profession de foi des évêques de l'Eglise de Grèce

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Claude le Liseur
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profession de foi des évêques de l'Eglise de Grèce

Message par Claude le Liseur » mar. 16 mai 2006 21:13

Comme Mihaela Ploscaru me l'avait demandé suite à notre échange dans le fil "les canons", je donne ici la profession de foi des évêques, telle que l'archimandrite Denis Guillaume l'a traduite dans son travail colossal qu'est le Grand Euchologe et Arkhiératikon (Diaconie apostolique, Parme 1992, pp. 762-766). Dans l'Eglise de Grèce, la pratique actuelle est que le nouvel évêque lit cette profession de foi au début de la liturgie de son ordination après l'avoir recopiée de sa propre main. En certains lieux, des questions posées par les évêques consécrateurs ponctuent les trois paragraphes de la confession de foi.
Il me semble que cette confession de foi est un très beau texte, très précis dans sa description de la foi, et j'invite chaque lecteur à le méditer longuement.

Moi, N., élu par miséricorde de Dieu métropolite (archevêque ou évêque) de L., j'ai rédigé ceci de ma propre main:

Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles. Et en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles. Lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père et par qui tout a été fait. Qui pour nous les hommes et pour notre salut est descendu des cieux, a pris chair du saint Esprit et de la Vierge Marie, et s'est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit et fut mis au tombeau, et le troisième jour il est ressuscité selon les Ecritures. Il est monté au ciel, est assis à la droite du Père et viendra de nouveau avec gloire pour juger les vivants et les morts; son règne n'aura pas de fin. Et au saint Esprit, Seigneur vivifiant, qui procède du Père, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils, et a parlé par les prophètes. Je crois en l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour la rémission des péchés. J'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.
En outre j'estime et j'accepte les sept Conciles oecuméniques et ce qui a été reçu et ratifié dans les synodes locaux réunis pour sauvegarder les enseignements orthodoxes de l'Eglise. Je reconnais toutes les définitions que, guidés et illuminés par la grâce de l'Esprit très saint, ils ont formulées au sujet de la foi véritable. Quant aux saints Canons que nos bienheureux Pères, les ayant imposés pour la bonne organisation de la sainte Eglise du Christ ou pour régler les moeurs suivant les traditions apostoliques et l'esprit de l'enseignement divin contenu dans l'Evangile, ont transmis à l'Eglise, je les embrasse et j'aurai soin de m'y conformer pour diriger le ministère que, par volonté divine, le sort m'a confié, et pour instruire constamment tout le saint clergé et le reste du peuple de Dieu confié à ma garde spirituelle.
Ce qu'il y a de plus important, je le confesse, pour garder l'unité de la foi dans le lien de la paix: tout ce que notre Eglise une, sainte, catholique et apostolique enseigne en premier lieu, moi aussi je le crois en premier lieu, sans rien ajouter ni retrancher ni changer de ses dogmes et de ses traditions, mais y persévérant, l'enseignant et proclamant, avec crainte de Dieu et bonne conscience, repoussant moi aussi et rejetant pour toujours tout ce qu'elle rejette et condamne comme étranger à son enseignement.


Je crois en un seul Dieu, distinct en trois personnes: le Père, le Fils et le saint Esprit; distinct, je le dis pour ce qui est des propriétés, mais indivisible pour ce qui est de l'essence, selon laquelle est identique tant la Trinité que l'Unité: monade quant à l'essence, la nature et la condition, triade selon les propriétés et l'appellation, car l'un s'appelle Père, l'autre, Fils, l'autre, saint Esprit. Le Père est inengendré et sans commencement; rien n'est plus ancien que lui, car il était Dieu, et l'a toujours été; sans commencement, car il ne tient son être de personne, sinon de lui-même. Je crois que le Père est la cause du Fils et de l'Esprit: du Fils, par la génération, de l'Esprit saint, par la procession; sans qu'il faille voir en eux de séparation ni de changement, mais seulement la différence dans les propriétés de leurs personnes. Car le Père engendre le Fils et envoie l'Esprit saint; le Fils est engendré par le seul Père, et du Père procède l'Esprit saint. Ainsi, je prône un seul principe, et je reconnais dans le Père la seule cause du Fils et de l'Esprit. Je définis le Fils comme principe supratemporel et sans limites, et non comme début des créatures, comme s'il en était le premier ou qu'il en détenait la primauté: point du tout! C'est là le bavardage impie des partisans d'Arius: de façon blasphématoire ce maudit soutenait en effet la création du Fils et de l'Esprit saint. Moi, je dis que le Fils est le principe né du Père sans commencement, pour ne pas devoir admettre deux principes. Mais après ce principe, en plus du Fils il y a le saint Esprit, puisqu'ensemble et en même temps du Père tiennent l'être et le Fils et l'Esprit, celui-là par génération, ce dernier, comme il est dit, par procession. Le Père n'est pas séparé du Fils, ni le Fils de l'Esprit, ni l'Esprit saint du Père et du Fils; mais le Père est tout entier dans le Fils et dans le saint Esprit, le Fils est tout entier dans le Père et dans l'Esprit saint, et l'Esprit saint est tout entier dans le Père et le Fils: ils sont unis tout en étant distincts et distincts tout en étant unis. Je reconnais dans le Verbe de Dieu, coéternel au Père, supratemporel, incirconscrit et infini, celui qui descend jusqu'à notre nature pour y assumer, dans les chastes et virginales entrailles de la seule Vierge toute pure et immaculée, l'humanité avilie et totalement déchue, afin d'accorder au monde entier, dans sa miséricorde, la grâce et le salut. Alors se produisit l'union des natures, de personne à personne, non que l'enfant soit devenu parfait par ajouts successifs, ni que les natures conjointes se soient unies par amalgame, confusion ou mélange, ni que le Verbe soit venu à l'improviste sur un homme déjà personnifié et que l'union ait été accidentelle, selon la doctrine nestorienne, ni qu'il fût privé de l'âme et de l'intelligence humaine, selon Apollinaire, qui en cela manque vraiment d'intelligence, car il disait sottement que la divinité suppléait l'intelligence. Quant à moi, je confesse qu'il est lui-même parfaitement Dieu et parfaitement homme, qu'il est chair en même temps que Verbe de Dieu, chair animée d'une âme raisonnable et spirituelle, qu'il garde même après l'union toute la splendeur naturelle de sa divinité, sans changement pour sa divinité ou pour son humanité du fait de son union toute-pure avec le Verbe, qu'étant le même il possède une seule hypostase composée, conservant, dans la dualité des natures et des énergies, ce qui leur appartient et en quoi il est lui-même, de façon unique, Jésus Christ notre Dieu; et qu'il a aussi deux volontés naturelles, et non d'ordre moral. Et il faut savoir comment il a souffert: je dis qu'étant Dieu il a souffert dans la chair, et nullement que la divinité soit passible ou qu'en la chair elle ait souffert. De plus je confesse qu'il assuma toutes nos passions irréprochables, celles qui font partie de notre nature à l'exception du péché, telles que la faim, la soif, la fatigue, les larmes, etc., agissant en lui non de façon contraignante, comme cela se produit en nous, mais l'humaine volonté se conformant à son vouloir divin. Car c'est de plein gré qu'il eut faim, de plein gré qu'il eut soif, de plein gré qu'il éprouva la fatigue, de plein gré qu'il mourut. Si donc il meurt, acceptant la mort pour nous, sa divinité demeure impassible. Car il n'était pas soumis à la mort, celui qui ôte le péché du monde, mais c'était pour nous arracher à la main vorace de la mort et, par son propre sang, nous conduire vers son Père. S'attaquant à un corps humain, la mort est terrassée par la puissance de la divinité et rejette les âmes des justes qui depuis les siècles en étaient captives. Après sa résurrection d'entre les morts, s'étant montré sur terre au milieu de ses disciples pendant quarante jours, il est monté au ciel et s'est assis à la droite du Père. Cette droite du Père, je ne dis pas qu'elle soit localisée ou circonscrite, mais que c'est la gloire sans commencement, la gloire d'avant les siècles, que le Fils, l'ayant eue avant son incarnation, possède encore après cette incarnation. Sa sainte chair se trouve donc adorée avec sa divinité, en une révérente adoration. Ce n'est pas que la Trinité ait reçu quelque accroissement: point du tout! Car la Trinité est demeurée telle, même après l'union du Fils unique, mais sa sainte chair de¬meure inséparable, avec lui pour l'éternité, et c'est avec elle qu'il viendra juger les vivants et les morts, les justes et les pécheurs: aux justes il donnera la récompense de leurs actions vertueuses et le royaume des cieux pour leurs peines d'ici-bas; aux pécheurs, l'éternel châtiment et le feu sans fin de la géhenne. Puissions-nous tous échapper à ce tourment et obtenir les biens immatériels qui nous sont promis, dans le Christ Jésus notre Seigneur. Amen.

Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles; il est inengendré, sans cause et sans commencement, principe de la nature divine, cause du Fils et de l'Esprit. Je crois aussi en son Fils unique, né de lui hors du temps et de façon immatérielle: il lui est consubstantiel, et par lui tout a été fait. Je crois encore en l'Esprit saint, qui procède du Père lui-même et qui est glorifié avec lui comme partageant même éternité et même trône, consubstantiel et d'égale gloire, la création est son oeuvre. Je crois que l'Un de cette Trinité surpassant tous les êtres et principe de vie, le Verbe unique Fils, est descendu des cieux pour nous les hommes et pour notre salut, qu'il a pris chair du saint Esprit et de la Vierge Marie, et s'est fait homme, c'est-à-dire qu'il est devenu parfaitement homme tout en demeurant Dieu, sans rien changer de sa nature divine, du fait de sa communion à notre chair, et sans lui devenir étranger; qu'ayant assumé, sans changement, ]'humanité, en elle il a souffert la passion et la croix, bien qu'impassible en sa nature divine; qu'il est ressuscité des morts, le troisième jour; et que, monté aux cieux, il est assis à la droite de Dieu le Père. Je crois, sur Dieu et les choses divines, aux traditions et explications de la seule Eglise catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour la rémission des péchés. J'attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Du Verbe fait homme, je confesse également l'unique personne, je crois qu'il est le seul et même Christ et proclame qu'après son incarnation il conserve, en deux natures et volontés, ce en quoi et par quoi il est. Conjointement je prône deux volontés, chaque nature conservant la sienne et sa propre énergie. Je me prosterne, en relation avec leur objet, et non pas en les adorant elles-mêmes, devant les saintes et vénérables icônes du Christ, de la toute-pure Mère de Dieu et de tous les Saints, et je renvoie aux prototypes leur vénération. Ceux qui ne pensent pas ainsi, je les rejette comme extravagants. J'anathématise Arius et ceux qui partagent ses idées, les partisans de sa folle erreur, Macédonius et ceux qui gravitent autour de lui, si justement appelés pneumatomaques, de même, la doctrine nestorienne et les autres hérésies, je les rejette, avec ceux qui en partagent les idées, je les anathématise, et clairement je proclame à grand voix: Anathème à tout hérétique, à l'ensemble des hérétiques anathème! Quant à notre Dame, la Mère de Dieu et toujours-vierge Marie, en toute vérité je le proclame, à juste titre je la reconnais comme celle qui dans la chair a mis au monde l'Un de la sainte Trinité, le Christ notre Dieu: qu'elle soit mon aide, mon refuge, ma protection, tous les jours de ma vie. Amen.

Et de nouveau:
Moi, N., élu par miséricorde de Dieu métropolite (archevêque ou évêque) de L., j'ai rédigé cela de ma propre main.

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