le Saint Synode de l’Eglise orthodoxe Roumaine a été obligé de prendre la. décision disciplinaire de lui interdire l’exercice de toutes fonctions épiscopales. Cette décision no. 423 / 1993, ci-après annexée, a été communiquée aux intéressés par une lettre du 3 mars 1993, ci-incluse.

Pour expliciter cette décision du Saint Synode nous précisons que “retirer définitivement la juridiction canonique” et ‘l’exercice de route fonction épiscopale vous est désormais défendu” signifient du point de vue canonique que l’ex-évêque Germain est exclu de l’épiscopat (c’est à dire la déposition), et est réduit â l’état laïc et ainsi n’a plus le droit de célébrer la Sainte Liturgie, ni aucun office religieux, ni de effectuer des ordinations et dispenser les Saints Sacrements, ni de conduire une communauté cultuelle orthodoxe. Par suite il n’est reçu par aucune autre juridiction Orthodoxe.

Contrairement à la décision du Saint Synode de l’Eglise orthodoxe Roumaine, l’ex-évêque Germain, aggrave sa situation ecclésiale en poursuivant l’exercice des fonctions épiscopales, et ainsi tombe sous l’incidence des canons l’excluant de l’Eglise. Tout acte de culte et d’autorité excercé par un évêque après sa déposition sont nuls de fait et de droit (28eme règle apostolique et no. 4 du concile d’Antioche 74ème règle apostolique 9 et 17 du IV concile oecuménique et no. 15 du concile d’ Antioche). Les ordinations pourront être soumises par économie à l’examen de l’autorité canonique.

En continuant ses errements et passant au delà de toutes règles canoniques l’ex-évêque Germain, M. Gilles BERTRAND-HARDY, en se mariant est tombé définitivement de son état épiscopal et conformément aux Saints Canons la sanction appliquée par le Saint Synode pourrait être l’anathème, (no. 6 du VI concile oecuménique, no. I Néocésarée et no 12 et 48 du VI concile oecuménique).

En conclusion, par application des Saints Canons cités qui sont valabLes dans toutes les Eglises orthodoxes, l’ex-évêque Germain, M. Gilles BERTRAND-HARDY non seulement aperdu sa qualité d'évêque mais de plus encourt l’exclusion de l’Eglise orthodoxe,

Le secrétariat du Saint Synode de l’Eglise orthodoxe Roumaine

Evêque Ambrosie Sinaitul Vicaire administratif
P. Constantin Parvu
Vicaire Patriarcal


On peut se demander pourquoi cet avis d'expertise canonique n'est pas signé directement par le Patriache Roumain. Et bien tout simplement parce qu'il n'est qu'une simple confirmation administrative de l'avis de déposition qui, lui, est signé du Patriarche.

En réponse à cet "avis d'expertise canonique" L'ex-évêque Germain envoie au patriarcat de Roumanie la lettre ouverte suivante. Nous mettons nos commentaires entre [ crochets] dans le texte.

ÉGLISE ORTHODOXE DE FRANCE

Paris, le 17 janvier 2001
Fête de Saint Antoine le Grand
Evêque GERMAIN
Villa Notre-Daine
26, rue Friant '
75014 Paris .


LETTRE OUVERTE A S.B. THEOCTIST
PATRIARCHE DE ROUMANIE

Votre Béatitude
Le Secrétariat du Saint Synode de l'Église de Roumanie a émis, en date du 3 janvier 2001, un "Avis d'expertise canonique" (nQ 9 - copie annexée à cette lettre) où il apparaît :

- Que je serais, depuis le 23 janvier 1993, ex-évêque, exclus de l'épiscopat, réduit à l'état Laïc ;
[ commentaire: Pourquoi feindre de n’avoir pas su lire cette déposition pourtant claire et transmise à toutes les Eglises soeurs.]

- Que mes actes de culte' et d'autorité seraient nuls depuis le 3 mars 1993 en fait et en droit;'. [commentaire: quand on est déposé on est déposé et tout acte de culte devient nul. Ceci est la conséquence de cela]

- Et que je pourrais être maintenant soumis à l'anathème et exclus de l'Église Orthodoxe,[oui quand on persévère à occuper cette fonction dont on est déposé on tombe sous le coup de l'anathème. Cela me semble évident.]

Ce document qui arrive inexplicablement huit années après que le Saint Synode nous ait retiré la bénédiction et la protection canonique de l'Eglise Roumaine, omet de rendre compte des questions suivantes[oui, on peut regretter que le patriarcat ne l’ait pas envoyé plus tôt mais de même que Germain n’a pas voulu comprendre l’acte de déposition aurait-il compris l’avis d’expertise qu'il semble toujours ne pas comprendre?]

- Pourquoi l'Église Catholique Orthodoxe de France a-t-elle vécu huit années après la cessation de votre bénédiction sans que lui ait été signifié de jugement de son évêque ? [commentaire: la question me semble non fondée puisque l’évêque avait reçu sa déposition et que celle ci était connue de tout le clergé et de tous les autres évêques comme le montre la note de Mgr Lukas qui rappelle que Germain ne peut-être "accueilli par aucune Assemblée des évêques d’une Église Autocéphale"]

- Pourquoi cet avis qui exprime un jugement et non une opinion, est-il rendu alors que je n'ai été ni convoqué ni entendu comme le demande la Règle apostolique 74 ? [commentaire:L’avis ne rend pas un jugement, il rappelle la décision du synode rendue en 1993. Pourquoi continuer de passer sous silence cette décision de 1993 du synode? ]

-Pourquoi le Secrétariat du Saint Synode s'introduit-il dans les affaires d'une Église qui n'est plus soumise à Votre autorité et ce en violation du 8ème canon du' IIIe Concile oecuménique disant : "qu'aucun des évêques aimés de Dieu n'étende son pouvoir à d'autres diocèses" ?
[commentaire:Le Synode ne s’introduit pas dans les affaires d’une Eglise pour la bonne raison que l’Ecof n’est plus une Eglise depuis 1993, et qu’il émet simplement un rappel de son acte de déposition de 1993. Qui peut l'empêcher de rappeler à toutes les églises soeurs qui seraient tentées de renouer des liens canoniques avec l'Ecof que Germain a bel et bien été déposé par ses instances et que tous ses actes épiscopaux sont donc nuls? En quoi ceci serait-il une "extension de pouvoir à d'autres diocèses? ]

L'introduction de cet "avis" par ceux ,qui l'ont produit ainsi en contradiction avec l'observance scrupuleuse de l'économie canonique, comme avec le respect d’une personnalité ecclésiale, a pour conséquence, au lieu d'introduire la paix dans notre Église, de la détruire avec zèle.
[commentaire: Qui a détruit la paix : le patriarcat ou Germain ? Qui est responsable de l’éclatement de l’Ecof ? Il suffit de relire le rapport mentionné ci-dessous du groupe de travail constitué à la demande de l’évêque Germain au cours d’une réunion du clergé le 26 juin 1983, 10 ans avant sa déposition. On sent dans ce rapport la situation malsaine créée au sein de l'Ecof et qui devait inéluctablement se terminer par un éclatement.]

Sans porter plainte contre une telle, mesure j'élève cependant une protestation solennelle devant cette méthode qui, de plus, favorise les fonctions partisanes condamnées par le Canon XVIII du 4e Concile oecuménique,
En invoquant la grâce divine sur votre oeuvre archipastorale, je suis de Votre Béatitude un serviteur en Christ,

Germain, évêque de Saint-Denis


[Commentaire:Germain peut contester éventuellement sa déposition de 1993 mais pas le fait qu’elle ait bel et bien eu lieu. On peut se demander pourquoi il n’a pas contesté plus tôt et demandé à être convoqué et entendu comme le demande la Règle apostolique 74. Est-ce que Germain n'a pas sauté sur le prétexte du retrait de la protection canonique par le patriarcat de Roumanie pour pouvoir ensuite s'estimer non jugeable par ce même patriarcat?
Il est vrai que le patriarcat roumain en avait assez de ces parties de cache-cache incessantes et qui duraient depuis longtemps déjà, et lui avait écrit dans l'acte de déposition: <<Toute correspondance reçue de Votre part à ce sujet ne sera plus prise en considération. >> On a alors lancé la fable du seul retrait de la bénédiction et de la protection canonique, alors qu’il s’agissait d’une déposition.
Sur ces parties de cache-cache, on peut également rappeler le rapport du groupe de travail constitué à la demande de l’évêque Germain au cours d’une réunion du clergé le 26 juin 1983.(10 ans avant sa déposition de 1993). Ce rapport signé par Archiprêtre Jean Pierre Pahud, Père Jean François Vincent, Père Marc Antoine Costa de Beauregard, Père Christian Boucherot, Père Noël Tanazacq, Diacre Jean Fougerol est un diagnostic sur l’Ecof fait par le clergé même de l’Ecof et mentionne déjà à l’époque nombres de critiques qui mèneront Germain à la déposition. Nous ne citerons que le point qui concerne les parties de cache-cache de l’Evêque et de son patriarcat. Le rapport stipule en effet:

«Mgr Germain agit comme un homme seul, qui ne se concerte pas avec ses clercs et ses fidèles, ne se vérifie pas en eux, ne crée pas de structures objectives ou ne respecte pas celles qui existent. Ses relations avec les autres sont toujours des relations personnelles, qui n’ont pas l’objectivité des relations à caractère conciliaire, et qui souvent rendent caduques les relations hiérarchiques. De nombreux conseils, assemblées et commissions sont de pure forme, les décisions se prenant ailleurs, avec des conseillers privés. Il est significatif qu’il n’y ait en général aucun texte sanctionnant les ‘’décisions’’ prisent en Assemblée Générale de l’Eglise ou du clergé. Chacun continue ainsi à faire ce qui lui plaît et à régler tous les problèmes en tête à tête avec l’évêque.
Ce comportement qui va à l’encontre des préceptes des Pères spirituels et de la tradition écclésiologique, est justifié par une théorie de Mgr germain sur l’épiscopat (Cf. la brochure : ‘’Notes sur l’écclésiologie ‘’ qui a été formellement reprise par le patriarche Justinien (Procès verbal de 1976)
Cette déficience n’est que le reflet de nos rapports avec notre Eglise sœur, L’Eglise Roumaine, et les autres Eglises Orthodoxes.
Mgr Germain n’est pas allé en Roumanie depuis plusieurs années et donne comme prétexte, en public, que le patriarche lui a demande de ne pas venir (mais le patriarche dit le contraire à ceux de nos prêtres qui vont à Bucarest) et, en privé, qu’il ne tient pas à subir de remontrances. Ne participant pas à la vie synodale de notre patriarcat, il n’a pas non plus de rapports suivis avec des évêques orthodoxes en occident, alors qu’il y en a 2 ou 3 qui comprennent notre chemin (les relations avec Mgr séraphin sont de courtoisie, et non des relations de travail régulières et suivies.


Il y a beaucoup d'autres choses intéressantes dans ce texte rédigé il y a 20 ans qui éclairent la situation actuelle de l’Ecof. On y voit comment le clergé de l’Ecof souffrait d’être régulièrement trompé par son Evêque.


Jean-Louis Palierne rappelle dans ses développements sur schisme et hérésie à la rubrique « Moi Prêtre et Franc maçon » dans son message du Mar 05 Oct 2004 20h43 :

La définition classique des hérétiques et des schismatiques se trouve dans le canon 1 de saint Basile le Grand, qui est tiré de sa Ière Lettre canonique écrite à saint Amphiloque d’Iconium :

Pour les hérétiques, il s’agit de ceux qui se sont complètement séparés et sont devenus comme des étrangers ; les schismes concernent ceux qui se sont séparés des autres pour des raisons de vie ecclésiale ou pour des causes que l’on pourrait éventuellement régler ; les parasynagogues sont des partis regroupant des gens sans instruction autour de presbytres ou d’évêques insoumis. Par exemple si quelqu’un, convaincu de faute, s’obstine à exercer ses fonctions tout en refusant de se soumettre à la règle et revendique de pouvoir présider et d’exercer son service, et si quelques personnes délaissaient l’Église catholique pour se joindre à lui, on aurait là une parasynagogue.


Nous avons dans cette dernière phrase une bonne description du comportement de l'évêque Germain et de l'ÉCOF


Alors au vu de tous ces documents je repose ma question initiale:
Glicherie a écrit: <<L'évêque Germain n'a pas été canoniquement déposé, il n'a plus de protection patriarcale>>
Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer cela? Sur quoi repose votre assertion?



Si je me trompe dans les analyses de ces documents merci de corriger mes erreurs.
On ne peut qu'avoir de la compassion envers tous ces fidèles gravement trompés et qui ont droit à la vérité car c'est leur vie spirituelle qui est honteusement bafouée.
Antoine
 
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Message par Claude le Liseur » Jeu 07 Oct 2004 22:59

Merci, Antoine, d'avoir publié ces documents de la plus haute importance dont je m'étonne qu'ils n'aient pas eu une plus grande diffusion. Je crois désormais comprendre le pourquoi des attaques ad hominem qui ont frappé certaines personnes qui avaient émis des opinions critiques à l'égard de l'ECOF: le dossier me paraît si accablant que les arguments doivent manquer pour défendre Blanqui.

Ces documents appellent cependant un certain nombre de remarques.

1. Pourquoi, alors que les textes sont clairs sur le fait que Mgr Germain a bien été déposé canoniquement par le synode de l'Eglise de Roumanie (synode dont il était membre) depuis 1993, y a-t-il dans le milieu orthodoxe un consensus pour présenter cette déposition en bonne et due forme comme un "retrait de protection canonique"?

2. Tous les documents reproduits ici montrent que l'ECOF se comporte et se considère comme une Eglise autocéphale. Il y a un certain surréalisme dans la contradiction entre ces débats où les membres de l'ECOF en 1983 parlent de l'Eglise de Roumanie comme d'une Eglise-soeur et la lettre du patriarche de Bucarest du 3 mars 1993 qui ramène les choses à leur prosaïque réalité en ne connaissant qu'un "évêché catholique orthodoxe de France" et non pas une Eglise.
A part le fait que personne n'a jamais accordé l'autocéphalie à l'ECOF, je vois mal comment une Eglise autocéphale pourrait exister avec un seul évêque, attendu qu'il faut au moins trois évêques pour élire un évêque diocésain (4ème canon du 1er concile oecuménique, canons 13 et 49 du concile de Carthage). Une Eglise autocéphale fonctionnant avec un seul évêque est une absurdité en soi. L'Eglise autocéphale d'Albanie survit (dans des conditions précaires) parce qu'il reste encore trois évêques pour pouvoir élire le titulaire du quatrième siège actuellement vacant. Mais les Eglises d'Estonie et de Finlande, qui n'ont qu'un, respectivement deux, évêques diocésains, sont des Eglises autonomes au sein du patriarcat oecuménique de Constantinople dont le synode est ainsi en mesure de pourvoir aux vacances. Le concept d'Eglise autocéphale avec un seul évêque me laisse dubitatif.

3. Ne s'agit-il pas d'une espèce d'épiscopalisme où il suffit d'avoir un évêque indépendamment de toute organisation canonique et de tout synode? J'ai toutes les raisons de redouter que cela n'aboutisse au congrégationnalisme quand il n'y aura plus d'évêque: après tout, de 1955 à 1959 et de 1970 à 1972, l'ECOF a fonctionné non seulement hors de toute Eglise locale, mais même sans évêque. Une telle situation pourrait se reproduire. Or il me semble qu'en bonne théologie, le concept de prêtres sans évêque est encore plus absurde que le concept d'Eglise autocéphale à un seul évêque.

4. J'ai aussi l'impression d'une sorte d'ecclésiologie augustinienne où les sacrements auraient une sorte de validité automatique même en dehors de l'Orthodoxie. Je ne comprends pas pourquoi les clercs et les fidèles de l'ECOF ne semblent pas plus troublés que cela de suivre un évêque déposé par l'Eglise.

5. Quant au manque de compréhension à l'égard de l'ECOF reproché à l'Eglise de Roumanie, j'ai sous les yeux le calendrier de l'archevêché orthodoxe roumain pour l'Europe centrale et occidentale (qui a depuis donné naissance à deux métropoles, Europe occidentale et méridionale et Europe centrale et septentrionale) pour l'année 1986. Cet annuaire est arrivé entre mes mains par hasard. Je choisis donc l'annuaire 1986 et les événements de l'année 1985 par hasard; je ne crois pas que celle-ci ait été une année de crise majeure dans les relations entre l'ECOF et le patriarcat de Roumanie. Cet annuaire contient, aux pages 82-93, un compte rendu détaillé de l'activité de l'archevêque Adrien (Hritcu) au cours de l'année 1985, compte rendu rédigé par le père Romul Joanta, aujourd'hui métropolite Séraphin d'Europe centrale. Or, il est fait mention de pas moins de sept rencontres pour la seule année 1985 entre l'archevêque roumain Adrien et l'évêque français Germain: entretien le 11 janvier; entretien le 22 février; assistance à la liturgie de Pâques grégoriennes à Saint-Irénée le 6 avril; assistance à la liturgie à Saint-Irénée et à l'assemblée générale de l'ECOF le 24 novembre; participation commune à une réception à l'ambassade de Roumanie à l'occasion de la commémoration du 1er décembre 1918 le 27 novembre; accueil commun du métropolite Nicolas du Banat à Orly le 30 novembre; rencontre le 3 décembre (où il est bien précisé que l'archevêque roumain s'était entretenu avec l'évêque de l'ECOF à propos du respect de la canonicité et des relations avec les autres Eglises locales, ce qui est un avertissement très clair au lecteur sur le fait qu'il y avait des problèmes). On ne peut donc pas dire que l'évêque roumain en charge de la France à ce moment-là n'essayait pas de maintenir le contact. Je pense que, au cours de ces différentes rencontres, on devait toujours discuter des mêmes problèmes, et que l'année 1985 ne devait pas être différente de ce point de vue de 1975, de 1980 ou de 1989. Alors, une certaine lassitude a sans doute dû apparaître à Bucarest, à force d'aborder sans cesse les mêmes sujets.
Et il y a bien eu cette période de 1990 à 1993, quand l'Eglise de Roumanie avait envoyé un avertissement à l'ECOF en lui laissant un délai pour prendre une décision définitive sur son maintien dans le sein de l'Eglise orthodoxe. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé au cours de ces trois ans, mais je suppose qu'il doit y avoir eu, de nouveau, des discussions tournant toujours autour des mêmes thèmes. Alors, j'ai peine à croire qu'il y ait eu violation du droit de Mgr Germain à être entendu...

6. Ces tristes événements nous amènent cependant à nous interroger sur la responsabilité des Eglises locales dans ce naufrage. Car il me semble que tout a été fait pour conforter l'ECOF dans au moins deux attitudes qui se révélèrent négatives à long terme: le repli sur le particularisme occidental et le peu de cas fait des sanctions canoniques. En ce qui concerne la première attitude, l'indifférence complète des autres juridictions orthodoxes présentes dans les pays francophones à l'égard des fidèles de souche ou des immigrés assimilés a laissé à l'ECOF un quasi-monopole de la mission et même des célébrations en langue française pendant quelque vingt ans (1945-1965 en gros), ce qui revenait à exclure dans les faits la possibilité d'une Orthodoxie autochtone de rite byzantin, puisque l'attitude des Eglises locales dirigeait les convertis vers le rite écofien. En ce qui concerne la seconde attitude, on notera que l'ECOF a pu se séparer successivement de Moscou (1954), de Constantinople (1955) et des Russes hors frontières (1966), certains clercs étant au passage déposés, sans que personne n'en tienne compte, de telle sorte que l'ECOF a toujours trouvé un point de chute pour continuer sa route. Le fait qu'il n'y ait pas eu d'autre juridiction pour récupérer l'ECOF depuis les sanctions prises par Bucarest en 1993 est peut-être (et bien que l'ensemble de cette histoire soit une tragédie) un signe paradoxal qu'il y a un peu plus d'unité orthodoxe en Europe occidentale aujourd'hui que dans les années 1960-1970...
Claude le Liseur
 
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Message par Jean-Louis Palierne » Ven 08 Oct 2004 15:33

Je voudrais exprimer mon total accord avec l’analyse que vient de formuler Claude. Il faudrait arriver à découvrir pour quelle raison on nous présente aujourd’hui l’évêque Germain comme non-déposé ? Non seulement il l’a bel et bien été, les textes que nous rappelle Antoine l’établissent clairement, mais que peut représenter à lui tout seul le sacerdoce archihiératique d’un évêque qui n’est en communion avec aucun synode canonique ?

Il y a bien eu une déposition, et même si elle n’avait pas eu lieu, même s’il n’y avait eu qu’un simple « retrait de la protection patriarcale » par la Roumanie (une action d'ailleurs dont les canons de l’Église ignorent la définition et la portée), comment un évêque pourrait-il continuer à fonctionner alors qu’il ne fait plus partie d’un synode canonique ? Le seul contenu canonique que l'on puisse attribuer à un éventuel « retrait de la protection canonique » est la déposition. Le sacerdoce n’est pas un pouvoir magique qui pourrait continuer à vivre par lui-même, c’est une fonction de l’Église exercée dans l’Église.

Claude attribue fort justement ce type d’errances à une théologie académique de type occidental. On en avait déjà vu l’expression lorsque l’Église de Roumanie avait accueilli le pape de Rome dans le sanctuaire d’une Église orthodoxe en lui présentant les honneurs hiérarchiques. Le comportement qu'elle observe vis-à-vis de l’ÉCOF relève de la même logique, une logique dont s’accommodent très bien les grandes manœuvres diplomatiques. Faudra-t-il donc dire « Karol Woytila — Gilles Hardy, même combat »?

Et comment un père spirituel peut-il interdire à son disciple de concélébrer avec un prêtre de cette “Église” alors que c’est l’ensemble des fonctions de cette “Église” qui est suspendu, ainsi que l’ensemble de ses prêtres, par suite de la suspension de l’Évêque. Il est possible que deux complots antagonistes se déchirent cette Église (peut-être même plus de deux), mais aucun d’eux ne semble emprunter la voie royale de la canonicité. Les canons ne connaissent pas l’existence de complots ecclésiastiques.

La responsabilité des Églises locales dans la situation actuelle de l’Orthodoxie en Europe occidentale ne tient pas seulement au fait que l'indifférence complète des autres juridictions orthodoxes présentes dans les pays francophones à l'égard des fidèles de souche (locale) ou des immigrés assimilés a fait jadis la fortune de l’ÉCOF, mais aussi à une deuxième attitude qui est apparue plus récemment, depuis quelques années : maintenant certaines "juridictions" (qui ne sont en fait que des filiales en Europe occidentale des Églises des pays de tradition orthodoxe) ne voient exister en Occident que des groupes para-orthodoxes à annexer, des pions à déplacer sur un échiquier, des hommes ordonnés récupérables ou pas, des fragments d’institutions, etc . L’Église serbe et l’Église roumaine se signalent par l’acharnement qu’elles mettent dans la cueillette des sectes.

Non, ce n’est pas en additionnant et en juxtaposant des groupuscules (qui ne sont en fait de minuscules conventicules, mais qui à l'usage se révèlent des bombes à scandales explosifs) à côté de communautés d’immigrés soigneusemenr repliées sur elles-mêmes que l’on peut accomplir le travail missionnaire dont l’Occident a tant besoin et auquel l’Église est appelée. Ce travail missionnaire demande, comme le veulent les canons, une promotion progressive du clergé, un enseignement pédagogique des données révélées de la foi, une surveillance épiscopale de la vie des fidèles et des communautés, une pratique et une thérapeutique des vertus chrétiennes, le tout guidé par l’évêque, icône du Christ, mais qui doit participer à la vie d’un synode canonique orthodoxe.

Pour cela une des conditions nécessaires est que les filiales en Europe occidentale des Églises ethniques instituent une métropole autonome qui ne se réclame d’aucune origine ethnique afin de pouvoir s'ouvrir à toutes les ethnies, quelle qu’elle soit, mais qui soit de Tradition orthodoxe.
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr
Jean-Louis Palierne
 
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Allons dans les bois

Message par Jeanne Saint Gilles » Ven 08 Oct 2004 17:31

Jean-Louis Palierne a écrit :L’Église serbe et l’Église roumaine se signalent par l’acharnement qu’elles mettent dans la cueillette des sectes.


Je ne vois pas de quels cas concrets il s'agit... Notamment concernant l'Eglise serbe. En effet, elle a eu la possibilité de reprendre l'ECOF mais elle a refusé. Par ailleurs, si des groupes désirent rentrer dans la vrai foi orthodoxe, il faut être à leur écoute, et en étudiant bien la chose, en ayant l'oeil aux aguets, voir s'ils sont sauvables... et réformables... D'ailleurs il me semble que les juridictions serbe et roumaine sont surtout à l'usage d'immigrés du reste fort nombreux, ce qui n'incite pas à lancer des OPA sur des mouvements orthodoxes douteux... J'avoue être assez surpris par cette assertion d'autant plus que si on fait le tour des églises douteuses on l'a vite fait avec l'ECOF et les celtes orthodoxes...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?
Jeanne Saint Gilles
 
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Message par Antoine » Ven 08 Oct 2004 23:05

Jeanne Saint Gilles a écrit :Notamment concernant l'Eglise serbe. En effet, elle a eu la possibilité de reprendre l'ECOF mais elle a refusé.

Sur quel document vous appuyez vous pour dire cela?

L'Eglise Serbe a posé un certain nombre de conditions qui pouvaient être difficilement remplies. C'est complètement différent. L'Ecof a-t-elle accepté et respecté ces conditions?
- Si oui, vous pourriez dire que l'Eglise Serbe a eu la possibilité de reprendre l'Ecof mais qu'elle a renoncé à cette possibilité,
- Si non, vous ne pouvez pas dire qu'elle a eu cette possibilité.

Ces conditions étaient:

- Retrait de Germain

- désignation par L'évêque serbe d'un délégué diocésain

- nomination d'un intercesseur dans la préparation des prêtres et des fidèles en vue de leur accueil au sein de l'Eglise

- Délai de deux ans avant confirmation de la réintégration de l'Ecof au sein de l'Eglise

- Formation de l'Ecof en diocèse distinct au sein de l'Eglise Serbe

- Travail en commun avec les autres evêques orthodoxes et assistance par des experts du St Synode de l'Eglise serbe, des évêques orthodoxes de France et de l'Institut St Serges

- Transparence sur l'évolution de cette mission

- Position dogmatique: exigence que l'Ecof s'en tienne sans modification à la foi orthodoxe traditionnelle

- Position canonique: Exigence que l'Ecof s'en tienne aux règles des Saintes Ecritures, de la sainte Tradition, des règles des Apôtres, des canons des conciles oecuméniques et des Eglises autocéphales avec une conduite conforme à celles-ci.

- Position liturgique: Conformité totale avec la tradition liturgique orthodoxe. (Célébration du rite des gaules à certaines dates avec bénédiction de l'évêque)

-Position ascétique: conformité totale à l'enseignement traditionnel des St Pères de l'Eglise orthodoxe sur la vie spirituelle.
Antoine
 
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