A propos de Sophie Rostopchine

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Odysseus
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A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » lun. 04 févr. 2019 16:07

Le père de Sophie Rostopchine était Fédor Rostopchin[/img]e, gouverneur de Moscou en 1812, lorsque Napoléon vint dans cette ville pour, selon les dires de Fédor Rostopchine, se faire couronner Empereur d'Orient et d' Occident..

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Claude le Liseur
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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Claude le Liseur » lun. 04 févr. 2019 18:46

Odysseus a écrit :
lun. 04 févr. 2019 16:07
Le père de Sophie Rostopchine était Fédor Rostopchin[/img]e, gouverneur de Moscou en 1812, lorsque Napoléon vint dans cette ville pour, selon les dires de Fédor Rostopchine, se faire couronner Empereur d'Orient et d' Occident..


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Odysseus
Ce pauvre Napoléon n'avait pas d'autre objectif que de contraindre Alexandre Ier Pavlovitch à respecter les engagements contractés à Tilsit en 1807 et à remettre en vigueur le blocus continental contre la perfide Albion.
Maintenant, que penser d'un "stratège" qui marche sur Moscou pour faire pression sur un gouvernement installé à Saint-Pétersbourg?

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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » mer. 06 févr. 2019 0:37

Que fut réellement le Traité de Tilsitt qui vit Napoléon s'intéresser aux îles ionniennes, aux provinces de de Moldavie et de Malachie ?

Officiellement on se mit d'accord pour ne plus voir de cotonades anglaises sur le continent. Et on scella en raison de la dangerosité des cotonades, une alliance militaire.

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Entrevue de Napoléon Ier et d'Alexandre Ier sur le Niemen[1]. 25 juin 1807, Adolphe Roehn (1780–1867), musée de l'Histoire de France (Versailles).(wikipedia)

Pourtant en 1812, le Tsar se moquait ouvertement de l'Emprreur car une barque de cotonades anglaises avait débarqué sur le continent, Napoléon en aurait été informé. Aussitôt, rassembla-t-il 250.000 soldats français et 250.000 soldats étrangers (Allemands, Tchèques, Slovaques, Polonais, Croates, Autrichiens, Prussiens). Et en avant toutes: Moscou ! Il faut punir ce parjure.

la légende est belle.

Mais quelle fut la cause réelle de cette virée de Napoléon à Moscou ? Qui le sait ?

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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » mer. 06 févr. 2019 19:20

Et donc arrivés à Moscou, tout ce joli monde s'installa. Le capitaine Coignet, le légionnaire attaché à la personne de l'Empereur se logea chez les Galitzine (les cousins des Rostopchine) qui parlaient français.. Ils avaient mis en sûreté leurs 4 beaux chevaux, qui servaient à atteler leur carosse d'apparat. Lse Galitzine avaient mis de la paille plein l'escalier qui conduisait à leur cave et là, ils avaient remisé ces beaux chevaux. Quant à Sophie Rostopchine, elle avait environ 13 ans quand Napoléon arriva à Moscou..

Que se passa-t-il à Moscou ? Tolstoï rapporte que Napoléon s'installa dans l'Eglise de l'Annonciation, après avoir "laïcisé" la forteresse.
Un certain nombre de soldats quant à eux, faisaient main basse sur quantité d'objets précieux. Ces pillages furent sûrement la cause de l'incendie de Moscou.

Image
Par Unknown German — [1], Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=395054

Arrivé le 14 septembre dans Moscou, Napoléon, voyant les incendies menacer le Kremlin, se retira du 16 au 18 septembre dans un château des environs, puis il revint au Kremlin pour attendre la reddition du Tsar. Ses soldats firent le sac de Moscou. Son Armée fut obligé d'abandonner la Ville à parir du 18 octobre / 23 octobre car l'hiver approchait, la soumission du Tsar ne venait pas et les incendies se multipliaient toujours.
(selon Wikipedia)
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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » ven. 08 févr. 2019 0:20

Donc là partir du 18 octobre, la Grande Armée quitte Moscou. Tous les fourgons remplis des produits du sac de la Ville sortirent en tête. Le capitaine Coignet, dans ses mémoires, rapporte qu'ils formaient une file de 12 lieues environ.

Napoléon marchait à la tête de son armée et avait le légionnaire Coignet à ses côtés ainsi que les généraux de son Etat-Major dont le général Philippe de Ségur.

A partir du 23 novembre, le temps tourna au froid. Aussi l'avancée de la Grand Armée fut-elle rendue beaucoup plus difficile, d'autant que les cosaques étaient proches et harcelaient les troupes.

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Le 25 novembre, Napoléon à la tête d'un corps d'armée de 50.000 hommes se trouva devant la Bérézina. Fleuve dont tous les ponts avient été détruits par l'Armée russe. Il confia la mission de construire 3 ponts aux soldats du génie. Ce qui leur coûta la vie, en raison du froid et de la malnutrition qui régnait dans la Grande Armée. La traversée de la Bérézina fut un véritable drame, en raison du froid et des corps de cosaques qui se montraient particulièrement offensifs.

Le 27 novembre, Napoléon envoya son grognard Coignet porter un message au général Lapécède qui dirigeait le convoi des fourgons. Ce convoi était à hauteur de Vilna. A la suite de quoi, le général Lapécède dirigea la plus grande partie de ses fourgons dans un lac près de Vilna pour les immerger puis il rejoignit Napoléon.

Arrivé auprès de Napoléon, celui-ci lui annonça que Paris courrait le risque d'un coup d'Etat. "Je dois partir au plus vite !" annonça-t-il. Il fila donc, avec, semble-t-il, le général de Ségur dans sa petite escorte. Il arriva à Paris quelques semaines plus tard.

Mais la Grande Armée : que devint-elle ? Un froid intense régnait. Les Cosaques étaient très présents. Pourquoi les chefs qui restèrent avec la Grande Armée ne prirent-ils pas le décision de sauver la vie de leurs soldats, à tout prix ? Fût-ce au prix d'un marchandage ? A cette heure, personne ne le sait. Les historens pensent que, sur les 500.000 hommes qui partirent environ 70.000 soldats revinrent de cette campagne de Russie.

Bien loin de là et en d'autres temps, Vercingétorix, roi des Arvèrnes, s'était rendu à César afin que ses soldats aient la vie sauve. Mais l'Empereur des Français était, à cette heure, beaucoup plus préoccupé par le sort de la France. .

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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » ven. 08 févr. 2019 16:19

La retraite de Russie ne fut pas seulement une déroute militaire, elle fut surtout une déroute morale.
Les soldats ne reconnaissaient plus le lien de subordination qui les liaient à leurs chefs tant les questions de survie étaient devenues difficiles.
Comme la venues des armées étrangères sur le sol russe comme sur le sol espagnol ou italien n'étaient fondées sur aucun motif valable et sérieux,
les populations se sentaient agressées par ces soldats qui arrivaient chez eux et qui vivaient de rapines et de pillages.

Lors de la retraite de Russie, la paysannerie était fondamentalement hostile à ces soldats présents sans raison dans leur pays.
Aussi, l'approvisionnement de l'Armée était-il très difficile.

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Le Capitaine Coignet signale dans ses mémoires que les soldats de la Grande Armée lors de la Retraite n'avaient plus rien de civilisé en eux au moment de la Bérézina et après.
Thomas Hippler. dans son texte : "Les soldats allemands dans l’armée napoléonienne d’après leurs autobiographies : micro-républicanisme et décivilisation" signale que l'Armée n'était plus constituée que de bandes qui obéïssaient chacune à son chef et que le principe de l'acquisition était le vol.
https://journals.openedition.org/ahrf/9223

Une déroute militaire bien sûr ;
mais surtout une déroute morale.


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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » ven. 08 févr. 2019 20:42

Donc, après les 100 jours et Waterloo, les ne veulent plus voir l'Usurpateur sur le trône de France.
Louis-Philippe devient roi de France et en 1817, c'est le congrès de Vienne auquel participent Rostopchine et le Tsar Alexandre 1Er.
Ce congrès fera régner la paix en Europe jusqu'en 1870.

En 1818, Fedor Rostophine est à Paris, où il s'installe pour quelques temps avec ses huit enfants.
Sophie est le troisième enfant de Fédor Rostopchine, elle est née le 1er août 1799 et a pour parrain le Tsar Paul 1er.

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Sophie a donc vécu en Russie ses premières années, soit de 1799 à 1817. Elle parlait cinq langues couramment, car elle avait été élevée selon la tradition aristocratique en vigueur en Russie. Elle parlait français comme d'ailleurs sa cousine Marie Galitzine..

Donc, à partir de 1817, Fédor Rostopchine est à Paris avec sa famille.
Il est probable quil ait vécu qualques temps à Paris, après sa participation au Congrès de Vienne, pour construire de façon pratique, une paix durable avec les Français.
Son séjour dure jusqu'en 1825, date à laquelle il rentre à Moscou pour y mourir l'année suivante.

En 1820, sa fille Sophie épousa Eugène de Ségur, qu'elle avait rencontré par l'intermédiaire de Marie Swétchine.
Avant et durant la cérémonie, le haut clergé ne fut pas trop regardant sur la vie présente d'Eugène de Ségur,

Sûrement consulté sur ce cas : l'évêque aurait (probablement) répondu :
"Le gouvernement m'a passé sa fiche : c'est épouvantable. Le père !Comment s'appelle-t-il déjà ? Rosse ton chien ? Prince de Chine ? Je ne sais plus Ah oui ! Rostopchine.... Oh la la ! Mais.. je ne peux rien vous dire....Je n'ai pas eu le temps de la vérifier, mais je crois volontires ce qu'écrivent les fonctionnaires du gouvernement .. ce sont de bons amis ...... Aussi ne vous occupez pas de cela : c'est "politique". Faîtes simplement ce qu'on vous dit. Sans faire de commentaires. Et puis, ne vous faîtes pas de soucis : le gouvernement va distribuer une fiche aux épiciers et aux cafetiers de son quartier. C'est dire la dangerosité de ces "Rosse ton chien" .... "
Ainsi parla (très probablement) l'Evêque aux membres du clergé un peu inquiets et qui allaient officier le 14 juillet 1819 en l'Eglise de la rue Saint Honoré.

Pour calmer tout à fait leurs inquiétudes et leurs craintes, il aurait rajouté (dit-on) : "Non, non ... Nous avons devant nous un énorme travail de reformatage. Encore heureux d'ailleurs que le gouvernement ne nous demande que du reformatage, sinon nous aurions eu des dissonances avec notre doctrine (ndlr : la doctrine dont parle l'Evêque est la doctrine chrétienne) ! Enfin, soit ! Du reformatage ...En plus des épiciers et des cafetiers , je transmettrai sa fiche complète aux membres du gouvernement immergés dans le clergé des paroisses qu'elle pourra fréquenter. Dire qu'ils sont de la chrétienté ? Mais enfin, elle aura ainsi à toute heure du jour un ange gardien qui lui sera très nécessaire... Mais Diable ! Comment allons-nous financer ces anges-gardiens-là ? J'espère que le gouvernement m'octroiera quelques subsides. Ils ont beau ête à la portion congrue, les anges gardiens sont encore hors de prix, par les temps qui courrent ...Elle aura une vie de solitude et de travail, à l'écart de la société .. elle sera relie a DIeu. N'est-mas notre travail que de relier les gens a Dieu ... une vie de forcat ....Bah ! Après tout, Pro Deo nihil obstat.".... .

De fait, cet Eugène prit rapidement l'habitude de ne venir trouver sa femme que le week end et en profiter pour lui demander de l'argent..
Beaucoup espéraient pourtant, lors de cette cérémonie, une nouvelle aube dans les relations entre la France et la Russie.

Deux biographies de Sophie Rostopchine :

Ghislain de Diesbach, La Comtesse de Ségur, née Rostopchine, éd. Perrin, Paris, 1999, 360 p
Hortense Dufour, La comtesse de Ségur, née Rostopchine, éd. Flammarion, Paris, 2000, 688 p.

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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » sam. 09 févr. 2019 17:34


Sophie Rostopchine n'a guère été heureuse avec Eugène de Ségur.
Lui ne venait chez la "Mère Gigogne" qu'à l' occasion des dimanches et pour lui soutirer de l'argent.
Et la famille Rostopchine n'en pouvait plus de voir arriver ces perpétuelles demandes.
"Mais que font-ils avec tout cet argent qu'on leur envoie ?" se demanda un jour sa cousine, Marie Galitzine.

Il semble que Sophie avait été mise dans une situation de dépendance à l'égard des Ségur.
Hortense Dufour rapporte ce mot qu'elle eut un jour pour Eugène :
"Eugène, comme vous avez les yeux jaunes ! Si je m'en étais aperçu avant de vous connaître, je ne vous aurais jamais épousé."

Par ailleurs, Sophie Rostopchine tenait les salons parisiens pour des réunions d'imbéciles.
Aussi, de la situation singulière qu'on lui avait taillée et dans laquelle elle vécut pratiquement toute sa vie,
Sophie avait conçu une très forte inimitié pour son père, qu'elle tenait pour responsable de sa situation et de ses maux..

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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » dim. 10 févr. 2019 18:34

Lorsque Sophie Rostopchine s'installa en france pour y vivre avec Eugène de Ségur, le pays avait connu quelques temps auparavant de grands bouleversements. 1789 : la Révolution.

Philippe d'Orléans, le cousin du roi, avait fréquenté (assidûment) des salons où l'on se saoûlait des idées à la mode ...
Il y avait rencontré des gens un peu troubles qui l'avait instruit sur les bienfaits du Parlementarisme. Pourrait-on dire qu'il ait été pratiquement dévoré par le Parlementarisme ? Fort probablement.
Alors, l'ivresse et l'ambition aidant, il s'était mis en tête de gouverner une république en lieu et place de son cousin de roi qui dirigeait, pensait-il, fort mal un Royaume branlant.
Image
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/ ... uselang=fr
"Je serai le Roi des Français et non plus le Roi de France et pourquoi pas ? Peut-être un jour : le Président de tous les Français !" avait-il déclaré à la fin d'un repas un peu arrosé... L'assemblée avait sans doute applaudie devant cette merveilleuse perspective, qui réduisait le sang français à fort oeu de choses ...un peu d'eau peut-être.....
Ce comportement assez insolite pour un Prince de la Maison de Bourbon avait quelque peu étonné. Mais ses visées et son comportements avaitent fait école. D'autant qu'il est fort probable qu'une corne d'abondance favorisait ces importants ...
Au point qu'un beau jour, au Jeu de Paume, c'est tout un cercle de convaincus, nobles de surcroît, qui répondront au sergent de ville venus les déloger : "Nous sommes ici par la volonté du Peuple et nous ne sortirons d'ici que par la force des baïonnettes !".

Voltaire, autre personnage étonnant, avait lui fait un voyage en Angleterre où il avait fort admiré le fonctionnement du Parlement.
Et, comme il n'avait pu obtenir les places qu'il convoîtait, il s'était mis à persifler (fort méchamment) le Royaume des Bourbons.
Comme il avait du talent, sa critique était lue et appréciée. ..
Ainsi conclut-il après avoir conté les avatars et diverses vexations de Candide : "Et donc, tout fut pour le mieux dans le meilleur des mondes".extraordinairecobusiob
C'était méchant.
A sa suite, de nombreux écrivains (Camilloe Desmoulins,) éditèrent des écrits fort enflammés ...

Jean Jacques Rousseau fut également un personnage de cette époque. Le rédacteur du "Contrat Social" avait une prose qui sentait le (dur) labeur de la réflexion scientifique et qui impressiona. Diderot, à sa suite, écrivit une encyclopédie. D'autres s'entichèrent de progrès. Un savant (Mongolfier) fit décoller une mongolfière dans Paris .... Lavoisier s'enticha de chimie, Carnot étudia les cycles etc ...

Bref :dans la société parisienne, il y avait des gens évolués et même très évolués qui tiraient à dia.
L'inconvénient de ce mouvement de "dia", c'est que Philippe d'Orléans ne défendaient pas l'intérêt de la Maison des Bourbons,
que Voltaire diffusait des écrits où perçaient trop souvent la méchanceté,
et que Jean Jacques Rousseau écrivait des âneries sur la société qui n'a jamais eu besoin de contrat pour s'établir en société..
Mais tout ce beau monde qui brassait des idées à la mode et qui s'activaient dans une direction précise - sans peut-être même en discerner l'horizon - bénéficiait de largesses et de facilités insoupçonnées.

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Odysseus
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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » jeu. 14 févr. 2019 22:27

Terminons à propos des changements survenus en France juste avant l'arrivée de Sophie Rostopchine :
Depuis quelques temps déjà, les Français et les françaises étaient soumis à un intense bombardement d'idées nouvelles qui leur arivaient par des livres. Des philosophes écrivaient ....
"Le Léviathan" prétendait ne rien voir de particulièrement divin dans une société d'hommes vivant sous un régime monarchique,
"Gulliver" voyageant dans un pays de Lilliputiens puis de géants faisait des comparaisons subtiles entre la France et sa voisine plus au nord..
"De l'esprit des lois", "L'Emile" etc ...
Toute cette littérature soulevait l'enthousiaste en ce qu'elle promettait la liberté devant les carcans qu'était devenu la Monarchie, etc...

Pour ajouter à cette confusion, la réligion chargée de la distribution du Pain et du Vin, avait été corrompue, et avait perdu l'estime de beaucoup de Français.
Le jansénisme ou le christianisme vu par un négrier, avait cassé l'ascenseur social. Le jansénisme fut la cause de la Révolution.
Cette doctrine (le jansénisme) enseignait à travailler sans relâche pour son propre salut ...
Saluts que seuls certains étaient sûrs d'obtenir !
Conséquence : la société était bloquée et aucun sang neuf ne régénérait donc plus cette noblesse agrippée à ses sacro-saints privilèges.

Pour combler la mesure, le bas clergé avait été réduit à la portion congrue
ce qui ne l'incitait guère à défendre l'harmonie d'une saine distribution et en plus les vues de la monarchie.
Et enfin, la classe noble et la bourgeoisie étalaient tellement de luxe, de facilités et de richesses
que les Français avaient cédé à une jalousie mauvaise.

Et donc, à la veille de la Révolution existaient des gens politiquement actifs, réunis en clubs qui tenaient beaucoup de ficelles entre leurs mains,
quoiqu'ils craignissent encore les foudres du Pouvoir royal.

Hyppolite Taine, dans son livre "Les origines de la France contemporaine" explique par le détail et la logique le mouvement révolutionnaire.
En deux mots, d'abord s'est répandue la Grande Peur qui a fait rentrer tous les Français honnêtes dans leur trou,
Puis des bandes issues des minorités agissantes, sûres de l'impunité, ont conquis un par un les lieux de Pouvoir
et les a transféré en une Assemblée Constituante.

Il ne restait plus qu'à tuer le Roi et liquider la grande et petite noblesse. La fuite à Varenne fera l'affaire et poussera la Noblesse à l'émigration...
Dès lors les idées monarchiques tournant autour d' un pouvoir royal qui protège la Nation et qui tire sa légitimité d'une Distribution présidée par le divin sont remplacées par des idées de république animée par des salons protégeant la liberté, la funeste Egalité et la Fraternisation..

Les Vendéens se révoltèrent sous la conduite du général Charette.
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Après une guerre fratricide (la guerre de Vendée) les comportements anciens sont alors abolis. Et des comportements nouveaux apparaissent, dont Philippe d'Orléans, Voltaire et Jean-Jacques Rousseau (et d'autres ...) sont les initiateurs et précurseurs.
Rapidement, la Révolution de 1789 ayant été accomplie par des Bourgeois, le Français né de la Révolution aura pour le comportement du bourgeois une sorte de fascination (Liberté, Egalité, Fraternité) et pour le Banquier une véritable dévotion...


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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Claude le Liseur » ven. 15 févr. 2019 9:49

Philippe Egalité a préparé la chute de son cousin Louis XVI et a voté sa mort en 1793.
Louis-Philippe a volé la couronne au duc d'Angoulême en 1830.
Henri, "comte de Paris", a fait assassiner l'amiral Darlan en 1942.
Son fils, également prénommé Henri, a abandonné sa femme avec deux enfants lourdement handicapés avant d'intenter un procès à son cousin Louis de Bourbon - adolescent qui venait, en quelques années, de voir mourir son frère et son père - pour lui interdire de porter... son nom de famille! (Brillante plaidoirie du professeur Jean Foyer, ancien ministre de la Justice de l'ère gaullienne, en faveur de Louis de Bourbon, et victoire définitive devant la Cour de cassation).
Il n'y a pas à dire, cette famille a des références solides.

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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » sam. 16 févr. 2019 22:02

C'était une triste famille, nous sommes bien d'accord.
Philippe d'Oléans, le régicide, avait de grands biens. Qu'en a-t-il fait ? Il a mis ses biens en sûreté en Angleterre, pour le cas où, et grâce à des emprunts réalisés auprès du Roi d'Angleterre, il s'est lancé à fond dans l'aventure révolutionnaire. Il espérait remplacer son cousin. Dès octobre 1789, il spécule sur les grains pour provoquer l'émeute..
Le Comité de Sûreté Générale intercepte alors à cette époque une lettre du Roi d' Angleterre qui lui était destiné et qui lui donnait son accord et son soutien pour une spéculation sur les grains.
De là la phobie des révolutionnaires au sujet des agents anglais en France ... Philippe Efalité est compromis dès les premières émeutes de la faim les 5 et 6 octobre 1789. Il semble qu'il ait été cornaqué par son secrétaire qui était un Anglais du nom de Parker-Forth.
En 1793, les révolutionnaires feront un tout de la famille de Bourbon, un tout à destination de la guillotine.
Les révolutionnaires en avaien-ils assez de cette Maison dont le principal acteur écrivait "rien" à toutes les pages de son journal quotidien ? Et de son cousin qui n'était qu'un agent anglais ? Probablement.

La fin de la Monarchie avait été décidée par des décideurs français.

Dans leur idée, le régime monarchique ne pouvait plus s'imposer à l'extérieur. Etait-il déconsidéré depuis que Louis XIV, lors de son différend avec la Maison des Habsbourg, avait obligé l' Armée polonaise à descendre jusqu'à Vienne ? L'Amérique naissante, allait sûrement devenir une grande république, dont ils entendaient garder l'amitié ? Et puis, les Droits de l'Homme, que viennent de rédiger nos philosophes nous aideront à l'extérieur ...

Droits de l'Homme qui sont une sorte de code de la route du monde pneumatique. Droit de penser pour les pions, droit d 'écrire, droit de se réunir, droit de parler, droit de dormir, droit de travailler, etc ... en bref : droit pour les pions de vivre normalement en société et en paix. Les pièces de l'échiquier social ayant baucoup plus de facilités ...

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Re: A propos de Sophie Rostopchine

Message par Odysseus » lun. 18 févr. 2019 23:55

A l'époque où Sophie Rostopchine arrive à Paris, le continent européen avait soudainement évolué. Les Européens avaient été avertis de la présence d'autres mondes vers lesquels ils avaient adressé des explorateurs. Magellan,Chistophe Colomb, Amerigo Vespucci, Jacques Marquette, et bien d'autres ...
Certains de ces explorateurs étaient revenus avec des naturels, afin de tisser des liens ...Avant de monter sur l'échafaud (1793), Louis XVi avait demandé :"A-t-on des nouvelles de M. de la Pérouse ?" Il semble qu'en France des personnages importants aient tenu à visiter le roi de France. Des Africains, me semble-t-il, ainsi que des habitants de Polynésie ou de Nouvelle Calédonie. Un Amérindien également avait visité Versailles. Une conséquence de l'expédition de Jacques Marquette.

Voltaire parle dans un de ces ouvrages (Candide) de la visite d'un Amérindien à Paris et en province., . Il décrit une soirée chez Madame la BAronne de Thunder den Trunk qui a accueilli chez elle un Amérindien : "Nous les convertirons, nous les convertirons ! s'exclama enthouiaste la Baronne de Thunder-den-Trunk, à son entourage. Tous acquiécèrent. Et, sur ce, tous s'en allèrent coucher.".

Voici une relation de la visite d'un chef de la nation des Illinois à Paris.
Le grand Chef des Illinois sort de la famille des Princes Tamaroas, autrefois Souverains de toute cette contrée. Ce Cacique est le fils de celui qui passa en France, avec son cortège, en 1720. Il fut présenté au Roi, qui le décora d’une Médaille avec son portrait. Il y avoit aussi une femme de la nation des Missouris, qu’on appelait la Princesse des Missouris. La Princesse Indienne raconta à ses compatriotes la magnificence qu’elle avoit vu à la Cour de France, où elle avoit été bien accueillie, & comblée de présens.
(Extrait des Nouveaux voyages aux Indes Occidentales de Jean-Bernard Bossu (1720-1792), écrits en 1751-62.)
https://www.qobuz.com/fr-fr/info/editor ... -des174044

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Une photo du chef Sioux Sitting Bull avec sa famille prise en 1881.
Le Missouri, où habitaient les Missouris est juste audessus au nord du territoire des Sioux de la tribu que dirigeait Sitting Bull.

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