Jean-Serge a écrit :mERCI POUR CE CALENDRIER; je vois que vous faites figurer Euloge de Cordoue parmi les saints. Certes il fut martyrisé par les musulmans en 859 pour avpir accueilli une musulamane convertie... Toutefois, est-on sûr qu'il n'était pas filioquiste? Car l'Espagne est tout de même la terre où est née le Filioque...
Je vous invite à vous reporter à la discussion qu'il y a eu à ce propos sur le fil "les principes que je suis pour le calendrier des saints".
En premier lieu, je suis très sceptique quant au fait que l'Espagne ait été filioquiste. On sait aujourd'hui que les actes du concile de Tolède de 589, où, selon l'Histoire officielle (= oecuméniste), on aurait introduit le
Filioque dans le Credo, ont été falsifiés. Il est probable que le
Filioque ne s'est réellement imposé en Espagne qu'au fur et à mesure que la liturgie romaine (c'est-à-dire en fait la liturgie de Charlemagne, usurpant le nom du rit romain traditionnel) a remplacé la liturgie mozarabe, c'est-à-dire essentiellement au XIème siècle. Il n'est pas bien vu de le dire aujourd'hui, mais la politique de la Papauté était l'élimination du rite mozarabe, qui n'a été sauvé qu'
in extremis par le cardinal Ximenes. On sait aussi par les témoignages des voyageurs du IXème siècle que la chrétienté mozarabe, chrétienté latine isolée dans le monde arabe, s'était rapprochée des autres chrétientés des pays arabophones, et que le calendrier liturgique des diocèses d'Al-Andalus avait introduit bon nombre de saints "orientaux". Je doute fort que les chrétiens de Cordoue aient été des filioquistes papistes anti-byzantins sur le modèle carolingien.
Entre autres, quand bien même cela serait, il faut garder à l'esprit que, malgré les condamnations répétées du Filioque dès que celui-ci fut connu à Jérusalem, les patriarcats orientaux ont adopté le plus longtemps possible une attitude de négociation avec Rome pour maintenir l'unité de l'Eglise - d'autant plus qu'ils savaient qu'il y avait en Occident, y compris sur le siège de Rome, des orthodoxes qui continuaient à lutter contre les innovations doctrinales. Nous pourrions citer par exemple la noble figure du pape Jean VIII, qui répara les folies de Nicolas Ier et mourut en martyr le 16 décembre 882. Le
Filioque ne s'est imposé à Rome qu'en 1014. J'ai donc choisi de ne supprimer les noms du martyrologe romain pour la période antérieure à 1014 que s'il était avéré qu'il s'agissait de personnes qui avaient fait la promotion active de l'une ou l'autre des hérésies finalement adoptées par la Papauté (par conséquent, adieu Paulin d'Aquilée ou Nicolas Ier). En particulier, il m'a paru difficile de ne pas retenir des figures comme Euloge de Cordoue, puisqu'il s'agit tout de même de martyrs qui sont morts dans la communion de l'Eglise orthodoxe!
Je vous rappelle aussi que l'Eglise russe hors frontières n'a pas hésité en 1955 à canoniser Anschaire, l'apôtre de la Scandinavie, mort en 865 et qui exerçait son ministère dans un contexte allemand autrement filioquiste que celui de l'Espagne, ou que le Patriarcat oecuménique a canonisé en 2000 le roi Etienne de Hongrie, mort en 1038, donc une vingtaine d'années après la date à laquelle l'Occident est officiellement devenu filioquiste, mais fondateur de monastères orthodoxes...
Pour le reste, je vous invite à vous reporter au fil "Les principes que je suis dans le calendrier des saints", où vous trouverez des informations complémentaires.