par Glicherie » Mer 27 Sep 2006 13:17
Dans le prolongement de l'échange avec Jean-Louis Palierne, voici quelques extraits du livre "Orthodoxie et Occident" de Maxime Kovalevsky, qui est en ligne sur le site de l'ECOF.
Ces extraits sont révélateurs de la méthode employée à la genèse de ce groupe:
Il (P.Eugraph) lui était reproché ensuite "l'organisation sans contrôle de paroisses dans diverses villes françaises sans les soumettre à l'administration canonique...", grief lié au chef d'accusation suivant, celui d'avoir procédé à "la légalisation indépendante des paroisses (...) sans mentionner leur appartenance canonique à l'Eglise orthodoxe russe" du patriarcat de Moscou. On touche là un point délicat. Vu sous l'angle canonique, effectivement il y avait manquement. Toutefois la prudence exigeait de tenir compte du contexte ambiant ("l'économie"). En effet à tort ou à raison mais de fait, un climat de défiance entourait tout ce qui émanait de Russie soviétique, y compris sur le plan religieux. Dans la vision prophétique de la restauration de l'Orthodoxie en Occident, la sagesse commandait donc de retarder quelque peu le moment d'informer avec précision les orthodoxes français, moment qui viendrait inévitablement où pourrait être compris comme conforme à la marche normale des choses, leur rattachement au siège de l'Eglise orthodoxe en Russie, sans que vienne s'y mêler aucune arrière-pensée politique.
Donc création de paroisses où l'on omet de dire aux fidèles qu'ils appartiennent au Patriarcat de Moscou, et dissimulation de ces paroisses audit PM. Cela pour constituer en parallèle une "Eglise de France" qui échappe au rattachement canonique russe, tout en s'y adossant...
Cette constitution d'une Eglise orthodoxe de France était virtuellement inscrite dans le décret de Serge de Moscou qui stipulait : "Les paroisses réunies à l'Eglise orthodoxe et se servant du rite occidental, seront désignées comme "Eglise orthodoxe occidentale". C'était là l'expression d'une vision juste, capable de répondre à la nouveauté du phénomène qui, face à l'Orthodoxie communément connue comme orientale, devait rétablir l'équilibre perdu depuis le Schisme dans l'Eglise orthodoxe qui est universelle. C'était rappeler que la foi n'est pas dogmatiquement liée au rite, effacer la confusion entre le fond et la forme.
Sur le plan pratique cependant, un titre aussi ample que celui d'"Eglise orthodoxe occidentale" était lourd à porter pour une petite formation ecclésiale à peine née. Sans déroger à l'Ordonnance patriarcale, le titre d'"Eglise orthodoxe de France" était plus exact sur le plan canonique. Il était adapté à la territorialité d'une formation ecclésiale appelée à entrer dans le cadre élargi d'un futur ensemble d'expression occidentale. Toutefois, sur ce même plan canonique, ce titre "d'Eglise" faisait indubitablement problème. En effet, à s'en tenir aux règles canoniques et ecclésiologiques, il ne peut y avoir d'Eglise sans évêque. "Là où est l'évêque, là est l'Eglise" (saint Ignace d'Antioche). Or cette Eglise, reconnue comme telle par acte officiel du chef spirituel de la troisième Rome, n'avait pas alors d'évêque à sa tête et devait rester de longues années dans cette situation paradoxale et nouvelle puisque le P. Eugraph, en dépit des demandes instantes et répétées du clergé et des fidèles, ne sera sacré qu'en 1964. On comprend que le phénomène de cette Eglise en devenir ait été déconcertant pour plus d'un, ce qu'exprima en 1950 Mgr Photius[7] en soulignant "la nouveauté du cas". Manifestement, en la circonstance, le patriarche Serge avait obéi à une inspiration prophétique
Rien dans le décret de 1936 n'indique créer une Eglise Occidentale à part, avec son (ou ses plutôt) évêques etc. Non, mais pour les écofiens, cela est VIRTUELLEMENT dedant!
Or, cette décision vise les paroisses REUNIES à l'EGLISE ORTHODOXE, autrement dit les paroisses francophones du PM de rite occidental.
Or, et unilatéralement sans bénédiction, le groupe de P.Eugraph va se dénommer Eglise DE France, soit-disant plus canonique.
Oui mais plus loin, on nous dit que ça pose problème, vue que pour qu'il y ait une Eglise, il faut un évêque, et que là, il n'y en aura pas jusqu'au sacre de Mgr Jean et suit un blabla sur le caractère prophétique.
Or, cela est faux! La réunion des paroisses francophones de l'Exarchat Russe considérée comme "Eglise Occidentale" à bien un évêque, c'est l'Exarque russe en France! P.Eugraph n'a pas été ordonné par le locum tenens patriarcal, que je sache...
Ce groupe est canonique existant au sein de l'Exarchat russe en France, en communion avec l'Eglise Russe.
Or la vérité est tronquée dés le début: on cache aux paroisses francophones qu'elles sont des paroisse de l'Exarcat Russe, on ne les déclare pas audit exarchat, et l'on considére que "l'Eglise Occidentale" doit en fait s'appeler Eglise DE France, qu'elle n'a pas d'évêque puisque P.Eugraph n'est pas sacré....mais tout cela ne figure pas dans l'acte de 1936.