Vénération du Saint Suaire de Turin

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Claude le Liseur
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par Claude le Liseur » lun. 10 mai 2010 18:47

Anne Geneviève a écrit :Si j'ai projeté à tort sur vous mon excès de prudence personnel (ce que j'ai appelé la muleta pour le taureau intérieur), Claude, je vous prie de m'en pardonner. Je n'ai peut-être pas fait preuve de la même prudence à partir du moment où vous avez cité Broch envers qui j'ai beaucoup de réserves. Encore une fois, pardonnez moi. Métanie.

Sur le fond, je n'ai pas le temps de ré-intervenir aujourd'hui, ayant une traduction difficile à finir pour B.I. N'y voyez pas de bouderie.
Bien sûr, pas de problème.

J-Gabriel
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par J-Gabriel » mer. 12 mai 2010 20:40

Voilà ci-dessous l’article du père Théoclète. Il manque toutefois une note et je m’en explique dans le message suivant.
Il y a quelques années, c’était en 1978, accouraient en foules, du monde entier à Turin, des visiteurs venus voir et aussi vénérer le "Saint Suaire", le drap dans lequel Joseph d’Arimathée avait enveloppé le Corps du Seigneur, pour l’ensevelir. La relique était authentique, la science l’avait attesté. On fit même d’après le négatif, à l’ordinateur, le portrait de Jésus.

Mais voici qu’une nouvelle venue de Rome et publiée par "ESTIA" d’Athènes le 18.10.1986, annonçait que le "Saint Suaire" allait être soumis, à nouveau, à l’examen du "carbone 14". A la suite de cette nouvelle, l’érudit père Théoclète publiait dans Orthodox Typos du 28.11.1986, l’article qui suit. Pour lui le "Saint Suaire" n’est pas authentique et n’a rien à voir avec l’ensevelissement de Jésus. Voici ses arguments, que les "frères" latins, malgré sa demande, n’ont pas réfutés.



Il y a trois ans, écrit-il, je me trouvais à Thessalonique. Je fus invité à suivre, à la télévision, une émission sur le Saint Suaire de Turin, que l’on faisait pour la deuxième fois, à la demande des téléspectateurs. Des clercs et des savants, fort nombreux, y assistèrent et soutinrent l’authenticité de la relique que le CARBONE 14 avait confirmée : le tissu appartenait bien au premier siècle et l’impression du Visage et du Corps du Seigneur était l’effet d’une "explosion atomique", autrement dit du miracle de la puissance divine lors de la Résurrection du Christ.

Le Suaire fut présenté sous toutes ses faces, de manière telle, que les téléspectateurs confiants et non informés étaient invinciblement acculés à en admettre l’authenticité, incapables de discerner un détail d’importance capitale, qui fait s’écrouler, comme une tour de paille, tous les arguments scientifiques, et avec eux, toute pieuse crédulité des latins. Et ce détail –comme dans les crimes parfaits– c’est la position des mains de Jésus.

Dès la fin de l’émission, j’exposais mes points de vue, et le lendemain, je publiais un article où j’exposais les raisons qui démontraient qu’il s’agissait là, sinon d’une duperie inconsciente, du moins d’une grossière naïveté des théologiens de l’Eglise Papale, et j’invitais les frères latins d’Hellade à répondre à mes arguments. Bien entendu, aucune réponse ne fut donnée.
Et je m’explique :

Le seul auditeur et témoin de la Crucifixion, de l’Ensevelissement et spectateur du tombeau vide, a été l’Evangéliste Jean. Les trois synoptiques, les Evangélistes Matthieu, Marc et Luc, sont d’accord sur l’essentiel à propos du Suaire et disent que Joseph d’Arimathée qui était conseiller et disciple du Seigneur, « a demandé le Corps de Jésus… et ayant reçu le Corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul pur et le déposa dans un sépulcre qui était neuf… »

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Ils laissent donc entendre qu’après la Descente de la Croix, Joseph enveloppa le Corps de Jésus et l’ensevelit aussitôt, à l’encontre de toute la coutume funéraire des Juifs, chose impensable. Jean, qui a suivi toutes les phases de la Passion jusqu’à la Résurrection, dit que Joseph «prit le Corps de Jésus. Nicodème vint aussi, apportant un mélange d’environ cent livres de myrrhe et d’aloès. Ils prirent donc le Corps de Jésus, et l’enveloppèrent de bandelettes, avec les aromates, comme c’est la coutume d’ensevelir chez les Juifs». Jn 19, 38-40
Le linceul acheté par Joseph, manifestement servi à transporter le Corps et non le suaire d’ensevelissement, étant donné que selon la «coutume d’ensevelir chez les Juifs», on utilisait des «bandelettes», généralement appelées "othonia" ou "keiriai", comme ce fut le cas pour Lazare, et c’est pour cela que le Seigneur a dit : « Déliez-le ».

Image

Le texte de la résurrection de Lazare est très clair, sur la coutume funéraire : « ayant dit cela, il (Jésus) cria d’une voix forte : "Lazar sors ! " Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et le visage enveloppé d’un linge. Jésus leur dit : "Déliez-le et laissez-le aller" ». Jn 11, 43-44.

De la même manière fut enseveli le Corps du Christ, car en plus de la coutume, il est question de bandelettes "othonia" et non de linceul "othoni", tant dans l’ensevelissement que dans la Résurrection de Jésus.

Mais comment le linceul a-t-il été utilisé pour que le visage de Jésus y fût imprimé ainsi que toute la face du Corps ?

Peut-on imaginer, qu’après la Descente de Croix, le Corps de Jésus n’a pas été déposé dans le linceul sur le dos mais face contre terre ? Comment apparaît-il alors de face au centre du linceul ?

Le linceul, après le transport, fut abandonné dans une maison (on ne sait pas laquelle). « Ils prirent le Corps de Jésus et l’enveloppèrent de bandelettes avec les aromates… » Le mélange de myrrhe et d’aloès était, cela est connu, un liquide aromatique et collant, qui permettait aux bandelettes de coller au corps.

Image

C’est pour cette raison que l’iconographie orthodoxe représente les bandelettes comme un tube rigide, sans le Christ qui était ressuscité. Pierre et Jean ont vu, dans le sépulcre vide, « les bandelettes –othonia– » qui étaient à terre et le linge qu’on avait mis sur la tête de Jésus, « non pas avec les bandelettes, mais plié dans un lieu à part »Jn 20, 7. Il est très significatif, le fait que les trois évangélistes synoptiques, qui ont écrit sur la Résurrection, n’aient pas mentionné ni le linceul ni les bandelettes, et qu’ils se soient limités au grand événement, tandis que Jean, témoin oculaire, en a donné tous les détails.

Mais l’indice qui détruit tous les arguments insoutenables des latins, c’est la position des mains de Jésus dans l’ensevelissement.
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Comment et pourquoi les Juifs pieux, préparant le Corps du Seigneur pour l’ensevelir, auraient-ils croisé les mains sur le ventre, selon une coutume propre aux seuls chrétiens ? Et pourquoi n’auraient-ils pas suivi «la coutume funéraire des Juifs » avec les bras placés le long du corps, position qui facilitait le bandage de tout le corps ? Cela seul suffit à prouver, d’une façon irréfutable, que nous sommes devant un mensonge à l’échelle mondiale, pour ne pas dire une imposture, à moins de rabaisser l’intelligence, pourtant bien vive, des théologiens du catholicisme.
Dans la correspondance susmentionnée, il est écrit, entre autre, que le suaire "est la propriété personnelle du Pape, don du défunt roi Humbert d’Italie", ce qui me rappelle le fait suivant, en rapport avec le Suaire.

Après son abdication, Humbert est venu à la Sainte Montagne, en 1960, si je me trompe. Accompagné d’un comte, il visita divers monastères dont celui des Ibères où je me trouvais de passage ce jour là. Mon ami, le père Athanase, qui en était l’hôtelier et le bibliothécaire, me demanda de recevoir avec lui le roi à l’entrée. Deux ou trois ibérites et moi-même le reçûmes. Son photographe nous photographia et nous envoya plus tard, en souvenir, une grande photographie que je garde pour l’histoire. Après la réception d’usage, Humbert demanda à visiter le "Trésor" et la Bibliothèque. Mon sage ami Athanase qui parlait fort bien l’italien lui montra une "mise au tombeau" brodée au fil d’or ; le roi fut réjouit et nous dit alors posséder le Saint Suaire, dans lequel le Seigneur avait été enseveli. Athanase lui dit aussitôt que le linceul n’était pas un usage chez les juifs mais les bandelettes, et lui expliqua la coutume d’ensevelir chez les juifs. Alors Humbert répondit : "Peut-être s’agit-il là d’une erreur".

J-Gabriel
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par J-Gabriel » mer. 12 mai 2010 21:25

L’article ci-dessus du père Théoclète est paru en français dans la revue "La Lumière du Thabor" n.13 (Sébastopol) p.72 à 80. A la page 79 il y une note relative à une image que je ne suis pas arrivé à reproduire ici. La note la voici :
La tradition iconographique suit de près le récit de l’Evangéliste Jean et la coutume funéraire des Juifs où le mort est entouré de bandelettes. Selon un texte liturgique, cette icône montre le Christ "En Haut sur le trône" et "En Bas dans le tombeau", le Corps enveloppé de bandelettes et la tête recouverte d’un autre linge.
L’image en fait est une fresque avec en haut, comme le suggère la note, le Christ en gloire et en bas Notre Seigneur au tombeau.
Cela donnerai à peu près ceci :
Image
Image
(Mais avec Notre Seigneur enveloppé comme ce vénérable moine )

PS : dès que j’ai une image correspondante ou que j’arrive à maîtriser une fois pour toute mon scan, je la diffuse.

J-Gabriel
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par J-Gabriel » mer. 12 mai 2010 22:33

Un grand merci à notre frère Henri qui m’a envoyé ce lien http://www.oikosagiografias.gr/toixogra ... ?offset=38 et avec une combinaison cela donne ceci :

Image
La tradition iconographique suit de près le récit de l’Evangéliste Jean et la coutume funéraire des Juifs où le mort est entouré de bandelettes. Selon un texte liturgique, cette icône montre le Christ "En Haut sur le trône" et "En Bas dans le tombeau", le Corps enveloppé de bandelettes et la tête recouverte d’un autre linge.

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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par Henri » jeu. 13 mai 2010 18:35

Il y a aussi cette photo ou l'on voit le corps du Christ endormi dans la mort en entier, tel qu'il est représenté sur cette icône :


Image

Merci à Jean-Gabriel pour tout ce travail de recherche.
Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu Vivant, fais-moi miséricorde.

Claude le Liseur
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par Claude le Liseur » jeu. 13 mai 2010 20:32

Oui, merci beaucoup à Jean-Gabriel. Non seulement il s'est donné la peine de saisir l'article qui avait été publié dans La Lumière du Thabor, mais, en plus, les fresques reproduites sont de tellement bonne qualité par rapport aux images de l'article d'origine qu'en définitive la publication faite par Jean-Gabriel sur le présent forum est autrementplus agréable que l'article de la revue.

Anne Geneviève
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par Anne Geneviève » ven. 14 mai 2010 13:59

On a retrouvé dans un ancien cimetière de Jérusalem -- pas n'importe lequel, le fameux Hakeldama de l'Evangile selon saint Matthieu -- un corps encore enveloppé d'un linceul alors qu'à l'époque, au bout d'un an les os étaient rassemblés dans un petit ossuaire après disparition des chairs. Il s'agissait d'un lépreux et le type de tissage n'est pas le même que celui du Linceul de Turin, mais ce ne sont pas des bandelettes à la façon des momies égyptiennes comme dans les exemples iconographiques ci-dessus. Une analyse ADN a été pratiquée sur le corps.
http://www.plosone.org/article/info%3Ad ... ne.0008319

J'essaie d'en savoir plus et je vous tiendrai au courant. Je cherche des sites non partisans, ce qui n'est pas facile. En dehors de cette étude épidémiologique très pointue, il y a ceux qui disent "ah ah, c'est pas le même tissage qu'à Turin" et ceux qui disent "voyez, un linceul !" Avec un seul cas certain, celui de ce lépreux, on n'a pas vraiment de comparaison historique, il faudrait en trouver d'autres et c'est du genre aiguille dans la meule de foin.

Pour moi, la question de l'authenticité ou non du Linceul de Turin est d'abord une question scientifique. Je ne le confonds pas avec une icône. Pour l'instant, de tout ce que j'ai pu lire au niveau scientifique, les arguments pour l'emportent sur les arguments contre. Mais cela peut évoluer avec d'autres analyses. Ce n'est pas un fondement de ma foi.
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par Ploscaru Mihaela » sam. 15 mai 2010 12:34

aussi, à propos des bandelettes, ...et Il était déjà ressuscité ! donc le Seigneur avait déjà des bandelettes mises par Joseph d'Arimathie dans Saint Jean; mais Mathieu de même que Marc et Luc, ne parle pas de bandelettes, juste d'un linceul propre... ce qui explique que les femmes myrrophores pouvaient venir pour oindre le corps ( sans bandelette donc, in Saint Marc et Saint Luc)du Christ avec des aromates..... alors quid ! qu'est-ce ?!

Nikolas
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par Nikolas » mar. 18 mai 2010 20:56

Bonjour à tous
je suis un petit nouveau.

Je pense que l'image de l'article du père Théoclète dans " Lumière du Thabor", que Jean Gabriel a essayé de recomposer, devait ressembler a ça:

Image

un grand merci à Jean Gabriel
Dernière modification par Nikolas le mar. 18 mai 2010 21:56, modifié 3 fois.

J-Gabriel
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par J-Gabriel » mar. 18 mai 2010 21:24

Notre ami Nikolas semble avoir rencontré quelques problèmes pour la diffusion de l'image ci-dessus.

Cher Nicolas, en fait, quand il y a des images pratiquement impossible à recopier, je procède ainsi : à partir du site où l’image se trouve, j’enclenche le capteur d’image, je capture l’image, je l’enregistre. Ensuite à partir d’un blog bidon que j’ai fabriqué au préalable (et qui me sert uniquement pour cela), je produis un message accompagné de l’image en question et je diffuse le message. Le message diffusé je vais copier avec le bouton droit de la souris les propriétés de l’image et je la mets entre les symboles "Img" pour le présent forum.
C’est une sorte d’hébergeur d’images sûr.

PS : il n’est pas obligé de faire un message à chaque images, mais tout simplement lorsqu’on à besoin d’une nouvelle image on la rajoute au message en le modifiant.

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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par J-Gabriel » mar. 18 mai 2010 22:41

Nikolas a écrit :un grand merci à Jean Gabriel
Mais un grand merci à vous pour vous êtes donné cette peine.
Nikolas a écrit :Je pense que l'image de l'article du père Théoclète dans " Lumière du Thabor", que Jean Gabriel a essayé de recomposer, devait ressembler a ça:

Image
Bien qu’il s’agisse d’une autre fresque, l’image que proposez est exactement ce que suggère la note dans la revue:
La tradition iconographique suit de près le récit de l’Evangéliste Jean et la coutume funéraire des Juifs où le mort est entouré de bandelettes. Selon un texte liturgique, cette icône montre le Christ "En Haut sur le trône" et "En Bas dans le tombeau", le Corps enveloppé de bandelettes et la tête recouverte d’un autre linge.
Dans la fresque de la revue Le Christ en haut est entouré de chaque côtés d’un Prophète (ou Patriarche de l’A.T.) comme à l’image d’Henri plus haut. C’est la seule légère différence.
Merci beaucoup à tous.

J-Gabriel
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par J-Gabriel » mar. 18 mai 2010 22:46

Ploscaru Mihaela a écrit :aussi, à propos des bandelettes, ...et Il était déjà ressuscité ! donc le Seigneur avait déjà des bandelettes mises par Joseph d'Arimathie dans Saint Jean; mais Mathieu de même que Marc et Luc, ne parle pas de bandelettes, juste d'un linceul propre... ce qui explique que les femmes myrrophores pouvaient venir pour oindre le corps ( sans bandelette donc, in Saint Marc et Saint Luc)du Christ avec des aromates..... alors quid ! qu'est-ce ?!
Tout à fait, mais il faudrait éviter de s’appuyer uniquement sur les témoignages des synoptiques, alors que l’Evangile selon saint Jean est plus précis, ceci parce que l’Evangéliste Jean était le seul témoin oculaire parmi les Evangélistes et parmi les Apôtres, de la Crucifixion de Notre Seigneur.

Anne Geneviève
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par Anne Geneviève » mer. 19 mai 2010 7:23

Nous parlons d'un ensevelissement juif au premier siècle. Les icônes, sous leur forme canonique, commencent sous Justinien donc à la fin du Ve siècle. Du point de vue historique, l'écart est énorme. Dans les icônes, l'ensevelissement est montré dans le mode égyptien de la momification mais l'archéologie nous montre tout autre chose au Ier siècle : un ensevelissement provisoire avec linceul, suaire, quelques bandelettes pour tenir le tout puis, au bout d'un an, les ossements desséchés sont rassemblés dans un ossuaire, une petite boîte de pierre. Il est évident que, le Christ n'étant resté que 3 jours au tombeau, cette dernière phase est à oublier.

Les bandelettes sur l'icône ont l'avantage de ressembler aux langes de l'enfant, tout un enseignement théologique. Cela n'en fait pas des témoins historiques de rites ayant eu lieu pendant la période hellénistique tardive et les débuts de l'empire romain.
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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par Nikolas » mer. 19 mai 2010 18:32

Voici un article qui fait écho au dernier message d' Anne Geneviève.
Article écrit par l’Higoumène Elie, issu de « Commentaires bibliques d’après la Sainte Ecritures LXX n°38 Fev 2010, Note 29 Excursus» édité par le monastère de la Transfiguration 24120 Terrasson - Lavilledieu. Recopié (gras, parenthèse, soulignement, couleur) à l’identique.
Les femmes myrophores s’apprêteront à accomplir l’embaumement définit après la Pâque, l’heure avancée du début de la fête n’ayant pas permis à Joseph et à Nicodème d’accomplir tous les rites d’usage, mais alors, elles trouveront le tombeau vide : le premier (jour) de la semaine, à l’aube profonde, elles viennent à la sépulture : elles apportent les aromates qu’elles avaient préparés (certainement avant la Pâque puisque ce jour-là elles ne pouvaient pas faire d’achats ; or, c’est dès potron-minet qu’elles viennent au tombeau de Jésus, donc, n’ayant pas eu non plus la possibilité d’acquérir ces aromates en venant. Cependant, elles n’avaient pas eu le temps de les utiliser avant la solennité). Elles trouvent la pierre roulée hors du sépulcre. Elles entrent, et ne trouvent pas le corps du Seigneur Jésus … (Lc 24/ 1-3).
Le linceul et les bandelettes sont vidés de leur divin contenu lorsque les apôtres se rendent sur les lieux constater les dires des femmes : le premier (jour) de la semaine Marie la magdaléenne vient le matin, encore dans les ténèbres, au sépulcre. Elle regarde : la pierre a été enlevée du sépulcre. Elle court donc et vient auprès de Simon Pierre et auprès de l’autre disciples, qu’aimait Jésus. Elle leur dit : « ils ont enlevé le Seigneur du sépulcre, nous ne savons pas où ils l’ont mis ». Pierre sort donc et l’autre disciple et ils viennent au sépulcre, ils courent les deux ensemble. Et l’autre disciple court devant, plus vite que Pierre, et vient le premier au sépulcre. Il se penche et regarde : les linges sont là, à plat. Cependant, il n’entre pas. Simon Pierre vient donc aussi, en le suivant, et entre dans le sépulcre. Il remarque les linges là, à plat. Et le tissu qui était sur sa tête n’est pas à plat avec les linges, mais enroulé, lui, en place. Alors donc entre aussi l’autre disciple venu le premier au sépulcre. Et il voit, et il croit … (Jn 20/ 1-8).

Contrairement à ce qui a été fait pour Joseph, dignitaire égyptien (dont la note 29 est l’objet, rajouté par moi), le corps des défunts des Juifs à l’époque de Jésus, étaient bien embaumés et entourés de bandelettes, mais plus à la façon des Egyptiens. Le but n’était plus d’empêcher éternellement la décomposition des corps, mais c’était une forme de vénération accordée au corps de certains défunts, habituellement chez les gens riches, pour des questions pécuniaires évidentes. C’Est-ce qu’ont voulu accomplir les femmes porteuses d’aromates, pas pour un riche, mais pour Celui qu’elles savent être « Le Seigneur » !
Le poids de parfums apportés par Nicodème est considérable - comme il est vraisemblable, les « environ cent livres » évoquées sont une unité de mesure romaine, cela ferait donc « environ » 33 kg. - Le but n’est donc certainement plus uniquement cultuel, mais c’était probablement un moyen de retarder la décomposition du corps afin de pouvoir accomplir les rites d’usage le surlendemain, jour suivant la solennité. Une telle quantité de parfums avait le même effet que nos tables réfrigérantes utilisées maintenant par les services des Pompes Funèbres.
Les bandelettes n’enroulaient plus les corps comme le faisaient les Egyptiens pour les momies que nous connaissons tous. Cette antique méthode avait pour but de faire de chaque momie un nouvel Osiris, dont les morceaux récupérés et assemblés par Isis étaient maintenus ensemble par des bandelettes. Dans le cas des Juifs en général, et du Christ en particulier, le drap « posé là, à plat » est certainement le long linceul qui enveloppait le corps des défunts, en dessous et au dessus. Celui trouvé dans le tombeau de Jésus est à plat, car vidé de son contenu, mais resté plié, comme il était lorsque le corps était encore dedans.
« Le tissu qui était sur sa tête est enroulé », lui. Ce qui est normal si ce linge de tête est une bande d’étoffe enroulant le sommet de la tête et le menton, comme une mentonnière, pour maintenir fermée la bouche du divin défunt, qui avait expiré par étouffement, et dont la bouche, restée ouverte, avait besoin d’une mentonnière pour la tenir fermée malgré la rigidité cadavérique qui avait commencé à faire son effet lorsque Joseph avait décloué Jésus de sa croix. L’évangéliste précise qu’il est resté « enroulé, lui, en place », c’est-à-dire resté là où il était, autour de la tête, mais aussi vidé de son contenu.
Les autres linges, les autres bandelettes, comme elles sont encore mentionnées dans le récit de la résurrection de Lazare, sont de bandes de tissus qui servaient de liens pour tenir les pieds et les mains dans une position de sépulture. On a retrouvé des témoignages chez les Esséniens de Qumran de la position des mains superposées par les poignets, sur le ventre du défunt ; or, les bras du Christ, rigidifiés par la mort, gardaient la position qu’ils avaient eue sur la croix. Il fallait donc les maintenir croisés par une bandelette. Il en va certainement de même pour les pieds cloués l’un sur l’autre, qu’il était nécessaire de lier pour les laisser juxtaposés. Dans le récit selon saint Jean, il semble bien que ce soit plus la disposition des linges, restés en état, mais vidés sans être dérangés, qui soit le signe pour eux de la résurrection de Jésus, bien plus que le « tombeau vide ». « La scène a été certainement stupéfiante, car elle obligeait les deux témoins à admettre que le corps s’était débarrassé de son linceul de par sa propre volonté » (Le Suaire de Turin. Ian Wilson. Albin Michel 1978. p.87). Si on avait volé ou caché le corps de jésus, le tombeau serait vide et les linges défaits, déplacés ; mais là, ils sont comme ils avaient été mis, seulement comme vidées de l’intérieur, sans avoir été dérangés. Le corps de Jésus n’avait pas quitté la tombe par des moyens naturels. Ce qu’ayant vu, les deux apôtres se remémorent les paroles du Christ par lesquelles Il annonçait Sa résurrection ; et alors ils croient : alors entre l’autre disciple, venu le premier au sépulcre. Et il voit, et il croit ( avec insistance sur les deux « et » qui montrent la simultanéité des deux attitudes : vision et foi) : et il voit la disposition des lignes vidés, et il croit en ce qu’il se remémore et qui suit dans le récit : car ils n’avaient pas encore compris l’Ecrit : qu’il devait se lever (ressusciter) d’entre les morts (suite du récit commencé supra, selon Jn : les versets 8-9).
Il est important pour notre vénération, de noter que cette analyse se trouve corroborée par le témoignage visuel du miraculeux « Linceul de Turin ». Nous avons des récits dignes de foi que ce « Linceul », dont une équipe d’agnostiques veut tenter, jusqu’ici en vain, d’en prouver l’inauthenticité, prodiguait des miracles telles des guérisons de malades, au moins jusqu’au XVIIème siècle. Même l’analyse dite « du Carbonne 14 », selon laquelle le linceul serait une falsification de l’époque du Moyen-âge, s’est révélée être, après enquête, une monstrueuse erreur : les échantillons prélevés hâtivement pour l’analyse l’ont été faits à partir des tissus de réparations tardives et non à partir du tissus originel.
et le dessin qui illustre (désolé mes photos ne sont pas de très bonne qualités):

Image

Image

comme je ne sais pas réduire les images, je les ai mis en format vignette car en taille réelle elle sont trop grande, je donne aussi les liens afin que vous puissiez les voir dans un format plus appréciable.
http://yfrog.com/2cphoto053rj

http://yfrog.com/eiphoto054bj

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Re: Vénération du Saint Suaire de Turin

Message par J-Gabriel » jeu. 20 mai 2010 0:11

Vu que l’article que soumet Nikolas fait écho au message d’Anne Geneviève, j’utilise alors celui pour faire une intervention.
Anne Geneviève a écrit :Nous parlons d'un ensevelissement juif au premier siècle. Les icônes, sous leur forme canonique, commencent sous Justinien donc à la fin du Ve siècle. Du point de vue historique, l'écart est énorme. Dans les icônes, l'ensevelissement est montré dans le mode égyptien de la momification mais l'archéologie nous montre tout autre chose au Ier siècle : un ensevelissement provisoire avec linceul, suaire, quelques bandelettes pour tenir le tout puis, au bout d'un an, les ossements desséchés sont rassemblés dans un ossuaire, une petite boîte de pierre. Il est évident que, le Christ n'étant resté que 3 jours au tombeau, cette dernière phase est à oublier.
Même si les icônes, sous leur forme canonique, avaient commencés au 17ème siècle, cela ne changerai rien à l’affaire.
Nous disposons suffisamment d’éléments dans la Bible pour connaître la coutume funéraire des Juifs.

Sortez les Bibles !

On fermait les yeux des morts (Gen . 46: 4) ; on lavait le corps (Act. 9: 37) on embrassait la face avec affection (Gen. 50 : 1).
Par la bouche du Prophète Ezéchiel on apprend que même les ennemis d’Israël on le droit à un enterrement (Ezéch. 39: 12). Même les condamnés à mort (Deut. 21: 22,23).

Le traité Shabbat chapitre 23, chiffre 5 :
Il est permis de faire tout ce qui est nécessaire pour un mort (le jour du Sabbat) : on peut l’oindre et le laver, mais on ne doit pas remuer une de ses jambes ; et il est permis de retirer de sous lui le matelas et de le laisser glisser sur le sable, de façon à ce que (le corps) puisse (le plus longtemps possible) échapper à la corruption (151b) ; on peut attacher son menton, non pour l’empêcher de remonter, mais (pour) qu’il ne continue pas (à s’affaisser), […]

LE SABBAT, Oesterley, Payot, Paris p.209
Il y a encore maint exemples.

Et l’embaumement chez les juifs n’a rien à voir à celui pratiqué chez les égyptiens. L’embaumement chez le juif est un hommage que l’on rend aux morts comme aux vivants, exactement comme dans Jean 12 : 1 à 7 où le Christ dit à la fin « Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture. »

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