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Le mariage dans la liturgie pièce en trois actes

Publié : lun. 07 mars 2005 17:10
par Jeanne Saint Gilles
Mes arguments contre le mariage dans la Divine liturgie sont uniquement pratiques. J'imagine

Paroissien 1(arrivant en retard et à voix mi basse)) : Salut ça va

Paroissien 2 : T'as vu il y a un mariage

Paroissien 3 : chut on lit l'Apôtre...

P1 : excusez-nous...

Quelques instant de silence puis :

P2 : c'est qui le père de la mariée?

P3 : le vieux en costume marron là-bas...

P4 : vous allez vous taire...

P3 : pas mal la robe de la mariée... Attends je vais faire une photo avec mon portable... C'est un Erricson...

P2 : Nokia c'est mieux

P5 : vous allez arrêter, on lit l'Evangile...

Voulez-vous le texte de la pièce de théâtre complète?

Publié : lun. 07 mars 2005 21:21
par Antoine
P 3: T'as vu devant à droite, la Saint Gilles! Pourtant elle avait bien dit qu'elle ne viendrait pas...

Publié : lun. 07 mars 2005 21:47
par Jeanne Saint Gilles
Au moins vous ne manquez pas d'humour : néanmoins, rectifiez le texte SVP. Je me tiens à gauche comme toutes les femmes, les hommes se tenant à droite...

Périodes de jeûnes et sexualité dans le couple

Publié : ven. 18 mars 2005 15:22
par Jeanne Saint Gilles
D'après ce qu'on m'a toujours dit, et que j'ai toujours lu, les périodes de jeûne suppose aussi une abstinence sexuelle dans le couple :

- cela inclut-il les mercredi et vendredi. Si oui le jour où il est interdit de célébrer les mariages devraiet bien être mercredi et vendredi et non la veille de ces deux jours... Il me semble que dans certains pays l'interdiction de célébrer tombe mercredi et vendredi

- mais le coeur de ma question est autre : quel sens donner à cette abstinence sexuelle. Saint Paul semble indiquer qu'il faut que les deux conjoints soient d'accord car "le corps du mari appartient à la femme et le corps de la femme au mari". Que se passe-t-il en cas de désaccord? L'un des membres doit-il "faire grève"? Cela me semble insoluble car s'il accepte ces relation, il se met en situation de péché et peut-il encore communier. Et s'il les refuse ce ne semble pas très bien non plus...

- enfin, ma question ne tombe-t-elle pas dans un légalisme exagéré (ce dont je m'excuse). Mais le légalisme a le mérite de simplifier les chose et de savoir comment agir...

Publié : ven. 18 mars 2005 15:49
par Jean-Louis Palierne
L'apôtre Paul écrit dans la Ière Épître aux Corinthien (20:5) :

Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence.

L'apôtre Paul ne sous-estimait pas la réalité de la vie conjugale.

contraception

Publié : ven. 18 mars 2005 16:13
par Jean-Marc
Quelqu'un pourrait-il m'indiquer la position exacte du magistère orthodoxe en matière de contraception chimique. J'ai entendu dire que le discours n'était pas le même dans les différentes juridictions. Il me semble que, dans l'Orthodoxie, il y a un recours beaucoup plus large que dans le Catholicisme à la conscience individuelle des fidèles éclairée par les principes généraux qui découlent des Ecritures et de la Tradition.

Je réprécise ma question

Publié : ven. 18 mars 2005 16:21
par Jeanne Saint Gilles
Jean-Louis Palierne a écrit :L'apôtre Paul écrit dans la Ière Épître aux Corinthien (20:5) :

Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence.

L'apôtre Paul ne sous-estimait pas la réalité de la vie conjugale.
Le sens de ma question était le suivant : si pendant le Carême un des conjoints désire effectuer l'acte, l'autre a-t-il le devoir de se refuser au non du Carême. Ou s'il se refuse commet-il un péché car il n'y a pas commun accord dans cette abstinence?

Publié : ven. 18 mars 2005 19:47
par christian
En lisant les messages, je me rends compte que nous avons la grande chance dans l'Eglise orthodoxe d'avoir des Pères spirituels et la possibilité de se confesser et d'être guidés dans notre cheminement. Il me semble que cette question devrait relever de cette relation avec son père spirituel, la réponse pouvant difficilement être la même pour chacun. Qu'en pensez-vous?

Publié : sam. 19 mars 2005 10:07
par Antoine
Le sens de ma question était le suivant : si pendant le Carême un des conjoints désire effectuer l'acte, l'autre a-t-il le devoir de se refuser au non du Carême.
Votre lapsus orthographique "au non du carême" est très amusant.

L'Eglise prescrit des périodes de carême qui doivent être observées à la mesure des forces spirituelles et physiques de chacun.
Les prescriptions ne sont pas des règlements* que l'on respecte ou que l'on enfreint, mais des règles *de vie faites pour aider à parcourir le chemin qui mène au Royaume. En posant comme vous le faites vos questions sous un aspect jurisprudentiel vous vous interdisez tout accès à une vie spirituelle fondée sur une relation au Christ. L'orthodoxie n'est pas un code avec détermination de partage de responsabilités en cas d'accident.
Concernant la conjugalité il est évident que l'abstinence de rapports ne doit pas créer des situations qui mettent en péril l'harmonie du couple. Le carême est la période christocentrique par excellence qui nous mène à la Résurrection. On peut alors par exemple prendre ce temps pour une réflexion plus poussée sur le sens de la relation au conjoint (e) et la présence du Christ dans cette relation, un renforcement de la prière du couple, et un recadrage de ce que peut être le désir de l'autre au travers des pulsions, des phantasmes. Une bonne sexualité est une sexualité qui ne prend pas l'autre pour objet.
Il me semble délicat d'aller plus loin dans cette réponse d'ordre général qui devra ensuite s'individualiser: la conduite spirituelle du couple est une frontière que le forum ne peut franchir.
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La règle (regula de regere = diriger en droite ligne) est un instrument avec lequel on trace des lignes droites donc des lignes "orthodoxes".
Girard écrit:
<<La règle regarde proprement les choses qu'on doit faire; et le règlement la manière dont on doit les faire.Il entre dans l'idée de l'une quelque chose qui tient plus du droit naturel; et dans l'idée de l'autre quelque chose qui tient plus du droit positif.
L'équité et la charité doivent être les deux grandes règles de la conduite; elles sont même en droit de déroger à tous les détails des règlements particuliers.
On se soumet à la règle. On se conforme au règlement.>>


Cette soumission est celle que l'on retrouve prescrite par Paul dans l'épître aux éphésiens V, 20,33 que l'on lit lors de l'office du mariage juste après le couronnement;" Seigneur notre Dieu, couronne les de gloire et d'honneur" Le Choeur chante alors "[...] Ils t'ont demandé la vie et Tu la leur as donnée." Il s'agit bien de la gloire divine et de la vie divine. Il s'agit de la divinisation des époux l'un par l'autre en Christ. Et St Paul nous montre la règle; <<Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte de Dieu. Que les femmes le soient à leurs maris comme au Seigneur[...]Comme l'Eglise est soumise au Christ que les femmes le soient aussi en tout à leurs maris! Maris aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Eglise.>> La finalité souligne l'Epître , étant la sanctification.
C'est de cette soumission et de cette sanctification qu'il est question dans la règle carémique. L'Eglise trace la ligne orthodoxe de la sanctification et ne rédige pas un règlement.

De Saint Jean Chrysostome

Publié : jeu. 24 mars 2005 19:55
par Jean-Serge
Dans la Virginité, publié au Cerf (1966) Saint Jean Chrysostome aborde cette chose assez longuement : le jeûne et les relations sexuelles en cette période. Je ne retiens que la fin où il dit (page 193):
"Celui qui désire prier comme il se doit, et jeûner, il lui faut rejeter tout désir terrestre, tout souci, toute cause de dissipation, se retirer de tout et se recueillir devant Dieu. C'est pourquoi le jeûne est beau : il retranche les soucis de l'âme, il secoue la torpeur qui submerge notre esprit et concentre notre pensée toute entière sur elle-même. C'est ce que Paul donne à entendre quand il détourne de l'union charnelle, utilisant une expression tout à fait adéquate. Il ne dit pas en effet :" Pour que vous ne soyez pas souillés" mais "pour que vous vaquiez au jeûne et à la prière" comme si les rapports avec une femme n'étaient pas cause de souillure mais de temps perdu."

Publié : ven. 25 mars 2005 12:45
par hilaire
vous êtes marié Jean Serge?

vous dites souvent à votre épouse que vous n'avez pas de temps à perdre?

Un problème?

Publié : ven. 25 mars 2005 19:59
par Jean-Serge
Cet extrait de Saint Jean Chrysostome semble vous poser problème. Pourquoi?

Pour ma part, je le trouve très bien : il indique bien que les périodes de jeûnes et de prière ont pour but de s'orienter pleinement vers Dieu et donc de limiter au maximum les plaisirs et autres divertissements qui détournent un peu de l'objectif. Par ailleurs le texte précise bien qu'ils ne sont guère des souillures, ce qui est heureux quand je pense que certains exaltés orthodoxes ont écrit que les enfants conçus pendant le Carême étaient les enfants du Diable.

Je ne vois pas ce qu'il y a à redire à ce texte. Je ne joue pas au conseiller conjugal, je cite simplement un texte patristique que je trouve pertinent. Le fait que je sois marié, pacsé, divorcé, veuf, en concubinage, n'a rien à voir avec l'opinion que j'ai de l'extrait.

Un peu de sérieux

Publié : ven. 25 mars 2005 20:30
par Jeanne Saint Gilles
hilaire a écrit :vous êtes marié Jean Serge?

vous dites souvent à votre épouse que vous n'avez pas de temps à perdre?
Pourriez-vous être sérieux un instant Hilaire... au lieu de faire des blagues douteuses...

Publié : lun. 28 mars 2005 20:16
par hilaire
je suis tout ce qu'il y a de plus sérieux (je me demande encore en relisant mon message où il a pu y avoir une forme d'humour d'ailleurs, déplacé ou non).

c'était une manière de dire que dans le mariage on ne peut pas de manière si évidente que cela balayer d'un revers de main son conjoint.

c'est également une forme d'écho au développement de Jean Louis qui citait la première épître de Saint Paul notamment.

Désolé

Publié : mar. 29 mars 2005 13:43
par Jeanne Saint Gilles
Désolé Hilaire, j'ai mal interprété vos propos. Effectivement on ne balaie pas son conjoint d'un revers de main. Néanmoins, il me semble qu'avoir un conjoint orthodoxe (aui a une certaine pratique de l'orthodoxie) permet de faire passer la pilule (excusez le jeu de mots) plus facilement. Les difficultés viennent si votre conjoint est hétérodoxe ou un orthodoxe nominal...