Je crois avoir écrit en toutes lettres :
Rien n'est simpliste dans cette histoire mais il y a beaucoup de souffrance et qui dure.
Donc ne m'accusez pas de n'avoir rien vu, rien compris. Je sais beaucoup plus que je ne dis, beaucoup de choses dont je ne parle pas parce que ce sont les histoires des autres et qu'il ne m'appartient pas de les étaler. J'en ai dit assez sur un autre fil. J'ai fini par me décider au bout de plusieurs mois à répercuter à Glicherie un écho revenu à mes oreilles pour dissiper un malentendu qui le concerne. Je l'ai fait sur ce fil car l'occasion m'en était donnée et je sais que les gens en question le lisent. Point barre.
Mais puisque vous avez l'air de me prendre pour une oie blanche, je vous rassure : j'ai soulevé les jupons de l'ECOF et j'ai vu qu'elle avait quelques dessous d'une propreté douteuse. Ou plus exactement, je sais à peu près qui a fait quoi, y compris dans l'ordre financier. Mais je me demande aussi quelle Eglise résisterait à l'examen si on faisait la liste de tous les pécheurs notoires ou secrets qu'elle a un jour abrités et de leurs turpitudes. J'ai lu sur ce forum même d'autres douleurs et d'autres questionnements. J'ai eu par ailleurs quelques échos d'amis du milieu diplomatique et/ou politique et j'en ai appris de belles sur d'autres instances orthodoxes dans le monde et d'autres personnages. Et alors ?
J'ai aussi des notions d'histoire de l'Eglise et c'est plus souvent celle des violences, des lâchetés, des péchés humains trop humains qu'une exposition d'icônes et de vitraux.
Ce qui me transperce, m'ébahit, me jette face contre terre, c'est que Dieu malgré tout cela n'abandonne pas la partie et que l'Eglise reste en même temps et au travers de la liturgie une réalité divino humaine, corps du Christ, interface par quoi l'humanité est travaillée dans ses ultimes profondeurs.
A l'ECOF d'avant 93, ne vous déplaise, j'ai vu les deux. L'abîme des turpitudes et les eaux de feu de l'amour divin.
Séduction ? Il y a plus confortable pour séduire !
Après, j'ai vu progressivement se vider de la Présence, se cliver... Rien n'a été simple et j'avais assez le sens de mes responsabilités pour que l'interrogation soit quotidienne. Comment pouvez vous croire un instant que j'aie pu côtoyer la douleur sans la partager ?
Pourtant, j'essaie aussi d'être juste. Il y a eu beaucoup de souffrance, il y en a encore mais il y a eu aussi joie et prière, transmission théologique. L'ECOF a aussi par delà tout ce tragique dont vous parlez joué un rôle de sas vers l'orthodoxie, non négligeable.
Vous dites y avoir passé peu de temps. Moi, j'y ai passé beaucoup de temps, assez pour en voir à peu près toutes les facettes.
Bon, vous me faites me déboutonner et j'ai horreur de ça, j'arrête.