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Publié : jeu. 23 juin 2005 1:35
par Elisabeth
Très rapidement:
il est parfaitement possible à l’Église de bénir le mariage entre orthodoxe et non-orthodoxe. Il n’y a là ni absurdité ni économie, ni concession à la mode œcuméniste, syncrétiste ou confusionniste.
Ce n'est pas ce que disent les canons: 6e concile oecuménique canon 72, cité par Meyendorff p 139 de son livre sur " le mariage dans la perspective orthodoxe":
Un orthodoxe n'a pas le droit d'épouser une hérétique de même qu'une orthodoxe ne peut être unie à un hérétique. Mais si quelque chose de tel a été commis, nous exigeons de considérer que le mariage est nul et qu'il soit dissout. Mais si un couple, qui était incroyant jusque là et n'était pas encore compris dans le troupeau des orthodoxes, a contracté légalement mariage et qu'après, l'un des deux choisisse ce qui est juste et vienne à la lumière de la vérité tandis que l'autre reste encore lié par les chaînes de l'erreur, si la femme non croyante se plaît à cohabiter avec le mari croyant ou l'homme non croyant avec la femme croyante, qu'ils ne soient pas séparés conformément aux paroles du divin apôtre "car le mari non croyant se trouve sanctifié par sa femme, et la femme non croyante se trouve sanctifiée par le mari croyant" (1 Cor 7, 13-15).

Concernant Tertullien je confirme bien ce passage et j'essaierais de le retrouver, si possible en latin également (mais cela peut prendre du temps, je n'ai pas le livre). J'ai juste en anglais un recueil de citations des Pères sur les sacrements et diverses questions, la citation complète modestement traduite est : Comment serions nous capable de décrire le bonheur d'un mariage que l'Eglise soutient, qui est confirmé dans l'offrande eucharistique, et scellé par une bénédiction? Un tel mariage est inscrit par les anges et ratifié par le Père dans les Cieux.

Publié : jeu. 23 juin 2005 11:03
par Monique
j’ai trouvé sur ce site plusieurs traductions des œuvres de Tertullien, mais je n’ai pas trouvé la sitation faite par Antoine.

http://www.tertullian.org/french/french.htm

De ce que j’ai retenu de ces lectures, c’est que Tertullien ne reconnaît pas la possibilité d’un deuxième mariage même après la mort du conjoint, et c’est cette conviction qui lui permet de déduire que le mariage perdure après la résurrection :

DE LA MONOGAMIE
« On me dira peut-être que, «dans le siècle à venir, les hommes n'épouseront pas de femmes, ni les femmes de maris, mais qu'ils seront comme les anges.» D'accord; mais de ce que le mariage ne sera point rétabli, il ne s'ensuit pas que nous ne soyons pas liés à nos époux qui ne sont plus. Loin de là, nous leur demeurons liés d'autant plus étroitement que, destinés à un état meilleur, nous ressusciterons pour former une alliance spirituelle, et nous reconnaître nous aussi bien que les nôtres. »

Publié : jeu. 23 juin 2005 11:36
par Monique
d’autres traductions de Tertullien se trouvent sur ces sites :

http://www.jesusmarie.com/tertullien.html

http://www.retiarius.org/dos/tra/trad.p ... TERTULLIEN


et les textes en latin sur celui-là
http://www.tertullian.org/latin/latin.htm

Re: contraception

Publié : lun. 23 janv. 2006 1:25
par Laurence
Jean-Marc a écrit :Quelqu'un pourrait-il m'indiquer la position exacte du magistère orthodoxe en matière de contraception chimique. J'ai entendu dire que le discours n'était pas le même dans les différentes juridictions. Il me semble que, dans l'Orthodoxie, il y a un recours beaucoup plus large que dans le Catholicisme à la conscience individuelle des fidèles éclairée par les principes généraux qui découlent des Ecritures et de la Tradition.
Je rebondis en fouillant le forum sur cette question restée sans réponse de Jean-Marc... En effet, je ne vois guère clair sur cette question. J'admets que le but premier du mariage n'est pas d'avoir une descendance mais de gagner le Royaume des Cieux. Mais en revanche qu'ont dit les Pères (laissons de côté Augustin), sur le but de l'acte de reproduction? Peut-il être en vue du plaisir seul?

Y a-t-il une doctrine claire et unanime des Pères à ce sujet? La seule contaception admise est-elle l'abstinence?

Publié : lun. 23 janv. 2006 15:29
par Jean-Louis Palierne
Effectivement il aurait fallu répondre à cette question, qui torture beaucoup de couples occidentaux d'origine catholique — dans la mesure où ils essayent d'être fidèles aux principes, ou à ce qu'ils croient être les principes, mais sont de plus en plus rares à avoir ce courage.

Mais il n'y a pas de “prise de position du magistère" sur cette question (et il n'y a d'ailleurs pas de magistère dans l'Église orthodoxe). La Tradition n'en a jamais parlé. Un jour que le patriarche œcuménique Athénagoras était interrogé sur ce point, peu après que le pape Paul VI eût "rappelé la doctrine catholique" (qui serait selon lui de ne jamais faire obstacle au cours naturel des choses, donc de ne pratiquer que l'abstinence), le patriarche répondit que l'Église orthodoxe ne se permettait pas d'entrer dans la chambre conjugale de ses enfants. Je crois que jamais, ni avant ni après, aucun Synode épiscopal, aucune Église locale, aucun hiérarque n'a jamais exprimé autre chose, encore moins fait de distinction entre diverses méthodes, chimiques ou autres.

Il suffit d'ailleurs de fréquenter des orthodoxes "de tradition orthodoxe" pour comprendre rapidement que la question ne les effleure même pas. C'est d'ailleurs ce qui explique que les nations orthodoxes à notre époque connaissent un déclin démographique de plus en plus marqué. Les synodes s'alarment de cette grave menace qui pèse sur les nations orthodoxes, mais je n'ai jamais entendu dire qu'ils en aient tiré prétexte pour faire un rappel à la morale… parce que ce ne serait pas un rappel à la morale. La seule conclusion qu'en tirent les synodes : rappeler aux fidèles orthodoxes qu'il faut faire des enfants pour que leurs nations un jour ne disparaissent pas.

Certes l'un des reproches les plus graves que l'on puisse faire au récent passé communiste de la plupart des nations orthodoxes, c'est que le communisme leur a fait perdre jusqu'au désir de faire des enfants (et parfois les poussait même à les abandonner). Mais pour autant, la Grèce qui est restée libre, ainsi que les orthodoxes arabes sous domination musulmane, sont plus ou moins atteints du même mal.

Seule exception au non-interventionnisme orthodoxe dans ce domaine : l'attitude de certains "pères spirituels" moines qui prétendent fixer des règles en la matière.