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Stephanopoulos
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Message par Stephanopoulos » dim. 07 mars 2004 19:52

Bonjour à tous,

Voici un texte que j'ai trouvé sur un forum Kto romain:


"Le cardinal Lumomyr Husar, archevêque majeur de Lviv des Ukrainiens, regrette que les questions concernant l'avenir de l'Eglise gréco-catholique d'Ukraine ne soit pas traité à Kiev, Lviv ou Rome, mais à Moscou.

Dans un document publié le lundi 1 mars, il déclare en effet regrettable que le dialogue oecuménique prenne le pas sur la reconnaissance du patriarcat catholique ukrainien et que les discussions menées à Moscou entre le patriarcat de Moscou et le président du Conseil pontifical pour la promotion de l'Unité des chrétiens aient eu lieu sans sa participation.

Le cardinal Husar a signé cette déclaration au nom de tous les évêques de l'Eglise catholique ukrainienne, relevant de sa hiérarchie.

Dans les milieux catholiques oecuméniques, l'on fait remarquer que les rencontres entre l'Eglise catholique romaine et les Eglises orthodoxes se situent dans le cadre d'une recherche de la Communion ecclésiale, brisée depuis des siècles et qui est une demande impérative du Christ au soir du Jeudi-Saint. La question du patriarcat catholique de Kiev ou d'un patriarcat catholique d'Ukraine, n'est pas simple à résoudre. Il n'y eût jamais de patriarcat ni de Kiev, ni d'Ukraine. De tout temps, Kiev n'était une métropole relevant de la juridiction du patriarcat de Constantinople.

Il y eût bien en Ukraine un diocèse latin en 1321, mais il avait pour siège Zhitomir. La métropole orthodoxe de Kiev fut transférée à Vladimir en Russie et c'est ainsi que, en raison de la domination ottomane sur Constantinople, Moscou prit, sans en référer à Constantinople, le statut de patriarcat. Le titre catholique de Kyiv n'existait pas en tant que tel. Il fut rattaché à celui de Zhitomir qu'en 1998. Un diocèse catholique ukrainien fut érigé à Lviv en 1540 et il ne fut métropole qu'en 1808. L'archevêque de Lviv devient archevêque majeur en 1963.

Les patriarcats orientaux catholiques ne sont que la reviviscence par l'Eglise catholique romaine d'un patriarcat existant avant la rupture des Eglises. Cela ne concerne actuellement que les antiques patriarcats, c'est-à-dire : le patriarcat copte-catholique d'Alexandrie, le patriarcat syrien-catholique d'Antioche, le patriacat maronite d'Antioche, le patriarcat de Cilicie des Arméniens et le patriarcat chaldéen de Babylone. (source : cdco)"

Quelqu'un pourrait-il me dire si effectivement Kiev relève de la juridiction du patriarcat de Constantinople (et non de celui de Moscou comme je l'imaginais jusque-là)?
Est-il vrai que Moscou prit, sans en référer à Constantinople, le statut de patriarcat?

Je trouve cela zarbi!

A part cela, j'ai l'immense joie de vous annoncer que je suis entré dans l' Orthodoxie depuis hier (fête des 42 martyrs d'Amorium et de l' Invention de la Ste CROIX par Ste Hélène) et, donc, quitté sans regret aucun l'Eglise romaine.

Bien à vous tous,
Dans le Christ,
Stephanopoulos

eliazar
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Message par eliazar » dim. 07 mars 2004 21:06

Il ne faudrait pas que la Joie de ton saint Baptême te fasse oublier jusqu'à ton nom !
Tu ne nous as pas même dit ton nom reçu au Baptême ! !

Mais c'est tout de même une immense bonne nouvelle, et je te félicite de tout coeur : il n'y a pas de plus beau jour dans la vie...

Et cela me fait tout drôle de voir un Grec qui DEVIENT orthodoxe ! ! !

Depuis le temps que mes amis Grecs me demandaient pourquoi je ne restais pas catholique romain, puisque j'étais Français ? Certains trouvaient çà même bizarre !

C'est m^me ce qui m'a déterminer à rechercher tous els saints orthodoxes qui ont vécu sur les terres des Gaules, et de la France actuelle : pour montrer à nos frères des peuples traditionnellement orthodoxes le passé glorieux de l'orthodoxie, en Occident - passé qui est très peu connu.

Si tu clique sur le SITE (en tête de ce Forum à côté de l'Icône de sainte Blandine) tu trouveras le synaxaire de tous les saints d'occident gaulois et des pays voisins come la belgique, la Suisse etc. Nous n'en sommes qu'au début : il y a jour après jour tous ceux de Janvier, de Février, et jsuqu'au 20 mars - déjà...

Que tous les saints orthodoxes d'occident bénissent ton Baptême !
< Demeurons dans la Joie. Prions sans cesse. Rendons grâce en tout... N'éteignons pas l'Esprit ! >

Stephanopoulos
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Message par Stephanopoulos » dim. 07 mars 2004 22:08

Mon cher Eliazar,

Je suis confus de t'avoir induis en erreur.
J'ai hellenisé mon prénom pour mon pseudo; je me nomme Stéphane en réalité.
Je suis donc un Orthodoxe catholique (catholique n'est pas synonime de romain) d'Occident.

Dès que j'ai découvert les canons des sept Saints Conciles, je me suis rendu compte que l'Eglise romaine était douteuse. Par la suite j'ai découvert l'histoire du pape jean VIII et de Saint Photios; que le pape Honorius a été anathémisé au 6ème Concile Oecuménique.
D'ailleurs, une personne (sur un forum Kto), a mis en doute les affirmations de ce Concile (et donc du 7ème puisque celui-ci reprend cette affirmation). C'est ridicule, les preuves de son hérésie sont irréfutable!
Jugez plutôt :

Le 6ème Concile OEcuménique a bien étudié les écrits du pape Honorius et les a condamné comme clairement contenant l'hérésie monothélite. Les actes sont authentiques sans aucun doute, voir l'autorité très respectable (et romaine) de Mansi. Voici un extrait des Actes :

Séance XIII
Le saint concile dit : après que nous eumes réconsidéré, selon la promesse que nous fîmes à Votre Altesse, les lettres doctrinales de Serge, naguère patriarche de cette ville royale et protégée par Dieu à Cyr, qui était alors évêque de Phasis et à Honorius, naguère Pape de l'Ancienne Rome, et aussi la lettre de ce dernier au même Serge, nous trouvons que ces documents sont entièrement étrangers aux dogmes apostoliques, aux déclarations des saint Conciles, et à tous les Pères acceptés, et qu'ils suivent les fausses enseignements des hérétiques ; par conséquent, nous les rejetons entièrement, et les exécrons come nuisibles à l'âme. Mais les noms de ces hommes dont nous exécrons les doctrines doivent aussi être expulsés de la sainte Eglise de Dieu, c'est-à-dire celui de Serge naguère patriarche de cette ville royale et préservée par Dieu qui fut le premier à écrire sur cette doctrine impie ; aussi ceux de Cyr d'Alexandrie, de Pyrrhus, Paul, et Pierre, qui moururent comme évêques de cette ville préservée par Dieu, et qui tenaient les mêmes opinions ; et celui de Théodore naguère évêque de Pharan, que rejeta tous le très-saint et trois fois béni Agathon, pape de l'Ancienne Rome, dans sa proposition à notre très-pieux Seigneur préservé par Dieu et puissant Empereur, parce que leurs opinions étaient contraires à notre foi orthodoxe, et nous définissons qu'ils doivent tous être assujettis à l'anathème. Et avec eux nous définissons que doit être expulsé de la sainte Eglise de Dieu et frappé d'anathème Honorius que fut naguère pape de l'Ancienne Rome, à cause de ce que nous trouvâmes écrit par lui à Serge, et qu'en tout il suivit son opinion et confirma ses doctrines impies. (...)
A Théodore de Paran, l'hérétique, anathème !
A Serge, l'hérétique, anathème !
A Cyr, l'hérétique, anathème !
A Honorius, l'hérétique, anathème !
A Pyrrhus, l'hérétique, anathème !
(...).

L'ordre fut donné de brûler les deux lettres hérétiques d'Honorius durant la séance 13 du Concile.
Durant Séance 16, les évêques s'exclamèrent : "Anathème à l'hérétique Serge, à l'hérétique Cyr, à l'hérétique Honorius, etc."
Dans le decret de la foi publié en Séance 18 on déclare que "l'originateur de tout mal . . . trouva un outil convenable pour sa volonté en ... Honorius, pape de l'Ancienne Rome, etc."
Le rapport du Concile à l'Empereur dit que "Honorius, naguère évêque de l'Ancienne Rome" a été "puni d'exclusion et anathème" parce qu'il suivait les monothélites.
Dans sa lettre au pape Agathon le Concile dit qu'il a "tué Honorius par l'anathème".
Le decret impérial parle des "prêtres impies qui infectèrent l'Eglise et faussement gouvernaient" et mentionne parmi ceux-ci "Honorius, le pape de l'Ancienne Rome, qui confirma l'hérétie et que se contradicta". Ensuite, l'Empereur frappe d'anathème "Honorius qui fut Pape de l'Ancienne Rome, qui était d'accord avec eux en tout, allait avec eux, et fortifia l'hérésie."
Le pape Léon II confirma les decrets du Concile et dit explicitement que lui aussi il frappait d'anathème Honorius (Honorius, qui hanc apostolicam sedem non apostolicae traditionis doctrina lustravit, sed profana proditione immaculatam fidem nostram subvertere conatus est, et omnes, qui in suo errore defuncti sunt).
Les Canons du Concile in trullo mentionnent le fait que Honorius fut frappé d'anathème par le 6ème concile oecuménique (Canon I).
Le Septième Concile déclare aussi son accord avec l'anathème dans son decret de foi, et le répète en plusieurs lieux dans les Actes.
Le nom de Honorius se trouvait dans l'exemplaire romain des Actes. Ceci est évident dans la vie de Léon II par Anastase. (Vita Leonis II).
Le Serment Papal qui se trouve dans le Liber Diurnus (Ed. Eugène de Rozièree, Paris: 1869, no; 84) juré par chaque nouveau pape du 5ème au 11ème siècles, dans la forme prescrite par Grégoire II, "frappe d'anathème éternel les originateurs de la nouvelle hérésie, Serge, etc., ensemble avec Honorius, parce qu'il assistait l'infame profession de ces hérétiques".
Dans la lecture pour la fête de Saint Léon II dans le Breviarium Romanum, le nom du pape Honorius se trouve parmi ceux excommuniés par le Sixième Synode. Bossuet dit : "Ils suppriment autant qu'ils peuvent le Liber Diurnus. Ils ont rayé ceci du Bréviaire Romain. L'ont-ils donc caché ? La vérité s'éclate de tous les côtés, et ces choses deviennent d'autant plus évidentes, qu'on a soin de les mettre hors de vue." (Bossuet, Def. Cleri Gal. Lib. vij, cap. xxvj).

Ces faits rendent difficile pour n'importe quel historien conservateur de mettre en question le fait qu'Honorius, le pape de Rome, fut condamné et frappé d'anathème comme hérétique par le Sixième Concile OEcuménique, sur la base de ses écrits hérétiques.

Bref, il fallait alors que fasse quelque chose; et me voilà entré dans l'Orthodoxie!

Bien à toi!
Stephanopoulos

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 08 mars 2004 1:27

Cher Stephanopoulos,

Félicitations pour votre entrée dans l'Eglise, d'autant plus que nous ne sommes pas très nombreux, nous les convertis à l'Orthodoxie en Suisse romande...

Bravo aussi pour la documentation sur le pape monothélite Honorius Ier.

En ce qui concerne toute la polémique autour du projet de patriarcat uniate en Ukraine, j'essaie de répondre à vos questions dans la mesure de mes connaissances.

En effet, Kiev était une métropole dans la juridiction du patriarcat de Constantinople. Mais ceci venait du fait que la métropole de Moscou est devenue autocéphale alors que l'Ukraine faisait partie du territoire de la Pologne-Lituanie. La juridiction de l'Eglise autocéphale de Moscou ne s'étendait pas sur les territoires qui faisaient partie de cet Etat.

L'Eglise de Russie a proclamé son autocéphalie en 1448 sans en référer à Constantinople pour des raisons bien particulières qui étaient liées aux suites du concile de Florence. Les derniers empereurs byzantins imposaient l'union avec la Papauté pour des raisons politiques et ils favorisaient des patriarches de leur obédience. Les évêques fidèles à l'Orthodoxie, qui avaient avec eux l'immense majorité du peuple, s'étaient organisés en une Synaxe qui avait rompu la communion avec le synode patriarcal. La métropole de Moscou a proclamé son autocéphalie pour ne pas avoir à dépendre des unionistes et il n'était pas possible, dans ce contexte, de consulter l'Eglise-Mère de Constantinople en proie aux dissensions.
En revanche, la proclamation du patriarcat de Moscou en 1589 s'est faite avec l'approbation des quatre patriarcats apostoliques, et pas du tout de manière unilatérale.

La juridiction sur la métropole de Kiev a été transférée de Constantinople à Moscou en 1654 lorsque la ville de Kiev est passée sous la domination de la Russie. On a fait coïncider les limites ecclésiastiques avec les frontières politiques.
C'est un principe qui a presque toujours été suivi, parfois avec des raffinements incroyables: après que l'Empire des Habsbourg a été réorganisé sur une base dualiste austro-hongroise en 1867, les orthodoxes se sont vite retrouvés répartis entre quatre juridictions territoriales qui correspondaient aux divisions administratives de l'Empire (métropole autocéphale de Tchernowitz / Cernauti pour tous les orthodoxes d'Autriche; métropole autocéphale de Karlowitz / Sremski Karlovci pour tous les orthodoxes de Hongrie; métropole autocéphale de Hermannstadt /Sibiu pour les orthodoxes roumains de Transylvanie; patriarcat oecuménique de Constantinople pour tous les orthodoxes de la Bosnie-Herzégovine occupée en 1878 et annexée en 1908.)

Il faut savoir que l'actuelle Ukraine ne coïncide qu'imparfaitement avec l'Ukraine historique (elle-même divisée, avant 1939, entre la RSS d'Ukraine et la Pologne), puisque Staline lui a rattaché en 1940, puis en 1944, des territoires roumains (Bucovine du Nord et une partie de la Bessarabie), avant de l'augmenter en 1945 de la Ruthénie subcarpatique enlevée à la Tchécoslovaquie. Et surtout, en 1954, Krouchtchev a fait cadeau à la RSS d'Ukraine de toute une partie de la RSFS de Russie, incluant la Crimée. Naturellement, à l'époque, on ne pensait pas que l'Ukraine deviendrait indépendante et que ce cadeau de Krouchtchev aurait pour conséquence que l'Ukraine est aujourd'hui un pays très hétérogène. Par exemple, la minorité russe représente 11 millions d'habitants sur 50, et surtout, elle est très majoritaire dans la partie orientale et en Crimée.

Cela a une influence sur le plan religieux. L'Ukraine compterait aujourd'hui 20 millions de sans religion, 20 millions d'orthodoxes, 5 millions de catholiques romains (dont les 4/5 uniates), 4 millions de protestants et de membres de sectes diverses et variées, un demi-million de musulmans et un demi-million de juifs. La majorité des orthodoxes (au moins 13 millions sur 20) sont dans la juridiction d'une Eglise autonome d'Ukraine dans le cadre du patriarcat de Moscou, considérée comme seule canonique en Ukraine par les autres Eglises orthodoxes. Près de 7 millions sont dans la juridiction de deux Eglises orthodoxes ukrainiennes non reconnues par les autres Eglises orthodoxes: le patriarcat de Kiev et l'Eglise orthodoxe ukrainienne autocéphale. Ces deux Eglises célébrent en ukrainien, alors que le patriarcat de Moscou célèbre en slavon.
Le patriarcat de Moscou et les autocéphalistes ukrainiens sont plus ou moins forts selon les régions, en fonction de la surenchère nationaliste que font les uniates. Par conséquent, il y a plus d'orthodoxes autocéphalistes que d'orthodoxes dans la juridiction de Moscou dans la région de Leopolis / Lemberg / Lvov / Lviv, où les uniates sont majoritaires et le climat très nationaliste ukrainien, alors qu'il n'y a pas d'autocéphalistes dans la partie orientale du pays.

Cette division de l'Orthodoxie ukrainienne en fonction de critères ethniques et politiques, exacerbés par la propagande des uniates (qui assimilent l'Orthodoxie à la Russie et le rite latin à la Pologne), est une source de souffrances permanente qui poussé la diaspora ukrainienne, nombreuse aux Etats-Unis et au Canada, à se souvenir que la métropole de Kiev avait été dans la juridiction du patriarcat de Constantinople de 988 à 1654, et à se rattacher en 1995 à la juridiction de Constantinople pour ne plus avoir à prendre partie dans ces interminables querelles (à vrai dire plus dans les querelles des autocéphalistes entre eux que dans le conflit entre les autocéphalistes et Moscou!).

Je pense, au vu de tous ces faits, qu'il faut une autre grille de lecture à cette revendication de la création d'un patriarcat par les uniates ukrainiens. A mon avis, cette revendication n'est pas seulement dirigée contre l'Orthodoxie: elle l'est aussi contre le romano-catholicisme de rite latin et contre la Pologne! En effet, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Histoire montre que les uniates de Galicie n'ont guère eu de meilleurs rapports avec leurs coreligionnaires polonais ou polonisés qu'avec leurs ennemis orthodoxes...

eliazar
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Message par eliazar » lun. 08 mars 2004 10:24

« Bref, il fallait alors que je fasse quelque chose; et me voilà entré dans l'Orthodoxie! Bien à toi! Stephanopoulos »

Cher Stéphane,

Si le véritable Cid campeador n’avait pas été un reître aussi ignoble, je dirais de ta dernière tirade que c’est « beau comme le Cid » !
Il y a double plaisir à lire à la fois ta joyeuse verve et le résumé (en effet capable de convaincre n’importe quel kto de bonne foi) de ton impressionnante documentation sur le cas Honorius.

J’ai l’habitude d’opposer ce pape à ceux de mes amis ktos qui soutiennent encore leur dogme de l’infaillibilité, comme étant la meilleure preuve qu’il n’est pas possible qu’un pape soit doté d’une soi-disant infaillibilité dès son élection, ipso facto – puisqu’il y a eu au moins l’un d’entre eux pour être reconnu et confirmé hérétique par ses successeurs eux-mêmes (qui n’auraient du reste jamais admis de dogmatiser une aussi énorme stupidité). Mais j’étais loin d’avoir sous la main autant de preuves accumulées !

Merci à toi, Stéphane !

Ceci dit, et au risque de rabâcher, je maintiens qu’en prenant cet amusant pseudo, tu apportes de l’eau à un moulin qui n’en reçoit déjà que trop de tous les Grecs - et de tous les Russes, et de tous les Serbes, et de tous les Arabes, et de tous et de toutes ceux et celles – qui soutiennent qu’on ne peut pas être un vrai orthodoxe quand on n’est pas Grec, Russe, Serbe, Arabe etc etc.

Et puis, si tu es Suisse, tu as en plus l’honneur de descendre des glorieux saints orthodoxes qui ont illuminé l’Helvétie aux premiers siècles – et dont l’intercession protège à la fois cette terre et stimule encore la possible conversion de ceux et celles qui y vivent aujourd’hui !
Tu leur dois bien de les reconnaître pour tes ancêtres et de les honorer ouvertement, non ?!
Tu les trouveras tout au long du Synaxaire qui se trouve dans la partie SITE de ce Forum, depuis le 1er janvier (St ÉVANT et st HERMÈS : martyrs en RHÉTIE, actuel canton suisse des GRISONS) jusqu’au 28 mars (St TUTILON : moine du monastère de ST-GALL en SUISSE).

Et quelques autres aussi en prime : à la date des 7 janvier, 20 janvier, 31 janvier, 21 février et 6 mars… en attendant la suite.
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Stephanopoulos
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Merci à vous tous!

Message par Stephanopoulos » lun. 08 mars 2004 13:06

Merci à toi cher Lecteur Claude pour ce brillant et riche exposé!
Je tiens à dire d'ailleurs que la qualité des intervenants sur ce forum est tou-à-fait remarquable.

Cher Eliazar, je te remercie aussi pour ton message qui m'a fait chaud au coeur et me conforte encore plus dans ma foi orthodoxe.
Eh, oui mon cher Eliazar, j'ai cherché à mettre au microscope toute les irrégularités dont j'avais connaissance. Puis un jour, j'un rencontré un internaute sur le "forumcatholique.org(euil)" qui était, à ce moment là,
balancé entre l'Eglise romaine et l'Eglise Orthodoxe. Cet internaute connait le Père André Ware (Higoumène) depuis des années, et me l'a fait connaître par e-mail interposé! C'est donc au Père Ware que nous devons d'avoir toutes ces preuves accumulées (et c'est pas fini, parce que j'ai encore quelques questions à lui poser!). Le Père Ware possède, sur le sujet lié aux hérésies du catholicisme romain, une documentation monumentale. Mais il est clair que contre la mauvaise foi, il n'y a pas grand chose à faire, si ce n'est de constater que la nébuleuse vaticane a bien réussi a hypnotiser une partie des fidèles. D'ailleurs, pour moi, l'Opus Dei (Opium Dei plutôt!) constitue le noyau dur de la mafia pro papale dans son absolutisme. Une sorte de Garde prétorienne visible ou invisible selon la nécessité de la politique romano-vaticane!

Quant à l'internaute en question, son entrée dans l'Eglise Orthodoxe n'est qu'une question de temps puisqu'il défend la foi orthodoxe dans les forums catholiques. Il y a des fois où il faut être logique avec soi-même!
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Message par eliazar » lun. 08 mars 2004 18:54

Cher Stéphane,
Tu écris : « Il y a des fois où il faut être logique avec soi-même! »

Si tu savais comme c’est difficile à réaliser, dans la réalité quotidienne. Le cœur de l’homme n’est pas seulement double, mais multiple ; le Christ nous attire vers l’intérieur, vers « la chambre du fond », et nous savons parfaitement que nous l’y trouverons, et nous ne voulons que cela et rien d’autre.

Mais nous regardons par la fenêtre, et c’est encore foutu pour un tour : dehors, il y a ce bel arbre, avec cette splendide pomme, et la jolie fille qui nous l’offre à goûter…

Celui qui arrive enfin à être logique avec soi-même est déjà un Saint.
Enfin, tu n’as pas tort : le premier tout petit pas, celui du bébé qui commence à se tenir debout en s’accrochant à la chaise, c’est déjà quand on arrive à se décider à demander le Baptême. Mais si je me réfère à ma propre expérience … combien de mois à se traîner par terre sur le derrière avant d’arriver seulement à se mettre à quatre pattes.

Alors tu penses bien que lorsque j’ai réussi à faire ce premier pas (demander le Baptême) j’avais l’impression d’être déjà sur un petit nuage : mais en fait, c’est là que j’ai tout juste commencé à apprendre à mettre un pied devant l’autre !

Ceci dit, le Maître bien-aimé a dit que si nous ne devenions pas comme de petits enfants, nous n’entrerions pas dans le Royaume.
Alors, je fais comme les petits enfants : je bats déjà des mains, tout ravi chaque fois que j’ai avancé l’autre jambe de dix centimètres.

Malheureusement, en battant des mains, cela me fait perdre l’équilibre – et je me rassois par terre. Et c’est reparti.

Je te souhaite en tout cas d’être très vite plus sportif que moi !!!
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Message par Stephanopoulos » mer. 10 mars 2004 14:44

Oui Eliazar, je suis d'accord avec toi; mais je voulais simplement dire qu'il y a quelque chose qui cloche si on continue d'aller à la messe romaine (écouter le prêtre bénir la Réforme grégorienne, le filioque, la papauté etc...) losqu'on a la foi orthodoxe. On ne peut pas rester dans l'entre-deux ad eternam. il y a un moment où il faut faire un choix!
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Message par eliazar » mer. 10 mars 2004 15:53

Bien sûr. Participer aux offices dominicaux kto est devenu une véritable souffrance, ces toutes dernières années particulièrement, avec la disparition progressive des derniers vieux prêtres humbles et pieux (j’en ai connu d'inoubliables !).

Même sans « participer » ; il suffit d’entrer et d’entendre quelques phrases, ou de voir un tableau d’affichage à l’entrée et de lire un ou deux paragraphes… de constater l’aménagement « in » de certaines chapelles latérales, pourtant encore dans de belles anciennes églises …
Récemment, quelqu’un écrivait, ici ou sur un autre lieu de discussion, je ne sais plus, qu’un orthodoxe PEUT prier dans une église kto, puisque aussi bien on peut prier dans la nature, dans une forêt, en montagne…

Malheureusement, lorsque j’entre dans une église kto (quelle que soit la beauté de son architecture, pour la plupart d’entre elles, encore du domaine des monuments du temps jadis), je ressens comme une agression intérieure – un sentiment corrosif d’absence de Dieu. Je n’ose jamais dire cela à un ami kto : la crainte d’éteindre le dernier bout de chandelle qui fume encore ! Mais c’est presque physiquement palpable : la demeure abandonnée…
Alors que dans la nature, Dieu est partout « palpable ». La moindre branche d’arbre est restée fidèle à Celui qui l’a créée, et parle encore de Lui. Je peux prier partout, dehors, plus profondément que dans la plupart des cathédrales ou des églises kto des villes.

Un jour, les pierres elles-mêmes crieront…
Dernière modification par eliazar le lun. 19 avr. 2004 4:03, modifié 1 fois.
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Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » dim. 18 avr. 2004 22:35

Trois compléments en vrac sur ce sujet complexe de l'Ukraine.

D'abord, sur le site des uniates ukrainiens www.risu.org.ua , une estimation des différentes confessions plus fine que la mienne et basée sur des sondages:

- 11,5 millions d'orthodoxes "autocéphalistes" (je pensais 7 millions)
- 6 millions d'orthodoxes dans la juridiction du patriarcat de Moscou (je pensais 13 millions: la différence énorme entre les deux estimations vient du fait que je me basais sur le nombre de paroisses qui est très à l'avantage de la juridiction du patriarcat de Moscou; en fait, il semblerait que les paroisses du patriarcat de Moscou en Ukraine soient plus petites que les paroisses des autocéphalistes ukrainiens)
- 4 millions d'uniates (chiffre équivalent à mon estimation; les uniates ne surévaluent pas leurs effectifs, ce qui semble plaider en faveur de l'honnêteté de leurs estimations)
- 500'000 catholiques-romains de rite latin (50% de moins que mon estimation)
- 2'500'000 fidèles d'autres religions (comme on sait qu'il y a quelque 500'000 juifs et 500'000 musulmans en Ukraine, cela veut dire qu'il doit s'agir essentiellement de protestants, et que le protestantisme ukrainien doit dépasser le million de fidèles - soit une taille déjà supérieure à celle du protestantisme français).

Enfin, je suis très sceptique quant aux 26% de la population qui répondent qu'ils sont orthodoxes, mais sans pouvoir dire s'ils appartiennent au patriarcat de Moscou ou à l'un des deux partis autocéphalistes. Ces 26% me semblent correspondre à une catégorie que nous connaissons en Suisse à travers les réponses des immigrants venus de pays ex-communistes à la question sur la confession lors du recensement fédéral: il s'agit des gens non-baptisés qui indiquent la dernière religion à laquelle a appartenu un membre de leur famille, par attachement culturel ou par peur de passer pour communiste. Je les compte donc avec les sans religion.

On aboutit ainsi à une population de l'Ukraine divisée entre 35% d'orthodoxes (et non 40% comme je le croyais), 9% de catholiques-romains (à 89% uniates de rite byzantin), 5% d'autres religions et 51% de sans religion.
Au total, cette enquête appelle trois remarques:
- le grand nombre des orthodoxes qui se trouvent dans la juridiction considérée comme non-canonique du "patriarcat" de Kiev (10 millions de baptisés - plus que l'Eglise de Grèce!): il faudra bien un jour que l'Eglise trouve une solution aux problèmes posés par le "patriarcat" de Kiev et l'Eglise de Macédoine, que l'on ne pourra pas toujours balayer d'un revers de main;
- les media occidentaux présentent l'Ukraine comme un pays catholique-romain, alors que les orthodoxes y sont près de quatre fois plus nombreux que les catholiques-romains;
- le taux de sans religion (51%) paraît très élevé en comparaison d'un pays comme la Suisse (19%), et c'est sans doute l'héritage du communisme, mais c'est aussi un leurre: si l'on prend la suite de l'estimation des uniates, les données sur la pratique religieuse indiquent que 17% des croyants ukrainiens, toutes confessions confondues, vont à l'église au moins une fois par mois, ce qui est une proportion très supérieure à celle des pays d'Europe occidentale, exception faite peut-être de l'Espagne, de l'Italie, du Portugal et de l'Irlande. Rapporté au pourcentage de chrétiens qui tourne autour de 46% de la population, cela veut dire qu'en fait près de 8% de la population totale vont à l'église au moins une fois par mois: des décennies de communisme n'ont donc pas réussi à ébranler la pratique religieuse en Ukraine. 8% de la population totale qui vont à l'église au moins une fois par an représentent à coup sûr une proportion bien supérieure à celle de la Suède, de la Norvège, du Danemark, de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Belgique, du Royaume-Uni, de la France, de la Suisse ou de l'Autriche, pays qui n'ont pas connu le communisme...

Disponible sur Internet, un texte d'Alain Besançon sur la situation géopolitique de l'Ukraine actuelle, à l'adresse http://www.asmp.fr/fiches_academiciens/ ... nocide.pdf , où l'on retrouve toutes les obsessions anti-orthodoxes de ce membre de l'Académie des sciences morales et politiques (qui semble surtout nous haïr pour notre fidélité aux vérités premières), mais qui a l'intérêt de montrer que, contrairement à l'arrière-plan dogmatique qui explique les dissidences vieilles-calendaristes en Bulgarie, en Grèce et en Roumanie (toutes ces juridictions vieilles-calendaristes n'atteignant d'ailleurs pas le demi-million de fidèles à travers le monde: rien à voir avec un schisme comme celui du "patriarcat de Kiev", qui est majoritaire dans certaines régions d'Ukraine), les divisions à l'intérieur de l'Orthodoxie ukrainienne ont un arrière-plan strictement politique.

Enfin, un excellent livre du professeur Iaroslav Lébédynsky, qui enseigne l'Histoire de l'Ukraine à l'INALCO à Paris: Les Cosaques, Editions Errance, Paris 2004, 250 pages abondamment illustrées, prix 29 euros ou 54 francs suisses (où, vu le taux de change de l'euro au franc suisse, on voit une fois de plus que les libraires suisses exagèrent et qu'il vaut mieux acheter sur Amazon). Ce livre est exclusivement consacré aux Cosaques d'Ukraine, qui eurent un rôle politique que n'eurent guère les Cosaques de Russie, voués au service militaire, à la garde des frontières et à l'exploration. Le professeur Lébédynsky détruit une certaine imagerie occidentale réductrice à propos des Cosaques et souligne l'importance de leur rôle culturel et religieux. C'est un livre capital, en ce qu'il permet de comprendre pourquoi l'uniatisme imposé par les Polonais et auquel les Cosaques résistèrent avec une énergie farouche au nom de leur foi orthodoxe finit par faire basculer l'Ukraine dans les bras de la "Moscovie" en 1654, détruisant à jamais la puissance polonaise et apportant un renfort de poids à la puissance russe. Lébédynsky décrit aussi l'opposition méconnue de la cosaquerie ukrainienne dans le transfert de la juridiction sur l'Ukraine du patriarcat de Constantinople au patriarcat de Moscou en 1686: il semble que les Cosaques aient représenté, au moins jusqu'en 1710, un groupe de la population ukrainienne favorable à un retour sous la juridiction de Constantinople. A ce propos, je dois faire un mea culpa: contrairement à ce que je croyais, Constantinople a transféré à Moscou sa juridiction canonique sur l'Ukraine trente-deux ans après la libération de Kiev du joug polonais, et non pas aussitôt après.
Signalons au passage que le professeur Lébédynsky nous apprend que les Cosaques d'Ukraine considéraient que l'icône de la Protection de la Mère de Dieu (Pokrov) était leur icône protectrice.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mar. 24 août 2004 17:20

Je me permets de faire remonter ce fil, parce qu'il contient la réponse à la question posée par Jeanne Saint-Gilles dans le fil sur Claude Imbert et Lourdes quant au nombre des uniates d'Ukraine, qui serait donc de 4 millions.

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