lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

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PierreTibur
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lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par PierreTibur »

Bonjour,

un extrait d'un dialogue avec l'ancien Dionysios pour partager ce qui me touche et, qui sait, lire d'autres textes sur le sujet :
Quelles sont les marques d'un homme qui a gagné le combat spirituel ?
Il est toujours prêt à tout. Il n'est jamais, ni ne dit qu'il est, ni ne sent jamais fatigué. Il possède la joie. Il est toujours prêt à donner. Il n'existe que pour les autres. Il est prêt à servir tout le monde. Il ne juge personne, y compris les plus profondément pécheurs. Il est là comme un enfant, mais comme un enfant de roi. Qui peut toucher le fils d'un roi ? Qui peut toucher un lionceau nouveau-né, sachant que la lionne sa mère est à proximité ? Etant ainsi, vous êtes comme un petit agneau parmi les loups, mais vous n'avez pas peur. Vous êtes là offrant, recevant tout le monde, aimant, servant, priant pour tout le monde et étant prêt à mourir à chaque instant, et en cela, vous êtes totalement et entièrement libre. Toutes ces choses sont des fruits de l'amour parce que nous devenons la source de l'amour. Ainsi est donc un homme sans ego. C'est cela la transfiguration.
En envoyant ce message je pense également à ceux qui comme moi sont en phase d'approche de l'orthodoxie et ont besoin, probablement plus régulièrement que d'autres, d'être "maintenus" ou "remis" sur la voie.

Dorian
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par Dorian »

"Le premier combat consiste à se vaincre soi-même. Le premier et le plus grand ennemi de l’homme, ce n’est pas le diable, non. C’est l’homme lui-même, perfide à l’égard de lui-même. Et cela parce qu’il n’écoute pas l’autre, il écoute ce que lui dit sa pensée. Puisque nous avons des Pères si saints, imitons-les, lisons leurs écrits. Malgré cela notre moi nous domine souvent. Lorsque l’homme parvient à se vaincre lui-même, il devient aux yeux de Dieu le plus grand des martyrs, des triomphateurs et des vainqueurs."

http://vatopaidi.wordpress.com/2010/04/ ... spirituel/


PS: Sur le site stranitchka, des écrits de Théophane le Reclus : "En quoi consiste la vie spirituelle et comment s'y disposer ?"

J-Gabriel
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par J-Gabriel »

Cher Pierre,
En me référant à votre présentation au menu "Accueil", où vous dites que vous parlez l’italien, si je peux me permettre et vous indiquez un livre apparemment fraîchement sorti, une traduction en langue italienne du père Romanides, indiqué par le docteur J.-C. Larchet sur le site Orthodoxie.com à cette adresse : http://www.orthodoxie.com/2010/08/giova ... tale-.html

J’ai pu lire plusieurs traductions en français des ouvrages du père Romanides de mémoire éternelle, (apparemment plus que celle mentionné par le site plus haut), et c’est d’une qualité remarquable et qui d’une certaine façon pourra vous guider face aux obstacles qui vous sont tendus.

Je donnerai ici et prochainement quelques extraits des oeuvres de ce père et qui serons en lien sur le propos du perfectionnement spirituel.

PierreTibur
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par PierreTibur »

Merci infiniment. Je vais l'acheter, ou tout au moins le commander, dès aujourd'hui. Merci également à Dasroslav et à tous ceux qui voudront bien alimenter ce sujet.

Claude le Liseur
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par Claude le Liseur »

J-Gabriel a écrit :Cher Pierre,
En me référant à votre présentation au menu "Accueil", où vous dites que vous parlez l’italien, si je peux me permettre et vous indiquez un livre apparemment fraîchement sorti, une traduction en langue italienne du père Romanides, indiqué par le docteur J.-C. Larchet sur le site Orthodoxie.com à cette adresse : http://www.orthodoxie.com/2010/08/giova ... tale-.html

J’ai pu lire plusieurs traductions en français des ouvrages du père Romanides de mémoire éternelle, (apparemment plus que celle mentionné par le site plus haut), et c’est d’une qualité remarquable et qui d’une certaine façon pourra vous guider face aux obstacles qui vous sont tendus.

Je donnerai ici et prochainement quelques extraits des oeuvres de ce père et qui serons en lien sur le propos du perfectionnement spirituel.

Le même éditeur de Trieste (Asterios) a aussi publié une traduction italienne d'un autre livre célèbre publié en 1957 par le RP Romanidhis (1927-2001) et toujours pas traduit en français, à savoir Τό Προπατορικόν Αμάρτημα (Le péché des premiers parents), sous le titre Il peccato originale (Le péché originel); cf. http://www.asterios.it/libri/2008/romaindis.php .

PierreTibur
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par PierreTibur »

Bonsoir,

j'ai le livre du père Romanides. Vous m'honorez en supposant que je puisse vous suivre sur de telles hauteurs. Mais je vais commencer en me créant mes notes (et schémas je suppose) : je ne vois pas comment faire autrement pour m'y retrouver parmi les différents termes grecs qui, en outre, ont parfois une acception pour saint Paul et une autre pour les pères. Il y aura peut-être matière à échange dans cette discussion ou dans une autre.

En tout cas, je vais tenter de rapprocher cette approche théologique de ce que disait le métropolite Antoine Bloom dans son beau livre "L'école de la prière" (Seuil, livre de vie), de ce que j'ai lu de Théophane le Reclus. Et de ma misérable pratique. Je suppose et espère qu'un jour tout ceci convergera un jour en un tout cohérent. Je suis bien incapable de me rendre compte si ce tout est un simple B-A-BA ou si c'est au contraire le fruit d'années de labeur.

Je ne demande pas particulièrement de réponse quand je dis tout ceci, je me rends bien compte que ce n'est pas vraiment le but de ce forum de répondre à certaines questions. Quand monseigneur Kallistos Ware dit - je ne sais plus où, désolé, je crois que c'est dans la vidéo d'une interview qu'il a accordé quelque part aux Etats-Unis - que l'orthodoxie est un trésor caché, je ne peux bien évidemment interpréter exactement sa pensée. Mais combien je trouve cette expression juste. Et je crois qu'elle doit rester un trésor caché. Ce qu'il faudrait, comme cela a déjà été dit de diverses manières sur ce forum, c'est que les détenteurs de ce trésor aient bien conscience de sa valeur et apprennent à le défendre. La pensée que les deux fidèles roumains - pas des hiérarques, simplement des gens qui ont grandi dans des familles pieuses, l'une en Moldavie roumaine, l'autre en Transylvanie (pourquoi ne dites-vous pas Ardéal au fait ?) - qui m'ont ouvert la voie sans le vouloir puissent l'effilocher en se perdant entre Assise, Lourdes, les gréco-catholiques rampants, les séries lénifiantes sur la vie des saints dont la télé italienne se fait une spécialité, etc. me serre le coeur. Mais je ne vois ce que je pourrais faire au stade où je suis à part semer inutilement le trouble. Pas vraiment de réponse donc mais avoir l'impression d'être compris.

Pour reprendre le sujet initial, et avant les développements auxquels le livre du père Romanides pourront donner lieu, j'ai re-relu "Entretiens avec un ermite de la sainte Montagne sur la prière du coeur" de Hiérothée Vlachos (point Sagesses, Seuil, traduction de jean-Louis Palierne). Je l'avais échangé il y a quelques années avec un ami contre "L'histoire d'une âme" de Thérèse de Lisieux, je ne soupçonnais pas à l'époque l'importance de ce petit livre. Je crois avoir beaucoup gagné au change. Je voulais citer ces passages d'Abba Dorothée dont il est fait mention dans l'ouvrage (pp. 141, 142 de l'édition de poche) :
Rien de plus misérable, ni de plus vulnérable que ceux qui n'ont personne pour les conduire sur la voie de Dieu.

Ceux qui n'ont pas de guide tombe comme des feuilles ; la feuille à sa naissance est toujours verte vigoureuse et belle ; puis elle se déssèche peu à peu et finalement on la piétine sans faire attention. Ainsi en est-il pour l'homme qui n'a pas de guide. Au début il ne cesse d'avoir de ferveur pour le jeûne, les veilles, la solitude, l'obéissance et les bonnes oeuvres. Puis cette ferveur s'éteint progressivement, et comme il n'y a plus de guide pour l'alimenter et l'enflammer, il se déssèche insensiblement, tombe, et se trouve pour finir entre les mains de l'ennemi qui fait de lui ce qu'il veut.
Je n'ai pas réussi à trouver de quel Abba Dorothée il s'agit.

Claude le Liseur
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par Claude le Liseur »

PierreTibur a écrit : l'autre en Transylvanie (pourquoi ne dites-vous pas Ardéal au fait ?)

En Roumanie, on dit quand même plus souvent Transilvania que Ardeal. Transilvania est la forme forgée sur le latin, Ardeal la forme forgée sur le hongrois Erdély (qui veut aussi dire "au-delà de la forêt").

En français, on n'utilise que la forme "Transylvanie". Je ne connais qu'une seule attestation du mot Ardeal en français dans le (médiocre) livre de Catherine Durandin Histoire des Roumains où elle parle de l'encyclique contre le communisme signée en 1936 par les évêques orthodoxes "de l'Ardeal".

Je me suis toujours délecté, en allemand, à utiliser la forme Siebenbürgen, sans jamais être fixé sur l'identité de ces sept châteaux forts qu'évoque le nom allemand de la province. Je me souviens d'un bibliothécaire roumain de l'université de Fribourg (en Nuithonie, pas en Brisgau) à qui je demandais s'il était orthodoxe, et qui me répondit, en allemand, qu'il était uniate originaire du Siebenbürgen. Quelle ne fut pas ma joie de voir que ce nom de conte de fées avait survécu à tout. Ceci étant, chaque fois que j'ai eu des conversations en allemand avec des Roumains, ils utilisaient la variante allemande pour parler des noms des villes de Transylvanie (Kronstadt, Hermannstadt, etc.) sans faire preuve de ce nationalisme mal placé qu'on retrouve dans certains pays d'Europe centrale où l'on évite obstinément d'utiliser la forme allemande du nom de telle ou telle localité. Il est vrai que les Roumains, eux, n'ont pas de cadavre dans le placard, n'ayant pas persécuté leur minorité germanophone, contrairement à d'autres. Ceci explique peut-être cela.

Claude le Liseur
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par Claude le Liseur »

PierreTibur a écrit :
Pas vraiment de réponse donc mais avoir l'impression d'être compris.
Vous pouvez partir du principe que vous serez compris ici.

PierreTibur
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Re: Ardéal et Transylvanie

Message par PierreTibur »

En Roumanie, on dit quand même plus souvent Transilvania que Ardeal. Transilvania est la forme forgée sur le latin, Ardeal la forme forgée sur le hongrois Erdély (qui veut aussi dire "au-delà de la forêt").
J'ai la perception exactement inverse, les roumains de Transylvanie que je connais (région Brasov-Fagaras) se disent ardelen et parlent de l'Ardeal. je sais qu'effectivement le terme est d'origine hongroise mais curieusement il semble que quand ce sont des Hongrois de Transylvanie qui utilisent le terme Transylvanie, les roumains de la région l'associent à des prétentions hongroises indues (j'ai assisté à quelques altercations à ce sujet) et quand un chanteur sur scène s'adresse à son public, il les appelle Ardelen. Je ne sais pas pourquoi. Entre outre, chaque fois que j'ai entendu un roumain utiliser Transilvania, c'était toujours en s'adressant en italien à un Italien. Toutefois vous avez raison, Ardéal est inconnu en français mais mon "conditionnement" personnel me rend réticent à utiliser Transylvanie.

Pour revenir à l'Orthodoxie, on parle de metropoli Ardealului même si "a Transilvaniei" est effectivement équivalent et reconnu.

Mais je ne voudrais pas dévier outre-mesure du sujet.
Dernière modification par PierreTibur le jeu. 12 août 2010 13:09, modifié 1 fois.

Claude le Liseur
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par Claude le Liseur »

PierreTibur a écrit :
En Roumanie, on dit quand même plus souvent Transilvania que Ardeal. Transilvania est la forme forgée sur le latin, Ardeal la forme forgée sur le hongrois Erdély (qui veut aussi dire "au-delà de la forêt").
J'ai la perception exactement inverse, les roumains de Transylvanie que je connais (région Brasov-Fagaras) se disent ardelen et parlent de l'Ardeal. je sais qu'effectivement le terme est d'origine hongroise mais curieusement il semble que quand ce sont des Hongrois de Transylvanie qui utilisent le terme Transylvanie, les roumains de la région l'associent à des prétentions hongroises indues (j'ai assisté à quelques altercations à ce sujet) et quand un chanteur sur scène s'adresse à son public, il les appelle Ardelen. Je ne sais pas pourquoi. Entre outre, chaque fois que j'ai entendu un roumain utiliser Transilvania, c'était toujours en s'adressant en italien à un Italien. Toutefois vous avez raison, Ardéal est inconnu en français mais mon "conditionnement" personnel me rend réticent à utiliser Transylvanie.

Pour revenir à l'Orthodoxie, on parle de metropoli Ardealului même si "a Transilvaniei" est effectivement équivalent et reconnu.

Mais je ne voudrais pas dévier outre-mesure du sujet.
Qu'Ardeal ait un usage sentimental ou identitaire important, je ne le nie pas.
Toutefois, dès que l'on est confronté à un usage un tant soit peu officiel, Transilvania l'emporte sur Ardeal. Il ya une Banca Transilvania, mais pas de Banca Ardeal; une société financière SIF Transilvania, mais pas de société financière SIF Ardeal; l'hôtel (d'ailleurs quelque peu décati) qui domine fièrement la belle ville de Cluj-Napoca (Kolozsvar / Klausenburg) s'appelle Hotel Transilvania, etc., etc. Si l'on s'arrête à la signalétique, vous pourriez traverser la Transylvanie sans savoir que la région s'appelle Ardeal.
Je doute fort que des Hongrois utilisent le terme latin. Les dictionnaires hongrois ne connaissent que le terme Erdély pour traduire "Transylvanie" et erdélyi pour traduire "transylvain" (Eckhardt Sandor [Alexandre Eckhardt], Francia-Magyar Szótár, Akadémiai Kiadó, Budapest s.d. [réimpression de l'édition de 1968], p. 430). Je vois mal un peuple aussi conscient de l'originalité que lui donne le fait de parler une langue non indo-européenne au point de proclamer fièrement nyelvében él a nemzet ("la nation réside dans la langue") utiliser un mot latin là où il dispose d'un terme autochtone.
Car Transylvanie (= "au-delà de la forêt") est un mot d'origine latine, forgé sur le latin silva (forêt), comme dans sylviculture, Pennsylvanie (= "la forêt de [William] Penn"). Or, Erdély en est le décalque exact en magyar: erdő = forêt (cf. Eckhardt, op. cit., p. 214), elé = devant, au devant-de (A széket az asztal elé teszi - "Il met la chaise devant la table", cf. Thomas Szende et Georges Kassai, Grammaire fondamentale du hongrois, L'Asiathèque, Paris 2007, p. 152 - on notera d'ailleurs que le mot hongrois semble dériver de l'allemand Tisch). L'historien roumain Sorin Mitu, professeur à la célèbre université Babeş-Bolyai de Cluj, écrit que Erdély est un "mot magique" (cuvântul magic) pour les Hongrois (Sorin Mitu, Transilvania mea, Polirom, Bucarest 2006, p. 9). Oui, à la vérité, je vois très mal des magyarophones utiliser un autre terme que Erdély pour désigner la Transylvanie.

Il se développe actuellement en Roumanie toute une historiographie qui a pour but de faire dériver Erdély d'Ardeal et non l'inverse, et de nier l'origine hongroise du nom malgré l'étymologie évidente de Erdély (erdő elé). Ces auteurs estiment qu'en reconnaissant qu'Ardeal découle d'Erdély ils porteraient atteinte à la thèse selon laquelle les Roumains sont les premiers occupants de la Transylvanie. Il n'y a pourtant aucune incompatibilité entre le fait que la région porte en roumain, que ce soit sous la forme Ardeal ou sous la forme Transilvania, des noms découlant de ceux que les Hongrois lui donnaient, en magyar, respectivement en latin, et le fait que les Roumains soient installés là depuis des temps immémoriaux. Ce ne serait pas la première fois qu'un peuple donnerait à sa terre le nom que lui a attribué une autre population arrivée plus tard.

Ceci étant, pas plus que je ne sais quels sont les sept forteresses qui ont donné le nom allemand de la Transylvanie (Siebenbürgen) - certains pensent qu'il s'agirait de Kronstadt, Hermannstadt, Schäßburg, Klausenburg, Bistritz, Mediasch et Mühlbach, aujourd'hui Braşov, Sibiu, Sighişoara, Cluj-Napoca, Bistriţa, Mediaş et Sebeș -, je ne sais quelle est la forêt qui a donné le nom roumain (Transilvania, Ardeal) ou hongrois (Erdély) de la Transylvanie; je ne sais au-devant ou au-delà de quelle fameuse forêt la province était supposée se trouver.

Si vous avez l'occasion de regarder un passeport roumain, vous verrez que la dénomination allemande de la Transylvanie a laissé une trace jusqu'à aujourd'hui: dans le coin des armoiries de la Roumanie qui correspond aux anciennes armoiries de la Transylvanie, on voit distinctement sept tours qui évoquent ces sept mystérieuses forteresses.

PierreTibur
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Re: Ardéal et Transylvanie

Message par PierreTibur »

Claude le Liseur a écrit :Qu'Ardeal ait un usage sentimental ou identitaire important, je ne le nie pas.
C'est à cet usage que je suis confronté quotidiennement depuis 10 ans, d'où ma question initiale et ma réaction probablement. L'attachement de ces gens - surtout si, et parce que, ils ont émigré - à leur région, à ses traditions et sa foi orthodoxe est très fort, voire parfois viscéral. Plus me semble-t-il que pour les populations originaires de Moldavie. Encore une fois ce n'est que ma perception des choses, je ne prétends pas que ce soit la vérité et j'imagine que vous en savez bien plus que moi sur la Roumanie. C'est donc mon coté sentimental qui me pousse à préférer "Ardeal" à "Transylvanie".

Je tacherai également de me faire expliquer ce que j'évoquais sur l'usage de "Transilvania" par des Hongrois de Roumanie, ça m'intrigue.

Claude le Liseur
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Re: Ardéal et Transylvanie

Message par Claude le Liseur »

PierreTibur a écrit :
C'est à cet usage que je suis confronté quotidiennement depuis 10 ans, d'où ma question initiale et ma réaction probablement. L'attachement de ces gens - surtout si, et parce que, ils ont émigré - à leur région, à ses traditions et sa foi orthodoxe est très fort, voire parfois viscéral. Plus me semble-t-il que pour les populations originaires de Moldavie. Encore une fois ce n'est que ma perception des choses, je ne prétends pas que ce soit la vérité et j'imagine que vous en savez bien plus que moi sur la Roumanie. C'est donc mon coté sentimental qui me pousse à préférer "Ardeal" à "Transylvanie".

Il y a Moldaves et Moldaves. S'il s'agit de Moldaves de la République de Moldavie, il ne faut pas oublier que leur pays a été "soviétisé" avec tout ce que cela implique et qu'ils sont très profondément déchristianisés. A l'indépendance, en 1991, il ne restait plus guère d'églises de village, par exemple. S'il s'agit de Moldaves de la partie de la Moldavie qui est restée roumaine, le tableau est tout autre. Ils ont pu relativement bien maintenir leurs traditions et la pratique religieuse est demurée élevée chez eux.

S'il s'agit uniquement des citoyens roumains (et pas de ceux de la république de Moldavie), je pense que l'attachement des originaires de Moldavie à la foi orthodoxe est beaucoup plus fort que celui des Transylvains. A priori, je n'associerais pas l'idée d'attachement à l'Orthodoxie avec les Transylvains, mais je peux me tromper.

PierreTibur
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par PierreTibur »

Claude le Liseur a écrit :
J-Gabriel a écrit :Cher Pierre,
En me référant à votre présentation au menu "Accueil", où vous dites que vous parlez l’italien, si je peux me permettre et vous indiquez un livre apparemment fraîchement sorti, une traduction en langue italienne du père Romanides, indiqué par le docteur J.-C. Larchet sur le site Orthodoxie.com à cette adresse : http://www.orthodoxie.com/2010/08/giova ... tale-.html

J’ai pu lire plusieurs traductions en français des ouvrages du père Romanides de mémoire éternelle, (apparemment plus que celle mentionné par le site plus haut), et c’est d’une qualité remarquable et qui d’une certaine façon pourra vous guider face aux obstacles qui vous sont tendus.

Je donnerai ici et prochainement quelques extraits des oeuvres de ce père et qui serons en lien sur le propos du perfectionnement spirituel.
Le même éditeur de Trieste (Asterios) a aussi publié une traduction italienne d'un autre livre célèbre publié en 1957 par le RP Romanidhis (1927-2001) et toujours pas traduit en français, à savoir Τό Προπατορικόν Αμάρτημα (Le péché des premiers parents), sous le titre Il peccato originale (Le péché originel); cf. http://www.asterios.it/libri/2008/romaindis.php .
Une citation du père Romanides (ou Romanidhis), p. 72 (la francocratie et l'Hésychasme) :
Oggi constatiamo che l'interesse per la tradizione esiscasta è in crescita. Sono state tradotte molte opere ad essa attinenti in lingue straniere e ci sono molti eterodossi che diventano ortodossi a motivo di essa.
Nous constatons aujourd'hui un intérêt croissant pour la tradition hésychaste. De nombreux ouvrages en traitant ont été traduits dans des langues étrangères et c'est par elle que de nombreux hétérodoxes deviennent orthodoxes.

C'est ce que je me disais en lisant les chapitres précédents : comme d'autres ici semble-t-il, je suis passé par une période boudhiste, si l'orthodoxie était présentée clairement ainsi, nombreux seraient ceux qui s'y engouffreraient sans aller chercher plus à l'est des traditions qui relèvent de cultures complètement différentes de la nôtre.

Ce petit livre est une merveille, ne voulant pas griller la politesse à Jean-Gabriel, j'attends les extraits promis. Je ne sais pas non plus dans quelle mesure il est possible de livrer la traduction d'un livre sur un forum.

J-Gabriel
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par J-Gabriel »

PierreTibur a écrit :ne voulant pas griller la politesse à Jean-Gabriel, j'attends les extraits promis.

Oui voilà, désolé d'avoir bloqué la rubrique. En fait par la grâce du Seigneur j'ai encore eu une occasion de me rendre au sud de la Roumanie ces derniers jours.
Donc voilà l'extrait (avec les notes) auquel je pensais plus haut, et qui me semble primordial à la compréhension du premier péché d'Adam face à l'influençable théologie vaticane (parce qu'elle nous entoure), mais il n'est pas du père Romanides mais plutôt de l'auteur du livre mentionné dans cette citation:
Théophile d'Antioche explique que l'homme, créé ni mortel ni immortel, mais capable de l'un comme de l'autre selon l'inclination qu'il prendrait, était appelé à l'immortalité et à la déification. Ayant goûté trop tôt de l'arbre de la connaissance, sans y être préparé, il a manqué sa véritable «prédestination», le but qu'il devait atteindre. Toutefois, cet arbre ne portait pas en lui-même la mort ; il était bon, et son fruit bon était réservé à l'homme qui devait le manger une fois devenu adulte et capable de porter la science du bien et du mal, c'est-à-dire la connaissance de la guerre qui avait eu lieu entre Satan et Dieu. Or Adam était encore enfant quand il y goûta, se rendant ainsi malade. Ainsi la nature humaine est tombée malade (nenosêken he phusis, dit saint Jean Chrysostome) et Dieu, dans sa bonté, a permis la mort, afin que l'homme ne vécût pas éternellement malade.

(note:) 312. Théophile d'Antioche, Trois livres à Autolycos, Ed. du Cerf, Paris, 1948.

(note:) 313. Si l'homme avait mangé du fruit de l'arbre de la vi après avoir mangé celui de la connaissance du bien et du mal, il aurait obtenu l'immortalité, mais une immortalité non déifiée: autrement dit, un vieillissement infini. Une telle perspective a quelquefois été imaginée par les écrivains: Pétrone fait dire à la Sybille sans âge : «Je veux mourir», Edgar Poe suggère le mythe d'un vaisseau fantôme à l'équipage indéfiniment décrépit et Borges évoque une race d'hommes immortels, incapables du moindre mouvement dans leur caducité toujours plus profonde. C'est la malédiction de l'Apocalypse : «En ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront pas ; ils désireront de mourir, et la mort fuit loin d'eux » (Apoc. 9, 6).

Patric Ranson, Richard Simon ou du caractère illégitime de l'augustinisme en théologie, l'Age d'Homme
En fait l'extrait dans le livre suivait quelques citations du père Romanides et je n'avais pas fait attention pour ainsi dire à la transition.

On remarque ainsi avec Théophile d'Antioche ce qu'est la prédestination de l'homme, et non pas comprise comme chez des hétérodoxes; une prédestination étendue à une catégorie d'hommes choisie par Dieu et que l'autre catégorie ne serait que des êtres matérielles pour la première, parce que maudite !

PierreTibur
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Re: lectures : l'homme qui a gagné le combat spirituel

Message par PierreTibur »

Bonjour,

j'imagine que les citations du père Romanidis concernent plutôt son ouvrage sur le péché originel dont parlait plus haut Claude le liseur. Je vais également le commander.

Concernant celui que je suis en train de lire, ce qui est frappant pour le néophyte que je suis, c'est cette idée qui est littéralement martelée tout au long du livre : point de philosophie en Orthodoxie, tout repose sur la tradition des pères, est alimenté par la lecture des Livres Saints, et toute connaissance, tout concept repose sur l'expérience, y compris ce que l'Église dit sur la Trinité et les relations entre les hypostases.

Bien évidemment, ces connaissances et ces concepts ne peuvent être livrés que par ceux qui ont atteint le stade spirituel de l'illumination et/ou qui ont bénéficié de la grâce de la déification (j'aurai probablement écrit plus haut, ou dans un autre sujet, "divinisation" : italianisme). Pour moi, c'est une révélation et c'est infiniment rassurant.

Je trouve absolument terrible que ce livre ne soit pas traduit en français, j'ai entrecoupé sa lecture de celle de passages de la Bible, et tout y devient plus lumineux, parce que la perspective est totalement autre : je suis arrivé à lire la première lettre aux Corinthiens de saint Paul, des chapitres de l'évangile de saint Jean qui était celui qui me donnait le plus de mal. Je me prépare à lire le livre de Job ...

Pour continuer à illustrer mon propos : le livre de monseigneur Kallistos Ware "Tout ce qui vit est saint" exprimait cette idée que Dieu est présent, et intégralement présent, dans toutes les composantes de la création, mais pour moi cette idée, bien que séduisante et donnant envie d'y croire, c'était de la poésie. Le père Romanidis exprime les choses plus sèchement dans son chapitre sur l'Eucharistie (1.42), je n'arrive pas à traduire correctement "Dio si divide nei divisi indivisibilmente" mais je crois que c'est compréhensible pour des francophones.

Je nourris ainsi ma diànoia à défaut de faire fonctionner correctement le noûs. Je n'arrive pas à retrouver dans ce livre le passage où le père Romanidis par lent des deux aspects de la foi : celle qui consiste en l'acceptation rationnelle fruit de la diànoia (faculté rationnelle qui permet à l'homme de choisir librement de prendre la bonne direction) et celle qui est le fruit de l'action du noûs (la prière spirituelle qui permet à Dieu de commencer à éduquer l'homme). Il en parle déjà dans le chapitre 1.45 sur les trois stades de la vie spirituelle .

Je vous prie de m'excuser d'étaler ainsi les découvertes d'un total ignare mais je suis tellement content. Je ne peux quand même pas le hurler dans la rue, alors je m'exprime ici. Cette phase passera je suppose.

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