L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

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vera
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L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par vera » jeu. 03 mars 2011 13:56

Salut tout le monde!
Je suis etudiante de droit (diplome d'etude d'approfondies en droit public).
Je dois ecrire une memoire et la presenter. J'ai donc choisi de parler des aspects juridiques de l'avortement. Je suis vers la fin mais je dois mentionner les avis des differentes religions.
Pour l'Eglise Orthodoxe, je n'arrive pas a trouver un livre ou un site officiel sur lequel je peux trouver ces informations.
(pour l'Eglise Catholique par exemple, il ya le Catechisme de l'Eglise Catholique, qui est considere comme une reference officielle)
Est ce que vous connaissez une reference officielle pour les enseignements de l'Eglise Orthodoxe?

Merci!



Vera

Claude le Liseur
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par Claude le Liseur » jeu. 03 mars 2011 18:24

Vous trouverez ici une prise de position (en français !) de la commission de bioéthique de l'Eglise de Grèce sur la fécondation in vitro: http://www.bioethics.org.gr/en/09_frame_01.html

Certes, la fécondation in vitro n'est pas l'avortement, mais la prise de position contient un rappel des droits spirituels et moraux de l'embryon qui me semble suffisamment rappeler que l'Eglise orthodoxe est absolument opposée à l'avortement (je me permets de souligner quelques passages qui pourraient vous aider dans votre réflexion):

V. Le caractère sacré du début de l’être humain
22. La façon par laquelle la vie débute est sacrée. Le
début précis de la vie dans le cadre de la physiologie
est dispensé de la sensation humaine. L’évènement a
lieu “en secret”, il se combine avec la plus intense expression de l’amour des époux et honore le corps humain de la meilleure façon. La fonction de la reproduction est également sexuelle; c’est la seule fonction
qui ne s’exerce pas par réflexion mais elle dépend du libre arbitre de l’homme. C’est la fonction psychosomatique par excellence qui nécessite la participation de
tous les deux sexes.
23. La technologie moderne nous introduit désormais à la logique des rapports conjugaux sans repro-
92duction et de la reproduction sans rapports conjugaux.
Le dynamisme de la technologie enlève le commencement de la vie de la chaleur et de l’obscurité du corps
maternel et les met dans le froid et la transparence des
conditions “in vitro”. Il remplace le moment inconnu
de la procréation avec la connaissance précise de ce
moment sacré, l’unicité de la présence des époux avec
leur absence et leur substitution par le personnel mé-
dical. Au moment sacré du début de la vie humaine, les
parents ne sont pas ensemble, ni même présents. L’enfant est “construit” par les médecins et les infirmiers. Il
n’est pas “conçu” par les parents. Il peut, en plus, ne
pas avoir les matériaux génétiques de ses “parents”. Il
se peut qu’il y a entre eux une tierce personne: le “donneur”.
24. La façon utilisée pour provoquer l’éjaculation
du sperme se fait par des moyens pas naturels, qui sont
d’habitude inacceptables moralement. Il s’agit d’un orgasme hors du cadre naturel, qui traumatise de toute
manière le caractère sacré de l’évènement. Bien sûr,
lorsque c’est dans le but de la procréation, cela ne peut
être considéré comme un péché de perte du sperme, à
condition que cela se fasse par des moyens non humiliants pour l’être humain. Cela exige en tout cas de la
sensibilité et de l’attention particulières.
VI. Statut et nature de l’embryon
25. L’embryon a une origine et une perspective humaines. Ses cellules, son matériel génétique, sa morphologie et sa physiologie sont humains ainsi que sa
93possibilité de se développer en être humain parfait, et
rien d’autre, scelle son existence humaine.
Un ovule fécondé ne peut plus être refécondé par
un autre spermatozoïde. Les caractéristiques d’une
nouvelle vie humaine ont été déterminées sans retour.
La fécondation est finale et non inversable.
26. Le spermatozoïde est celui du père tandis que
l’ovule est celui de la mère. L’embryon, au contraire,
juste après le moment de sa fécondation acquiert sa
propre identité. Il appartient bien aux parents qui ont
la responsabilité et l’obligation de sa protection,
puisqu’ils l’ont voulu et l’on crée, mais il est indépendant concernant le droit de compléter son développement, pour qu’il puisse exprimer sa propre volonté.
27. Le zygote
1
, l’embryon des premiers jours, l’embryon implanté, l’embryon formé ou celui des neuf
mois, le nouveau-né, le petit enfant, l’adolescent,
l’adulte, la personne âgée, l’homme à toutes les étapes
de son développement a la même parfaite identité humaine. Du début de la conception, l’embryon n’est plus
un ovule fécondé; c’est un homme parfait en identité
qui se perfectionne continuellement en ce qui
concerne l’expression et l’organisation du phénotype.
VII. Situation spirituelle de l’embryon
28. Tout cela conduit à la conclusion que le début
de la vie biologique chez l’homme s’identifie à un évè-
94
1. Zygote: la première cellule qui provient de la fécendation de
l’ovule par un spermatozoïde.nement d’une importance unique et sans précédent: la
naissance d’une âme nouvelle. A chaque embryon
donc, par la multiplication cellulaire qui caractérise le
développement de son corps, par le transfert héréditaire et les caractéristiques qui forment sa personne, a
lieu la naissance et le développement de son âme.
L’embryon passera avec son âme de l’enveloppe humaine à l’habit de la divinité, du temps à l’éternité, de
l’usure à l’incorruptibilité, de la similitude physique
aux parents à la ressemblance spirituelle de Dieu.
Dans l’embryon existe humblement l’image de Dieu.
29. De même que le perfectionnement corporel
d’un être humain exige une préparation biologique de
plusieurs mois, la grossesse, de la même manière le
processus de la manifestation de l’âme a une durée ; il
débute à la conception pour être achevé par la suite.
Plus la procédure de perfectionnement biologique
avance, plus le degré de manifestation des fonctions de
l’âme augmente. Selon saint Grégoire le Théologien, à
mesure que le corps se développe et se perfectionne,
de plus en plus la sagesse, la prudence et la vertu de
l’âme se débordent (Paroles Dogmatiques, VIII De
l’âme PG37 453-454).
30. L’évènement de la rencontre de la Mère de
Dieu avec Elisabeth et le tressaillement de l’embryon
Prodrome (Luc 1:41) en reconnaissant l’embryon Jé-
sus, se réfèrent non seulement à la mobilité biologique,
mais aussi à l’expression spirituelle de l’âme dans l’embryon.
31. Des références analogues dans les textes de
l’Ancien Testament parlent d’évènements spirituels
95importants qui se sont passés à de grands hommes
(David, Hesau, Jérémie) “dans le ventre de leur mè-
res”, en démontrant ainsi que l’état embryonnaire est
une phase de la vie humaine pendant laquelle la grâce
de Dieu agit sur l’homme.
Mais l’Apôtre Paul aussi, dans sa lettre aux Galates,
prétend que sa vocation date de la période où il était
dans le ventre de sa mère. “Mais, lorsqu’il plut à celui
qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui
m’a appelé par sa grâce” (Gal. 1:15).
Dieu donc appelle, sanctifie, destine, nomme des
prophètes et des apôtres même au cours de leur âge
embryonnaire.
32. L’évènement de la conception est considéré
comme majeur, particulièrement béni et sacré. C’est
pour cette raison que l’Église rappelle et fête les
conceptions des personnes de l’économie divine. Tout
d’abord, elle nous rappelle le mystère indicible de la
conception du Seigneur, c’est à dire le jour de l’Annonciation à la Sainte Vierge, le 25 mars, ensuite la
conception de la Sainte Vierge, le 9 décembre, et finalement la conception de Saint Jean le Prodrome, le 23
septembre.
VIII. Droits moraux de l’embryon.
33.
`A travers le fait que l’embryon est un être humain et une personne en évolution, vie dépendante qui
a découlée de la volonté des tiers, incapable de se dé-
fendre et de subvenir à ses besoins seul, résultent évidement ses droits aussi.
9634. Le premier droit est celui de l’identité humaine.
L’embryon a moralement le droit indéniable de manifester lui-même son identité et de développer sa personnalité. Nous, au lieu de décider ce qu’il est et qu’il
est, on doit lui donner la possibilité afin qu’il nous le
révèle lui-même, qu’il prouve que c’est un être humain
et qu’il nous montre ses caractéristiques physiques et
psychiques qui le différencient et le distinguent de tous
les autres hommes. Ce droit doit être protégé par la
science et la société.
35. Le second droit c’est le droit à la vie. La voie naturelle de l’embryon c’est celle de tout homme. Le
droit à la vie doit lui être reconnu. Nous devons le protéger et prendre soin de lui. L’embryon doit atteindre
sa propre situation de vie autonome dans les meilleures conditions possibles. Mais le but de son existence
doit être toujours sa vie et jamais l’expérimentation
(embryons expérimentaux), les embryons en surplus
(embryons excédentaires) ou l’attente en congélation
(embryons congelés). Le fait que pour des milliers
d’embryons l’espace chaud du développement maternel a été remplacé par l’environnement glacial d’un
congélateur et la possibilité de vie par la perspective de
l’expérimentation et de la mort constitue une dégradation de la valeur humaine et une insulte du droit à la
vie.
36. Le troisième droit c’est le droit à l’éternité.
L’embryon a la perspective de l’immortalité, il est destiné à partir du moment de sa conception à la vie éternelle. Cela indique le droit de Dieu de répéter Son
image chez l’homme.

FABRE
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par FABRE » jeu. 03 mars 2011 18:50

vous avez aussi : BIOETHIQUE ORTHODOXE, actes du 3ième colloque page 66 institut de Théologie Orthodoxe Saint Serge Paris; excusez-moi, je ne puis mettre le texte, je viens de perdre une verre de lunette et jz n'y vois pas grand chose : Daniel

Claude le Liseur
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par Claude le Liseur » jeu. 03 mars 2011 19:39

Voici aussi un rappel de quelques règles du droit canonique orthodoxe à ce sujet:



Pour le reste, si vous ne lisez pas le grec ou le russe, vous avez beaucoup de documentation en anglais, notamment une prise de position qu'une association orthodoxe avait envoyée à la Cour suprême des Etats-Unis d'Amérique en 1989:



http://orthodoxinfo.com/praxis/abortion.aspx

On pourrait aussi citer le 91e canon du concile Quinisexte qui assimile l'avortement à un meurtre:
Les femmes qui procurent les remèdes abortifs et celles qui absorbent les poisons à faire tuer l'enfant qu'elles portent, nous les soumettons a la peine canonique du meurtrier.
Et puis, plus simple qu'un long discours, l'icône de l'avortement peinte dans le cadre de la métropole orthodoxe d'Australie, avec les avorteurs jetant les foetus dans la gueule de Moloch:

http://www.orthodoxchristian.info/pages/abortion.htm

Claude le Liseur
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par Claude le Liseur » jeu. 03 mars 2011 20:18

Les explications données sur le site Internet de l'aumônerie de l'hôpital cantonal vaudois:

http://www.chuv.ch/religions/aum_home/a ... hodoxe.htm

Un article d'Olivier Clément sur la sexualité en général:

http://www.pagesorthodoxes.net/mariage/ ... ualite.htm

Les propositions du patriarcat de Moscou pour encadrer l'avortement en Russie (17 janvier 2011):

http://www.chretiente.info/201101175053 ... vortement/

Un article de l'archimandrite Denis Guillaume d'éternelle mémoire sur l'embryologie orthodoxe publié sur le site Internet de l'Eglise d'Estonie:

http://www.orthodoxa.org/FR/orthodoxie/ ... utsvie.htm

Une très intéressante discussion sur le sujet sur un site orthodoxe italien:

http://www.ortodossia.info/sito/forum/v ... read_id=18

Evidemment, vous ne pouvez vous contenter de sources sur Internet. Achetez ou allez au moins consulter en bibliothèque les livres suivants, qui sont le strict minimum:

Jean-Claude Larchet
Pour une éthique de la procréation
Le Cerf, Paris 1998

RP Jean Breck
Le don sacré de la vie. Les chrétiens orthodoxes et la bioéthique
Le Cerf, Paris 2007


Paul Evdokimov
Une vision orthodoxe de la théologie morale
Le Cerf, Paris 2009

Un livre qui confronte le point de vue orthodoxe avec celui des catholiques romains et des protestants:

Diradur (Levon) Sardaryan
Bioethik in ökumenischer Perspektive. Offizielle Stellungnahmen der christlichen Kirchen in Deutschland zu bioethischen Fragen um den Anfang des menschlichen Lebens im Dialog mit der Orthodoxen Theologie
Logos, Berlin 2008

Intéressant aussi, un mémoire de maîtrise qui explique pourquoi l'Eglise orthodoxe, ne s'étant pas opposée au progrès scientifique au nom d'une vision scolastique du monde, n'est pas soumise aux mêmes tensions que l'Eglise catholique romaine:

Alexander Lapin
Orthodoxes Christentum, Bioethik und die Krise der modernen wissenschaftlichen Erkenntnis
Diploma Verlag, Hambourg 2002

Les nombreux ouvrages en anglais du RP Stanley Harakas et les prises de position (en français) de la commission de bioéthique de l'Eglise de Grèce sont aussi des sources d'information importantes. Pour le reste, il y a malheureusement beaucoup plus de documentation en grec et en russe que dans les langues germaniques ou latines.

Claude le Liseur
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par Claude le Liseur » jeu. 03 mars 2011 20:21

Claude le Liseur a écrit :V
On pourrait aussi citer le 91e canon du concile Quinisexte qui assimile l'avortement à un meurtre:
Les femmes qui procurent les remèdes abortifs et celles qui absorbent les poisons à faire tuer l'enfant qu'elles portent, nous les soumettons a la peine canonique du meurtrier.

Vous pouvez trouver le texte de ce canon, ainsi que des 2e et 8e canons de saint Basile qui sont aussi intéressants à propos de cette assimilation de l'avortement à un meurtre, sur le site suivant:


http://homepage.mac.com/thm72/orthodoxi ... /table.htm

Raphael
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par Raphael » jeu. 03 mars 2011 21:36

Bonsoir,

voici un texte du Père Jean Meyendorff, consacré à la position de l'Eglise face à l'avortement.
Il est extrait de son livre "Le Mariage dans la perspective orthodoxe" paru en 1975 et traduit en français en 1986 par Lucette Marçais chez YMCA-PRESS / O.E.I.L. :


Suivant en cela l'Écriture, un canon orthodoxe identifie de façon formelle l'avortement au meurtre et réclame l'excommunication de tous ceux qui sont mis en cause par un avortement: «Ceux qui donnent des drogues favorisant l'avortement et ceux qui reçoivent des poisons pour tuer le fœtus sont soumis à la peine punissant le meurtre» (sixième Concile œcuménique, canon 91). Dans son deuxième canon traitant de l'avortement, saint Basile le Grand repousse spécifiquement toute considération qui rendrait l'avortement possible dans les premiers mois de la grossesse. «Celle qui détruit délibérément le fœtus qu'elle porte doit subir la punition réservée aux meurtriers et nous ne prenons pas en considération la distinction entre fœtus formé ou non formé. »

La discipline pénitentielle de l'Église primitive voulait que les « meurtriers » ne soient admis à se réconcilier avec l'Église et à communier que sur leur lit de mort, en cas de repentir. Cependant, des exceptions étaient admises. Le Concile d'Ancyre admet quelques exceptions pour ceux qui sont impliqués dans un avortement : «En ce qui concerne les femmes qui, ayant forniqué, détruisent ce qu'elles ont conçu, ou celles qui s'emploient à faire des drogues favorisant l'avortement, un précédent décret les rejetait jusqu'à l'heure de leur mort et à cela certains ont donné leur assentiment. Néanmoins, étant désireux d'user d'une clémence plus grande encore, nous avons décidé qu'elles subissent dix années (de pénitence) » ... (canon 21).

Pour comprendre pleinement la position de l'Église orthodoxe sur le sujet de l'avortement, on peut également se référer à la célébration solennelle par l'Église de fêtes telle que la Conception de saint Jean le Baptiste (24 septembre), la Conception de la Mère de Dieu (8 décembre) et même la Fête de l'Annonciation (25 mars), lorsque le Christ lui-même a été conçu dans le sein de la Vierge. La célébration de telles fêtes implique clairement que la vie humaine et - dans ces cas, la vie de Jean, de la Mère de Dieu, de Jésus en tant qu'homme commence au moment de la conception et non plus tard, lorsque le fœtus devient soi-disant « viable ».

Si l'on s'en tient à une perspective biblique et chrétienne, il n'y a aucun moyen de nier qu'un avortement est une interruption de la vie humaine. Il ne peut en aucun cas être justifié par les arguments qui sont habituellement acceptés par nos sociétés permissives et sécularisées : malaises de la mère, surpopulation, difficultés financières, insécurité sociale, etc. Ce sont là bien sûr des maux qui doivent être soignés, mais les soins ne peuvent pas consister à tuer des victimes innocentes qui possèdent toutes les capacités pour une vie humaine normale. Si l'avortement est accepté comme une procédure normale pour faire face aux maladies de la société, il n'y a strictement aucune raison pour que le fait de tuer ne puisse être accepté comme une solution (la « solution finale » d'Hitler au problème juif) dans d'autres situations, en particulier -en cas de maladie ou lors de la vieillesse. Si ceux qui sont « à la dernière extrémité » (et les personnes âgées sont souvent à la dernière extrémité) étaient tout simplement mis à mort, quel soulagement psychologique ce serait pour ceux à qui incombe psychologiquement et matériellement leur survie ! Quelle perspective horrible et totalement inhumaine pour la société ! Et il est vraiment effrayant de découvrir combien nous sommes déjà proches de sa réalisation.

Pour des chrétiens, tuer est toujours un mal quelles que soient les circonstances. Même à la guerre. Saint Basile le Grand demande que les soldats qui ont été directement amenés à tuer pendant une guerre fassent pénitence pendant trois ans (canon 13). Cependant, n'acceptant pas un pacifisme total (tout en l'admettant parfois) l'Église reconnaît que tuer en temps de guerre n'est pas tout à fait semblable à un meurtre puisque cela est fait (du moins en principe) pour sauver d'autres vies. Autrement dit, lorsque l'on tue pour défendre une vie innocente, on ne commet pas, strictement parlant, un meurtre. Cependant, l'attitude de saint Basile envers les soldats montre que même dans ces circonstances, tuer est un mal ; un mal moindre qu'une acceptation passive de la violence commise par d'autres mais un mal quand même. Par analogie, on peut considérer que dans le cas ultime (et très rare) où l'interruption de la vie du fœtus est le seul moyen de sauver la vie de la mère, l'avortement peut aussi être considéré comme un « moindre mal ». Mais, dans ces circonstances, l'affreuse responsabilité doit être prise en pleine conscience du fait que tuer reste tuer.

Ainsi l'Église définit-elle une ligne de conduite claire sur ce sujet épineux, au niveau des responsabilités familiales et personnelles. Les chrétiens s'opposeront certainement aux législations libéralisant l'avortement, signes évidents de la déshumanisation et du cynisme de notre société. Ils devront se souvenir, cependant, qu'une position moralement valide contre l'avortement demande que l'on se sente activement responsable des millions d'enfants misérables souffrant de la faim, mal éduqués, et non désirés qui viennent au monde sans l'assurance d'une vie décente.

Claude le Liseur
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par Claude le Liseur » ven. 04 mars 2011 12:27

Raphael a écrit :Bonsoir,

voici un texte du Père Jean Meyendorff, consacré à la position de l'Eglise face à l'avortement.
Il est extrait de son livre "Le Mariage dans la perspective orthodoxe" paru en 1975 et traduit en français en 1986 par Lucette Marçais chez YMCA-PRESS / O.E.I.L. :


Suivant en cela l'Écriture, un canon orthodoxe identifie de façon formelle l'avortement au meurtre et réclame l'excommunication de tous ceux qui sont mis en cause par un avortement: «Ceux qui donnent des drogues favorisant l'avortement et ceux qui reçoivent des poisons pour tuer le fœtus sont soumis à la peine punissant le meurtre» (sixième Concile œcuménique, canon 91). Dans son deuxième canon traitant de l'avortement, saint Basile le Grand repousse spécifiquement toute considération qui rendrait l'avortement possible dans les premiers mois de la grossesse. «Celle qui détruit délibérément le fœtus qu'elle porte doit subir la punition réservée aux meurtriers et nous ne prenons pas en considération la distinction entre fœtus formé ou non formé. »

La discipline pénitentielle de l'Église primitive voulait que les « meurtriers » ne soient admis à se réconcilier avec l'Église et à communier que sur leur lit de mort, en cas de repentir. Cependant, des exceptions étaient admises. Le Concile d'Ancyre admet quelques exceptions pour ceux qui sont impliqués dans un avortement : «En ce qui concerne les femmes qui, ayant forniqué, détruisent ce qu'elles ont conçu, ou celles qui s'emploient à faire des drogues favorisant l'avortement, un précédent décret les rejetait jusqu'à l'heure de leur mort et à cela certains ont donné leur assentiment. Néanmoins, étant désireux d'user d'une clémence plus grande encore, nous avons décidé qu'elles subissent dix années (de pénitence) » ... (canon 21).

Pour comprendre pleinement la position de l'Église orthodoxe sur le sujet de l'avortement, on peut également se référer à la célébration solennelle par l'Église de fêtes telle que la Conception de saint Jean le Baptiste (24 septembre), la Conception de la Mère de Dieu (8 décembre) et même la Fête de l'Annonciation (25 mars), lorsque le Christ lui-même a été conçu dans le sein de la Vierge. La célébration de telles fêtes implique clairement que la vie humaine et - dans ces cas, la vie de Jean, de la Mère de Dieu, de Jésus en tant qu'homme commence au moment de la conception et non plus tard, lorsque le fœtus devient soi-disant « viable ».

Si l'on s'en tient à une perspective biblique et chrétienne, il n'y a aucun moyen de nier qu'un avortement est une interruption de la vie humaine. Il ne peut en aucun cas être justifié par les arguments qui sont habituellement acceptés par nos sociétés permissives et sécularisées : malaises de la mère, surpopulation, difficultés financières, insécurité sociale, etc. Ce sont là bien sûr des maux qui doivent être soignés, mais les soins ne peuvent pas consister à tuer des victimes innocentes qui possèdent toutes les capacités pour une vie humaine normale. Si l'avortement est accepté comme une procédure normale pour faire face aux maladies de la société, il n'y a strictement aucune raison pour que le fait de tuer ne puisse être accepté comme une solution (la « solution finale » d'Hitler au problème juif) dans d'autres situations, en particulier -en cas de maladie ou lors de la vieillesse. Si ceux qui sont « à la dernière extrémité » (et les personnes âgées sont souvent à la dernière extrémité) étaient tout simplement mis à mort, quel soulagement psychologique ce serait pour ceux à qui incombe psychologiquement et matériellement leur survie ! Quelle perspective horrible et totalement inhumaine pour la société ! Et il est vraiment effrayant de découvrir combien nous sommes déjà proches de sa réalisation.

Pour des chrétiens, tuer est toujours un mal quelles que soient les circonstances. Même à la guerre. Saint Basile le Grand demande que les soldats qui ont été directement amenés à tuer pendant une guerre fassent pénitence pendant trois ans (canon 13). Cependant, n'acceptant pas un pacifisme total (tout en l'admettant parfois) l'Église reconnaît que tuer en temps de guerre n'est pas tout à fait semblable à un meurtre puisque cela est fait (du moins en principe) pour sauver d'autres vies. Autrement dit, lorsque l'on tue pour défendre une vie innocente, on ne commet pas, strictement parlant, un meurtre. Cependant, l'attitude de saint Basile envers les soldats montre que même dans ces circonstances, tuer est un mal ; un mal moindre qu'une acceptation passive de la violence commise par d'autres mais un mal quand même. Par analogie, on peut considérer que dans le cas ultime (et très rare) où l'interruption de la vie du fœtus est le seul moyen de sauver la vie de la mère, l'avortement peut aussi être considéré comme un « moindre mal ». Mais, dans ces circonstances, l'affreuse responsabilité doit être prise en pleine conscience du fait que tuer reste tuer.

Ainsi l'Église définit-elle une ligne de conduite claire sur ce sujet épineux, au niveau des responsabilités familiales et personnelles. Les chrétiens s'opposeront certainement aux législations libéralisant l'avortement, signes évidents de la déshumanisation et du cynisme de notre société. Ils devront se souvenir, cependant, qu'une position moralement valide contre l'avortement demande que l'on se sente activement responsable des millions d'enfants misérables souffrant de la faim, mal éduqués, et non désirés qui viennent au monde sans l'assurance d'une vie décente.

Merci beaucoup, Raphaël, pour ce texte tiré de l'excellent ouvrage du RP Meyendorff.

vera
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par vera » lun. 07 mars 2011 20:04

Grand merci a vous tous pour votre assistance.
Je suis entrain de consulter les sites.
L'extrait que Raphael a choisi est excellent. J'ai envie de lire le reste de l'ouvrage.
Enfin je peux passer a la redaction de cette partie qui me paraissait difficile!
Merci de nouveau.

Vera

Jean-Mi
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par Jean-Mi » jeu. 10 mars 2011 21:40

j'ai commis quelques traductions sur le sujet dans le temps, en vrac quelques liens :
on manifeste contre ce crime :
http://pravmir.com/activists-for-life-p ... on-clinic/

une série de références patristiques :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/l ... se-du.html
http://stmaterne.blogspot.com/2006/08/a ... se-un.html

un primat qui participe à la marche pour la vie
http://stmaterne.blogspot.com/2007/01/m ... odoxe.html

et un office pour les victimes de l'avortement
http://stmaterne.blogspot.com/2008/01/2 ... times.html

Raphael
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par Raphael » ven. 11 mars 2011 8:18

Savez-vous ce que dit l'église orthodoxe de l'IMG (interruption médicale de grossesse) ?
J'ai en mémoire un couple d'amis à moi, attendant un enfant et le désirant plus que tout. Puis, à la première échographie, on diagnostique une anencéphalie. La grossesse a peu de chances d'arriver à terme, et si elle y parvient, le bébé mourra à sa naissance. Les médecins les ont orientés vers une IMG, disant que l'accouchement pourrait être dangereux pour la maman. Le traumatisme a été important pour eux.
Je sais que le pape ne fait aucune différence entre ce genre de cas et un avortement. Personnellement, il me semble pourtant qu'il y en a une.
Y-a-t-il des textes concernant la position de l'église orthodoxe là-dessus?
Peut-être dans certains des ouvrages cités plus haut par Claude?

J-Gabriel
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par J-Gabriel » ven. 11 mars 2011 23:27

Raphael a écrit :Savez-vous ce que dit l'église orthodoxe de l'IMG (interruption médicale de grossesse) ?
J'ai en mémoire un couple d'amis à moi, attendant un enfant et le désirant plus que tout. Puis, à la première échographie, on diagnostique une anencéphalie. La grossesse a peu de chances d'arriver à terme, et si elle y parvient, le bébé mourra à sa naissance. Les médecins les ont orientés vers une IMG, disant que l'accouchement pourrait être dangereux pour la maman. Le traumatisme a été important pour eux.
Je sais que le pape ne fait aucune différence entre ce genre de cas et un avortement. Personnellement, il me semble pourtant qu'il y en a une.
Y-a-t-il des textes concernant la position de l'église orthodoxe là-dessus?
Peut-être dans certains des ouvrages cités plus haut par Claude?
En tout cas dans un des liens qu’indique Jean-Michel, il semble y avoir la réponse à votre interrogation :
"La position de l'Église Orthodoxe sur les problèmes controversés."
[..] Envers l'avortement, l'Église a une attitude définitive, officielle et résolue. Elle condamne toutes les procédures visant à avorter l'embryon ou foetus, que ce soit par des moyens chirurgicaux ou chimiques. L'Église Orthodoxe désigne l'avortement comme meurtre; c'est-à-dire mettre fin de manière préméditée à une vie humaine. Le seul cas où l'Église Orthodoxe admettra à contre-coeur l'avortement, c'est en présence d'avis médicaux prépondérants déterminant qu'à moins d'avorter l'embryon ou foetus, la mère mourrait. [..]


http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/l ... se-du.html
Claude le Liseur a écrit :Les nombreux ouvrages en anglais du RP Stanley Harakas et les prises de position (en français) de la commission de bioéthique de l'Eglise de Grèce sont aussi des sources d'information importantes. Pour le reste, il y a malheureusement beaucoup plus de documentation en grec et en russe que dans les langues germaniques ou latines.
Je voudrais aussi indiquer un ouvrage issu de la même série que Daniel (FABRE) avait proposé plus haut : «Bioéthique orthodoxe» No VI-VII. Actes des 6e et 7e colloques... (En cliquant sur le lien vous pourrez y lire le résumé qu'en fait J-C Larchet)

C’est un livre qui, malgré le titre (bioétique) reste accessible, et donnera une bonne basse à celui qui n’en dispose pas, car en dépit des deux thèmes principaux, beaucoup de sujets sont évoqués d’une manière général, dans le dynamisme d’une table ronde…

FABRE
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par FABRE » sam. 12 mars 2011 9:09

et d'ailleurs en ces conférences, sur la bioéthique....j'y au lu un intervenant : Antoine Serri .....in livre IV

vera
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par vera » dim. 01 mai 2011 0:53

Bonsoir Raphael,
Je n'ai pas pu trouver le livre la ou je vis (Londres), mais j'ai vraiment besoin d'utiliser ces informations dans ma recherche.
J'ai besoin de mentionner la reference detaillee, est ce que vous connaissez les pages?
Raphael a écrit :Bonsoir,

voici un texte du Père Jean Meyendorff, consacré à la position de l'Eglise face à l'avortement.
Il est extrait de son livre "Le Mariage dans la perspective orthodoxe" paru en 1975 et traduit en français en 1986 par Lucette Marçais chez YMCA-PRESS / O.E.I.L. :


Suivant en cela l'Écriture, un canon orthodoxe identifie de façon formelle l'avortement au meurtre et réclame l'excommunication de tous ceux qui sont mis en cause par un avortement: «Ceux qui donnent des drogues favorisant l'avortement et ceux qui reçoivent des poisons pour tuer le fœtus sont soumis à la peine punissant le meurtre» (sixième Concile œcuménique, canon 91). Dans son deuxième canon traitant de l'avortement, saint Basile le Grand repousse spécifiquement toute considération qui rendrait l'avortement possible dans les premiers mois de la grossesse. «Celle qui détruit délibérément le fœtus qu'elle porte doit subir la punition réservée aux meurtriers et nous ne prenons pas en considération la distinction entre fœtus formé ou non formé. »

La discipline pénitentielle de l'Église primitive voulait que les « meurtriers » ne soient admis à se réconcilier avec l'Église et à communier que sur leur lit de mort, en cas de repentir. Cependant, des exceptions étaient admises. Le Concile d'Ancyre admet quelques exceptions pour ceux qui sont impliqués dans un avortement : «En ce qui concerne les femmes qui, ayant forniqué, détruisent ce qu'elles ont conçu, ou celles qui s'emploient à faire des drogues favorisant l'avortement, un précédent décret les rejetait jusqu'à l'heure de leur mort et à cela certains ont donné leur assentiment. Néanmoins, étant désireux d'user d'une clémence plus grande encore, nous avons décidé qu'elles subissent dix années (de pénitence) » ... (canon 21).

Pour comprendre pleinement la position de l'Église orthodoxe sur le sujet de l'avortement, on peut également se référer à la célébration solennelle par l'Église de fêtes telle que la Conception de saint Jean le Baptiste (24 septembre), la Conception de la Mère de Dieu (8 décembre) et même la Fête de l'Annonciation (25 mars), lorsque le Christ lui-même a été conçu dans le sein de la Vierge. La célébration de telles fêtes implique clairement que la vie humaine et - dans ces cas, la vie de Jean, de la Mère de Dieu, de Jésus en tant qu'homme commence au moment de la conception et non plus tard, lorsque le fœtus devient soi-disant « viable ».

Si l'on s'en tient à une perspective biblique et chrétienne, il n'y a aucun moyen de nier qu'un avortement est une interruption de la vie humaine. Il ne peut en aucun cas être justifié par les arguments qui sont habituellement acceptés par nos sociétés permissives et sécularisées : malaises de la mère, surpopulation, difficultés financières, insécurité sociale, etc. Ce sont là bien sûr des maux qui doivent être soignés, mais les soins ne peuvent pas consister à tuer des victimes innocentes qui possèdent toutes les capacités pour une vie humaine normale. Si l'avortement est accepté comme une procédure normale pour faire face aux maladies de la société, il n'y a strictement aucune raison pour que le fait de tuer ne puisse être accepté comme une solution (la « solution finale » d'Hitler au problème juif) dans d'autres situations, en particulier -en cas de maladie ou lors de la vieillesse. Si ceux qui sont « à la dernière extrémité » (et les personnes âgées sont souvent à la dernière extrémité) étaient tout simplement mis à mort, quel soulagement psychologique ce serait pour ceux à qui incombe psychologiquement et matériellement leur survie ! Quelle perspective horrible et totalement inhumaine pour la société ! Et il est vraiment effrayant de découvrir combien nous sommes déjà proches de sa réalisation.

Pour des chrétiens, tuer est toujours un mal quelles que soient les circonstances. Même à la guerre. Saint Basile le Grand demande que les soldats qui ont été directement amenés à tuer pendant une guerre fassent pénitence pendant trois ans (canon 13). Cependant, n'acceptant pas un pacifisme total (tout en l'admettant parfois) l'Église reconnaît que tuer en temps de guerre n'est pas tout à fait semblable à un meurtre puisque cela est fait (du moins en principe) pour sauver d'autres vies. Autrement dit, lorsque l'on tue pour défendre une vie innocente, on ne commet pas, strictement parlant, un meurtre. Cependant, l'attitude de saint Basile envers les soldats montre que même dans ces circonstances, tuer est un mal ; un mal moindre qu'une acceptation passive de la violence commise par d'autres mais un mal quand même. Par analogie, on peut considérer que dans le cas ultime (et très rare) où l'interruption de la vie du fœtus est le seul moyen de sauver la vie de la mère, l'avortement peut aussi être considéré comme un « moindre mal ». Mais, dans ces circonstances, l'affreuse responsabilité doit être prise en pleine conscience du fait que tuer reste tuer.

Ainsi l'Église définit-elle une ligne de conduite claire sur ce sujet épineux, au niveau des responsabilités familiales et personnelles. Les chrétiens s'opposeront certainement aux législations libéralisant l'avortement, signes évidents de la déshumanisation et du cynisme de notre société. Ils devront se souvenir, cependant, qu'une position moralement valide contre l'avortement demande que l'on se sente activement responsable des millions d'enfants misérables souffrant de la faim, mal éduqués, et non désirés qui viennent au monde sans l'assurance d'une vie décente.

Merci,


Vera

Raphael
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Re: L'Eglise Orthodoxe face a la question de l'avortement

Message par Raphael » lun. 02 mai 2011 7:16

Bonjour Vera,

Il s'agit du chapitre 14, intitulé "l'avortement", pp 93-96 de l'édition citée plus haut. J'avais reproduit ce chapitre dans son intégralité, puisqu'il est à la fois bref et très riche.
J'ajoute que cette édition est parue dans la collection l'Echelle de Jacob.
Bonne continuation

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