Mgr Hiérothée de Naupacte sur la sécularisation ecclésiale

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Claude le Liseur
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Mgr Hiérothée de Naupacte sur la sécularisation ecclésiale

Message par Claude le Liseur » dim. 07 janv. 2007 22:52

J'ai trouvé dans le remarquable petit livre du métropolite Hiérothée (Vlachos) de Naupacte et Saint-Blaise (Eglise de Grèce) Μικρά είσοδος στήν Όρθόδοξη Πνευματικότητα (Petite introduction à la spiritualité orthodoxe), Diaconie apostolique de l'Eglise de Grèce, Athènes 1998, p. 146 l'intéressante admonestation qui suit, dans la lignée de ce qui a déjà été exprimé sur le présent forum par Jean-Paul (message du 6 janvier 2007 à 14h02, cf. viewtopic.php?t=2143&start=0 ) et par ma médiocrité (message du 7 décembre 2006 à 15h45, cf. viewtopic.php?t=1825

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Ma traduction:

La guérison de l'homme, qui est l'objectif fondamental de la spiritualité orthodoxe, intervient par les mystères (sacrements) de l'Eglise et par la vie ascétique. Dans toute la tradition ecclésiastique se manifeste le lien entre les mystères et l'ascèse. L'ascèse précède les mystères et après ceux-ci suit de nouveau la vie ascétique. La rupture du lien entre les sacrements et l'ascèse conduit soit à un moralisme extérieur factice, soit à une sécularisation totale.

Mon commentaire:

Cet avertissement de Mgr Hiérothée m'a beaucoup frappé, parce qu'il décrit très bien l'impasse dans laquelle certains prêtres qui se sont volontairement transformés en animateurs d'associations culturelles mènent leurs paroisses. La disparition de toute vie spirituelle, l'expulsion des personnes qui ont un souci de vie spirituelle et l'alignement sur les phantasmes d'une partie des paroissiens à jamais marqués par l'esprit des années 1960 ne laissent plus substituer qu'un ritualisme vide, réduit aux formes et qui ne poursuit plus que des objectifs matériels (la "sécularisation totale" dont parle Mgr Hiérothée; je souligne au passage que le terme grec est plus évocateur, car il inclut mieux l'aspect mondain de la chose). Ce ritualisme que plus rien ne soutient ne tarde pas à s'effriter à son tour, les rites étant abrégés et les célébrations expédiées selon la fantaisie du desservant; il ne reste en effet plus que le moralisme extérieur factice dont parle aussi le métropolite de Naupacte, d'où la course effrénée à l'imitation de caricatures des ligues de vertu protestantes du XIXe siècle, les chorales pentecôtistes invitées à chanter à la fin de la liturgie orthodoxe, etc., etc.

Ceci étant rappelé, il me semble que jamais le problème n'avait été posé en termes aussi clairs que dans ces quelques lignes de l'évêque de Naupacte, et que celui-ci rappelle aussi très bien les solutions: primauté du spirituel et richesse de la vie liturgique.

La récente déclaration des vingt monastères de l'Athos du 30 décembre 2006 s'inscrit dans la droite ligne de ces préoccupations en rappelant la primauté du spirituel et le rôle thérapeutique de l'Eglise contre toutes les tentations de la séculariser.

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