Crucifixion: homicide ou déicide?

Échangez vos idées librement ici

Modérateur : Auteurs

Glicherie
Messages : 365
Inscription : ven. 18 juin 2004 14:41

Message par Glicherie » mar. 24 août 2004 14:33

C'est la première fois que j'entend parler des "filiations spirituelles".
Qui est ce Willermoz qui aurait la filiation spirituelle de saint Irénée ?
Qu'est-ce que le Régime écossais rectifé ?
L'ECOF est elle l'Eglise de cette obédience franc-maçonne ?

pascal
Messages : 98
Inscription : mar. 22 juin 2004 15:59

Message par pascal » mer. 01 sept. 2004 16:02

cher Glicherie,

l'ECOF est l'église dans laquelle Jean François Var est prêtre, ce n'est pas l'église de la franc maçonnerie. à ma connaissance il est le seul clerc de notre église à en être membre, dans un régime d'inspiration chrétienne, qui s'appelle le régime écossais rectifié dont il est le grand prieur.

se ne sont pas de grands secrets... faites GPDG.org il y a même les armoiries des chevaliers bienfaisants de la cité sainte qui sont en responsabilité

je sais normalement, on ne peut être prêtre et franc maçon (c'est pas de moi, ce sont les canons qui le disent, sauf à considérer que les canons ne servent à rien, ce que je ne pense pas), on peut s'en indigner, le regretter, ou tout simplement mal le comprendre...

Antoine
Messages : 1782
Inscription : mer. 18 juin 2003 22:05

Message par Antoine » mar. 14 sept. 2004 12:49

Au nom de la Prose
Umberto "ECCOF"
Toute ressemblance avec des personnes existantes est foruite

Le document dont nous avons publié à la rubrique "Pour une réponse orthodoxe aux besoins spirituels en Europe" quelques extraits montre qu 'Anne-Yvette a caché une bonne partie de la vérité sur l'affaire de cet article concernant le Film la passion.
Je reprends ces éléments de la rubrique citée:

<<Le dernier numéro de Joie vient de me parvenir. Ainsi tu as publié l'article du père Jean-François Var sur la passion du Christ sans les corrections sur lesquelles nous étions pourtant tous deux d'accord.
Alors que tout était pour l'essentiel , si simple à rectifier, Père Jean-François Var a refusé, m'as tu dit , de modifier quoi que ce soit, et ce pour une raison qui m'échappe, car personne n'est infaillible[...]
Dans ce cas pourquoi n'as-tu pas pris tes responsabilités et refusé de publier cet article en l'état?[...]
Ce texte comporte des appréciations [...]qui ne sont pas en accord avec la Foi et engagent notre évêque et notre Eglise, car ces lignes rédigées par un prêtre sont publiées dans notre journal ecclésial etc... [...]
[...] tu m'as dit que tu présenterais mon article comme Une opinion différente. Mais ceci ne peut convenir,[...] car l'expression de la foi par saint Maxime le confesseur ne peut être appelée "une opinion différente" etc...>>


Cacher la vérité lui permettait ainsi de nous donner des leçons de charité chrétienne, c'est de bonne guerre. Et puis nous ça ne peut faire que du bien à notre pratique de l'humilité.
Mais nous nous posons les mêmes questions qu'elle :

JF Var ayant été averti des erreurs que contenait son texte avant sa parution, pourquoi alors a-t-il refusé de revoir sa copie avant de la publier dans le journal de l'ECOF ? Les remarques de Anne-Yvette Le Quéré étaient pourtant parfaitement fondées.
Fallait-il inciter les paroissiens à aller voir ce film quitte à publier un article emprunt de Nestorianisme comme nous l'avons dénoncé plus haut ?
Pourquoi tant d'erreurs au service de cette incitation ?

Le même Var n'écrivait-il pas dans son Homélie du Grand Aumônier du Grand Prieuré des Gaules prononcée en la crypte Saint-Irénée de Lyon , le 3 novembre 2001 à l'occasion de la Fête du renouvellement de l'Ordre et reproduite par Philarèthe dans son message posté le Mar 24 Aoû 2004 11h39 :
<<Si vous lisez - ou parcourez, car c'est assez fastidieux - l'examen détaillé des diverses hérésies à l'oeuvre au temps de saint Irénée, et dont, souvent, nous ne connaissons plus l'économie exacte que par lui, ainsi que par son disciple saint Hippolyte de Rome, qui écrivit une vingtaine d'années plus tard, vous verrez que les mêmes sont toujours à
l'oeuvre de nos jours, quoique masquées sous des noms nouveaux et s'exprimant en termes différents. Toutes ces hérésies sans exception reviennent à nier ou à vider de leur substance les trois dogmes de la foi chrétienne[…]
Les hérésies, toutes sans exception, reviennent à nier tout ou partie de ces dogmes, et tout particulièrement la réalité de l'Incarnation du Verbe, car si le Verbe ne s'est pas incarné, il n'y a plus de i salut possible pour l'homme.[…]
Donc elles nient, ou la réalité de l'humanité du Christ, ou la réalité de sa divinité - et donc dans les deux cas la réalité de sa double nature[…]
Cherchez autour de vous, vous reconnaîtrez des silhouettes ô combien familières.>>


C'est ce que nous avons fait suivant à la lettre les conseils du maître….
Voici un 1er document :
http://www.faits-et-documents.com/archives/123.pdf
Faits et Documents N° 123 du 15 dec 2001 au 15 janvier 2002 Lobbies p 5
Nous lisons ceci :

> Jean-François Var vient de prendre la direction des comptes rendus analytiques du Sénat. Visiteur général des loges écossaises rectifiées de la Grande Loge nationale française, il préside la Societas Rosicruciana in Gallia (SRIG) et appartient à la Fraternelle parlementaire.
Issu d'une famille catholique romaine, cet ancien élève des écoles catholiques s'est séparé de l'Eglise romaine vers 1973, étant très attaché aux rites traditionnels.
Entré en franc-maçonnerie en 1977, il s'est converti à l'orthodoxie sous l'influence de René Guénon.
Cofondateur de la loge RER Rosa Mysticâ de la GLNF, il s'est alors converti à l'orthodoxie dont il est devenu diacre en 1987 et a été ordonné prêtre en 1998 dans le cadre de l'Église orthodoxe de France (ECOF) par Mgr Germain de Saint-Denis (il a retracé son parcours dans Renaissance traditionnelle, juillet 1996).
A noter que l'ECOF pratique le « rite des Gaules », non reconnu ni par l'Eglise catholique ni par les églises orthodoxes officielles, qui est également celui du Grand Prieuré des Gaules (GPDG).
Ayant rompu avec la GLNF à la suite de la crise du RER l'année dernière, Var a participé le 5 novembre, à Lyon, au lancement de la Commanderie de Saint-Irénée, avec Bruno Barde, porte-parole du GPDG, et Daniel Fontaine, Grand Aumônier du GPDG, qui appartient également à l'ECOF, tout comme l'avocat du GPDG, Me Patrick Vilbert. […]


Bruno Barde ? Tiens tiens ! Ce nom n'est pas inconnu.
En cherchant dans le milieu du cinéma nous trouvons ceci :
www.cbo-boxoffice.com/page000.php3?Xnumitem=110
Fiche technique du Film La Passion :

Réalisateur GIBSON
Scénariste BENEDICT FITZGERALD - MEL GIBSON
Directeur de la photo CALEB DESCHANEL
Monteur JOHN WRIGHT
Compositeur JOHN DEBNEY
Décorateur FRANCESCO FRIGERI
Costumier MAURIZIO MILLENOTTI
Producteur ICON PRODUCTIONS
Producteur délégué BRUCE DAVEY - MEL GIBSON - MCEVEETY
Presse BRUNO BARDE LE PUBLIC SYSTEME
Distributeur QUINTA DISTRIBUTION


Ah bien voilà! Presse : Bruno Barde

Alors nous pouvons nous demander :
Y a t-il une relation entre le fait que Var se pique d'un article qui se voulait une réponse aux détracteurs du film, et le fait que le "responsable de presse " dudit film en France appartienne aussi au GPDG où Var est Grand Prieur?

Et l'Evêque Germain qui déclarait dans un document daté du 14/18 mars 1988 et reproduit sur le site de l'ECOF: <<Je veillerai au contenu des éditions et des revues pour qu'elles contiennent les thèmes de la pensée orthodoxe traditionnelle>>L'évêque était-il au courant? - Si , non pourquoi? Comment un article peut paraître, sans qu'il soit au courant, dans la revue dont il a la charge et pour laquelle il s'est formellement engagé en tant qu'evêque? - Si oui, pourquoi n'a-t-il pas obligé son prêtre à revoir sa copie en corrigeant toutes les erreurs très aimablement signalées par Anne-Yvette le Quéré ?

Pourquoi , dans l'orthodoxie, ne réduit-on pas systématiquement à l'état laïc tout membre du clergé appartenant à une société ésotérique?

Jean-Louis Palierne
Messages : 1044
Inscription : ven. 20 juin 2003 11:02

Message par Jean-Louis Palierne » mer. 15 sept. 2004 15:32

J’ai reçu un mail privé d’Yvette Le Quéré à laquelle je ne peux pas répondre “en privé”, car elle n’est pas sur Internet. Je prends donc la liberté de lui répondre sur le Forum sur ce fil en priant les autres participants de m’en excuser.

Yvette,

Je n’ai pas du tout été choqué personnellement, mais plutôt amusé par le fait que tu me rappelles que je suis au soir de ma vie. J’ai déjà eu un certain nombre d’occasions de m’en apercevoir, et une piqûre de rappel n’est jamais inutile. Nous sommes tous éphémères, et je sais que nous sommes de la même génération.

Ce Forum est parfois irritant, et on y est un peu bousculé, moi aussi d’ailleurs, mais il faut comprendre que le sort de l’Orthodoxie en France intéresse au plus haut point un nombre de gens sans cesse croissant, qu’ils viennent d’horizons très différents, qu’ils ont eu des expériences et des formations les plus diverses, et parfois du mal, et à s’informer sur l’Orthodoxie, et à se comprendre entre eux. Pour l’une et l’autre choses, Internet apporte des opportunités très utiles. La vivacité de certaines discussions ne fait que refléter le profond intérêt que tous portent à le vie de notre Église, qui est en vérité notre bien le plus précieux.

Il faut voir aussi que la situation de l’Église orthodoxe en France est telle que nous avons très peu d’occasion de discuter librement de ces questions fondamentales de façon critique. Une censure pesante pèse sur les orthodoxes. Cependant on constate actuellement une émergence des communautés de nouveaux convertis et un besoin de dialogue. Ce Forum en est le meilleur exemple, et il connaît un succès étonnant. Des gens font connaissance entre eux, qui n’auraient jamais eu autrement l’occasion de se connaître.

Comme toujours sur Internet, beaucoup de gens souhaitent dissimuler au public leur identité exacte. C’est la rançon de l’ouverture des débats : n’importe qui peut lire, et beaucoup souhaitent ne pas mélanger leur vie privée, leur vie professionnelle et l’intérêt qu’ils portent à divers sujets. Il y a aussi sur Internet un certains nombre de plaisantins et même d’individus nuisibles, dont on veut se protéger. Je n’ai pas ce genre de craintes et de scrupules et je n’en éprouve que des inconvénients mineurs (jusqu’à présent).

Cela dit sur le fond, reste le problème de saint-Irénée. Tu ne peux pas nier qu’un nombre colossal de personnes qui sont passées à saint Irénée, que ce soit deux heures ou plusieurs années, ont un nombre important de critiques graves à formuler, et que beaucoup de ceux qui y ont cru ont l’impression d’avoir été menés en bateau. Disant cela, je n’ai pas l’impression d’être sous l’effet d’un ressentiment personnel. J’ai rencontré un nombre incroyable de gens avec qui on discute calmement et objectivement de l’Orthodoxie, qui ont au moins un peut d’estime pour elle, ou bien beaucoup, c’est selon, et qui tout d’un coup, à un détour de la conversation s’arrêtent pensivement : « Au fait, est-ce que vous connaissez ? J’ai rencontré un jour… etc. » J’en ai rencontrés partout, et dans des endroits où je ne l’aurais jamais imaginé, et même des vieux copains dont je ne savais pas du tout que… On y croit, un certain temps, plus ou moins long, et puis un jour on ouvre les yeux, on tourne le dos et on se bouche le nez.

Mais ce n’est qu’un élément (et aussi un résultat) de ce qu’on peut appeler le tragique de la situation de l’Orthodoxie en France. Il est bien évident qu’il y en a d’autres, et il y a des choses très grave là aussi.

Que Dieu te garde,
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr

pascal
Messages : 98
Inscription : mar. 22 juin 2004 15:59

Message par pascal » mer. 15 sept. 2004 16:47

ah c'est vous la personne au soir de sa vie?

d'une certaine manière si nous nous comportions tous en considérant au lever que tout est à faire et au coucher que c'était notre dernier jour...nous vivrions davantage dans la crainte du péché, ainsi que dans la prière.

pire, certains sont déjà morts...

Jeanne Saint Gilles
Messages : 154
Inscription : mar. 03 août 2004 18:20
Localisation : Paris 08

Longues années

Message par Jeanne Saint Gilles » mer. 15 sept. 2004 16:57

Ah je comprends, je n'avais rien capté à ces histoires de qui est au soir de sa vie... Cela dit c'est bien car hélas bien de personnes n'arrivent pas au soir de leur vie et ne voient même pas le petit matin...

Bref mais disons selon la tradition russe : Longues années (Noga eleita? si je ne me trompes pas).
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Claude le Liseur
Messages : 4138
Inscription : mer. 18 juin 2003 15:13

Message par Claude le Liseur » mer. 15 sept. 2004 16:57

pascal a écrit :d'une certaine manière si nous nous comportions tous en considérant au lever que tout est à faire et au coucher que c'était notre dernier jour...
C'est une très belle formule.

Jeanne Saint Gilles
Messages : 154
Inscription : mar. 03 août 2004 18:20
Localisation : Paris 08

L'Echelle Sainte

Message par Jeanne Saint Gilles » mer. 15 sept. 2004 16:59

A ce sujet, Saint Jean Climaque dans l'Echelle Siante préconise de se souvenir sans cesse que nous pouvons mourir à n'importe quel moment...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Antoine
Messages : 1782
Inscription : mer. 18 juin 2003 22:05

Message par Antoine » mer. 15 sept. 2004 17:23

Qui sait si demain vous ne vous apercevrez pas que c'était vous qui hier étiez au soir de votre vie...
Woody Allen a écrit :Ce n'est pas que j'ai peur de la mort mais je préfère ne pas être là quand ça arrivera.

Irène
Messages : 941
Inscription : mar. 30 sept. 2003 11:46
Localisation : Genève

Message par Irène » mer. 15 sept. 2004 18:11

C'est parfait, car moi, c'est Eliazar que j'avais cru défendre ! Comme il est provisoirement absent du forum et que je le trouve particulièrement "vivant" j'avais estimé la remarque d'Yvette cavalière.
L'idéal serait de vivre chacune de nos journées comme si c'était la dernière ...

pascal
Messages : 98
Inscription : mar. 22 juin 2004 15:59

Message par pascal » jeu. 16 sept. 2004 11:09

dans l'échelle sainte de Saint Jean Climaque, plusieurs passages sont en rapport avec la mort.

on peut citer:

1er degré de l'échelle sainte

14. J'appelle "moine" l'homme qui, jour et nuit, déteste et pleure ses péchés, et ne perd pas de vue la pensée salutaire de la mort.

2è degré
De la Nécessité de se dépouiller des affections et des soins pour les choses de ce monde.
1. Celui qui aime Dieu de tout son coeur, qui désire ardemment le royaume des cieux, qui travaille avec courage à se purifier des fautes qu'il a faites et à se corriger des mauvaises habitudes qu'il a contractées, qui ne perd jamais de vue le jugement dernier et les supplices éternels, qui nourrit dans son âme la pensée et la crainte de la mort, n'a plus ni amour ni inclination pour l'argent et les richesses, pour ses parents et pour la gloire du monde, pour ses frères et ses amis, enfin pour toutes les choses fragiles et périssables; il en a chassé de son coeur tout sentiment, toute attache et tout souci; il hait même sa propre chair, et, dans l'état d'une nudité parfaite, il s'étudie à suivre le Christ avec une indicible ardeur; il ne soupire qu'après le bonheur du ciel, et c'est de Dieu seul qu'il attend tous les secours nécessaires pour y arriver. Il dit avec David : «Mon âme n'est attachée qu'à toi seul, ô mon Dieu» (Ps 62), et avec un illustre prophète : «Je ne me suis point fatigué en te suivant, Seigneur; et je n'ai pas recherché les jugements des hommes, ni leurs consolations (Jer 17,16).»
2. Eh certes ! il nous serait bien honteux, si, après avoir abandonné toutes les choses dont nous venons de parler, après nous être dévoués, non pas à suivre un homme, mais à servir le Seigneur qui nous a enrôlés sous ses étendards, nous nous amusions encore à chercher des objets incapables de nous procurer le moindre soulagement dans l'extrême nécessité où nous serons à l'heure de notre mort. Nous comporter de la sorte, ne serait-ce pas violer le précepte de Jésus Christ qui nous défend de regarder derrière nous ?
Ne serait-ce pas nous déclarer ineptes pour le royaume de Dieu ?
3. C'est pour nous faire éviter ce malheur, que notre divin Sauveur, qui connaît si bien à quel point notre fragilité nous expose à l'inconstance, et combien facilement notre pauvre coeur se tournerait encore vers les choses de la terre, auxquelles nous avons renoncé, si nous conversions et, que nous eussions quelque commerce avec les personnes du monde, nous adresse ces paroles mémorables, qu'il dit au jeune homme qui, avant de se mettre à sa suite, lui demandait la permission d'aller ensevelir son père : «Laisse, lui répondit-Il, laisse les morts ensevelir leurs morts.» (Mt 8,22).
7. Nous qui avons résolu de poursuivre notre course avec ardeur et promptitude, soyons très attentifs à la condamnation que le Seigneur a portée contre tous ceux qui vivent dans le monastère, et, vivants, sont morts, quand Il dit : «laisse ceux qui sont dans le monde et sont morts, ensevelir ceux qui sont morts corporellement.» (cf. Mt 8,22).

ce ne sont que des extraits, et le temps passe vite, aussi vous m'excuserez de ne pas avoir encore tout annoté sur ce thème.

Quoiqu'il en soit, permettez moi de terminer, pour Jean Louis et toutes les personnes au soir de leur vie (...) par une forme d'encouragement, tirés de la même sainte oeuvre:

24. Parmi ces hommes respectables et dignes d'une éternelle mémoire, j'ai encore remarqué certains vieillards dont la tête était blanchie par les années, et qui ressemblaient plutôt à des anges qu'à des hommes. Or, ces vieillards, conduits et dirigés par l'esprit de Dieu, sanctifiés par les efforts continuels de leur bonne volonté, étaient arrivés au plus haut degré d'innocence, de simplicité et de sagesse; car, alors que les fourbes présentent deux faces : une qui paraît et qu'on peut voir, et une autre qui est cachée et invisible, l'homme ami de la simplicité ne présente, lui, qu'une seule et même face, et se manifeste tel qu'il est. Ces vieillards étaient encore bien loin d'annoncer l'affaiblissement de la raison et de montrer la moindre chose qui portât le caractère de cette puérile légèreté qui fait que, dans le siècle, les vieillards se font si souvent mépriser. Aussi ne voyait-on en eux qu'une douceur charmante, une bonté ravissante et une gaieté pleine de gravité; on ne remarquait rien dans leur conduite ni dans leurs conversations, qui soit dissimulé, étudié, faux, ou peu sincère; chose qu'il est bien rare de trouver parmi les hommes. Leur sainte âme n'avait qu'une seule ambition, c'était de se reposer en Dieu et d'obéir à leur supérieur; c'est pourquoi, tandis qu'à l'égard de leur abbé, ils étaient comme de petits enfants sans malice et sans fraude, ils étaient pleins de vigueur et de courage contre les démons et les vices, et les poursuivaient les uns et les autres avec une espèce de fureur.

PS: les annnotations en gras sont de moi, le reste, je suis bien incapable de l'écrire...

pascal
Messages : 98
Inscription : mar. 22 juin 2004 15:59

Message par pascal » sam. 18 sept. 2004 8:29

Le Christ est une Personne divine, incréée, ayant assumé la nature humaine, créée. Mais, d'après l'expression de saint Irénée de Lyon, répétée par presque tous les Pères, «Dieu S'est fait homme, afin que l'homme puisse devenir Dieu». Donc les personnes humaines, créées, sont appelées aussi à réunir en elles les deux natures - humaine et divine - et à posséder par la grâce tout ce que Dieu possède par la nature qui Lui est propre. En tant que personne, l'homme déifié est un être créé et reste tel, même en participant à la nature divine, même ayant sa nature humaine transfigurée par les énergies incréées. Ainsi Le Christ, Personne Divine, est resté Dieu tout en ayant assumé la nature créée, tout en ayant souffert et étant mort sur la Croix comme un homme.

La distinction entre la personne et la nature dans l'être créé correspond à celle d« image» et de «ressemblance», dont parle la Révélation (Gen. 1, 26-27). L'image - personne toujours unique pour chaque être humain, irremplaçable, indéfinissable parce qu'absolument originale - est liée à la nature commune de tous les hommes. Elle vit et se manifeste dans la nature et par la nature. Appelée à vivre dans la communion avec Dieu, dans la lumière de la Trinité, la personne humaine perdit ce bénéfice lorsque notre nature, viciée par le péché, cessa d'être «la ressemblance» de Dieu. La personne humaine, image de Dieu, attachée à la nature, suivit sa chute et s'engouffra avec elle dans les ténèbres du péché. Au lieu de vivre de la lumière de la face de Dieu, la personne (ou les personnes), après le péché originel, ne peut vivre que de sa nature et encore de sa nature profondément viciée. Bien que restée image de Dieu, elle ne connaît plus la Trinité car la connaissance est une fonction de la nature et la nature est obscurcie. Bien que toujours libre, elle ne garde que la liberté du choix, car la volonté est une énergie de la nature, déchirée par les désirs contraires. Bien que portée vers les buts grands et divins, elle est pratiquement aveugle et impuissante, inapte à bien choisir, n'agissant bien souvent que suivant les inclinations de sa nature, serve du péché.

Ayant assumé notre nature déchue, le Christ par Sa mort sur la Croix et Sa résurrection lui rendit la possibilité de devenir la «ressemblance» de Dieu, d'être la nature pure, apte à recevoir l'Esprit Saint. Et le Saint-Esprit, descendu sur les disciples et descendant sur chaque membre de l'Église dans le sacrement de la Confirmation, confère à chaque personne chrétienne Ses Dons incréés, la grâce déifiante qui doit transfigurer la nature. Ainsi la personne humaine dans l'Église, malgré tous ses péchés, malgré toutes ses défaillances dues à sa nature rebelle, en voie d'ascension lente et pénible vers Dieu, porte en elle deux natures, créée et incréée, et deux volontés, notre volonté encore aveugle et débile, et celle de Dieu, suivant laquelle la personne transforme sa nature par la grâce, «acquiert» la grâce. Les deux volontés, divine et humaine, sont les deux ailes qui nous portent vers l'union parfaite avec Dieu, disait Maxime le Confesseur.

c'est un extrait d'une conférence de Maxime Kovalevsky sur la grâce.
pour lire l'intégralité de ladite conférence, vous pouvez consulter le lien suivant: http://orthodoxie.free.fr/conferences.htm

Georges Papathanassios
Messages : 74
Inscription : ven. 28 janv. 2005 12:12

Message par Georges Papathanassios » jeu. 12 mai 2005 15:43

Dans les Actes des Apotres, (A.2, 23-25), Saint Pierre dit :

"cet homme, livré selon le dessein arrété et selon la prescience de Dieu, vous l'avez fait mourir en le clouant (à la croix) par la main des impies.

Dieu l'a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'il soit retenu par elle.

(...) ce Jésus, Dieu l'a ressuscité; nous en sommes tous les témoins.

(...)Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié."


N'est-ce pas une étrange façon de parler de la divino-humanité du Christ ?
Saint Pierre hérétique ? Qu'en pensez-vous ?

samuel
Messages : 93
Inscription : mer. 17 nov. 2004 13:11

d'un Jean-François à l'autre....

Message par samuel » lun. 30 mai 2005 13:44

Pour compléter le débat posé par le Film La Passion de Gibson et son commentaire par le Grand Aumonier du Rite écofais rectifié, voici le bloc note du jour de Jean François COLOSSIMO, extrait du site Orthodoxie.com animé par Christophe Levallois:

RETOUR SUR LA PASSION SELON GIBSON



En attendant, et sans que le sujet ne nous éloigne trop de la saison liturgique ou même de la Terre sainte, la commercialisation en cassette vidéo et disque Dvd de « The Passion of the Christ » me donne l’occasion de revenir sur le film de Mel Gibson. Lors de la sortie en salle, j’avais refusé de participer à la polémique orchestrée par la production à des fins publicitaires, et m’étais contenté d’indiquer pour « Le Figaro Magazine », à la demande de mon ami Joseph Macé-Scaron, les limites de la quête et des enquêtes afférentes au « Jésus de l’Histoire ». Ce qu’il y avait à penser de cette œuvre en rien pieuse, ripolinant le fondamentalisme le plus épais aux couleurs du divertissement « gore », je l’avais néanmoins consigné dans une lettre à destination de quelques amis prêtres d’Europe de l’Est et d’Amérique du Nord où il se trouvait des voix orthodoxes pour céder à l’engouement général. Pis, certaines d’entre elles louaient Gibson pour la « véracité de son apologétique ». Or ces opinions, à tout le moins hâtives, n’allaient pas tarder à nourrir une autre apologétique, occidentale cette fois, où l’on se félicitait qu’il y ait enfin reconnaissance, de la part de l’Orient chrétien, d’une autre esthétique sacrée que l’icône. Aux Etats-Unis, l’affaire, simple, laissait voir la domination croissante de la « civil religion » et des représentations issues de la mouvance « evangelical » comme culture populaire aboutissant à une « common religion ». En Russie, il y allait plutôt d’une résurgence, le dolorisme latin qui a envahi l’orthodoxie slave à partir du XVIIe siècle, et qui a se su survivre en des vestiges par trop nombreux, opérant là une sorte de « revival ». Mais les « Christian Crusaders » auraient pu faire leur la joie manifeste du frère Pavel Syssoev, dominicain d’origine russe, s’appliquant dans la revue ultramontaine « Képhas » à recenser les divers avis positifs émis sur ce film dans les églises et séminaires de Moscou ou Petersbourg. En voici un florilège : « Une aide catholique à l’œuvre missionnaire orthodoxe » ( B. Kolymaguin) ; « Aucun doute, ce film est chrétien » (V. Stépanov) ; « Un cadre presque iconographique qui renvoie au symbolisme liturgique » (A. Soloviev) ; « Un film à mi-chemin entre le cinéma et le ciné -icône qui viendra un jour » (M. Plotnikov) ; « Pour les gens qui n’entendent pas vivre au sommet du Thabor [sic], le critère ne doit pas être l’hésychasme, mais la question de savoir si ce film rend plus humain » (A. Kuraev) ; « Il est hautement louable que l’œuvre de ce cinéaste occidental puisse aider le spectateur russe à retrouver les principes spirituels de la chrétienté orientale tels qu’exprimés au moment de la renaissance des Paléologues » Triste constat d’une pauvreté philosophique avant même que théologique. Mais, après tout, mon cher père Tom Hopko, à New York, n’avait-il pas embrayé sur le même ton ? D’où la nécessité, face au battage renouvelé que nous vaut la version « support familial et usage privé », de recopier aujourd’hui l’argumentaire d’hier dans ses mouvements essentiels.









ZERO ICONE, ZERO ECRITURE, ZERO CATECHESE



A cogner du regard sur l’affiche de la « Passion », une première prévention serait de mise, symptomatique de l’instinct d’orthodoxie. La question de la « représentation » du Christ a été, on le sait, définie par Nicée II, la prohibition vétérotestamentaire de l’image ayant été levée pour la seule icône en tant que celle-ci suspend, annule, et dépasse l’idole par la « présence » qui la sous-tend et qu’elle rend manifeste en vertu même de l’Incarnation. En cela précisément, et l’anglais là-dessus se montre indépassable, « the icon is not a picture » - ce dernier terme s’entendant a fortiori d’un film. Mieux, elle se révèle théologique à la fois par le type de manufacture qu’elle suppose, la sorte de contemplation qu’elle réclame, qui ne sont pas ceux de l’industrie audiovisuelle. Mais la différence, immédiate si l’on examine l’univers des formes, n’en ressort pas moins cruciale dans l’ordre spirituel. À rebours du cinéma, dont l’envers est la cristallisation de l’imaginaire dans la réception de l’image, l’icône renvoie à un versant apophatique, consistant dans l’épiphanie de l’invisible par la purification du visible. Au plus plein qui veut imposer l’étant s’oppose ainsi le plus vide qui laisse advenir le transcendant. L’ascèse en est le moyen. Pourquoi dés lors, et comme l’aurait dit Simone Veil, « obstruer le canal de la grâce » là où il y a urgence de le désencombrer ?



Le pâtir du Christ appelle la sobriété, la vigilance qui détourne de l’émotion. La Passion s’institue contre les passions. Mais aussi contre la laideur et le ridicule. Or quiconque se fait une quelconque « idée » du mystère risque fort de rire en découvrant, par exemple, l’imagerie « robotique » selon laquelle Mel Gibson conçoit la Résurrection.



Deuxième prévention, toujours instinctivement de mise, s’agissant du cinéma, la prétention irréelle des arts à rendre compte du « réel » se révèle particulièrement trompeuse en l’espèce. Elle l’est d’autant plus qu’il y va, du « story-board » aux « special effects », en passant par le « casting », de susciter ce type singulier de l’adhésion qu’est la croyance en recourant à l’illusion. L’hostilité spirituelle des Pères envers le théâtre se voit ici redoublée. La déflation poétique que provoque l’invasion technique (emploi intensif de la simulation, réduction drastique de l’espace à deux dimensions, distorsion fictionnelle du temps) en est une cause générale. Mais elle se trouve aggravée, en ce cas, par l’idée même de « jouer le Christ ». Que peut signifier en effet « endosser le rôle » du Fils de Dieu, ou encore « incarner » le Verbe incarné ? Sinon pour l’acteur concerné se travestir, se déguiser, parodier, porter un masque sans fond ou revers ? Or cet acteur, on l’a vu ou on le verra dans d’autres films servir d’autres personnages. Et ce, au prix de toutes les méprises, la loi s’appliquant, misère de « l’objectif », à n’importe quelle figure de l’Evangile. Ainsi, c’est entre deux films aux scènes plutôt « hard » auxquelles semble la condamner son irréprochable plastique que Monica Belluci s’est prêtée au « jeu » de Marie- Madeleine, la prostituée repentante – mais dans l’intervalle, précisément, du seul tournage, des seules projections de la bien nommée « Passion » en l’occurrence.



Enfin, par son projet même, nécessairement narratif, tout film de ce type ne peut que reposer, troisième prévention, sur un détournement, volontaire ou involontaire, conscient ou inconscient, du Nouveau Testament. Car les Evangiles ne constituent pas des essais biographiques, mais des discours théologiques. L’échec des diverses « Vies de Jésus » sont là pour le montrer : elles ne renseignent pas sur leur sujet, mais sur leur auteur, dévoilant en fait les présuppositions, modes, idéologies, erreurs du moment. Or cette loi, implacable dans le cas de l’écrit, se révèle meurtrière dans le cas de l’image cinématographique, plus encline encore à l’idolâtrie en raison de la moindre place laissée à l’interprétation par le surcroît de construction et de matérialité qui y détermine le plus infime détail. Avec, pour résultat, que le faux savoir initial se double inévitablement d’une représentation non seulement biaisée mais encore purement artificielle. Qui aurait visionné tous les films portant sur le Christ, des années 20 à aujourd’hui, en portant son attention sur les lieux, les costumes, les décors, pourrait-il en conséquence décrire « la vraie Palestine d’alors » ?



La faillite de « The Passion of the Christ » s’annonce donc prévisible du point de vue d’une théologie orthodoxe de l’icône, de l’Ecriture, de la catéchèse. Mais c’est d’abord une faillite christologique, comme on va le voir.

hilaire
Messages : 297
Inscription : mer. 19 janv. 2005 13:26

Message par hilaire » lun. 30 mai 2005 13:59

Mais c’est d’abord une faillite christologique, comme on va le voir.

ça s'applique aussi bien au film qu'à son commentaire par l'autre jean françois, étonnant!

Répondre