Encore une chose que l'on n'avait pas dite sur le Kosovo...

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Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » jeu. 24 juil. 2008 22:07

Merci, Claude, et merci aussi de signaler que le pétrole, non content d'être le point focal de la géopolitique actuelle, devient un argument théologique !

Philémon, le TPIY est une machine à produire des documents mais s'il était si objectif, pourquoi Carla del Ponte n'a-t-elle jamais pu inculper sérieusement de kosovars et pourquoi a-t-elle du attendre de ne plus être en poste pour révéler les crimes de l'autre camp ?
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Claude le Liseur
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Re: Encore une chose que l'on n'avait pas dite sur le Kosovo

Message par Claude le Liseur » lun. 27 févr. 2017 15:36

Claude le Liseur a écrit :Ar
4) La déportation de civils serbes et tziganes par l'UÇK dans des camps de travaux forcés et des maisons closes dans la partie de l'Albanie que le gouvernement albanais - totalement hors de cause dans cette affaire - ne contrôlait plus depuis les émeutes de 1997 me rappelle de nombreux souvenirs.
Cela ne me rappelle pas seulement l'extermination de la population serbe, tzigane et juive de Croatie, de Bosnie, de Dalmatie, de Slavonie et d'Herzégovine par les Oustachis croate du régime de Pavelić et Stepinac - curieux, d'ailleurs, pas plus tard que samedi dernier, un Croate que je sais nostalgique des Oustachis me faisait l'éloge du nouveau Kosovo; intéressant aussi de voir comment, sur Internet, certains forums catholiques, même francophones, se font les caisses de résonance de l'UÇK .
Cela me rappelle aussi d'autres cas récents où des populations chrétiennes ont subi ce genre de traitements. On ne parle guère des centaines de Grecs orthodoxes de Chypre disparus au moment de l'opération Attila (invasion de Chypre par l'armée turque avec la bénédiction du gouvernement de Washington en 1974) et dont on sait avec certitude que certains sont morts d'épuisement dans des mines en Turquie.
On parle encore moins du sort advenu à la population française d'Algérie dès le déclenchement du Djihad - dissimulé en guerre de libération nationale pour convaincre les "imbéciles utiles" des pays européens - par le FLN en 1954. C'est fou à quel point l'on n'évoque peu les Français disparus en Algérie après le prétendu "cessez-le-feu" du 19 mars 1962 (cessez-le-feu respecté par l'armée française, mais pas par le FLN). Pourtant, là aussi, il y aurait beaucoup à dire sur certaines maisons closes très fréquentées par les officiers de l'"Armée de libération nationale" et dont le moins que l'on puisse dire est que le personnel n'était pas consentant. En matière de trafic d'organes humains, il y aurait aussi beaucoup à dire sur une certaine clinique à Oran qui appartenait à un député communiste rallié à la cause du FLN. Et en matière d'extermination au moyen du travail forcé des captifs chrétiens par les islamistes victorieux - FLN ici ou UÇK là -, il y aurait aussi beaucoup à dire sur une certaine mine de fer à Miliana, dont André Aussignac fut sans doute le seul évadé. Et encore n'en saurions-nous rien si Aussignac n'avait pu témoigner en 1963 grâce au courage du sénateur radical-socialiste Dailly, alors que la sûreté militaire française tentait de le faire taire pour ne pas mettre à mal la coopération nucléaire avec Ben Bella.
Nous savons déjà qu'il y a des bonnes victimes et des mauvaises victimes. Mais comme je ne considère pas le masochisme et la haine de soi-même comme la première des vertus, souffrez, messieurs les provocateurs, que je vous laisse à votre admiration éperdue des moudjahidin du FLN ou de l'UÇK et que, pour une fois, j'évoque des victimes politiquement incorrectes pour le salut desquelles vous n'auriez jamais demandé l'intervention des Anglo-Saxons (qui ne seraient de toute façon pas intervenus).
Mais il fallait quand même que certaines choses fussent dites, et tant mieux si c'est par l'ex-procureur Carla del Ponte.

Depuis 2008, le mur de mensonge érigé par les islamistes et leurs complices de la gauche européenne a commencé à se lézarder. Sur les enlèvements et le trafic d'organes au Kosovo, il y a eu le livre très fouillé de Pierre Péan. Sur les disparus européens de la guerre d'Algérie, il y a eu les livres successifs de Jean Monneret, Guillaume Zeller (le meilleur) et Guy Pervillé consacrés au massacre d'Oran et surtout le travail très complet de Jean-Jacques Jordi sur l'ensemble de la question des disparus. Sur les 1'619 disparus de Chypre (0,4% de la population chrétienne de l'île en quelques jours!), les Turcs ont autorisé certaines enquêtes dans la partie occupée de l'île.

Le sort des disparus européens d'Algérie permet, lorsqu'on le compare à celui des musulmans pro-français, de comprendre la méthode du djihad. Lorsqu'il s'agit d'accélérer l'exode d'une population non musulmane, on a recours à la méthode de l'enlèvement sans laisser de traces, qui accentue le sentiment d'insécurité et le traumatisme de la population visée (chrétiens de Smyrne en 1922, chrétiens et juifs d'Algérie en 1962, chrétiens de Chypre en 1974, chrétiens du Kosovo en 1999). Lorsqu'il s'agit de mettre au pas la population musulmane, qui, elle, est supposée rester, on a au contraire recours aux exécutions publiques: en Algérie en 1962, beaucoup de musulmans pro-français seront torturés et suppliciés devant leur village rassemblé; cette fois-ci, la peur ne naît pas de l'incertitude (qu'est-ce qu'un disparu ?) mais de la mise en scène du châtiment qui montre à une population dont on ne veut pas qu'elle prenne la fuite ce qu'elle risque si elle désobéit au pouvoir djihadiste.

Une particularité du cas de Chypre en 1974 est un pourcentage beaucoup plus élevé de morts militaires que dans les trois autres cas cités plus haut : dans le cadre de l'opération Attila, l'armée turque, bénie par Henry Kissinger, fait certes disparaître beaucoup de civils chrétiens pour accélérer le "nettoyage" de la partie de l'île qu'elle entend occuper, mais il y a aussi beaucoup d'exécutions qui correspondent à des exécutions sommaires de prisonniers de guerre. S'agissant de la photographie la plus symbolique des 1'619 disparus de Chypre (celle qu'on trouve ici : http://www.parikiaki.com/2014/05/presid ... er-to-cmp/ ), on sait désormais que les prisonniers chypriotes qui figurent sur la photographie ont tous été abattus par l'armée turque quelques minutes après la photographie.

Mais la faiblesse de tous les travaux que j'ai cités est qu'ils partent tous du principe qu'un disparu est quelqu'un qui a été assassiné, éventuellement après torture, dans les jours ou au maximum les semaines qui ont suivi son enlèvement. C'est peut-être vrai dans la plupart des cas, mais pas toujours. En 1922, les civils chrétiens enlevés à Smyrne par l'armée de Mustafa Kemal ont été déportés vers l'intérieur de l'Anatolie où ils ont été ensuite exterminés par le travail forcé, selon un processus qui a pu prendre des mois ou des années. En 1999, une grande partie des chrétiens enlevés par l'UÇK avec la bénédiction de l'OTAN (voir les séquences où Kouchner a un rire démoniaque lorsqu'on lui parle de ces enlèvements https://wn.com/bernard_kouchner_rit_des ... _au_kosovo ) ont été utilisés pour le prélèvement et le trafic d'organes plutôt que directement assassinés. S'agissant de Chypre en 1974, il y a toujours des rumeurs sur les chrétiens qui ont été transférés par l'armée turque à Adana et que l'on a pas tous revus - là aussi, il y a dû avoir extermination par le travail forcé et utilisation, si ce n'est pour le trafic d'organes, du moins comme cobayes humains. Enfin, s'agissant de l'Algérie en 1962, tout le monde passe sous silence le témoignage d'Aussignac qui décrit pourtant très précisément le travail forcé des civils européens enlevés dans les bagnes du nouvel Etat algérien. On sait pourtant que, jusqu'en 1967 voire 1968, le consulat de France à Alger rachetait des musulmans pro-français détenus dans des camps de travail et les faisait passer en Europe - alors, pourquoi partir du principe que tous les civils européens enlevés avaient été assassinés ? Quant au sort des femmes disparues, seul Raphaël Delpard évoque quelques témoignages, certains datant de vingt ans après l'indépendance (esclaves européennes aperçues au sein de tribus du désert) et les autres auteurs se font très discrets sur les cas de prostitution forcée entre les mains du FLN et de l'ALN après le pseudo-cessez-le-feu du 19 mars 1962.

Signalons enfin le livre de Gregor Mathias consacré aux "vampires" à la fin de la guerre d'Algérie, qui étudie les cas d'enlèvements de civils et de militaires européens utilisés comme "vaches à sang" pour fournir, contre leur gré, du sang au FLN. Cette pratique préfigure étrangement le trafic d'organes au Kosovo en 1999. Ce sont les seules nouveautés (dévoiement de la science médicale reçue de l'Europe) qui apparaissent dans ces cas de djihad du XXe siècle: sinon, le comportement des kémalistes à Smyrne en 1922, du FLN algérien en 1962, de l'armée turque à Chypre en 1974 ou de l'UÇK au Kosovo en 1999 se trouve trait pour trait dans les innombrables témoignages chrétiens, juifs et hindous consacrés au djihad depuis le VIIe siècle. Autre nouveauté: le soutien logistique apporté au djihad, à Chypre en 1974 et au Kosovo en 1999, par l'organisation non musulmane appelée OTAN, organisation vraisemblablement criminelle dont le siège est à Bruxelles (comme c'est le cas d'autres organisations à caractère totalitaire, antichrétien et criminel).

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