Pour une réponse orthodoxe aux besoins spirituels en Europe

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Antoine
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Message par Antoine »

Qu'il l'ait célébrée n'est pas bien grave à mes yeux . Il l'a fait par sainteté devant les divisions humaines de l'Epoque qui lui étaient insupportables. Il a préféré ce risque à celui de la division humaine sans évaluer toutes les conséquences de cet acte et la portée canonique que certains lui donnerait.

Ce qui est regrettable c'est l'exploitation que l'on fait de sa sainteté et de sa miséricorde pour ratifier un texte hétérodoxe. Et vous tombez dans ce piège.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

J’avais perdu ma connexion Internet pour quelques jours et j’étais muet par force...

En ce qui soncerne les titres, mgr Emmanuel porte le titre de la métropole de France du Patriarcat écuménique, fondée en ... (dans les années 70) par mgr Mélétios. Le métropolite antiochien et l’évêque serbe portent tous deux le titre d’Europe occidentale. Je crois que seuls l’évêque du Patriarcat de Moscou et l’archevêque de la rue Daru n’ont pas de titres locaux.. Je ne comprends d’ailleurs pas très bien comment mgr Gabriel peut continuer à porter le titre d’évêque de Comane alors qu’il est à la tête de l’Archevêché d’Europe occidentale.

Saint Jean Maximovitch a certainement été l’un des plus grands saints de notre époque, un thaumaturge, un missionnaire, un pilier de l’Orthodoxie. Je ne crois pas que ce soit par ignorance qu’il a autorisé la Liturgie de l’ÉCOF. Il était évêque de l’ERHF pour la France. Il l’a étudiée (et il savait étudier sérieusement les questions liturgiques).

Il a cru devoir prendre ce risque. Il en connaissait les faiblesses, qu’il a probablement sous-estimées. Il a adressé une mise en garde à l’ÉCOF, dont le contenu reste pour le moment secret. L’ÉCOF a probablement été son erreur. Je ne partage pas forcément l’opinion du hiéromoine breton-grec (que je connais depuis longtemps et qui est maintenant archimendrite).

Je crois que le jugement d’Irène-Monique sur la prétendue “Liturgie des Gaules” est tout à fait excellent: «Je trouve la démarche de ceux qui ont fabriqué la liturgie écofienne démoniaque, car il y a assez d’orthodoxie pour tromper (saint Siméon le nouveau théologien est orthodoxe), et aucun respect de la tradition, des Pères et des canons, il ne peut donc pas y avoir certitude du respect de la foi orthodoxe.» C’est tout à fait cela. J’ajoute que l’ÉCOF a savamment créé un véritable état de dépendance, analogue à une drogue, chez ceux qui n’ont pas su s’arrêter à temps. Elle vient de son communautarisme obsessionnel, qui n’a rien à voir avec la tradition occidentale, meis vient du modernisme russe.

Cela n’a rien à voir avec une acclimatation de l’Orthodoxie en Occident. L’Orthodoxie telle que nous la présentent les Églises de pays de tradition orthodoxe convient parfaitement aux besoins spirituels des occidentaux. Le seul problème est que les Églises des nations orthodoxes veuillent bien nous présenter leur trésor orthodoxe en oubliant leurs attachements aux États-Nations.

C’est ce qu’avaient su faire les missionnaires de l’Église orthodoxe russe en Sibérie, en Chine, au Japon, en Alaska. Mais tant qu'un évêque ne prend pas l'initiative de réunir les fidèles autour de lui, nous pouvons youjours étudier la Tradition orthodoxe et en discuter, nous ne pouvons rien faire de concret et de positif.

Dieu veut exercer notre patience en tolérant que ses évêques soient muets (dans le meilleur des cas). Je prends mes risques très consciemment en disant que je pense qu’il y a maintenant un évêque qui a l’intention de prendre ses responsabilités au sérieux sans se lier à une tradition particulière.

Très logiquement, Irène me demande d'indiquer sur quoi je me fonde. Je ne peux pas m’étendre plus sur ce sujet. J’entends et je vois beaucoup de choses et d’éléments divers. Je ne prends rien à la lettre, constamment je m’efforce d’analyser ce qui se passe et ce qui se dit. Je présente donc mon interprétation telle qu'elle découle de ce que je sais, et je croyais devoir en faire part.
Jean-Louis Palierne
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Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

Jean-Louis Palierne a écrit :
Cela n’a rien à voir avec une acclimatation de l’Orthodoxie en Occident. L’Orthodoxie telle que nous la présentent les Églises de pays de tradition orthodoxe convient parfaitement aux besoins spirituels des occidentaux.
Là, je suis entièrement d'accord. L'âme chrétienne est naturellement orthodoxe. Et, sur le plan liturgique, je ne vois pas en quoi le rite byzantin célébré en langue française serait exotique ou étranger.

A l'intention de Volodimir, je signale que j'ai mentionné dans le post consacré au concile de Tolède le fait qu'il est en réalité impossible de reconstituer la liturgie gallicane d'avant Charlemagne. Ni même l'authentique liturgie romaine célébrée jusqu'au IXème siècle. La volonté de détruire le passé orthodoxe a été telle que l'on n'a (à ma connaissance) jamais retrouvé un seul texte complet du rite romain traditionnel (pas celui que défendent les kto intégristes: le vrai rite d'avant les temps carolingiens).

C'est un passé que l'on ne pourra pas faire revivre à travers la liturgie. Nous ne pouvons le faire revivre, essentiellement, qu'à travers les anciens saints de nos pays. Ce que fait Eliazar sur notre site et ce que j'essaie de faire dans la rubrique calendrier des saints.

teddy6424
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L'élargissement de l'Europe , chance pour l'orthodoxie?

Message par teddy6424 »

L'actuel élargissement de l'Union Européenne sera-t-il une chance ou un risque pour l'orthodoxie?
Je ne puis trancher.
Certes , la Grèce , avec l'entrée de Chypre est moins seule, mais cela reste bien maigre avec le poids de la Pologne et de la Lithuanie et des deux autres états baltes luthériens, d'une Hongrie partagée entre catholiques et calvinistes, de la Slovénie , de la Tchéquie , de la Slovaquie et de la très catholique Malte..
En attendant l'entrée de la Roumanie , de la Bulgarie et de l'Ukraine qui restent à la porte.
La Croix est la volonté prête à toutes les douleurs.
Isaac le Syrien

Le silence est le mystère des siècles futurs.
Id.

Antoine
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Message par Antoine »

Je ne crois pas que ce soit par ignorance qu’il a autorisé la Liturgie de l’ÉCOF. Il était évêque de l’ERHF pour la France. Il l’a étudiée (et il savait étudier sérieusement les questions liturgiques).
Comme tous ceux auxquels on a proposé d'étudier le texte il n'aura jamais vu les sources. Et c'est sur le mensonge des sources qu'il aura été abusé.
Je crois que le jugement d’Irène-Monique sur la prétendue “Liturgie des Gaules” est tout à fait excellent: «Je trouve la démarche de ceux qui ont fabriqué la liturgie écofienne démoniaque, car il y a assez d’orthodoxie pour tromper (saint Siméon le nouveau théologien est orthodoxe), et aucun respect de la tradition, des Pères et des canons, il ne peut donc pas y avoir certitude du respect de la foi orthodoxe.» C’est tout à fait cela. J’ajoute que l’ÉCOF a savamment créé un véritable chez ceux qui n’ont pas su s’arrêter à temps. Elle vient de son communautarisme obsessionnel, qui n’a rien à voir avec la tradition occidentale, meis vient du modernisme russe.
Jean-Louis,
Peut-on distinguer la liturgie "dite des gaules" de ce communautarisme? Les questions de Volodimir portaient excusivement sur le texte lui-même et non pas sur l'Ecof en tant que telle. Le texte génère -t-il de par lui même cet " état de dépendance, analogue à une drogue"?

J'ai souligné que jusqu'à présent seul la liturgie dominicale avait été examinée et pas tout le cycle. Nicolas Lossky avait été chargé d'étudier cette liturgie et dans le rapport qu'il a remis à l'assemblée des évêques il n'a rien mentionné de négatif ni de non orthodoxe. Et je crains que l'assemblée n'ait avalisé le texte.
Maintenant qu'en est-il du reste du cycle?
Avez-vous sur le texte , vous ou Irène-Monique des éléments précis qui puissent exliquer cet état d'Esprit écofien que j'attribuais pour ma part dans mes messages précédents à d'autres facteurs que celui du texte liturgique.

Par ailleurs je me demande si le fait que ce texte, composé de toute pièce par des gens qui n'avaient rien de la sainteté des Pères qui ont enrichi notre cycle liturgique orthodoxe, est encore qualifiable de sainte liturgie ou de divine liturgie. Quelle qu'en soit parfois la beauté il ne me semble pas être le résultat d'une oeuvre commune entre l'Esprit Saint et le mélode ou le liturge. J'ai plus l'impression d'avoir commerce avec un texte universitaire que d'être en communion avec une philocalie liturgique.
Et le fait qu'on s'adresse à des universitaires pour juger d'un texte qui demande à être pratiqué plutôt qu'analysé dans tous ses recoins me laisse perplexe. Car seule cette pratique pourrait donner un avis correct. Il faudrait pour ainsi dire le faire tester pendant un ou deux cycles par un monastère orthodoxe de Tradition liturgique "chrysostomale" et regarder empiriquement les effets qu'il produit.
La façon dont l'assemblée des évêques cherche à cerner le problème me laisse dubitatif quant aux résultats. Bientôt on créera dans nos instituts un doctorat en spiritualité avec examens et thèse et mention spéciale pour celui qui aura les larmes pendant la prière du Nom.
Rien qu'à voir comment l'assemblée des évêque a ratifié la traduction française du tropaire dominicale du ton 1 on peut se poser des questions. Et c'était quand même moins épineux que de ratifier la liturgie des Gaules.

Je suis inquiet qu'on ne se soit pas simplement contenter de vérifier l'absence de sources authentiques qui privent le texte de toute Tradition pour le mettre ainsi tout simplement au pilon.
Les éléments de diplomatie ecclésiale qui doivent tenir compte du rôle des différents synodes qui ont trempé leur encensoir dans cette aventure sont plus importants que la nocivité du texte.
Et je ne pense pas que corriger ce texte par ci par là le rendra moins nocif car cette nocivité lui est antérieure: elle réside dans l'intention qui lui a donné naissance.

Volodimir
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Message par Volodimir »

Antoine écrit: "J'ai souligné que jusqu'à présent seul la liturgie dominicale avait été examinée et pas tout le cycle. Nicolas Lossky avait été chargé d'étudier cette liturgie et dans le rapport qu'il a remis à l'assemblée des évêques il n'a rien mentionné de négatif ni de non orthodoxe. Et je crains que l'assemblée n'ait avalisé le texte."

Est-ce vrai ?

Une fois j'ai été dans une paroisse roumaine à Louveciennes, il n'y avait que des français et ils célébraient cette Liturgie. On m'a dit que l'Archevêque Roumain pour la France l'autorisait dans le cadre d'un doyenné. Cette autorisation viendrait donc de l'autorisation de cette liturgie par l'Assemblée des Evêques Orthodoxes en France ...

Antoine
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Message par Antoine »

Volodimir,
La paroisse de louvecienne est issue des divisions internes à l'Ecof . Elle une ancienne paroisse de l'Ecof qui s'est séparée en deux lorsque la Roumanie a rompu ses relations canoniques avec l’Ecof. Une partie s'est retirée à Saint Germain en Laye au carrefour des 4 routes et est restée rattachée à L'Ecof et l'autre à Louvecienne, rattachée au patriarcat de Roumanie.
Le Père Marc Antoine Costa de Beauregard, qui a joué un rôle éminent au sein de l'Ecof, en est le recteur. Mgr Joseph l’a élevé il y a quelques semaines à la dignité de protoprêtre et de doyen pour le doyenné de France. Il dessert également la chapelle Sainte-Cécile à Cherbourg et la nouvelle paroisse de la métropole roumaine à Montpellier.

Les paroisses ex-Ecof rattachée à la Roumanie avaient déjà l’autorisation de célébrer le rite de Germain de Paris plusieurs fois dans l’année. C’est pour cela que vous avez assisté à cette liturgie.

L’acceptation de cette liturgie est bien antérieure à la constitution de l’Assemblée des Evêques ; Beaucoup y ont participé: Métropolite Eleuthère, Monseigneur Winnaert, la confrérie Saint Photius, la Patriarchie de Moscou, P. Kovalevsky, le Métropolite Euloge, R.P. Lev Gillet, Monseigneur Jean Maximovitch, patriarcat de Roumanie et ses liturgistes etc... Wladimit Lossky écrivait:<<l'Orthodoxie occidentale qui vient de naître a eu le mouvement de Monseigneur Winnaert pour «causa materialis», la Confrérie Saint Photius pour «causa efficiens», la Patriarchie de Moscou pour «causa formalis» et, pour «causa finalis», cause finale et suprême, elle a la Providence divine qui réunit et dirige toutes les autres causes dans le monde créé. >>

Vous trouverez sur le site de l’Ecof http://orthodoxie.free.fr
l’article de Wladimir Lossky à l’adresse suivante : http://orthodoxie.free.fr/pour%20une%20 ... entale.htm

L’Ecof n’étant pas canoniquement reconnue pas les autres évêques orthodoxes , sa liturgie n'était donc pas célébrée ailleurs qu'en son sein, bien que beaucoup d’Evêques et de Théologiens liturgistes l’ait approuvée. Et comme Moscou puis l'ERHF et la Roumanie ont rompu toute relation canonique avec l'ecof, on ne sait plus si ce qui a été approuvé l'est toujours. Maintenant qu’une partie de l’Ecof a fait scission pour rentrer dans une juridiction patriarcale orthodoxe historique, ses adeptes font pression pour que leur liturgie soit autorisée. Cela fait même partie de la transaction de rattachement. C’est ainsi que l’affaire est arrivée à l’ordre du jour de l’A.E.O.F. Le problème n'est plus de la reconnaître mais d'en autoriser la célébration. Et que cette autorisation soit donnée au compte gouttes montre bien l'embarras des juridictions qui ont trempé dans cette aventure. Ou bien cette liturgie est bonne et il n'y a aucune raison de l'interdire , ou bien elle est mauvaise et il n'y a aucune raison de l'autoriser épisodiquement. Il y a des concessions bizarrement sentimentales ou des décisions qu'on nous présente sous l'étiquette de la pédagogie alors qu'elles ne sont que l'expression de trahisons passées ou présentes.

Dans l'article de Wladimir Lossky vous trouverez ceci qui justifie l'appellation de "patchwork" de cette liturgie:( je précise que cet article n'est pas une critique de sa part, Wladimir Lossky ayant été le chef de la confrérie Saint Photius, mais une contribution à la liturgie de St Germain de Paris)

Il importe donc de parler des choses moins connues, et de dire quelques mots sur les travaux continuels […],de la Commission provisoire, organisation diocésaine, instituée comme telle au mois de janvier 1937 par S.E. le Métropolite Eleuthère peu avant son arrivée à Paris. Toute la partie technique de l'oeuvre de réunion fut réalisée par la Commission provisoire : traductions des textes ecclésiastiques nécessaires, formalités de chancellerie, établissement d'un programme précis de l'oeuvre de réunion et des ordinations, qui devait durer plus de deux semaines. En outre, la Commission provisoire dût procéder à une première réforme de la liturgie catholique-évangélique, en exécutant, d'abord, le strict minimum exigé par le décret du Patriarcat de Moscou.
Ces corrections furent revues ensuite par Monseigneur Winnaert et le Frère Eugraph, et présentées, avec l'ancien texte de la liturgie, à l'approbation de S.E. le Métropolite Eleuthère. Plus tard, la préparation d'une nouvelle édition imprimée de la liturgie obligea la Commission à reprendre de nouveau et à pousser plus loin cette oeuvre de correction des textes. Il ne faut pas oublier que la liturgie de Monseigneur Winnaert, quoique orthodoxe par son intention, est née dans des milieux étrangers à l'Orthodoxie elle comprenait plusieurs éléments qui trahissaient des influences hétérodoxes et, à ce titre, devaient être modifiés, mais modifiés de manière à ne pas endommager l'ensemble liturgique, la structure intérieure du texte.


Ci- dessous un exemple de correction. Il y a de qauoi sauter au plafond car la question n'aurait même pas dû se poser à l'Orthodoxie:

<<Je ne citerai, pour être bref, qu'un exemple caractéristique : « Jésus-Christ, notre Seigneur » qui vit et règne avec Dieu le Père en l'unité du Saint-Esprit, («in unitate Spiritus Sancti») est une conséquence évidente du filioquisme romain ; elle est dogmatiquement injustifiable, en tant qu'elle fait de la Personne du Saint-Esprit une simple fonction d'unité du Père et du Fils, leur amour commun, «nexus amoris». Il était évident, que cette formule, qui se trouvait aussi dans la liturgie catholique-évangélique, devait être modifiée. Mais il fallait que cette modification fut justifiée historiquement, tenant compte des objections et critiques possibles de la part des érudits catholiques-romains. On dut recourir à l'examen des anciens manuscrits liturgiques des «fonds latins» de la Bibliothèque Nationale et à une étude plus générale des doxologies latines. Il apparut que ces doxologies commencèrent à subir une modification dès le VIIe siècle, sous l'influence des conciles de Tolède où les formules filioquistes furent introduites pour la première fois en Occident. Mais le texte des doxologies antiques n'était mentionné nulle part. Les missels de la Bibliothèque Nationale, qui datent pour la plupart des VIIIe, IXe et Xe siècles, et ont été écrits dans l'entourage des Carolingiens, propagateurs acharnés du filioquisme, portent déjà la formule : «in unitate Sancti Spiritus». Nous fûmes donc obligés de recourir aux trois Sacramentaires les plus anciens, Leoninum, Gelasianum, et Gregorianum. Les éditions critiques de ces textes faites par Feltoo, Wilson et Ménard, avec renvois aux variantes des différents missels (du VIIe et VIIIe siècles), nous permirent enfin de révéler la formule trinitaire primitive des liturgies occidentales. Elle apparaît le plus souvent dans le Missel Gallican (édité par Gerbert, dans «Monumenta vetus liturgiae Alemannicae, 1777). La voici : « qui vivit et regnat cum Deo Patre et Spiritu Sancto». >>

Avouez que ça vaut quand même son pesant de cacahuètes!

Autre chose encore dans cet article qui concerne les vues que nos prédécesseurs avaient de l'Eglise Locale:

En 1930-1931, au moment de la séparation du Métropolite Euloge de l'Église de Russie, lorsque les questions canoniques passèrent au premier plan, une définition canonique pour l'Orthodoxie occidentale à venir devint nécessaire. Elle fut formulée, en termes généraux, de la façon suivante :
- le territoire écclésiastique d'Occident, comme tel, appartient au Patriarcat de Rome. Donc, aucune des Églises locales d'Orient, ni celle de Constantinople, ni celle de Russie, ne peuvent s'approprier ce territoire en y fondant des diocèses nouveaux (par exemple, un diocèse de Paris, un diocèse de Rome, etc.). Une Église locale d'Occident ne pourra naître que du sol même de l'Occident, comme résultat d'une mission, d'une restauration de l'Orthodoxie occidentale avec ses traditions, son rite, sa spiritualité, le culte de ses Saints locaux. Ce but, qui ne sera réalisé, probablement, que par les générations suivantes, exige une collaboration des orthodoxes de nationalités différentes résidant en France et gouvernés par les Exarques légitimes de leurs Églises Mères. Encore une fois, cette formule se trouve dans la ligne de la pensée du Métropolite Serge de Moscou qui, tout en réfutant les prétentions du Métropolite Euloge, se basait sur le même principe : impossibilité pour une Église locale d'Orient de fonder un diocèse normal sur l'ancien territoire du Patriarcat de Rome.


Pour ma part je persiste à penser que tant qu'on tiendra Rome pour une Eglise, ce n'est même pas la peine d'envisager une Eglise Locale. car l'Eglise locale ne peut viablement se fonder que sur l'affirmation que seule l'Eglise orthodoxe est la seule et unique véritable Eglise du Christ. Cela suppose donc qu'il n'y a pas lieu de tenir compte de Rome dont les positions schismatiques et hérétiques ont interrompu toute succession apostolique.
La France n'est vraiment pas mûre pour l'Eglise locale...
Ce serait un désastre!

Volodimir
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Message par Volodimir »

Merci Antoine pour cette réponse documentée et d'une grande précision!

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Je n’ai aucune intention de défendre la Liturgie dite “des Gaules”. Ma réflexion adressée à Irène-Monique voulait simplement la féliciter d’avoir souligné le caractère composite de cet ensemble qui trompe le client.

Je ne suis pas qualifié pour apprécier savamment le caractère historique de cette composition. Il me semble qu’il est fort mince. L’ élément dit “oriental” (c’est leur terminologie) est très prédominant, mais détaché de la référence traditionnelle. C’est parce qu’elle avait souligné cela que je trouve excellente la remarque d’Irène-Marie.

Il y a au principe même quelque chose de pervers à vouloir à toute force exprimer quelque chose d’original par rapport à la Tradition de l’Église. Je tiens pour ma part que si les communautés qui se voulaient “différentes” ont disparu de la scène orthodoxe, il ne faut pas chercher à invoquer les désastres de l’Histoire (p. ex. les invasions barbares) comme excuse, pas plus que les péchés des hommes (les menées ténébreuses de certains clans). Ces raisons ont joué, mais la disparition des traditions qui se voulaient différentes de la communauté byzantine n’aurait pas eu lieu si la Providence avait voulu qu’elles ne disparaissent pas. La Providence aurait parfaitement su surmonter les désastres de l’histoire et les faiblesses des pécheurs si elle avait voulu que ces “autres traditions” survivent.

Prenons donc la Tradition orthodoxe telle qu’elle nous est présentée dans sa forme byzantine, elle nous convient parfaitement, sans que nous allions chercher à l’adapter à l’archéologie locale. Quand je parle d’Église locale, je n’entends parler que d’une Église de forme byzantine. Simplement n’oublions pas de commémorer les saints locaux. C’est tout. Quand une Église locale d’Europe occidentale spirituellement mûre aura fleuri par la Grâce de Dieu, il lui sera possible d’introduire dans la Tradition commune de l’Orthodoxie quelques éléments particuliers (je pense surtout à la célébration de la Toussaint, qui représente pour des millions de Français le seul vestige de vie spirituelle, et qui avait été créée par l’Église latine antique pour supplanter les rites païens qui ont survécu dans Halloween). Mais cela ne sera possible que lorsqu’il y aura un synode d’évêques locaux.

À mon avis, l’originalité de la liturgie de l’ÉCOF tenait surtout à ce qu’elle a profité de l’occasion qu’offrait “l’exception occidentale” par rapport aux juridictions orthodoxes pour réaliser une liturgie communautaire et même obsessionnellement communautarisante, avec réponses communautaires, chant choral omniprésent, anaphore à haute voix, litanies avec les noms des “intentions”, procession qui fait le tour de l’assemblée, baiser de paix à la chaîne, etc. C’est cet ensemble d’éléments, directement inspirés de ce que voulaient les modernistes russes, cherchant à se démarquer des liturgies ennuyeuses et désincarnées des Églises orthodoxes d’ailleurs, c’est cet ensemble qui a créé une drogue plaçant les fidèles sous dépendance, comme on peut le voir dans l’itinéraire douloureux de ce qui a suivi la rupture de la communauté.

Mais une Église locale conforme à la tradition byzantine n’est pas une utopie inaccessible. Au contraire, je pense que cette perspective est moins lointaine qu’elle ne le paraissait récemment. Et une Église locale est indispensable (à condition qu’elle soit vraiment orthodoxe, c’est-à-dire vraiment conforme à la tradition byzantine) parce qu’elle suppose que les juridictions ethniques, c’est-à-dire les filiales ethniques organisées pour leurs seuls émigrés par les Églises-mères des pays de tradition orthodoxe, laissent la place à une Église locale territorialement unique, avec un évêque unique, ou un synode local unique (métropolites + suffragants).

Il y a là un principe fondamental de l’ecclésiologie orthodoxe : un seul évêque dans une circonscription donnée (on devrait dire une éparchie, plutôt qu’un diocèse).. C’est cela que l’on appelle l’Église locale. Donc un seul évêque orthodoxe ayant la charge de l’ensemble des fidèles orthodoxes du territoire français, ou bien plusieurs évêques dans autant de diocèses dans ce territoire, et toujours réunis en un synode pour un ensemble géographique. On pourra le jour venu imaginer toutes sortes de découpages et de sous-découpages, en fonction du nombre et de la répartition des fidèles, mais le principe de l’organisation métropolitaine doit toujours subsister : un seul évêque dans une circonscription donnée, et un synode d’évêques pour un groupe de circonscriptions. Notons aussi que l’Église orthodoxe a toujours eu pour principe de suivre, pour son découpage territorial, le découpage administratif du pouvoir civil.

L’erreur majeure de l’organisation de l’Église orthodoxe à notre époque est la cohabitation, dans les régions du monde qui ne sont pas de tradition orthodoxe, de multiples communautés-filiales des Églises nationales des pays de tradition orthodoxe. C’est ainsi qu’en France nous avons trois juridictions “russes”, une juridiction “serbe”, une juridiction “roumaine”, une juridiction “antiochienne”. Quant à la métropole du Patriarcat écuménique, elle se comporte en fait en juruduction “grecque”. Avant même de dire notre douleur de ne pas voir une juridiction qui s’occupe de nous, Français, il faut crier que cette organisation est inacceptable de la part de l’Église orthodoxe. La bonne tradition théologique et canonique de l’Église orthodoxe condamne avec vigueur ce type de pratiques.

Il ne doit y avoir pour un lieu donné (une circonscription territoriale plus ou moins étendue) qu’un seul évêque. Si les fidèles se multiplient au point que l’évêque n’a pas la possibilité de s’en occuper, on doit découper son territoire. Le fidèles issus de différentes nations, parlant différentes langues, doivent être à la charge d’un unique évêque. Il est parfaitement possible à cet unique évêque de demander à un prêtre de desservir un groupe de fidèles au sein de son éparchie (diocèse) issus d’une autre région et parlant une autre langue, mais toujours sous sa responsabilité à lui, l’unique évêque (il existe ainsi à Athènes une église slavophone, partie intégrante de l’Archevêché d’Athènes).

Lorsque certains parlent, en France, de restaurer le principe de l’Église locale, c’est seulement dans ce sens qu’on doit le comprendre, et c’est alors un principe tout à fait fondamental de l’ecclésiologie orthodoxe.
Jean-Louis Palierne
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Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Terry 6424 (Quel curieux nom de famille ! Est-ce originaire de Tasmanie?) se demande si l’élargissement de l’Union Européenne sera favorable à l'Orthodoxie. J’ai l’habitude de ne pas parler politique ici (ni aillaurs). Je ne crois pas que les puissances de ce monde, et donc leur “politique”, puisse nous apporter le salut. « Ne mettez pas votre confiance dans les princes, dans les fils des hommes, car ils ne peuvent sauver. » (Psaume 145:3)

Peut-il exister une forme d’organisation du monde qui soit meilleure que l’organisation présente ? Il me semble que si l’Union européenne réussit non seulement à durer, mais à s’affermir, ce sera mieux que la multiplicité actuelle des Étatx-Nations. L’Union européenne ne sera sûrement pas un état d’harmonie et de paix fraternelle. Il y aura autant de problèmes que dans les États-Nations actuels, mais à une autre échelle, et ce sera mieux parce que ce peut être un pas vers la multi-polarité de la vie mondiale.

Mais je ne crois pas du tout que ce sera le Paradis sur terre.

D’autre part il me paraît que l’UE ne pourra pas être aussi délibérément et aussi totalitairement anti-religieuse que l’est la France. Je ne crois pas que l’influence intellectuelle et médiatique qu’acquerra peu à peu l’Europe puisse être aussi a-spirituelle que l’est l’intelligentsia française, pour qui les religions (on doit toujours en parler au pluriel) ne peuvent être considérées que comme des curiosités exotiques ou archéologiques, ou de généreux et inexprimables élans du cœur, toujours objets d’analyse pour la psychologie des profondeurs.

Il me semble aussi que l’UE ne peut que désirer reposer sur une coexistence catho-protestants-orthos. Elle ne peut pas nier l’existence en son sein de peuples orthodoxes, qui sont plus attachés à leur Église (même quans ils n'y mettent pas les pieds) que les fidèles des Églises catholique et protestantes (et elle a déjà commencé à prendre des contacts avec les Églises orthodoxes) et aussi parce que l’UE ne peut pas laisser la question religieuse creuser la distance qui sépare la Russie de l’Europe. Il sera moins facile à la Russie de s’écarter durablement de l’Europe si l’Église orthodoxe est présente en Europe.

Le problème le plus difficile à surmonter est que la présence de l’Orthodoxie en Europe oblige l’Europe à faire un choix entre les patriarcats, et que l’Europe ne peut accepter de traiter qu’avec le patriarcat œcuménique. Or celui-ci semble bien incapable d’assumer sérieusement ses responsabilités.

Lorsque nous parlons des problèmes d’Église entre Français, il nous semble toujours incongru qu’on puisse même évoquer la possibilité d’une intervention des pouvoirs publics. L’Église doit toujours être jalousement tenue à l’écart des enjeux de pouvoir, car le pouvoir est toujours suspecté de vouloir contrôler la religion à son profit.

Mais ce n’était pas du tout l’état d’esprit de l’Église ancienne. L’Empire savait parfois rappeler certains évêques à plus de sérieux. Par exemple le dénouement de la crise iconoclaste doit beacoup à l’intervention de de la famille impériale. Il peut très bien arriver que les pouvoirs publics expriment la voix du peuple royal, lorsque celle-ci ne parvient pas à se faire entendre des clercs. Il y a nécessairement une dualité (les théologiens byzantins l’appelaient une “symphonie”) entre le pouvoir civil, qui par nature tente d’obtenir un consensus au niveau d’une spciété aussi globale que possible, et la fonction des évêques qui ont vocation a être très répartis ville par ville. C'est la différence entre la politique et le sacré.
Jean-Louis Palierne
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Monique
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ECOF

Message par Monique »

Je remercie beaucoup Jean-Louis pour ces derniers messages sur la liturgie de l’ECOF, c’est tout à fait ce que j’ai découvert ces derniers mois.
Par contre quand je fais part de ces découvertes à ceux qui désirent à tout prix garder la tradition soi-disant occidentale, je me vois répondre qu’ils seront très contents pour moi si je trouve une tradition qui me convient, mais que je n’ai plus ma place chez eux. Il n’y a chez eux aucun désir de la vérité.

Jean-Louis Palierne a dit: « J’ajoute que l’ÉCOF a savamment créé un véritable état de dépendance, analogue à une drogue, chez ceux qui n’ont pas su s’arrêter à temps. Elle vient de son communautarisme obsessionnel, qui n’a rien à voir avec la tradition occidentale, mais vient du modernisme russe. »
J’avais remarqué cet état de dépendance avec Béthanie, où pendant 1 ans je n’ai pas cessais d’y aller pensant toujours y trouver une solution au déséquilibre psychique que je vivais depuis le voyage à Jérusalem que j’avais fait avec eux. On y apprend à décoller mais pas à atterrir !

Par contre, je n’ai pas assez de recul pour prendre la mesure d’un état de dépendance vis à vis de l’ECOF et succession.
Mais je remarque :
- que l’aspect communauté est plus important à leurs yeux que la confession de la foi orthodoxe ;
- que c’est le paradis des manipulateurs ; quand ils ne peuvent plus manipuler une personne, ils cherchent à la faire partir et à recruter des nouveaux encore incapables de comprendre qu’ils sont manipuler. Je dois être très naïve car j’ai mis 10 ans à comprendre ce système.

Antoine : « Peut-on distinguer la liturgie "dite des gaules" de ce communautarisme? Les questions de Volodimir portaient exclusivement sur le texte lui-même et non pas sur l'Ecof en tant que telle. Le texte génère -t-il de par lui même cet " état de dépendance, analogue à une drogue"? »
Je ne sais pas si le texte génère par lui-même cet état de dépendance, car un texte liturgique ne peut pas être séparé de l’ensemble liturgique et de la manière de célébrer, chanter et proclamer.
Mais je peux témoigner que les chants, et surtout ceux de la Semaine Sainte sont construit de manière à provoquer des émotions (tout le monde peut le vérifier en étudiant ces chants) ; et quand des personnes parlent de ces émotions, on les culpabilise en leur disant que ce n’est vraiment pas orthodoxe et pas bien du tout de tomber dans le « pathos ».


Et je peux aussi témoigner que quand j’étais à l’ECOF il m’a été impossible de prier en même temps selon les deux liturgies (au sens large), à chaque fois que je l’ai fait j’ai été comme coupée en deux à l’intérieur, et j’ai été obligée de choisir.

Antoine
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Inscription : mer. 18 juin 2003 22:05

Message par Antoine »

« Peut-on distinguer la liturgie "dite des gaules" de ce communautarisme?
Le texte génère -t-il de par lui même cet " état de dépendance, analogue à une drogue"? »
Pour une étude qui avalise ou non le texte c'est pourtant le texte seul qui sera examiné hélas.

Volodimir
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Message par Volodimir »

Je crois qu'il ne faut pas confondre. Etre organiquement dépendant d'une Sainte Liturgie est je crois salutaire, entrer de tout son être dans la louange, dans le rythme liturgique est je crois désirable.

Qu'il y ait des communautés comme l'Ecof, jeunes par rapport à des Eglises Orthodoxes et leur diaspora, nourries depuis des générations au sein de l'Orthodoxie, et que ces communautés vivent mal ou tumultueusement leur état ecclésial, d'autant plus mal que dans une situation éloignée des saints canons de l'Eglise du Christ, et privées par divers aléas de la communion avec les autres Eglises Orthodoxes, cela ne doit pas surprendre!

Si l'Esprit Saint est présent, et que l'Ecof est Orthodoxe, nous le verrons à l'épreuve du temps. Si ce n'est pas le cas, elle disparaitera purement et simplement.

Antoine
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Inscription : mer. 18 juin 2003 22:05

Message par Antoine »

Si l'Esprit Saint est présent, et que l'Ecof est Orthodoxe, nous le verrons à l'épreuve du temps. Si ce n'est pas le cas, elle disparaitera purement et simplement
.Bof bof bof... Depuis la Résurrection Satan est toujours à l'oeuvre dans le monde et les sectes pullulent.
Les pré-chalcédoniens n'ont toujours pas ratifié Chalcédoine depuis 1500 ans, le catholicisme romain sévit depuis plus de 1000 ans et le protestantisme a déjà plus de 500 ans avec environ 400 sectes. Le judaïsme existe toujours. Le boudhisme, l'hindouisme aussi etc...
Alors lier la longévité d'une secte à la présence ou non de l'Esprit me semble une pensée bien hasardeuse qui ne trouve pas d'illustration dans ce monde. Quand le Christ reviendra, trouvera-t-il encore la Foi sur terre?That is the question...

Heureusement que les Pères ont lancé des anathèmes et ne se sont pas contentés d'une pensée aussi doucereuse.

milano
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Message par milano »

Cette dernière intervention est absolument choquante et inacceptable pour tout croyant se référant à l'Esprit. Sans tomber dans l'oecuméniisme béat, rappelons-nous que ce qui définit une secte est, justement, son isolement, sa fermeture au monde ...
Qui sommes-nous, nous orthodoxes, pour juger ainsi des autres religions?
Sommes-nous sûrs que notre Eglise "plurielle" montre toujours le bon exemple?
S'il y a une vraie joie, j'ose dire une vraie fierté d'être orthodoxe en réponse à l'élection de Dieu sur chacun d'entre nous, les Pères nous ont bien enseigné que l'orgueil est le pire des défauts.

Au lieu de baisser la tête pour se regarder le nombril, élevons-là pour regarder le Père qui est dans les Cieux.

Dieu merci, les anathèmes n'existent plus en l'état entre les Eglises quelles qu'elles soient.

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