Modérateur: Auteurs
Claude le Liseur a écrit :Il me reste à signaler un fait peu connu: le père Denis Guillaume, qui a tout de même traduit en français tous les textes scripturaires lus à l'église (Parémies, Apôtre et Evangéliaire), signale que, de toutes les éditions françaises du Nouveau Testament qu'il a eu entre les mains, la plus fidèle au texte grec est la Darby. C'est une traduction extrêmement littérale de la Bible faite au XIXème siècle par John Nelson Darby, cet ancien ministre anglican devenu le leader des "Frères étroits" ou darbystes. Darby avait fait une traduction complète de la Bible de l'hébreu et du grec vers (excusez du peu) l'anglais, le français et l'allemand! Cette Bible Darby, peu connue du grand public, est tenue en haute estime dans les milieux protestants fondamentalistes. Un ami docteur en études bibliques, calviniste libéral et donc peu suspect de sympathies pour le darbysme, m'a dit, lorsque je lui ai fait part de ce qu'avait écrit le père Denis Guillaume à propos de la qualité de la traduction Darby, que cela ne l'étonnait pas et que c'était en effet une traduction très fidèle au texte.
Anne Geneviève a écrit : Pour ma part, j'utilise un éventail de traductions, Segond, Crampon, Jérusalem, TOB, Chouraki, Lemaître de Sacy, traduction du Grand Rabbinat, Alexandrie, sans oublier les originaux grec et hébreu, à la fois en version papier et sur internet. Cela permet de renouveler les éclairages.
..... En ce qui concerne l’hymnographie byzantine, elle n’échappe pas à cette tentation. Si l’Octoèque des dimanches leur reproche simplement de ne pas avoir saisi le message de la Résurrection du Christ, les textes de la Semaine Sainte dans le Triode sont d’une violence telle qu’il est bien difficile de les traduire littéralement à notre époque de tolérance. L’hymnographie doit servir à l’édification des fidèles, doit les aider à prier, et non pas exciter les passions mauvaises. Or il est possible, en traduction, d’attribuer son dû à chacun, c’est-à-dire aux grands prêtres, aux scribes, aux hypocrites pharisiens, au sanhédrin, cette injuste assemblée, à Judas le traître, et non pas à l’ensemble des Juifs.......
Patrick-N a écrit :Puisque vous parlez ici du regretté père Denis, comme vous, je ne peux qu’être admiratif et plein de reconnaissance. De plus, j’aime particulièrement son humour non-conformiste qui a fait grincer des dents tant d’adeptes d’une Orthodoxie au «garde à vous».
MAIS.... (parce qu’il y a toujours un mais )......
Je dois également lui faire certains reproches, car bien même si le volume de son travail est extraordinaire, la qualité l’est fatalement un peu moins. Car malheureusement pour nous, il ne s’est pas toujours contenté de traduire les textes liturgiques au mieux de ses grandes capacités intellectuelles, il les a aussi bien souvent réarrangés, modifiés, adaptés, selon sa sensibilité, son sens poétique ou son indécrottable culture romaine etc… mais toujours avec les meilleures intentions bien sûr.
Un exemple parmi d’autres :
Sur le blog « http://orthodoxie-libre.over-blog.com/a ... 68818.html » on trouve la mise en parallèle de certains passages de deux éditions du « Triode de Carême », éd. Chevetogne. J’ai vérifié ; je comprends que certains textes délicats ne doivent pas êtres interprétés hors de leur contexte, mais ici les différences relèvent de la trahison !
Dans un premier temps, j’ai cru que le coup venait de ceux de Chevetogne, fer de lance du Vatican, grands parodistes et simulateur de l’Orthodoxie, cultivateur de l’ambiguïté et de la confusion confessionnelle (dans ma jeunesse, je les croyais orthodoxes...), mais non. Car un jour, dans l’excellent « lexique du culte et de la liturgie » du « spoutnik / synecdimos » de père Denis, j’ai trouvé ça :
Entrée : « Juifs », p. 1155..... En ce qui concerne l’hymnographie byzantine, elle n’échappe pas à cette tentation. Si l’Octoèque des dimanches leur reproche simplement de ne pas avoir saisi le message de la Résurrection du Christ, les textes de la Semaine Sainte dans le Triode sont d’une violence telle qu’il est bien difficile de les traduire littéralement à notre époque de tolérance. L’hymnographie doit servir à l’édification des fidèles, doit les aider à prier, et non pas exciter les passions mauvaises. Or il est possible, en traduction, d’attribuer son dû à chacun, c’est-à-dire aux grands prêtres, aux scribes, aux hypocrites pharisiens, au sanhédrin, cette injuste assemblée, à Judas le traître, et non pas à l’ensemble des Juifs.......
De plus, j’ai trouvé une autre édition du Triode de la main de père Denis (éd. Tibériade), confirmant que ces modifications sont bien de lui.
J’avoue que maintenant, lorsque j’utilise ses traductions, quelque part, j’ai toujours un doute.........
Pour être sympa, je dirais que son travail est une bonne base pour de futures traductions mais en aucun cas un travail définitif.
Alors oui, j’aime beaucoup père Denis, j’ai un énorme respect pour son travail. Travail dont j’aurais beaucoup de peine à me passer, mais ......
Pardonnez-moi si je fais erreur ......
sabeth a écrit :Pour en revenir à la Bible : les orthodoxes reconnaissent-ils canoniquement les livres dits "deutérocanoniques" ou non ?
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