Mariage, vie de couple sexualité...

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Monique
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Message par Monique » lun. 17 janv. 2005 12:46

Antoine a écrit :
« L'homme a un rapport trinitaire à Dieu. Adam–Eve–Dieu / Eve-Adam-Dieu. C'est cela faire une seule chair.»
Si Dieu nous a créé homme et femme et que l’homme et la femme ne sont qu’une seule chair, et que c’est là le fondement du rapport trinitaire de l’homme à Dieu, où se situent les célibataires, moines ou autres ?

Votre phrase ne présuppose-t-elle pas que le mariage est la norme de la vie de l’homme sur terre comme l’enseignait l’Ancien Testament ;
Par contre après la venue du Christ, le célibat est proposée aux hommes comme une manière de vivre dès ici-bas comme les anges dans le ciel, comme prémices de la résurrection .

« Ceux qui ont été jugés dignes de connaître ce siècle-là et la résurrection d'entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir. Ils sont en effet égaux aux Anges et fils de Dieu, car ils sont fils de la résurrection. (Luc 20:35-36). »

Antoine
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Message par Antoine » lun. 17 janv. 2005 15:01

Si Dieu nous a créé homme et femme et que l’homme et la femme ne sont qu’une seule chair, et que c’est là le fondement du rapport trinitaire de l’homme à Dieu, où se situent les célibataires, moines ou autres ?
L'homme et la femme étaient effectivement une seule chair avant la chute, puis la chute est venue morceler cette unité. La chute a créé ce phénomène d'individuation que l'on ressent très fortement dans ce que le Père Sophrony appelle la prière hypostatique.
J'ai donc voulu indiquer que le mariage était le rétablissement de cette structure trinitaire telle qu'elle a été instituée par Dieu et que donc il y a une pérénnité de cette structure dans le Royaume. (C'est un théologoumène .) C'est la fonction sacramentelle de ce sacrement du mariage. Elle est d'autant plus forte que St Paul nous dit:<<Ce mystère est grand: je l'entends du Christ et de l'Eglise.>> (Ce sur quoi se base ce théologoumène)
Dans le mariage la sexualité est bénie parce qu'elle mène à un au-delà de la sexualité selon la structure trinitaire "Adam-Eve-Dieu" initiale. Il ne s'agit pas d'un passeport pour la sexualité.

Il ne faut donc pas juger de cet état antérieur à la chute à l'aune de la situation dégradée par la chute . Avant la chute il n'y a ni moine ni célibataire, il n'y a que le couple Adam et Eve.

Pour survivre physiquement et spirituellement à la chute, Dieu à pourvu l'humanité de charismes. Le plus grand en étant l'Eglise. Le mariage est un de ces charismes.
Il y a aussi le sacrement de la tonsure, il y a la chirotonie de l'Evêque. L'Eglise a beaucup de mystères, mais vous remarquerez qu'il n'y a pas de sacrement du célibat. Le célibat n'a pas en soi de signification spirituelle. Il n'a de signification que dans la monialité. En dehors de cela il fait partie de la cohorte de toutes les anomalies engendrées par la chute et pour lesquelles Dieu accorde sa miséricorde.

Monique
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Message par Monique » lun. 17 janv. 2005 15:41

« Le célibat n'a pas en soi de signification spirituelle. Il n'a de signification que dans la monialité »
Je suis tout à fait d’accord, j’ai utilisé le mot célibat car le mot moine est très spécifique ; de grands saints comme st Paul n’était pas moine au sens strict, et avait voué leur célibat au Seigneur.
Saint André le fol en Christ dont je lis la vie avec émerveillement (sur le site du hiéromoine Cassien) n’était pas non plus moine au sens stricte.

Le Seigneur propose donc un genre de vie totalement différent du mariage : (je site de mémoire) « il y en a qui se font eunuque pour le royaume des cieux »
Le mariage n’est donc plus la norme, et à mon avis n’a plus de sens après la résurrection.
Je modifie donc ma phrase : « Par contre après la venue du Christ, le « célibat consacré » la monialité est proposée aux hommes comme une manière de vivre dès ici-bas comme les anges dans le ciel, comme prémices de la résurrection . »

Antoine
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Message par Antoine » lun. 17 janv. 2005 15:59

Le mariage n’est donc plus la norme, et à mon avis n’a plus de sens après la résurrection
Nous n'avons pas les mêmes conclusions.

Monique
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Message par Monique » lun. 17 janv. 2005 21:46

Nous trouverons peut-être chez les Pères un écrit qui nous mettra d'accord par l'approfondissement de ce mystère.

En ce qui concerne le célibat, Jean-Claude Larchet, dans son livre "Thérapeutique des maladies spirituelles" met les moines et les célibataires dans la même dynamique de lutte contre la passion de luxure:

"Il convient de rappeler que dans la perspective chrétienne, la sexualité ne peut avoir un sens et s'exercer sainement et normalement que dans le cadre de l'amour conjugal, c'est pourquoi elle est a priori exclue du cadre du célibat et de la vie monastique. Aussi la vertu de chasteté qui, entendue dans son sens strict, s'oppose à la passion de luxure, présuppose-t-elle et désigne-t-elle dans ce dernier cadre, une totale abstinence de tout acte et avant tout de tout désirs sexuels, ceux-ci, quelle que soit leur forme, ne pouvant alors relever que de la passion. Cette totale abstinence présuppose elle-même une parfaite continence, c'est-à-dire la capacité de maîtriser et de réprimer totalement les pulsions et désirs sexuel."
Dans le monde où l'on vie, n'étant pas protéger, le célibataire mène un dur combat.

La chasteté conjugale me semble cependant encore plus difficile:
(je suis obligée de choisir quelques phrases, le développement de Jean-Claude Larchet est beaucoup plus important, et je ne peux que vous inviter à le lire.)

"Nous avons vu en analysant la passion de luxure que ce qui la caractérise, c'est un abus de la fonction sexuelle consistant dans l'usage de celle-ci en vue du plaisir sensible. Or il s'agit là d'une perversion de cette fonction dans la mesure où elle est destinée par nature à la procréation, et plus fondementalement à être une des manifestation de l'amour que l'épouse et l'époux ont l'un pour l'autre, en relation de dépendance avec les autres modes de leur union et notemment la dimension spirituelle de celle-ci.".......
"Loin d'être recherchée pour elle-même et en vue du plaisir qu'elle procure, l'union sexuelle doit prendre place dans le cadre de l'amour mutuel des époux, réaliser au plan des corps une union analogue à celle qui s'accomplit au plan des âmes, et permettre leur union totale, les faisant devenir, selon la parole de l'écriture, "une seule chair" en même temps qu'une seule âme et un seul esprit. La chasteté conjugale suppose que cette union des corps ne constitue ni un absolu ni un en soi, mais soit parfaitement intégrée et subordonnée à l'union psychique des époux, et plus enore à leur union spirituelle."

Antoine
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Message par Antoine » mar. 18 janv. 2005 11:13

"cette fonction est destinée par nature à la procréation, et plus fondementalement à être une des manifestation de l'amour que l'épouse et l'époux ont l'un pour l'autre, en relation de dépendance avec les autres modes de leur union et notemment la dimension spirituelle de celle-ci.".......
Il faudra quand même bien un jour s'interroger sur - pour quoi (finalité)cette "fonction" procure un plaisir , pour quoi "cette manifestation de l'amour que l'épouse et l'époux ont l'un pour l'autre " provoque un plaisir.
Pour St Maxime, la chute a modifié nos sens qui tournés vers Dieu se sont détournés vers le sensible. Ainsi le sensible est devenu un plaisir qu'il n'était pas auparavant. Je souscris. Le mode de procréation a été modifié par la chute, et c'est par préscience de la chute que Dieu nous a sexués. Admettons. Alors maintenant considérons ce mode de procréation tel qu'il est devenu et béni par Dieu dans le mariage de notre nature déchue et arrêtons ce langage hypocrite.

Dire que "cette fonction est destinée par nature à la procréation" c'est donc aussi dire qu'elle est liée par nature au plaisir. Si l'on peut s'abstenir de l'acte sexuel, il est en revanche impossible de ne pas rechercher le plaisir dans l'union conjugale charnelle, sauf folie, refoulement, prostitution, ou encore mépris de l'autre; et l'union conjugale charnelle n'est pas limitée non plus à la procréation. La procréation n'est pas la seule finalité du mariage. J'ai cité plus haut les textes de l'office du mariage.
Dire que cette fonction est destinée <<fondementalement à être une des manifestation de l'amour que l'épouse et l'époux ont l'un pour l'autre>> c'est également faire du plaisir quelque chose de fondamental dans cette manifestation de l'amour conjugal.
l'union sexuelle doit prendre place dans le cadre de l'amour mutuel des époux, réaliser au plan des corps une union analogue à celle qui s'accomplit au plan des âmes
Là encore le langage est très trompeur. Car,ne dissociant pas ce composite d'âme et de corps qu'est l'être humain, si je comprends bien qu'il y a une union totale corps et âmes, en revanche je voudrais que l'on m'explique en quoi consiste cette analogie; et sur le plan du plaisir alors l'analogie me semble complètement nulle. Pour qu'il puisse y avoir analogie il faudrait que j'ai pu expérimenter d'une part ce qu'est cette union des âmes sans le corps et d'autre part ce qu'est l'union des corps sans l'âme, puis établir un parallèle, une comparaison. Là on nage en pleine mystification du langage ou dans une sublimation un peu hystérique. A vouloir trop disséquer, on ne sait plus ce que l'on dit et on ferait mieux de ne pas trop gloser sur ce mystère de l'union conjugale et d'en évaluer simplement la portée de la bénédiction divine.

Monique
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Message par Monique » mar. 18 janv. 2005 21:36

Cher Antoine, je suis désolée que vous ayez réagi comme cela; je ne pensais pas que les textes que j'ai publié pouvaient être interprétés ainsi. Ces textes ne peuvent sans doute pas être séparé de leur contexte.
Je pensais donner envie de lire le livre de Jean-Claude Larchet, j'ai raté mon but.

Il ne s'agit nullement de supprimer le plaisir dans l'acte charnel, mais de ne pas le rechercher pour lui-même.
Quand le plaisir est mis au premier plan et qu'on le recherche pour lui-même, dans la sexualité et partout aileurs, on transforme l'autre, le conjoint en l'occurence, en objet de satisfaction personnelle. Et là on détruit la relation d'amour.

Un moine racontait que sur le plan de la sexualité il était totalement chaste, n'ayant même plus la moindre pensée à ce sujet; mais il se désolait de n'avoir pas su acquérir la vrai chasteté, car dans sa relation avec ces frères il reconnaissait qu'il avait toujours tendance à utiliser l'autre pour satisfaire ses besoins et désirs, même si ses désirs étaient des désirs pieux, comme de mieux chanter ou mieux servir.

Pardonnez-moi.
Dernière modification par Monique le lun. 28 févr. 2005 11:50, modifié 1 fois.

Antoine
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Message par Antoine » mar. 18 janv. 2005 22:52

Je ne vois pas de quoi vous auriez à demander pardon, ni en quoi ma réaction puisse vous désoler. J'analyse un texte, que vous avez très bien fait de citer. Jean-Claude Larchet est un auteur sérieux. Nous avons écrit sur le site: <<Tous les livres de cet auteur sont à recommander>> et sur le forum à la rubrique Jean-Claude Larchet , nous avons publié la liste exhaustive de ses ouvrages.
Mais cela n'empêche pas la critique qui ne lui est d'ailleurs pas adressée nominalement mais qui est une critique de la façon dont le désir conjugal est traité dans les écrits patristiques. Je trouve qu'il y a un certain obscurantisme qui n'est plus en adéquation avec nos connaissances actuelles sur le sujet. La vie du couple n'était pas leur sujet de préoccupation première. Et si l'on parle de l'assouvissement du désir que l'on camouffle sous l'union des âmes (c'est tellement plus beau n'est-ce pas?), on ne parle jamais de la difficulté qu'il y a à l'entretenir dans un couple, ni de la difficulté à avoir une sexualité épanouie. Je pense que la théologie du mariage n'est pas aboutie et qu'il y a encore à travailler en Eglise sur ce mystère. Encore faut-il le considérer réellement comme un mystère...

Jean-Serge
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Quand se marier?

Message par Jean-Serge » sam. 05 mars 2005 22:34

J'ai lu que normalement, on ne se mariait pas dans l'église orthodoxe le samedi (destiné je suppose à préparer le dimanche). A quand remonte cet usage? En a-t-on une trace écrite quelque part. En revanche, dans la pratique, je me rends peu à peu compte que les mariages du samedi sont très fréquents... Doit-on s'en inquiéter (personnellement ça ne me plaît pas trop, mais j'aimerais avoir des avis plus éclairés que les miens)

Est-il possible de se marier le vendredi et le mercredi qui sont des jours de jeûne?
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

Antoine
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Message par Antoine » dim. 06 mars 2005 2:51

On ne célèbre pas de mariage la veille du mercredi et du vendredi et du dimanche. N'oublions pas qu'à partir de 18h d'un jour J on est déjà liturgiquement le lendemain.

On ne célèbre pas de mariage non plus pendant les carêmes .
- Du dimanche du jugement au dimanche de Thomas;
- pendant le carême des apôtres
- Pendant le carême de la dormition
- Pendant le carême de l'avent.

On ne célèbre pas de mariage non plus la veille d'une des 12 grandes fêtes majeure, des grandes fêtes et de la fête paroissiale ou de celle du saint à laquelle l'église est dédicacée.

Toute dérogation est une économie relevant de l'autorité de l'évêque.


Annexe:

I) liste des 12 grandes fêtes majeures:

Grandes fêtes du Seigneur

1) NATIVITE 25 décembre
2) THEOPHANIE 6 janvier
3) TRANSFIGURATION 6 août
4) RAMEAUX Dimanche avant Pâques
5) ASCENSION 40 jours après Pâques
6) PENTECOTE 50 jours aorès Pâques
7) EXALTATION DE LA CROIX 14 septembre

Grandes fêtes de la Mère de Dieu

8) NATIVITE de la Mère de Dieu 8 septembre
9) PRESENTATION AU TEMPLE 21 novembre
10) ANNONCIATION 25 mars
11) SAINTE RENCONTRE 2 février
12) DORMITION 15 août


II Liste des grandes fêtes

- LA CIRCONCISION du Seigneur 1er janvier
- LA PROTECTION de la Mère de Dieu 1er octobre

- NAISSANCE DE SAINT JEAN-BAPTISTE 24 juin
- DECOLLATION DE SAINT JEAN-BAPTISTE 29 août
- SAINTS APOTRES PIERRE ET PAUL 29 juin

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » dim. 06 mars 2005 16:38

Il me paraît utile de signaler qu'il y a des tentatives pour retourner à la pratique liturgique ancienne en rattachant la célébration du mariage à celle de la divine Liturgie.

Cet usage s'était complètement perdu, mais l'Eglise de Grèce a au moins rétabli la possibilité d'unir le mariage à la liturgie eucharistique dans une édition de l'Arkhiératikon (Pontifical) publiée à Athènes en 1971.

Ce texte a été traduit en français par le hiéromoine Denis (Guillaume) de Nîmes et publié, pour la dernière fois dans son Petit Euchologe ou Rituel, Nîmes 2001.

Je reproduis ici l'introduction rédigée par le père Denis, op. cit., pp. 5-7.

"Selon cet usage ancien remis en honneur par l'Arkhiératikon, les fiançailles sont célébrées après la grande Doxologie qui termine l'office des Matines. Puis l'on commence la divine Liturgie. Dans la grande litanie de paix sont insérées les demandes propres au mariage. A la place des prières secrètes qui sont lues d'ordinaire pour les antiennes, le célébrant lit à haute voix les trois premières prières de l'office du Couronnement. Le choeur chante les antiennes ordinaires de la Liturgie, mais les versets psalmiques sont tirés du psaume 127, celui du mariage.
Après la petite entrée de la Liturgie, le chant des tropaires et du kondakion, vient le couronnement des époux. Suivent le trisagion, le prokiménon, l'épître et l'évangile. La litanie instante récupère une demande à l'intention des mariés, puis le célébrant dit à haute voix la quatrième prière du mariage. La divine Liturgie continue comme d'ordinaire jusqu'à la communion: les époux sont les premies à communier d'entre les fidèles. Après la prière "de derrière l'ambon", le célébrant bénit la coupe commune et en donne à boire aux mariés. Puis a lieu le triple tour de la table, tandis qu'on chante "Isaïe, danse d'allégresse", "Saints Martyrs" et "Gloire à toi, ô Christ notre Dieu". L'office se termine par la déposition des couronnes, le congé propre à l'office du couronnement, la vénération des icônes et le baiser des nouveaux mariés, la distribution de l'antidoron et les félicitations aux époux.

J'ignore si ce rite des Fiançailles, faisant suite aux Matines, et cet office du Couronnement, inséré dans la Liturgie, sont en usage dans les paroisses de la diaspora en pays francophones. Les "grands" mariages, surtout s'ils sont bénis à la demande de gens qui ne fréquentent l'église que pour ce genre de mondanités religieuses, s'accomodent peut-être mieux de l'office courant, célébré sans la divine Liturgie, en fin d'après-midi ou, à la rigueur, le samedi en fin de matinée, pour réunir le plus grand nombre d'invités.

Il en va différemment lorsque les fiancés sont des fidèles pratiquants, des habitués de la paroisse. Dans ce cas, l'agrément est réciproque, que ce soit le désir des fiancés de faire participer les fidèles de la paroisse à leur couronnement, le jour même où a lieu la célébration hebdomadaire ou mensuelle de leur église, ou bien la joie des paroissiens de pouvoir s'associer à un événement de leur communauté, qui ne leur est certes pas indifférent.


Parfois même, lorsque les conjoints, ou l'un d'eux, sont originaires d'un pays éloigné et qu'ils n'ont pu faire venir leurs parents ou amis, c'est le seul moyen, pour la communauté, de compenser absence ou isolement, et de manifester, à l'égard de ces étrangers, un accueil encore plus chaleureux, d'organiser une célébration et une fête qui laisseront des souvenirs inoubliables.

Fallait-il attendre si longtemps pour retrouver le lien entre le sacrement du Mariage et la divine Liturgie, entre le Couronnement et l'Eucharistie? Si l'on s'était donné la peine de regarder, l'évidence aurait sauté aux yeux.

Comme la Liturgie, l'office du Mariage commence par « Εύλογημένη η βασιλεία » (Béni soit le règne du Père, du Fils et du saint Esprit) et par une grande litanie de paix, les « ειρηνικά ».

Entre le prokiménon, l'épître, l'évangile, la litanie instante, la litanie de demandes, le Notre Père et la prière sur les fidèles inclinés, on a la structure d'une Liturgie à laquelle ne manqueraient que l'offertoire et l'anaphore.

Mais surtout, la "coupe commune" (commune parce que partagée entre les époux ou bien commune parce que ce n'est pas la sainte coupe eucharistique avec le précieux Sang) ressemble étrangement à la communion au calice et la remplace en son absence."

Ce texte me semble d'autant plus intéressant que la publication de cet office est passé complètement inaperçue alors qu'elle correspond aux souhaits exprimés par ce grand historien de l'Eglise que fut l'archiprêtre Jean Meyendorff dans son livre sur le mariage.

Jean-Serge
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Avis personnel

Message par Jean-Serge » dim. 06 mars 2005 23:40

Pour ma part, je préférerais me marier en dehors de la Divine liturgie (après). Pour avoir souvent observé les baptêmes et ayant vu quelques mariages, et par mon expérience de la Divine liturgie, garder un caractère sérieux à un office est très difficile. Ca dérape vite... De surcroît, je ne pense pas très élégant d'infliger à quelqu'un qui vient à la Divine liturgie le spectacle de mon mariage (dont il n'a srictement rien à faire) avec un rallongement de cérémonie de près d'une heure. Et puis les invités, le photographe agité etc... Et l'attention focalisée sur les mariés avec les blabla... Je suis sceptique...

D'un point de vue pratique, la célébration d'un mariage durant la Divine liturgie me semble possible dans les petites paroisses
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Antoine
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Message par Antoine » lun. 07 mars 2005 3:56

Pour avoir souvent observé les baptêmes et ayant vu quelques mariages, et par mon expérience de la Divine liturgie, garder un caractère sérieux à un office est très difficile.
Je ne vois pas en quoi un mariage serait moins sérieux qu'une liturgie. Tous ceux auxquels j'ai assisté étaient de grande tenue.
De surcroît, je ne pense pas très élégant d'infliger à quelqu'un qui vient à la Divine liturgie le spectacle de mon mariage (dont il n'a srictement rien à faire) avec un rallongement de cérémonie de près d'une heure.
Dans l'Eglise on n'inflige rien à personne. On fait partie d'une communauté, d'un même corps. Inclu dans la liturgie en suivant l'ordo indiqué par Claude, le mariage ne rallongerait pas l'office de plus d'une demi-heure.

Et puis les invités, le photographe agité etc... Et l'attention focalisée sur les mariés avec les blabla... Je suis sceptique...
On peut demander à la foule de ne prendre des photos qu'à la fin de l'office. (Je l'ai déjà fait) Encadrés par l'assistance paroissiale, les gens se tiennent généralement très bien et respectent le caractère priant de la liturgie et de l''office.

D'un point de vue pratique, la célébration d'un mariage durant la Divine liturgie me semble possible dans les petites paroisses
Franchement, face à l'importance du mariage célébré avec liturgie, les questions d'organisations ne sont que des détails facilement réglables et qui ne méritent pas d'être mis dans la balance. On n'est pas obligé non plus de ne se marier que le dimanche. L'argument du "lendemain on travaille" ne tient pas dans l'orthodoxie puisque le lundi n'est pas jour de congé. Souvent les futurs mariés et leurs familles s'occupent de tout ce qui est matériel concernant "la noce" puis retiennent Eglise et "convoquent" prêtre et choeur pour tel jour telle heure. Les prêtres ne sont pas des "distributeurs automatiques de sacrement". L'habitude de réinsérer le mariage dans la liturgie modifierait les comportements et inverserait la démarche. On s'occupe d'abord de l'office puis on retient la salle des festivités profanes ensuite.
A chacun de savoir où est l'essentiel et à l'Eglise de le rappeler...

Jeanne Saint Gilles
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Mariage

Message par Jeanne Saint Gilles » lun. 07 mars 2005 14:14

Antoine a écrit :On ne célèbre pas de mariage la veille du mercredi et du vendredi et du dimanche. N'oublions pas qu'à partir de 18h d'un jour J on est déjà liturgiquement le lendemain.

[...]Toute dérogation est une économie relevant de l'autorité de l'évêque.
Vu tous les mariages qui se tiennent samedi, la dérogation tend à ressembler à une règle... Il serait bon qu'on précise le terme économie dans l'église afin que cela ne serve pas à justifier tout et n'importe quoi.

Pour le mariage pendant la Divine liturgie, je ne comprend pas pourquoi on ferait de quelque chose de privé une affaire publique à imposer à toute la communauté. Je viens à la Divine liturgie un point c'est tout. Je suis bien content que ces personnes se marient et je prient pour eux mais bon!!! A ce rythme là pourquoi pas la Slava (fête du Saint Patron d'une famille chez les serbes) en pleine Divine liturgie vu qu'on est un seul corps ou la pannykhide de la famille X en pleine Divine liturgie...

Je ne suis pas aussi optimiste sur la capacité des gens à bien se tenir : il suffit de voir comment certains se comportent pendant la Divine liturgie. Si on rajoute l'attraction du mariage, ça risque d'être pire. Cela est à mon avis culturel : dans des pays nordiques ou anglo-saxons où les gens sont civilisés, ponctuels etc ça devrait pouvoir passer...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Antoine
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Message par Antoine » lun. 07 mars 2005 15:46

Vu tous les mariages qui se tiennent samedi, la dérogation tend à ressembler à une règle... Il serait bon qu'on précise le terme économie dans l'église afin que cela ne serve pas à justifier tout et n'importe quoi.
Pour soutenir ce que vous dîtes il faudrait avoir une comptabilité précise sur ces dix dernières années par exemple de tous les mariages orthodoxes. Sinon vous ériger en "règle" une impression qui vous est toute personnelle. En tant que chef de choeur je ne que très rarement été amené à célébrer un mariage le samedi. Une impression personnelle en vaut bien une autre...
Que dans des situations assez exceptionnelles comme celle d'un mariage, l'Eglise soit amenée à assouplir ses règles calendaires ne me semble pas une énormité justifiant l'opprobre systématique...

Le terme "économie" désigne d'une part la relation de Dieu à tout ce qui est créé. On parle alors "d'économie divine" par distinction de la "vie intra trinitaire".
On l'empoie aussi par opposition à "l'acribie" qui est l'application rigoureuse des canons. L'économie est une pratique laissée à l'Evêque qui décide en âme et conscience de ce qu'il convient de faire dans telle ou telle situation vis à vis de telle ou telle personne ou communauté. Donc par définition on ne "règle" pas une économie qui échappe justement à la règle.
Pour le mariage pendant la Divine liturgie, je ne comprend pas pourquoi on ferait de quelque chose de privé une affaire publique à imposer à toute la communauté. Je viens à la Divine liturgie un point c'est tout.
Vous avez une conception plutôt curieuse de la communauté ecclésiale. Un mariage n'est en rien quelque chose de privé. Civilement on publie des bancs, et la cérémonie est publique. Dans l'Eglise on se marie aussi devant la communauté. Tout se fait devant la communauté; la confession se fait sous le regard de la communauté même si le contenu en reste discret. Les pénitences étaient publiques et les pénitents avaient une place bien définie. Les Mystères de l'Eglise ne se dispensent pas en privé. Cela n'a pas de sens.
Plusieurs éléments de l'office du mariage rappellent des éléments de l'office du baptème. On peut considérer que le mariage est le "baptème d' une seule chair".
Celui qui ne souhaite pas venir à une liturgie sous prétexte qu'il y aurait un baptème ou un mariage peut ne pas venir. Il s'exclue lui-même . On ne lui impose rien. Si l'on vous suit, le Père "imposerait" le retour du fils prodigue à son frère. Votre terminologie de "l'imposition" est impropre.

Je suis bien content que ces personnes se marient et je prient pour eux mais bon!!! A ce rythme là pourquoi pas la Slava (fête du Saint Patron d'une famille chez les serbes) en pleine Divine liturgie vu qu'on est un seul corps ou la pannykhide de la famille X en pleine Divine liturgie...
Les fêtes sont normalement souhaitées à la fin de la liturgie et l'on chante un "longue vie" aux concernés. Il arrive aussi que l'on fasse un office d'action de grâce pour un fidèle qui le demande pour une raison quelconque.
Quant à la pannykide, pour info je vous signale qu'on n'en célèbre pas le dimanche. En revanche quand il y en a une pendant la semaine, si vous pouvez y assister surtout ne vous en privez pas. La prière de l'Eglise pour les défunts n'est pas non plus quelque chose de privé et il est bon que la famille soit entourée de la présence de la communauté.

Je ne suis pas aussi optimiste sur la capacité des gens à bien se tenir : il suffit de voir comment certains se comportent pendant la Divine liturgie. Si on rajoute l'attraction du mariage, ça risque d'être pire. Cela est à mon avis culturel : dans des pays nordiques ou anglo-saxons où les gens sont civilisés, ponctuels etc ça devrait pouvoir passer...
Ce qui est culturel sans doute c'est votre réaction à vous. C'est par là qu'il faut commencer le changement plutôt que de chercher des arguments anti théologiques contre une introduction du mariage dans la liturgie.

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