"Célébration Oecuménique"

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Yiannis
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Re: Qui y était?

Message par Yiannis »

Yiannis a écrit :Il y avait donc le Métropolite Emmanuel, Mgr Josiph (roumain). Le diacre est du Patriarcat de Moscou et officie à la paroisse Notre Dame Joie des Affligées, le prêtre célébrant, de l'Exarchat russe (la rue Daru). J'ai aussi reconnu d'autres prêtres du dit exarchat... dont le responsable de l'oecuménisme.
Je pense que par cette dernière phrase vous entendez le père Boris Bobrinskoi...

Jeanne Saint Gilles
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Les présents et les absents

Message par Jeanne Saint Gilles »

Le Père Boris n'était pas présent et que je sache n'est pas en charge de l'oecuménisme pour l'Exarchat... Il s'agit du Père Evdokimov (fils) qui a en charge de l'oecuménisme et dont la présence allait soi... Il y avait d'ailleurs le prêtre catholique en charge de l'oecuménisme aussi que j'avais aperçu à une autre occasion...

Je voulais simplement indiqué le carcatère multirjuridictionnel de la chose : Constantinople, Moscou, les Roumains.... Ce sont ceux que j'ai reconnu...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Jeanne Saint Gilles
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Semaine pour l'Unité des Chrétien

Message par Jeanne Saint Gilles »

Et oui, c'est semaine pour l'Unité des Chrétiens, avec son lot de célébrations oecuméniques... Il en a pour tous les goûts.

http://fr.groups.yahoo.com/group/orthod ... ssage/1482

Mercredi 19 janvier, à 19 heures, à Louveciennes, dans la paroisse Saint Germain et saint Cloud, office d’action de grâces suivi d’un vin d’honneur en présence des prêtres catholiques et de pasteurs. Renseignements : pma.costa@9online.fr (tél. : 0660204164).

Mercredi 19 janvier à 20h30, veillée œcuménique à Issy-les-Moulineaux. Elle est préparée, cette année, par les protestants réformés, dont le temple se trouve 18, rue Marceau à Issy-les-Moulineaux, le pasteur Enrico Benedetto présidera le culte.

Vendredi 21 janvier, à 20h30, dans l’église Saint Germain des prés (6e), veillée de prière avec la chorale de l’église réformée du Luxembourg ; la chorale Saint Silouane de la paroisse orthodoxe Sainte Geneviève et sainte Parascève, sous la direction d’Ibrahim Issid ; le petit chœur de Saint Germain des prés.

La prière œcuménique régionale pour l’Ile-de-France aura lieu le dimanche 23 janvier à 17h, au Temple luthérien des Billettes, 24 rue des Archives, Paris 4e (M° Hotel-de-Ville). Le thème sera : Christ, unique fondement de l’Église. La prière sera co-présidée par le révérend Houghton (anglican), Mgr Nakachian (arménien apostolique), le pasteur Jornod (baptiste), Mgr Mariot (catholique), le pasteur Robert (luthérien), Mgr Gabriel (orthodoxe) et le pasteur Tenreiro (réformé). Rencontre entre jeunes chrétiens (orthodoxes, protestants, catholiques) de 18 h 30 à 21 h sur le thème : Le Christ peut-il vivre en moi ? (Repas tiré du sac)
______________________________________________________________

A ce sujet, une question aux membres des juridictions roumaines : vous semblent-ils que l'Eglise roumaine en matière d'oecuménisme délire à la façon phanao-antiochienne. Je suis un peu inquiète car je vois sur le site www.orthodoxesaparis.org, dans les photos, un séjour à Chevetogne (ce monastère catholique pratiquant les 2 rites) avec Mgr Jossif qui, par ailleurs était aux Vêpres de Notre Dame. Y a-t-il un courant oecuméniste ou s'agit-il de simples amabilités pour remercier l'Eglise catholique de mettre à disposition la crypte de Saint Sulpice?
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Perle
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Etre expressif en priere n'est jamais un peche!

Message par Perle »

Etre expressif ds la priere est une elevation de l'ame vers son Dieu tant aime...et faire preuve d'originalite en ce sens ne peut que demontrer plus d'ouverture et de volonte a vouloir aimer encore plus, notre Dieu eternel, le tres haut. Ressentir une effusion de joie pour celui qui nous sauve si genereusement, n'est pourtant pas chose sale ou irreverencieuse ou percue comme une heresie, alors la je suis pas d'accord!
Une assemblee oeucumenique est un rassemblement de fideles toutes dimensions comprises qui veulent saluer l'essentiel de la foi vecue, meme si elle est professee de differentes manieres. Que l'on soit Orthodoxe, Catholique, Protestant etc...nous communions tous a cette echange qui nous rassemble par la Parole sainte de Dieu...qui nous demande de nous aimer les uns les autres comme nous meme nous nous aimons. Des rassemblements comme ceux-la sont plutot louables, vous ne trouvez pas?
Alors vive la fraternite qui nous unis a la Parole de Dieu, plutot!

hilaire
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Message par hilaire »

jeanne Saint gilles a dit:

Mercredi 19 janvier, à 19 heures, à Louveciennes, dans la paroisse Saint Germain et saint Cloud, office d’action de grâces suivi d’un vin d’honneur en présence des prêtres catholiques et de pasteurs. Renseignements : pma.costa@9online.fr (tél. : 0660204164).

dans le feuillet Saint Jean Cassien de la métropole (http://www.mitropolia-paris.ro/content/fsjc/200.fr.pdf) on peut lire en page 4:

LOUVECIENNES
19.01.2005
Semaine de l’unité des chrétiens : action de grâces dans la paroisse de Louveciennes
Depuis plusieurs années, notre paroisse Saint-Germain-et-saint-Cloud (Louveciennes) invite pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens prêtres, pasteurs et fidèles des environs.
On ne célèbre pas la sainte liturgie, par considération pour les invités qui ne pourront pas s’approcher des saints Dons, et par esprit de conversion, puisque le Christ nous dit de chercher la réconciliation avec ceux qu’on a pu offenser avant de présenter l’Offrande. L’office proposé est généralement un acathiste intégré à l’office d’action de grâces ou à celui d’intercession. Cette manière de faire, très souple, permet de témoigner de la tradition de prière de notre Eglise, tout en nommant dans les litanies les personnes présentes. On essaye de gérer le temps pour offrir aux hôtes un moment de prière qui ne dépasse pas trois quarts d’heure, le but étant de leur faire connaître la tradition des saints Pères et de la leur faire apprécier ; ce temps est aménagé pour nos amis catholiques ou réformés, qui constituent ce soir-là la plus grande partie des personnes présentes. Sans concélébration, sans syncrétisme, nos hôtes semblent satisfaits d’être associés à la prière de notre Eglise, et reprennent par exemple très vite les litanies. Mercredi 19 janvier 2005, la paroisse Saint-Germain-et-saint-Cloud proposait l’acathiste à la sainte Trinité au sein de l’office d’action de grâces et ensuite, comme d’habitude, une sympathique agape organisée par le Conseil paroissial. L’assistance a été encore plus nombreuse que les années précédentes, avec la présence du pasteur du Vésinet, des prêtres de Louveciennes et de la Celle-saint-Cloud et de l’évêque de Versailles, Monseigneur Eric Aumônier, qui connaît le métropolite Joseph pour avoir assisté en 1998 à son ordination épiscopale par délégation de l’archevêque catholique de Paris. A l’issue de l’office, le recteur de la Paroisse, l’archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard, a souligné que nous nous sommes réunis pour rendre grâces au Seigneur de toute la bienveillance divine qui se manifeste parmi les chrétiens, pour le respect et la connaissance réciproques, et l’aide fréquente que nous recevons des autres, notamment dans notre voisinage immédiat. L’unité des chrétiens commence par cette estime et cette bienveillance les uns pour les autres, et par la reconnaissance de tout ce que le Seigneur nous donne déjà !

Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard

Jean Starynkévitch
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Message par Jean Starynkévitch »

Perle,

Vous touchez dans cette question un point sensible, concernant la pertinence de la démarche oecuménique.

Il y a, dans votre message, une approche gênante du point de vue orthodoxe, lorsque vous dite : « rassemblement de fidèles qui veulent saluer l'essentiel de leur foi vécue, même si elle est professée de plusieurs manières ».
La foi est un tout qu'on peut difficilement disséquer en prenant certaines parties, et en en supprimant d'autres qui ne seraient que de l'habillage.

Pour illustrer cette approche, prenons la question de la communion (entre catholiques et orthodoxe).
Pour simplifier, l'approche catholique est la suivante : « catholiques et orthodoxes partagent la même vision et la même compréhension de la communion eucharistique. Cette même compréhension est une raison suffisante pour pouvoir partager cette communion. »
L'approche orthodoxe se résumerait plutôt de la façon suivante : « il y a des divergences de foi fondamentales entre catholiques et orthodoxe. Or, la communion est perçue comme l'aboutissement de tout un cheminement vers Dieu et, à ce titre, nécessite un accord total sur la foi. En conséquence, il n'est pas possible pour les orthodoxes, ni d'accueillir à la communion un catholique, ni d'aller communier dans des églises catholique. »

Il y a donc des limites au-delà desquelles il n'est pas possible d'aller pour aucun orthodoxe, et la communion en fait partie.

Maintenant, à titre personnel, je ne partage pas l'approche des principaux intervenant sur ce forum (qui par ailleurs, font un excellent travail sur la quasi-totalité des sujets abordés, dont je profite beaucoup pour mon enrichissement personnel) vis-à-vis de la question de l'oecumenisme.
Je compte, le cas échéant, exposer mon point de vue dessus, une autre fois, lorsque j'aurai un peu plus de temps.

L'oecuménisme est en tout cas un sujet de débats à avoir au vu des différentes prises de positions, parfois très virulentes aussi bien dans un sens que dans l'autre; j'espère pouvoir aborder ce sujet sur le forum prochaine fois.

Jeanne Saint Gilles
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Louveciennes

Message par Jeanne Saint Gilles »

Faudra-t-il répéter 1000 fois que la prière avec les hétérodoxes est anti-canonique? Une phrase est éloquent dans le feuillet qu'Hilaire cite :
"On ne célèbre pas la sainte liturgie, par considération pour les invités qui ne pourront pas s’approcher des saints Dons, et par esprit de conversion, puisque le Christ nous dit de chercher la réconciliation avec ceux qu’on a pu offenser avant de présenter l’Offrande."
- à supposer que moi fidèle orthodoxe, j'ai envie de communier ce jour-là, je dois me contenter d'une célébation adaptée pour nos hôtes ou aller à la paroisse voisine.

-est-ce que pour ne pas offenser les protestants on évite de mentionner les Saints?
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

hilaire
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Message par hilaire »

l'esprit de conversion, ça n'est pas canonique?

Antoine
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Message par Antoine »

Père Marc-Antoine Costa de Beauregard a écrit :On ne célèbre pas la sainte liturgie, par considération pour les invités qui ne pourront pas s’approcher des saints Dons, et par esprit de conversion, puisque le Christ nous dit de chercher la réconciliation avec ceux qu’on a pu offenser avant de présenter l’Offrande.
1) Dans ce cas on se demande pourquoi on continue ensuite de célébrer la liturgie en dehors de ces périodes oecuménistes. Car s'il y a offense cette offense perdure en dehors de "la semaine de l'unité"

2) Je ne vois pas en quoi le fait d'être orthodoxe est une offense pour les hétérodoxes, et donc une "offense à Dieu". Est-ce devenu un péché que d'être orthodoxe? (A moins que ce ne soient les restes d'une tambouille écofienne que le Père Marc Antoine n'a jamais pu gratter du fond de sa casserole.)

3) Les canons n'interdisent pas de réciter des prières avec d'autres chrétiens. Ce qu'ils nomment "la Prière" c'est la Prière Eucharistique.
Mais ce qui est plus gênant c'est cette mascarade dans laquelle on fait semblant d'être d'accord sur un fond qui serait commun alors que les divergences de foi sont telles qu'il n'y a pas grand chose en commun. Les mots et des textes identiques recouvrent des réalités différentes. Par exemple nous n'avons pas bien sûr la même ecclésiologie, (or quoi de plus important que l'Eglise corps du Christ?), pas la même incarnation: le dogme romain de l'immaculée conception modifie le dogme de l'incarnation et fausse celui de la Résurrection; nous n'avons pas la même économie (le dogme des énergies incréées) ; nous n'avons pas la même conception de ce qu'est le "péché originel", nous n'avons pas les mêmes conceptions du salut, de la grâce, pas la même eschatologie etc... etc...
Alors ces réunions de prières à finalité oecuméniste sont complètement faussées de par le nivellement qu'elles exigent au profit d'un faux semblant de foi commune. Et là il y a tromperie générale, une fantastique démagogie épiscopale et manipulation des bonnes intentions de tous ceux dont les bons sentiments ne sont pas à mettre en doute. C'est un jeu de dupes purement diplomatique. Mais l'Eglise et la prière ne sont pas le lieu des bals costumés.
Je ne suis pas contre le fait de prier avec des chrétiens hétérodoxes mais contre la façon dont cela se passe. Par exemple si je suis en famille et qu'on récite le benedicite avec les membres hétérodoxes de la famille, je n'attends pas seul dans le salon avant de passer à table. Cela garde un carractère privé; le repas pris en commun n'a pas pour finalité un nivellement de la foi et le benedicite récité n'est pas l'affichage de l'expression volontaire d'une foi soi disant commune. Si je participe à un groupe biblique avec des hétérodoxes, je récite "Roi du ciel".
En revanche ces manifestations oecuménistes se veulent une démonstration publique d'un accord sur un contenu minimum d'une foi commune, ce qui devient alors une apostasie de tout ce qui n'est pas commun et qui constitue l'essentiel de la foi. On remplace la foi par un humanisme de bas étages et l'on fait du Christ l'initiateur des "valeurs" des droits de l'homme. Le christianisme se réduit à une philosophie simpliste de la tolérance, du savoir vivre en société, du respect de l'autre etc... Alors que cette semaine devrait être l'occasion de rappeler à tous les chrétiens que seule l'Eglise orthodoxe est l'Eglise du Christ, devrait être l'occasion de rappeler tous les hétérodoxes à un retour vers l'Eglise, et non pas à une pseudo "union" qui n'a aucun fondement.


Perle a écrit :un rassemblement de fideles toutes dimensions comprises qui veulent saluer l'essentiel de la foi vecue, meme si elle est professee de differentes manieres.
Voilà le leurre absolu, la bouillabaise de la foi, car ces différentes manières de professer donne des professions de foi différentes et donc des contenus de foi différents. L'un dira toujours "c'est bleu", l'autre "c'est rouge"; alors pendant une semaine on dira en plein accord la main dans la main en "une grande ronde autour du monde" et les yeux larmoyants de superficialité imbécile: "c'est en couleur, mon Dieu comme c'est beau!".

Jeanne Saint Gilles
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Message par Jeanne Saint Gilles »

Antoine a écrit : 3) Les canons n'interdisent pas de réciter des prières avec d'autres chrétiens. Ce qu'ils nomment "la Prière" c'est la Prière Eucharistique.
Je suis dubitative : Saint Paul dans sa deuxième épître au corinthien dit qu'il n'y a rien de commun entre le Christ et Bélial... De plus, d'autres interprétateurs disent que cela désigne toute prière. Je suis d'accord avec cela car prier avec un hérétique l'amène à mettre son hérésie au même niveau que l'orthodoxie.

Ce coup de faire une distinction prière eucharistique et autre prière me semble d'autant peu fondée que la prière eucharistique à l'origine n'atait accessible qu'aux fidèles. Dès lors repréciser à nouveau qu'il sa'git d'une prière eucharistique ferait vraiment rajout inutile...

Le tout est de savoir doser : on peut assister à une cérémonie hétérodoxe sans pour autant prier avec les hétérodoxes. Exemple enterrement, mariage. L'interdiction de prier ne doit pas devenir prétexte à un comportement inconvenant anti-chrétien. Si on est invité à manger par un hétérodoxe et qu'il dit une prière : on peut imiter sa pose assis ou debout la tête baissée. Si on l'invite à supposer qu'on prie en sa présence ce n'est pas de la prière avec des hérétiques.
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Antoine
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Message par Antoine »

Saint Paul dans sa deuxième épître au corinthien dit qu'il n'y a rien de commun entre le Christ et Bélial... De plus, d'autres interprétateurs disent que cela désigne toute prière. Je suis d'accord avec cela car prier avec un hérétique l'amène à mettre son hérésie au même niveau que l'orthodoxie
.

Je ne vois pas le rapport entre réciter une prière avec des catholiques Romains et votre citation de St paul. Surtout dans une periode de l'histoire de l'Eglise allant jusqu'environ 135. Le judaïsme n'était déjà pas monolitique et connaissait des factions comme les pharisiens, les esséniens, les saduccéens. On peut sans doute dire, sans crainte de trop de tromper, que le christianisme est resté englobé dans le judaisme jusqu'en 70. Il y avait des "judeo chrétiens" qui observaient la Torah et qui reconnaissaient la messianité de Jésus , ceux qui ont reconnu sa divinité et ceux qui ne l'ont pas reconnue. Puis après 70 le christianisme est sorti progressivement du judaïsme jusqu'à une rupture totale d'avec la synagogue. Il connut alors des éclatements multiples: nazoréens qui se réclamaient de Jacques et Jérusalem, elkasaïtes(courant anti paulinien), ébionites, et des courants pauliniens, Johaniens etc...
L'hérésiologie des 5 premiers siècles est très riche. Il faut donc replacer la citation de Paul dans son contexte et ne pas l'appliquer arbitrairement à tout ce qui n'est pas orthodoxe aujourd'hui , bien que cela soit très commode et permette de baliser le terrain. On ne lutte pas contre l'idéologie en divulguant une idéologie contraire. On lui oppose la vérité.
L' Eglise a toujours établi des différences de degré entre les hérésies. Le catholicisme romain ne nie pas la divinité du Christ, ni la croix , ni la Résurrection. Un catholique romain n'est ni un musulman, ni un juif, ni un païen ou un agnostique.(Bien que sur le plan du respect du rituel je me sente plus proche des juifs que des catholiques romains.) Nous devons haïr l'hérésie at aimer l'hérétique.

Lorsque les canons parlent de la Prière il est certain que cela concerne la prière Eucharistique contrairement à ce que propagent les communautés VCO pour justifier leurs schismes. Beaucoup de passages des Pères attestent que lorsqu'ils disaient: " allons à la prière ", ils allaient à la divine liturgie.


Lorsqu 'on récite un Notre Père (la prière enseignée par le Christ lui-même à ses apôtres) avec des catholiques Romains, on récite quand même la même chose si on prend la précaution d'employer "notre pain substantiel" qui est plus explicite que "pain quotidien". Personne ne vous empêche d'exiger cette modification (contrairement à ce que préconisent diplomatiquement nos évêques) en l'expliquant gentiment avant de prendre part à cette récitation commune. Elle est généralement bien acceptée. Les protestants grimacent un peu mais ça passe. Et également "délivre nous du "Malin" en expliquant qu'il s'agit bien de Satan et non pas d'une catégorie morale humaniste.
Comme vous le dîtes justement: <<Le tout est de savoir doser>>

Mais je modifierais la fin de votre proposition : <<on peut assister à une cérémonie hétérodoxe sans pour autant prier avec les hétérodoxes.>> en : "on peut prier aussi avec des hétérodoxes chrétiens selon les circonstances". La façon dont le Père Marc Antoine a organisé sa soirée oecuménique me semble tout de même assez convenable dans son contenu et sa forme bien que je ne sois pas d'accord avec le seul fait qu'il organise ce genre de cérémonies. Il aura ainsi présenté un acathiste selon la tradition et récité des litanies. Bon , cela reste néanmoins un contenu acceptable et recevable par tous, par delà les divergences dogmatiques profondes qui nous séparent. Les hétérodoxes restent nos frères en Christ, et ce n'est pas moi que l'on pourra taxer d'oecuménisme.

Antoine
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Message par Antoine »

Jean Starynkévitch a écrit :[...] prenons la question de la communion (entre catholiques et orthodoxe).
Pour simplifier, l'approche catholique est la suivante : « catholiques et orthodoxes partagent la même vision et la même compréhension de la communion eucharistique. Cette même compréhension est une raison suffisante pour pouvoir partager cette communion. »
L'approche orthodoxe se résumerait plutôt de la façon suivante : « il y a des divergences de foi fondamentales entre catholiques et orthodoxe. Or, la communion est perçue comme l'aboutissement de tout un cheminement vers Dieu et, à ce titre, nécessite un accord total sur la foi. En conséquence, il n'est pas possible pour les orthodoxes, ni d'accueillir à la communion un catholique, ni d'aller communier dans des églises catholique. »


Jean, les positions de la communauté catholiqiue romaine sur l'oecuménisme sont détailées dans le Décret "Unitatis Redintegratio" du Concile Vatican II
promulgué le 21 novembre 1964.
Dans l'article 2 ci-dessous il est expressément stipulé
- que le " sacrement de l'Eucharistie exprime et réalise l'unité de l'Eglise".
Ou encore dans l'article 8:
-Cependant, il n'est pas permis de considérer la communicatio in sacris comme un moyen à employer sans discernement pour rétablir l'unité des chrétiens.Ceci module la présentation que vous faites de la position romaine sur ce sujet.
Dans l'article 15 il est effectivement dit: "Puisque ces Eglises, bien que séparées, ont de vrais sacrements, - principalement, en vertu de la succession apostolique: le sacerdoce et l'Eucharistie, - qui les unissent intimement à nous, une certaine communicatio in sacris, dans des circonstances, est non seulement possible, mais même recommandable." Mais ces occasions sont très limitées et sujette à examen et autorisation spécifique. De la même façon un prêtre orthodoxe pourra,par exemple, donner la communion à un catholique romain qui le désire avant de mourir. Mais même dans ces cas extrêmes il ne s'agira pas de "partager" ecclésiologiquement, mais simplement de donner le corps du Christ à un hétérodoxe en souvenir de l'appartenance passée de sa communauté à l'Eglise. Quant à "l'eucharistie" catholique romaine nous pensons qu'elle n'a aucune validité, cette communauté n'ayant pas de succession apostolique. Donc aucun intérêt pour un orthodoxe à y aller "communier" quelques soient les circonstances.

Il est donc très exagéré ou très "simplifié (pour reprendre votre terminologie) de dire, comme vous le faites, que le catholicisme romain enseigne que <<Cette même compréhension[de l'eucharistie] est une raison suffisante pour pouvoir partager cette communion>> Leur dogmatique est beaucoup trop fondée sur le rattachement à la personne du pape pour cela. Pour eux, c'est le pape, vicaire du Christ, qui est l'expression visible de l'unité de l'Eglise et c'est donc cette reconnaissance qui est exigée pour une eucharistie en commun. La pire des hérésies c'est la papauté. Les autres hérésies romaines ne sont que les conséquences de la première.

Par ailleurs , puisque ce décret est utilisé pour vous répondre, je reproduis ci-dessous quelques extraits de cette soupe indigeste. Vous y verrez que la papauté ne lâche evidemment rien sur les justifications mensongères de son fondement et que le catholicisme romain persiste dans ses torsions faites à l'Ecriture et à l'histoire. Les raisons également de la séparation évoquées dans l'extrait du chapitre 14 prêteraient à sourire si ces inepties n'avaient pas d'aussi tragiques conséquences.
C'est pour ce type de raison qu'il ne faut pas participer à ces réunions de prières oecuméniques qui sont toutes organisées sous le sceau du mensonge et qui tentent de faire croire aux fidèles orthodoxes et hétérodoxes, en masquant les réalités au détriment de la Vérité, que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. Nos évêques et nos prêtres qui placent les relations diplomatiques avant la proclamation de la foi, nous mentent et nous entraînent dans l'apostasie. Il faut résister et leur montrer que le peuple royal veille à la sauvegarde de la foi.

Concile Vatican II
L'oecuménisme
Décret Unitatis Redintegratio promulgué le 21 novembre 1964



[2] Les principes catholiques de l'oecuménisme

En ceci est apparue la charité de Dieu pour nous, que le Fils unique de Dieu a été envoyé au monde par le Père afin que, fait homme, il régénérât tout le genre humain, en le rachetant, et qu'il le rassemblât en un tout (1). C'est lui qui, avant de s'offrir sur l'autel de la croix comme hostie immaculée, adressa au Père cette prière pour ceuxqui croiraient en lui: "Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi; qu'eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé" (Jn 17,21). Et il institua dans son Eglise l'admirable sacrement de l'Eucharistie qui exprime et réalise l'unité de l'Eglise. A ses disciples il donna un nouveau commandement d'amour mutuel (2) et promit l'Esprit Paraclet (3) qui, Seigneur et vivificateur, resterait avec eux à jamais.Elevé sur la croix, puis entré dans la gloire, le Seigneur Jésus répandit l'Esprit qu'il avait promis. Par lui, il appela et réunit dans l'unité de la foi, de l'espérance et de la charité, le peuple de la Nouvelle Alliance qui est l'Eglise, selon l'enseignement de l'apôtre: "Il n'y a qu'un Corps et qu'un Esprit, comme il n'y a qu'une espérance au terme de l'appel que vous avez reçu; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême" (Ep 4,4-5). "Vous tous, en effet, baptisés dans la Christ, vous avez revêtu le Christ... Vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus" (Ga 3,27-28). L'Esprit-Saint qui habite dans les croyants, qui remplit et régit toute l'Eglise, réalise cette admirable communion des fidèles et les unit tous si intimement dans le Christ, qu'il est le principe de l'unité de l'Eglise. C'est lui qui réalise la diversité des grâces et des ministères (4), enrichissant de fonctions diverses l'Eglise de Jésus-Christ, "organisant ainsi les saints pour l'oeuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ" (Ep 4,12).

Mais pour établir en tout lieu son Eglise sainte jusqu'à la consommation des siècles, le Christ confia au collège des Douze l'office d'enseigner, de régir et de sanctifier (5). Parmi eux, il choisit Pierre, sur lequel, après sa profession de foi, il décréta d'édifier son Eglise; il lui promit les clefs du royaume (6) et, après que l'apôtre lui eût donné l'attestation de son amour, il lui confia toutes les brebis pour les confirmer dans la foi (7) et pour les paître en unité parfaite (8), Jésus-Christ lui-même demeurant éternellement la suprême pierre angulaire (9) et le Pasteur de nos âmes (10).
Au moyen de la fidèle prédication de l'Evangile, faite par les apôtres et par leurs successeurs, c'est-à-dire les évêques avec leur chef qui est le successeur de Pierre, par l'administration des sacrements et par le gouvernement dans l'amour, sous l'action du Saint-Esprit, Jésus-Christ veut que son peuple s'accroisse et il accomplit la communion en l'unité dans la profession d'une seule foi, dans la célébration commune du culte divin, dans la concorde fraternelle de la famille de Dieu.Ainsi l'Eglise, seul troupeau de Dieu, comme un signe levé à la vue des nations (11), mettant au service de tout le genre humain l'Evangile de paix (12), accomplit dans l'espérance son pèlerinage vers le terme qu'est la patrie céleste (13).Tel est le mystère sacré de l'unité de l'Eglise, dans le Christ et par le Christ, sous l'action de l'Esprit-Saint qui réalise la variété des ministères. De ce mystère, le modèle suprême et le principe est dans la trinité des personnes l'unité d'un seul Dieu Père, et Fils, en l'Esprit-Saint. (1) Cf. 1 Jn 4,9; Col 1,18-20; Jn 11,52
(2) Cf. Jn 13,34
(3) Cf. Jn 16,7
(4) Cf. 1 Co 12,4-11
(5) Cf. Mt 28,18-20, collato Jn 20,21-23
(6) Cf. Mt 16,19, collato Mt 18,18
(7) Cf. Lc 22,32
(8) Cf. Jn 21,15-17
(9) Cf. Ep 2,20
(10) Cf. 1 P 2,25; Conc. Vat. I, Sess. IV (1870), Cons. Pastor Aeternus: Coll. Lac. 7, 482 a
(11) Cf. Es 11,10-12
(12) Cf. Ep 2,17-18, collato Mc 16,15
(13) Cf. 1 P 1,3-9

[3] Des relations entre les frères séparés et l'Eglise catholique

En conséquence, ces Eglises (5) et communautés séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Eglise catholique.

Cependant nos frères séparés, soit eux-mêmes individuellement, soit leurs communautés ou leurs Eglises, ne jouissent pas de cette unité que Jésus Christ a voulu dispenser à tous ceux qu'il a régénérés et vivifiés pour former un seul corps en vue d'une vie nouvelle, et qui est attestée par l'Ecriture Sainte et la vénérable Tradition de l'Eglise.

C'est, en effet, par la seule Eglise catholique du Christ, laquelle est le "moyen général de salut", que peut s'obtenir toute plénitude des moyens de salut. Car c'est au seul collège apostolique, dont Pierre est le Chef, que furent confiées, selon notre foi, toutes les richesses de la Nouvelle Alliance, afin de constituer sur la terre un seul Corps du Christ auquel il faut que soient pleinement incorporés tous ceux qui, d'une certaine façon, appartiennent déjà au peuple de Dieu.

Durant son pèlerinage terrestre, ce peuple, bien qu'il demeure en ses membres exposé au péché, continue sa croissance dans le Christ, suavement guidé par Dieu selon ses mystérieux desseins, jusqu'à ce que, dans la Jérusalem céleste, il atteigne joyeux la totale plénitude de la gloire éternelle.

(5) Cf. Conc. Lateranense IV (1215), Constit. IV: Mansi 22, 990; Conc. Lugdunense II (1274), Professio fidei Michaelis Palaeologi: Mansi 24, 71 E; Conc. Florentinum, Sess. VI (1439), Définition Laetentur caeli: Mansi 31, 1026 E


[4] De l'oecuménisme

Par "mouvement oecuménique", on entend les entreprises et les initiatives provoquées et organisées en faveur de l'unité des chrétiens, selon les nécessités variées de l'Eglise et selon les circonstances. Ainsi, en premier lieu, tout effort accompli pour éliminer les paroles, les jugements et les faits qui ne correspondent ni en justice ni en vérité à la situation des frères séparés et contribuent ainsi à rendre plus difficiles les relations avec eux. […]

[8] La prière en commun

En certaines circonstances particulières, par exemple lors des prières prévues "pour l'unité", et dans les réunions oecuméniques, il est permis, bien plus, il est souhaitable, que les catholiques s'associent pour prier avec les frères séparés. Cependant, il n'est pas permis de considérer la communicatio in sacris comme un moyen à employer sans discernement pour rétablir l'unité des chrétiens. Deux principes règlent principalement cette communicatio: exprimer l'unité de l'Eglise; faire participer aux moyens de grâce. Elle est, la plupart du temps, empêchée du point de vue de l'expression de l'unité; la grâce à procurer la recommande quelquefois. Sur la façon pratique d'agir, eu égard aux circonstances de temps, de lieux et de personnes, c'est l'autorité épiscopale locale qui doit prudemment donner des instructions, à moins qu'il n'y ait eu d'autres dispositions de la Conférence épiscopale, selon ses propres statuts, ou du Saint-Siège.


[13] Eglises et communautés ecclésiales séparées du siège apostolique romain

Nous examinons maintenant deux sortes de scissions principales, qui ont affecté la tunique sans couture du Christ.Les premières eurent lieu en Orient, soit par la contestation des formules dogmatiques des Conciles d'Ephèse et de Chalcédoine, soit, plus tard, par la rupture de la communion ecclésiastique entre les patriarcats orientaux et le Siège romain.D'autres ensuite, après plus de quatre siècles, se produisirent en Occident, en conséquence d'événements que l'on a coutume d'appeler la Réforme. Il en résulta que plusieurs Communion, soit nationales, soit confessionnelles, furent séparées du Siège romain. Parmi celles qui gardent en partie les traditions et les structures catholiques, la Communion anglicane occupe une place particulière.Mais des diverses séparations diffèrent beaucoup entre elles, non seulement en raison de leur origine et des circonstances de lieu et de temps, mais surtout par la nature et la gravité des questions concernant la foi et la structure ecclésiale.C'est pourquoi le Concile, désireux de ne pas sous-estimer les conditions diverses des différentes sociétés chrétiennes et de ne pas passer sous silence les liens qui subsistent entre elles malgré la division, juge opportun de présenter les considérations suivantes, afin de procéder à une action oecuménique menée avec discernement.

[14] Considérations particulières relatives aux Eglises orientales

Esprit et histoire propres des Orientaux[…]L'héritage transmis par les apôtres a été reçu de manières diverses et, depuis les origines mêmes de l'Eglise, il a été expliqué de façon différente selon la diversité du génie et les conditions d'existence. Ce sont toutes ces raisons, sans parler des motifs d'ordre extérieur, par suite encore du manque de compréhension mutuelle et de charité, qui donnèrent occasion aux séparations.[…]


[15] Tradition liturgique et spirituelle des Orientaux

Chacun sait avec quel amour les chrétiens orientaux célèbrent la sainte liturgie, surtout l'Eucharistie, source de vie pour l'Eglise et gage de la gloire céleste. Par là, les fidèles, unis à l'évêque, trouvent accès auprès de Dieu le Père par son Fils, Verbe incarné, mort et glorifié, dans l'effusion de l'Esprit-Saint. Ils entrent de la sorte en communion avec la Très Sainte Trinité et deviennent "participants de la nature divine" (2 P 1,4). Ainsi donc, par la célébration de l'Eucharistie du Seigneur dans ces Eglises particulières, l'Eglise de Dieu s'édifie et grandit (1), la communion entre elles se manifestant par la concélébration.Dans ce culte liturgique, Marie toujours Vierge, que le Concile oecuménique d'Ephèse proclama solennellement Très Sainte Mère de Dieu, pour que le Christ fût reconnu vraiment et proprement Fils de Dieu et Fils de l'Homme, selon les Ecritures, est célébrée par les Orientaux en des hymnes magnifiques; pareillement beaucoup de saints, au nombre desquels les Pères de l'Eglise universelle, reçoivent de grands hommages.Puisque ces Eglises, bien que séparées, ont de vrais sacrements, - principalement, en vertu de la succession apostolique: le sacerdoce et l'Eucharistie, - qui les unissent intimement à nous, une certaine communicatio in sacris, dans des circonstances, est non seulement possible, mais même recommandable.

En Orient, aussi, on trouve les richesses de ces traditions spirituelles, qui s'expriment surtout par le monachisme. Là, depuis le temps glorieux des saints Pères, en effet, a fleuri la spiritualité monastique, qui s'est répandue ensuite en Occident, devenant pour ainsi dire la source de l'organisation de la vie régulière des Latins et lui conférant par la suite une nouvelle vigueur. C'est pourquoi il est instamment recommandé aux catholiques d'accéder plus fréquemment à ces richesses spirituelles des Pères orientaux, qui élèvent l'homme tout entier à la contemplation des mystères divins.Tout le monde doit savoir qu'il est très important de connaître, vénérer, conserver, développer, le si riche patrimoine liturgique et spirituel de l'Orient pour conserver fidèlement la plénitude de la tradition chrétienne et pour réaliser la réconciliation des chrétiens orientaux et occidentaux.

(1) Cf. Ioannes Chrysostomus, In Ioannem Homelia XLVI, PG 59, 260-262


[17] Caractère particulier des Orientaux au regard des questions doctrinales[…]

Quant aux traditions authentiques des Orientaux, on doit le reconnaître, elles sont enracinées de façon excellente dans la Sainte Ecriture; développées et exprimées dans la vie liturgique, elles se nourrissent de la tradition vivante des apôtres, des écrits des Pères orientaux et des auteurs spirituels; elles portent à une juste façon de vivre, voire à la pleine contemplation de la vérité chrétienne.[…]

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Jeanne Saint-Gilles a écrit :
Faudra-t-il répéter 1000 fois que la prière avec les hétérodoxes est anti-canonique?
On ne peut pas laisser passer une telle simplification. Quiconque a un tant soit peu fréquenté les textes anciens de la Tradition sait que “la prière” est prise comme un euphémisme pour “la Liturgie eucharistique”. Nos Pères avaient la pudeur de leurs mots et n’employaient pas de mots trop crus pour parler de l’Action sacrée par excellence. Dans de nombreux textes canoniques, on parle aussi de “l’Offrande”. Le fidèle moderne a du mal à comprendre de quoi il s’agit. En termes modernes plus techniques et plus pédants, nous dirions qu’il s’agit de la Liturgie eucharistique. Il est interdit de la concélébrer avec ceux qui se sont séparés de l’Église. Célébrer un office de prières devant un public parge et ouvert ? Réciter des prières avec des chrétiens en recherche ? Présenter une icône à la vénération des non-orthodoxes ? Aucun texte canonique ne l'interdit.

Que faut-il penser des réunions prétendues “œcuméniques” ? Ce qui me choque le plus, c’est quand un diacre de l’Église orthodoxe mentionne l’évêque catholique de la même manière qu’un évêque orthodoxe. Mais je ne suis pas choqué que les orthodoxes aillent faire de la retape en célébrant des offices orthodoxes devant un large public non-orthodoxe. De tels gestes ont beaucoup plus de retentissement qu’on ne pourrait le croire. Il n’y a pas eu de Liturgie, donc on n’a pas eu à refuser la communion à qui que ce soit. Y a-t-il d’ailleurs encore de nos jours des Liturgies orthodoxes où l’on admet sciemment des non-orthodoxes à la communion ? Aujourd’hui je ne crois pas.

Le plus choquant en réalité est que nos évêques orthodoxes ne fassent aucun cas de la profonde blessure que cause leur comportement aux Occidentaux qui cherchent à communier à la vérité orthodoxe, et qui se sentent bafoués dans leur désir du retour aux sources par les démonstrations d’indifférence dogmatique dont les évêques fon assaut. Outre les professionnels de l’œcuménisme comme le prêtre et le diacre qui ont été cités, les deux générations les plus engagées dans les compromissions dites “œcuménistes” sont la Métropole de France du Patriarcat œcuménique et l’Église de Roumanie.

Étant donné l’accélération actuelle du rythme de disparition des effectifs de l’Église catholique, le jour approche où les quelques prêtres catholiques qui subsisteront (quelques vieillards) regarderont derrière eux et ne verront plus qu’une troupe empressée d’évêques orthodoxes parisiens (je dis parisiens, car dans le monde orthodoxe il n’y a plus guère d’œcuménistes convaincus qu’à Paris).

Il semble que les Églises orthodoxes (j’entends les Églises des pays orthodoxes plus le PŒ) ne savent plus raisonner qu’en termes de Kriegspiel : je déplace quelque pions sur une carte. La France est probablement un des terrains de bataille favoris pour ces manœuvres de soldats de plomb, car des simulacres de guerre de mouvement y sont encore possibles.

L’attente spirituelle du public de base ne figure pas dans les paramètres de nos hiérarques. On n’a pas encore entendu parler de cette réalité. C’est une sorte d’OVNIs. Par contre, plusieurs juridictions tentent de manipuler et d’enrôler dans leurs rangs des groupes para-orthodoxes et pensent que ce sont eux qui représentent le public français. Elles ne savent d'ailleurs penser qu'en termes de groupes constitués. Aucune d’entre ces Églises orthodoxes ne semble avoir entendu parler du dépérissement des institutions catholiques.

Mais nous ne devons pas nous leurrer. Seule une initiative venant d’une Église autocéphale pourra créer le fait nouveau qui permettra l’apparition d’une véritable Orthodoxie en France. Tant que cela ne sera pas arrivé, tout militantisme visant à une refondation de l’Église orthodoxe ne peut aboutir, et l’anti-œcuménisme ne saurait suffire à fournir une base de départ saine.

L’œcuménisme n’est en effet qu’une petite partie de la très large sécularisation des Églises orthodoxes à l’époque moderne. Cette sécularisation se traduit par le relativisme doctrinal (donc l’œcuménisme) mais aussi par l’académisme, le cléricalisme,, l’ignorance des canons etc. Le désir enfantin de faire aussi bien que les Églises d’Occident (entendez en terme de formation savante, d’action sociale...) pour pouvoir rivaliser avec elles, est beaucoup plus dangereux que la diplomatie œcuménisante.

Mais l’attitudes des refondateurs, obsédés par les limites à ne pas dépasser, est tout aussi stérile.

Les Églises des pays sous domination communistes s’imaginaient qu’après la chute de ces régimes, les Églises d’Occident laisseraient les Églises orthodoxes agir en paix sur leur propre terrain, au nom de l’œcuménisme. L’activité fébrile des “missionnaires” catholiques et des évangélistes les a cruellement détrompées. Elles avaient cru participer (dans le cadre du mouvement œcuménique) à un “Yalta” ecclésiastique. Ce ne fut qu’un fiasco, un marché de dupes. Elles ont donc rejeté l’œcuménisme, dont les derniers représentants se trouvent presque uniquement rassemblés à Paris.

Il n’en reste pas moins qu’un immense désarroi spirituel travaille nos contemporains. Un rapport récent des préfets au Gouvernement français constatait récemment que “les Français ne croient plus à rien” (et les préfets sont généralement bien informés). Certains responsables politiques commencent à s’en alarmer, mais ne savent par quel bout prendre le hérisson. Je crois que seule leur intervention obligera les Églises orthodoxes à mettre un peu d’ordre dans leurs affaires.
Jean-Louis Palierne
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Jean-Serge
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Prière avec les hérétiques.

Message par Jean-Serge »

N'ayant que peu fréquenté les Pères, j'admets -sous réserve de confirmation ultérieure- le fait que la Prière dont il est question dans les Canons ne désigne que la Divine liturgie.

Toutefois, même si c'est le cas, je ne vois que peu de bien à prier avec les hérétiques. Encore faudrait-il qu'on sache ce que veut dire prier avec quelqu'un...

1° Si des hétérodoxes viennnent à des cérémonies orthodoxes, ce sont eux qui prient avec nous et non l'inverse. Je ne vois aucun mal à cela.

2° Si des orthodoxes vont à des cérémonies hétérodoxes ça me dérange beaucoup plus : en effet, il me semble que nous ne sommes pas censés lire des enseignements hétérodoxes, cela figurant dans l'office de la confession du Trebnik... Par ailleurs, une bactérie spirituelle s'attrape si vite... Je trouve que se limiter aux enterrements et autres est sage en ayant à cette occasion une attitude respectueuse...

3° Si on organise une cérémonie orthodoxe à destination des hétérodoxes (avec invitation et tout le tralala) , ça me dérange tout autant. Il y a un aspect un peu troublant. On se croirait en plein show, je ne pense pas que cela soit le véritable esprit missionaire.

4° Vient ensuite l'organisation de prières communes sans qu'on soit dans un territoire religieux bien marqué. Exemple l'ACAT organise de telle prières. Je pense que cela contribue au "toutes les religions se valent tout est pareil" et fait le jeu de l'oecuménisme (même si l'intention du départ est bonne); c'est à mon avis une stratégie de cet "oecuménisme par la base". on commence par des choses innocentes du genre groupes de prières mixtes (catholique - orthodoxe) et par la suite on pousse les pions

5° Je suis absolument contre l'idée qu'il existe des degrés différents d'hérésie. Cela m'a l'air entièrement antibiblique. Imagine-t-on les Juifs prier avec les Samaritains parce qu'au fond il existait des choses communes? Ou Jésus prier avec des Saduccéens pour une raison similaire? A ce rythme là puis-je prier avec un Témoin de Jéhovah ou un Unitarien car on a le Notre Père en commun? A quelle stade l'enseignement hétérodoxes devient-il insupportable pour que je ne puisse prier avec la personne en question?

Quant à l'expression Frères en Christ, elle me semble aussi fumeuse que l'expression Eglises soeurs...

Il me semble qu'en la matière que s'applique ce que Saint Jean écrit (I Jean 2:19); "ils sont sortis de chez nous, mais ils n'étaient pas des nôtres; car s'ils avaient été des nôtres, ils eraient demeurés avec nous; mais de la sorte, il est manifeste que tous ne sont pas des nôtres".

En conclusion, je citerai ce texte
Placed in a medical model, the Church preserves us from diseased believers who might, because of the many things that they hold in common with us, pass on, with their correct belief, the bacterium of their wrong belief.
Traduction personnelle
D'un angle de vue médical, l'Eglise nous préserve des coyants malades qui pourraient, du fait des nombreuses choses qu'ils ont en commun avec nous, nous transmettre, avec leur croyance correcte, la bactérie de leurs croyances incorrectes


source : http://www.orthodoxinfo.com/praxis/prayheretics.aspx


Ne vous semble-t-il pas que cette phrase résume bien la problématique; elle rappelle un proverbe biblique : "Les mauvaises fréquentatiosn ruinent les habtudes utiles" (de mémoire...)

Nous avons parlé du Sacré Coeur de Jésus. Sans le vouloir, un orthodoxe peut se trouver à le prier sans se rendre compte de son erreur, car au fond il ne faut pas surestimer le niveau de connaissance des gens (surtout le mien).
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

Antoine
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Message par Antoine »

Jean Serge a écrit :Je suis absolument contre l'idée qu'il existe des degrés différents d'hérésie. Cela m'a l'air entièrement antibiblique.
L'Eglise a toujours distingué les différentes hérésies ne serait-ce que pour déterminer le mode de réception qu'elle allait adopter. On le voit dans le canon ci-dessous sur le baptème. Il faut donc respecter cette attitude et la faire notre. Il y a une grande différence entre celui qui croit en la Résurrection et celui qui n'y croit pas.

Ensuite , sur un plan plus individuel que celui de la dogmatique affichée, il faut tenir compte du fait que certains n'arrivent pas à rentrer dans un mystère. Il faut tenir compte aussi de l'éducation et des traces indélébiles qui empêchent un individu d'accéder à un autre mode de pensée, d'entrer dans la foi etc...Je discutais avec un musulman pour lequel l'incarnation était un blasphème. Il lui était impossible de concevoir que Dieu puisse s'incarner dans un homme. (Il faut avouer que c'est incroyable...)

On peut ne pas arriver à rentrer dans un mystère même après avoir reçu le baptème. Il y a bien des points de foi où l'on peut se tromper, avoir une mauvaise compréhension, etc... Vous même vous dîtes: <<Nous avons parlé du Sacré Coeur de Jésus. Sans le vouloir, un orthodoxe peut se trouver à le prier sans se rendre compte de son erreur, car au fond il ne faut pas surestimer le niveau de connaissance des gens (surtout le mien).>>

Il y a bien des degrés différents dans l'hérésie. Ne pas croire que Marie soit restée Vierge et que Jésus n'avait pas de frères issus de la même mère n'est pas la même chose que ne pas croire en la Résurrection. Ne pas croire que Dieu soit Trine et professer le filioque ne sont pas non plus du même degré. Le Filioque n'empêche pas un catholique romain de croire en la Trinité même si sa compréhension du mystère est complètement faussée par l'hérésie filioquiste. Il faut différencier l'appartenance à une communauté hétérodoxe et l'adhésion à chaque point de ce que professe cette communauté. Je connais des catholiques romains qui pensent que le filioque est réellement une erreur mais que le pape est le vicaire du Christ désigné par Dieu. Etc...

Et répétons avec les Pères qu'il faut <<haïr l'hérésie et aimer l'hérétique.>> Il faut tenir compte des rapports de l'hérétique à son hérésie dans nos relations avec lui.

Voici ce canon du concile œcuménique Quinisexte in Trullo (Constantinople 691)
95. Comment recevoir ceux qui reviennent d'une hérésie.

Ceux qui viennent à l'orthodoxie et à l'assemblée des rachetés du parti des hérétiques, nous les recevons conformément au rite et à l'usage qui suivent. Les ariens et les macédoniens et les novatiens qui se disent purs, et les aristeriens, et les quatuordécimans on tétradites, et les apollinaristes, nous les recevons, leur faisant signer un libelle d'abjuration et anathématiser toute hérésie qui ne pense pas comme la sainte Église de Dieu, catholique et apostolique, et en les signant, c'est-à-dire en leur oignant d'abord du saint chrême le front, les yeux, les narines, la bouche et les oreilles et les signant nous disons : Signe du don du saint Esprit. Au sujet des sectateurs de Paul de Samosate, qui retournent ensuite à l'Église catholique, il fut décidé de les rebaptiser absolument. Quant aux eunomiens, qui sont baptisés par une seule immersion, et aux montanistes, qu'on nomme ici Phrygiens, et aux sabelliens, qui admettent l'identité du Père et du Fils et accomplissent d'autres rites abominables, et tous les autres hérétiques, ils sont en effet nombreux, surtout ceux qui viennent du pays des Galates, tous ceux d'entre eux qui veulent venir à l'orthodoxie, nous les recevons comme des païens; le premier jour nous les armons du signe de la croix, le second nous les admettons parmi les catéchumènes, les troisième nous les exorcisons en les insufflant par trois fois au visage, et aux oreilles et alors nous les instruisons et nous les admettons pendant un an à assister dans l'église et écouter la lecture des saintes écritures, puis nous les baptisons. De même, nous rebaptisons les manichéens et les valentiniens et les marcionites et ceux qui viennent de semblables hérésies, les recevant comme des païens. Tandis que les nestoriens et les eutychiens et les sévériens et ceux de semblables hérésies doivent présenter un libelle d'abjuration et anathématiser leur hérésie et Nestorius et Eutychès et Dioscore et Sévère et les autres hérésiarques et leurs sectateurs et toutes les hérésies prédites, et alors seulement recevoir la sainte communion.
Quant à l'expression Frères en Christ, elle me semble aussi fumeuse que l'expression Eglises soeurs...
Comme je ne vois pas ce que vous trouvez de "fumeux" dans l'expression "Eglise soeurs" je ne peux vous répondre pour l'instant sur l'autre terme de votre comparaison.
Nous avons déjà traité cette expression d'Eglise soeur sur le forum et donné les textes officiels du cardinal Ratzinger sur cette dénomination et ce que l'Eglise Orthodoxe désignait également sous ce vocable. Vous les retrouverez en utilisant la fonction "rechercher".

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