Iverskaya Tchasovnya

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J-Gabriel
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Re: Iverskaya Tchasovnya

Message par J-Gabriel » lun. 21 déc. 2009 16:13

Anne Geneviève a écrit : Là, je regrette l'absence de smilies car ma première réaction est un éclat de rire !

Wikipedia pompe le Forum Orthodoxe, qui l'eût dit, qui l'eût cru ?
Avec un sourire de soulagement celui-là que je dis tant que ce n’est pas le contraire tout va bien.

J-Gabriel
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Re: Iverskaya Tchasovnya

Message par J-Gabriel » mar. 22 déc. 2009 22:51

Claude le Liseur a écrit : Je constate avec amusement que le paragraphe ci-dessus que j'avais écrit sur le présent forum le 5 octobre 2006 a été intégralement reproduit (sans indication de la source) dans l'article "Iveron" du Wikipédia francophone
Ce qui est mentionné sur le forum fait écho à de nombreuses places, j’ai déjà pu le remarquer. Je ne vais pas les nommer, dans le sens qu’ils ne méritent pas d’être rangés au niveau, vers le bas, de Wikipédia. Maintenant je ne connais pas la charte de Wikipédia, mais pour y avoir parfois publié dans le domaine historico-religieux ou corriger ce qui me semblait être des erreurs, je croyais franchement qu’un des principes de cette néo-encyclopédie (pour reprendre vos termes), était justement de cité la source. C’est regrettable que cela n’ait pas été précisé. Tanpis, mais plus tard vous pourrez dire je suis un pionner de Wiki !
Claude le Liseur a écrit : Evidemment, c'est avec un orgueil quasi-démoniaque que, moi chétif, je constate que mes insignifiantes contributions sur un forum aussi peu consulté servent à alimenter deux articles de Wikipédia, et ledit orgueil est si démoniaque qu'il m'empêche même de me plaindre que les néo-encylopédistes aient oublié de citer leurs sources.
Voilà quelques synonymes du mot insignifiant : anodin, anonyme, banal, dérisoire, effacé, falot, futile, imperceptible, inconsistant, inexistant, infime, inintéressant, insensible, insipide, insuffisant, méprisable, mineur, négligeable, neutre, nul, petit, plat, trivial, vague, véniel, vide.
Ben à vrai dire je ne ressens aucunes de ces émotions lorsque je lis une de vos contributions, c’est plutôt le contraire. Elles sont le plus souvent instructives, même très.

Claude le Liseur
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Re: Iverskaya Tchasovnya

Message par Claude le Liseur » dim. 03 janv. 2010 18:46

Claude le Liseur a écrit :
Claude le Liseur a écrit : Le prototype de cette icône était au monastère d'Iviron au Mont-Athos. Or, le monastère d'Iviron, cela veut tout simplement dire le monastère "des Ibères" (génitif pluriel grec), comme le monastère que les orthodoxes italiens avaient au Mont-Athos s'appelait "Amalfion" ("des Amalfitains"). Mais qui étaient ces "Ibères"? Pas les Espagnols et Portugais de notre péninsule ibérique. C'est l'ancien terme pour désigner les Géorgiens. De même que les Anciens connaissaient une Albanie du Caucase à côté de l'actuelle Albanie des Balkans, ils connaissaient les Ibères du Caucase (= les Géorgiens) à côté des Ibères de l'Extrême-Occident. Cela prend tout son sel quand on connaît les théories des linguistes contemporains qui cherchent des parentés entre la langue basque et la langue géorgienne!

En effet, Iviron, aujourd'hui monastère de langue grecque, était le monastère des Géorgiens sur la sainte Montagne, comme Vatopédi (aujourd'hui grec) était celui des Arméniens (il est vrai que les Arméniens orthodoxes, les dzaith, ont aujourd'hui disparu en tant que groupe identifiable), et comme Zographou est resté jusqu'à ce jour le monastère des Bulgares, Chilandar le monastère des Serbes et Saint-Pantéléimon le monastère des Russes.
Je constate avec amusement que le paragraphe ci-dessus que j'avais écrit sur le présent forum le 5 octobre 2006 a été intégralement reproduit (sans indication de la source) dans l'article "Iveron" du Wikipédia francophone (ici :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Monast%C3%A8re_d%27Iveron ):
D'Iveron signifie tout simplement le monastère "des Ibères" (génitif pluriel grec), comme le monastère que les orthodoxes italiens avaient au Mont-Athos s'appelait "Amalfion" ("des Amalfitains"). Mais qui étaient ces "Ibères" ? Il ne s'agissait pas des Espagnols et Portugais de notre péninsule ibérique. C'est l'ancien terme pour désigner les Géorgiens de l'est, habitant de l'Ibérie. De même que les Anciens connaissaient une Albanie du Caucase à côté de l'actuelle Albanie des Balkans, ils connaissaient les Ibères du Caucase (= les Géorgiens) à côté des Ibères de l'Extrême-Occident. Cela prend tout son sel quand on connaît les théories des linguistes contemporains qui cherchent des parentés entre la langue basque et la langue géorgienne !

En effet, le monastère d'Iveron, aujourd'hui monastère de langue grecque, était le monastère des Géorgiens sur la sainte Montagne, comme le monastère de Vatopedi (aujourd'hui grec) était celui des Arméniens (il est vrai que les Arméniens orthodoxes, les dzaith, ont aujourd'hui disparu en tant que groupe identifiable), et comme le monastère de Zographou est resté jusqu'à ce jour le monastère des Bulgares, le monastère de Chilandari le monastère des Serbes et le monastère de Panteleimon le monastère des Russes.

Pour faire bonne mesure, les auteurs de l'encyclopédie participative ont repompé une des phrases de ce paragraphe pour leur article "Vatopédi" (ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Monast%C3%A8re_de_Vatopedi ):
Le monastère a été fondé en 972. Il abrita autrefois des Arméniens orthodoxes, les dzaith, communauté aujourd'hui disparue en tant que groupe identifiable.

Evidemment, c'est avec un orgueil quasi-démoniaque que, moi chétif, je constate que mes insignifiantes contributions sur un forum aussi peu consulté servent à alimenter deux articles de Wikipédia, et ledit orgueil est si démoniaque qu'il m'empêche même de me plaindre que les néo-encylopédistes aient oublié de citer leurs sources.

Le seul regret que j'ai, c'est que mes plagiaires auraient pu se remuer un peu pour essayer, comme je l'ai fait ces derniers jours, de trouver à quoi pouvait correspondre exactement ce mot "dzaith" qui n'est que la translittération d'un terme arménien adoptée par le jésuite arménien uniate Jean Mécérian dans sa préface à la belle traduction du Livre de prières de Grégoire de Narek par le RP Isaac Kéchichian - lui aussi jésuite - dans la collection Sources chrétiennes aux très dominicaines Editions du Cerf. Après quelques recherches, ils auraient pu constater que le mot arménien est ծայթ, que sa translittération scientifique est cayt' et que la transcription phonétique française la plus approchante est "tzaït" (ici: viewtopic.php?f=1&t=1532&start=15 ). Ce n'est pas parce que j'avais d'autres chats à fouetter à l'époque où j'ai publié le message qui a l'air d'avoir été très apprécié par les rédacteurs de Wikipédia et que j'ai attendu plus de trois ans avant de chercher à quoi correspondait la transcription du RP Mécérian qu'il fallait que les wikipédistes suivent l'exemple lamentable de ma paresse!
Quand une langue écrite dans une autre écriture que l'alphabet latin est au bénéfice d'un système de translittération reconnu un peu partout, il y a un moment où il faut quand même finir par utiliser cette translittération plutôt que de continuer à faire des transcriptions phonétiques plus ou moins approximatives, quitte à rappeler comment le mot se prononce dans sa langue. Je crois qu'il y a un moment où il faut se décider à écrire Popović, quitte à rappeler que cela se prononce en français Popovitch, et Mao Zedong, quitte à rappeler que cela se prononce en français à peu près Mao Tsé-toung...

Un autre exemple du peu de sérieux de Wikipédia, qui confine à la désinformation pure et simple, se trouve dans l'article du Wikipédia francophone sur le catholicisme (ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Catholicisme ):
Par ailleurs, la question du « filioque » (un ajout officialisé à l'époque de Charlemagne au symbole de Nicée-Constantinople) matérialise une série de ressentiments entre les christianismes orientaux et occidentaux séparés depuis 1054. Pour les chrétiens orientaux, un Saint-Esprit ne découlant que de Dieu permet à celui-ci de sauver toute âme, même non-chrétienne, sans que les chrétiens aient à agir autrement que par la prière. Pour les chrétiens occidentaux en revanche, le Saint-Esprit découlant aussi du Christ, c'est un devoir impératif de convertir activement les non-catholiques. C'est pourquoi, depuis le schisme, l'Église « orthodoxe » n'envoie plus de missionnaires et n'a jamais eu d'Inquisition, alors que l'Église « catholique » s'est ingéniée à amener le maximum de personnes possibles à son crédo.
C'est du délire pur et simple ! À part quelques excentricités contemporaines comme les récentes prises de position de Mgr Hilarion (Alfeyev) dans le Spiegel , des déclarations d'œcuménistes fanatiques ou des prises de position de phylétistes justifiant leur racisme, je ne vois pas que les orthodoxes aient jamais professé que les chrétiens n'aient pas à agir autrement que par la prière! Développer une telle prise de position missionnaire est d'ailleurs directement contraire au commandement du Seigneur Lui-même (cf. Mt 28, 19).
C'est vrai que l'Orthodoxie n'a pas été en mesure de développer la même activité missionnaire que les catholiques romains ou les protestants, tout simplement pour des contingences historiques que semblent ignorer les « encyclopédistes » de Wikipédia:
- du XIe au XIXe siècle, les Églises locales d'Europe du sud-est et d'Anatolie ont subi une terrible pression de l'Islam; des pays comme la Bulgarie, la Grèce ou la Serbie ont subi la domination ottomane pendant cinq siècles; les Ottomans punissaient de mort toute conversion de l'Islam au christianisme; on se demande dès lors comment ces Églises, dans une situation d'opression constante, auraient pu avoir une activité missionnaire;
- à partir de 1917, l'Église orthodoxe de Russie a été plongée dans une tourmente telle qu'aucune autre chrétienté n'en avait jamais connue. On se doute bien que, dans des situations comme la grande purge de 1937-1938 où les communistes tuèrent 90% du clergé orthodoxe d'Union soviétique en dix-huit mois, l'Église ne pouvait guère se préoccuper de mission.
Il est évident qu'aucune chrétienté catholique romaine ou protestante n'a été confrontée à de pareilles menaces, ce qui leur a donné des possibilités d'action que l'Orthodoxie, dans son ensemble, ne connaît que depuis vingt ans environ.

Néanmoins, l'affirmation péremptoire de Wikipédia
C'est pourquoi, depuis le schisme, l'Église « orthodoxe » n'envoie plus de missionnaires
relève soit de la désinformation, soit de l'ignorance, soit d'un mélange des deux.

Dès le XIVe siècle, l'Église orthodoxe de Russie a commencé une activité missionnaire auprès de diverses populations allogènes de l'Empire russe (mission de saint Étienne de Perm auprès des Komis). Dès la fin du XVIIIe siècle, cette activité missionnaire s'est étendue à l'Alaska et aux îles Aléoutiennes. Au XIXe siècle, les missions orthodoxes russes ont été actives en Chine, en Corée et surtout au Japon. La liturgie était traduite dès 1859 dans une langue comme le iakoute. Cette action a été brisée par les événements de 1917. La chrétienté orthodoxe chinoise a été privée de clergé par Mao Zedong lors de la Révolution culturelle. En Corée, l'activité missionnaire a dû reprendre à partir de zéro après une quarantaine d'années d'interruption. Néanmoins, il y a toujours une Église orthodoxe du Japon, avec deux évêques japonais; il y a toujours un diocèse orthodoxe coréen, fût-il de petite taille; il y a toujours une dizaine de milliers de Chinois qui ont réussi à garder la foi orthodoxe malgré près de cinquante ans d'arrêt de la vie liturgique. Et surtout, l'Orthodoxie est restée bien vivante en Alaska, tandis que plusieurs peuples de la Fédération de Russie, comme les Tchouvaches ou les Ossètes, ont été majoritairement gagnés à l'Orthodoxie au cours des XVIIIe et XIXe siècles et sont restés de tradition orthodoxe. Si l'on en croit les encyclopédistes de Wikipédia, tous ces gens proviennent d'une génération spontanée et sont tombés du ciel, puisque l'Encyclopédie participative nous proclame qu'il n'y a plus eu de mission orthodoxe depuis 1054. Bonnes gens, croyez Wikipédia qui vous annonce que saint Nicolas (Kassatkine) du Japon est une pure création de notre imagination.

Sont aussi rayées de la carte par la science des wikiencyclopédistes la fervente communauté orthodoxe indonésienne ou les communautés d'Amérique centrale. Le département des missions extérieures de la Diaconie apostolique de l'Église de Grèce est une illusion d'optique que mon œil croit avoir aperçu comme éditeur d'un Sanctoral Ortodoxo Español que mes mains croient avoir tenu.

Plus grave encore, parce que le phénomène est plus récent et se développe mieux, Wikipédia ignore totalement l'existence de la mission orthodoxe en Afrique noire. Le million d'orthodoxes du Kenya n'existe pas. Les 327 personnes baptisées à Harare au Zimbabwe par Mgr Georges (Vladimirou) le 30 décembre 2009 (ici:
http://www.orthodoxie.com/2010/01/327-b ... babwe.html ) n'existent pas. Je n'ai jamais rencontré, à Athènes puis à Paris, l'évêque orthodoxe du Nigéria.

Trêve de plaisanterie, de la part de Wikipédia, c'est soit une ignorance crasse doublée de suffisance (comment se lancer dans des affirmations aussi péremptoires sur un sujet dont on ne connaît visiblement rien?), soit de la désinformation, et c'est autrement plus grave que d'aller pomper des phrases sur le forum orthodoxe sans donner l'indication de la source.

Dommage, parce si de telles «erreurs» plus ou moins volontaires se multiplient, cette encyclopédie en ligne, projet génial dont personne ne conteste l'utilité et dont nous nous servons tous presque tous les jours, risque de devenir un sujet de discorde et d'y perdre sa crédibilité.

Anne Geneviève
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Re: Iverskaya Tchasovnya

Message par Anne Geneviève » lun. 04 janv. 2010 17:22

Crédibilité qu'elle a déjà perdu. Pour ma part, je ne consulte plus que les articles de sciences dures à fins d'instruction personnelle parce qu'on peut difficilement traficoter une équation et, quand j'utilise un article historique à fins d'illustration de mes propos, je commence par le vérifier à la loupe ! Il y en a d'excellents mais beaucoup trop de controuvés.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

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Re: Iverskaya Tchasovnya

Message par Claude le Liseur » mar. 02 août 2011 17:05

Claude le Liseur a écrit : Trêve de plaisanterie, de la part de Wikipédia, c'est soit une ignorance crasse doublée de suffisance (comment se lancer dans des affirmations aussi péremptoires sur un sujet dont on ne connaît visiblement rien?), soit de la désinformation, et c'est autrement plus grave que d'aller pomper des phrases sur le forum orthodoxe sans donner l'indication de la source.
Dommage, parce si de telles «erreurs» plus ou moins volontaires se multiplient, cette encyclopédie en ligne, projet génial dont personne ne conteste l'utilité et dont nous nous servons tous presque tous les jours, risque de devenir un sujet de discorde et d'y perdre sa crédibilité.
Encore plus fort de la part de Wikipédia, après les citations pompées du présent forum orthodoxe ou la désinformation pure et simple, voici le roman. J'ai eu la curiosité de consulter l'article du Wikipédia francophone sur la fin des Romanov http://fr.wikipedia.org/wiki/Ex%C3%A9cu ... le_Romanov et voici le roman extravagant que j'y ai lu:
Des informations biographiques complètes et cohérentes relatives à une survivance prolongée sont ainsi apparues pour trois des six parents de Nicolas II, morts de ce fait dans un lit. D'après ces nouveaux éléments grâce à Tchitchérine, sous un nom polonais, Maria fut évacuée en octobre 1918 vers l'Ukraine, (alors occupée par les Allemands) et épousa en Roumanie un prince ukrainien en janvier 1919, Nicolas Dolgorouki. Elle se fit désormais appeler comtesse Di Fonzo mais se fit enterrer début décembre 1970 avec une photo au nord de Rome sous le nom de SAI Maria Nikolaïevna Romanov Dolgorouki(1899-1970). Elle était alors mère de deux filles et grand-mère d'un garçon ; elle décéda à l'âge de 71 ans d'un cancer près d'un an après son mari (janvier 1970). La découverte de cette tombe par les autorités italiennes peu après la publication du livre de Summers et Mangold obligea plusieurs auteurs à développer la controverse et son petit-fils à se montrer en 1982. A la lecture de la liste composée par Romanov Impostors c'est seulement vingt-deux ans après, en 2004, qu'un autre personnage, un seul réclama également sa filiation avec une autre Maria Romanov. Marc Ferro et Michel Wartelle rencontrèrent ce petit-fils, Alexis Durazzo et après consultation attentive du dossier donnèrent foi à ses allégations. D'autant qu'une autre pierre tombale italienne, détruite en 1995, fut signalée par Alexis Durazzo à Michel Wartelle qui la photographia : elle se trouvait au nord de la péninsule au cimetière de Mennagio près du lac de Côme. Sur cette cette tombe, était écrite en allemand cette information : "En mémoire d'Olga Nikolaïevna 1895 1976, fille aînée du Tsar Nicolas II de Russie." Exfiltrée vers l'Allemagne à la fin de 1918, en direction inverse de Maria (vers Vladivostock) elle prit en 1919 le pseudonyme de Marga Boodts et hormis une courte période de mariage (1926-1928) elle resta célibataire, vécut dans les propriétés terriennes de Guillaume II (son parrain) au nord-est de l'Allemagne jusqu'en juin 1939. Sa vie y fut facilitée par une pension secrète de l'ex-Kaiser exilé aux Pays-Bas. Elle s'installa ensuite au nord de l'Italie à Mennagio jusqu'à sa mort le 13 octobre 1976 à 80 ans. Il faut préciser que contrairement à Tatiana, Anastasia, Alexis et un peu Maria ce fut la seule prétendante, au titre ducal d'Olga Romanov. Une une photographie éditée par Alexis Durazzo et Michel Wartelle puis mentionnée par Marc Ferro, nous montre Maria, son mari Nicolas et Olga ensemble en 1957 à l'hôtel du Cap d'Antibes sur la Côte d'Azur. Un déplacement des deux soeurs au Vatican sous le pontificat de Pie XII, d'abord sous la seconde guerre mondiale(la reine d'Italie est citée) puis en 1949, rapportée par un témoin,Soeur Pasqualina Lehnert permit à Olga de recevoir une nouvelle pension rendue doublement nécessaire par la mort de Guillaume II en 1941 et les redistributions systématiques de terre dans la nouvelle Allemagne de l'Est d'après-guerre. Après la mort de Pie XII, ce fut le grand duc Nicolas d'Oldenbourg, filleul allemand de Nicolas II qui prit le relais. Michel Wartelle a publié en annexe de son livre de nombreuses attestations notariées de témoins allemands qui assuraient dans les années 1940 et 1950 (dont un testament de Guillaume II en 1941) de la véritable identité aristocratique de Magda Boodts. Michel Wartelle a également numérisé sur Internet un album photographique de portraits séparés de Maria et d'Olga de 1919 à 1969 et de documents leur appartenant ainsi que la photo des obsèques d'Olga Romanov, le 17 octobre 1976 . Enfin l'Impératrice a vécu en Pologne dans un couvent de Lvov de la fin de 1918 à septembre 1939, mois de l'occupation de L'vov par les Soviétiques, puis dans le monastère florentin des Suori della Mantelate où elle décéda en 1942 à l'âge de 69 ou de 70 ans et y fut enterrée sous son nom de jeune fille : Alicia d'Acia. Il a existé deux témoins, l'un recueilli par Alexis Durazzo en dernière minute (octobre 1980) par Alexis Durazzo,et l'autre encore en vie en 2010 au couvent de Florence par Franck Ferrand pour son roman L'ombre des Romanov qui ont informé de sa survie en Pologne et en Italie, hautement protégée par les autorités pontificales. Il faut d'ailleurs préciser que jusqu'en septembre 1970 Maria résidait surtout en Belgique et que sentant la mort venir elle choisit de se faire opérer et enterrer dans le pays où mourut sa mère, et où vivait encore sa soeur Olga qui se déplaça à l'hôpital de Rome pour l'opération. Par ailleurs aucune prétendante ne se fit jamais passer pour cette impératrice.La connaissance plausible par l'Église russe du passage attesté de ces trois femmes Romanov au Vatican ou dans des monastères pontificaux, explique aux yeux de plusieurs chercheurs le refus du patriarche de Russie de se rendre aux cérémonies de juillet 1998, et de cautionner ainsi une mascarade.
Le cas d'une survie prolongée des trois autres est plus problématique, les sources parcellaires parfois contradictoires témoignant parfois d'une perplexité des auteurs.
Tatiana aurait vécu avec sa mère dans le même couvent qu'elle à L'vov ; mais aucun témoin direct extra-familial ne l'a confirmé ; elle et sa mère auraient reçu leurs deux soeurs en Podolie à noël 1937. Elle n'a pas été vue à Florence au côté de sa mère, ni au Vatican avec ses soeurs Olga et Maria. Et trois prétendantes clamèrent son identité.C'est peut-etre l'une d'entre elles qui a correspondu avec sa grand-mêre paternelle Maria Federovna (qui a toujours assuré d'avril 1919 à sa mort en 1928 la survie de sa famille). Du moins sait-on que la Tatiana invoquée par le livre d'Alexis Durazzo auquel a puisé Michel Wartelle n'a pas complètement disparu de la vie civile après 1918. Car dans l'immédiat après-guerre, vers 1951 sous le nom d'Alexandra Michaelis, elle a a été reconnue à la tête de camps de réfugiés en Allemagne ; » Ce n'est pas une des trois prétendantes signalées plus haut. Mais nous perdons toute trace d'elle après cette date et à ce jour, aucune photographie d'elle après 1918 ne nous est parvenue. Rien de sérieux ne permet de retenir l'hypothèse évoquée par Michel Wartelle puis par Franck Ferrand à partir d'un ouvrage britannique de mémoire tardif et isolé paru en 1989, d'une exfiltration anticipée de cette fille au début de juillet 1918 vers l'Angleterre ; laquelle l'aurait familiarisée avec les idées libérales que récusaient ses deux soeurs,l'une étant mariée à un prince ukrainien très proche d'Hitler et de Mussolini. Aucune pièce de l'intégrale du dossier Sohkholov ne fait état de l'absence d'une des filles Romanov dans la première quinzaine de juillet 1918, qui n'aurait pas manqué d'être remarquée. De surcroît, elle se trouvait bien à Perm dès le 20 juillet jusqu'au début octobre avec ses sœurs et sa mère.
L'ex-tsarévictch Alexis a peut-être survécu en URSS sous le nom de Alexandre Filatov jusqu'à l'âge de 84 ans comme l'affirmèrent nombre de savants soviétiques entre 1994 et 1998. Mais ils se situaient dans l'optique traditionnelle du massacre collectif à la maison d'Ipatiev auquel seul le benjamin hémophile aurait survécu avec peut-être Anastasia. Michel Wartelle récuse le collectif et assure à l'instar de Marnina Grey qu'il fut fusillé avec le tsar mais sans prétendre en apporter la preuve : le corps disparu aurait été envoyé au Danemark. Par ailleurs il y eut une dizaine de prétendants depuis 1919 à se réclamer de l'identité de "l'héritier". Certains lui ressemblaient beaucoup.
Reste Anastasia. Fut-elle Anna Anderson ? Et pourqui elle spécialement et pas les quatre autres Anastasia ? Elle se trouve de manière inattendue en partie réhabilitée. Michel Wartelle au sein de son album photo a introduit deux photographies d'Anna Anderson, dont il ne doute pas que cette femme décédée en février 1984 et enterrée en Allemagne et aux États-Unis sous le nom d'Anastasia de Russie fut une des trois survivantes. Dans son testament du 10 février 1970 Marie ne parle pas d'elle et ne paraît pas se souvenir qu'elle est passé d'après un témoignage formulé en 1984 auprès d'Alexis Durazzo qu'elle serait passée en Roumanie l'année de son mariage. En raison des nombreuse procédures qui ont repoussé ses prétentions,le cas Anna Anderson restera longtemps mystérieux. Mais les tribunaux agissaient à partir d'un dossier truqué où manquaient ds témoignages faisant état à Perm en septembre 1918 d'une tentative d'évasion de sa part : possible confusion entre cette tentative d'évasion et celle improbable d'Ekatérinbourg qui lui est attribuée. Mais Tatiana Botkine une amie d'enfance qui la défendit dans un livre publié en 1985, pour avoir continué à la voir en captivité en 1918, assure qu'elle a échappé au massacre de la villa d'Ipatiev. Mais on peut se demander aussi pourquoi postmortem elle cautionnerait une mythomane ou une intrigante. A ce stade on en est à une souhaitable révision du procès sur la base d'éléments manquants considérables. De son côté, le Prince Sigismund de Prusse (1896-1980), un cousin germain des enfants Romanov et neveu du Kaiser Guillaume II, s'est dit toujours convaincu dès la fin des années 1950 de la double identité d'Anna Anderson-Anastasia et de Marga Boodts-Olga. Un autre cousin germain allemand, Frederic de Saxe, défendait Annna Anderson et avait connaissance au moins en 1967 du secret de Maria Romanov-comtesse di Fonzo dont il l'aurait tenu informée jusqu'en 1969 de l'évolution des procès. Mais celle-ci n'en dit rien dans son testament et les documents exhumés par Alexis Durazzo sur la vie de sa probable grand-mère maternelle n'en font pas état. Mais Anthony Summers et Tom Mangold la rencontrèrent en 1974 et elle leur répondit "il n'y a jamais eu de massacre à Iékérinbourg mais je ne peux pas en dire plus."
A côté des derniers tests ADN, qui démontreraient le massacre, l'historien dispose d'une réalité matérielle contraire : cinq pierres tombales qui témoigneraient entre 1942 et 1984 de la survie de quatre membres de la famille. Nous avons ainsi Alicia de Hisse, Maria, Olga & Anastasia-Anna Anderson elle-même, qui fut incinérée et doublement enterrée sous le nom de jeune fille qu'elle a toute sa vie revendiquée, à Charlotsville et en Bavière.
Beaucoup de parties n'avaient aucun intérêt à admettre publiquement la version officielle soviétique (exprimée rappelons-le à quatre reprises en septembre 1918, décembre 1918, juillet 1920 et avril 1922 respectivement par Tchitchérine, Litvinov, Zinoviev et à nouveau Tchitchérine ), d'une exécution solitaire du tsar : les alliés occidentaux pas très fiers de leur aide insuffisante envers le tsar pendant la première guerre mondiale, les Allemands négociant secrètement avec Lénine des libérations de prisonniers communistes allemands (comme Liebknecht, Jogisch) contre des spartakistes bolchéviques emprisonnés en Allemagne, les "Blancs" cherchant à obtenir de l'aide des puissances occidentales, à l'approche de l'armistice de novembre 1918, en criant à la barbarie des Bolcheviks (ces vociférations nourrissaient par ailleurs leurs fantasmes antisémites comme celui du "juif Jacob Iourovski"), les héritiers Romanov en Grande-Bretagne voulant à tort s'emparer des fonds présumés placés à l'étranger par le tsar ou, à défaut, de son héritier britannique légitime, Cyrille, acteur de la première révolution russe de février 1917. Peut-être ces doutes feraient-ils fantasmer des journalistes qui écriraient, d'après Hélène Carrère d'Encausse, des ouvrages dénués de sérieux . Pourtant, les pièces d'archives exhumées par Summers-Mangold, puis par Marina Grey et Marc Ferro, indiquent que dans les chancelleries et milieux politiques britanniques, français, allemands, américains, espagnols, vaticans, voire chez certains Blancs, on était sûr de la survie de la famille de Nicolas II au moins jusqu'au printemps 1919. Si les preuves sur la fortune de Nicolas II à l'étranger laissaient et laissent encore à désirer, incontestablement une difficulté intellectuelle, idéologique apparaissait et apparaît toujours en occident et chez les Grands-Russes Blancs dans d'éventuels commentaires sur l'exécution exclusive de Nicolas II annoncée par la future URSS : l'évaluation du règne d'un autocrate qui eut tant de partenaires, d'amis pendant vingt-cinq ans et dont le label de "Nicolas le Sanglant" dépassait largement le milieu bolchevik qui le fit exécuter ; car ce label contribua à sa chute en février 1917. La douteuse réhabilitation dont il a fait l'objet en Russie ne change rien à cette donnée historique.
Quel aplomb!
Peu importe que l'on ait retrouvé les ossements des Romanov sur la base des documents communistes eux-mêmes; peu importe que les ossements aient été identifiés grâce à l'ADN; peu importe que les analyses ADN aient aussi démontré l'imposture de la fausse grande-duchesse Anastasie, alias Anna Anderson, de son vrai nom Franziska Schanzkowa; peu importe que même Alain Decaux, dont on a pu pourtant constater la naïveté quand il mettait sa plume au service de la thèse de l'innocence des Rosenberg, avait dès les années 1960 démontré l'inanité de ces théories fumeuses. Il semble qu'un roman ait été publié récemment en langue française pour nous raconter une pseudo-survie des femmes de la famille impériale; il faut bien en faire la publicité; mais sur le Wikipédia francophone, le roman est présenté comme la vérité, appuyée sur une "réalité matérielle". Quand on connaît la force de pénétration de Wikipédia dans des milieux qui n'ont plus accès aux livres, on se rend compte du caractère pernicieux de telles méthodes.
Chose curieuse, je n'ai trouvé cette étonnante thèse appuyée sur une "réalité matérielle" ni sur le Wikipédia anglophone, ni sur le Wikipédia germanophone, ni sur le Wikipédia italophone, ni sur le Wikipédia francophone. Heureux francophones qui ont accès à des vérités cachées au reste de l'humanité, ou malheureux francophones à qui l'on sert n'importe quel roman comme étant un fait historique?
On remarquera par ailleurs le français pour le moins laborieux de la notice (qu'est-ce que les "Grands-Russes Blancs"? que veut dire le "label de "Nicolas le Sanglant"" - faut-il comprendre "label" comme voulant dire "sobriquet"? étrange maîtrise du français) et les orientations politiques évidentes. Ce qui ne fait que confirmer ce qu'écrivait Alain Decaux en son temps: les bolcheviks ont eux-mêmes fait courir, à l'automne 1918, la rumeur de la survie de certains membres de la famille impériale, pour semer un peu plus la confusion chez leurs adversaires blancs (qui étaient déjà divisés entre socialistes, républicains et monarchistes, et qu'il fallait encore diviser un peu plus). Exactement comme ceux qui avaient fait mourir le petit Louis XVII de mauvais traitement avaient tout intérêt à alimenter le mythe de sa survie pour saper la légitimité de leurs adversaires.
Mis à part les difficultés que l'on peut éprouver à traduire du wikipédien en français, certains passages défient toute logique: ainsi, on nous apprend que " les Allemands négociant secrètement avec Lénine des libérations de prisonniers communistes allemands (comme Liebknecht, Jogisch) contre des spartakistes bolchéviques emprisonnés en Allemagne" - c'est-à-dire que les Allemands cherchaient à échanger des communistes emprisonnés en Allemagne contre des communistes emprisonnés en Allemagne? Et qu'ils avaient besoin de Lénine pour cela? (Pour mémoire, Karl Liebknecht, après avoir lancé un peu trop tôt sa révolution "spartakiste", d'ailleurs réprimée par l'énergique social-démocrate Noske, fut arrêté le 15 janvier 1919 et assassiné le jour même. On se demande comment cela aurait laissé le temps de négocier sa libération.)
On constate que l'opération se poursuit sur le Wikipédia francophone, avec un style qui n'est pas sans rappeler... le style soviétique (on nous parle des "vociférations" des adversaires des bolcheviks, en nous apprenant peut-être bientôt qu'ils étaient des "vipères lubriques" et des "chiens enragés"), un soupçon de russophobie (peut-être reproche-t-on aux Russes de ne plus être communistes?) et bien sûr une finalité anti-chrétienne, puisqu'en soutenant le mythe de la survie de l'impératrice et des grandes-duchesses, on remet en cause les canonisations de 1981 (Eglise orthodoxe russe à l'étranger) confirmées en 2000 (Eglise orthodoxe russe désormais libre sur son territoire). Bien sûr, la canonisation est assimilée par Wikipédia à une "douteuse réhabilitation"; comme si, au fond, on reprochait à la Russie de tenter ce que certain pays n'a pas réussi à faire, à savoir renouer les fils rompus de son histoire...
On notera aussi que, pour les besoins de la thèse, l'impératrice Alexandra, dont la conversion du luthéranisme à l'Orthodoxie avait été sincère et sans arrière-pensées, se retrouve dans les milieux catholiques romains à Florence et au Vatican... donc ni dans sa confession d'origine, ni dans la confession qu'elle avait embrassée. Mais, évidemment, un roman se vend toujours mieux en y mettant une pincée de Vatican. On note aussi qu'après avoir échappé au massacre de 1918, l'impératrice aurait pu tout aussi tranquillement quitter Lemberg au moment de l'occupation soviétique en 1939. Croit-on vraiment que la vie dans les territoires que nazis et Soviétiques s'étaient partagés en 1939 était une telle partie de plaisir? Quand on sait ce que les gens ont souffert, cela en devient indécent.
Etrange "encyclopédie" militante, rédigée dans une langue maladroite au point d'en devenir difficilement compréhensible, contenant des assertions ne reposant sur aucun fait et qui plus est démenties par les preuves scientifiques - étonnant, d'ailleurs, ce mépris pour les analyses ADN et autres instruments de la science forensique, de la part de gens dont le ton laisse deviner qu'ils appartiennent à des milieux qui font profession de "bouffer du curé" et d'annoncer la victoire de la science sur la religion. Leur science... Lyssenko? N'était-ce pas le dominicain polonais Bocheński qui disait que le marxisme était la superstition la plus absurde que l'esprit humain ait pu engendrer? En voici peut-être encore une démonstration.
Je comprends mieux cette socialiste française qui m'expliquait en 2009 qu'il n'y avait plus besoin de livres, maintenant qu'il suffisait de puiser dans la "grande bibliothèque d'Internet"... si c'est pour y pêcher de pareilles perles...
Comment dit-on "foutage de gueule" en wikipédien?

FABRE
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Re: Iverskaya Tchasovnya

Message par FABRE » mer. 03 août 2011 8:21

ceci dit, j'ai pu constater plusieurs fois que même des professeurs spécialistes des religions à la Sorbonne, je crois, ou au CNRS...invités souvent à la télévision dans des débats, connaissent maintes anecdotes en leur spécialité, mais " se trompent " souvent et, ou ignore l'exactitude, la réalité, qui de la religion orthodoxe ( souvent) des protestant, Ktos, etc..... à chaque fois, j'en suis babatifié !

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