14 octobre: sainte Paraschève de Jassy

Reproductions d'icônes

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Claude le Liseur
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14 octobre: sainte Paraschève de Jassy

Message par Claude le Liseur »

Bien qu'ayant passé l'essentiel de sa vie terrestre dans la région de Constantinople, sainte Paraschève (Parasecheva, Petka, Vineri, Vendredi, Paraskevi, etc.) est considérée comme la protectrice principale de la Moldavie depuis que le voïvode Basile Lupu fit transférer ses saintes reliques à Jassy en 1641.

La semaine dernière, le pélerinage à l'occasion de sa fête a vu un million de personnes défiler dans la cathédrale métropolitaine de Jassy devant ses reliques en trois jours.

Voici une photo d'une fresque qui raconte la vie de sainte Paraschève et le transfert de ses reliques à Jassy (photo prise à l'intérieur de l'église des Trois Saints Hiérarques à Jassy le 28 août 2003). Cette fresque est assez originale parce qu'elle a été faite à la fin du XIXème siècle par des élèves roumains du peintre français Puvis de Chavannes qui voulaient revivifier le style byzantin traditionnel par le style de Puvis de Chavannes. On peut aimer ou pas. Pour ma part, j'ai trouvé cela très réussi et j'ai aimé.


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Jeanne Saint Gilles
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Une folle en Christ?

Message par Jeanne Saint Gilles »

Le site Nominis donne la notice bigraphique suivante de Sainte Petka. Cela correspond-il au Fol en Christ?

"Une des saintes les plus populaires en Roumanie et en Bulgarie. Elle s'était enfuie de la Thrace, son pays, en désaccord avec ses parents. Elle donnait aux pauvres les jolies robes que ses parents lui achetaient, les échangeant contre les haillons des mendiants. Son père courut après elle pendant dix ans. Il la retrouva enfin à Jérusalem, mais elle venait de partir la veille. Elle retourna à Constantinople et gagna enfin Caricatia en Turquie. Son père découvrir son refuge deux ans après. Elle venait de mourir et déjà les pèlerins accouraient sur son tombeau"
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

Oui, Jeanne, il s'agit de la même personne.

Jeanne Saint Gilles
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Message par Jeanne Saint Gilles »

Je demandais s'il s'agissait d'une folle en christ comme Sainte Pélagie...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

Je n'en ai jamais entendu parler comme d'une folle-en-Christ. Elle n'a pas simulé la folie pour le Christ.

C'était plutôt une ascète, une solitaire. Le fait d'avoir donné ses vêtements aux pauvres rappelle le geste de saint Martin de Tours partageant son manteau avec un pauvre lorsqu'il était encore soldat à Amiens.

Sainte Paraschève fait partie (un peu comme saint Claude de Besançon) de ces saints dont la renommée posthume est très grande (par les miracles accomplis par leurs reliques), alors que l'on connaît peu de choses de leur biographie.

J'ai trouvé une notice plus substantielle dans le synaxaire transylvain du diacre Pierre David (Alba Iulia 1998) et je vais voir si je peux la traduire et la résumer.

Disons déjà que ce synaxaire est le seul à donner les dates de la vie terrestre de cette sainte: 1025-1050.

Les reliques sont arrivées à Jassy le 13 juillet 1641 et sont restées dans la célébrissime église des Trois Saints Hiérarques (où a été prise la photo qui figure sur ce fil) jusqu'en 1916. On les a ensuite évacuées en Ukraine à cause des menaces de profanation de la part des Allemands et des Austro-Hongrois pendant la première Guerre mondiale. Elles ont été transférées à la cathédrale métropolitaine de Jassy en 1922, puis évacuées à Bucarest (cette fois-ci à cause du danger de profanation de la part des Soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale) de 1942 à 1945 et ont retrouvé leur place à la cathédrale métropolitaine de Jassy depuis la fin de la guerre en 1945.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

Résumé de la vie de sainte Paraschève de Jassy d'après Caută şi vei afla..., synaxaire transylvain écrit par le diacre Pierre David, Editions de l'Archevêché d'Alba Iulia, Alba Iulia 1998, pp. 561-568.

Elle est née en 1025 à Epivate en Thrace, dans une famille riche. Sa mère s'appelait Sophie et son frère aîné, Epiphane, fut moine au monastère des Blachernes à Constantinople puis évêque en Thrace. Dans son adolescence se situe un épisode semblable à une anecdote connue de la vie de saint Martin de Tours: pendant un hiver, elle distribua ses vêtements à des nécessiteux, et son père le prit mal et la punit. A 18 ans, la nuit qui précédait la célébration de son mariage que son père avait arrangé pour elle, elle s'enfuit en barque à Constantinople avec d'autres jeunes gens aspirant à l'ascèse. Elle vécut ensuite dans l'ascèse à Constantinople et environs (peut-être sur l'île de Halki) et en Palestine, avant d'entrer dans un couvent d'Héraclée du Pont, où elle acquit en plus des connaissances de médecine. En 1048, elle repartit pour Jérusalem. Elle apprit par un songe la mort de sa mère qui l'avait toujours soutenue dans ses aspirations à la philanthropie et à l'ascèse. Elle retourna dans la région de Constantinople, fit un bref séjour dans sa ville natale, qu'elle décida de fuir pour ne pas retourner dans le monde, car beaucoup de gens se souvenaient d'elle et voulaient qu'elle vive de nouveau parmi eux, et mourut le 14 octobre 1050 sur le bateau qui l'amenait à Constantinople. Elle fut d'abord enterrée à Callicrateia.
Cette version qui figure dans le synaxaire roumain diffère sur quelques points de celle du synaxaire français du père Macaire: mention d'un séjour dans un couvent à Héraclée du Pont, et pas seulement auprès d'une église de cette ville, et mort sur le bateau. Callicrateia n'est mentionnée dans le synaxaire translyvain que comme le lieu où la sainte fut enterrée, mais c'était peut-être l'endroit où elle avait mené la vie érémitique avant son bref retour à Epivate qui n'est pas mentionné dans la version retenue par le synaxaire français.
Elle était particulièrement rigoureuse dans ses jeûnes, et peut-être que Paraschève n'était pas son vrai prénom, mais un surnom donné à cause de son jeûne total de chaque vendredi (paraskevi = vendredi en grec; on l'appelait aussi Vineri en Roumanie).
Son corps fut transféré en l'église des Saints-Apôtres à Constantinople, puis à Jassy sous le règne de Basile Lupu comme voïvode de Moldavie et l'épiscopat de Varlaam comme métropolite de Moldavie. Le sultan turc Mourad IV n'autorisa la translation des saintes reliques que sur la demande du patriarche oecuménique et contre paiement de 300 bourses d'or par le voïvode.
Sainte Paraschève, parfois considérée comme la protectrice des Balkans, est l'illustration de la cité de Jassy et une des figures les plus chères au peuple orthodoxe: la fête de la sainte a en cette année 2004 attiré un million de pélerins en trois jours.

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