Crise relations patriarcat oecuménique-Eglise grecque

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Thierry-VCO
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Message par Thierry-VCO » mar. 27 avr. 2004 23:03

Christ Est Ressuscité!


Ceci n'est pas une réponse au fil précédent voici plutôt un article paru dans la Croix concernant la possibilité d'une rupture des relations entre Le Phanar et Athènes.
une déchirure dans l'Orthodoxie (officielle)entre un Patriarche ouvert, moderne et oecuméniste et un Mgr Christodoulos présenté comme réactionnaire et de droite.

Qu'en pensez-vous?



ATHENES, 27 avr (AFP) - Crise "sans précédent" des relations patriarcat oecuménique-Eglise grecque


Les relations entre l'Eglise orthodoxe de Grèce et le patriarcat oecuménique sont entrées "dans une crise sans précédent", après la décision de la hiérarchie grecque de défier le patriarcat sur le contrôle des évêchés du nord du pays, a indiqué mardi une source patriarcale.

Le conflit, qui couvait depuis un an, a éclaté dans toute son ampleur lundi, quand l'Eglise grecque (non séparée de l'Etat) a élu les titulaires de trois de ces évêchés, alors que le patriarche Bartholomée Ier l'avait menacée d'une interruption des relations dans ce cas.

Le patriarche, primat d'honneur de l'orthodoxie, doit décider de sa riposte à l'issue d'une réunion à son siège à Istanbul d'un "synode patriarcal élargi", exceptionnellement convoqué vendredi prochain pour l'occasion, a-t-on indiqué de source patriarcale.

Plus de trente dignitaires, venus du monde entier, participeront à cette réunion, qui pourrait déboucher sur une rupture des relations avec le chef de l'Eglise grecque, Mgr Christodoulos, rendu personnellement responsable de la crise, et confronté à une opposition interne sur ce dossier.

Alors que le gouvernement conservateur grec a implicitement apporté son soutien à Mgr Christodoulos, qui est à l'origine d'un regain d'influence de l'Eglise dans le pays, la source patriarcale a souligné que le problème "est d'ordre ecclésiastique et doit être résolu dans ce cadre".

La querelle avait démarré à l'été dernier, avec la mort de l'évêque de Salonique, mise à profit par l'Eglise grecque pour contester la juridiction que revendique le patriarcat sur 35 évêchés du nord du pays. Un compromis, qui semblait avoir été atteint en mars dernier, a finalement fait long feu, chacune des parties campant sur ses positions.

Ce bras de fer faisait mardi la une de la presse grecque, dans un pays orthodoxe à 98%. Les quotidiens de droite apportaient leur soutien à Mgr Christodoulos, contre lequel la presse de gauche, qui a fait de lui une de ses bêtes noires, renchérissait au contraire de critiques.

Thierry-VCO
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Message par Thierry-VCO » mer. 28 avr. 2004 21:41

Crise entre Athènes et Constantinople

Un différend sur la nomination d'évêques pourrait aboutir à l'excommunication de l'archevêque Christodoulos d'Athènes par le patriarche Bartholoméos de Constantinople


"Un coup d?état ecclésial" : c?est ainsi que le métropolite Chrysostome de Zante désignait, lundi, la décision de l?Église orthodoxe de Grèce de nommer trois évêques dans le nord du pays. Et cela, à l?issue d?une réunion du Saint-Synode que plusieurs de ses participants ont qualifié de "tumultueuse". Des phrases injurieuses auraient même volé entre les prélats. En effet, il ne s?agit pas de simples nominations épiscopales que devait ratifier cet organe collégial de gouvernement de l?Église, mais d?une véritable déclaration de guerre de l?orthodoxie grecque contre le patriarche Bartholoméos Ier de Constantinople. Au point que le mot schisme est maintenant sur les lèvres de beaucoup de commentateurs.

Les trois diocèses en question ? dont l?important siège de Thessalonique, deuxième ville du pays ? sont situés dans ce qu?il est convenu d?appeler les "Nouveaux Territoires". Jusqu?en 1912, ceux-ci faisaient partie de l?Empire ottoman ; les 35 diocèses qui s?y trouvent dépendaient du patriarcat de Constantinople, et non de la toute jeune Église autocéphale de Grèce, indépendante de ce patriarcat mais en communion avec lui.

Après les guerres balkaniques et la reconquête de ces terres par la Grèce, le Phanar (siège du patriarcat oecuménique à Istamboul) ne renonça pas à sa juridiction sur ces diocèses, mais, par un accord de 1928, les "confia" à l?Église de Grèce. Il était en effet difficile pour la Grèce de voir une partie de ses diocèses dirigés depuis la Turquie, territoire de l?ennemi héréditaire ! Dans cet accord, Athènes s?engageait toutefois à envoyer au patriarche les noms des nouveaux évêques pour approbation.


Bartholoméos Ier a menacé solennellement de rompre avec l'archevêque Christodoulos

"Une simple information", estime aujourd?hui l?Église de Grèce, qui ne reconnaît au patriarche qu?une "autorité spirituelle" sur les Nouveaux Territoires. Elle assure en outre que le patriarcat a cédé son droit de nommer les évêques locaux en 1977, lorsqu?une charte de l?Église a été votée par le Parlement grec. Le 13 novembre dernier, Athènes a donc écrit au Phanar pour réaffirmer son droit de nommer seule les évêques.

Bartholoméos Ier a réagi alors avec véhémence, et les deux Églises s?étaient retrouvées une première fois au bord de la rupture. En mars, l?Église de Grèce a annoncé qu?un compromis était trouvé. Apparemment, il n?en était rien : samedi 24 avril, Bartholoméos Ier a menacé solennellement de rompre avec l?archevêque Christodoulos si Athènes ne renonçait pas à nommer elle-même les trois évêques.

Après le vote du Saint-Synode de l?Église de Grèce, la balle est maintenant dans le camp de Constantinople : le patriarche a convoqué pour demain un synode patriarcal élargi qui pourrait aboutir à une rupture, voire à l?excommunication de l?archevêque Christodoulos. Ce dernier est d?ailleurs loin de faire l?unanimité dans les rangs de sa propre Église. Lundi, dans une ambiance houleuse, l?élection des nouveaux évêques n?a recueilli l?approbation que de 35 des 74 membres du Saint-Synode ; 23 ont voté contre, tandis que d?autres refusaient de prendre part au vote.


"L'Eglise de Grèce est indivisible et autocéphale"

L?archevêque d?Athènes bénéficie néanmoins de l?appui tacite du gouvernement, dans un pays où l?Église orthodoxe bénéficie d?un statut officiel protégé par la Constitution. Le porte-parole du gouvernement a ainsi estimé qu?en la matière la charte de 1977 devait s?appliquer à la lettre. Manière de dire qu?il considère comme périmé l?accord de 1928. "L?Église de Grèce est indivisible et autocéphale. Ces qualificatifs doivent s?appliquer à tout le territoire grec, et pas seulement à une partie", estimait mardi Kathimerini, le quotidien de la droite au pouvoir.

Cette droite connaît l?influence électorale de l?archevêque Christodoulos, qui n?avait pas ménagé ses critiques contre le Pasok, le parti socialiste, battu aux dernières élections. Au lendemain de celles-ci, le primat de l?Église de Grèce avait rencontré le chef de Nouvelle Démocratie, vainqueur des élections. Il avait alors cité le psaume : "La droite du Seigneur a vaincu, la droite du Seigneur a anéanti ses ennemis".

Nicolas SENEZE, à Athènes

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mer. 28 avr. 2004 23:23

Naturellement, les agences de presse, qui désinforment toujours dans le même sens, ont peine à tolérer qu'un chef d'Eglise puisse être au service de son pays et de son peuple (ce qui a toujours été une caractéristique de l'Eglise de Grèce) et ait pu remporter des succès contre la sécularisation.

Cela étant, le noeud du conflit entre l'Eglise de Grèce et le patriarcat oecuménique me semble lié aux destinées de l'hellénisme.

Privé de toute juridiction réelle par la catastrophe de 1922 qui vit l'extermination ou l'expulsion de l'essentiel du peuplement grec de "Turquie" (même s'il restait encore à Constantinople 120'000 orthodoxes qui ne sont plus que 3'000 à Istanbul...), le patriarcat oecuménique a retrouvé une raison d'être avec la décision de l'Eglise de Grèce de lui confier toutes les communautés de la diaspora occidentale. Les lecteurs intéressés pourront retrouver l'encyclique de l'Eglise de Grèce annonçant cette décision, en date du 19 mai 1924, dans le livre de Mgr Hiérothée (Vlachos) de Naupacte, Oikoumeniko Patriarkheiou kai Ekklisia tis Elladhos, Lévadia 2002, pp. 252 s.
La motivation essentielle de cette décision était l'instabilité politique de la Grèce: l'Eglise voulait protéger les communautés grecques de l'extérieur des conséquences des coups d'Etat et plébiscites truqués qui se succédaient à un rythme effréné.

Ensuite, le patriarcat oecuménique a reçu de nombreuses communautés orthodoxes d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord qui voulaient absolument échapper à toute influence communiste: l'Archevêché russe de la rue Daru à Paris (1930), les Carpatho-Russes américains (1932), diverses paroisses roumaines en Allemagne, les Ukrainiens de la diaspora (1995). Il a aussi commencé une activité missionnaire en Extrême-Orient et en Amérique centrale. Il faut encore ajouter les conversions spontanées qui ont pourvu le patriarcat de quelques paroisses francophones et germanophones.
Mais, pour le moment, l'essentiel de ses forces vives vient toujours de la diaspora grecque qui lui a été confiée par l'Eglise de Grèce en 1924.

Or, les conditions politiques ont beaucoup changé depuis 1924. Prenons le cas des diocèses des territoires de Grèce du Nord libérés en 1913 et placés en 1928 sous l'administration de l'Eglise de Grèce, tout en continuant à commémorer le patriarche oecuménique: l'attachement à Constantinople y était très grand parmi les évêques à la fin des années 1960, parce que le patriarcat apparaissait comme une protection contre les errements ecclésiastiques du régime des colonels. Les colonels, par ailleurs très liés à l'oecuménisme, à la maçonnerie et à certains mouvements d'apparence protestantisante, avaient causé des désordres considérables dans l'Eglise de Grèce par leur politique anti-canonique, notamment en déposant de son siège, pour cause de fidélité à son roi, l'archevêque Chrysostome II (11 mai 1967).

Mais aujourd'hui, c'est l'Eglise de Grèce qui vit dans le cadre d'un pays libre et c'est le patriarcat de Constantinople qui est sans cesse confrontée à la malveillance d'un Etat farouchement anti-chrétien orthodoxe (sous couvert de laïcité militante, mais toujours à sens unique, ce qui met en fait les derniers chrétiens de Turquie dans une position probablement plus pénible que celle qui était la leur sous l'Empire ottoman). On peut donc avoir des craintes légitimes que les pressions politiques qui étaient redoutées en 1924 s'exercent maintenant contre le patriarcat.

Quand nous voyons le patriarche oecuménique se déclarer partisan de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, nous comprenons cette déclaration qui va dans le sens de la survie des quelques centaines d'orthodoxes subsistant à Istanbul: c'est pour complaire à l'Union européenne que le gouvernement turc relâche un peu la pression ces dernières années.

Mais nous savons aussi que l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne aurait des conséquences catastrophiques pour l'Europe en général et pour la Grèce en particulier. Et que restera-t-il du relâchement de la pression de l'Etat turc quand c'est lui qui dictera la loi à Bruxelles?

A mon avis, la cause de la détérioration des relations entre Constantinople et Athènes se trouve dans cette situation politique.

Je comprends que le patriarcat oecuménique s'accroche à la Ville où il est le dernier représentant de la civilisation gréco-romaine chrétienne. Mais j'ai l'impression qu'il mène un combat qui, pour être noble, n'en est pas moins perdu. Et je crois qu'il aurait beaucoup mieux à faire en Europe occidentale.

Si le patriarcat oecuménique suivait l'exemple du patriarcat d'Antioche replié à Damas, s'il suivait son troupeau en exil, en clair, si le Phanar se déplaçait à Chambésy, il pourrait , par le service des communautés grecques qui maintiennent la culture dont il le dépositaire et la foi dont il est le gardien, et surtout par la mission auprès des Occidentaux en quête de la source inépuisable, retrouver une tâche à la hauteur de son histoire.

Thierry-VCO
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Message par Thierry-VCO » ven. 30 avr. 2004 20:58

Christ Est Ressuscité !


Tu as raison lecteur Claude le Patriarche Bartolomée I devrait venir s’installer à Chambésy ce relais du laboratoire d’hérésies de l’Institut St Serge de Paris et de ses créateurs hérésiarques Boulgakov, Florensky etc.
(Lire l’article de Pérépiolkina Ludmilla dans regards sur l’Orthodoxie éditions l’âges d’hommes).
Ainsi la source inépuisable est bien altérée et les occidentaux qui vont s’y abreuver s’empoisonnent à l’œcuménisme militant.
Bartholomée I pour qui les Sept Conciles Œcuméniques sont un mur de la honte séparant l’Orient de l’Occident aurait un peu moins d’impact à Chambésy qu’au Phanar.
(Lire l’article contre l’œcuménisme de Jean Béziat bientôt disponible sur notre site internet.)
Sans oublier les suiveurs de l’institut comme O.Clément pour qui les canons sont un magasin d’accessoires.
Bartholomée I, le patriarche vert dont l’art est de brouiller les pistes en disant que seul l’Eglise Orthodoxe est l’Eglise du Christ et qui ensuite dans son discours sur le jubilé du COE pond cela:

Le Conseil est à l'évidence un organisme hétérogène. Il est composé d'une multitude d'Eglises membres de traditions théologiques, ecclésiologiques et liturgiques différentes, parfois diamétralement opposées. Cette diversité reflète une double réalité. D'une part, elle met en lumière la grande richesse de la foi chrétienne, exprimée par une diversité d'écoles de pensée théologique, de pratiques liturgiques, d'expressions de la vie spirituelle, de spécificités culturelles. De l'autre, elle reflète la triste réalité de la division des chrétiens, qui est un fait historique de la vie des Eglises et une blessure faite au corps du Christ, l'Eglise, qui devrait être guérie.
http://www.wcc-coe.org/wcc/assembly/or-bar-f.html
Hérésie de la théorie des branches.

Et dans le même message :
Aujourd'hui, nous avons pour tâche essentielle d'examiner ensemble comment nous pouvons interpréter, à notre époque et au milieu des problèmes qu'affronte l'humanité, la foi chrétienne qui a été transmise par les apôtres à l'Eglise indivise, une, sainte, catholique et apostolique et qui est exprimée dans le symbole de Nicée-Constantinople (325-381), symbole oecuménique par excellence.
Ce magnifique patriarche qui se demande comment interpréter la foi chrétienne au jour d’aujourd’hui. Le mot est fort, c’est sur que lorsque on confond l’esprit du siècle avec l’Esprit Saint on se demande comment interpréter la Foi puisque on est coupé de la Source inépuisable.
Ensuite le symbole de Nicée-Constantinople, symbole œcuménique par excellence. Exprimer ainsi dans le cadre du Coe c’est très fort.


Ou encore lui qui parlait tellement du problème uniate comme un problème qui pouvait faire cesser le dialogue avec Rome. Mais la réalité est autre :
Message de félicitations du Patriarche Bartholomée

Lettre du Patriarche Bartholomée à sa Béatitude Lubomyr, Père et Chef de l'Eglise Gréco-Catholique d’Ukraine, Grand Chancelier de l'Université Catholique d’Ukraine et au Révérend Père Boris Goudziak, Recteur de l'Université Catholique à Lviv ainsi qu’aux enfants de Notre Humilité; Grâce aimés en Notre Seigneur et Paix en Dieu.

C’est avec joie que nous apprenons, par lettre du 8 juin dernier du Révérend Père Bien-aimé, l'inauguration de l'Université Catholique d’Ukraine prévue pour le 30 juin de cette année. Nous partageons de manière paternelle votre joie à l'occasion de cette bonne initiative et saluons vos efforts et votre labeur difficile en vous souhaitant de réussir pleinement dans votre tâche.

Au nom de la Sainte Eglise Mère du Christ nous bénissons cette action noble en faveur de la promotion de la connaissance, de la paix et de la communion spirituelle entre les hommes. Nous souhaitons qu’à toutes les époques l’approfondissement de l’érudition en matière de théologie contribue à servir l'Eglise, le progrès, la paix et l’unité au sein des enfants de Dieu divisés, selon la sainte volonté bénie de Dieu, que le Seigneur nous a léguée dans sa grande prière sacerdotale à Son Père : "Que tous soient un."

En nous réjouissant sincèrement avec vous, nous espérons que la nouvelle université promouvra la connaissance et la sagesse pendant de nombreuses années et de nombreux siècles.

Puissent la grâce et l’infinie miséricorde de Dieu demeurer auprès de Votre Béatitude, du Révérend Père ainsi qu’auprès de tous ceux qui enseignent et étudient dans votre université.


Le 28 Juin 2002.

En priant sincèrement Dieu pour vous,
Bartholomée, Patriarche Oecuménique,
Archevêque de Constantinople.

Est – ce étonnant de la part d’un patriarche qui a fait un doctorat de droit canonique à Rome et poursuivit son cursus à l'Institut Œcuménique de Bossey (Genève) puis à l'université de Munich. ?

On peut en ajouter des tonnes, mais dans un entretien de O.Clément on peut lire ceci :
Le patriarche Bartholomée a eu devant moi cette réflexion caractéristique : "Au fond nous sommes plus proches maintenant avec les catholiques au point de vue des dogmes que nous ne l'étions au premier millénaire, et pourtant à cette époque il y avait la communion".

Ah Bon !



J’arrête, il y a tant à dire sur cet athlète de l’oecuménisme
et je me tais sur le fourbe Theoctist de Roumanie et et et et et...
Maintenant rions un peu

Thierry

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » ven. 30 avr. 2004 21:59

Thierry-VCO a écrit :Christ Est Ressuscité !


Tu as raison lecteur Claude le Patriarche Bartolomée I devrait venir s’installer à Chambésy ce relais du laboratoire d’hérésies de l’Institut St Serge de Paris et de ses créateurs hérésiarques Boulgakov, Florensky etc.
(Lire l’article de Pérépiolkina Ludmilla dans regards sur l’Orthodoxie éditions l’âges d’hommes).
L'institut Saint-Serge a été fondé à Paris (France) en 1925. Le père Paul Florensky aurait eu de la peine à en être un des fondateurs, puisqu'il était demeuré en Russie, devenue Union soviétique. Il y a été condamné à dix ans de camp de concentration en 1933. Il a été condamné à mort par une troïka du NKVD de Léningrad pour "propagande contre-révolutionnaire" et abattu le 8 décembre 1937.
Je pense que, dans les années 1933 à 1937, il devait lui être difficile de à la fois casser des cailloux à la Kolyma et diriger un "laboratoire d'hérésies" à Paris.

Thierry-VCO
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Message par Thierry-VCO » sam. 01 mai 2004 0:55

Christ Est Ressuscité!

Merci de me corriger lecteur Claude, je m'en excuse. Un des Inspirateurs du "Laboratoire d'hérésie" définira mieux la chose. C'est ainsi, les écrits restent, même quand on casse des cailloux.

Thierry

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » sam. 01 mai 2004 11:53

Le synode du Phanar vient de rompre les relations avec l'Eglise de Grèce.
Je ne sais pas ce qu'il faut entendre par relations: est-ce que cela veut dire qu'on interrompt les concélébrations entre hiérarques ou y a-t-il rupture de la communion eucharistique pour un motif aussi futile (ce qui m'étonnerait)?

L'arrêt des relations entre deux des Eglises locales les plus actives et vivantes est un coup dur pour toute l'Orthodoxie.

L'attitude du patriarcat oecuménique m'inquiète profondément, parce que je crains que ce comportement ne soit une atteinte aux droits imprescriptibles de l'Eglise de Grèce contenus dans le Tomos d'autocéphalie de 1850. Il me semblait que l'accord de 1928 sur les Nouveaux Territoires avait pour but de permettre au patriarcat oecuménique de protéger la liberté de l'Eglise dans ces diocèses en cas d'action de l'Etat grec contre l'Eglise de Grèce - hypothèse pratiquement exclue depuis la chute des colonels en 1974 et la garantie de l'autocéphalie de l'Eglise de Grèce par l'article 3 de la Constitution du 9 juin 1975.

Et que va-t-il se passer si l'Eglise de Grèce décide maintenant de reprendre sous sa juridiction les diocèses en Europe occidentale et en Amérique qu'elle a confiés à Constantinople en 1924?

En tout cas, je voudrais savoir quelles sont les conséquences poour la communion eucharistique, et aussi si la rupture entre Constantinople et Athènes affecte les relations de notre métropole avec l'une ou l'autre des parties en présence.


Antoine
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Message par Antoine » lun. 03 mai 2004 10:01

XB!
Lecteur Claude a écrit :Les lecteurs intéressés pourront retrouver l'encyclique de l'Eglise de Grèce annonçant cette décision, en date du 19 mai 1924, dans le livre de Mgr Hiérothée (Vlachos) de Naupacte, Oikoumeniko Patriarkheiou kai Ekklisia tis Elladhos, Lévadia 2002, pp. 252 s.
Peut-être un extrait significatif en Français pour ce lecteur intéressé...

Le synode du Phanar vient de rompre les relations avec l'Eglise de Grèce.
Je ne sais pas ce qu'il faut entendre par relations: est-ce que cela veut dire qu'on interrompt les concélébrations entre hiérarques ou y a-t-il rupture de la communion eucharistique pour un motif aussi futile (ce qui m'étonnerait)?
Hélas après la rupture de communion éphémère mais réelle entre Constantinople et Moscou pour une "futilité" analogue on peut s'attendre au même scénario non? Ou mon analogie est très mauvaise?

Antoine
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Message par Antoine » lun. 03 mai 2004 11:59

Il s'agit bien d'une suspension de la communion eucharistique.

Je me demande ce que ces prélats célèbrent quand ils célèbrent l'eucharistie! Est-ce que par hasard ils n'auraient pas réduit l'Eglise à une simple assemblée géo-politique? Ont-ils encore la foi? Qu'est-ce qui est prioritaire à leurs yeux?
"Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n'ya plus ni Juifs ni grecs, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme, car vous tous vous êtes un en Christ Jesus. (Gal 3 27,28)"
Il va leur être très difficile de prêcher quoi que ce soit après cela...

____________________________________

Sur le site: http://www.orthodoxeurope.org

[...] En réponse aux actes de l'Église de Grèce, le Synode élargi extraordinaire du Patriarcat de Constantinople, présidé par le patriarche Bartholomée, a décidé:

1- de porter illicite l'élection des métropolites de Thessalonique, d'Eleuthéroupolis et de Cozane;

2- de suspendre la communion eucharistique et administrative avec l'archevêque Christodoulos d'Athènes, en supprimant son nom des dyptiques de l'Église de Constantinople et en lui défendant d'avoir des contacts avec les clercs et les moines du Patriarcat;

3- de recommander aux évêques élus contre les canons de ne pas entrer en possession de leurs diocèses; autrement, la communion serait rompue avec eux également;

4- de demander au Gouvernement grec de ne pas publier l'édit du Président, afin de ne pas contribuer à la transgression de l'ordre canonique;

5- d'exprimer le mécontentement et le chagrin à l'égard de ceux qui ont pris part à l'ordination des évêques illicitement élus

6- d'avertir qu'au cas où l'anomalie canonique se poursuivrait le Patriarcat de Constantinople serait contraint de suspendre l'Édit patriarcal et synodal de 1928.
Dernière modification par Antoine le mar. 04 mai 2004 8:35, modifié 1 fois.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 03 mai 2004 12:23

Il s'agit surtout d'une manoeuvre pour abattre un archevêque courageux.

On n'annonce la rupture de communion qu'avec l'archevêque Christodoule. Croit-on que cela va entraîner les autres évêques de l'Eglise de Grèce à rompre la communion avec leur primat ou à le déposer?

Le but n'est-il pas de diviser l'Eglise de Grèce en créant à terme un anti-synode?

Et la main d'un Etat étranger n'est-elle pas derrière cette décision du Phanar?

N'y a-t-il aucun lien entre cette rupture de communion et le vote courageux de nos frères chypriotes, alors que Mgr Christodoule avait aussi recommandé le non à la capitulation koffi-annanienne?

Antoine
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Message par Antoine » lun. 03 mai 2004 12:42

Et la main d'un Etat étranger n'est-elle pas derrière cette décision du Phanar?
Dans ce cas c'est pour chacun des actes du patriarche que l'on pourra toujours se demander de qui il est la marionnette...et comme il n'est pas seul dans son synode, je préfère penser qu'il prend encore des décisions même si elles sont douteuses et qu'il en est pleinement responsable. De toute façon, s'il est marionnette c'est lui qui aura décidé de l'être. Laissons lui au moins cette chance d'exister ...dans son castelet.

En attendant c'est tout le troupeau qui souffre.

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Message par Thierry-VCO » lun. 03 mai 2004 18:20

Christ Est Ressuscité !


On reconnaît l’arbre à ses fruits.
Ce qui a été semé dans le champ de l’Eglise en l’an 1923 du 10 mai au 8 juin par le Patriarche Franc-maçon Meletios Metaxakis lors du (congrès panorthodoxe) à Istanbul, n’était pas le bon grain, mais l’ivraie qui se répand partout.
Pour compendre ce qui se passe aujourd’hui téléchargé en pdf le texte de Kitsikis V.
Dont voici le lien.

http://www.ceri-sciencespo.com/publica/ ... tsikis.pdf

Thierry

Antoine
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Message par Antoine » mar. 04 mai 2004 9:01

Tanios dans le fil Lourdes a écrit :Constantinople rompt avec l'Eglise de Grèce.
L'Eglise est donc analogue aux Etats? Et les commissions de dialogue sont comme les commisions des parlements?
Et où est la vie ascétique dans tout cela ?
Comment parler de lutte contre les passions ?
Si le but de la vie chrétienne est l'acquisition du Saint-Esprit comment cela se vérifie-t-il à travers ces exemples?
Ce sont effectivement les seules interrogations qui fondent l’éthique chrétienne. Et quand on parle de valeurs celles là suffisent amplement car leur universalité englobe toutes les autres et dépasse largement la morale kantienne qui méconnaît le processus de divinisation de l’homme.

Par ailleurs le Sop N° 288 de mai cite dans les conclusions du comité mixte de dialogue théologique catholique orthodoxe en France cette référence à Balamand.
Se conformer courageusement à la monition de l’apôtre Paul aux Corinthiens (1 Co 6, 1-7) leur recommandant de résoudre entre eux leurs différends au moyen d’un dialogue fraternel et de s’abstenir d’en chercher la solution auprès des autorités civiles (Balamand,§ 31)
Pour une fois que Balamand avait écrit quelque chose de judicieux, il est dommage que le grand promoteur n’en respecte pas le principe et édicte en son article 4 :
le Synode élargi extraordinaire du Patriarcat de Constantinople, présidé par le patriarche Bartholomée, a décidé
4- de demander au Gouvernement grec de ne pas publier l'édit du Président, afin de ne pas contribuer à la transgression de l'ordre canonique;
Je suppose que cette demande sera renforcée de pressions en tout genre émanent de tous les pays et que l’Europe doit peser de tout son poids…
Constantinople c’est combien de divisions ? comme dirait l’autre….

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mer. 05 mai 2004 1:50

Antoine a écrit :XB!
Lecteur Claude a écrit :Les lecteurs intéressés pourront retrouver l'encyclique de l'Eglise de Grèce annonçant cette décision, en date du 19 mai 1924, dans le livre de Mgr Hiérothée (Vlachos) de Naupacte, Oikoumeniko Patriarkheiou kai Ekklisia tis Elladhos, Lévadia 2002, pp. 252 s.
Peut-être un extrait significatif en Français pour ce lecteur intéressé...
Suite à la demande d'Antoine, je tente ici de traduire l'encyclique du 19 mai 1924. Que le lecteur me pardonne d'avance: j'arrive déjà à peine à traduire du démotique vers le français, et ce texte est écrit en katharevoussa... Alors que saint Mesrop Machtots me vienne en aide, et vogue la galère!

Lettre encyclique de la Hiérarchie de l'Eglise de Grèce aux communautés orthodoxes grecques de la diaspora, numéro de protocole 1022/414/19-5-1924.


"Le saint Synode de l'Eglise autocéphale de Grèce, au sujet de la lettre du Pariarcat oecuménique, l'informant de la fondation par celui-ci d'archevêchés et de métropoles pour les communautés de l'Orthodoxie grecque en diaspora, sous la juridiction spirituelle dudit patriarcat, et de l'abrogation du Tome patriarcal de 1908.

A cause de quoi le saint Synode, dans sa séance du 16 mai 1924, a décidé, en profonde révérence à l'égard du Patriarcat oecuménique et dans le désir de lui apporter un soutien moral, et d'ailleurs en accord avec les anciennes dispositions canoniques, de reconnaître l'abrogation du Tome de 1908 et le passage sous la juridiction du Patriarcat oecuménique de toutes les communautés orthodoxes grecques de la diaspora. Suite à cette décision ou plutôt proclamation, le saint Synode ordonne aux très pieux clercs et aux pieux laïcs des paroisses orthodoxes qui se trouvent au ponant de l'Europe, en Amérique et au Canada, en Australie et ailleurs, de reconnaître cette autorité spirituelle du Patriarcat oecuménique et de s'en référer à lui et aux pasteurs installés par lui, dans l'obéissance à ses décisions et dispositions."

(à suivre...)

N.B.: Comme je suis un ignorantin et que la katharevoussa m'est une langue inconnue, je mets beaucoup plus de temps à traduire que si le texte était en démotique et je ne peux attester que de mon souci de traduire correctement le texte. Je mettrai en ligne le texte original, tel que cité par Mgr Hiérothée, pour que nos amis grecs, ou Jean-Louis Palierne qui manie à la perfection cet idiome, puissent me fustiger et améliorer ma traduction.
Dernière modification par Claude le Liseur le mer. 05 mai 2004 12:49, modifié 1 fois.

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