L'école de Paris

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Glicherie
Messages : 365
Inscription : ven. 18 juin 2004 14:41

L'école de Paris

Message par Glicherie »

Je lis des références dans les différents fils fréquentes sur l'Ecole de Paris, qui semble être représentative de l'oecuménisme moderniste, et je voudrais savoir qui la compose, quel est précisément son "credo", sa doctrine, et si son poids est si important que cela.

J'avais après avoir lu Jean-Louis Palierne posé déja la question, mais sans succès...omerta ?

Jeanne Saint Gilles
Messages : 154
Inscription : mar. 03 août 2004 18:20
Localisation : Paris 08

Jésus parlait en paraboles...

Message par Jeanne Saint Gilles »

Jésus achevait souvent ses paraboles par "Que celui qui est intelligent comprenne"; comme quoi toute vérité ne doit pas toujours être dite n'importe comment...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Jean-Louis Palierne
Messages : 1044
Inscription : ven. 20 juin 2003 11:02

Message par Jean-Louis Palierne »

Il ne s’agit pas “d’omertà”, mais je crois qu’il faut éviter dans toute la mesure du possible de s’enliser dans des polémiques d’ordre personnel, et aussi dans des polémiques juridictionnel. Le nom “d’École de Paris” est donné à un groupe de théologiens qui enseignent à l’Institut saint-Serge. (Mais il y a toujours eu à saint Serge des professeurs qui se contentaient d’enseigner la matière dans laquelle ils étaient co=pétents, sans s’engager activement dans un groupe idéologique). À mon avis il ne faut pas les identifier avec la Fraternité sophianique du père Serge Boulgakov, qui ne semble pâs avoir réellement survécu longtemps à son fondateur.

“L’École de Paris” s’est montrée beaucoup moins ambitieuse (ou peut-être beaucoup moins capable) que Serge Boulgakov, dont elle a semble-t-il surtout retenu l’idée qu’une Église plus spirituelle, parce que plus intéressée au destin historique de l’homme, est en train de naître.

Mais surtout elle a adopté une stratégie d’action où la construction de communautés orthodoxes d’un type nouveau joue un rôle essentiel pour rénover les vieilles Églises orthodoxes traditionelles. Et cette construction rénovée est rendue possible parce que l’exil forcé des orthodoxes en Occident permet d’assimiler l’esprit plus réaliste de l’Occident, sa supériorité scientifique et sociale. Pour désigner ce renouveau ils ont cru pouvoir utiliser le terme “d’Église locale” (ce qui dans leur esprit s’oppose aux traditions desséchées).

L’idée initiale n’était pas tant d’ouvrir l’Église orthodoxe aux Français que de proposer un modèle pous les Églises d’Orient. Si elles avaient voulu s’ouvrir aux Français elles auraient beacoup travaillé sur les traductions liturgiques (qui ont en réalité été faites par les uniates), formé des prêtres indigènes, favorisé le monachisme, publié des traductions patristiques. Ils ont tout centré sur la Liturgie communautaire vue comme offrande du monde par le monde.

Ils ont refusé d’affirmer l’identité orthodoxe, ils ont uniquement voulu présenter aux Français l’Orthodoxie comme un “plus” d’ouverture communautaire.

Ils constatent aujourd’hui l’échec de leur entreprise et ils disent que c’est l’échec de “l’Église locale”. En réalité c’est plutôt l’échec d’une tentative de réforme de l’Église orthodoxe qui n’avait de locale que le nom. Ils croyaient que le jour où l’Église russe serait libre elle recourrait à eux pour éviter les erreurs du passé et leur demanderait des prêtres formés. Ils se sont trompés. L’Église russe a ressurgi plus traditionnaliste que jamais et les a rejetés. Ils croyaient qu’en Occident l’Orthodoxie intéresserait surtout des Français extérieurs au catholicisme pour y trouver un ressourcement spirituel de l’action sociale. Ils se sont trompés les Français viennent chercher dans l’Église orthodoxe un enseignement de la prière personnelle. Ils pensaient pouvoir continuer à recruter des évêques non-moines, des universitaires veufs. Ils ont échoué. D’où maintenant certains retournements de vestes.

Mais je crois qu’il ne faut pas se laisser obnubiler par la dimension “complots”. Le groupe dont il s’agit, bien que très restreint, comprend autant de stratégies différentes de personnes. Ce qui me paraît le plus important est l’acharnement et le sérieux avec lesquels des Français tentent aujourd’hui d’étudier l’Orthodoxie.
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr

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