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Provindence

Publié : dim. 22 févr. 2009 0:10
par J-Gabriel
Sylvie a écrit :Je ne pense pas avoir cette chance de rencontrer un de ces patriarches. ...
Détrompez vous et ne perdez pas espoir, car Claude le Liseur à raison quand il écrit:
Claude le Liseur a écrit :...tous ces gens sont en fin de compte très faciles à rencontrer; il suffit de compter sur la Providence.

Dans mon court début de "carrière" en tant que chrétien-orthodoxe, c’est-à-dire bientôt 4 Pâques, par la grâce de Dieu j’ai pu en rencontrer plusieurs et parler avec, de ces "Mgr" (pardonnez-moi pour la forme "de ces" )
Par exemple:

-Un archevêque de l'Église orthodoxe tchèque et slovaque (je me rappelle plus de son nom mais ça va me revenir, donc sous réserve de modification)
Lors de sa visite à Lausanne/Chailly en 2007 (une amie serbe nous a "attiré" là-bas ce jour là, pour une liturgie orthodoxe).

-Monseigneur Paul, Évêque de Tracheia, il habite à côté du monastère de Saint-Antoine-le-Grand, dans le Vercors, à 2 ou 3 fois, lorsque je me suis rendus au dit monastère.

-Mgr Marc Evêque vicaire de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale, en 2007 lors d’une conférence à Suceava en Roumanie (j’étais alors en visite dans la ville voisine de Botoşani (lire: Botochane) chez un père que j’avais connu en Suisse et qui voulait me présenter sa paroisse et ce père me dit que -demain il y a l’évêque "le français" qui donne une conférence à l’observatoire de Suceava.
NB: il n’y a aucune note péjorative en disant "le français" de la part des roumains de la région: c’était le surnom de mgr Marc lorsqu’il était encore moine et servait la soupe au sans-abri de Iaşi (lire Iache).

-Sa Toute-Sainteté , le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier lors de sa visite à Genève en 2007. J’ai attendue sagement d’être un des derniers pour le saluer et en même temps je lui ai demander humblement de signer une carte postal que j’allais envoyer à ma mère, nous avons échangé quelques mots dans un bon français et il a signé.

Image

-Sa Béatitude le patriarche Daniel de Roumanie le 15août 2008 lorsque j’allais apporté un colis à 3 moniales du monastère de Techirghiol en Roumanie (CT),( http://www.crestinortodox.ro/articol/67 ... echirghiol ), c’était la fête du monastère qui est dédié à la Très-Sainte Mère de Dieu.
Par contre là je n’ai pas discuter avec Sa Béatitude. J’ai assisté à la divine liturgie du matin et j’étais invité le soir à la table du patriarche, mais je me suis désisté parce que trop crevé du voyage par une voiture sans air-conditionnée en pleine canicule.

-Son Éminence Monseigneur Joseph, Archevêque et Métropolite de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale
à plusieurs reprises bien entendue et d’autres encore dont (clin d'œil à Claude) mgr Placide Deseille lors de ma première visite à son monastère.

Je n’écris pas ces lignes pour édifier une vitrine me concernant, mais pour appuyer les propos de Claude le Liseur, quand il dit:
Claude le Liseur a écrit :...malgré toutes leurs belles titulatures, ils sont très accessibles... 
"Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît" Mt 6:33 (à lire ,et méditer, l’ensemble du chapitre 6)
Cela veut dire qu’il faut avoir confiance en la Providence car c’est le chemin qui mène au salut.

Publié : dim. 22 févr. 2009 16:38
par Sylvie
J-Gabriel citait :
Il n’est cependant pas rare de nos jours d’entendre enseigner une théologie qui se présente comme orthodoxe et qui souhaiterait se débarrasser de l’institution épiscopale en mettant en doute l’authenticité et le caractère d’institution évangélique de ce qu’ils appellent "l’épiscopat monarchique" . Mais où donc se cache l’Eglise orthodoxe ? P.5
Loin de moi l'idée d'abolir l'épiscopat. J'éprouve seulement une difficulté à utiliser les titres tels que "Juge de l'Univers"

Pour rencontrer un évêque, oui j'ai eu cette occasion à quelques reprises. Il est devenu archevêque et je l'appelle toujours Monseigneur. J'oublie qu'il est devenu archevêque sûrement à cause de sa grande simplicité.

La situation de l'orthodoxie en français au Québec est très loin derrière votre situation en Europe. Je ne pense pas qu'un jour un Métropolite vienne visiter notre paroisse. En tout cas, pas dans les prochaines années.

Nous pouvons remercier père Denis Guillaume et autres qui ont œuvré pour faire connaître et surtout vivre l'orthodoxie en français.

Sylvie-Madeleine

les dogmes

Publié : dim. 22 févr. 2009 19:39
par J-Gabriel
Sylvie a écrit :Loin de moi l'idée d'abolir l'épiscopat. J'éprouve seulement une difficulté à utiliser les titres tels que "Juge de l'Univers"
Non non je n’accusais personne croyez moi. Tout comme vous je pense qu’il est saugrenu qu’une créature de Dieu se fasse nommer "Juge de l'Univers" ! Soit…
Aussi, récemment j’ai eu un entretien avec Monseigneur Joseph (Métropole Roumaine) et je ne savais pas comment je devais le saluer. J’ai vite téléphoné à mon "parrain" qui m’a bien dit de dire "Mgr" mais malgré cela j’ai eu de la peine à l’appeler ainsi et je le regrette maintenant.
C’est vrai que pour une personne comme moi fraîchement débarqué dans la foi orthodoxe; dans une vision immédiate certains contenus de la traditions prétendent n’avoir aucun sens, mais petit à petit je m’aperçois que c’est faux et que chaque dogmes à son importance. Et c’est là; la force de l’Orthodoxie, c’est d’avoir su conserver ces dogmes qui sont en quelques sortes son essence et qui font loi pour tout ceux qui sont dans la foi orthodoxe.

Il y a là un texte que j’ai repérer sur le blog de Claude Lopez-Ginisty très utile par les temps qui courent:
L'Église orthodoxe n'a jamais suivi un chemin plat, ni accepté les conventions. L'Église orthodoxe n'a jamais été respectable. Il eût été plus facile d'accepter le pouvoir terrestre des Ariens.
Il eût été plus facile, au XVIIe siècle calviniste, de tomber dans l'abîme sans fond de la prédestination. Il est facile d'être fou; il est facile d'être hérétique. Il est toujours facile de laisser une époque en faire à sa tête. Ce qui est difficile c'est de garder la sienne. Il est toujours facile d'être moderniste; comme il est facile d'être snob. Tomber dans l'une ou l'autre de ces trappes béantes d'erreur et d'exagération qui mode après mode, secte après secte ont été placées sur le chemin historique de la chrétienté - cela eût été simple en vérité.
Il est toujours simple de tomber; il y a une infinité d'angles de chutes, un seul angle droit. Tomber dans quelque fadaise, depuis le gnosticisme jusqu'à la Christian Science eût été en vérité facile et banal. Mais les avoir toutes évitées a été une aventure étourdissante. Il me semble voir le char céleste poursuivre son vol formidable à travers les siècles, les mornes hérésies prostrées et rampantes, la vérité farouche, chancelante, mais debout
.
G.K Chesterton
cité in Orthodoxie n°51, avril 1993

source: http://orthodoxologie.blogspot.com/2008 ... doxie.html

Publié : dim. 22 févr. 2009 23:25
par Anne Geneviève
C'est peut-être aussi la traduction "Juge de l'univers" qui est un peu forte, si je la compare au terme grec que donne Claude :

Κριτής τῆς Οἰκουμένης

Quand ce titre a été inventé, l'écoumène se confondait plus ou moins avec les limites de l'empire romain et cela correspondait à la fonction d'enseignement théologique qui était de fait celle d'Alexandrie. De plus, à cause de la présence de la célèbre bibliothèque, le patriarche d'Alexandrie était en mesure de dire son mot sur toutes les doctrines et les recherches des philosophes sur une aire un peu plus vaste, disons de l'Inde à l'Irlande.

Il ne va juger les étoiles !

Le terme Κριτής désigne le juge en tant qu'arbitre, mais aussi celui qui interprète et qui explique, dit m'sieur Bailly. C'est de là que dérive le mot critique, en particulier dans son sens philosophique.

en passant

Publié : ven. 20 nov. 2009 21:40
par J-Gabriel
Sylvie a écrit :Je ne pense pas avoir cette chance de rencontrer un de ces patriarches. Alors je n'ai pas trop à m'inquiéter si je n'arrive pas à retenir tous ces titres honorifiques.
Avec les données de Claude plus haut (titres )voilà un site où l'on peut s'entrainer...

http://www.orthodoxresearchinstitute.org/index.html

Publié : sam. 21 nov. 2009 12:51
par Claude le Liseur
Anne Geneviève a écrit :C'est peut-être aussi la traduction "Juge de l'univers" qui est un peu forte, si je la compare au terme grec que donne Claude :

Κριτής τῆς Οἰκουμένης

Quand ce titre a été inventé, l'écoumène se confondait plus ou moins avec les limites de l'empire romain et cela correspondait à la fonction d'enseignement théologique qui était de fait celle d'Alexandrie. De plus, à cause de la présence de la célèbre bibliothèque, le patriarche d'Alexandrie était en mesure de dire son mot sur toutes les doctrines et les recherches des philosophes sur une aire un peu plus vaste, disons de l'Inde à l'Irlande.

Il ne va juger les étoiles !

Le terme Κριτής désigne le juge en tant qu'arbitre, mais aussi celui qui interprète et qui explique, dit m'sieur Bailly. C'est de là que dérive le mot critique, en particulier dans son sens philosophique.

Je me demande si ce titre n'a pas son origine dans le fait que c'est au patriarcat d'Alexandrie qu'était confié le calcul de la date de Pâques.

Publié : sam. 21 nov. 2009 22:44
par Anne Geneviève
C'est fort possible mais n'aurait-on pas plutôt employé le mot cosmos ?

traduttore-traditore ?

Publié : dim. 22 nov. 2009 23:09
par J-Gabriel
Claude le Liseur a écrit : Je me demande si ce titre n'a pas son origine dans le fait que c'est au patriarcat d'Alexandrie qu'était confié le calcul de la date de Pâques.
Effectivement, il semble que saint Léon le Grand semble sous-ligner à une place (Epitre 64 ?) qu’a Nicée on avait décidé que c’était à l’Evêque d’Alexandrie de communiquer tous les ans la date de Pâques à l’Evêque de Rome ( sauf erreur à l’époque seul Rome et Alexandrie sont considéré comme Patriarcat ).
Anne Geneviève a écrit : C'est fort possible mais n'aurait-on pas plutôt employé le mot cosmos ?
Reste à savoir comment étaient entendue "Juge" et "Univers" en copte ou grec à l'époque ?

Re:

Publié : lun. 09 oct. 2017 9:26
par Claude le Liseur
Glicherie a écrit :
mer. 11 févr. 2009 11:31
Qu'en pensez-vous ?
Diffusé ce jour par la Métropole Grecque, lu sur Orthodoxie.com:
Communiqué de la Métropole grec-orthodoxe de France, à propos de l’archimandrite Denis Guillaume
La Métropole grec-orthodoxe de France a diffusé le communiqué suivant à propos de l'archimandrite Denis Guillaume:

Après le décès de l’archimandrite Denis Guillaume, survenu le 21 juin 2008, divers contrevérités et mensonges ont circulé, parfois sciemment entretenus, notamment quant aux conditions matérielles dans lesquelles se sont déroulés les derniers mois de sa vie sur terre. S’il n’est pas question de salir la mémoire de ce prêtre, il n’y a pas lieu non plus de voir travestir la vérité, pas plus qu’il ne serait acceptable de se servir de ces contrevérités pour masquer des comportements à la limite du frauduleux.

Les conditions d’existence du père Denis Guillaume, sur le plan financier comme sur le plan ecclésial, n’ont jamais eu, et à aucun moment, ce caractère dramatique qu’il a voulu faire croire lui-même et que d’autres ont colporté après lui, dans sa situation de recteur de la paroisse Saint-Antoine de Nîmes. Cette paroisse a été fondée et aménagée avant son ordination à la prêtrise, et a vu son patronage augmenté de la mention « de la pêche miraculeuse », à son initiative, sans qu’on puisse parler de nouvelle fondation. Sa santé se dégradant, ne pouvant plus assumer son ministère, il a été remplacé dans ses fonctions. Ce remplacement a eu lieu avec son plein accord, exprimé verbalement au cours d’une conversation téléphonique avec le vicaire général. Il s’est effectué selon l’usage et les conditions normales et avec la pleine autorité et le plein droit de l’évêque diocésain. Le père Denis n’a donc jamais fait l’objet d’une quelconque mesure vexatoire, et en aucune manière, pas plus qu’il n’a été particulièrement délaissé ou abandonné sur le plan humain par son évêque ou l’administration diocésaine, ce rôle de soutien affectif et humain revenant autant aux paroissiens dont il a la charge, soit dit en passant. Il est à craindre que le père Denis, connu pour son caractère difficile, ait eu une nette tendance à faire le vide autour de lui dès les premières années de sa prêtrise. Cela pourrait expliquer l’impression d’isolement dont il aurait souffert.

Sur le plan financier, la situation n’était pas non plus aussi dramatique qu’il l’a laissé clairement entendre dans une fameuse circulaire diffusée sur Internet et par d’autres biais. Après présentation par lui-même de ses besoins financiers, une aide mensuelle supplémentaire lui a été octroyée de bonne foi par la métropole, aide s’ajoutant aux revenus tirés de sa paroisse ainsi qu’à ceux de la vente de ses livres.

Nous sommes au regret de faire savoir qu’au moment de son départ de Nîmes, la paroisse dont il avait la charge et dont il contrôlait entièrement les finances, a été purement et simplement spoliée de tous ses biens (objet de culte, icône, autel, etc.), et de ses réserves financières. Les livres de comptes ont également tous disparu. Il est donc impossible de tirer au clair la réalité de sa situation financière, l’absence de toute comptabilité ne pouvant pas ne pas susciter de sérieux doutes. Par ailleurs, les paroissiens de Nîmes savent bien qu'il n'est pas le seul à avoir "assumé sur ses propres deniers les frais d’aménagement du local alloué par l’Eglise catholique", sans parler du fait que confondre ses comptes privés avec ceux de la paroisse allait à l’encontre des règles élémentaires d’une saine gestion financière.

Le père Denis a pu, en outre, acheter un appartement à son nom, occupé maintenant par une personne étrangère à la paroisse et à la métropole, sans qu'il soit possible de déterminer avec quels fonds cet achat a pu se faire. L'existence de cet appartement ne peut que renforcer les doutes très sérieux sur la véracité de sa détresse financière et sur la transparence de sa gestion.

L’archimandrite Denis Guillaume a rendu de réels services à l’Église, notamment durant son appartenance à l’Église catholique, laquelle, tout en lui assurant un salaire, a financé entièrement ses parutions par le biais de la Diaconie apostolique du Vatican, par les éditions de Chevetogne et par les éditions bénédictines de Parme, ce qui lui a permis une qualité de présentation qu’aucune structure orthodoxe ne pouvait s’offrir jusqu’alors. Les éditeurs lui ont réservé des conditions exceptionnelles avec une marge de 50%, au titre de traducteur. Cette période est restée la plus féconde et la plus respectable dans son parcours, notamment par son travail de traduction de l’office byzantin. Seules les dernières parutions, concernant des textes écrits de sa main, de bien moindre qualité, n’ont pas été financées par ses éditeurs catholiques. Elles ont fait l’objet de souscriptions, avec une diffusion limitée. Il est donc entièrement faux de parler de publications à compte d’auteur.

Le bon sens, comme le souci de fidélité à l’Esprit de vérité, obligent à tempérer sérieusement les propos tenus et entretenus à son sujet, parfois de bonne foi, parfois dans des buts inavouables où à des fins polémiques.
Près de neuf ans plus tard, le communiqué de la Métropole de France du patriarcat de Constantinople, injurieux à l'égard de la mémoire et du travail de l'archimandrite Denis Guillaume, apparaît encore plus grotesque. Au demeurant, le recul du temps n'a fait que rendre encore plus choquant un tissu de mensonges qui se pare du "souci de fidélité à l'Esprit de vérité". Langue de velours ecclésiastique, médiocre copie de la langue de bois communiste (et, au moins, tout laisse supposer que Lénine, Staline et Beria avaient, eux, une certaine forme d'intelligence).
En effet, nous ne pouvons que constater tous les jours à quel point il n'a pas eu de successeur.
Les Eglises orthodoxes locales (en particulier les patriarcats de Moscou et de Roumanie, mais même des Eglises locales qui ont peu de fidèles comme l'Eglise orthodoxe de Pologne) ont procédé à de nombreuses canonisations depuis le décès de l'archimandrite Denis en 2008. A chaque fois, il y a eu des offices composés pour la glorification de ces nouveaux saints, en grec, en roumain, en slavon.
Qui s'est soucié de les traduire ?
Qui peut faire le travail de traduction que le RP Denis Guillaume faisait avec une totale abnégation ?
Qui peut sacrifier son temps libre pour faire des traductions de textes liturgiques qui n'auront qu'une très faible diffusion, et en plus, en auto-édition ?
Exemple: le patriarcat de Roumanie vient de procéder à la canonisation de saint Georges le Pèlerin. Combien d'années me faudra-t-il pour trouver le texte roumain de l'office et le traduire en français, compte tenu du fait que, comme tout le monde à l'exception de nos Excellences pondeuses de communiqués, je dois faire bouillir la marmite ?
Il faudrait que le Seigneur nous envoie un nouveau Père Denis !