Grand Canon de St André de Crête

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Antoine
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Grand Canon de St André de Crête

Message par Antoine » mar. 07 mars 2006 1:20

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J'emprunte le texte de la vie de St André ainsi que ses icônes au site du Monastère Orthodoxe des Saints Elie et Elisée
SAUVAGNAC 87340 ST LEGER LA MONTAGNE
tél / fax : 0 555 364 962 Mobile : 0 629 590 431

Ce monastère est sous la juridictiion de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale dirigée par Son Eminence Monseigneur Joseph Pop , Archevêque et Métropolite, membre du Saint Synode de l'Eglise Orthodoxe Roumaine et membre de l'Assemblée des Evêques Orthodoxes de France.
http://monastere-orthodoxe.chez-alice.fr

Le 4 juillet, nous célébrons la mémoire de notre Saint Père ANDRÉ de Jérusalem, Archevêque de CRETE Notre Saint Père André naquit à Damas, vers 660. Et lui que l'on surnomma le "plus harmonieux des mélodes" fut cependant privé de la parole pendant les sept premières années de son existence. Délivré de cette infirmité par la Sainte Communion, il montra dès lors des talents exceptionnels, en particulier dans l'art de l'éloquence et l'étude de la Sainte Ecriture. Ses parents le consacrèrent au service de la basilique de la Résurrection à Jérusalem (1), et le locum tenens du trône patriarcal, Théodore (674-686), fit d'André son fils spirituel. Il avait discerné en lui de telles qualités qu'il voulait le préparer à prendre sa succession et il le nomma, malgré son jeune âge, notaire du Patriarcat, avec la responsabilité de toutes les affaires ecclésiastiques. C'est en cette qualité que, peu après le Sixième Saint Concile OEcuménique (vers 685), André fut envoyé à Constantinople, avec deux saints vieillards, pour présenter à l'empereur et au Patriarche la confession de foi de son Eglise, manifestant son adhésion à la condamnation de l'hérésie monothélite (2).Les deux autres représentants étant rentrés en Palestine, Saint André resta dans la capitale, car il y avait trouvé des conditions plus favorables pour la prière, pour l'étude et pour les activités apostoliques auxquelles Dieu l'avait préparé. Il mena quelque temps une vie retirée, mais la lampe ne pouvant rester cachée sous le boisseau, sa conduite céleste et la puissance exercée par ses paroles pour le salut des âmes parvinrent rapidement à la connaissance de l'empereur et du Patriarche, et il fut ordonné Diacre de la Grande-Église. On lui confia la responsabilité de l'orphelinat Saint-Paul et de l'hospice pour les pauvres situé dans le quartier d'Eugenios. Pendant presque vingt ans, il montra un zèle persévérant dans la direction de ces établissements de bienfaisance, qu'il agrandit et transforma en havres de salut, grâce à ses exhortations à la pénitence et à la pratique de la vertu. Il réussit si bien dans cette tâche, qu'en 711, il fut consacré Archevêque de Crète. Mais, avant qu'il ait pu prendre possession de son siège, comme il se trouvait encore dans la capitale, Philippikos, usurpant le trône, déposa le Patriarche Cyrus et mit à sa place Jean VI, avec pour mission d'annuler les décisions du Sixième Concile et de réanimer l'hérésie monothélite. Sous la pression des autorités, Saint André dut souscrire à cette affaire; mais dès que Philippikos fut écarté du pouvoir (713), il se rétracta et confessa sans ambages la vraie foi sur les deux volontés du Christ.Dès le jour de son installation dans la Cathédrale de Gortyne, le Saint Pasteur exhorta ses Prêtres à s'approcher dignement de Dieu et à devenir des réceptacles de sa grâce, pour être capables de transmettre à leurs fidèles cette lumière. Il prononça un grand nombre d'homélies en l'honneur des fêtes du Seigneur, de la Mère de Dieu ou des Saints, qui constituent un des plus précieux héritages de la littérature patristique; et pour orner dignement les festivités de son Eglise, il composa, avec un art incomparable, quantité d'hymnes qui sont restées dans nos livres liturgiques.Il est en particulier l'auteur du Grand Canon(3) qui, chanté chaque année pendant le Grand Carême, n'a pas cessé, depuis des siècles, de provoquer chez les fidèles de salutaires larmes de repentir. Dans cette hymne grandiose, pour laquelle il a justement reçu le titre de "Mystagogue du repentir", le Saint évoque toutes les figures de l'Ancien et du Nouveau Testament qui peuvent servir de modèles dans la voie de la conversion et du repentir. Pour le pénitent qui, au début du Carême, s'est reconnu en Adam assis aux portes du Paradis, ces exemples tirés de l'Ecriture l'amènent à réaliser qu'ayant récapitulé par sa vie les péchés du monde entier, c'est dans les larmes, l'ascèse et la prière qu'il lui faut attendre la délivrance du Christ, le Sauveur du monde entier.Outre ces activités de prédicateur et de mélode, Saint André restaura églises et monastères, et fonda une église, dédiée à Notre-Dame des Blachernes, en souvenir de l'illustre église de Constantinople. Il organisa aussi un hospice pour les malades, les vieillards et les indigents, qu'il entretenait non seulement en ressources financières mais qu'il visitait aussi fréquemment, soignant les infirmes de ses propres mains et procurant à tous une céleste consolation par ses paroles.Lors d'une des fréquentes attaques des Arabes contre l'île de Crète, le Saint Hiérarque, réfugié avec son peuple dans la forteresse, réussit à repousser les assaillants par sa seule prière, et nombre d'entre eux périrent dans la débandade. En d'autres occasions, il délivra l'île de la sécheresse, par le flot de ses larmes, et repoussa une épidémie en se faisant le médecin de tous par ses prières et ses veilles.S'étant ainsi fait tout pour tous à l'imitation du Christ, il dut pourtant quitter son diocèse pour se rendre à Constantinople. Il y édifia le peuple ami du Christ par son enseignement orthodoxe concernant la vénération des Saintes Icônes, alors menacée par l'empereur Léon III. Averti par Dieu de sa fin prochaine, il réunit ses proches et leur annonça que son Evêché ne le reverrait pas vivant. Peu après, il s'embarqua pour la Crète, et c'est en faisant escale dans l'île de Mytilène(4), qu'il trouva le repos, le 4 juillet 740.

1). Selon certains il serait devenu. moine à Saint-Sabas, où il aurait reçu son éducation.

2). L'Eglise de Jérusalem, alors occupée par les Arabes, n'avait pu envoyer qu'un seul représentant au concile.

3). Le Grand Canon est chanté par parties aux Grandes Complies de la première semaine du Carême, et entièrement le jeudi de la Ve semaine. Constitué de plus de 250 tropaires, il est un des premiers exemples de ce genre hymnographique qui remplaça les kontakia. Selon certains, St André l'aurait composé lors de son retour à l'Orthodoxie, en signe de repentir pour son égarement passager.

4). Selon d'autres, il aurait été envoyé en exil à Mytilène par l'empereur Léon III, à cause de sa défense des Saintes Icônes.

Antoine
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Message par Antoine » mar. 07 mars 2006 1:32

Autre Icône de St André de Crête
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Ce canon, le plus grand de tous en vérité, a été composé et rédigé, avec art et de façon excellente, par notre Père parmi les saints, André, archevêque de Crète, dit le Hiérosolymitain.
Il était originaire de Damas; dès l'âge de quatorze ans, il s'adonna aux études littéraires et, après avoir accompli le cycle de toutes les sciences, il se rendit à Jérusalem pour embrasser la vie monastique, recherchant l'ascèse et l'amitié divine, dans le calme et l'absence de passions; et il put aussi laisser à l'Eglise de Dieu de nombreux traités utiles à la vie, des discours et des canons, et il se montra encore plus productif dans les panégyriques. Parmi tant d'autres canons, il composa donc ce Grand Canon, caractérisé par une immense componction; car, après avoir dépouillé toute l'histoire de l'ancien et du nouveau Testament et en avoir réuni les éléments utiles à son oeuvre, il composa cette hymne qui débute avec Adam pour s'achever avec l'Ascension du Christ et la prédication des Apôtres. Il invite donc toute âme à priser et imiter, autant que possible, tout ce qu'il y a de bien dans l'histoire sainte et à fuir les mauvais exemples, à s'approcher de Dieu, dans une constante montée, par la pénitence, les larmes, la louange et tout ce qui est agréable au Seigneur. De plus, ce canon est d'une telle aisance et harmonie, qu'il est capable d'attendrir même l'âme la plus dure, de l'inciter à s'élever vers le bien, pourvu qu'on le chante avec contrition du cœur et avec l'attention qu'il mérite. Et il composa cette oeuvre alors que Sophrone le Grand, patriarche de Jérusalem, écrivait la Vie de Marie l'Egyptienne: cette vie, en effet, inspire une immense componction et procure une grande consolation à ceux qui sont tombés dans le péché, si du moins ils veulent renoncer au mal.

La raison pour laquelle on a décidé de chanter ou lire en ce jour le Grand Canon est la suivante. Comme le saint Carême approche de sa fin, il est à craindre que les gens, devenus moins diligents, ne s'attachent avec moins de soin aux combats spirituels et ne renoncent, une fois pour toutes, à la tempérance; c'est pourquoi saint André, tel un entraîneur, nous exposant, à travers les exemples du Grand Canon, la vertu des grands hommes et leur éloignement du mal, invite, pour ainsi dire, les plus vaillants aussi bien que les faibles à aller de l'avant avec cou-rage. Saint Sophrone, par son discours vraiment sur-naturel, nous rend tempérants ou nous permet de le redevenir, il nous élève vers Dieu, pour ne pas tomber ou pour ne pas nous décourager si l'on s'est laissé surprendre par quelque faute. Combien grands sont l'amour de Dieu pour les hommes et sa compassion envers ceux qui de toute leur âme désirent se corriger de leurs fautes passées, l'exposé sur l'Egyptienne le montre bien. Le Grand Canon, faut-il le dire, se lit lui aussi dans les mêmes pensées et sentiments; et son auteur a montré du génie en le composant si bien. Les autres canons, une trentaine, ont un petit nombre de tropaires: celui-ci en compte plus de deux cent cinquante, et chacun d'eux distille un plaisir ineffable. Il est donc juste et convenable que ce Grand Canon, riche d'une telle componction, ait trouvé place dans le grand Carême. Cet excellent et sublime canon et le traité sur Marie l'Egyptienne, c'est notre Père André lui-même qui les a introduits à Constantinople lorsqu'il y fut envoyé par Théodore, patriarche de Jérusalem, pour venir au secours du sixième Concile. Ayant mené le bon combat contre les monothélites, il fut agrégé au clergé de l'Eglise de Constantinople, car il appartenait jusqu'alors simplement à l'ordre monastique; ensuite, il devint diacre et directeur de l'orphelinat, et, peu après, archevêque de Crète. Lorsqu'il eut passé suffisamment de temps sur son siège épiscopal, il se retira au lieu-dit Iérissos, près de Mitylène, et de là il passa vers le Seigneur.

Par les prières de saint André, prends pitié de nous, ô Dieu, et sauve-nous.


A ceux qui maintenant chantent le Grand Canon accorde, Seigneur, des larmes de componction.

Antoine
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Message par Antoine » mar. 07 mars 2006 1:38

LE GRAND CANON DE ST ANDRE DE CRETE est lu par partie aux Grandes Complies, les lundi, mardi, mercredi et jeudi de la première semaine de Carême, et intégralement le mercredi soir de la cinquième semaine.
Je le livre ici donc dans sa version intégrale sans le découpage des 4 premiers jours du carême.

Traduction de Denis Guillaume.



JEUDI DU GRAND CANON
LE JEUDI MATIN A L'ORTHROS

Après le psaume 50, on commence à chanter le Canon, lentement et avec componction: à chaque tropaire, on fait trois métanies en disant comme refrain: Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.


Ode 1, t. 6
Le Seigneur est mon secours, ma protection, * c'est lui qui m'a sauvé, * il est mon Dieu, et je veux le glorifier, * le Dieu de mon père, et je l'exalterai, * car il s'est couvert de gloire.

Par où commencerai-je, * quand je dois pleurer toutes les oeuvres de ma vie, * par quel exorde faut-il chanter mon deuil? * Dans ta bonté, ô Christ, accorde-moi * le pardon de mes péchés.

Allons, mon âme, entraîne ton corps * à glorifier le Créateur; * et désormais retrouve ta raison * pour offrir à Dieu * tes larmes de repentir.

En marchant loin de ta loi, j'ai imité* nos premiers parents * et comme Adam je fus dépouillé * de ta divine grâce et du royaume sans fin, * à cause de mon péché.

Hélas, ô ma pauvre âme, pourquoi * cette imitation de la première Eve? * Mauvais fut ton regard et, séduite amèrement, * tu as touché à l'arbre, tu as goûté le fruit * et l'amertume du péché.

A la place de l'Eve de jadis, * une Eve spirituelle surgit en moi: * et c'est une pensée de charnelle inclination, * retraçant les voluptés et sans cesse savourant * l'amertume du péché.

C'est justice, ô mon Sauveur, lors-qu'Adam * pour une seule transgression fut chassé du Paradis; * mais pour ma part, quel sera mon châtiment, * moi qui sans cesse ai rejeté * ton verbe vivifiant?

Sur les traces de Caïn j'ai marché, * j'ai choisi de devenir un meurtrier, * car ma pauvre âme, je l'ai conduite à la mort, * en vivant selon la chair, * dans la perversité de mes actions.

O Jésus, que n'ai-je pu suivre à mon tour * le chemin du juste Abel, * que n'ai-je offert des offrandes immaculées, * de saintes actions, des sacrifices d'oblation * par la pureté de ma vie?

Au créateur de l'univers, * comme Caïn, nous avons offert * nos viles actions, nos grossières oblations, * notre inutile vie, * et nous serons condamnés.

De la glaise, ô Créateur, tu m'as formé, * et tu as mis en moi * de la chair et des os, et le souffle de la vie; * Seigneur qui m'as créé, ô mon Juge et mon Sauveur, * ramène-moi vers toi.

Je confesse devant toi, Sauveur, * les péchés que j'ai commis: * tu vois les plaies de mon âme et de ma chair, * car je suis tombé sous les coups de l'ennemi * et le brigandage des pensées.

Sauveur, malgré mes fautes je sais bien * que tu es l'Ami des hommes: *tu frappes qui tu aimes, chaleureuse est ta pitié, * tu vois mes larmes et comme un père tu accours * au-devant du fils prodigue.

J'attends devant ta porte, Sauveur: * ne me rejette pas; * dans ma vieilles-se, ne m'envoie pas en Enfer, * mais avant la fin accorde-moi, * Seigneur, le pardon de mes péchés.

Je suis le voyageur dépouillé* par le brigandage de mes pensées; * tout vulnéré, je ne suis que blessures; * ô Christ, viens me sauver * en guérissant mes plaies.

U n prêtre m'aperçoit, mais il passe son chemin, * un lévite voit mon deuil et méprise ma nudité; * mais toi, ô Jésus, qui es venu grâce à Marie, * tu m'apportes le secours.

Agneau de Dieu, qui ôtes le péché du monde, * allège mon fardeau, * libère-moi du carcan de mes fautes, * accorde-moi, dans ton amour, * le pardon de mes péchés.

En ce temps de pénitence, ô Créateur,* je viens vers toi: * délivre-moi du poids de mes fautes, * daigne m'accorder, en ton immense bonté, * le pardon de mes péchés.

Malgré tout ne me repousse pas * loin de ta face, ô mon Sauveur, * mais prends sur toi le lourd fardeau de mes fautes, * dans ta pitié, accorde-moi * le pardon de mes péchés.

Sauveur, daigne remettre et effacer * tous les péchés que j'ai commis * par routine ou de plein gré, * au grand jour ou en secret, * connus et inconnus: * ô Dieu, pardonne et sauve-moi.

Dès ma jeunesse, ô mon Sauveur, * j'ai méprisé tes commandements; * toute ma vie, sans souci je l'ai passée, * dans la paresse des passions; *
et c'est pourquoi je te crie: Sauve-moi, ô mon Sauveur, * avant le terme de ma vie.

Follement j'ai dépensé pour mon plaisir * les richesses de mon âme; * privé de tout, affamé de vertu, * vers toi je crie, ô Père très-bon: * Aie pitié de moi.

Devant toi je me prosterne, ô Jésus, * j'ai péché contre toi, * pardonne-moi et rejette loin de moi * le joug de mes péchés * et donne-moi, dans ta bonté,* les larmes du repentir.

En justice ne me cite pas, * me rappelant au devoir, * scrutant mes actions et redressant mes torts, * mais, dans ta pitié, ferme les yeux sur mes forfaits * et sauve-moi, Dieu tout-puissant.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Puisant à la divine prévenance, * d'en haut fais-moi la grâce * de ta lumière pour éclairer * les ténèbres de mes passions * et pour chanter allégrement, ô Marie, ta sainte vie * dans l'excellence des vertus.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Pour te soumettre à ses divins préceptes, * tu as suivi le Christ, * dominant très sagement * l'élan de tes passions * et plus que toutes pratiquant * les plus hautes vertus.

Saint André de Crète, intercède pour nous.

Par ton intercession, saint André, * garde-nous de nos passions; * nous t'en prions, rends-nous dignes d'avoir part * au royaume du Christ, après t'avoir chanté, * pleins d'amour et pleins de foi.

Gloire: Céleste Trinité, je me prosterne * devant ton unique majesté; * de mes épaules soulève le fardeau * que fait peser sur moi le joug de mes péchés, * me donnant dans ta bonté * les larmes de la componction.

Maintenant: O Mère de Dieu, espérance et protection * de ceux qui te chantent, * allège le poids, le fardeau de mes péchés; * très-sainte Dame, accueille-moi * transformé par le repentir.

Ode 2

Ciel, écoute ma voix, * et je parlerai pour chanter le Christ: * ayant pris chair de la Vierge, * il est venu parmi nous.

Ciel, écoute ma voix, * terre, prête l'oreille à ma clameur: * Dieu me ramène vers lui, * et je veux le célébrer.

Seigneur, Dieu de tendresse, * tourne vers moi ton regard compatissant * et reçois de mes lèvres * la confession de mes péchés.

Plus que tout homme j'ai péché * contre toi seul, ô Seigneur; * mais pardonne, Dieu sauveur, * à l'œuvre de tes mains.

Elle gronde autour de moi, * la tempête des péchés: * comme à Pierre sur les flots, * Seigneur, donne-moi la main.

O Christ, je verse devant toi * les larmes de la Pécheresse: * dans ton amour, ô Sauveur, * prends pitié de moi.

Les plaisirs ont assombri * la grâce de mon âme: * et par eux tout mon esprit * à la glaise est retourné.

J'ai déchiré le bel habit, * celui que le Créateur * à l'origine m'a tissé, * et me voilà couvert de haillons.

J'ai revêtu les oripeaux * dont le serpent m'enveloppa; * j'ai suivi son conseil * et me voilà tout honteux.

A voir la beauté de l'arbre, * mon esprit s'est égaré: * désormais je suis nu * et la honte me fait rougir.

Sur mon dos ont labouré * les artisans d'iniquité, * prolongeant jusqu'à moi * le sillon de leur péché.

Par ma faute ayant perdu * ma beauté de créature * et ma première dignité, * je rougis d'être nu.

Le péché m'a revêtu * de fourrures et de peaux, * me dépouillant de l'habit * jadis donné par Dieu.

Je me suis couvert honteusement * comme de feuilles de figuier, * soulignant ainsi * les passions qui me dominent.

Sordide est mon habit, * honteusement souillé de sang * par le flot de ma vie * dissipée dans les plaisirs.

Dans la fange j'ai traîné * la tunique de ma chair, * maculant, ô mon Sauveur, * ton image et ressemblance.

Les passions m'ont dominé, * avec elles, la corruption, * et c'est pourquoi maintenant * m'opprime l'ennemi.

A la pauvreté j'ai préféré * les richesses et les voluptés de la vie, * et maintenant, ô mon Sauveur, * je ploie sous le péché.

J'ai paré l'idole de ma chair * de la robe bariolée * de mes impures pensées, * et maintenant je suis condamné.

Attentif uniquement * à l'extérieure beauté, * j'ai négligé l'intérieur * du temple façonné par Dieu.

A moi-même déguisant * la laideur de mes passions, * dans l'élan vers le plaisir, * de mon âme j'ai terni la beauté.

Sauveur, par mes passions * j'ai perdu ton image et sa beauté; * mais, comme la drachme d'autrefois, * tu l'as cherchée et retrouvée.

Comme la Pécheresse je te crie: * J'ai péché, contre toi seul j'ai péché; * comme la myrrhe autrefois, * reçois mes larmes, Dieu Sauveur.



Comme David, je suis tombé * dans le gouffre où je me suis embourbé; * mais comme lui, ô mon Sauveur, * dans les larmes purifie-moi.

Pareil au Publicain, je te crie: * Par-donne-moi, Sauveur, * car aucun des fils d'Adam * n'a péché comme moi.

Je n'ai pas la componction * ni les larmes du repentir; * tout cela, donne-le-moi, * mon Sauveur et mon Dieu.

Ne me ferme pas ta porte, * Seigneur, Seigneur, en ce moment, * mais daigne m'ouvrir celle du repentir.

Seigneur ami des hommes, * qui désires le salut de tous, * rappelle-moi, dans ta bonté, * et agrée mon repentir.

Prête l'oreille à mes soupirs, * au murmure de mon cœur, * reçois les larmes de mes yeux * et sauve-moi, Dieu Sauveur.

Théotokion: Vierge Mère de Dieu, * ô très-pure et seule digne de nos chants,* intercède constamment * pour que nous soyons sauvés.

**********

Regardez et voyez: * c'est moi qui suis votre Dieu; * j'ai fait pleuvoir la manne, * jadis au désert pour mon peuple j'ai fait sourdre l'eau du rocher, * par ma seule main et la force de mon bras.

«Regardez et voyez: * c'est moi qui suis votre Dieu.» * Ecoute le Seigneur, ô mon âme, * détache-toi de l'antique perversion, * dans la crainte de ton Dieu * qui va siéger pour te juger.

A qui te comparer, ma pauvre âme, * à Caïn, le premier meurtrier,* ou bien à Lamech? * Car tu as lapidé ton corps et tué ton esprit * par tes méfaits et ton ardeur au péché.

O mon âme, si tu as égalé * tous ceux d'avant la Loi, * tu n'as certes
pas imité * ceux qui changèrent de vie, * tels que Seth, Enos, Enoch et Noé; * non, tu n'as pas suivi la justice de leur vie.

Tu as ouvert seulement * les cataractes de la colère de Dieu, * comme au temps du déluge * tu as laissé submerger * toute chair et les oeuvres de ta vie, * et tu n'es pas entrée dans l'arche du salut.

J'ai tué un homme pour une plaie, * un enfant pour une blessure, * disait Lamech en pleurant; * et toi, mon âme, tu ne trembles donc pas * d'avoir souillé ta chair et sali ton esprit.

Comment ai-je envié Lamech le meurtrier * en tuant mon esprit comme un homme * et mon âme comme un enfant? * Comme Caïn le meurtrier, * j'ai tué mon frère le corps, * dans l'élan de mes passions.

O mon âme, par tes désirs * tu as imaginé de construire une tour * et de fonder une ville fortifiée, * mais le créateur a bouleversé tes projets, * il a renversé tes constructions.

Je suis blessé, vulnéré, * voici que les traits de l'ennemi * ont transpercé mon âme et mon corps; * mes blessures et l'inflammation de mes plaies * attestent la violence de mes passions.

Le Seigneur, du haut du ciel, * jadis fit pleuvoir un déluge de feu * contre Sodome enflammée d'injustes désirs; * et toi, ô mon âme, tu attises la géhenne de feu * où tu vas descendre pour brûler.

Voyez et comprenez: * c'est moi qui suis votre Dieu, * celui qui scrute les cœurs et redresse les pensées, * qui manifeste les oeuvres et brûle les péchés, * et qui rend justice à l'orphelin, au faible et au petit.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Enfoncée dans l'abîme du péché, * tu étendis les mains, ô Marie, * vers la tendresse de Dieu * et, comme à Pierre, l'Ami des hommes * tendit sa main secourable, * car c'est ta conversion qu'il cherchait par-dessus tout.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

De toute l'ardeur de ton cœur * tu as couru à la suite du Christ, * quittant l'ancienne voie du péché * pour vivre dans la solitude du désert, * observant d'un cœur pur ses préceptes divins.

Saint André de Crète, intercède pour nous.

Voyons et contemplons * l'amour du divin Maître pour les hommes; avant la fin, prosternons-nous devant lui, * et dans les larmes crions: * Par les prières de saint André, Sauveur, aie pitié de nous.

Gloire: Eternelle Trinité, * indivisible Unité, * agrée mon repentir et sauve-moi, pécheur, * ne méprise pas l'oeuvre de tes mains, * garde-moi, délivre-moi des flammes du jugement.

Maintenant: Sainte Dame, Mère de Dieu, * espoir de ceux qui accourent vers toi, * havre qui nous sauves de la colère des flots, * implore ton Créateur et ton Fils * de nous faire grâce, par ton intercession.

Ode 3

Sur la pierre inébranlable * de tes commandements, * ô Christ, affermis ton Eglise. -

Sur la terre de Sodome * le Seigneur du haut du ciel * jadis fit pleuvoir un déluge de feu.

Sur la montagne comme Lot, * ô mon âme, sauve-toi, * cherchant refuge vers Ségor.

O mon âme, fuis le brasier, * fuis l'incendie de Sodome, * fuis le sinistre du feu divin.

Je le confesse, ô mon Sauveur: * sans mesure j'ai péché contre toi; * mais dans ta bonté efface mon péché.

Contre toi seul j'ai péché, * plus que tous j'ai failli: * Christ Sauveur, aie pitié de moi.

Tu es vraiment le Bon Pasteur, * viens à ma recherche, Seigneur, * ne méprise pas ta brebis perdue.

O Jésus, tu es la douceur de ma vie, * c'est toi qui m'as formé; * en toi, Sauveur, je serai justifié.

Sainte Trinité, ô Dieu, aie pitié de nous.

O divine et unique Trinité, * sauve-nous de l'errement, * des épreuves et de tout danger.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Réjouis-toi, ô Sein porteur de Dieu, * réjouis-toi, ô trône du Seigneur, * ré-jouis-toi, ô Mère de notre Vie.

**********

Seigneur, affermis mon coeur * sur la pierre de tes commandements, * pour qu'il ne chancelle pas, * car tu es le seul Saint et le seul Seigneur.

En toi est ma source de vie, * Triomphateur de la mort, * et de tout cœur je te crie avant la fin: * J'ai péché, pardonne-moi et sauve-moi.

Ceux qui vivaient du temps de Noé, * j'ai voulu les imiter, * méritant le même châtiment * dans le déluge qui les engloutit.

J'ai péché, Seigneur, contre toi, * j'ai péché, pardonne-moi: * parmi les hommes il n'est point de pécheur * que je n'aie surpassé par mes péchés.

O mon âme, le filial irrespect * de Cham, tu l'as imité, * car tu n'as pas couvert la honte du prochain * en te retirant, sans chercher à la voir.

La bénédiction de Sem, * pauvre âme, tu ne l'as point réalisée, * tu n'as pas hérité le vaste domaine de Japhet, * au pays de la rémission.

Sortant du pays d'Haran, * pauvre âme, quitte une terre de péché * pour le pays où coule l'immortalité, * celui qu'Abraham reçut en héritage.

O mon âme, tu l'as appris: * Abraham, quittant le pays de ses aïeux, * est devenu sur terre un étranger; * imite son exemple et sa résolution.

Sous le chêne de Mambré, * le Patriarche qui reçut les Anges chez lui, * malgré son âge avancé, * obtint l'objet de la promesse de Dieu.

O mon âme, tu connais * ce sacrifice nouveau,* l'holocauste spirituel * d'Isaac s'offrant au Seigneur. * efforce-toi d'imiter sa résolution.

O mon âme, tu l'as appris: * Ismaël, enfant de la servitude, fut chassé; * veille à ne pas servir les passions, * pour ne pas souffrir pareil bannissement.

Tu as imité la mère d'Ismaël, * Agar, l'Egyptienne de jadis, * te faisant l'esclave de ton désir * et te vantant de ce que tu as conçu.

O mon âme, tu connais l'échelle de Jacob, * qui de terre montait jusqu'aux cieux; * pourquoi ne pas gravir, toi aussi, * les degrés de la piété?

Du prêtre de Dieu et roi sans généalogie, * si conforme à l'image du Christ, * efforce-toi d'imiter * le passage en ce monde parmi les hommes.

Ne deviens pas une colonne de sel * en te retournant pour regarder en arrière; * crains pour toi-même l'exemple de Sodome * et sauve-toi en montant vers Ségor.

O mon âme, fuis, comme Lot, * devant le feu du péché, * loin de Sodome et de Gomorrhe * fuis l'incendie de tes mauvais penchants.

Pitié pour moi, Seigneur, pitié pour moi, * tel sera mon cri * lorsque tu viendras parmi les Anges saints * rendre selon ses oeuvres à chacun.

O Maître, ne rejette pas * la prière de ceux qui te chantent, * mais fais-leur grâce, dans ta bonté, * accordant aux fidèles la rémission de leurs péchés.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Je suis assailli par la tempête de mes péchés: * ô Mère, viens à mon secours * et conduis-moi jusqu'au port, * sur le chemin qui me ramène vers Dieu.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Ta prière d'intercession, * Mère vénérable, dirige-la maintenant * vers la tendresse de la Vierge immaculée, * m'ouvrant ainsi la porte qui mène vers Dieu.

Saint André de Crète, intercède pour nous.

Saint André, évêque de Crète, * par tes prières accorde-moi * la rémission de mes péchés; * de la pénitence, en effet, tu es le suprême initiateur.

Gloire: Trinité que nous chantons, * Dieu unique en trois personnes, * sauve-nous qui, dans la foi, * nous prosternons devant ta majesté.

Maintenant: Sans semence tu as conçu * le Fils du Père intemporel, * tu l'as mis au monde et dans le temps: * étrange merveille, Vierge et Mère de Dieu.

Seigneur, affermis mon cœur * sur la pierre de tes commandements, * pour qu'il ne chancelle pas, * car tu es le seul Saint et le seul Seigneur.

Cathisme, t. 8

Luminaires tout brillants de Dieu, Apôtres qui avez vu le Sauveur, * répandez votre éclat sur les ténèbres de notre vie, * afin que nous marchions dignement, comme en plein jour, * repoussant les nocturnes penchants sous l'éclat de la pureté, * pour contempler dans la joie la lumineuse Passion du Christ notre Dieu.

Gloire...

Apostolique Douzaine divinement choisie, * présente au Christ ton intercession, * pour que tous nous menions à bon terme le cours du jeûne, *accomplissant les préceptes dans la componction, * joyeux de pratiquer les vertus, * afin que nous méritions de voir le Christ notre Dieu * au jour de sa glorieuse et sainte Résurrection.

Maintenant...

Avec les Apôtres, ô Mère de Dieu, * implore celui que tu as enfanté de mer-veilleuse façon, * le Fils et Verbe de Dieu, celui que l'univers ne peut contenir, * afin qu'il donne au monde la véritable paix, * qu'il nous accorde avant la fin le pardon de nos péchés * et qu'il admette, en sa haute bonté, * tes serviteurs au royaume des cieux.






A la quatrième ode, qui est celle du jeudi, on chante d'abord, sans métanies, les compositions de Joseph et de Théodore pour IeTriode (t.8), après quoi on reprend, avec les métanies habituel-les, le chant du Grand Canon (ton 6).


Ode 4, t. 8

Seigneur, j'ai perçu * le mystère de ta venue, * sur tes oeuvres j'ai médité * et j'ai glorifié ta divinité.

Saints Apôtres du Christ, intercédez pour nous.

Familiers du jeûne, * les illustres Apôtres du Christ * nous rendent, par leur intercession auprès de Dieu, * ce temps de l'abstinence plus facile à supporter.

Sur la lyre à douze cordes, * le chœur des Disciples divins * chante le cantique du salut * et brouille les mélodies de l'erreur.

Grâce aux ondées de l'Esprit, * vous avez arrosé le monde entier, * repoussant la sécheresse des faux-dieux, * saints Apôtres que nous disons bienheureux.

Théotokion: Par l'humilité sauve-moi, * car j'entretiens d'orgueilleuses pensées, * Vierge pure qui as enfanté * celui qui releva notre nature déchue.

**********

Seigneur, j'ai entendu ta voix, * et je suis rempli de crainte, * j'ai compris ton oeuvre de salut * et je glorifie ta puissance, Seigneur.

Saints Apôtres du Seigneur, * intercédez tous en chœur * auprès du Créateur de l'univers, * pour qu'il nous prenne, nous vos chantres, en pitié.

Apôtres du Christ * qui avez labouré le monde entier * pour y semer la parole de Dieu, * présentez-lui les fruits de votre labeur incessant.

Apôtres du Seigneur, vous êtes devenus pour le Christ bien-aimé * la vigne produisant le vin spirituel * jaillissant pour le monde entier.

Gloire: Trinité sainte et consubstantielle éternellement, * Père, Verbe et saint Esprit, * Dieu tout-puissant, Lumière et Vie, * sauvegarde les brebis de ton bercail.

Maintenant: Réjouis-toi, trône de feu, * réjouis-toi, chandelier de la divine Clarté, * réjouis-toi, montagne de sainteté, * arche d'alliance et tabernacle de Dieu.

t. 6

Le Prophète, Seigneur, * apprenant ta venue, * fut saisi de stupeur, * car tu as voulu naître d'une Vierge * et te montrer parmi les hommes, * et il dit: J'ai entendu ta voix * et je suis rempli de crainte, * gloire à ta puissance, Seigneur.

N 'abandonne pas l'œuvre de tes mains, * ne méprise pas ta créature, ô juste Juge, * bien que seul j'aie péché, plus que tout homme, Dieu clément; * mais il t'appartient, comme au Seigneur de l'univers, * de remettre les péchés.

La fin s'approche, ô mon âme, * elle approche et tu négliges de te préparer; * le temps presse, lève-toi, car le Juge est sur le seuil; * tel un songe ou une fleur, notre vie s'évanouit * et nous nous agitions en vain.

Réveille-toi, ô mon âme, * et songe aux actes de ta vie, * laisse couler tes larmes en méditant sur ton passé, * confesse au Christ tes actions, tes secrètes pensées, * et tu seras justifiée.

O Sauveur, il n'est en cette vie * nul péché, nul acte mauvais * que je n'aie commis en parole, en intention, * de propos délibéré, en pensées ou en actions, * plus que tout autre en aucun temps.

De là vient ma condamnation, * de là aussi le jugement * de ma propre conscience, que rien n'égale ici-bas. * Toi qui me sondes et me connais, Rédempteur, épargne-moi * et sauve aussi ton serviteur.

L'échelle qu'autrefois * le Patriarche contempla, * c'est l'ascétique montée, la mystique ascension: * ô mon âme, si tu veux les connaître toutes deux, * renouvelle ta vie.
Pour acquérir ses deux épouses, * le Patriarche supporta * la chaleur du jour, la froidure de la nuit, * dans le service et les combats, augmentant jour en jour, * par sa ruse, son troupeau.
Les deux épouses, ce sera * l'action et la contemplation; * Lia, c'est 1'action, car elle a beaucoup d'enfants, Rachel, la connaissance qui s'acquiert péniblement; * et toutes deux sont fruits du labeur.

O mon âme, éveille-toi * et combats comme Jacob * afin d'obtenir, a l'action, la connaissance * et la vie de Dieu, la radieuse contemplation cette perle de grand prix.

Jacob, en engendrant * les douze patriarches, * a dressé mystiquement l'échelle d'ascension, * disposant douze fils comme autant de degré pour la plus sage des montées.

Imitant le détestable Esaü, * ô mon âme, tu as vendu * au Trompeur droit d'aînesse de ta première beau et te voilà privée de paternelle bénédiction: * fais pénitence désormais.

Esaü fut surnommé Edom * pour violentes passions; * brûlant d'intempérance et souillé de volupté, * il appelé Edom, ce qui signifie l'embrassement * d'une âme éprise de péché

De Job tu as appris, * ô mon âme la soumission * avec laquelle, s'asseyant; sur la cendre, il fut justifié; * mais n'as pas imité son courage et sa fermeté; * la persévérance t'a fait défaut

Le voilà tout nu sur le fumier, qui naguère sur un trône était assis l'illustre père d'antan n'a plus de gîte ni d'enfants; * la cendre lui devient palais, et ses plaies lui tiennent lieu de précieux joyaux.

Naguère encore revêtu * des insignes; de la royauté, * portant la pourpre et le diadème, le Juste avait beaucoup de biens, * d'innombrables troupeaux, mais le voilà privé soudain * de toute sa splendeur.

Quand un juste comme Job, * irréprochable plus que tous, * n'a pas su se mettre en garde des atteintes du Malin, * pauvre âme pécheresse, comment feras-tu * quand le malheur fondra sur toi?

Mon corps et mon esprit * sont souillés et corrompus; * médecin des âmes, ô Christ, guéris mes plaies, * par la pénitence lave-moi * et, de la neige me donnant * la blancheur, purifie-moi.

Sur la croix, pour le salut de tous, * ô Verbe, tu donnas ton corps et ton sang: * ton corps pour recréer le mien, ton sang pour me laver; * à ton Père tu remis, ô Christ, ton esprit * pour me conduire jusqu'à lui.

Seigneur, tu opéras le salut * au milieu de la terre, pour nous sauver; * tu es monté sur la croix pour nous ouvrir le Paradis; * la création entière et les nations rachetées * se prosternent devant toi.

Que le sang et l'eau * jaillissant de ton côté * me soient un baptême et un breuvage rédempteur, * afin que, purifié doublement, je puise au calice et à l'onction * ton verbe vivifiant.

Du palais nuptial je suis banni, * loin des noces de l'Agneau; * ma lampe n'a plus d'huile et les portes sont fermées, * le Repas est consommé et je suis jeté dehors, * pieds et poings liés.

Sauveur, de ton côté vivifiant * comme d'une Coupe, l'Eglise a hérité * en un seul jet le double flot * de la connaissance et du pardon, * à l'image de celui qui unit les Testaments, * l'ancien et le nouveau.

Bref est le temps de ma vie, * plein de maux et de douleurs; * agrée mon repentir, en ta clarté rappelle-moi, * pour m'éviter de devenir la proie de l'ennemi; * Sauveur, aie pitié de moi.

Mon cœur est plein de vanité: * sans me juger, accorde cependant * au Pharisien que je suis * l'humilité du Publicain, * et que son lot soit le mien, par l'effet de ta bonté * et de tes justes jugements!

J'ai péché en profanant * le temple de mon corps, * mais agrée mon repentir, en ta clarté rappelle-moi, * pour m'éviter de devenir la proie de l'ennemi; * Sauveur, aie pitié de moi.

Je me suis fait ma propre idole, * souillant mon âme de passions, * mais agrée mon repentir, en ta clarté rappelle-moi, * pour m'éviter de devenir la proie de l'ennemi; * Sauveur, aie pitié de moi.

Au lieu de suivre ta voix, * j'ai transgressé les ordres de ta Loi; * agrée mon repentir, en ta clarté rappelle-moi, * pour m'éviter de devenir la proie de l'ennemi; * Sauveur, aie pitié de moi.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Vivant la vie des Anges dans la chair,* sainte Mère, tu as reçu de Dieu * la plus grande grâce, et tu peux intercéder * pour les fidèles qui t'honorent, et c'est pourquoi nous t'implorons: * par tes prières délivre-nous des tentations.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Tombée au fond du gouffre des péchés, * tu n'en es pas restée la proie;* mais, reprenant ton essor, par tes oeuvres tu t'élevas * jusqu'au sommet des vertus, provoquant, ô Marie, * l'admiration des Anges saints.

Saint André de Crète, intercède pour nous.

Gloire de nos Pères, ô saint André, *toi qui de la Crète es l'ornement, * ne manque pas de supplier * pour nous la sainte Trinité, * afin que de l'éternel châtiment * soient délivrés ceux qui invoquent ton secours.

Gloire: Je te confesse comme Dieu, unique Trinité, * sur le trône royal que partagent les trois personnes, * indivisibles par essence, inconfusibles cependant; * et des Anges retentit * par ma voix le triple chant.

Maintenant: O Vierge, tu as enfanté * et vierge tu es demeurée, * car ton sein virginal met au monde Celui * qui de la nature renouvelle les lois: * Dieu lui-même le veut ainsi.


Ode 5

La nuit, je veille devant toi, Seigneur ami des hommes, * je t'en prie, illumine-moi, * conduis-moi sur la route de tes commandements * et apprends-moi, Dieu Sauveur, à faire ta volonté.

Dans la nuit s'est écoulée ma vie: * ce fut l'obscurité, * le profond chaos, la nuit du péché; * Sauveur, éclaire-moi, * pour que je devienne un enfant de lumière.

En tout semblable à Ruben, * malheureux que je suis, * j'ai commis l'iniquité * au mépris du Dieu très-haut, * en offensant son amour paternel.

Je le confesse devant toi,, * Christ, ô mon Roi, j'ai péché; * j'ai péché comme les frères de Joseph, * qui jadis ont vendu * le fruit de sagesse et de pureté.

Par ses propres frères fut vendue * la vie du juste Joseph, * et l'aimable jeune homme en servitude fut réduit, * à l'image du Sauveur; * et toi, mon âme, tu t'es vendue au péché.

Suis la trace de Joseph, * pauvre âme réprouvée; * de son cœur imite la justice et la pureté, * au lieu de t'adonner au délire des passions, * qui t'éloignent de Dieu.

Si dans la fosse est descendu Joseph * jadis, ô Maître souverain, * ce fut à l'image * de ta Mise au Tombeau * et de ta sainte Résurrection.
O mon âme, tu connais * l'histoire de Moïse flottant dans son berceau * sur les eaux du fleuve comme une arche de salut, * fuyant l'amère exécution * du dessein de Pharaon.

De la sagesse, les sages femmes * devaient tuer tout mâle fruit; * ô mon âme, tu le sais; * et, comme Moïse autrefois, * suce le lait de la sagesse.

O mon âme, tu n'as pas frappé * l'Egyptien spirituel: * comme Moïse de-venu grand, * serais-tu capable d'habiter, * par ta pénitence, le désert des passions?

Moïse a habité le désert: * ô mon âme, suis la trace de sa vie * afin de contempler aussi * dans le buisson ardent * la divine apparition.

O mon âme, représente-toi * le bâton de Moïse frappant la mer * et figeant l'abîme des flots, * à l'image de la divine Croix * par laquelle, toi aussi, tu feras merveille.

Aaron offrait à Dieu * un feu pur et sans mélange, * tandis qu'Ophni et Phinées * lui présentaient comme toi, ô mon âme, l'impureté de leur vie.

Comme celui de Pharaon * mon cœur est endurci; * je suis semblable désormais à Jannès et Jambrès * par l'âme et par le corps, et le poids de mon esprit; * Seigneur, viens à mon aide.

Hélas, j'enfonce dans la boue: * ô mon Maître, lave-moi * dans le bain de mes larmes, * et comme neige fais briller * le vêtement de ma chair.

Pour peu que j'examine, Sauveur, * la qualité de mes actions, * plus que tout autre je me vois chargé d'iniquité, * car j'ai péché consciemment * et non par ignorance.

Seigneur, épargne l'ouvrage de tes mains: * j'ai péché, pardonne-moi, * car tu es le seul * dont la nature soit immaculée, * tu es le seul sans péché.

Pour me sauver, tu as couvert ta divinité * du manteau de mon humanité, * et tu as fait merveille en guérissant les lépreux, * redressant les paralytiques et faisant tarir un flux de sang * par la frange de ton vêtement.

Suis l'exemple de l'Hémorroïsse, * ô mon âme, approche pour toucher * le vêtement du Christ, qui te délivrera, * et tu l'entendras dire: * Courage, ta foi t'a sauvée.

Imitant la femme courbée, * ô mon âme, approche-toi * et prosterne-toi aux pieds de Jésus * pour qu'il te redresse et que tu puisses marcher droit * sur les chemins du Seigneur.

Seigneur, le puits est profond, * mais tu puises de ton sein * l'eau vive que je bois, * comme la Samaritaine, pour n'avoir plus jamais soif, * car tu m'abreuves au flot de ta vie.
Que mes larmes, Seigneur Dieu, * me deviennent la fontaine de Siloé, * pour que je puisse y laver les yeux de mon cœur * afin de contempler * ton éternelle clarté.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Lorsque, poussée par un amour sans égal, * tu as désiré te prosterner * devant l'Arbre de la vie, * tu as obtenu ce que tu désirais: * fais que j'obtienne aussi la gloire d'en-haut.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Ayant franchi les flots du Jourdain, * tu as trouvé le repos * en secouant le joug des chamelles voluptés; * veuille aussi nous délivrer, * ô Marie, par tes saintes prières.

Saint André de Crète, intercède pour nous.

Saint André, sage pasteur, * élu de Dieu, je t'invoque de tout cœur * et dans la crainte je te prie * de m'obtenir, par ton intercession, * le salut et l'éternelle vie.

Gloire: Nous te glorifions comme un seul Dieu, * trois fois sainte Trinité, * Père, Fils et saint Esprit, * consubstantielle Divinité, * sans cesse nous t'adorons.

Maintenant: De toi, ô Vierge immaculée, * sainte Mère de Dieu, * le divin Créateur des siècles éternels * prit notre chair pour s'unir intimement * à la nature des mortels.

Ode6

J'ai crié de tout mon cœur * vers le Dieu de tendresse, * il écoute mon appel du plus profond de l'Enfer, * et à la fosse il rachète ma vie.

Je t'offre en toute pureté, * Dieu Sauveur, les larmes de mes yeux, * mes profonds gémissements et le cri de mon cœur. * J'ai péché, pardonne-moi.

Tu t'es éloignée de ton Seigneur, * ô mon âme, comme Dathan et Abiron, * mais crie-lui de tout ton cœur: Seigneur, épargne-moi, * et que la terre ne s'entrouvre pour m'engloutir.

Tu es semblable à Ephraïm, * cette génisse aiguillonnée; * comme la gazelle hors de ses liens, ô mon âme, sauve-toi * sur les ailes des bonnes oeuvres et de la contemplation.

Que la main de Moïse, ô mon âme, * te confirme comment Dieu * peut blanchir et purifier * la lèpre de notre vie!

Pareil aux flots de la mer Rouge, * l'océan de mes péchés * m'a submergé d'un seul coup, * comme autrefois les Egyptiens.

Comme l'antique Israël, * ô mon âme, tu as fait un choix insensé: * à la manne des cieux tu as follement préféré * la nourriture des passions.

Comme Israël dans le désert, * ô mon âme, tu as préféré * à la nourriture des cieux * les viandes impures des Egyptiens

O mon âme, tu as préféré * les puits de Canaan à la source du Rocher * d'où jaillissent pour toi * la sagesse et la science de Dieu.

Lorsque Moïse, ton serviteur, * de son bâton frappa le rocher, * il préfigura ton côté vivifiant * où nous puisons tous la vie et le salut.

Explore, ô mon âme, le pays promis,* examine ton héritage, comme Josué, * et demeure en lui, * dans l'observance de la Loi.

Lève-toi pour combattre les passions de la chair, * comme autrefois Josué lutta contre Amalec, * et ne te laisse pas tromper par les pensées, * comme il le fut par les gens de Gabaon.

Traverse le courant de la vie, * comme autrefois l'arche d'alliance; * ô mon âme, prends possession * de la promesse de Dieu.

Comme jadis tu sauvas Pierre sur les eaux, * Sauveur, hâte-toi de me sauver; * étends vers moi ta main * pour m'arracher au gouffre du péché.

OptionsLe HTML est DésactivéLe BBCoEn toi je vois le havre du salut, * ô Maître et Seigneur Jésus; * arrache?moi au gouffre sans fond * du désespoir et du péché.

Je suis la drachme à l'effigie du Roi, * que jadis, Sauveur, tu avais perdue: * allume pour me chercher ton flambeau précurseur * et retrouve ton image.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Pour éteindre le brasier de tes passions, * ô Marie, tu fis couler tes larmes en flots abondants; * à cette grâce accorde-moi * de participer également.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Par ta vie sublime ici-bas, * ô Marie, tu as gagné le céleste repos: * pour ceux qui chantent ta louange obtiens du Seigneur * qu'ils soient délivrés de leurs passions.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Toi qui de Crète fus pontife et pasteur, * pour l'univers tu es l'intercesseur; * aussi j'accours vers toi, Père saint: * arrache-moi au gouffre du péché.

Gloire: Je suis l'indivisible Trinité * et par nature l'Unité, * dit le Père avec le Fils * et l'Esprit divin.

Maintenant: Ton sein a mis au monde pour nous * un Dieu qui se conforme à notre humanité; * ô Mère de Dieu, supplie le Créateur de l'univers, * afin que par tes prières nous soyons justifiés.

J'ai crié de tout mon coeur * vers le Dieu de tendresse, * il écoute mon appel du plus profond de l'Enfer, * et à la fosse il rachète ma vie.


Kondakion, t. 6
Réveille-toi, pourquoi dormir, ô mon âme, * pourquoi dormir ainsi? * Car,voici, la fin s'approche, * et tu rendras compte au jugement. * Veille donc, ô mon âme, * pour que t'épargne le Christ Dieu, * lui qui est partout, * dans tout l'univers, qu'il comble de sa présence.

Ikos
Voyant les guérisons opérées par le Christ * et le salut jaillissant sur Adam, * le diable fut frappé de douleur * et devant le danger il gémissait, disant à ses compagnons: * Que ferai-je au Fils de Marie, * car il va me tuer, celui qui est né à Bethléem, * lui qui est partout, * dans tout l'univers qu'il comble de sa présence.


Béatitudes, t. 6

Dans ton royaume souviens-toi de nous, Seigneur, * quand tu entreras dans ton royaume.
Du bon Larron qui sur la croix te criait: * Souviens-toi de moi, Seigneur, * tu fis par avance un citoyen du Paradis: * à moi aussi, ton indigne serviteur, * accorde-moi d'imiter son repentir.

Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, * car ils possèdent le royaume des cieux.
Tu connais, ô mon âme, l'histoire de Manoé * qui reçut la visite de Dieu * et d'un sein stérile le fruit de la pro-messe; * imite sa piété envers le Seigneur.

Heureux les affligés, * car ils seront consolés.
Ayant imité la légèreté de Samson, * tu t'es laissé raccourcir de tes glorieuses actions, * ô mon âme, en livrant à l'ennemi, * par amour du plaisir, * le bonheur d'une chaste vie.

Heureux les doux, * car ils recevront la terre en héritage.
Celui qui jadis * avec une mâchoire d'âne frappa les ennemis * devient maintenant le jouet de charnelles passions: * ô mon âme, fuis l'exemple d'une telle légèreté.

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, * car ils seront rassasiés.
Barak et Jephté furent choisis * pour juger Israël et conduire son armée, * et avec eux la courageuse Déborah: * imite, ô mon âme, leurs mâles vertus.

Heureux les miséricordieux, * car ils obtiendront miséricorde.
Tu connais, ô mon âme, le courage de Jahel, * qui assura le salut d'Israël * en transperçant la tête de Sissara; * elle a tué l'ennemi avec un bois * qui rappelle celui de la Croix.

Heureux les coeurs purs, * car ils verront Dieu.
Offre, ô mon âme, un sacrifice de louange * en consacrant la pureté de ta vie, * comme la fille de Jephté, * et présente en sacrifice au Seigneur * l'immolation de tes charnelles passions.

Heureux les artisans de paix, * car ils seront appelés fils de Dieu.
Tu connais, ô mon âme, la toison de Gédéon: * du ciel recueille la rosée; * et baisse-toi pour lamper au flot de la Loi * ce qui découle des préceptes du Seigneur.

Heureux les persécutés pour la justice, * car ils possèdent le royaume des cieux.
O mon âme, tu as attiré sur toi * le jugement du prêtre Héli * en donnant libre cours à tes passions, * par manque de fermeté, * comme le prêtre de Silo ferma les yeux * sur l'impiété de ses enfants.

Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute, * si l'on vous calomnie de toute manière à cause de moi.
Sous les Juges, un Lévite, en signe de deuil, * entre les douze tribus d'Israël * partagea le corps de sa femme pour faire éclater * l'inimitié et l'injustice de Benjamin.

Soyez dans la joie et l'allégresse, * car votre récompense sera grande dans les cieux.
Anne, la mère de Samuel, * remuait ses lèvres pour l'oraison, * sans qu'on entendît sa voix, * et malgré sa stérilité * elle enfanta le fils réclamé au Seigneur.




Souviens-toi de nous, Seigneur, quand tu entreras dans ton royaume.
Parmi les Juges fut compté le grand Samuel, * natif d'Arimathie, * qui fut élevé dans la maison du Seigneur; * ô mon âme, prends modèle sur lui * et juge tes actions avant celles d'autrui.

Souviens-toi de nous, ô Roi, quand tu entreras dans ton royaume.
David, élu comme roi, * reçut royale-ment * l'huile sainte de l'onction; * et toi, mon âme, si tu désires le royaume des cieux, * répands sur toi-même l'onction de tes pleurs

Souviens-toi de nous, Dieu saint, quand tu entreras dans ton royaume.
Prends en pitié ce que tes mains ont créé, * Dieu de bonté, épargne ceux qui ont péché * et, plus que tous, ton serviteur * qui a méprisé tes commandements.

Gloire au Père...

J'adore le Père ayant engendré * d'éternelle façon, * je glorifie le Fils engendré, * et je chante l'Esprit saint, * qui brille du même éclat que le Père et le Fils.

Maintenant...

N ous adorons le fruit surnaturel de ton sein, * sans diviser la gloire de ton Fils, * car de sa personne nous confessons l'unicité * et de ses natures la dualité.

Ode7

Nous avons commis le péché, l'iniquité, * l'injustice devant toi; * nous n'avons pas gardé * ni mis en pratique tes commandements: * ne nous rejette pas jusqu'à la fin, * Seigneur, Dieu de nos Pères.

J'ai péché, j'ai transgressé, * j'ai méprisé tes commandements, * car je suis né dans le péché * et j'ai aggravé mes plaies, * mais fais-moi grâce en ta bonté, * Seigneur, Dieu de nos Pères.

Devant toi j'ai confessé, * ô mon Juge, les secrets de mon coeur; * vois ma peine et mon humiliation, * sois attentif à me juger * et fais-moi grâce en ta bonté, * Seigneur, Dieu de nos Pères.

Saül, étant parti à la recherche * des ânesses de son père, * trouva par surcroît sa royale vocation; * et toi, ô mon âme, garde-toi de préférer * le troupeau de tes passions * au royaume du Christ.

Si David a doublement péché, * lui, l'ancêtre du Seigneur, * en se laissant percer par la flèche du désir * et usant ensuite du glaive meurtrier, * toi-même, ô mon âme, tu souffres plus encor * du poids de tes passions.

David multiplia jadis * la gravité de son péché, * joignant le meurtre à l'adultère, * mais faisant aussitôt pénitence doublement; * et toi, ô mon âme, ta conduite est pire encor, * sans repentance devant Dieu.

David a mis en hymne jadis * l'image de son repentir, * accusant publiquement ses actions et disant: * Dieu de l'univers, aie pitié de moi, * contre toi seul j'ai péché, * purifie-moi dans ta bonté.

Lorsque l'arche de l'Alliance * était portée sur un char, * Oza, voyant glisser les bœufs, mit la main sur l'arche sainte * et pour ce geste seule-ment il encourut la colère de Dieu; * n'imite pas son audace, mais traite avec respect,* ô mon âme, les choses saintes.
Tu connais l'histoire d'Absalom * et sa révolte contre la nature, * tu n'ignores pas ses abominations * allant jusqu'à souiller la couche de son père; * et tu imites cependant, ô mon âme, ses désirs * et ses élans vers le plaisir.

Ta dignité, ta liberté, * tu l'as rendue esclave de ton corps; * ayant trouvé en l'ennemi un autre Achitophel, * tu as suivi ses conseils, mais le Christ les a détruits * afin de te sauver.

Plein de grâce et de savoir, * l'admirable Salomon * s'est éloigné de Dieu, faisant le mal à ses yeux; * et toi-même, ô mon âme, par ta maudite vie * tu as pris modèle sur lui.

Entraîné par les plaisirs, * avili par les passions, * l'amant de la sagesse courtisa les débauchées, * il s'éloigna de Dieu, et tu as suivi son chemin, * dans la honte des passions.

Emule de Roboam * qui dédaigna le conseil paternel, * tu as suivi également l'ancienne apostasie * de Jéroboam, ce perfide serviteur; * ne les imite plus, mais crie au Seigneur: * Aie pitié de moi, pécheur.

Par tes impuretés * tu as suivi la voie d'Achab, * devenant le réceptacle des charnelles abjections * et le vase ignoble des honteuses passions, * mais gémis du fond du cœur * en confessant ta faute au Seigneur.

Elie fit foudroyer, par deux fois, * cinquante hommes d'Ochozias, * après avoir détruit les prophètes de Jézabel * pour confondre Achab; * ne les imite pas, mais crie au Seigneur: * Aie pitié de moi, pécheur.

Le ciel se ferme pour toi * et la famine envoyée par Dieu * te saisit, tel Achab, qui n'a pas ajouté foi * aux avertissements d'Elie de Thesbé. * Imite plutôt la veuve de Sarepta * en accueillant les envoyés de Dieu.

De plein gré tu as accumulé, * ô mon âme, les transgressions de Manassé; * érigeant sur l'autel l'abomination de tes passions, * multipliant les actions qui déplaisent au Seigneur; * imite donc sa conversion * en acquérant la componction.

Je me prosterne devant toi * et je t'apporte comme larmes ma confession: * plus que la Courtisane j'ai failli, * plus que tout homme sur terre j'ai péché, * mais de ta créature, * Seigneur, prends pitié, * à ton bercail rappelle-moi.

De ton icône j'ai terni la splendeur, * j'ai transgressé ta Loi, * ma beauté s'est flétrie au souffle des passions, * ma lampe ne brûle plus, mais donne-moi, Sauveur, * avec ta grâce, la joie, * comme le chante David.

Fais pénitence, reviens vers le Seigneur, * découvre-lui tes secrètes pensées, * dis à Dieu qui lit dans les cœurs: * Toi seul, Sauveur, tu connais mes secrets, * mais comme le chante David, * aie pitié de moi, Seigneur, en ta bonté.

Comme au sortir d'un rêve,* mes jours se sont évanouis; * aussi je pleure, comme le fit Ezéchias, * pour que soient prolongés les années de ma vie; * mais quel autre Isaïe, ô mon âme, t'assistera, * si ce n'est le Dieu très-haut?

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Ayant imploré le secours * de la sainte Mère de Dieu, * tu as détourné la violence des passions * et t'es mise à l'abri des ruses de l'ennemi: * à moi qui suis ton serviteur * porte secours en l'affliction.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Celui que tu as tant désiré, * dont tu as suivi les pas, * t'a conduite et soutenue dans la voie du repentir; * ce Dieu compatissant, sans cesse implore-le, * pour qu'il nous délivre des passions * et nous sauve de tout danger.

Saint André de Crète, intercède pour nous.

Sur le rocher de la foi * affermis mon cœur, ô Père saint; * de la crainte de Dieu entoure-moi, saint André, * accorde-moi, je t'en prie, la grâce du repentir * et sauve-moi de l'ennemi * qui voudrait me prendre à son filet.

Gloire: Unique et indivise Trinité, * consubstantielle Unité, * Lumière aux trois rayons, * Source unique et triple Sainteté, * je te chante et glorifie, * Source de vie et Dieu de tous.

Maintenant: Nous te chantons, nous te bénissons, * devant toi nous nous prosternons, * ô Mère de Dieu, car tu as enfanté * l'Un de la sainte Trinité, ton Fils et ton Dieu, * entrouvrant pour nous * sur la terre le ciel.


Ode 8t. 8

Le Roi de gloire éternel * devant qui tremblent les puissances des cieux * et frémissent tous les Anges de Dieu, * prêtres, louez-le, * peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Saints Apôtres du Christ, intercédez pour nous.

Braises du feu immatériel, * brûlez mes charnelles passions, * saints Apôtres, en me communiquant * l'ardente flamme de la divine charité.

Vénérons les trompettes retentissantes du Verbe * grâce auxquelles se sont effondrés * les remparts instables de l'ennemi * et furent fixés les jalons de la connaissance de Dieu.

Apôtres du Seigneur, vrais temples de sainteté, * en mon âme brisez l'idole des passions, * vous qui jadis avez brisé* les temples et les stèles de l'ennemi.

Théotokion: Tu logeas celui qui par nature est infini, * tu portas celui qui porte l'univers, * tu allaitas le nourricier de toute chair, * Vierge pure, en enfantant le Christ, cette source de vie.*

Saints Apôtres du Christ, * c'est en l'art de l'Esprit que vous avez édifié * l'Eglise en sa totalité: * en elle vous bénissez le Christ dans les siècles.

Ayant claironné leurs enseignements, * les Apôtres ont fait crouler l'idolâtrie, * chassant l'erreur au son de leur voix, * pour exalter le Christ dans les siècles.

Saints Apôtres du Seigneur, * protecteurs du monde et citoyens des cieux,* délivrez de tout danger * ceux qui chantent votre louange sans fin.

Gloire: Divin Seigneur brillant comme triple soleil * et partageant la gloire d'un même trône royal, * Père, Fils et saint Esprit, * je te chante dans tous les siècles.

Maintenant: Comme le trône élevé, * peuples, chantons sans fin la Mère de Dieu * qui seule après l'enfantement * peut être appelée Vierge et Mère à la fois.

t. 6

Celui que tous les Anges glorifient,* devant qui tremblent les Chérubins * et les Séraphins, * que tout ce qui vit et respire * et toute la création * le chante, le bénisse et l'exalte dans tous les siècles!

J'ai péché: Sauveur, aie pitié, * excite mon âme à se convertir, * accueille mon repentir et fais-moi grâce quand je crie: * Contre toi seul j'ai péché, aie pitié de moi.

Elie, montant le char le feu, * fut emporté sur les ailes des vertus * de-puis la terre jusqu'au ciel: * imite, ô mon âme, son ascension.

Elisée, en recevant jadis * le manteau d'Elie, * obtint double grâce de la part du Seigneur; * mais toi, pauvre âme, tu es bien loin de cette grâce.

Jadis le cours du Jourdain * fut suspendu par Elisée * qui le fendit de part en part, en le frappant du manteau d'Elie; * mais toi, pauvre âme, tu es bien loin de cette grâce.

La Sunamite, en sa bonté, * offrit au Juste l'hospitalité, * mais toi, ô mon âme, tu n'as pas accueilli l'étranger, le pèlerin, * aussi tu pleureras loin de la chambre de l'Epoux.

Pauvre âme, tu as imité * la bassesse de Ghiézi; * au déclin de tes jours renonce à ta cupidité, * pour éviter la géhenne que méritent tes forfaits.

Devenue l'émule d'Ozias, * tu as reçu double lèpre sur ton front, * car tu médites l'infamie et pratiques l'iniquité; * renonce au mal et change tes pensées.

Les Ninivites, tu le sais, * par le sac et la cendre se repentirent devant Dieu,* mais tu n'as pas imité leur sublime conversion * et tu combles la mesure de tous ceux qui ont péché.
Gémissant dans le bourbier, * Jérémie se lamentait jadis, * versant des larmes sur la ville de Sion; * imite ses pleurs et tu seras sauvée.

Des Ninivites prévoyant la conversion, * Jonas s'enfuit jadis vers Tarsis, * car il connaissait d'avance la tendresse de son Dieu, * toujours prêt à revenir sur ses arrêts.

Dans la fosse, le prophète Daniel * ferma la gueule des lions * et les trois jeunes gens éteignirent par leur foi * la fournaise ardente des Chaldéens.

O mon âme, je t'ai montré * tous les modèles de l'ancien Testament: * imite les actions des justes amis de Dieu * et détourne-toi de l'exemple des méchants.

Juste Juge et mon Sauveur, * prends pitié et sauve-moi * du châtiment par le feu, auquel je serai soumis * par un juste jugement; * avant la fin amende-moi par la vertu de pénitence.

Comme le Larron je crie, Seigneur: Souviens-toi; * comme Pierre je pleure amèrement; * comme le Publicain, je crie: Pardonne-moi; * comme la Pécheresse et la Cananéenne: Seigneur, agrée mes pleurs.

Guéris, Sauveur, mon âme vulnérée, * seul médecin, applique-moi le pansement, * avec l'huile et le vin, * les fruits du repentir * et les larmes de componction.

Comme la Cananéenne, je te crie: * Aie pitié de moi, Fils de David; * comme l'Hémorroïsse, je touche ton manteau, * et je pleure comme sur Lazare Marthe et Marie.

Sur ta tête je répands, ô mon Sauveur, * le vase d'albâtre contenant la myrrhe de mes pleurs: * comme la Pécheresse de jadis, * j'implore ta pitié; * exauce ma prière en m'accordant ton pardon.

Bien que nul n'ait offensé ta bonté * comme moi, ô mon Sauveur, * reçois pourtant mon repentir, * mon cri d'amour et de respect: * aie pitié de moi, pécheur.

Sauveur, épargne l'œuvre de tes mains, * bon Pasteur, recherche ta brebis perdue; * du loup ravisseur préserve-moi * et fais de moi l'agneau de ton bercail.

Lorsque tu siégeras pour juger, * ô Christ, lorsque ta gloire resplendira, * oh! quelle crainte à ce moment, * lorsque flambera la fournaise de feu * et que tout homme tremblera * devant ton redoutable tribunal.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Illuminée par la Mère * de la Lumière sans déclin, * tu échappas aux ténèbres des passions; * ayant reçu en toi * la grâce de l'Esprit, * illumine, ô Marie, * les fidèles qui te chantent.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Saint Zosime fut frappé d'étonnement * à la vue de ce miracle nouveau, * car tu devins, ô Marie, * un ange dans la chair; * et, ravi d'admiration, * il glorifiait le Christ dans les siècles.

Saint André de Crète, intercède pour nous.

Toi qui peux parler au Seigneur, * saint André, je te supplie: * par tes saintes prières, affranchis-moi du péché, * pour que je chante ta gloire parmi les Saints.

Bénissons le Seigneur, Père, Fils et saint Esprit.

Père du Verbe Dieu, * Fils coéternel et Verbe du Père intemporel, * Esprit consolateur et créateur de vie, * Trinité sainte, aie pitié de nous.

Maintenant: En ton sang l'Emmanuel* comme de pourpre fut vêtu, * et c'est en toute vérité, ô Vierge immaculée, * que nous honorons ta divine maternité.

Louons, bénissons le Seigneur, prosternons-nous devant lui, * le chantant et l'exaltant dans tous les siècles.

Celui que tous les Anges glorifient,* devant qui tremblent les Chérubins * et les Séraphins, * que tout ce qui vit et respire * et toute la création * le chante, le bénisse et l'exalte dans tous les siècles!

Ode 9

t. 8

A juste titre nous te reconnaissons pour la Mère de Dieu: * par toi nous avons trouvé le salut; * ô Vierge immaculée, * avec les chœurs des Anges nous te magnifions.

Saints Apôtres du Christ, intercédez pour nous.

Vraies sources du flot de salut, * sur mon âme consumée de soif * par la sécheresse du péché, * saints Apôtres, répandez la rosée.

Nageant dans l'abîme de perdition, * me voilà déjà submergé: * Seigneur, tends-moi la main * et sauve-moi comme Pierre sur les flots.

Sels des savoureux enseignements, * asséchez la purulence de mon esprit * et loin de moi chassez, * saints Apôtres, les ténèbres de l'erreur.

Théotokion: Toi qui as enfanté notre Joie, * accorde-moi la componction, * pour que je trouve à l'avenir, * notre Dame, la divine consolation.*

Médiatrice entre la terre et le ciel, * d'âge en âge nous te magnifions, * car en toi demeura corporellement, * ô Vierge, la plénitude de la divinité.

Glorieux Apôtres, tous en chœur, * par des hymnes nous vous magnifions: * vous qui êtes les brillants luminaires du monde entier, * vous en avez chassé les ténèbres de l'erreur.

Dans votre évangélique filet * vous avez pris de mystiques poissons * et sans cesse, Apôtres bienheureux, * vous les conduisez à la table du Christ.

En votre prière devant Dieu, * saints Apôtres, souvenez-vous de nous * et de toute épreuve délivrez * ceux qui vous chantent de tout cœur.

Gloire: Je chante la consubstantielle divinité, * en trois personnes l'unité * du Père, du Fils et de l'Esprit * et l'égale puissance de l'éternelle Trinité.

Maintenant: Vierge et Mère à la fois,* d'âge en âge nous te magnifions, * car tu nous délivras de la malédiction * en enfantant le Seigneur, notre joie.

t. 6
S ans semence tu as conçu, * ineffable est ton enfantement, * ô Mère inépousée: * virginalement * Dieu s'incarne et renouvelle les lois de la «nature; * et selon la vraie foi, * ô Vierge Mère de Dieu, * d'âge en âge nous te magnifions.

Mon âme est vulnérée, * mon corps est languissant, * mon esprit faiblit, * sans force est ma pensée, * la fin est proche, ma vie s'évanouit: * pauvre âme, que feras-tu * quand le Juge viendra * dévoiler tes secrètes actions?

O mon âme, j'ai mis devant toi * les écrits de Moïse concernant la genèse de l'univers * et toutes ses exhortations, * l'histoire des justes et des impies; * tu as imité ces derniers * et non pas les premiers, * car sans cesse tu as péché, * ô mon âme, contre Dieu.

La Loi demeure sans effet, * l'Evangile, sans fruit; * de toute l'Ecriture tu n'as souci, * les Prophètes n'ont plus de pouvoir, * de même que les écrits des élus; * tes blessures, ô mon âme, se sont aggravées, * car tu n'as plus le médecin * qui pourrait les guérir.

Du nouveau Testament * je t'offre les exemples t'invitant, * ô mon âme, à la componction: * des hommes justes inspire-toi, * détourne-toi des pécheurs * et suscite la grâce du Christ * par le jeûne, l'oraison * et la pureté de ta vie.

Le Christ s'est fait petit enfant, * il s'est uni à ma chair * pour accomplir volontairement * toute l'humaine condition * hormis le péché; * il te montre, ô mon âme, * l'exemple et l'image * de sa condescendance inouïe.

Le Christ s'est incarné, * appelant au repentir * les courtisanes et les brigands: * fais pénitence, ô mon âme, * car s'entrouvre déjà la porte du royaume * et nous y sommes devancés * par les pharisiens, les publicains * et les pécheresses repenties.



Le Christ sauva les Mages et rassembla les Bergers, * il appelle au martyre les Enfants innocents, * dans le Temple il glorifie le Vieillard * et la Veuve au déclin de ses jours; * ô mon âme, tu n'as pas imité * les actions de leur vie; * aussi, malheur à toi * qui dois passer en jugement!

Le Seigneur, ayant jeûné * quarante jours dans le désert, * montra son humanité * en éprouvant la faim; * aussi, mon âme, ne sois pas découragée * sous les assauts de l'ennemi: * tu le fouleras aux pieds * par le jeûne et l'oraison.

Le Christ connut la tentation, * le Diable l'éprouva; * il lui montra des cailloux * pour en faire du pain; * sur la montagne il l'emmena * pour lui montrer tous les royaumes de l'univers; * redoute, ô mon âme, ce spectacle: * sois vigilante et prie le Seigneur en tout temps.

Colombe qui hante les solitudes, * une voix retentit dans le désert: * c'est le flambeau précurseur du Christ, * il prêche le repentir; * Hérode et Hérodiade pèchent contre Dieu; * et toi, ô mon âme, veille à ne pas tomber * dans le filet des impies, * mais fais retour vers le Seigneur.

Il habita dans le désert, * le Précurseur de la grâce de Dieu; * la Judée et la Samarie * accoururent à sa voix: * confessant leurs péchés, * ils recevaient le baptême dans la joie; * toi seule, ô mon âme, * tu n'as pas imité leur conversion.

Le mariage est digne d'honneur, sans reproche le lit nuptial, * car le Christ les a bénis * lorsqu'aux noces de Cana, * revêtu de notre chair, * il changea l'eau en vin, * et de ses miracles ce fut le premier * qu'il opéra pour te transformer.

Le Christ a redressé le Paralytique * et lui fit prendre son grabat, * il a ressuscité des morts * le fils de la veuve de Naïm * et le serviteur du centurion; * puis, à la Samaritaine se montrant, * par elle il t'enseigna, ô mon âme, le culte en esprit.

Par la frange de son vêtement * le Christ guérit l'Hémorroïsse; * il purifia les lépreux, * rendit lumière et force aux aveugles et aux boiteux; * et par son verbe il a soigné * les sourds et les muets * et la femme courbée; * à toi, mon âme, il offre aussi le salut.

Les malades sont guéris, * aux pauvres l'Evangile est annoncé * par le Christ et Verbe de Dieu * qui guérit toute infirmité; * il mange à la table des publicains et fréquente les pécheurs; * et, prenant par la main la fille de Jaïre, * il rappelle en son corps le souffle de la vie.

Le Publicain fit son salut, * la Cour-tisane retrouva la chasteté, * mais le superbe Pharisien subissait la condamnation, * car l'un disait: Pardonne-moi, * la seconde: Aie pitié de moi, * mais le troisième se vantait: * Je te rends grâce, ô mon Dieu, * se glorifiant hors de propos.

Zachée était un publicain, * mais il obtint pourtant le salut; * et Simon le Pharisien * murmura sa déception, * quand la Courtisane recevait * la délivrance et le pardon * de celui qui a pouvoir de remettre les péchés; * ô mon âme, empresse-toi * d'obtenir aussi ton pardon.

De la Pécheresse, ô mon âme, * tu n'as pas imité le repentir: * prenant le vase de parfum * et y joignant ses pleurs, * elle en versa le contenu * sur les pieds du Seigneur, * et de ses cheveux elle effaça * la cédule de ses péchés.

O mon âme, tu as su * de quelle malédiction furent l'objet * les villes où le Christ * porta la nouvelle du sa-lut; * n'imite pas leur exemple, * pour éviter leur sort: * en les assimilant à Sodome, * le Maître les jugea dignes de l'enfer.

O mon âme, ne va désespérer, * par la Cananéenne ne te laisse pas devancer, * car tu connais sa grande foi * et la façon dont le Seigneur * par son verbe tout-puissant * a guéri son enfant: * et crie du fond du cœur, * comme elle fit devant le Christ: * Sauve-moi, ô Fils de David.

En ta miséricorde sauve-moi, * aie pitié de moi, Fils de David, * toi qui sauves par ton verbe * les possédés du démon, * laisse tomber sur moi * comme jadis sur le Larron * la tendresse de ta voix: * En vérité, je te le dis, * tu seras avec moi dans le Paradis.




Un larron t'invectivait sur la croix, * l'autre confessa ta divinité; * tous deux cependant * partageaient les mêmes tourments. * Seigneur de toute bonté, * comme à ton fidèle Larron * qui te reconnut comme Dieu, * ouvre-moi l'entrée * de ton royaume glorieux.

La création était saisie d'effroi, * Seigneur, en te voyant sur la croix; * les monts et les rochers * se fendirent de terreur, * la terre s'ébranla * et l'Enfer perdit sa proie; en plein jour la lumière en ténèbres se changea, * ô Jésus, en te voyant crucifié.

N 'exige pas de moi * les dignes fruits du repentir, * car ma force est épuisée, * mais donne-moi toujours * la contrition du cœur * et l'esprit de pauvreté * pour que je puisse, ô mon Sauveur, * te les offrir en sacrifice.

O mon Juge qui me sondes et me connais, * lorsque tu viendras de nouveau * avec les Anges saints * pour juger le monde entier, * de ton regard bienveillant * regarde-moi pour m'épargner * et fais-moi grâce, ô Jésus, * bien que j'aie comblé la mesure du péché.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Tous les Anges dans le ciel * et sur terre les mortels * sont frappés d'admiration * pour ta sublime vie * hors de l'humaine condition: * comme un ange dans la chair * et telle un pur esprit, * tu traversas le Jourdain, * ô Marie, en l'effleurant de tes pas.

Très Sainte Mère de Dieu, intercède pour nous.

Touche le cœur du Créateur * envers les chantres de ton nom, * sainte Mère, afin que, délivrés * de la peine et des dangers * qui font cercle autour de nous * et libérés des tentations, * sans cesse nous puissions * magnifier le Seigneur qui t'a glorifiée.

Saint André de Crète, intercède pour nous.

Pasteur de Crète, saint André, * ô Père trois fois heureux, * intercède sans répit * pour les chantres de ton nom, * afin que soient délivrés * de toute inquiète pensée, * de l'affliction et du péché * ceux qui vénèrent ta mémoire sans fin.

Gloire: Consubstantielle Trinité, * de tes personnes nous chantons l'unité, * glorifiant le Père * et magnifiant le Fils, * nous prosternant devant l'Esprit, * Dieu unique en vérité, * unique et triple vie, * éternelle royauté.

Maintenant: Très-sainte Mère de Dieu, * garde sous ta protection * le peuple chrétien * qui partage royale-ment * ton souverain pouvoir * et triomphe grâce à toi * des assauts de l'ennemi * et de toute tentation.

Et de nouveau l'hirmos: Sans semence tu as conçu, * ineffable est ton enfantement, * ô Mère inépousée: * virginalement * Dieu s'incarne et renouvelle les lois de la nature; * et selon la vraie foi, * ô Vierge Mère de Dieu, * d'âge en âge nous te magnifions.


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