Concile: une question pratique et préalable

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Nikolas
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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » dim. 19 juin 2016 18:20

Interview de l’archidiacre Jean Chrysavghis, directeur du bureau de presse du Patriarcat œcuménique pour le saint et grand Concile, au sujet de l’absence de l’Église orthodoxe russe et de ses conséquences
http://orthodoxie.com/interview-de-larc ... orthodoxe/

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » lun. 20 juin 2016 22:47

Table ronde à Moscou sur le thème « Pourquoi le Concile en Crète n’est-il pas devenu panorthodoxe ? »
http://orthodoxie.com/table-ronde-a-mos ... orthodoxe/

«L’absence des quatre Églises sera étudiée attentivement au saint et grand Concile», a déclaré le patriarche Bartholomée
http://orthodoxie.com/labsence-des-quat ... rtholomee/

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » mar. 21 juin 2016 13:43

Le concile panorthodoxe mène la vie dure aux médias
http://orthodoxie.com/le-concile-panort ... ux-medias/

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » mer. 22 juin 2016 22:03

Le premier projet de document, portant sur « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », a été adopté par le saint et grand Concile
http://orthodoxie.com/le-premier-projet ... d-concile/

Le patriarche Bartholomée ne revendique pas les « nouveaux territoires » de Grèce du nord
http://orthodoxie.com/le-patriarche-bar ... e-du-nord/

Le Concile ne discutera pas du message du parlement ukrainien au patriarche Bartholomée
http://orthodoxie.com/le-concile-ne-dis ... rtholomee/

Crète: vidéo de l’allocution du patriarche Daniel de Roumanie à l’ouverture du Concile
http://orthodoxie.com/crete-video-de-la ... u-concile/

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » jeu. 23 juin 2016 13:09

Vidéos: les récents reportages de KTO sur le Concile panorthodoxe
http://orthodoxie.com/videos-les-recent ... orthodoxe/

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » jeu. 23 juin 2016 21:43

Le Patriarcat de Géorgie maintient son refus de participer au Concile
http://orthodoxie.com/le-patriarcat-de- ... u-concile/


Le père Alexandre Karloutsos : « Le budget du Concile en Crète s’élève à 2,5 millions d’euros »
http://orthodoxie.com/le-pere-alexandre ... ns-deuros/

Claude le Liseur
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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Claude le Liseur » ven. 24 juin 2016 13:17

Nikolas a écrit :
Mais selon ce communiqué, autrement dit selon ces auteurs, cette fraternité n'est pas rien car : "Depuis l’origine des rencontres préconciliaires, la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale a contribué à la préparation du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, tant par ses activités propres que par l’envoi d’experts auprès des délégations officielles d’Église."

Chacun s'attribue la gloire (ou la fausse gloire) qu'il peut, mais je sais bien que la cheville ouvrière du concile, celui qui y a travaillé pendant trente ans, c'était mon père spirituel, feu le métropolite Damascène de Suisse - paix à son âme. Et ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux !

Pour la petite histoire, encore en 1994, Monseigneur le Métropolite pensait que le concile se tiendrait en 1997. Puis retard et report. En 2000, le métropolite a eu une attaque cérébrale. D'où nouveau retard et report, puisque le principal porteur du projet ne pouvait plus s'en occuper. Finalement, on se réunit en 2016.

J'ai l'impression qu'on veut nous faire le Vatican II de l'Orthodoxie: un concile "pastoral", alors que tous les conciles se sont réunis pour répondre à des attaques dogmatiques contre le dépôt de la foi. On nous présente ce concile comme un événement extraordinaire. On blasphème contre l'Eglise en voulant nous faire croire qu'il n'aurait pas eu d'équivalent depuis la chute de Rome hors de l'Orthodoxie, alors que les conciles palamites du XIVe siècle ou le concile de 1872 contre le phylétisme ont une importance dans la vie de l'Eglise que n'aura jamais le concile de 2016. Je ne vois pas qu'aucune question importante soit abordée. Je ne comprends toujours pas la raison d'être de ce concile et je ne la comprenais déjà pas du vivant de Monseigneur Damascène.

Et là où je m'amuse, c'est lorsque l'on nous explique que le patriarcat de Moscou a suivi les "petites" Eglises de Bulgarie et de Géorgie, tandis que l'on se glorifie de la participation des Eglises de Pologne, d'Albanie et de Tchécoslovaquie. On n'oublie que ces trois Eglises (supposées "grandes" selon la propagande) réunies ont moins de fidèles que la seule Eglise de Géorgie. En réalité, la seule chose qui empêche ce concile d'être un concile panhellénique (ce contre quoi je n'ai rien en soi: je suis philhellène), c'est la participation des Eglises de Serbie et surtout de Roumanie, qui est tout de même la plus grande par le nombre de fidèles après le patriarcat de Moscou.

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » sam. 25 juin 2016 13:59

Mgr Ignace : Répond à pourquoi le patriarcat d’Antioche ne participe pas au grand Concile en Crète
http://orthodoxie.com/mgr-ignace-pourqu ... -en-crete/

La proposition de l’Église orthodoxe de Grèce au sujet du texte « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » a été acceptée par le Concile
http://orthodoxie.com/la-proposition-de ... e-concile/

L’archevêque d’Athènes Jérôme a demandé la condamnation de l’uniatisme par le Concile
http://orthodoxie.com/larcheveque-dathe ... e-concile/

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » dim. 26 juin 2016 16:54

Nikolas a écrit :Le père Alexandre Karloutsos : « Le budget du Concile en Crète s’élève à 2,5 millions d’euros »
http://orthodoxie.com/le-pere-alexandre ... ns-deuros/
Des précisions sur le sujet :
Le père Alexandros Karloutsos, représentant du patriarcat de Constantinople, membre du Comité d’organisation du Concile, a, selon l’agence RIA-Novosti, déclaré que « le budget du Concile est de 2,5 millions d’euros. Cette somme a été réunie par des donateurs, essentiellement des Grecs résidant aux Etats-Unis et en Grèce. Les donations en provenance des Etats-Unis nous ont été adressées exclusivement par des entités non gouvernementales. L’administration américaine n’a donc aucunement pris part au financement du Concile.
Trad."PO" http://www.egliserusse.eu/blogdiscussio ... a4787.html

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » dim. 26 juin 2016 17:03

Claude le Liseur a écrit :Ces documents ont été publiés en traduction française par le site orthodoxie.com le 30 janvier http://orthodoxie.com/documents-approuv ... vier-2016/ .

Ces traductions françaises semblent avoir été publiées le 28 janvier 2016 sur le site Internet du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou.

Surprise, alors que ce site est multilingue (russe, anglais, italien, français, grec et espagnol - il n'y a curieusement pas de version allemande), les documents adoptés par les primats réunis à Chambésy ne sont disponibles qu'en français, en grec et en russe.

Je n'ai rien trouvé qui indique quelle est la version originale (grecque ? russe ? un texte anglais, qui, pour des raisons qui m'échappent, n'aurait pas été publié sur le site du patriarcat de Moscou ?) ni qui a assumé la responsabilité de la traduction.

Certes, à propos des langues, je trouve dans le règlement adopté pour le concile une disposition cocasse, puisque l'article 9 alinéa 1 prévoit que les langues officielles du concile seront l'anglais, le français, le grec et le russe et que l'arabe sera en plus langue de travail. Je m'étonne autant de la présence du français (que personne n'utilisera) que de l'absence du roumain, du serbe, du bulgare et du géorgien. On comprend d'avance que tout se fera en anglais et que les autres langues seront des langues de traduction (là encore, je comprends que l'on veuille tenir compte du poids numérique de l'Orthodoxie russe et de la tradition de publier les décisions conciliaires en grec, mais quelle est la justification d'une traduction en français ?). On dirait une volonté d'imiter le système onusien, le grec prenant ici la place du chinois et l'espagnol passant à la trappe (là encore, pourquoi?).

Mais cet étrange article 9 alinéa 1 du règlement d'organisation et de fonctionnement du concile ne répond pas pour autant à la question: quelle est la langue d'origine des documents publiés par le département des relations extérieures du patriarcat de Moscou? La traduction française a-t-elle une quelconque valeur officielle? Je souhaiterais en effet avoir accès au texte original plutôt que de partir de la traduction pour pouvoir comprendre les résultats des travaux des primats.

Si une âme charitable a réussi à trouver le texte original, qu'elle n'hésite pas à l'indiquer ici.
Concernant les langues, au vu des images émanant du concile, il est clair que le grec et l'anglais était plus qu'a l'honneur. Le patriarche Bartholomée faisant ses discours en grec, les points presse étant fait en anglais et grec.
Néanmoins vous disiez :
l'article 9 alinéa 1 prévoit que les langues officielles du concile seront l'anglais, le français, le grec et le russe et que l'arabe sera en plus langue de travail. Je m'étonne autant de la présence du français (que personne n'utilisera) que de l'absence du roumain, du serbe, du bulgare et du géorgien.
Et bien le Patriarche de Roumanie vous as donné tort, puisqu'il s'est exprimé en français :
Crète: vidéo de l’allocution du patriarche Daniel de Roumanie à l’ouverture du Concile http://orthodoxie.com/crete-video-de-la ... u-concile/
Peut être n'était il pas le seul.

Néanmoins on ne sait toujours pas quelle est la langue première des textes conciliaires. Les versions grecque et anglaise était en ligne bien avant la version française et russe. Mais comme la langue grecque figure avant l'anglaise dans les langues proposées ont peu penser qu'il s'agit de celle-là.

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » dim. 26 juin 2016 17:10

ENCYCLIQUE

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit

Nous adressons une hymne d’action de grâce au Dieu adoré dans la Trinité qui nous a permis de nous réunir en ces jours de Pentecôte sur l’île de Crète, sanctifiée par l’apôtre Paul des nations et son disciple Tite, « véritable enfant dans la foi qui nous est commune » (Tt 1, 4), et d’achever, sous l’inspiration du Saint-Esprit, les travaux du saint et grand Concile de notre Église orthodoxe – convoqué par Sa Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomaios, avec l’accord de Leurs Béatitudes les Primats des très-saintes Églises orthodoxes autocéphales – à la gloire de son Nom béni, et au profit du peuple de Dieu et du monde entier, confessant avec le divin Paul : « Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs du Christ, et des dispensateurs des mystères de Dieu » (I Co 4, 1).

Le saint et grand Concile de l’Église une, sainte, catholique et apostolique constitue un témoignage authentique de la foi dans le Christ Dieu-homme, Fils unique-engendré et Verbe de Dieu qui, par son Ιncarnation, toute son œuvre sur terre, Son Sacrifice sur la Croix et Sa Résurrection, a révélé le Dieu trinitaire en tant qu’Αmour infini. Dès lors, d’une seule voix et d’un seul cœur, nous adressons, en concile, la parole de « notre espérance » (cf. I P 3, 15) non seulement aux fidèles de notre très-sainte Église, mais aussi à tous ceux « qui étaient autrefois éloignés et qui ont été rapprochés » (Ep 2, 13). « Notre espérance » (I Tm 1, 2) le Sauveur du monde fut révélé comme « Dieu avec nous » (Mt 1, 23) et comme « Dieu pour nous » (Rm 8, 32) « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (I Tm 2, 4). Nous proclamons l’amour sans cacher les bienfaits, conscients des paroles du Seigneur : « le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas » (Mt 24, 35). Dans la joie nous annonçons la parole de la foi, de l’espérance et de l’amour, attendant « ce jour qui n’a pas de soir, de lendemain ni de fin » (Basile le Grand, Homélies sur l’Hexaéméron II, PG 29, 52, SC 26bis, p. 185). Le fait que notre cité soit « dans les cieux » (Ph 3, 20), n’infirme pas, mais renforce notre témoignage dans le monde.

En cela, nous nous conformons à la tradition des Apôtres et de nos Pères qui annonçaient le Christ et l’expérience salvatrice de la foi de l’Église, faisant de la théologie en vue de « prendre dans les filets » – c’est-à-dire conformément à l’apostolat – les humains de tout temps, pour leur transmettre l’Évangile de la liberté en Christ (cf. Ga 5, 1). L’Église ne vit pas pour soi. Elle s’offre pour l’humanité tout entière, l’élévation et le renouveau du monde dans des cieux nouveaux et une terre nouvelle (cf. Ap 1, 21). Dès lors, elle donne le témoignage évangélique et elle partage les dons que Dieu dispensa à l’humanité : son amour, la paix, la justice, la réconciliation, la force de la Résurrection et l’espérance de l’éternité.

* * *

I. L’Église en tant que corps du Christ, icône de la Sainte Trinité.

1. L’Église une, sainte, catholique et apostolique est la communion divino-humaine à l’image de la sainte Trinité ; l’avant-goût et l’expérience des fins dernières vécue dans la divine Eucharistie ; la révélation de la gloire des choses à venir ; en tant que Pentecôte permanente, la voix prophétique qui ne se tait jamais dans le monde ; la présence et le témoignage du Royaume de Dieu « venu avec puissance » (Mc 9, 1). En tant que corps du Christ, l’Église « rassemble » (cf. Mt 23, 37), transfigure et alimente le monde en « eau qui devient en lui une source jaillissant en vie éternelle » (Jn 4, 14).

2. La tradition apostolique et patristique – obéissant aux paroles du Seigneur et fondateur de l’Église lors de la sainte Cène avec ses disciples, instituant le sacrement de la divine Eucharistie – a mis en relief l’attribut de l’Église en tant que « corps du Christ » (Mt 25, 26 ; Mc 14, 22 ; Lc 22, 19 ; I Co 10, 16-17 ; 11, 23-29). Elle l’associa toujours au mystère de l’Incarnation du Fils et Verbe de Dieu, du Saint-Esprit et de la Vierge Marie. Dans cet esprit, elle a toujours mis l’accent sur le rapport indéfectible, tant entre le mystère de la divine économie en Christ et celui de l’Église, qu’entre le mystère de l’Église et le sacrement de la divine Eucharistie assuré sans cesse dans la vie sacramentelle de l’Église par l’opération du Saint-Esprit.

L’Église orthodoxe, fidèle à cette tradition apostolique et expérience sacramentelle unanime, est la continuité authentique de l’Église une, sainte, catholique et apostolique, telle qu’elle est confessée dans le Crédo et confirmée par l’enseignement des Pères de l’Église. De la sorte, elle ressent la responsabilité majeure qui lui incombe, consistant non seulement à faire vivre au plérôme cette expérience authentique, mais aussi à donner à l’humanité le témoignage crédible de la foi.

3. Dans son unité et sa catholicité, l’Église orthodoxe est l’Église des Conciles depuis l’Assemblée des Apôtres à Jérusalem (Ac 15, 5-29). L’Église est en soi un Concile établi par le Christ et guidé par le Saint-Esprit, selon la parole apostolique « L’Esprit saint et nous-mêmes, nous avons décidé » (Ac 15, 28). Par les Conciles œcuméniques et locaux, l’Église annonça et annonce le mystère de la sainte Trinité, révélé par l’Incarnation du Fils et Verbe de Dieu. Le travail conciliaire se poursuit sans interruption dans l’histoire par les conciles plus récents possédant une autorité universelle, notamment : le Grand concile (879-880) convoqué par Photius, patriarche de Constantinople ; ceux convoqués au temps de saint Grégoire Palamas (1341, 1351, 1368), où fut confirmée la vérité de la foi, portant surtout sur la participation de l’homme aux énergies divines incréées et sur la procession du Saint-Esprit ; en outre, les saints et grands Conciles réunis à Constantinople : celui de 1484 pour réfuter le concile d’union de Florence (1438-1439) ; ceux des années 1638, 1642, 1672 et 1691 pour réfuter les thèses protestantes, ainsi que celui de 1872 pour condamner l’ethno-phylétisme comme hérésie ecclésiologique.

4. En dehors du corps du Christ « qu’est l’Église » (cf. Ep 1, 23 ; Col 2, 17) la sainteté est inconcevable. La sainteté émane de l’unique Saint ; pour l’humain il s’agit de participer à la sainteté de Dieu dans la « communion des saints », selon l’affirmation du prêtre au cours de la Divine Liturgie. Les saints Dons aux saints » – et selon la réponse des fidèles : « Un seul Saint, un seul Seigneur, Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père. Amen. » Dans cet esprit, Cyrille d’Alexandrie souligne aussi à propos du Christ : « Étant aussi lui-même Dieu par nature (…) Il est sanctifié à cause de nous en l’Esprit saint (…) Et il a fait cela à cause de nous, non pas pour Lui, afin que de Lui et par Lui, ayant le premier reçu le principe de la sanctification, la grâce de la sanctification puisse désormais passer à l’humanité…  » (Commentaire sur l’évangile de saint Jean, 11. PG 74, 548).

Par conséquent, selon saint Cyrille, le Christ est notre « personne commune » par la récapitulation dans sa propre humanité de la nature humaine tout entière : « nous étions tous en Christ et la personne commune de l’humanité est régénérée en Lui » (Commentaire sur l’évangile de saint Jean, 11. PG 73, 161). C’est pourquoi il est aussi l’unique source de sanctification de l’humanité. Dans cet esprit, la sainteté est la participation de l’humanité au mystère de l’Église et aussi à ses sacrements sacrés, avec pour centre la divine Eucharistie, en tant que « sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu » (cf. Rm 12, 1). « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ? Selon ce qu’il est écrit : À cause de toi nous sommes mis à mort tout le long du jour, nous avons été considérés comme des bêtes de boucherie. Mais en tout cela, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés » (Rm 8, 35-37). Les Saints incarnent l’identité eschatologique de l’Église, en tant qu’action de grâce permanente devant le Trône terrestre et céleste du Roi de gloire figurant le Royaume de Dieu.

5. L’Église orthodoxe universelle est composée de quatorze Églises autocéphales locales, reconnues au niveau panorthodoxe. Le principe d’autocéphalie ne saurait opérer au détriment du principe de catholicité et d’unité de l’Église. Nous considérons donc que la création des Assemblées épiscopales dans la Diaspora orthodoxe – composées chacune des évêques canoniques reconnus qui continuent de dépendre des juridictions canoniques dont ils relevaient jusqu’à présent – constitue un pas en avant important vers leur organisation canonique et que leur fonctionnement régulier garantit le respect du principe ecclésiologique de conciliarité.

II. La mission de l’Église dans le monde

6. L’apostolat et l’annonce de l’Évangile – ou l’action missionnaire – appartiennent au noyau de l’identité de l’Église : c’est sauvegarder le commandement du Seigneur et s’y conformer : « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19). C’est le « souffle de vie » que l’Église dispense à la société humaine et qui ecclésialise le monde au travers de l’établissement de nouvelles Églises locales. Dans cet esprit, les croyants orthodoxes sont et doivent être des apôtres du Christ dans le monde. Cet apostolat doit s’accomplir non pas de façon agressive, mais librement, dans l’amour et le respect envers l’identité culturelle des individus et des peuples. Toutes les Églises orthodoxes doivent participer à cet effort en respectant dûment la discipline canonique.

La participation à la divine Eucharistie est une source d’ardeur apostolique pour évangéliser le monde. Participant à la divine Eucharistie et priant en la sainte assemblée pour toute la terre habitée, nous sommes appelés à prolonger la « liturgie après la Divine Liturgie » ; à témoigner de la vérité de notre foi devant Dieu et les hommes ; à partager les dons de Dieu avec l’humanité tout entière ; tout cela, en obéissant au commandement clair du Seigneur avant son Ascension : « vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Les paroles prononcées avant la divine Communion – « L’Agneau de Dieu est fractionné et partagé, Il est fractionné mais non divisé, Il est toujours nourriture et ne s’épuise jamais, mais il sanctifie ceux qui y communient » – suggère que le Christ, en tant qu’ « l’agneau de Dieu » (Jn 1, 29), et en tant que « nourriture de vie » (Jn 6, 48), nous est offert comme l’amour éternel, nous unissant à Dieu et les uns aux autres. Elle nous enseigne à partager les dons de Dieu et à nous offrir nous-mêmes pour tous à la façon du Christ.

La vie des chrétiens est un témoignage irréfutable du renouveau de tout en Christ : « Aussi, si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là » (II Co 5, 17). C’est un appel lancé à l’humanité de participer personnellement, en toute liberté, à la vie éternelle, à la grâce de notre Seigneur Jésus Christ et à l’amour de Dieu le Père, pour vivre dans l’Église la communion du Saint-Esprit : « Voulant le mystère du salut de plein gré et non pas de force » (Maxime le Confesseur, PG 90, 880). La réévangélisation du peuple de Dieu dans les sociétés contemporaines sécularisées, ainsi que l’évangélisation de ceux qui n’ont pas encore connu le Christ, est pour l’Église un devoir ininterrompu.

III. La Famille – icône de l’amour du Christ pour Son Église

7. L’Église orthodoxe considère l’union indéfectible liant l’homme à la femme dans l’amour comme un « grand mystère … du Christ et de l’Église » (Ep 5, 32) et elle s’intéresse à la famille qui en résulte. C’est la seule garantie pour la naissance et l’éducation d’enfants selon le plan de la divine économie en tant que « petite Église » (Saint Jean Chrysostome, Commentaire sur l’épître aux Éphésiens, 20, PG 62, 143), lui apportant le soutien pastoral nécessaire.

La crise contemporaine du mariage et de la famille est issue de la crise de la liberté qui est réduite à une réalisation du soi vouée à la poursuite du bonheur ; qui est assimilée à une fatuité, autarcie et autonomie individuelle ; qui entraîne la perte du caractère sacramentel de l’union de l’homme et de la femme ; et qui oublie l’éthos sacrificiel de l’amour. La société sécularisée de nos jours aborde le mariage sur des critères purement sociologiques et pragmatiques, considérant celui-ci comme une simple forme de relation, parmi tant d’autres, revendiquant un droit égal à bénéficier d’une garantie institutionnelle.

Le mariage est un atelier de vie dans l’amour nourri par l’Église et un don incomparable de la grâce de Dieu. La « main puissante » du Dieu « unificateur » « invisiblement présent unit les conjoints » au Christ et l’un à l’autre. Les couronnes posées sur la tête des époux lors de la célébration du sacrement font référence au sacrifice et au dévouement à Dieu et à celui des époux entre eux. Elles suggèrent aussi la vie du Royaume de Dieu, révélant la référence eschatologique du mystère de l’amour.

8. Le saint et grand Concile s’adresse avec un amour et tendresse particulier aux enfants et à tous les jeunes. Parmi les multiples définitions contradictoires à propos de l’enfance, notre très-sainte Église souligne les paroles de notre Seigneur « si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Mt 18, 3) et « qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera point » (Lc 18, 17), de même que notre Sauveur le dit à propos de ceux qui « empêchent » (cf. Lc 18, 16) les enfants de venir à Sa suite et de ceux qui les « scandalisent » (Mt 18, 6).

L’Église n’offre pas à la jeunesse seulement de « l’aide », mais la « vérité », celle de la vie nouvelle divino-humaine en Christ. La jeunesse orthodoxe doit prendre conscience qu’elle est porteuse d’une tradition de l’Église orthodoxe multiséculaire et bénie et en même temps la continuatrice de cette tradition qu’il faut préserver avec courage et cultiver avec force les valeurs éternelles de l’Orthodoxie, pour rendre un témoignage chrétien vivifiant. De cette jeunesse sortiront les futurs serviteurs de l’Église du Christ. Ainsi, les jeunes ne sont pas uniquement le « futur » de l’Église, mais aussi l’expression active de sa vie au service de l’homme et de Dieu dans le présent.

IV. L’éducation selon le Christ

9. De nos jours, le domaine de la formation et de l’éducation est secoué par d’âpres controverses concernant, non seulement le contenu et les buts de l’éducation, mais aussi la nouvelle perception de l’enfance, du rôle de l’enseignant et de l’élève, ainsi que celui de l’école moderne. Étant donné que l’éducation concerne non pas simplement ce qu’est l’homme, mais ce qu’il doit être, ainsi que la mesure de sa responsabilité, il est évident que l’image que nous nous faisons de l’homme et du sens de son existence détermine aussi notre point de vue concernant son éducation. Individualiste, sécularisé et à la seule recherche du bonheur, le système éducatif dominant aujourd’hui, dont la nouvelle génération fait les frais, préoccupe aussi l’Église orthodoxe

L’éducation occupe le centre de la sollicitude pastorale de l’Église en vue non seulement de la culture intellectuelle, mais aussi de l’édification et du développement de l’être humain dans son ensemble en tant qu’entité psychosomatique et spirituelle, selon la question à trois volets : Dieu, homme, monde. Dans son discours catéchétique, l’Église orthodoxe appelle affectueusement le peuple de Dieu, la jeunesse notamment, à la participation consciente et active à la vie de l’Église, en cultivant chez elle « l’aspiration parfaite » à la vie en Christ. Ainsi, le plérôme chrétien trouve dans la communion divino-humaine de l’Église un soutien existentiel, pour y vivre la perspective pascale de la déification par grâce.

V. L’Église face aux défis contemporains

10. L’Église du Christ est aujourd’hui confrontée à des manifestations extrêmes, voire provocantes du sécularisme, inhérentes aux évolutions politiques, culturelles et sociales du monde moderne. Un élément fondamental du sécularisme fut et demeure l’idée de soustraire totalement l’humain au Christ et à l’influence spirituelle de l’Église, de surcroît, en assimilant arbitrairement celle-ci au conservatisme et faisant fi de l’histoire, alléguant qu’elle serait un obstacle au progrès et à l’évolution. Dans nos sociétés sécularisées, coupé de ses racines spirituelles, l’homme confond sa liberté et le sens de sa vie avec une autonomie absolue, avec un affranchissement par rapport à sa destination éternelle ; cela produit toute une série de malentendus et d’interprétations fallacieuses de la tradition chrétienne. Ainsi, la liberté en Christ dispensée d’en-haut et le progrès menant « à l’état d’adulte, à la taille du Christ dans sa plénitude » (Ep 4, 13) sont considérés comme entravant les dispositions auto-salvatrices de l’être humain. L’amour disposé au sacrifice est jugé comme étant incompatible avec l’individualisme, alors que le caractère ascétique de l’éthos chrétien, comme un défi intolérable lancé à la poursuite du bonheur individuel.

Assimiler l’Église à un conservatisme inconciliable avec le progrès de la civilisation est une allégation arbitraire et abusive, puisque la conscience nationale des peuples chrétiens porte la marque indélébile de la contribution séculaire de l’Église non seulement à leur patrimoine culturel, mais aussi au sain développement de la civilisation séculière en général, puisque Dieu a placé l’homme en tant que gérant de la création divine, associé à Son œuvre. À la place de l’« homme-dieu » contemporain, l’Église orthodoxe affirme le « Dieu-homme » comme mesure ultime de tout : « Nous ne parlons pas d’homme déifié, mais de Dieu fait homme » (Jean Damascène, Exposé de la foi orthodoxe, 3, 2, PG 94, 988). Elle expose la vérité de la foi salvatrice du Dieu-homme et Son Corps, l’Église, en tant que lieu et mode de vie en liberté. Elle permet de « confesser la vérité dans l’amour » (cf. Ep 4, 15) ; de participer aussi, déjà sur terre, à la vie du Christ ressuscité. Le caractère divino-humain de l’Église – « qui n’est pas de ce monde » (Jn 18, 36), qui alimente et dirige sa présence et son témoignage « dans le monde » – lui interdit de se conformer au monde (cf. Rm 12, 2).

11. Le développement actuel des sciences et de la technologie est en train de changer notre vie. Or, tout ce qui engendre un changement dans la vie humaine exige que nous fassions preuve de discernement. Car, hormis les importants bienfaits – par exemple ceux qui facilitent la vie quotidienne, qui permettent de traiter des maladies autrefois incurables et d’aller plus loin dans la recherche spatiale –, nous sommes aussi confrontés aux retombées négatives du progrès scientifique : les risques tels que la manipulation de la liberté humaine, l’instrumentalisation de l’être humain, la perte graduelle de précieuses traditions, la dégradation, voire la destruction de l’environnement naturel.

De par sa nature, la science elle-même ne dispose pas malheureusement de moyens nécessaires pour prévenir ou guérir bon nombre de problèmes qu’elle génère directement ou indirectement. La connaissance scientifique ne mobilise pas la volonté morale de l’humain qui, tout en connaissant les risques, continue d’agir comme s’il n’en avait pas été averti. Sans une approche spirituelle, il est impossible de donner des réponses aux graves problèmes existentiels et éthiques de l’être humain, ni au sens éternel de sa vie et du monde.

12. De nos jours, les progrès impressionnants effectués dans le domaine de la biologie, de la génétique et de la neurophysiologie du cerveau suscitent un enthousiasme généralisé. Il s’agit de conquêtes scientifiques dont l’éventail d’applications est susceptible de générer des dilemmes anthropologiques et éthiques graves. L’usage incontrôlé de la biotechnologie intervenant sur le début, la durée et la fin de la vie, compromet la véritable plénitude de celle-ci. Pour la première fois de son histoire, l’homme se livre à des expérimentations extrêmes et dangereuses sur sa propre nature. Il risque d’être transformé en rouage biologique, en unité sociale ou en appareil de pensée contrôlée.

L’Église orthodoxe ne saurait rester en marge du débat portant sur des questions anthropologiques, éthiques et existentielles d’une telle importance. Elle s’appuie sur les critères dictés par Dieu pour démontrer l’actualité de l’anthropologie orthodoxe face au renversement contemporain des valeurs. Notre Église peut et doit manifester dans le monde sa conscience prophétique en Jésus Christ qui, dans l’Incarnation, assuma toute la condition humaine et qui est le modèle absolu de la restauration du genre humain. Elle affirme que la vie de l’être humain est sacrée et qu’il possède l’attribut de personne dès sa conception. Naître est le premier des droits de l’homme. L’Église – en tant que communion divino-humaine au sein de laquelle chaque homme est une entité unique destinée à communier personnellement avec Dieu – résiste à toute tentative de réduire l’être humain à l’état d’objet, à le transformer en donnée mesurable. Aucune réussite scientifique n’est autorisée à porter atteinte à la dignité et à la destination divine de l’homme. L’être humain n’est pas uniquement déterminé par ses gênes.

C’est sur cette base que la Bioéthique est fondée du point de vue orthodoxe. À une époque d’images contradictoires de l’homme, face à des conceptions séculières, autonomes et réductrices, la Bioéthique orthodoxe affirme la création à l’image et à la ressemblance de Dieu, et la destination éternelle de l’être humain. Elle contribue de la sorte à enrichir le débat philosophique et scientifique portant sur des questions bioéthiques en y apportant l’anthropologie biblique et l’expérience spirituelle de l’Orthodoxie.

13. Dans une société mondiale axée sur l’ « avoir » et l’individualisme, l’Église orthodoxe universelle propose la vérité de la vie en Christ et selon Christ, librement incarnée dans la vie quotidienne de chaque être humain par son travail accompli « jusqu’au soir » (Ps 103, 23) moyennant lequel celui-ci devient collaborateur du Père éternel – « car nous travaillons ensemble à l’œuvre de Dieu » (I Co 3, 9) – et de Son Fils [« Mon Père, jusqu’à présent, est à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre » (Jn 5, 17)]. La grâce de Dieu sanctifie tous les ouvrages de l’homme coopérant avec Dieu, relevant en eux l’affirmation de la vie et communion humaine. Dans ce contexte est aussi placée l’ascèse chrétienne, radicalement différente de tout ascétisme dual qui isole l’humain de la société et de son prochain. L’ascèse chrétienne et la tempérance, qui relient l’homme à la vie sacramentelle de l’Église, ne concernent pas uniquement la vie monastique, mais ce sont des attributs de la vie ecclésiale dans toutes ses manifestations, un témoignage tangible de la présence de l’esprit eschatologique dans l’existence bénie des fidèles orthodoxes.

14. Les racines de la crise écologique sont spirituelles et morales. Elles sont inscrites dans le cœur de chaque être humain. Au cours des derniers siècles, cette crise s’aggrave à cause de nombreux clivages générés par les passions humaines, telles que la convoitise, l’avidité, la cupidité, l’égoïsme, l’esprit de prédation et leurs retombées sur la planète comme le changement climatique qui d’ores et déjà menace sérieusement l’environnement naturel, notre « maison » commune. La rupture du rapport liant l’homme à la nature est une aberration par rapport au véritable usage de la création de Dieu. Pour résoudre le problème écologique sur la base des principes de la tradition chrétienne, il faut non seulement faire pénitence pour le péché d’exploiter à outrance les ressources naturelles de la planète, c’est-à-dire changer radicalement de mentalité, mais aussi pratiquer l’ascèse comme antidote au consumérisme, au culte des besoins et au sentiment de possession. Cela présuppose aussi l’immense responsabilité qui nous incombe de léguer aux générations futures un environnement naturel viable et son usage conforme à la volonté et à la bénédiction de Dieu. Dans les sacrements la création est affirmée et l’homme est encouragé à agir en économe, gardien et « officiant » de celle-ci, la présentant au Créateur comme une action de grâce – « Ce qui est à toi, le tenant de toi, nous te l’offrons en tout et pour tout » – et cultivant un rapport eucharistique à la création. Cette approche orthodoxe évangélique et patristique attire aussi notre attention sur les aspects sociaux et les retombées tragiques que représente la destruction de l’environnement naturel.

VI. L’Église face à la globalisation, la violence en tant que phénomène extrême et l’immigration.

15. La théorie contemporaine de globalisation – imposée silencieusement et propagée rapidement – provoque de forts remous dans l’économie et la société à l’échelle mondiale. La globalisation imposée a généré de nouvelles formes d’exploitation systématique et d’injustice sociale. Elle a planifié l’élimination graduelle des obstacles que représentent les traditions nationales, religieuses, idéologiques ou autres qui s’y opposent. Elle a mené à l’affaiblissement en vue de la déstructuration des acquis sociaux au nom de la reconstruction de l’économie mondiale, censée être nécessaire, creusant davantage le fossé séparant riches et pauvres, dynamitant la cohésion sociale des peuples et ravivant de nouveaux foyers de tensions internationales.

Face au processus d’homogénéisation réductrice et impersonnelle promu par la globalisation, face aussi aux aberrations de l’ethno phylétisme, l’Église orthodoxe propose de protéger l’identité des peuples et de renforcer le caractère local. Comme modèle alternatif pour l’unité de l’humanité, elle expose son organisation structurée, basée sur l’égalité de valeur des Églises locales. L’Église s’oppose à la menace provocatrice pesant aujourd’hui sur l’individu et les traditions culturelles des peuples que renferme la globalisation ; elle s’oppose aussi au principe selon lequel l’économie possède sa propre loi ou « économisme », c’est-à-dire l’économie émancipée par rapport aux besoins vitaux de l’humain et transformée en but en soi. Elle propose donc une économie durable, fondée sur les principes de l’Évangile. Axée sur la parole du Seigneur : « Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra » (Lc 4, 4), elle n’associe pas le progrès du genre humain à l’amélioration du seul niveau de vie ou du développement économique au détriment des valeurs spirituelles.

16. L’Église ne se mêle pas de politique au sens strict du terme. Cependant, son témoignage est essentiellement politique en tant que souci pour l’humain et pour sa liberté spirituelle. Sa parole est bien distincte et restera à jamais un devoir d’intervention en faveur de l’humain. Les Églises orthodoxes locales sont aujourd’hui appelées à établir une nouvelle relation harmonieuse avec l’État de droit dans le nouveau contexte des relations internationales, conformément à l’affirmation biblique : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21). Cette coopération doit sauvegarder la singularité de l’Église et celle de l’État, et assurer leur franche coopération au profit de l’unique dignité humaine dont émanent les droits de l’homme, garantir aussi la justice sociale.

Les droits de l’homme sont aujourd’hui au centre de la politique, en tant que réponse aux actuelles crises et bouleversements sociaux et politiques, et destinés à protéger la liberté de l’individu. L’Église orthodoxe fait une approche critique des droits de l’homme craignant que le droit individuel ne dégénère en individualisme et en mouvement revendicatif de droits. Une telle aberration est préjudiciable au contenu communautaire de la liberté ; elle transforme arbitrairement les droits en revendications individuelles de poursuite du bonheur ; elle confond liberté et laxisme de l’individu, érigeant cette licence en « valeur universelle » qui mine les fondements des valeurs sociales, de la famille, de la religion, de la nation et qui menace des valeurs éthiques fondamentales.

La perception orthodoxe de l’homme s’oppose donc tant à l’apothéose arrogante de l’individu et de ses droits, qu’à l’humiliation de la personne humaine écrasée dans les actuelles gigantesques structures économiques, sociales, politiques et communicationnelles. La tradition de l’Orthodoxie est pour l’homme une source intarissable de vérités vitales. Nul autre que le Christ et Son Église n’a autant honoré l’être humain, et pris soin de lui. La protection du principe de liberté religieuse dans toutes ses perspectives est un droit fondamental, c’est-à-dire la liberté de conscience, de foi, de culte et toutes les manifestations individuelles et collectives de la liberté religieuse, y compris de droit de chaque croyant de pratiquer librement ses devoirs religieux, sans immixtion d’aucune sorte de la part des pouvoirs publics, ainsi que la liberté d’enseigner publiquement la religion et assurer les conditions de fonctionnement des communautés religieuses.

17. Aujourd’hui, nous vivons une recrudescence de la violence au nom de Dieu. Les exacerbations fondamentalistes au sein des religions risquent de faire valoir l’idée que le fondamentalisme appartient à l’essence du phénomène religieux. La vérité est que, en tant que « zèle que la connaissance n’éclaire pas » (Rm 10, 2), le fondamentalisme constitue une manifestation mortifère de religiosité. La véritable foi chrétienne, calquée sur la Croix du Seigneur, se sacrifie sans sacrifier ; c’est pourquoi elle est le juge le plus inexorable du fondamentalisme, quelle qu’en soit l’origine. Le dialogue interreligieux franc contribue au développement d’une confiance mutuelle dans la promotion de la paix et de la réconciliation. L’Église lutte pour rendre plus tangible sur terre la « paix d’en-haut ». La véritable paix n’est pas obtenue par la force des armes, mais uniquement par l’amour qui « ne cherche pas son intérêt » (I Co 13, 5). Le baume de la foi doit servir à panser et à guérir les plaies anciennes d’autrui et non pas à raviver de nouveaux foyers de haine.

18. L’Église orthodoxe suit, avec douleur et dans la prière, constatant la terrible crise humanitaire qui sévit de nos jours, la propagation de la violence et des conflits armés, la persécution, les déportations et les meurtres commis contre des membres de minorités religieuses, l’expulsion forcée de familles hors de leurs foyers, la tragédie du trafic d’êtres humains, la violation des droits fondamentaux d’individus et de peuples, ainsi que la conversion religieuse forcée. Elle condamne catégoriquement les enlèvements, les tortures, les atroces exécutions. Elle dénonce la destruction d’églises, de symboles religieux et de monuments culturels.

L’Église orthodoxe est particulièrement préoccupée de la situation des chrétiens, ainsi que des autres minorités nationales et religieuses persécutées du Moyen-Orient. Elle lance tout particulièrement un appel aux gouvernements des pays de la région pour protéger les populations chrétiennes, les orthodoxes, les anciens orientaux et les autres chrétiens, ayant survécu dans le berceau du christianisme. Les populations chrétiennes et les autres populations indigènes possèdent le droit imprescriptible de demeurer dans leurs pays en tant que citoyens jouissant de l’égalité de droits.

Nous exhortons donc toutes les parties impliquées, indépendamment de leurs convictions religieuses, à travailler à la réconciliation et au respect des droits de l’homme, et à protéger avant tout le don divin de la vie. Il faut que cessent la guerre et l’effusion de sang, et que prévale la justice, pour faire revenir la paix et rendre possible le retour de ceux qui ont été bannis de leurs foyers ancestraux. Nous prions pour la paix et la justice dans les pays éprouvés d’Afrique et l’Ukraine. Réunis en Concile, nous réitérons avec force notre appel aux responsables pour libérer les deux évêques enlevés en Syrie Paul Yazigi et Yohanna Ibrahim. Nous prions en outre pour la libération de tous nos semblables retenus en otages et en captivité.

19. L’imprévisible crise contemporaine des réfugiés et des immigrés pour des raisons économiques, politiques et climatiques s’aggrave continuellement et occupe le centre de l’intérêt mondial. L’Église orthodoxe n’a cessé de considérer ceux qui sont chassés, qui sont en danger et dans le besoin, conformément aux paroles du Seigneur : « Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi » (Mt 25, 35-36) et « en vérité, je vous le déclare chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Mt 25, 40). Au cours de son histoire, l’Église s’est toujours trouvée aux côtés de « tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau » (cf. Mt 11, 28). De tout temps, la philanthropie de l’Église ne se limite pas simplement à un acte de charité occasionnel envers l’indigent et le souffrant, mais elle cherche à éliminer les causes génératrices des problèmes sociaux. Le « ministère accompli » par l’Église (Ep 4, 12) est reconnu de tous.

Nous lançons donc un appel – avant tout à tous ceux qui sont en mesure d’éradiquer les causes générant la crise des réfugiés – à prendre des décisions adéquates dans ce sens. Nous appelons les autorités politiques, les fidèles orthodoxes et les citoyens des pays d’accueil, vers lesquels les réfugiés ont afflué et continuent d’affluer, de leur procurer toute aide possible dans la mesure de leurs moyens.

VII. L’Église : témoigner dans le dialogue

20. L’Église est sensible à ceux qui l’ont quittée et souffre pour tous ceux qui ne comprennent plus sa voix. Dans sa conscience d’être la présence vivante du Christ dans le monde, elle transpose dans des actions concrètes l’économie divine en utilisant tous les moyens à sa disposition afin de témoigner de la vérité de façon crédible dans la rigueur de la foi apostolique. Partant de cette compréhension du devoir de témoignage et de disponibilité, de tout temps, l’Église orthodoxe accorde une grande importance au dialogue, notamment avec les chrétiens hétérodoxes. Moyennant ce dialogue, les autres chrétiens connaissent désormais mieux l’Orthodoxie et la pureté de sa tradition. Ils savent aussi que l’Église orthodoxe n’a jamais accepté le minimalisme théologique ou la mise en doute de sa tradition dogmatique et de son éthos évangélique. Les dialogues interchrétiens furent une occasion pour l’Orthodoxie de souligner le respect dû à l’enseignement des Pères et de témoigner valablement de la tradition authentique de l’Église une, sainte, catholique et apostolique. Les dialogues engagés par l’Église orthodoxe n’ont jamais signifié et ne signifieront jamais faire des compromis d’aucune sorte en matière de foi. Ces dialogues sont un témoignage de l’orthodoxie étayé sur le message évangélique : « Viens et vois » (Jn 1, 46) et « Dieu est amour » (I Jn 4, 8).

* * *

Dans cet esprit, étant la manifestation en Christ du Royaume de Dieu, l’Église orthodoxe dans le monde entier vit le mystère de la divine économie dans sa vie sacramentelle centrée sur la divine Eucharistie qui nous donne non pas une nourriture périssable et corruptible, mais le Corps du Seigneur Lui-même, source de vie, « le Pain céleste » « qui est remède d’immortalité, antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus Christ pour toujours » (Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens XX, 1, PG 5, 756A). La divine Eucharistie est le noyau central de la fonction conciliaire du corps ecclésial, ainsi que la véritable assurance de l’orthodoxie de la foi de l’Église, comme l’affirme saint Irénée de Lyon : « Pour nous, notre façon de penser (= enseignement) s’accorde avec l’eucharistie, et l’eucharistie en retour confirme notre façon de penser » (Contre les hérésies, IV, 18, PG 7, 1028).

Évangélisant donc le monde entier, conformément au commandement du Seigneur, et « prêchant la repentance et la rémission des péchés à toutes les nations » (cf. Lc 44, 47), nous devons nous confier les uns les autres et toute notre vie au Christ notre Dieu ; nous devons nous aimer les uns les autres, confessant dans la concorde « le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible ». Réunis en Concile, adressant ceci aux fidèles de notre très-sainte Église orthodoxe et au monde entier, marchant sur les traces des saints Pères et obéissant aux décisions conciliaires qui prescrivent de sauvegarder la foi apostolique léguée et de nous « conformer au Christ » dans notre vie quotidienne, dans l’espérance de la « résurrection commune », nous rendons gloire à la Divinité en Trois Personnes en chantant :

« Père Tout-Puissant, Verbe et Esprit de Dieu, Nature Unique en Trois Personnes, Essence et Divinité Suprême, en Toi nous avons été baptisés et nous Te bénissons dans tous les siècles » (Canon pascal, ode 8.)

† Bartholomaios de Constantinople, président

† Théodore II d’Alexandrie

† Théophile III de Jérusalem

† Irénée de Serbie

† Daniel de Roumanie

† Chrysostome de Chypre

† Jérôme d’Athènes et toute la Grèce

† Sava de Varsovie et toute la Pologne

† Anastase de Tirana et toute l’Albanie

† Rastislav de Presov, des Pays tchèques et de Slovaquie

Délégation du Patriarcat œcuménique

† Léon de Carélie et toute la Finlande

† Étienne de Tallin et toute l’Estonie

† Jean du siège majeur de Pergame

† Démètre du siège majeur d’Amérique

† Augustin d’Allemagne

† Irénée de Crète

† Isaïe de Denver

† Alexis d’Atlante

† Jacques des Îles-des-Princes

† Joseph de Proikonissos

† Méliton de Philadelphie

† Emmanuel de France

† Nicétas de Dardanelles

† Nicolas de Detroit

† Gérasime de San Francisco

† Amphiloque de Kisamos et Sélinos

† Ambroise de Corée

† Maxime de Silivri

† Amphiloque d’Andrinople

† Calliste de Dioclée

† Antoine d’Hiérapolis, chef des orthodoxes ukrainiens aux États-Unis d’Amérique

† Job de Telmessos

† Jean de Charioupolis, chef de l’Exarchat patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale

† Grégoire de Nysse, chef des orthodoxes carpatho-ruthènes aux États-Unis d’Amérique

Délégation du Patriarcat d’Alexandrie

† Gabriel du siège majeur de Léontopolis

† Macaire de Nairobi

† Jonas de Kampala

† Séraphin du Zimbabwe et Angola

† Alexandre du Nigeria

† Théphylactos de Tripolis

† Serge du Cap de Bonne-Espérance

† Athanase de Cyrène

† Alexis de Carthage

† Jérôme de Mwanza

† Georges de Guinée

† Nicolas d’Hermoupolis

† Démètre d’Irénoupolis

† Damascène de Johannesburg et Pretoria

† Narcisse d’Accra

† Emmanuel de Ptolémaïs

† Grégoire du Cameroun

† Nicodème métropolite de Memphis

† Mélèce du Katanga

† Pantéléimon de Brazzaville et du Gabon

† Innocent du Burundi et du Rwanda

† Chrysostome de Mozambique

† Néophyte de Nieri et du Kenya

Délégation du Patriarcat de Jérusalem

† Benoît de Philadelphie

† Aristarque de Constantine

† Théophylactos du Jourdain

† Nectaire d’Anthidone

† Philoumène de Pella

Délégation de l’Église de Serbie

† Jean d’Ohrid et Skopje

† Amphiloque de Monténégro et du Littoral

† Porphyre de Zagreb et de Ljubljana‎

† Basile de Syrmie

† Lucien de Budimlje-Nikšić

† Longin de Nova Gračanica

† Irénée de Bačka

† Chrysostome de Zvornik-Tuzla

† Justin de Žiča

† Pacôme de Vranje

† Jean de Šumadija

† Ignace Braničevo

† Photius Dalmatie

† Athanase Bihać-Petrovac

† Johanikije Budimlje-Nikšić

† Grégoire de Hum-Herzégovine et du littoral

† Milutin de Valjevo

† Maxime en Amérique occidentale

† Irénée en Australie et Nouvelle-Zélande

† David de Kruševac

† Jean de Pakrac et Slavonie

† André en Autriche et Suisse

† Serge à Frankfort et en Allemagne

† Hilarion du Timok

Délégation de l’Église de Roumanie

† Théophane d’Iași, Moldavie et Bucovine

† Laurent Sibiu Transylvanie

† André de Vad, Feleac, Cluj, Alba Iulia, Crişana et Maramureş

† Irénée de Craiova et Olténie

† Jean de Timişoara et du Banat

† Joseph en Europe occidentale et méridionale

† Séraphin en Allemagne et Europe centrale

† Niphon de Târgovişte

† Irénée d’Alba Iulia

† Joachim de Roman et Bacau

† Cassien du Bas-Danube

† Timothée d’Arad

† Nicolas en Amérique

† Sophronios d’Oradea

† Nicodème de Strehaia et Severin

† Bessarion Toulcea

† Petronios de Salaj

† Silvain en Hongrie

† Silvain en Italie

† Timothée, en Espagne et au Portugal

† Macaire en Europe du nord

† Barlaam de Ploesti, auxiliaire du Patriarche

† Emilien de Łovistea, auxiliaire de l’archevêque de Râmnic

† Jean-Cassien Vikin, auxiliaire de l’archevêque en Amérique

Délégation de l’Église de Chypre

† Georges de Paphos

† Chrysostome de Kition

† Chrysostome de Cyrénie

† Athanase de Lemessos

† Néophyte de Morphou

† Basile de Constantia-Famaguste

† Nicéphore de Kykkos et Tyllérie

† Isaïe de Tamassos et Orinie

† Barnabé de Trimythonte et Lefkara

† Christophe de Karpassia

† Nectaire d’Arsinoé

† Nicolas d’Amathonte

† Epiphane de Ledra

† Léonce de Chytres

† Porphyre de Néapolis

† Grégoire de Mésorée

Délégation de l’Église de Grèce

† Procope de Philippes, Néapolis et Thasos

† Chrysostome de Péristérion

† Germain d’Elide

† Alexandre de Mantineia et Cynourie

† Ignace d’Arta

† Damascène de Didymoteichon, Orestias et Soufli

† Alexis de Nicée

† Hiérothéos de Naupacte et Saint-Blaise

† Eusèbe de Samos et Icarie

† Séraphin de Kastoria

† Ignace de Dimitrias et Halmyros

† Nicodème de Cassandrie

† Ephrem de Hydra, Spetses et Égine

† Théologos de Serrès et Nigrita

† Macaire de Sidirokastron

† Anthime d’Alexandroupolis

† Barnabé de Néapolis et Stavroupolis

† Chrysostome de Messénie

† Athénagoras d’lion, Acharnes et Petropoulis

† Jean de Langada, Litis et Rentine

† Gabriel de Nouvelle-Ionie et Philadelphie

† Chrysostome de Nicopolis et Préveza

† Théoclet de Hiérissos, mont Athos et Ardamérion

Délégation de l’Église de Pologne

† Simon Łodz et Pozńan

† Abel Lublin et Cheł

† Jacques de Białstok et Gdańsk

† Georges de Siemiatycze

† Païssios de Gorlice

Délégation de l’Église d’Albanie

† Jean Korçë

† Démètre d’Argyrocastre

† Nicolas d’Apollonie et Fier

† Antoine d’Elbasan

† Nathanaël d’Amandia

† Asti de Bylis

Délégation de l’Église des Pays tchèques et de Slovaquie

† Michel de Prague

† Isaïe Sumperk


† Jérémie de Suisse, chef du Secrétariat panorthodoxe du saint et grand Concile

https://www.holycouncil.org/-/encyclica ... geId=fr_FR
Dernière modification par Nikolas le dim. 26 juin 2016 17:28, modifié 1 fois.

Nikolas
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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » dim. 26 juin 2016 17:19

MESSAGE
du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe
Au peuple orthodoxe
et à toute personne de bonne volonté


Nous louons et glorifions le Dieu « de compassion et de toute supplication », car il nous a rendus dignes de nous réunir durant cette semaine de Pentecôte (18-26 juin 2016) en Crète, où l’Apôtre Paul et son disciple Tite ont annoncé l’Évangile au cours des premières années de la vie de l’Église. Nous rendons grâce au Dieu trinitaire, car il a permis avec bienveillance que nous cheminions dans un même esprit pour achever les travaux du saint et grand concile de l’orthodoxie, convoqué par Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée, en accord avec les Primats des Églises orthodoxes autocéphales locales.

Fidèles à l’exemple des Apôtres et des Pères théophores, nous avons étudié de nouveau l’Evangile de la liberté par lequel « Christ nous a affranchis » (Ga 5, 1). La fondation de nos discussions théologiques constitue l’assurance que l’Église ne vit pas pour elle-même. Elle transmet le témoignage de l’Évangile de la charité et de la liberté, tout en offrant à l’ensemble du monde habité les dons de Dieu : l’amour, la paix, la justice, la réconciliation, le pouvoir de la Croix et de la Résurrection et l’attente de l’éternité.

1. La principale priorité du saint et grand Concile fut de proclamer l'unité de l’Église orthodoxie. Fondée sur l’Eucharistie et la succession apostolique des évêques, l’unité existante a besoin d’être renforcée et de porter de nouveaux fruits. L’Église une, sainte, catholique et apostolique est une communion divino-humaine, un avant-goût et une expérience des eschata dans la sainte Eucharistie. En tant que Pentecôte, elle est une voix prophétique qui ne peut être mise sous silence, une présence et un témoignage du Royaume du Dieu d’amour.

Fidèle à la tradition apostolique unanime et à l’expérience sacramentelle, l’Église orthodoxe constitue la continuité authentique de l’Église une, sainte, catholique et apostolique, comme elle est confessée dans le symbole de foi et confirmée par l’enseignement des Pères de l’Église. L’Eglise nous fait connaître le mystère de la sainte Économie par sa vie sacramentelle centrée autour de la divine Eucharistie.

L’Église orthodoxe exprime son unité et sa catholicité dans le Concile. Sa conciliarité façonne son organisation, la manière par laquelle elle prend des décisions et la détermination de son destin. Les Églises orthodoxes autocéphales ne sont pas une fédération d’Église, mais l’Église une, sainte, catholique et apostolique. Chaque Église locale célébrant la divine Eucharistie est la présence et la manifestation locale de l’Église une, sainte, catholique et apostolique. De même pour la diaspora orthodoxe, dans différents pays, il a été décidé de continuer le fonctionnement des Assemblées épiscopales jusqu’à l’application de l’acribie canonique. Elles se composent des évêques canoniques qui relèvent et continuent à dépendre d’une Église autocéphale. Le fonctionnement régulier de ses Assemblées épiscopales garantit le respect du principe orthodoxe de conciliarité.

Au cours des travaux du saint et grand Concile a été soulignée l’importance des Synaxes des Primats qui ont eu lieu et décidé de la convocation régulière du saint et grand Concile tous les sept ou dix ans.

2. En participant à la divine Liturgie et priant pour le monde entier, nous devons continuer la liturgie après la divine liturgie et à rendre témoignage de la foi à ceux qui sont proches ou éloignés, en accord avec le clair commandement du Seigneur avant son Ascension : « et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). La réévangélisation du peuple de Dieu dans les sociétés modernes et l’évangélisation de ceux qui ne connaissent pas encore le Christ continuent à être une obligation pour l’Église.

3. Notre Église réfléchissant à la nécessité de témoigner de la vérité et de la foi apostolique, accorde une grande importance au dialogue, en particulier avec les chrétiens non-orthodoxes. De cette manière, le reste du monde chrétien connaît plus précisément l’authenticité de la tradition orthodoxe, la valeur de l’enseignement patristique, l’expérience liturgique et la foi des orthodoxes. Les dialogues que conduit l’Église orthodoxe ne signifient en rien un compromis en matière de foi.

4. L’explosion du fondamentalisme observée dans différentes traditions religieuses est l’expression d’une religiosité mortifère. Un dialogue interreligieux sobre contribue de manière significative à favoriser la confiance mutuelle, la paix et la réconciliation. Le baume de la foi doit servir à panser et à guérir les plaies anciennes d’autrui et non pas à raviver de nouveaux foyers de haine. L’Église orthodoxe condamne sans équivoque l’expansion de la violence militaire, les persécutions, les expulsions et le meurtre des minorités religieuses, les conversions forcées, le trafic des réfugiés, les enlèvements, la torture et les terribles exécutions sommaires. Elle dénonce la destruction des lieux de culte, des symboles religieux et des monuments culturels. Plus particulièrement, elle exprime sa préoccupation pour la situation les chrétiens et des minorités persécutées au Moyen-Orient et ailleurs. Elle appelle la communauté internationale de la région pour la protection des orthodoxes indigènes et des autres chrétiens, ainsi que de toutes les populations de la région qui ont un droit inviolable à demeurer dans leur pays d’origine comme des citoyens jouissant de droits égaux. Notre Concile exhorte toutes les parties à œuvrer sans attente aux efforts systématiques à la résolution des conflits armés au Moyen-Orient, les terminer et permettre le retour de ceux qui ont été bannis de leurs foyers.

Elle appelle tout particulièrement tous les puissants de la terre pour que prévalent la paix et la justice dans les pays d’où sont issus les réfugiés. Nous appelons les autorités civiles, les citoyens et les chrétiens orthodoxes dans les pays vers lesquels les réfugiés persécutés cherchent refuge, à continuer à offrir leur aide dans les limites et au-delà de leurs capacités.

5. Le sécularisme moderne cherche l’autonomie de l’homme par rapport au Christ et à l’influence spirituelle de l’Église qu’il identifie arbitrairement à du conservatisme. Cependant, la culture occidentale porte l’empreinte indélébile de la contribution dans le temps du christianisme. L’Eglise souligne, en outre, l’importance salvifique du Dieu-homme et de son corps en tant que lieu et mode de vie en liberté.

6. Dans l’approche contemporaine du mariage, l’Église orthodoxe considère le lien indissoluble d’amour entre un homme et une femme comme « un grand mystère… celui du Christ et de l’Église ». Elle appelle même la famille une « petite église », laquelle résulte du mariage, le seul garant pour élever les enfants.

L’Église insiste constamment sur la valeur de l'abstinence. L’ascèse chrétienne diffère profondément d’une ascèse purement dualiste qui couperait la personne humaine de son prochain. Au contraire, il convient de s’attacher à la vie sacramentelle de l’Église. L’abstinence ne se rattache pas uniquement à la vie monastique. L’éthos ascétique est caractéristique de la vie chrétienne dans toutes ses expressions.

Le saint et grand Concile, mis à part les thèmes au sujet desquels des décisions ont été prises, a étudié les importantes questions contemporaines suivantes :

7. Sur la question des relations de la foi chrétienne avec la science, l’Église orthodoxe évite de placer la recherche scientifique sous sa tutelle et ne prend pas position sur toutes les questions scientifiques. Elle remercie Dieu qui donne aux scientifiques le charisme d’explorer les secrets de la création divine. Le développement moderne de la science et de la technologie apporte des changements radicaux dans nos vies. Elle est porteuse de bienfaits importants dans notre vie quotidienne : une maladie grave, les gens communiquent plus facilement, la recherche spatiale, etc. Cependant, il existe aussi une variété d’effets négatifs comme : la manipulation de la liberté, la perte progressive de traditions précieuses, la destruction de l’environnement naturel, la contestation des valeurs morales. Bien que la connaissance scientifique évolue très rapidement, elle ne mobilise pas la volonté de la personne humaine, ni ne fournit des réponses aux problèmes éthiques existentiels centraux, à la quête du sens de la vie et du monde. Tout ceci requiert une approche spirituelle que l’Eglise orthodoxe entreprend de promouvoir au travers d’une bioéthique fondée sur l’éthique chrétienne et l’enseignement patristique. Ainsi, dans le respect de la liberté de la recherche scientifique, l’Église orthodoxe insiste sur les dangers que recèlent certains progrès scientifiques et met l’accent sur la dignité de l’homme et sur son destin divin.

8. La crise écologique actuelle est évidemment due à des causes spirituelles et éthiques. Ses racines sont liées à la cupidité, l’avidité et l’égoïsme, conduisant à une utilisation irrationnelle des ressources naturelles, à la pollution de l’atmosphère par des polluants nuisibles, et au réchauffement climatique. La réponse chrétienne contre ces problèmes exige le repentir (metanoia) par rapport à ces abus, l’abstinence, et l’éthique ascétique comme l’antidote à la surconsommation, tout en prenant conscience de plus en plus que la personne humaine est l’« économe » de la création et non son propriétaire. Elle souligne aussi que les générations futures possèdent elles aussi des droits sur ces biens naturels que nous a remis avec confiance le Créateur. C’est pour cette raison que l’Église orthodoxe participe activement aux différents efforts internationaux en faveur de l’environnement. Elle a fait du 1er septembre le jour de prière pour la protection de l’environnement naturel.

9. Face au mouvement d’homogénéisation impersonnelle, qui est favorisé de diverses manières, l’orthodoxie proclame le respect du particularisme des personnes humaines et des peuples. Elle s’oppose à l’autonomie de l’économie face aux besoins fondamentaux des êtres humains et la transformant comme une fin en soi. Le progrès de l’humanité n’est pas seulement lié à l’accroissement du niveau de vie ou au développement économique au détriment des valeurs spirituelles.

10. L’Église orthodoxe n’interfère pas dans le politique. Sa parole reste discrète et prophétique et favorise une intervention humaine appropriée. Les droits de l’Homme sont maintenant au centre de la politique en réponse aux crises politiques et sociales et visent à protéger les citoyens contre l’arbitraire de l’État. Notre Église ajoute également les obligations et les responsabilités des citoyens et la nécessité pour ces derniers d’user de leur autocritique afin d’améliorer sensiblement la société. Elle souligne en particulier que l’idéal orthodoxe en faveur de l’être humain dépasse l'horizon des droits de l’Homme établis établis que « plus grand que tout » est l’amour, comme l’a révélé le Christ et le vivent ceux qui le suivent fidèlement. La protection du principe de liberté religieuse dans toutes ses perspectives est un droit fondamental, c’est-à-dire la liberté de conscience, de foi, de culte et toutes les manifestations individuelles et collectives de la liberté religieuse, y compris de droit de chaque croyant de pratiquer librement ses devoirs religieux, sans immixtion d’aucune sorte de la part des pouvoirs publics, ainsi que la liberté d’enseigner publiquement la religion et assurer les conditions de fonctionnement des communautés religieuses.

11. L’Église orthodoxe s’adresse aux jeunes, qui sont à la recherche d’une vie complète en toute liberté, justice, création et amour. Elle les exhorte à se joindre consciemment à l’Église qui est la vérité et la vie. Pour venir en offrant au corps ecclésial leur vitalité, leurs soucis, leurs préoccupations et leurs attentes. Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir de l’Église, mais aussi une force et une présence créative au niveau local et mondial.

12. Le saint et grand Concile a ouvert notre horizon sur le monde contemporain diversifié et multiforme. Il a souligné que notre responsabilité dans l’espace et le temps est toujours dans la perspective de l’éternité. L’Église orthodoxe, garante intacte du caractère mystique et sotériologique, est sensible à la douleur, aux angoisses et au cri pour la justice et la paix des peuples. Elle évangélise : « De jour en jour, proclamez son salut. Racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles ! » (Ps 95)

Prions : « Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. À lui soit la puissance aux siècles des siècles ! Amen ! » (I P 5, 10-11).

† Bartholomaios de Constantinople, président

† Théodore II d’Alexandrie

† Théophile III de Jérusalem

† Irénée de Serbie

† Daniel de Roumanie

† Chrysostome de Chypre

† Jérôme d’Athènes et toute la Grèce

† Sava de Varsovie et toute la Pologne

† Anastase de Tirana et toute l’Albanie

† Rastislav de Presov, des Pays tchèques et de Slovaquie

Délégation du Patriarcat œcuménique

† Léon de Carélie et toute la Finlande

† Étienne de Tallin et toute l’Estonie

† Jean du siège majeur de Pergame

† Démètre du siège majeur d’Amérique

† Augustin d’Allemagne

† Irénée de Crète

† Isaïe de Denver

† Alexis d’Atlante

† Jacques des Îles-des-Princes

† Joseph de Proikonissos

† Méliton de Philadelphie

† Emmanuel de France

† Nicétas de Dardanelles

† Nicolas de Detroit

† Gérasime de San Francisco

† Amphiloque de Kisamos et Sélinos

† Ambroise de Corée

† Maxime de Silivri

† Amphiloque d’Andrinople

† Calliste de Dioclée

† Antoine d’Hiérapolis, chef des orthodoxes ukrainiens aux États-Unis d’Amérique

† Job de Telmessos

† Jean de Charioupolis, chef de l’Exarchat patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale

† Grégoire de Nysse, chef des orthodoxes carpatho-ruthènes aux États-Unis d’Amérique

Délégation du Patriarcat d’Alexandrie

† Gabriel du siège majeur de Léontopolis

† Macaire de Nairobi

† Jonas de Kampala

† Séraphin du Zimbabwe et Angola

† Alexandre du Nigeria

† Théphylactos de Tripolis

† Serge du Cap de Bonne-Espérance

† Athanase de Cyrène

† Alexis de Carthage

† Jérôme de Mwanza

† Georges de Guinée

† Nicolas d’Hermoupolis

† Démètre d’Irénoupolis

† Damascène de Johannesburg et Pretoria

† Narcisse d’Accra

† Emmanuel de Ptolémaïs

† Grégoire du Cameroun

† Nicodème métropolite de Memphis

† Mélèce du Katanga

† Pantéléimon de Brazzaville et du Gabon

† Innocent du Burundi et du Rwanda

† Chrysostome de Mozambique

† Néophyte de Nieri et du Kenya

Délégation du Patriarcat de Jérusalem

† Benoît de Philadelphie

† Aristarque de Constantine

† Théophylactos du Jourdain

† Nectaire d’Anthidone

† Philoumène de Pella

Délégation de l’Église de Serbie

† Jean d’Ohrid et Skopje

† Amphiloque de Monténégro et du Littoral

† Porphyre de Zagreb et de Ljubljana‎

† Basile de Syrmie

† Lucien de Budimlje-Nikšić

† Longin de Nova Gračanica

† Irénée de Bačka

† Chrysostome de Zvornik-Tuzla

† Justin de Žiča

† Pacôme de Vranje

† Jean de Šumadija

† Ignace Braničevo

† Photius Dalmatie

† Athanase Bihać-Petrovac

† Johanikije Budimlje-Nikšić

† Grégoire de Hum-Herzégovine et du littoral

† Milutin de Valjevo

† Maxime en Amérique occidentale

† Irénée en Australie et Nouvelle-Zélande

† David de Kruševac

† Jean de Pakrac et Slavonie

† André en Autriche et Suisse

† Serge à Frankfort et en Allemagne

† Hilarion du Timok

Délégation de l’Église de Roumanie

† Théophane d’Iași, Moldavie et Bucovine

† Laurent Sibiu Transylvanie

† André de Vad, Feleac, Cluj, Alba Iulia, Crişana et Maramureş

† Irénée de Craiova et Olténie

† Jean de Timişoara et du Banat

† Joseph en Europe occidentale et méridionale

† Séraphin en Allemagne et Europe centrale

† Niphon de Târgovişte

† Irénée d’Alba Iulia

† Joachim de Roman et Bacau

† Cassien du Bas-Danube

† Timothée d’Arad

† Nicolas en Amérique

† Sophronios d’Oradea

† Nicodème de Strehaia et Severin

† Bessarion Toulcea

† Petronios de Salaj

† Silvain en Hongrie

† Silvain en Italie

† Timothée, en Espagne et au Portugal

† Macaire en Europe du nord

† Barlaam de Ploesti, auxiliaire du Patriarche

† Emilien de Łovistea, auxiliaire de l’archevêque de Râmnic

† Jean-Cassien Vikin, auxiliaire de l’archevêque en Amérique

Délégation de l’Église de Chypre

† Georges de Paphos

† Chrysostome de Kition

† Chrysostome de Cyrénie

† Athanase de Lemessos

† Néophyte de Morphou

† Basile de Constantia-Famaguste

† Nicéphore de Kykkos et Tyllérie

† Isaïe de Tamassos et Orinie

† Barnabé de Trimythonte et Lefkara

† Christophe de Karpassia

† Nectaire d’Arsinoé

† Nicolas d’Amathonte

† Epiphane de Ledra

† Léonce de Chytres

† Porphyre de Néapolis

† Grégoire de Mésorée

Délégation de l’Église de Grèce

† Procope de Philippes, Néapolis et Thasos

† Chrysostome de Péristérion

† Germain d’Elide

† Alexandre de Mantineia et Cynourie

† Ignace d’Arta

† Damascène de Didymoteichon, Orestias et Soufli

† Alexis de Nicée

† Hiérothéos de Naupacte et Saint-Blaise

† Eusèbe de Samos et Icarie

† Séraphin de Kastoria

† Ignace de Dimitrias et Halmyros

† Nicodème de Cassandrie

† Ephrem de Hydra, Spetses et Égine

† Théologos de Serrès et Nigrita

† Macaire de Sidirokastron

† Anthime d’Alexandroupolis

† Barnabé de Néapolis et Stavroupolis

† Chrysostome de Messénie

† Athénagoras d’lion, Acharnes et Petropoulis

† Jean de Langada, Litis et Rentine

† Gabriel de Nouvelle-Ionie et Philadelphie

† Chrysostome de Nicopolis et Préveza

† Théoclet de Hiérissos, mont Athos et Ardamérion

Délégation de l’Église de Pologne

† Simon Łodz et Pozńan

† Abel Lublin et Cheł

† Jacques de Białstok et Gdańsk

† Georges de Siemiatycze

† Païssios de Gorlice

Délégation de l’Église d’Albanie

† Jean Korçë

† Démètre d’Argyrocastre

† Nicolas d’Apollonie et Fier

† Antoine d’Elbasan

† Nathanaël d’Amandia

† Asti de Bylis

Délégation de l’Église des Pays tchèques et de Slovaquie

† Michel de Prague

† Isaïe Šumperk


† Jérémie de Suisse, chef du Secrétariat panorthodoxe du saint et grand Concile

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Nikolas
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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » dim. 26 juin 2016 17:30

L’importance du jeûne
et son observance aujourd’hui


1. Le jeûne est un commandement divin (Gn 2, 16-17). Selon saint Basile, le jeûne « a le même âge que l’humanité ; car il a été instauré dans le paradis » (De jejunio, 1, 3. PG 31, 168A). Il constitue un grand combat spirituel et la meilleure expression de l’idéal ascétique de l’Orthodoxie. Se conformant fidèlement aux dispositions apostoliques, aux canons conciliaires et à l’ensemble de la tradition patristique, l’Église orthodoxe a toujours proclamé la grande valeur du jeûne pour la vie spirituelle de l’homme et son salut. Tout au long de l’année liturgique, elle exalte la tradition et enseignement patristique concernant le jeûne, nécessaire pour rendre l’homme vigilant, sans cesse et sans faille, et pour susciter chez lui l’ardeur au combat spirituel. Le jeûne est exalté dans le Triodion comme don divin, grâce pleine de lumière, arme invincible, fondement des combats spirituels, meilleure voie vers le bien, nourriture de l’âme, aide accordée par Dieu, source de toute méditation, imitation d’une vie impérissable et semblable à celle des anges, « mère » de tous les biens et de toutes les vertus.

2. En tant qu’institution très ancienne, le jeûne se trouve déjà dans l’Ancien Testament (Dt 9, 18 ; Es 58, 4-10 ; Jl 2, 15 ; Jon 3, 5-7), et s’affirme dans le Nouveau Testament. Avant d’entamer son action dans le monde, le Seigneur lui-même a jeûné pendant quarante jours (Lc 4, 1-2) et donné des instructions concernant la pratique du jeûne (Mt 6, 16-18). Dans le Nouveau Testament, de manière plus générale, le jeûne est décrit comme un moyen d’abstinence, de pénitence et d’élévation spirituelle (Mc 1, 6 ; Ac 13, 2 ; 14, 23 ; Rm 14, 21). Déjà du temps des Apôtres, l’Église a proclamé l’importance du jeûne et a défini le mercredi et le vendredi comme jours de jeûne (Did. 8, 1), ainsi que le jeûne avant Pâques (Irénée, in Eusèbe, Historia Ecclesiastica 5, 24. PG 20, 497B-508AB). Certes, dans la pratique ecclésiale avérée à travers les siècles, il y a une diversité, concernant non seulement la durée du jeûne pascal (Denys d’Alexandrie, Epist. ad. Episc. Basilidem. PG 10, 1277), mais aussi le nombre et le contenu d’autres périodes de jeûne adoptées sous l’influence de divers facteurs, surtout liturgiques et monastiques, et destinés, entre autres, à la préparation adéquate des fidèles avant les grandes fêtes. Ainsi, le jeûne est indissociable du culte. Ce lien intime démontre la mesure et le but du jeûne, et met en relief son caractère spirituel ; c’est pourquoi, tous les fidèles sont appelés à se conformer, chacun dans la mesure de sa force et possibilié, sans pour autant avoir la liberté d’ignorer cette institution sacrée : « Prends garde que personne ne te détourne de cette voie de l’enseignement (…) Car, si tu peux supporter tout le joug du Seigneur, tu seras parfait ; si tu ne le peux pas, fais ce dont tu es capable. En ce qui concerne le jeûne, supporte-le selon ta force (Didaché 6, 1-3).

3. En tant que lutte spirituelle, le véritable jeûne est lié à la prière incessante et au repentir sincère. « Le repentir sans jeûne est sans valeur » (Basile le Grand, De jejunio, 1, 3. PG 31, 168A), tout comme le jeûne sans bienfaisance est nul ; notamment à notre époque où la distribution inégale et injuste des biens va même jusqu’à priver des peuples entiers de leur pain quotidien. « Frères, en jeûnant corporellement, jeûnons aussi en esprit, délions toute chaîne d’iniquité, brisons les liens de nos violentes passions, déchirons tout injuste contrat, donnons du pain aux affamés et recevons les sans-logis » (Stichère du mercredi de la 1ère semaine du grand Carême. Cf. Es. 58, 6-7). Jeûner ne signifie pas s’abstenir purement et simplement de certains aliments donnés. « L’abstinence de certains aliments ne suffit pas à elle seule à en faire un jeune louable ; pratiquons un jeûne que Dieu acceptera, qui Lui sera agréable. Le vrai jeûne consiste à se défaire du mal, à retenir sa langue, à s’abstenir d’être en colère, à éloigner les désirs, la calomnie, le mensonge, le parjure. La privation de tout ceci est le véritable jeûne. C’est grâce à tout ceci que le jeûne est une bonne chose » (Basile le Grand, De jejunio, 2, 7. PG 31, 196D). L’abstinence de nourriture et la frugalité – quant au type et à la quantité des aliments consommés – constituent les éléments tangibles du combat spirituel qu’est le jeûne. « Le jeûne – ainsi que le terme l’indique – signifie abstinence de nourriture ; mais la nourriture ne nous a jamais rendus ni plus justes ni plus injustes. Le jeûne a une signification profonde : de même que la nourriture est le symbole de la vie et l’abstinence de nourriture celui de la mort, de même nous humains devons jeûner, afin de mourir au monde, et après cela, ayant reçu la nourriture divine, vivre en Dieu » (Clément d’Alexandrie, Eclogæ. PG 9, 704D-705A). Ainsi, le véritable jeûne se réfère à l’ensemble de la vie des fidèles en Christ et trouve son apogée dans leur participation à la vie liturgique, notamment dans le sacrement de la sainte Eucharistie.

4. Le jeûne de quarante jours du Seigneur est devenu l’exemple de celui que doivent pratiquer les fidèles. Il rend active leur participation à l’obéissance du Seigneur, afin que, par le jeûne, « nous puissions bénéficier par l’obéissance de ce que nous avions délaissé par la désobéissance » (Grégoire de Nazianze, Or. 45, In sanctum Pascha 28. PG 36, 661A). Saint Grégoire Palamas résume de manière significative toute la tradition patristique accordant au caractère spirituel du jeûne – surtout à celui du Grand-Carême – un sens christocentrique : « Donc, si tu jeûnes, non seulement tu subiras la passion et tu mourras avec le Christ, mais tu ressusciteras et tu régneras avec Lui pour l’éternité ; car devenu un avec Lui, dans la participation à la ressemblance de sa mort, tu participeras à la résurrection et tu seras l’héritier de la vie en lui (Or. 13, in quinta jej. Dom. PG 151, 161).

5. Selon la tradition orthodoxe, la mesure de la perfection spirituelle est « la mesure de la taille de la plénitude du Christ » (Ep 4, 13) et chacun doit, s’il désire l’atteindre, s’élever en conséquence. C’est la raison pour laquelle l’ascèse et la lutte spirituelle sont sans fin dans la vie présente, comme la perfection des parfaits. Tous sont appelés à répondre, d’après leur force propre, aux exigences de cette haute mesure afin d’atteindre la théosis de leur vivant. Et même eux, bien que pratiquant toutes les prescriptions, ne s’en vantent jamais, mais confessent : « Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire » (Lc 17, 10). Personne ne doit abandonner – selon la conception orthodoxe concernant la vie spirituelle – le bon combat du jeûne, mais s’en remettre à la miséricorde de Dieu pour ses manquements, pleinement conscient de la médiocrité de sa situation et disposé à l’autocritique. Car il est impossible d’accéder à la vie spirituelle orthodoxe sans le combat spirituel du jeûne.

6. L’Église orthodoxe, comme une mère affectueuse, a défini ce qui convient au salut et placé en tête les périodes sacrées du jeûne, comme un « signe de protection » donné par Dieu pour sauvegarder la nouvelle vie des fidèles en Christ contre les pièges de l’ennemi ; sur les traces des saints Pères, elle préserve, comme avant, les prescriptions apostoliques, les canons conciliaires et les traditions sacrées ; elle propose toujours les jeûnes sacrés comme la meilleure voie dans l’exercice des fidèles en vue de leur perfection spirituelle et de leur salut ; elle proclame la nécessité pour les fidèles de respecter au cours de l’année du Seigneur tous les jeûnes prescrits : ceux du Grand-Carême, du mercredi et du vendredi, attestés par les saints canons, ceux de Noël, des saints Apôtres, de la Dormition de la Vierge, les jeûnes journaliers de l’Exaltation de la sainte Croix, de la vigile de l’Épiphanie et de la Décollation de saint Jean le Précurseur, ainsi que les jeûnes proposés dans un souci pastoral ou librement consentis par les fidèles.

7. Cependant, par clémence pastorale, l’Église a aussi posé les limites de l’économie miséricordieuse au régime du jeûne. En conséquence, elle a prévu d’appliquer le principe ecclésiastique d’économie en cas de maladie corporelle, d’une nécessité impérative ou de la difficulté des temps, selon le discernement et le souci pastoral épiscopal des Églises locales.

8. C’est un fait qu’aujourd’hui nombre de fidèles, soit par négligence soit à cause des conditions de vie, quelles qu’elles soient, ne respectent pas toutes les prescriptions concernant le jeûne. Tous ces cas de non-observance des prescriptions sacrées concernant le jeûne, qu’ils soient généraux ou individuels, doivent être traités par l’Église avec un souci pastoral, car Dieu « ne désire pas la mort du pécheur, mais sa réintégration et sa vie » (cf. Ez 33, 11), sans que la valeur du jeûne soit dédaignée. Or, pour ceux qui ont des difficultés à respecter les prescriptions en vigueur concernant le jeûne, soit pour des raisons personnelles (maladie, service militaire, conditions de travail etc.), soit pour des raisons générales (conditions climatiques ou socio-économiques propres à certains pays, impossibilité de trouver certains aliments maigres), il laisse aux Églises orthodoxes locales le soin de fixer la mesure d’économie miséricordieuse et d’indulgence à appliquer afin d’alléger éventuellement la « rigueur » des jeûnes sacrés. Ceci toujours dans l’esprit et dans le cadre de ce qui précède, et dans le but d’éviter d’affaiblir l’institution sacrée du jeûne. Cette clémence miséricordieuse doit être appliquée par l’Église avec une grande circonspection et surtout avec plus d’indulgence pour les jeûnes sur lesquels la tradition et la pratique de l’Église ne sont pas toujours uniformes. « … Jeûner tous les jours est un bien, mais celui qui jeûne ne doit pas blâmer celui qui ne jeûne pas. Dans ces cas il ne faut pas légiférer, ni contraindre ; il ne convient pas non plus de conduire par la force le troupeau confié par Dieu ; il faut plutôt faire usage de persuasion, de douceur et de bonne parole… (Jean Damascène, De sacris jejuniis 3. PG 95, 68B).

9. Le jeûne de trois ou plusieurs jours avant la sainte communion est laissé à la discrétion de la piété des fidèles, conformément aux paroles de saint Nicodème l’Hagiorite : « … bien que les divins canons n’aient pas prescrit de jeûne avant la communion ; quant à ceux qui jeûnent, même une semaine tout entière, ils font bien » (Commentaire au canon 13 du VIe Concile œcuménique, Pédalion 307). En outre, l’ensemble des fidèles de l’Église doivent observer les saints jeûnes et l’abstinence de nourriture dès minuit avant la sainte communion qui est l’expression par excellence de l’être ecclésial et être accoutumés à jeûner en signe de repentir, pour la réalisation d’un vœu spirituel, pour le succès d’un but sacré, en période de tentation, pour accompagner une supplique à Dieu, avant le baptême (celui des adultes), avant l’ordination, en cas de pénitence, durant les saints pèlerinages et dans d’autres cas analogues.

† Bartholomaios de Constantinople, président

† Théodore II d’Alexandrie

† Théophile III de Jérusalem

† Irénée de Serbie

† Daniel de Roumanie

† Chrysostome de Chypre

† Jérôme d’Athènes et toute la Grèce

† Sava de Varsovie et toute la Pologne

† Anastase de Tirana et toute l’Albanie

† Rastislav de Presov, des Pays tchèques et de Slovaquie

Délégation du Patriarcat œcuménique

† Léon de Carélie et toute la Finlande

† Étienne de Tallin et toute l’Estonie

† Jean du siège majeur de Pergame

† Démètre du siège majeur d’Amérique

† Augustin d’Allemagne

† Irénée de Crète

† Isaïe de Denver

† Alexis d’Atlante

† Jacques des Îles-des-Princes

† Joseph de Proikonissos

† Méliton de Philadelphie

† Emmanuel de France

† Nicétas de Dardanelles

† Nicolas de Detroit

† Gérasime de San Francisco

† Amphiloque de Kisamos et Sélinos

† Ambroise de Corée

† Maxime de Silivri

† Amphiloque d’Andrinople

† Calliste de Dioclée

† Antoine d’Hiérapolis, chef des orthodoxes ukrainiens aux États-Unis d’Amérique

† Job de Telmessos

† Jean de Charioupolis, chef de l’Exarchat patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale

† Grégoire de Nysse, chef des orthodoxes carpatho-ruthènes aux États-Unis d’Amérique

Délégation du Patriarcat d’Alexandrie

† Gabriel du siège majeur de Léontopolis

† Macaire de Nairobi

† Jonas de Kampala

† Séraphin du Zimbabwe et Angola

† Alexandre du Nigeria

† Théphylactos de Tripolis

† Serge du Cap de Bonne-Espérance

† Athanase de Cyrène

† Alexis de Carthage

† Jérôme de Mwanza

† Georges de Guinée

† Nicolas d’Hermoupolis

† Démètre d’Irénoupolis

† Damascène de Johannesburg et Pretoria

† Narcisse d’Accra

† Emmanuel de Ptolémaïs

† Grégoire du Cameroun

† Nicodème métropolite de Memphis

† Mélèce du Katanga

† Pantéléimon de Brazzaville et du Gabon

† Innocent du Burundi et du Rwanda

† Chrysostome de Mozambique

† Néophyte de Nieri et du Kenya

Délégation du Patriarcat de Jérusalem

† Benoît de Philadelphie

† Aristarque de Constantine

† Théophylactos du Jourdain

† Nectaire d’Anthidone

† Philoumène de Pella

Délégation de l’Église de Serbie

† Jean d’Ohrid et Skopje

† Amphiloque de Monténégro et du Littoral

† Porphyre de Zagreb et de Ljubljana‎

† Basile de Syrmie

† Lucien de Budimlje-Nikšić

† Longin de Nova Gračanica

† Irénée de Bačka

† Chrysostome de Zvornik-Tuzla

† Justin de Žiča

† Pacôme de Vranje

† Jean de Šumadija

† Ignace Braničevo

† Photius Dalmatie

† Athanase Bihać-Petrovac

† Johanikije Budimlje-Nikšić

† Grégoire de Hum-Herzégovine et du littoral

† Milutin de Valjevo

† Maxime en Amérique occidentale

† Irénée en Australie et Nouvelle-Zélande

† David de Kruševac

† Jean de Pakrac et Slavonie

† André en Autriche et Suisse

† Serge à Frankfort et en Allemagne

† Hilarion du Timok

Délégation de l’Église de Roumanie

† Théophane d’Iași, Moldavie et Bucovine

† Laurent Sibiu Transylvanie

† André de Vad, Feleac, Cluj, Alba Iulia, Crişana et Maramureş

† Irénée de Craiova et Olténie

† Jean de Timişoara et du Banat

† Joseph en Europe occidentale et méridionale

† Séraphin en Allemagne et Europe centrale

† Niphon de Târgovişte

† Irénée d’Alba Iulia

† Joachim de Roman et Bacau

† Cassien du Bas-Danube

† Timothée d’Arad

† Nicolas en Amérique

† Sophronios d’Oradea

† Nicodème de Strehaia et Severin

† Bessarion Toulcea

† Petronios de Salaj

† Silvain en Hongrie

† Silvain en Italie

† Timothée, en Espagne et au Portugal

† Macaire en Europe du nord

† Barlaam de Ploesti, auxiliaire du Patriarche

† Emilien de Łovistea, auxiliaire de l’archevêque de Râmnic

† Jean-Cassien Vikin, auxiliaire de l’archevêque en Amérique

Délégation de l’Église de Chypre

† Georges de Paphos

† Chrysostome de Kition

† Chrysostome de Cyrénie

† Athanase de Lemessos

† Néophyte de Morphou

† Basile de Constantia-Famaguste

† Nicéphore de Kykkos et Tyllérie

† Isaïe de Tamassos et Orinie

† Barnabé de Trimythonte et Lefkara

† Christophe de Karpassia

† Nectaire d’Arsinoé

† Nicolas d’Amathonte

† Epiphane de Ledra

† Léonce de Chytres

† Porphyre de Néapolis

† Grégoire de Mésorée

Délégation de l’Église de Grèce

† Procope de Philippes, Néapolis et Thasos

† Chrysostome de Péristérion

† Germain d’Elide

† Alexandre de Mantineia et Cynourie

† Ignace d’Arta

† Damascène de Didymoteichon, Orestias et Soufli

† Alexis de Nicée

† Hiérothéos de Naupacte et Saint-Blaise

† Eusèbe de Samos et Icarie

† Séraphin de Kastoria

† Ignace de Dimitrias et Halmyros

† Nicodème de Cassandrie

† Ephrem de Hydra, Spetses et Égine

† Théologos de Serrès et Nigrita

† Macaire de Sidirokastron

† Anthime d’Alexandroupolis

† Barnabé de Néapolis et Stavroupolis

† Chrysostome de Messénie

† Athénagoras d’lion, Acharnes et Petropoulis

† Jean de Langada, Litis et Rentine

† Gabriel de Nouvelle-Ionie et Philadelphie

† Chrysostome de Nicopolis et Préveza

† Théoclet de Hiérissos, mont Athos et Ardamérion

Délégation de l’Église de Pologne

† Simon Łodz et Pozńan

† Abel Lublin et Cheł

† Jacques de Białstok et Gdańsk

† Georges de Siemiatycze

† Païssios de Gorlice

Délégation de l’Église d’Albanie

† Jean Korçë

† Démètre d’Argyrocastre

† Nicolas d’Apollonie et Fier

† Antoine d’Elbasan

† Nathanaël d’Amandia

† Asti de Bylis

Délégation de l’Église des Pays tchèques et de Slovaquie

† Michel de Prague

† Isaïe Šumperk

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Nikolas
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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » dim. 26 juin 2016 17:33

[ Le titre ci-dessous est celui de la version française officielle. Hors il contient une erreur importante car le titre dans les trois autres langues officielles (Anglais, Grec, Russe) dit : "Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien". Et non "l’ensemble".
Il est tout de même un peu déconcertant de voir une erreur pareil dès le titre, dans une traduction officielle. Cela n'augure rien de bon pour le reste des textes. ]

Les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien

1. L’Église orthodoxe, étant l’Église une, sainte, catholique et apostolique, croit fermement, dans sa conscience ecclésiale profonde, qu’elle occupe une place prépondérante pour la promotion de l’unité chrétienne dans le monde d’aujourd’hui.

2. L’Église orthodoxe assoit l’unité de l’Église sur le fait qu’elle a été fondée par notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi que sur la communion dans la Sainte Trinité et dans les sacrements. Cette unité s’exprime à travers la succession apostolique et la tradition patristique, et elle a été vécue jusqu’à ce jour en son sein. L’Église orthodoxe a la mission et le devoir de transmettre et prêcher toute la vérité, contenue dans la sainte Écriture et la sainte Tradition, ce qui donne à l’Église son caractère universel.

3. La responsabilité de l’Église orthodoxe ainsi que sa mission œcuménique quant à l’unité de l’Église ont été exprimées par les Conciles œcuméniques. Ceux-ci ont souligné tout particulièrement le lien indissoluble qui existe entre la vraie foi et la communion sacramentelle.

4. Priant sans cesse « pour l’union de tous », l’Église orthodoxe a toujours cultivé le dialogue avec ceux qui sont partis, lointains et proches. Elle a joué un rôle de premier plan dans la quête contemporaine des voies et des moyens, afin de rétablir l’unité des croyants en Christ. Elle a participé au Mouvement Œcuménique dès sa naissance, contribuant à sa formation et à son développement ultérieur. D’ailleurs, grâce à l’esprit œcuménique et philanthropique qui la distingue et selon le commandement de Dieu « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (I Ti 2, 4), l’Église orthodoxe a toujours combattu pour le rétablissement de l’unité chrétienne. Ainsi donc, la participation orthodoxe au Mouvement pour le rétablissement de l’unité avec les autres chrétiens dans l’Église une, sainte, catholique et apostolique ne va aucunement à l’encontre de la nature et de l’histoire de l’Église orthodoxe, mais constitue l’expression conséquente de la foi et tradition apostolique dans des conditions historiques nouvelles.

5. Les dialogues théologiques bilatéraux actuels de l’Église orthodoxe, ainsi que sa participation au Mouvement œcuménique, s’appuient sur la conscience même de l’Orthodoxie et sur son esprit œcuménique dans le but de rechercher, sur la base de la vérité de la foi et de la tradition de l’Église ancienne des sept Conciles œcuméniques, l’unité de tous les chrétiens.

6. D’après la nature ontologique de l’Église, son unité ne saurait être perturbée. Cependant, l’Église orthodoxe accepte l’appellation historique des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes qui ne se trouvent pas en communion avec elle, mais elle croit aussi que ses relations avec ces dernières doivent se fonder sur une clarification aussi rapide et objective que possible, de la question ecclésiologique dans son ensemble et, plus particulièrement de l’enseignement général que celles-ci professent sur les sacrements, la grâce, le sacerdoce et la succession apostolique. Ainsi, pour des raisons tant théologiques que pastorales, elle est favorablement disposée à prendre part au dialogue théologique avec les autres chrétiens au niveau bilatéral et multilatéral, et, plus généralement, à participer au Mouvement œcuménique des temps modernes, dans la conviction que par le dialogue, elle apporte un témoignage dynamique de la plénitude de la vérité en Christ et de ses trésors spirituels à tous ceux qui sont à l’extérieur de celle-ci, ayant pour objectif d’aplanir la voie menant vers l’unité.

7. Dans cet esprit, toutes les saintes Églises orthodoxes locales participent activement aujourd’hui à des dialogues théologiques officiels, et la majorité d’entre elles à différents organismes inter-chrétiens bilatéraux et multilatéraux. De plus, elles prennent part à différents organismes nationaux, régionaux ou internationaux ; cela malgré la crise profonde que connaît le Mouvement œcuménique. Cette activité œcuménique pluridimensionnelle émane du sentiment de responsabilité et de la conviction que la compréhension mutuelle et la collaboration sont essentiels « pour ne pas créer d’obstacle à l’Évangile du Christ (I Co 9, 12).

8. Il est évident que l’Église orthodoxe, tout en dialoguant avec les autres chrétiens, n’ignore pas les difficultés liées à une telle entreprise. Cependant, elle les considère comme des obstacles qui se dressent sur la route d’une compréhension commune de la tradition de l’ancienne Église, et elle espère que le Saint-Esprit, qui « tout entière affermit l’Église rassemblée » (stichère des vêpres de la Pentecôte) « pourvoira aux insuffisances » (prière de l’ordination). En ce sens, dans ses relations avec les autres chrétiens, elle ne s’appuie pas uniquement sur les forces humaines de ceux qui mènent les dialogues, mais elle compte avant tout sur la protection du Saint-Esprit et la grâce du Seigneur qui a prié « pour que tous soient un » (Jn 17, 21).

9. Les dialogues théologiques bilatéraux actuels, annoncés par des Conférences panorthodoxes, sont l’expression de la décision unanime de toutes les très saintes Églises orthodoxes locales qui sont appelées à participer activement et continuellement à leur déroulement ; ceci afin de ne pas mettre d’obstacle au témoignage unanime de l’Orthodoxie à la gloire du Dieu Trinitaire. Au cas où une Église locale déciderait de ne pas désigner de délégués pour l’un des dialogues ou pour une assemblée précise, si cette décision n’est pas prise à l’échelon panorthodoxe, le dialogue se poursuit. L’absence d’une Église locale doit, quoi qu’il en soit – avant l’ouverture du dialogue ou de l’assemblée en question – faire l’objet d’une discussion au sein de la Commission orthodoxe engagée dans le dialogue ; cela pour exprimer la solidarité et l’unité de l’Église orthodoxe. Il importe que les dialogues théologiques bilatéraux et multilatéraux fassent l’objet d’une évaluation panorthodoxe périodique.

10. Les problèmes qui surgissent au cours des discussions théologiques des Commissions théologiques mixtes ne justifient pas toujours, à eux seuls, le rappel unilatéral des délégués, voire le retrait définitif d’une Église orthodoxe locale. Il importe, en règle générale, d’éviter qu’une Église ne se retire d’un dialogue et que tous les efforts nécessaires soient déployés à l’échelon interorthodoxe pour rétablir la représentativité complète au sein de la Commission théologique orthodoxe engagée dans ce dialogue. Si une ou plusieurs Églises orthodoxes refusent de participer aux réunions de la Commission théologique mixte d’un dialogue donné, invoquant des raisons graves ecclésiologiques, canoniques, pastorales ou de nature éthique, cette ou ces Églises doivent communiquer par écrit leur refus au Patriarche oecuménique et à toutes les Églises orthodoxes, conformément à l’ordre panorthodoxe établi. Pendant la consultation panorthodoxe, le Patriarche oecuménique cherche à obtenir le consensus des autres Églises orthodoxes pour la suite à donner, y compris la réévaluation du progrès du dialogue théologique en question, si cela est unanimement considéré comme nécessaire.

11. La méthodologie qui est suivie dans le déroulement des dialogues théologiques vise à trouver une solution aux divergences théologiques héritées du passé ou à celles qui ont pu apparaître récemment et à rechercher les éléments communs de la foi chrétienne. Elle présuppose aussi la mise au courant du plérome de l’Église sur l’évolution des différents dialogues. Au cas où on ne parviendrait pas à surmonter une divergence théologique précise, le dialogue théologique peut se poursuivre après qu’on ait enregistré le désaccord constaté sur cette question théologique précise et qu’on ait informé de ce désaccord toutes les Églises orthodoxes locales, cela en vue des mesures à prendre pour la suite.

12. Il est évident qu’au cours des dialogues théologiques, le but poursuivi par tous est le même : le rétablissement de l’unité dans la vraie foi et dans l’amour. Il reste néanmoins que les divergences théologiques et ecclésiologiques existantes permettent en quelque sorte une hiérarchisation quant aux difficultés qui se présentent sur la voie de la réalisation de ce but fixé à l’échelon panorthodoxe. La spécificité des problèmes liés à chaque dialogue bilatéral présuppose une différenciation dans la méthodologie à suivre dans chaque cas ; mais pas une différenciation dans le but, car le but est le même pour tous les dialogues.

13. Malgré cela, un effort de coordination de la tâche des différentes Commissions théologiques interorthodoxes s’impose, en cas de nécessité, d’autant plus que l’unité existant au sein de l’Église orthodoxe doit être révélée et se manifester également dans le cadre de ces dialogues.

14. La conclusion de tout dialogue théologique officiellement proclamé correspond à l’achèvement de la tâche de la Commission théologique mixte désignée à cet effet. Alors, le Président de la Commission interorthodoxe soumet un rapport au Patriarche œcuménique et en accord avec les Primats des Églises orthodoxes locales, proclame la clôture du dialogue. Aucun dialogue n’est considéré comme achevé avant que sa fin ne soit proclamée par une telle décision panorthodoxe

15. Au cas où un dialogue théologique s’achèverait avec succès, la décision panorthodoxe de rétablir la communion ecclésiale doit pouvoir se fonder sur l’unanimité de toutes les Églises orthodoxes locales.

16. Un des principaux organes du Mouvement œcuménique contemporain est le Conseil œcuménique des Églises (COE). Certaines Églises orthodoxes ont été membres fondateurs de ce Conseil, et par la suite, toutes les Églises orthodoxes locales en sont devenues membres. Le COE, en tant qu’organe interchrétien structuré, malgré le fait qu’il ne regroupe pas toutes les Églises et Confessions chrétiennes, ainsi que d’autres organismes interchrétiens et organismes régionaux, tels la Conférence des Églises européennes (KEK), le Conseil d’Églises du Moyen Orient (CEME) et le Conseil Panafricain des Églises, remplissent une mission fondamentale dans la promotion de l’unité du monde chrétien. Les Églises orthodoxes de Géorgie et de Bulgarie se sont retirées du Conseil Œcuménique des Églises, la première en 1997 et la seconde en 1998, car elles avaient un avis différent quant à l’œuvre du Conseil Œcuménique des Églises et, de ce fait, elles ne participent plus aux activités interchrétiennes menées par le Conseil Œcuménique des Églises et d’autres organismes interchrétiens.

17. Les Églises orthodoxes locales – membres du COE participent à part entière et à part égale aux instances du Conseil Œcuménique des Églises et contribuent par tous les moyens dont elles disposent à la promotion de la coexistence pacifique et de la coopération portant sur les principaux enjeux socio-politiques. L'Église orthodoxe a favorablement accueilli la décision du COE de répondre à sa demande concernant la création d’une Commission spéciale pour la participation orthodoxe au COE conformément au mandat de la Conférence interorthodoxe de Thessalonique (1998). Les critères fixés par la Commission spéciale, qui ont été proposés par les orthodoxes et acceptés par le COE, ont amené à la création d’un Comité permanent de collaboration et de consensus, et ils ont été ratifiés et incorporés aux Statuts et au Règlement intérieur de COE.

18. Tout en participant au COE, l’Église orthodoxe, fidèle à son ecclésiologie, à l’identité de sa structure interne et à l’enseignement de l’Église ancienne, n’accepte absolument pas l’idée de l’égalité des confessions et elle ne peut concevoir l’unité de l’Église comme un rajustement interconfessionnel. Dans cet esprit, l’unité recherchée dans le COE ne peut être simplement le produit d’accords théologiques, mais aussi de l'unité de la foi de l’Église orthodoxe telle que vécue et préservée dans les sacrements de l’Église.

19. Les Églises orthodoxes membres du COE considèrent comme une condition sine qua non de la participation au COE le respect de l’article-base de sa Constitution, conformément auquel seules les Églises et Confessions qui reconnaissent le Seigneur Jésus Christ en tant que Dieu et Sauveur selon l’Écriture et qui croient au Dieu Trinitaire, Père, Fils et Saint-Esprit selon le Crédo de Nicée-Constantinople, peuvent en être membres. Elles sont intimement convaincues que les présupposés ecclésiologiques contenus dans la Déclaration de Toronto (1950), intitulée L’Église, les Églises et le Conseil œcuménique des Églises, sont d’une importance capitale pour la participation orthodoxe audit Conseil. Il va de soi, dès lors, que le COE n’a rien d’une super-Église et ne doit en aucun cas le devenir. « Le but poursuivi par le Conseil œcuménique des Églises n’est pas de négocier l’union des Églises, ce qui ne peut être le fait que des Églises elles-mêmes, sur leur propre initiative ; il s’agit plutôt de créer un contact vivant entre les Églises et de stimuler l’étude et la discussion des problèmes touchant à l’unité chrétienne (...) Néanmoins, le fait d’appartenir au Conseil n’implique pas que chaque Église doive considérer les autres comme des Églises dans le vrai et plein sens du terme » (Déclaration de Toronto, § 2 ; 3.3 ; 4.4).

20 Les perspectives des dialogues théologiques engagés par l’Église orthodoxe avec les autres chrétiens sont toujours déterminés sur la base des principes de l’ecclésiologie orthodoxe et des critères canoniques de la tradition ecclésiastique déjà constituée.

21. L’Église orthodoxe souhaite renforcer le travail de la commission « Foi et Constitution » et suit avec un vif intérêt l’apport théologique que celle-ci a réalisé à ce jour. Elle évalue positivement les textes théologiques publiés par celle-ci, avec l’appréciable contribution de théologiens orthodoxes, ce qui représente une étape importante dans le Mouvement œcuménique vers le rapprochement des Églises. Toutefois, l’Église orthodoxe garde des réserves en ce qui concerne des points capitaux liés à la foi et à la discipline, car les Églises et confessions non-orthodoxes se sont éloignées de la vraie foi de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique.

22. L’Église orthodoxe juge condamnable toute tentative de rompre l’unité de l’Église, de la part de personnes ou de groupes, sous prétexte d’une présumée défense de la pureté de l’Orthodoxie. Comme en témoigne toute la vie de l’Église orthodoxe, la préservation de la foi orthodoxe pure n’est sauvegardée que par le système conciliaire qui, depuis toujours au sein de l’Église, constitue l’autorité suprême en matière de foi et des règles canoniques (canon 6 du IIe Concile œcuménique).

23. L’Église orthodoxe a une conscience commune de la nécessité du dialogue théologique interchrétien ; c’est pourquoi, elle indispensable que le dialogue aille de pair avec le témoignage dans le monde et des actions qui expriment « la joie ineffable » de l’Évangile (I P 1, 8), excluant tout acte de prosélytisme ou autre action provocante d’antagonisme confessionnel. Dans cet esprit, l’Église orthodoxe considère qu’il est important que nous les chrétiens, inspirés par les principes fondamentaux communs de l’Évangile, essayons de donner une réponse empressée et solidaire, basée sur le modèle idéal par excellence du nouvel homme en Christ, aux problèmes épineux que nous pose le monde d’aujourd’hui.

24. L’Église orthodoxe est consciente du fait que le mouvement visant à rétablir l’unité des chrétiens prend des formes nouvelles pour répondre à des situations nouvelles et faire face aux nouveaux défis du monde. Il est indispensable que l’Église orthodoxe continue à apporter son témoignage au monde chrétien divisé sur la base de la tradition apostolique et de sa foi.

Nous prions pour que les chrétiens œuvrent en commun afin que le jour soit proche où le Seigneur comblera l’espoir des Églises orthodoxes : « Un seul troupeau, un seul berger » (Jn 10, 16).

† Bartholomaios de Constantinople, président

† Théodore II d’Alexandrie

† Théophile III de Jérusalem

† Irénée de Serbie

† Daniel de Roumanie

† Chrysostome de Chypre

† Jérôme d’Athènes et toute la Grèce

† Sava de Varsovie et toute la Pologne

† Anastase de Tirana et toute l’Albanie

† Rastislav de Presov, des Pays tchèques et de Slovaquie

Délégation du Patriarcat œcuménique

† Léon de Carélie et toute la Finlande

† Étienne de Tallin et toute l’Estonie

† Jean du siège majeur de Pergame

† Démètre du siège majeur d’Amérique

† Augustin d’Allemagne

† Irénée de Crète

† Isaïe de Denver

† Alexis d’Atlante

† Jacques des Îles-des-Princes

† Joseph de Proikonissos

† Méliton de Philadelphie

† Emmanuel de France

† Nicétas de Dardanelles

† Nicolas de Detroit

† Gérasime de San Francisco

† Amphiloque de Kisamos et Sélinos

† Ambroise de Corée

† Maxime de Silivri

† Amphiloque d’Andrinople

† Calliste de Dioclée

† Antoine d’Hiérapolis, chef des orthodoxes ukrainiens aux États-Unis d’Amérique

† Job de Telmessos

† Jean de Charioupolis, chef de l’Exarchat patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale

† Grégoire de Nysse, chef des orthodoxes carpatho-ruthènes aux États-Unis d’Amérique

Délégation du Patriarcat d’Alexandrie

† Gabriel du siège majeur de Léontopolis

† Macaire de Nairobi

† Jonas de Kampala

† Séraphin du Zimbabwe et Angola

† Alexandre du Nigeria

† Théphylactos de Tripolis

† Serge du Cap de Bonne-Espérance

† Athanase de Cyrène

† Alexis de Carthage

† Jérôme de Mwanza

† Georges de Guinée

† Nicolas d’Hermoupolis

† Démètre d’Irénoupolis

† Damascène de Johannesburg et Pretoria

† Narcisse d’Accra

† Emmanuel de Ptolémaïs

† Grégoire du Cameroun

† Nicodème métropolite de Memphis

† Mélèce du Katanga

† Pantéléimon de Brazzaville et du Gabon

† Innocent du Burundi et du Rwanda

† Chrysostome de Mozambique

† Néophyte de Nieri et du Kenya

Délégation du Patriarcat de Jérusalem

† Benoît de Philadelphie

† Aristarque de Constantine

† Théophylactos du Jourdain

† Nectaire d’Anthidone

† Philoumène de Pella

Délégation de l’Église de Serbie

† Jean d’Ohrid et Skopje

† Amphiloque de Monténégro et du Littoral

† Porphyre de Zagreb et de Ljubljana‎

† Basile de Syrmie

† Lucien de Budimlje-Nikšić

† Longin de Nova Gračanica

† Irénée de Bačka

† Chrysostome de Zvornik-Tuzla

† Justin de Žiča

† Pacôme de Vranje

† Jean de Šumadija

† Ignace Braničevo

† Photius Dalmatie

† Athanase Bihać-Petrovac

† Johanikije Budimlje-Nikšić

† Grégoire de Hum-Herzégovine et du littoral

† Milutin de Valjevo

† Maxime en Amérique occidentale

† Irénée en Australie et Nouvelle-Zélande

† David de Kruševac

† Jean de Pakrac et Slavonie

† André en Autriche et Suisse

† Serge à Frankfort et en Allemagne

† Hilarion du Timok

Délégation de l’Église de Roumanie

† Théophane d’Iași, Moldavie et Bucovine

† Laurent Sibiu Transylvanie

† André de Vad, Feleac, Cluj, Alba Iulia, Crişana et Maramureş

† Irénée de Craiova et Olténie

† Jean de Timişoara et du Banat

† Joseph en Europe occidentale et méridionale

† Séraphin en Allemagne et Europe centrale

† Niphon de Târgovişte

† Irénée d’Alba Iulia

† Joachim de Roman et Bacau

† Cassien du Bas-Danube

† Timothée d’Arad

† Nicolas en Amérique

† Sophronios d’Oradea

† Nicodème de Strehaia et Severin

† Bessarion Toulcea

† Petronios de Salaj

† Silvain en Hongrie

† Silvain en Italie

† Timothée, en Espagne et au Portugal

† Macaire en Europe du nord

† Barlaam de Ploesti, auxiliaire du Patriarche

† Emilien de Łovistea, auxiliaire de l’archevêque de Râmnic

† Jean-Cassien Vikin, auxiliaire de l’archevêque en Amérique

Délégation de l’Église de Chypre

† Georges de Paphos

† Chrysostome de Kition

† Chrysostome de Cyrénie

† Athanase de Lemessos

† Néophyte de Morphou

† Basile de Constantia-Famaguste

† Nicéphore de Kykkos et Tyllérie

† Isaïe de Tamassos et Orinie

† Barnabé de Trimythonte et Lefkara

† Christophe de Karpassia

† Nectaire d’Arsinoé

† Nicolas d’Amathonte

† Epiphane de Ledra

† Léonce de Chytres

† Porphyre de Néapolis

† Grégoire de Mésorée

Délégation de l’Église de Grèce

† Procope de Philippes, Néapolis et Thasos

† Chrysostome de Péristérion

† Germain d’Elide

† Alexandre de Mantineia et Cynourie

† Ignace d’Arta

† Damascène de Didymoteichon, Orestias et Soufli

† Alexis de Nicée

† Hiérothéos de Naupacte et Saint-Blaise

† Eusèbe de Samos et Icarie

† Séraphin de Kastoria

† Ignace de Dimitrias et Halmyros

† Nicodème de Cassandrie

† Ephrem de Hydra, Spetses et Égine

† Théologos de Serrès et Nigrita

† Macaire de Sidirokastron

† Anthime d’Alexandroupolis

† Barnabé de Néapolis et Stavroupolis

† Chrysostome de Messénie

† Athénagoras d’lion, Acharnes et Petropoulis

† Jean de Langada, Litis et Rentine

† Gabriel de Nouvelle-Ionie et Philadelphie

† Chrysostome de Nicopolis et Préveza

† Théoclet de Hiérissos, mont Athos et Ardamérion

Délégation de l’Église de Pologne

† Simon Łodz et Pozńan

† Abel Lublin et Cheł

† Jacques de Białstok et Gdańsk

† Georges de Siemiatycze

† Païssios de Gorlice

Délégation de l’Église d’Albanie

† Jean Korçë

† Démètre d’Argyrocastre

† Nicolas d’Apollonie et Fier

† Antoine d’Elbasan

† Nathanaël d’Amandia

† Asti de Bylis

Délégation de l’Église des Pays tchèques et de Slovaquie

† Michel de Prague

† Isaïe Sumperk

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Re: Concile: une question pratique et préalable

Message par Nikolas » dim. 26 juin 2016 17:39

L’autonomie et la manière de la proclamer

Le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe s’est penché sur le thème de « l’autonomie et la manière de la proclamer ». Après avoir débattu le texte que la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire (Chambésy, 10-17 octobre 2015) lui a soumis, il l’a approuvé moyennant quelques amendements mineurs, comme suit.

Les questions du texte examinées par le Concile concernent : a) la notion, le contenu et les divers schémas de l’institution de l’autonomie ; b) les conditions préalables qu’une Église locale doit remplir pour demander son autonomie à l’Église autocéphale dont elle relève ; c) la compétence exclusive de l’Église autocéphale d’engager et d’achever la procédure d’octroi de l’autonomie à une partie de sa juridiction canonique, des Églises autonomes n’étant pas créées dans l’espace géographique de la Diaspora orthodoxe ; d) les conséquences de cet acte ecclésial sur les relations de l’Église proclamée autonome tant avec l’Église autocéphale à laquelle elle a sa référence qu’avec les autres Églises orthodoxes autocéphales.

1. L’institution de l’Autonomie exprime de manière canonique le statut d’indépendance relative ou partielle d’une partie ecclésiale précise par rapport à la juridiction canonique de l’Église autocéphale à laquelle elle a sa référence canonique.
a. Au cours de l’application de cette institution dans la praxis ecclésiale, des degrés de dépendance ont été formés concernant les relations de l’Église autonome avec l’Église autocéphale à laquelle elle a sa référence.
b. L’élection du Primat de l’Église autonome est approuvée ou opérée par l’organe ecclésiastique compétent de l’Église autocéphale dont le Primat est commémoré par le Primat de l’Église autonome et auquel ce dernier a sa référence canonique.
c. Dans le fonctionnement de l’institution de l’autonomie il existe divers schémas d’application dans la praxis ecclésiale qui sont déterminés par l’étendue de dépendance de l’Église autonome vis-à-vis de l’Église autocéphale.
d. Dans certains schémas, le degré de dépendance de l’Église autonome se manifeste aussi par la participation de son Primat au Synode de l’Église autocéphale.

2. La compétence canonique pour engager et achever la procédure d’octroi de l’autonomie à une partie de sa juridiction canonique appartient à l’Église autocéphale à laquelle l’Église proclamée autonome a sa référence. Ainsi:
a. L’Église locale demandant son autonomie, si elle remplit les conditions requises ecclésiales, canoniques et pastorales, soumet la demande dans ce sens à l’Église autocéphale à laquelle elle a sa référence, expliquant les motifs graves dictant la soumission de sa demande.
b. L’Église autocéphale, à la réception de la demande, évalue en Synode les conditions préalables et les motifs de soumission de la demande et elle décide d’octroyer ou non l’autonomie. En cas de décision positive, elle promulgue le Tome relatif qui fixe les limites géographiques et les relations de l’Église autonome avec l’Église autocéphale à laquelle elle a sa référence, conformément aux critères établis de la tradition ecclésiale.
c. Le Primat de l’Église autocéphale communique au Patriarcat œcuménique et aux autres Églises orthodoxes autocéphales la proclamation de l’Église autonome.
d. L’Église autonome s’exprime par le truchement de l’Église autocéphale dont elle a reçu l’autonomie dans ses relations interorthodoxes, interchrétiennes et interreligieuses.
e. Chaque Église autocéphale ne peut octroyer le statut d’autonomie que dans les limites de sa circonscription territoriale canonique. Dans le domaine de la Diaspora orthodoxe, des Églises autonomes ne sont créées qu’après consensus panorthodoxe, obtenu par le Patriarcat œcuménique selon la pratique panorthodoxe en vigueur.
f. Dans des cas d’octroi du statut d’autonomie à la même circonscription géographique ecclésiale par deux Églises autocéphales, engendrant dès lors une contestation de l’autonomie de part et d’autre, les parties impliquées s’adressent conjointement ou séparément au Patriarche œcuménique afin que celui-ci trouve la solution canonique à la question selon la pratique panorthodoxe en vigueur.

3. Les conséquences pour l’Église autonome et ses relations avec l’Église autocéphale résultant de la proclamation de l’autonomie sont les suivantes:
a. Le Primat de l’Église autonome ne commémore que le nom du Primat de l’Église autocéphale.
b. Le nom du Primat de l’Église autonome n’est pas inscrit dans les Diptyques.
c. L’Église autonome reçoit la sainte myrrhe de l’Église autocéphale.
d. Les évêques de l’Église autonome sont élus, installés et jugés par son organe ecclésiastique compétent. En cas d’incapacité certaine de l’Église autonome en la matière, celle-ci est assistée par l’Église autocéphale à laquelle elle a sa référence.

† Bartholomaios de Constantinople, président

† Théodore II d’Alexandrie

† Théophile III de Jérusalem

† Irénée de Serbie

† Daniel de Roumanie

† Chrysostome de Chypre

† Jérôme d’Athènes et toute la Grèce

† Sava de Varsovie et toute la Pologne

† Anastase de Tirana et toute l’Albanie

† Rastislav de Presov, des Pays tchèques et de Slovaquie

Délégation du Patriarcat œcuménique

† Léon de Carélie et toute la Finlande

† Étienne de Tallin et toute l’Estonie

† Jean du siège majeur de Pergame

† Démètre du siège majeur d’Amérique

† Augustin d’Allemagne

† Irénée de Crète

† Isaïe de Denver

† Alexis d’Atlante

† Jacques des Îles-des-Princes

† Joseph de Proikonissos

† Méliton de Philadelphie

† Emmanuel de France

† Nicétas de Dardanelles

† Nicolas de Detroit

† Gérasime de San Francisco

† Amphiloque de Kisamos et Sélinos

† Ambroise de Corée

† Maxime de Silivri

† Amphiloque d’Andrinople

† Calliste de Dioclée

† Antoine d’Hiérapolis, chef des orthodoxes ukrainiens aux États-Unis d’Amérique

† Job de Telmessos

† Jean de Charioupolis, chef de l’Exarchat patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale

† Grégoire de Nysse, chef des orthodoxes carpatho-ruthènes aux États-Unis d’Amérique

Délégation du Patriarcat d’Alexandrie

† Gabriel du siège majeur de Léontopolis

† Macaire de Nairobi

† Jonas de Kampala

† Séraphin du Zimbabwe et Angola

† Alexandre du Nigeria

† Théphylactos de Tripolis

† Serge du Cap de Bonne-Espérance

† Athanase de Cyrène

† Alexis de Carthage

† Jérôme de Mwanza

† Georges de Guinée

† Nicolas d’Hermoupolis

† Démètre d’Irénoupolis

† Damascène de Johannesburg et Pretoria

† Narcisse d’Accra

† Emmanuel de Ptolémaïs

† Grégoire du Cameroun

† Nicodème métropolite de Memphis

† Mélèce du Katanga

† Pantéléimon de Brazzaville et du Gabon

† Innocent du Burundi et du Rwanda

† Chrysostome de Mozambique

† Néophyte de Nieri et du Kenya

Délégation du Patriarcat de Jérusalem

† Benoît de Philadelphie

† Aristarque de Constantine

† Théophylactos du Jourdain

† Nectaire d’Anthidone

† Philoumène de Pella

Délégation de l’Église de Serbie

† Jean d’Ohrid et Skopje

† Amphiloque de Monténégro et du Littoral

† Porphyre de Zagreb et de Ljubljana‎

† Basile de Syrmie

† Lucien de Budimlje-Nikšić

† Longin de Nova Gračanica

† Irénée de Bačka

† Chrysostome de Zvornik-Tuzla

† Justin de Žiča

† Pacôme de Vranje

† Jean de Šumadija

† Ignace Braničevo

† Photius Dalmatie

† Athanase Bihać-Petrovac

† Johanikije Budimlje-Nikšić

† Grégoire de Hum-Herzégovine et du littoral

† Milutin de Valjevo

† Maxime en Amérique occidentale

† Irénée en Australie et Nouvelle-Zélande

† David de Kruševac

† Jean de Pakrac et Slavonie

† André en Autriche et Suisse

† Serge à Frankfort et en Allemagne

† Hilarion du Timok

Délégation de l’Église de Roumanie

† Théophane d’Iași, Moldavie et Bucovine

† Laurent Sibiu Transylvanie

† André de Vad, Feleac, Cluj, Alba Iulia, Crişana et Maramureş

† Irénée de Craiova et Olténie

† Jean de Timişoara et du Banat

† Joseph en Europe occidentale et méridionale

† Séraphin en Allemagne et Europe centrale

† Niphon de Târgovişte

† Irénée d’Alba Iulia

† Joachim de Roman et Bacau

† Cassien du Bas-Danube

† Timothée d’Arad

† Nicolas en Amérique

† Sophronios d’Oradea

† Nicodème de Strehaia et Severin

† Bessarion Toulcea

† Petronios de Salaj

† Silvain en Hongrie

† Silvain en Italie

† Timothée, en Espagne et au Portugal

† Macaire en Europe du nord

† Barlaam de Ploesti, auxiliaire du Patriarche

† Emilien de Łovistea, auxiliaire de l’archevêque de Râmnic

† Jean-Cassien Vikin, auxiliaire de l’archevêque en Amérique

Délégation de l’Église de Chypre

† Georges de Paphos

† Chrysostome de Kition

† Chrysostome de Cyrénie

† Athanase de Lemessos

† Néophyte de Morphou

† Basile de Constantia-Famaguste

† Nicéphore de Kykkos et Tyllérie

† Isaïe de Tamassos et Orinie

† Barnabé de Trimythonte et Lefkara

† Christophe de Karpassia

† Nectaire d’Arsinoé

† Nicolas d’Amathonte

† Epiphane de Ledra

† Léonce de Chytres

† Porphyre de Néapolis

† Grégoire de Mésorée

Délégation de l’Église de Grèce

† Procope de Philippes, Néapolis et Thasos

† Chrysostome de Péristérion

† Germain d’Elide

† Alexandre de Mantineia et Cynourie

† Ignace d’Arta

† Damascène de Didymoteichon, Orestias et Soufli

† Alexis de Nicée

† Hiérothéos de Naupacte et Saint-Blaise

† Eusèbe de Samos et Icarie

† Séraphin de Kastoria

† Ignace de Dimitrias et Halmyros

† Nicodème de Cassandrie

† Ephrem de Hydra, Spetses et Égine

† Théologos de Serrès et Nigrita

† Macaire de Sidirokastron

† Anthime d’Alexandroupolis

† Barnabé de Néapolis et Stavroupolis

† Chrysostome de Messénie

† Athénagoras d’lion, Acharnes et Petropoulis

† Jean de Langada, Litis et Rentine

† Gabriel de Nouvelle-Ionie et Philadelphie

† Chrysostome de Nicopolis et Préveza

† Théoclet de Hiérissos, mont Athos et Ardamérion

Délégation de l’Église de Pologne

† Simon Łodz et Pozńan

† Abel Lublin et Cheł

† Jacques de Białstok et Gdańsk

† Georges de Siemiatycze

† Païssios de Gorlice

Délégation de l’Église d’Albanie

† Jean Korçë

† Démètre d’Argyrocastre

† Nicolas d’Apollonie et Fier

† Antoine d’Elbasan

† Nathanaël d’Amandia

† Asti de Bylis

Délégation de l’Église des Pays tchèques et de Slovaquie

† Michel de Prague

† Isaïe Sumperk

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