Le calendrier des saints que j'ai rédigé sur le forum homonyme est terminé, complet du 1er janvier au 31 décembre. Il pourra être modifié en fonction de nouvelles glorifications ou pour corriger des erreurs, mais il est désormais fait pour les 365 jours de l'année, et même pour le 29 février.
Vous pouvez le consulter sur le forum "calendrier des saints". Sachez simplement qu'il faut le consulter à l'envers: le calendrier du 1er janvier se trouve à la page 8 du forum, et il faut le lire de bas en haut.
Je me tiens à la disposition des lecteurs qui souhaiteraient me signaler des erreurs, doublets ou omissions.
clôture du calendrier des saints
Modérateur : Auteurs
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Claude le Liseur
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Jean-Serge
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Euloge de Cordoue
mERCI POUR CE CALENDRIER; je vois que vous faites figurer Euloge de Cordoue parmi les saints. Certes il fut martyrisé par les musulmans en 859 pour avpir accueilli une musulamane convertie... Toutefois, est-on sûr qu'il n'était pas filioquiste? Car l'Espagne est tout de même la terre où est née le Filioque...
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.
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Claude le Liseur
- Messages : 4377
- Inscription : mer. 18 juin 2003 15:13
Re: Euloge de Cordoue
Je vous invite à vous reporter à la discussion qu'il y a eu à ce propos sur le fil "les principes que je suis pour le calendrier des saints".Jean-Serge a écrit :mERCI POUR CE CALENDRIER; je vois que vous faites figurer Euloge de Cordoue parmi les saints. Certes il fut martyrisé par les musulmans en 859 pour avpir accueilli une musulamane convertie... Toutefois, est-on sûr qu'il n'était pas filioquiste? Car l'Espagne est tout de même la terre où est née le Filioque...
En premier lieu, je suis très sceptique quant au fait que l'Espagne ait été filioquiste. On sait aujourd'hui que les actes du concile de Tolède de 589, où, selon l'Histoire officielle (= oecuméniste), on aurait introduit le Filioque dans le Credo, ont été falsifiés. Il est probable que le Filioque ne s'est réellement imposé en Espagne qu'au fur et à mesure que la liturgie romaine (c'est-à-dire en fait la liturgie de Charlemagne, usurpant le nom du rit romain traditionnel) a remplacé la liturgie mozarabe, c'est-à-dire essentiellement au XIème siècle. Il n'est pas bien vu de le dire aujourd'hui, mais la politique de la Papauté était l'élimination du rite mozarabe, qui n'a été sauvé qu' in extremis par le cardinal Ximenes. On sait aussi par les témoignages des voyageurs du IXème siècle que la chrétienté mozarabe, chrétienté latine isolée dans le monde arabe, s'était rapprochée des autres chrétientés des pays arabophones, et que le calendrier liturgique des diocèses d'Al-Andalus avait introduit bon nombre de saints "orientaux". Je doute fort que les chrétiens de Cordoue aient été des filioquistes papistes anti-byzantins sur le modèle carolingien.
Entre autres, quand bien même cela serait, il faut garder à l'esprit que, malgré les condamnations répétées du Filioque dès que celui-ci fut connu à Jérusalem, les patriarcats orientaux ont adopté le plus longtemps possible une attitude de négociation avec Rome pour maintenir l'unité de l'Eglise - d'autant plus qu'ils savaient qu'il y avait en Occident, y compris sur le siège de Rome, des orthodoxes qui continuaient à lutter contre les innovations doctrinales. Nous pourrions citer par exemple la noble figure du pape Jean VIII, qui répara les folies de Nicolas Ier et mourut en martyr le 16 décembre 882. Le Filioque ne s'est imposé à Rome qu'en 1014. J'ai donc choisi de ne supprimer les noms du martyrologe romain pour la période antérieure à 1014 que s'il était avéré qu'il s'agissait de personnes qui avaient fait la promotion active de l'une ou l'autre des hérésies finalement adoptées par la Papauté (par conséquent, adieu Paulin d'Aquilée ou Nicolas Ier). En particulier, il m'a paru difficile de ne pas retenir des figures comme Euloge de Cordoue, puisqu'il s'agit tout de même de martyrs qui sont morts dans la communion de l'Eglise orthodoxe!
Je vous rappelle aussi que l'Eglise russe hors frontières n'a pas hésité en 1955 à canoniser Anschaire, l'apôtre de la Scandinavie, mort en 865 et qui exerçait son ministère dans un contexte allemand autrement filioquiste que celui de l'Espagne, ou que le Patriarcat oecuménique a canonisé en 2000 le roi Etienne de Hongrie, mort en 1038, donc une vingtaine d'années après la date à laquelle l'Occident est officiellement devenu filioquiste, mais fondateur de monastères orthodoxes...
Pour le reste, je vous invite à vous reporter au fil "Les principes que je suis dans le calendrier des saints", où vous trouverez des informations complémentaires.
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Jean-Serge
- Messages : 340
- Inscription : mer. 14 juil. 2004 12:19
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Saint Euloge de Cordoue
Merci pour cette précision... J'avais lu votre note complémentaire sur le choix des Saints... en prenant garde à en rayer certains... mais le cas de toute personne venant d'Espagne me paraissait douteux. A ce sujet je viens de visiter le site du Père Andrew Philips qui y a ajouté 2 rubriques traitant de notre sujet.
http://www.orthodoxengland.btinternet.c ... cordob.htm
http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk/oespain.htm
Il vient de publier (en anglais) un texte intéressant sur les Saints d'Espagne : Saint Euloge y figure bien... Ce qu'il dit confirme vos propos... et il évoque aussi une possible falsification des Actes du Concile de Tolède, ce qui avait fait l'objet d'un fil sur ce forum :
viewtopic.php?t=523&start=0
http://www.orthodoxengland.btinternet.c ... cordob.htm
http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk/oespain.htm
Il vient de publier (en anglais) un texte intéressant sur les Saints d'Espagne : Saint Euloge y figure bien... Ce qu'il dit confirme vos propos... et il évoque aussi une possible falsification des Actes du Concile de Tolède, ce qui avait fait l'objet d'un fil sur ce forum :
viewtopic.php?t=523&start=0
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.
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Claude le Liseur
- Messages : 4377
- Inscription : mer. 18 juin 2003 15:13
Merci beaucoup pour le renvoi à l'article du père Philips sur les martyrs de Cordoue. Leur histoire évoque bien des cas semblables dans les vies des nouveaux-martyrs de la Turcocratie.
Il existe un livre très intéressant du professeur Bartolomé Bennassar, Les Chrétiens d'Allah, aux éditions Perrin, qui évoque tous ces cas d'apostasie contrainte de chrétiens convertis de force à l'Islam pour les XVIème et XVIIème siècle à travers les dossiers retrouvés dans les archives de l'Inquisition en Espagne et en Sicile. (A noter que l'Inquisition se contentait en général de prendre note que l'apostasie avait été obtenue par la contrainte et "réconciliait" l'apostat revenu en terre chrétienne; elle faisait preuve d'indulgence pour ce genre de cas.) Le professeur Bennassar analyse aussi bien des cas d'apostasie qui sont la conséquence de la piraterie maghrébine (Alger, Tunis, Salé...) que de la pression ottomane et tatare sur le continent. On retrouve dans son livre, à propos d'une ville comme Alger au XVIIème siècle, toutes les situations évoquées à propos des martyrs de Cordoue ou de ceux de la turcocratie: crypto-christianisme, apostats exécutés pour être retournés à la foi, etc.
A priori, je partageais aussi votre méfiance à l'égard de ces figures de la chrétienté espagnole, mais j'ai de plus en plus l'impression que Charlemagne et son entourage ont essayé d'attribuer aux Wisigoths ce qui venait en fait d'eux-mêmes et que ce n'est pas pour rien qu'ily a eu un tel acharnement contre le rite mozarabe au XIème siècle.
Il existe un livre très intéressant du professeur Bartolomé Bennassar, Les Chrétiens d'Allah, aux éditions Perrin, qui évoque tous ces cas d'apostasie contrainte de chrétiens convertis de force à l'Islam pour les XVIème et XVIIème siècle à travers les dossiers retrouvés dans les archives de l'Inquisition en Espagne et en Sicile. (A noter que l'Inquisition se contentait en général de prendre note que l'apostasie avait été obtenue par la contrainte et "réconciliait" l'apostat revenu en terre chrétienne; elle faisait preuve d'indulgence pour ce genre de cas.) Le professeur Bennassar analyse aussi bien des cas d'apostasie qui sont la conséquence de la piraterie maghrébine (Alger, Tunis, Salé...) que de la pression ottomane et tatare sur le continent. On retrouve dans son livre, à propos d'une ville comme Alger au XVIIème siècle, toutes les situations évoquées à propos des martyrs de Cordoue ou de ceux de la turcocratie: crypto-christianisme, apostats exécutés pour être retournés à la foi, etc.
A priori, je partageais aussi votre méfiance à l'égard de ces figures de la chrétienté espagnole, mais j'ai de plus en plus l'impression que Charlemagne et son entourage ont essayé d'attribuer aux Wisigoths ce qui venait en fait d'eux-mêmes et que ce n'est pas pour rien qu'ily a eu un tel acharnement contre le rite mozarabe au XIème siècle.