Par un seul homme le péché est entré dans le monde

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Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève »

« La mort aurait du nous engloutir pour l’éternité » ??? Sur quoi appuyez vous cette opinion, Jean Louis ? Qui entraîne immédiatement une autre question : qu’est-ce que la mort ?
Je ne vois pas, de plus, en quoi le fait que la Création devienne « un univers transitoire et provisoire », c'est-à-dire, pour le reformuler, un univers où l’entropie l’emporte sur la création et le maintien de structures complexes est plus économique, au sens de l’économie divine, que la création primitive que vous suggérez à partir de Genèse 2 et sq. Et je vais même aller plus loin dans ce qui vous paraîtra sans doute « théologiquement incorrect ». Si la mort, grâce à sa généralisation à une Création qui n’en demandait pas tant, n’est « plus l’abominable anéantissement qui aurait du résulter de la faute des Ancêtres », c’est un échange pour une épée de Damoclès non négligeable, celle de la souffrance pour l’éternité… Oups ! Et puis, au fait, la mort est-elle vaincue pour les souris, les éléphants, les chênes, les sauterelles… dans votre « univers provisoire et transitoire » ? Si c’était vraiment une histoire historique dans laquelle les descendants d’un premier couple et même toute créature de leur environnement seraient héritiers d’une condamnation pareille, mais quel est ce Dieu capable dès l’origine d’un tel décret ? Et s’il n’a pas créé la mort, qui l’a fait ? Anankê, à qui même les dieux sont soumis ? Je sens là comme une pointe soit de paganisme, soit d’augustinisme et cela, je ne peux l’admettre. Et ce n’est pas ce que j’ai lu ni chez les Pères ni chez les théologiens orthodoxes plus récents.
En ce qui concerne Genèse 2 à 6, le texte n’a pas été modifié, sauf par l’adjonction de points-voyelles. Mais justement, Paul Nothomb utilise le texte consonantique, sans ce rajout. La langue, considérée comme de l’hébreu archaïque, est en fait du pur chaldéen. Les Massorètes ne l’ont pas modifié parce que c’est une langue qu’ils ne parlaient plus et ça se serait vu comme le nez au milieu de la figure.

Quand je suivais des cours de grec au lycée, c’est une langue que j’aimais profondément. Mais la façon dont vous en parlez me donne envie de me mettre au chinois. Je m’explique. J’ai le sentiment que, pour vous, il y a une langue préparée et inspirée par l’Esprit, le Grec, avec trois majuscules si possible, et puis les autres, bonnes pour les poubelles de l’histoire. A la rigueur, par économie sans doute ?, on les accepte comme langues liturgiques… Ce n’est pas ce que je tire du récit de la Pentecôte en Actes, 2.
Mais même si vous rejetez avec mépris le bereshit pour en arkhé, si vous préférez traduire par « dans le principe » plutôt que par « en tête », cela repose la question : qu’est-ce que ce principe ? Qu’est-ce qu’un principe ? Ouvrons un vieux Larousse, de ceux qui avaient encore des définitions qui tenaient debout :
Principe : début, origine (…) ; première cause, raison ; base, source : le travail est le principe de toute richesse. Elément, matière essentielle : les atomes sont les principes des corps. Agent naturel : le principe de la chaleur. Opinion, manière de voir : rester fidèle à ses principes. Loi : principe d’Archimède. Proposition qui sert de fondement à d’autres. Pl. Premières règles d’une science, d’un art, etc. : principes de géométrie. Règles de morale : avoir des principes.
Je n’ai sauté qu’un exemple qui sentait un peu trop son anti-calotin de l’entre-deux-guerres. Si l’on excepte les atomes (et encore, il y aurait à dire !), nous sommes entièrement dans le domaine de la pensée, de la raison, du comportement, c'est-à-dire du rapport au monde.
Mais parler de rapport au monde n’est pas se confiner à ce qui serait « en représentation et en intention ». C’est le regard qui colore le réel et qui, de ce fait, oriente et même détermine souvent le comportement concret. Partir d’un comportement redressé pour redresser le regard est une thérapie très efficace.
Il n’empêche que le Christ lui-même parle de ce qui se passe « en représentation et en intention » quand il signale que désirer la femme du voisin, c’est avoir déjà commis l’adultère dans son cœur. La garde du cœur, la garde des pensées, on la retrouve toujours, que ce soit dans les Evangiles ou dans la tradition ascétique de l’Eglise.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Les souris et les éléphants sont victimes aussi de la déchéance d’Adam. Lorsque le Cosmos sera rétabli dans son éclat initial, tout sera restauré, l’enfant jouera avec le lion et mettra sa main dans le trou du serpent. On peut poser d’innombrables question sur ce qu’a été le cosmos et sur ce qu’il redeviendra. Je crois qu’il ne faut pas trop nous en inquiéter. Ça marchera, n’en doutons pas. Je peux donc rassurer Anne-Geneviève en ce qui concerne les souris et les éléphants : les éléphants n’auront plus peur des souris.

Il nous est très difficile de prendre conscience du caractère transitoire de ce temps intermédiaire qur nous vivons.Par toutes les fibres de notre être nous nous sentons attachés à ce monde, à notre histoire humaine, à notre sort personnel, au destin de nos proches, de notre famille, de notre tribu, de notre peuple… et c’est bien ce que voulait Dieu pour nous enseigner que nous devrons un jour rendre compte de notre vie et de ce que nous en avons fait. Mais notre espoir est au-delà.

Aussi devons-nous demander à notre Père de nous donner aujourd’hui le pain qui convient véritablement à notre substance humaine, de nous remettre tout ce qu’il pourrait nous reprocher, comme nous renonçons à tout ce que nous pourrions exiger de notre prochain, et de ne pas nous laisser consentir à toutes les tentations que nous suggère le tentateur, mais de nous en délivrer.

C’est tout cela qui définit la différence entre ce monde transitoire de l’économie divine, du monde glorieux que le Créateur avait préparé pour que nous puissions le Lui offrir. Ce monde-ci, provisoire est une condescendance que devons à la Providence du Créateur, qui a maintenu son dessein initial de venir parmi nous, mais du fait de la déchéance d’Adam il a dû pousser sa condescendance jusqu’à accepter de vaincre notre mort en la subissant Lui-même.

Tout naturellement son premier geste après sa victoire sur la mort a été de descendre dans les entrailles de la Création, de briser les portes de l’Hadès pour tendre la main à Adam et Ève nos premiers ancêtres.

Il avait visité Abraham et fait de sa descendance le Peuple élu. Il s’était laissé voir de dos par Moïse et lui avait fait const(ruire l’Arche d’Alliance contenant les tables de la Loi. Il avait envoyé les prophètes pour rappeler à l’ordre le Peuple élu et annoncer sa venue. Mais le Peuple élu l’a rejeté et fait crucifier. Il a même falsifié les textes prophétiques.

Ayant vaincu la mort il a institué son Église que l’Esprit est venu combler de ses dons. L’Église a non seulement reçu véritablement et authentiquement l’Écriture et la Loi, mais elle a su utiliser tout ce qui était utilisable dans la sagesse des païens. Elle est ainsi devenue l’Église des Nations. Dieu a préparé l’éclosion de l’Âge d’or patristique en suscitant une langue et une philosophie admirables. d’ailleurs déjà les derniers des prophètes avaient su utiliser ces outils pour mettre l’Écriture à la portée de toutes les nations. Les Pères eurent à lutter durement contre le paganisme cruel pour utiliser à leur tour ces outils et expliciter le donné de la Révélation. Il nous reste à suivre leurs traces.

L’une des perversités de l’Occident scolastique, rationaliste, papiste et totalitaire a été d’inculquer au monde moderne le mépris de la Tradition de nos Pères dans la foi. L’une des formes de l’orgueil latin a été de prétendre remonter aux sources de l’Église en passant par-dessus le consensus de l’Église antique : succession apostolique sans Tradition patristique. Quelle illusion ! Mais cet ilosationnisme a perduré et laissé des traces durables dans la mentalité occidentale.

“Dans le principe” ou “dans le commencement”; Il s’agit de traduire un mot grec “archè” qui est porteur d’une redoutable polysémie : “commencement”, “principe logique” et “commandement”. L’anglais (la KJV) traduit par “In the beginning”. En général la KJV est une très bonne traduction du grec. Mais nous avons en français la possibilité de traduire par “dans le principe” qui permet une polysémie semblable à celle du texte grec. Mais je n’ai pas du tout l’intention de me reporter à l’hébreu, car c’est la Septante qu’il faut traduire, non un texte hébreu. Les prophètes qu’étaient les Septante ont choisi un mot grec, c’est lui qui importe. L’hébreu est peut-être une préhistoire, une anticipation, une prémonition, du texte révélé. C’est le texte inspiré qu’il faut traduire.

Au Quinisexte Concile œcuménique, l’Église repoussa fermement tant “l’immaturité” de la philosophie hellénique (païenne) que “l’immaturité” des figures et des ombres judaïques. Les images de l’Église sont des images en esprit et en vérité; Il en est de même pour l’Écriture sainte. Déjà les derniers des prophètes avaient ouvert la voie endonnant l’Écriture sainte en grec pour toutes les nations. Si l’hébreu disait autre chose que le grec, c’est le grec qui est notre texte. En délaissant “Bereshit” pour écrire “en archè”, c’est-à-dire “dans le principe, les Septante nous ont donné la règle de foi. Une traduction est toujours difficile, mais il s’agit d’une traduction du grec dans une autre langue.
Jean-Louis Palierne
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Ploscaru Mihaela
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par un seul homme le péché est entré dans le monde

Message par Ploscaru Mihaela »

j'ai un problème avec le "temps"!!! : quand le temps, son défilement a-t-il fait son apparition ou et existe-t-il plusieurs sortes de temps à savoir :
si "au commencement" ou dans "le principe" y'avait-il une temporalité;
si dans l'acte créateur quand il y eut un soir et un matin le jour Un et le deuxième etc..
.si après la chute il y eut un autre sorte de temps...!!
si ce ne setrait pas la mort qui aurait introduit ce temps une durée limitée et relative quand même etc, quelqu'un pourrait-il répondre à chaque si; d'avance merci à tous

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Àmon sens (mais je m’avance très loin, et je n’ai aucune autorité pour le faire) La Création initiale comportait une temporalité, marquée par le récit de la Genèse; Mais la chte des Ancêtres a transformé le temps, qui airait pu être celui d’une interminable déchéance. La miséricorde divine a fait de notre monde un monde transitoire, où la mort devient un temps où il nous est demandé d’acquiscer à notre libération, nous arrachant à l’oppression du péché, de la mort et du diable. Le Verbe et Fils Unique de Dieu s’est fait l’un d’entre nous, devenant le prototype de l’homme en demandant à la vierge Marie de Lui tisser de son sang une chair semblable à la nôtre, mais sans les conséquences du péché des Ancêtres. L’Ange Gabriel envoyé en messager s’exclame à la vue de la Vierge Marie : “Tout interdit j’exulte”, comme nous le révèle la Liturgie de l’Annonciation. Et voyant la naissance dans la chair du Fils de Dieu sans changement, les Anges s’exclament : “Gloire à Dieu au plus haut des cieux, Paix sur terre, Bienveillance parmi les hommes”. Le déroulement de l’Économie du salut indique une nouvelle temporalité, celle où l’homme doit accepter la synergie de la Grâce divine en acceptant l’Église. C’est une nouvelle temporalité, celle de l’homme laissé “à demi-mort” par les brigands, mais que le Bon Samaritain confie aux bons soins de l’aubergiste qui est l’Église. L’homme doit collaborer à son salut. C’est cela la marque de notre temps intermédiaire. Puis viendra le Jour du Seigneur qui restaurera l’Univers dans son éclat primitif.
Jean-Louis Palierne
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Yiannis
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père Jean (John) Breck, les Pères et le premier homme

Message par Yiannis »

http://www.orthodoxie.com/2006/11/en_lisant_lhist.html

Dans le texte du père John Breck cité ci-dessus, que certains ont pris soin de traduire aussitôt en français et de publier sur l'Internet, il n'y a aucune mention des Pères de l'Eglise. Pourtant, on sait bien que pour les Pères de l'Eglise (je me contente de citer Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome et Jean Damascène, pour ne pas citer les bienheureux pères Paissios du Mont-Athos et Sophrony d'Essex), mais aussi pour l'hymnographie, Adam est bel et bien un personnage historique. Ceci dit, je ne réfuse pas un second niveau de lecture du texte de la Génèse, à savoir une lecture allégorique; pourtant, du point de vue chrétienne orthodoxe, on ne peut pas nier la dimension historique d'Adam, même si ceci ne plaît pas à un bon nombre de représentants de la théoloqie académique orthodoxe (avec ou sans ""), tels John Breck. Je ne crois pas qu'un théologien catholique romain ait pu traité le sujet d'une façon différente de celui de John Breck. Est-ce qu'il s'agit d'une théologie"orthodoxe" politiquement correcte? J'oserais à dire oui...

Antoine
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Message par Antoine »

Yiannis a écrit :on sait bien que pour les Pères de l'Eglise (je me contente de citer Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome et Jean Damascène, pour ne pas citer les bienheureux pères Paissios du Mont-Athos et Sophrony d'Essex), mais aussi pour l'hymnographie, Adam est bel et bien un personnage historique.
Anne Geneviève dans son message ci-dessus Posté le: Mer 01 Nov 2006 20:13 a écrit :Il n’y a pas dans le texte, sauf très mauvaise traduction, de monsieur Adam époux de madame Eve.
Faire une lecture historique de la Genèse n’est pas faire d’Adam un personnage historique. Une lecture historique n’est pas une lecture fondamentaliste. Il ne faut pas non plus faire une lecture fondamentaliste de la lecture historique des Pères.L'historique est la rencontre de Dieu et de l'homme, l'Economie divine.
Adam et Eve se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, mais vous nous direz par quels hommes Caïn avait-il peur d’être tué après l’assassinat de son frère cadet, vu qu’il n’y avait que ses parents sur terre.
Genèse 4.14-16
Voici, tu me chasses aujourd'hui de cette terre; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. L'Éternel lui dit: Si quelqu'un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l'Éternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point. Puis, Caïn s'éloigna de la face de l'Éternel, et habita dans la terre de Nod, à l'orient d'Éden.


La terre de Nod nous permet avec précision de déterminer où se trouvait géographiquement le paradis : L’Eden se trouvait à l’ouest de la terre de Nod.
On peut aussi déduire du texte qu’au paradis les animaux parlaient puisque le serpent parlait avec Eve. Et on se demandera alors quelle était la langue utilisée avant la tour de Babel et on soutiendra tout concordisme avec la recherches scientifique sur une langue source de toutes les langues humaines: Adam parlait dans un hébreux sans doute très difficile à prononcer sans voyelles ou pour d'autres en grec...

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Tout texte de l’Écriture sainte comporte toujours diverses lectures. Mais on ne doit jamais oublier que l’Écriture nous révèle avant tout ce que Dieu le Verbe veut précisément nous révéler. Dieu crée le monde, et c’est le Verbe, c’est-à-dire la Parole, qui est le Créateur, car “Il dit, et cela fut”. Et l’Esprit planait sur les eaux, car il est présent partout et accomplit tout. Le Dessein de la Création nous est révélé prophétiquement, dans un langage humain, par Moïse.

Le réalisme de ce texte est beaucoup plus profond que toutes nos théories cosmologiques. Il ne faut nullement négliger le travail de nos savants qui tentent d’élaborer des conceptions permettant de comprendre le cosmos. Elles ne sont pas du même ordre que la vérité biblique, mais il nous faut toujours tenter de clomprendre comment les conceptions de nos savants peuvent s’accorder avec le donné révélé.


Il fut une longue période où l’on croyqait que le monde physique ne pouvait pas ne pas exister puisqu’on était parvenu à déchiffrer la nécessité de ces lois physiques. Ce fut le règne du scientisme. Ce règne est révolu. depuis que l’abbé Lemaître a réussi à expliciter sa théorie de l’Univers en expansion, elle est maintenant très généralement acceptée, et on parle maintenant même d’un Big Bang. Gardons -nous de céder à un concordisme aussi facile que le scientisme qui triomphait auparavant. Il n’en reste pas mois que l’hypothèse du Big Bang suffit à soulever la lourde chape de ridicule qui pesait sur le dogme de la Création.

Le domains de la Vie constitue un énorme exception au monde physique. Ici il n’est plus question d’une entropie des systèmes. Chaque organisme vivant est un système autonome (Ici il faudrait ressusciter le très oublié Goldstein) qui lutte pour sa survie et qui tend à multiplier son espèce. Bien plus les différentes espèces sont hiérarchisées comme par une immense évolution. Je ne vois pas comment les conservateurs fondamentalistes américains peuvent prétendre que le créationnisme exclut l’évolution. Pourquoi la vie n’aurait-elle pas son dynamisme propre, qui le pousserait à converger vers l’espèce du roi de la Création, le genre humain. Je suis ouvert à toute discussion sur ce point, et je ne prétends pas y voir clair, mais le négationnisme des adversaires de l’évolution me paraît tout aussi stupide que le négationnisme qui nie la spécificité totale d’une espèce particulière, celle du genre humain ?

Nous aurions donc une double mutation ontologique : celle de la vie par rapport à la matière, et celle de l’espèce humaine par rapport au monde biologique. J’ai le tort d’aborder ici des domaines qui ne me sont pas du tout familiers, tant celui de la cosmologie que celui de la biologie. Je cours donc en permanence le risque de dire d’énormes bêtises.

Mais je crois également que nous ne pouvons pas oublier une autre leçon de la Genèse, c’est celle du caractère déchu, non seulement de la conscience humaine, mais aussi de toute la réalité créée, telle que nous la voyons et que nos savants la déchiffrent aujourd’hui. Le monde que nous voyons porte non seulement au présent les traces de la déchéance qui a suivi la chute des Ancêtres, mais aussi dans son passé. C’est-à-dire que c’est un “nouveau passé” qui lui a été imposé. Nous pouvons bien déchiffrer ce “nouveau” passé, nous ne devons pas oublier qu’il ne reflète pas la Création initiale.

Celà comporte également une autre conséquence : c’est que notre tâche présente n’est pas de construire un “monde meilleur”, ou de “changer la vie”, mais de préparer le monde présent à l’imminence du Jour du Seigneur, le Jour où toutes choses seront révélées et recevront leur véritable signification.

Oui, nous voyons régner de nos jours une théologie hétérodoxe “politiquement correcte”, étrangère à la théologie orthodoxe. Il ne s’agit pas seulement de l’interprétation de la Genèse. Il s’agit aussi de la fidélité à la Tradition de nos Pères dans le foi et au réalisme du mystère du salut. Je remercie Yannis de l’avoir souligné.
Jean-Louis Palierne
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Antoine
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Message par Antoine »

La critique de Yiannis à l'encontre du Père Jean Breck n'est pas fondée. On ne saurait réduire la pensée du Père Jean Breck à quelques lignes. On ne peut vraiment pas suspecter Jean Beck de non orthodoxie ou de crime de lèse patristique.
On ne peut pas non plus faire un tel littéralisme de la personne d'Adam
Si être orthodoxe implique de renoncer à toute exégèse alors il vaut mieux jouer à la pétanque. La fidélité à nos Pères dans la foi ne consiste certainement pas à faire d'Adam un personnage historique tel Louis XIV ou Napolélon. Le recit métahistorique de la Genèse doit être étudié en tant que support textuel de l'expérience de la rencontre avec Dieu et non pas en tant que manuel de paléontologie.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

L’un n’exclut pas l’autre. Mais les Pères n’auraient certainement pas accepté de réduire le récit de la Genèse à un exposé méta-historique. Pour eux le drame qui nous est rapporté est un drame bien réel et personnel, et lorsque Jésus ressuscité enfonce les portes de l’Hadès, c’est bien pour relever Adam et Èe du tombeau où ils gisaient. L’hymnographie et l’iconographie nous le redisent et nous le représentent, car ce sont deux autres formes de la Révélation, à côté de l'Écriture.

La foi n’est pas qu’un expérience, une représentation, elle est une renaissance physique dans les eaux du Baptême et un sceau physique des dons du saint Esprit. Le Symbole de la foi n’est pas qu’une attitude, car la grandeur de l’homme est que sa parole l’engage réellement.
Jean-Louis Palierne
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Ploscaru Mihaela
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par un seul homme le péché est entré dans le monde

Message par Ploscaru Mihaela »

autre question : à propos non de la prédestination, je dis bien, mais de la prescience : Quel père ou mère s'il connait d'avance, s'il voit avant même la conception de son enfant que celui-ci sera et non pas pourrait être (libre arbitre etc..) mais bien sera en terme de préscience du futur réellement et immanquablement étabi éternnellement malheureux, en enfer pourrait donc encore déçider de le concevoir ??! car voir d'avance c'est une chose donc absolument réalisée contrairement à ce que le Christ peut dire dans l'Apocalypse à telle Eglise .....si tu ne te repans pas! enfin c'est une question ou qui doit obligatoirement me rester sans réponse' ce qui est peut-être le mieux ou exprime, appelle l'Apocatastase !!!??

Yiannis
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Message par Yiannis »

Je crois que Jean-Louis Palierne a très bien présenté la vue patristique sur le sujet d'Adam. Il est bien plus compétent que moi, alors je n'ai rien à ajouter là-dessus. Deux mots seulement: lire la Génèse
suivant les Pères et toute la Tradition de l'Eglise et non selon notre propre opinion, je ne crois pas que ceci soit "du fondamentalisme" (voilà une accusation de provenance absolument "moderniste"; je suis curieux d'apprendre quelle interperétation de l'Ecriture est considérée comme "fondamentaliste" par quelqu'un qui se veut pourtant Orthodoxe traditionnel). Je vous propose également de lire ce que dit à propos de la chute d'Adam le bienheureux père Sophrony, un des plus grands Pères de l'Eglise des derniers siècles, dans son livre "Nous verrons Dieu tel qu'Il est".
A propos du père John Breck, j'insiste que le fait qu'il a évité de citer les Pères dans son texte - qui est pourtant un essai d'exegèse biblique - est pour moi inadmissible. Il est clair qu'il les a contourné, car il voulait présenter sa propre opinion - qu'on s'est empressé de diffuser sur l'Internet - comme l'enseigment de l'Orthodoxie.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne »

Mihaela,

J’avoue que je peine à comprendre ce que vous voulez dire.

Les couples qui font un enfant ne peuvent généralement en deviner le résultat - à moins qu’il y ait un problème d’hérédité inévitable, mais j’espère qu’on les en informe. Il y a de toute façon un tirage au sort à la conception, nous ne pouvpns pas en prévoir le résultat, qui est parfois hélas dramatique.

Mais j’ai l’impression que ce n’est pas cela que vous voulez parler. On peut parfois penser que les conditions de l’environnement social sont telles qu’un avenir pénible attend tout enfant à naître. Le plus grand reproche qu’on peut faire au communisme est peut-être qu’ils ont fait perdre aux gens le désir de faire des enfants. L’effondrement démographique des pays ex-communistes est effarant.
Jean-Louis Palierne
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Ploscaru Mihaela
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Message par Ploscaru Mihaela »

en fait je parle de l'acte créateur de Dieu !

Antoine
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Message par Antoine »

Jean-Louis Palierne a écrit :lorsque Jésus ressuscité enfonce les portes de l’Hadès, c’est bien pour relever Adam et Èe du tombeau où ils gisaient. L’hymnographie et l’iconographie nous le redisent et nous le représentent, car ce sont deux autres formes de la Révélation, à côté de l'Écriture.
ça ne change rien au problème de savoir ce que veut dire "Adam et Eve".
Vous déplacez le contextuel, le cadre c'est tout. Le contenu reste le même: dans le récit de la Genèse comme dans l'hymnographie et l'iconographie il s'agit de savoir ce que l'on dit quand on dit Adam et Eve. Et il ne s'agit bien evidemment pas de Monsieur Adam et de Madame Eve ni dans la bible , ni dans l'hymnograhie, ni dasn l'iconographie même si en image on est bien obligé de garder la représentation d'Adam comme personne ou personnification. Mais une personne n'est pas un personnage historique.

Antoine
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Message par Antoine »

lire la Génèse suivant les Pères et toute la Tradition de l'Eglise et non selon notre propre opinion, je ne crois pas que ceci soit "du fondamentalisme" (voilà une accusation de provenance absolument "moderniste"; je suis curieux d'apprendre quelle interperétation de l'Ecriture est considérée comme "fondamentaliste" par quelqu'un qui se veut pourtant Orthodoxe traditionnel).
C'est qui "quelqu'un?" Si c'est de moi que vous parlez alors j'ai un pseudo: Antoine. Et si c'est de moi que vous parlez, dans ce cas relisez le fil car j'ai pris la peine de citer des textes de St Basile en attendant ceux de Grégoire de Nysse qui suivront ainsi que d'autres.

Fondamentalisme ça consiste par exemple à considérer les jours de la création comme des journées de 24h, à considérer le ciel comme le firmament, la lumière comme des photons, (cf les textes de St Basile déjà cités) à additionner les âges des patriarches depuis Adam pour calculer la date de la création de l'homme, à considérer qu'Adam est Monsieur Adam, etc...ça consite a faire une lecture littérale du texte sans se préoccuper du contextuel du symbolisme, de l'allégorique bref de tout ce que vise la narration. C'est prendre le narratif pour un contenu au lieu de le prendre pour le contenant. Les Pères ont toujours eu cette lecture que le récit était un support pour dire la relation à Dieu et au monde, mais en aucun cas un récit biologico-astronomico-historique. Parfois il utilise les éléments "narrativo-historiques" du texte à des fins pédagogiques. Il s'agit alors d'enseigner à des fidèles avec ce qu'ils peuvent comprendre en fonction de l'époque dans laquelle ils vivent. Mais une fois ce stade accompli ils réintègrent une lecture universelle qui nous concerne dans notre relation à Dieu. La création est un acte par lequel Dieu entre dans l'histoire. Oui Dieu a créé le monde et le credo l'affirme. La Genèse est le récit de l'historialité de la création mais elle n'en est pas le récit historique. Elle ne vise pas ce qui s'est réeelement passé et comment cela s'est passé. Elle ne nous raconte pas la réalité des évènements mais l'évènement des réalités.

Vous ayant répondu sur le fondamentalisme, vous voudrez bien à votre tour me répondre sur ce qu'est:"lire la Génèse suivant les Pères et toute la Tradition de l'Eglise et non selon notre propre opinion". Il y a différentes écoles théologiques chez les Pères (Antioche , Alexandrie) et il n'y a pas une unanimité sur tout. De plus il convient égélement de faire une lecture de la lecture des Pères. Et c'est exactement ce que je fais en citant mes sources.Certains Pères sont d'une étude difficile et requierent une pratique du langage théologique et philosophique. Grégoire de Nysse en est un exemple, comme vous pouvez le constater dans mon message à Jean-Louis ci-dessous. Les controverses entre Basile et Eunome sont ardues et exigent une bonne connaissance de la philosophie grecque et post platonicienne. St Maxime le confesseur est aussi un auteur difficile.
A propos du père John Breck, j'insiste que le fait qu'il a évité de citer les Pères dans son texte - qui est pourtant un essai d'exégèse biblique - est pour moi inadmissible. Il est clair qu'il les a contourné, car il voulait présenter sa propre opinion - qu'on s'est empressé de diffuser sur l'Internet - comme l'enseigment de l'Orthodoxie.
Ce que vous dîtes de Jean Beck n'est pas recevable. Dans son texte les Pères sont mentionnés même si Le Père Jean ne cite pas les extraits d’auteurs pour appuyer ses propos. J’ai déjà cités des extraits de St Basile et je citerai encore d’autres Pères qui disent exactement ce que résume le Père Jean. En plus il répond simplement à la question : «comment devrions-nous lire la Genèse ». Il donne donc juste quelques pistes et en aucun cas il ne se livre là à une exégèse des textes. Il ne fait que reprendre ce que l’on trouve chez les Pères comme indications de lecture. Et je ne vois pas en quoi il s’écarte de la Tradition. Son livre "La puissance de la parole, une introduction à l'herméneutique orthodoxe" ne saurait être taxé de modernisme.

Je reproduis donc son texte ci dessous qui infirme ce que vous avez écrit à savoir:
Dans le texte du père John Breck cité ci-dessus, [...] il n'y a aucune mention des Pères de l'Eglise.
Je suppose que vous avez lu trop vite ou pas avec assez d'attention.
En rouge je mets ce qui concerne directement la mention des Pères et en gras ce qui résume leur position.
Précisons également qu’il n’existe pas de traité d’anthropologie mais que l’anthropologie est partout présente de façon éparse chez les Pères.



En lisant l'histoire d'Adam et Eve
par l'archiprêtre John Breck

L'autre jour, quelqu'un a demandé comment devrions-nous lire la Genèse 2 : 3, l'histoire d'Adam et Eve. Sa question exprime une inquiétude au sujet du conflit évident entre la science et l'Ecriture Sainte. « ‘Si nous prenons le récit biblique sérieusement, » conclut-il, « alors nous devons rejeter totalement la théorie de l'évolution et nous aligner avec celle des créationnistes qui pensent que le récit de la Genèse doit être compris littéralement, comme la véritable description biologique du début de la vie humaine. »

Il y a deux sujets qui se croisent ici : le sens du récit de la Genèse et le rôle de Dieu dans le processus de la création. Pour les aborder tous les deux, il est tout d'abord nécessaire de les distinguer et de les séparer. Nous allons donc essayer de parler ici du premier sujet ; puis dans une prochaine rubrique nous nous tournerons brièvement vers le débat sur l'évolution et le créationnisme.

Avant de pouvoir considérer la façon dont nous devrions lire l'histoire d'Adam et Eve, nous avons besoin de revenir sur un point que nous avons déjà évoqué précédemment dans cette rubrique. Dans la culture d'aujourd'hui, nous avons tendance à confondre vérité et fait. Si un événement particulier a pu être, tout au moins en principe, enregistré ou photographié, alors nous le considérons comme vrai. Pourtant ceci est une compréhension très limitée de la "vérité". Cela exclurait du domaine de la vérité de telles réalités comme l'amour et le désir spirituel, puisqu'ils ne peuvent être empiriquement vérifiés. Cela exclurait tout ce qui se produit à l'échelle macro-cosmique, où les lois de la géométrie euclidienne ne s'appliquent plus (espace incurvé, trous noirs) ; d'autant plus lorsque cela se passe dans la nanosphère, où les notions conventionnelles du temps, de l'espace et de la réalité matérielle n'existent plus (le principe d'incertitude de la mécanique quantique, l'antimatière). Cela exclurait aussi la foi. Nous pouvons témoigner de nos croyances et de son contenu, mais nous ne pouvons actuellement pas prouver que ce en quoi nous croyons et le contenu de notre croyance est réel ou vrai. La vérité dépasse les faits de nombreuses façons. Ceci est particulièrement évident dans les récits bibliques tels que les paraboles (non-historiques) de Jésus et l'histoire d'Adam et Eve.
Les premières questions qui se posent concernant l'histoire racontée dans la Genèse 2, 3 sont : Quelle était l'intention de l'écrivain biblique (traditionnellement accepté comme étant Moïse) en rédigeant cette histoire, et quel était le but de Dieu en inspirant cet écrivain de formuler l'histoire tel qu'il l'a fait ?

Est-ce que l'écrivain lui-même a considéré l'histoire d'Adam et Eve comme "factuel"? Il l'a certainement considéré comme "vraie", pour autant qu'elle parle éloquemment de l'activité créative de Dieu qui apporta la vie au genre humain, ainsi que de la rébellion de l'homme contre la volonté de Dieu, et de la souffrance de la personne humaine dans son éloignement de Dieu, de sa vie "en dehors du Paradis". Il est possible de militer contre une lecture purement littérale du passage, néanmoins on ne peut ignorer des éléments du récit tels que : Adam fut modelé "à partir de la poussière du sol" par les mains de Dieu, l'image de Dieu comme un jardinier qui "plante un jardin au pays d'Eden", la formation de la femme à partir d'une côte de l'homme. Le "son du Seigneur Dieu se promenant dans le jardin", l'habillement d'Adam et Eve avec "des vêtements de peaux de bête", et l'existence simultanée d'autres peuples "dans le pays de Nod, à l'est d'Eden". Cette image anthropomorphique de Dieu, et les contradictions dans la logique du récit requiert une interprétation, comme les Pères de l'Eglise savaient si bien l'exprimer. Comme les Pères l'ont dit clairement, le récit entier doit être compris dans un sens technique comme une mythologie historique : non pas comme une fable ou un récit populaire inventé, mais comme un élément narratif de l'histoire sacré d'Israël qui parle de l'ineffable interaction entre Dieu et Ses créatures humaines, une relation qui est la mieux décrite dans un langage symbolique. (Considérez, par exemple, les termes hébreux adam, adama, qui signifie respectivement homme et terre ; et 'eden, qui signifie "félicité", "joie", un synonyme virtuel de "paradis", comme dans Es 51,3; Ez 28, 13 ; 31, 9, 15-18, où l'élément mythologique sous-entendu est assez évident).
Bien sûr, nous ne pouvons pas connaître l'esprit de l'auteur biblique, mais il semble qu'il ait développé l'histoire d'Adam et Eve (sur la base d'une ancienne tradition orale) comme une sorte de "parabole étiologique" ; une histoire qui explique, à travers une imagerie mythologique, l'activité de Dieu de la création du monde à des réalités spécifiques et à des expériences de notre vie de tous les jours. Son but était de répondre à des questions comme celles-ci : comment l'homme et la femme sont apparus ? Pourquoi y a-t-il le péché humain et la mort ? Pourquoi les femmes souffrent-elles de douleurs à l'accouchement, et pourquoi les hommes doivent-ils travailler à la sueur de leur front pour se procurer les choses essentielles à la vie.
Pour répondre à de telles questions, l'auteur de la Genèse 2:3 s'est permis d'être inspiré et guidé par le Saint Esprit, pour créer cette belle et profonde histoire d'Adam et Eve. Pour comprendre correctement cette histoire, nous avons besoin de la lire de façon allégorique et symbolique. Nous devons regarder au-delà des événements historiques particuliers (le Paradis, après tout, est trans-historique, au-delà du temps et de l'espace, comme l'ont témoignés les paroles de Jésus sur le "bon larron") pour être en mesure de percevoir au centre du début de l'histoire humaine la présence et l'activité de Dieu, qui est le Créateur et Celui qui perpétue tout ce qui existe.
Ceci suggère le motif derrière le travail inspiré de l'Esprit en guidant la composition de la narration biblique. A travers l'histoire d'Adam et Eve, Dieu Se révèle comme Créateur, Juge et Rédempteur qui a l'autorité suprême sur la vie et la mort. Son but n'est pas contrecarré par le péché humain ou l'influence démoniaque, un point rendu clair non seulement par les événements dans le jardin, mais aussi par Sa protection de Caïn. Protégé par un signe divin, ce fils fratricide d'Adam devint une image prophétique du peuple d'Israël, à la fois pécheur et rebelle, mais aussi aimé et protégé par le Seigneur de l'Alliance contre tous ceux qui les détruiraient.
L'histoire d'Adam et Eve est en fait l'histoire de chacun de nous. A cause de notre propre rébellion nous avons été expulsés du Paradis, et une épée ardente nous empêche maintenant d'atteindre la vie de beauté, de paix et de joie pour quoi Dieu nous a fait. Dans nos vêtements de peau, nous errons sur la terre, espérant redécouvrir et entrer à nouveau dans le jardin dans lequel et pour lequel nous avons été créé.

Le véritable but et l'accomplissement du récit de la Genèse est exprimé le plus éloquemment par l'icône pascale de la descente du Christ en enfer. Alors que son corps repose dans un autre jardin, le Fils de Dieu, le deuxième Adam, pénètre dans le royaume des morts pour nous libérer du pouvoir de la mort qui nous lie et nous maintient en exil. Là Il attrape les mains d'Adam et d'Eve, et avec eux Il prend dans Ses bras chacun de nous pour nous élever avec Lui et nous rétablie en complète communion avec le Dieu de la Vie et de l'Amour. Le sens final de cette histoire, est alors résumé dans les mots simples et pourtant profonds de Saint Ephrem le Syrien : "le Seigneur d'Adam est venu nous chercher ; / Il est entré en enfer et l'a trouvé là, / puis l'a conduit et amené dehors / pour l'installer une fois encore au Paradis".

Il me semble que Saint Ephrem le Syrien n'est pas un théologien moderniste parisien mais bel et bien, un Père de l'Eglise...
Dernière modification par Antoine le sam. 25 nov. 2006 3:12, modifié 4 fois.

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