Pour Roman le Russe

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Catherine
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Message par Catherine » jeu. 02 oct. 2003 0:07

Cher Christian,
Vous dites :
(Rassurez vous .. j'aurais quand même beaucoup de mal à me sentir "à l'aise " en Orthodoxie.. Même si mes bases de langue russe sont significatives..)
et je ne comprends pas ce qui devrait me rassurer. (??????) Par ailleurs, il n'est pas nécessaire de savoir le russe pour être orthodoxe.
Je serais aussi très intéressée de savoir pourquoi exactement vous ne seriez pas à l'aise dans l'orthodoxie.
Je n'ai aucune intention de vous convaincre de quoi que ce soit — entendons-nous bien ! — mais je voudrais connaître les impressions de quelqu'un qui nous regarde de l'extérieur…
Quant à moi, je ne connais sûrement pas bien le (ou: les) protestantisme(s); il y en a un (l'évangélisme) dont j'ai suivi un peu la pratique à la TV américaine et qui me semble une caricature épouvantable et lamentable du christianisme, une triste farce et qui attire cependant des milliers d'adeptes.
J'en ai déduit qu'une partie de l'humanité était franchement abêtie. Je suis stupéfaite de la même manière de l'attrait que les Témoins de Jéhovah peuvent exercer; comment peut-on les prendre au sérieux si l'on a un minimum de jugeote ?
À l'âge de 14, j'avais l'occasion d'observer la vie d'une communauté calviniste dans une maison de vacances en Hongrie pendant 15 jours; ils me paraissaient d'une haute moralité et moins crispés, moins obséquieux que les kto de l'époque, mais j'avais l'impression désagréable qu'ils se prenaient tellement au sérieux qu'ils en devenaient mornes et cela me donnait une envie irrésistible de sortir de cette maison en courant pour m'adonner à de grands éclats de rire dans la nature, où personne ne m'entendait.
Bien sûr, c'était il y a 47 ans : j'ai un peu mûri depuis et peut-être ils ont changé, eux aussi, qui sait ?
Mais je suis certaine qu'il me manquerait partout quelque chose, si je devais vivre dans une communauté religieuse quelconque à la place de l'Église orthodoxe.
C'est pour cela que je vous demande ce qui vous mettrait mal à l'aise dans l'orthodoxie.
K.

eliazar
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Roman le Russe et Francocphonie

Message par eliazar » jeu. 02 oct. 2003 11:52

Chère Irène,
Vous avez écrit hier : « J'espère que vous ne vous offusquerez pas de ce long message qui n'est absolument pas "politique", mais que j'ai pensé utile. »
Je regrette de n’avoir pas ouvert mon PC de suite après votre message, pour vous dire tout de suite et « de vif clavier » ma dénégation absolue: non seulement je ne m’offusque pas, mais je pense comme vous (et en ce qui me concerne : directement) qu’un tel témoignage était en effet très utile. Du reste, comment me permettrais-je de contester un témoignage aussi direct (et désintéressé), alors que je n’ai jamais vécu hors de France métropolitaine ?!
Je tiens donc à vous le dire de tout cœur : ce que vous m'avez permis de partager des petits faits de votre enfance m’a fait du bien, en me permettant de nuancer une opinion personnelle sans aucun doute trop superficielle, et en tout cas, une fois de plus chez moi, trop généralisée. Et de plus, en me permettant de dépasser un a-priori : vous l’avez compris, certainement, ma « Weltanschauung » tient ses bases de mon anti-colonialisme politique, donc : par principe. Et une expérience ouverte de la « pratique » corrige souvent, sinon les principes (du moins s’ils sont justes – dans le sens d'une « justice » humaine), mais au moins leur application.

Ceci une fois posé, et tout en me réjouissant pour vous des souvenirs attendris que votre enfance coloniale a pu vous laisser, je voudrais vous conseiller la lecture d’au moins deux ouvrages courts, faciles à lire, et abondamment documentés – sans lesquels votre connaissance de cette Afrique que vous aimez risque de rester aussi « idéaliste » que celle d’un Pied-Noir qui n’aurait pas lu le Ier Tome de « L’Histoire de la Guerre d’Algérie » d'Alleg, de Bonis, Douzon, Freire et Haudiquet - sur "l’Algérie des origines à l’insurrection".

Le premier de ces documents s’intitule « Massacres Coloniaux : 1944-1950, la Quatrième République et la Mise au Pas des Colonies Françaises » par Yves Benot, aux Éd. La Découverte.

Le second, quant à lui, remonte aux origines de la colonisation et complète donc nécessairement le premier ; il s’agit de « L’Autre Mémoire du Crime contre l’Humanité », de Jean-Martin Mbemba, aux éd. Présence Africaine.

En toute fraternité, dans le Christ infiniment miséricordieux…
< Demeurons dans la Joie. Prions sans cesse. Rendons grâce en tout... N'éteignons pas l'Esprit ! >

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » ven. 11 sept. 2009 1:16

christianc a écrit : (...)

- La Russie a une très ancienne tradition francophile, ne dit on pas qu'à la suite du complot des dékabristes certaines villes de Sibérie ont hérité d'une très bonne bibliothèque française.. (celle des nobles exilés)..

(...)

Tiens, tiens, j'ai entre les mains le dernier rapport (2006-2007) de l'Organisation internationale de la Francophonie La Francophonie dans le monde (Nathan, Paris 2007).

On sait que, peut-être pour des raisons idéologiques assez peu glorieuses (euromondialisme, « masochisme pourfendant le français pour avoir été langue de domination coloniale [qui] s'inspire d'une morale politique aux relents aussi comiques que désuets dans le monde contemporain, et dont on ne trouve qu'en France le pesant ressassement » [Claude Hagège, Dictionnaire amoureux des langues, Plon / Odile Jacob, Paris 2009, p. 168]), les rapports de cette organisation ont une fâcheuse tendance à sous-évaluer le nombre des francophones en Afrique et en Europe occidentale et à le surévaluer dans des proportions qui confinent au ridicule dans le reste de l'Europe et en Asie. Toutefois, je suppose que les statistiques relatives au nombre d'écoliers qui apprennent le français sont moins fausses que les statistiques relatives au nombre de personnes qui parlent le français.
Ces réserves étant énoncées, je renvoie audit rapport qui nous indique ce qui suit à propos de la tradition évoquée plus haut (sans doute «très ancienne» dans un sens archéologique): en 2006, la Russie, pays de 143 millions d'habitants, comptait 53'785 «apprenants» de français dans ses écoles primaires et secondaires (op. cit., p. 58).
La même année, la Syrie, pays de 19 millions d'habitants, comptait 1'260'000 «apprenants» de français dans ses écoles primaires et secondaires (op. cit., p. 40).
Par conséquent, une proportion 176 fois supérieure.
Or, personne ne parle jamais de «très ancienne tradition francophile» à propos de la Syrie et des Syriens.
Tabou. Trou noir. Silence de mort.
Parce qu'ils sont arabes? Ou parce qu'ils sont gouvernés par le parti Baas? Ou à cause d'une troisième raison qu'il est interdit d'évoquer?

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » dim. 20 sept. 2009 9:14

Peut-être parce que Syrie et Liban furent confiés au protectorat français par la SDN après la chute de l'empire ottoman, que malgré la séparation des Eglises et de l'Etat de 1902 la France y a favorisé l'implantation d'écoles chrétiennes pour le peuple et pas seulement pour une mince couche d'élites riches, au grand dam de l'Angleterre.

Il y a effectivement en Syrie une francophilie profonde qui date de ce temps mais qui n'est pas vraiment relayée par une syriophilie dans les médias français -- un peu plus à la DGSE. D'ailleurs le dictionnaire de Firefox ne connaît pas le mot syriophilie. Il me propose aquariophilie ou bibliophilie à la place !
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » dim. 04 oct. 2009 15:06

Anne Geneviève a écrit :Peut-être parce que Syrie et Liban furent confiés au protectorat français par la SDN après la chute de l'empire ottoman, que malgré la séparation des Eglises et de l'Etat de 1902 la France y a favorisé l'implantation d'écoles chrétiennes pour le peuple et pas seulement pour une mince couche d'élites riches, au grand dam de l'Angleterre.

Il y a effectivement en Syrie une francophilie profonde qui date de ce temps mais qui n'est pas vraiment relayée par une syriophilie dans les médias français -- un peu plus à la DGSE. D'ailleurs le dictionnaire de Firefox ne connaît pas le mot syriophilie. Il me propose aquariophilie ou bibliophilie à la place !
Lorsqu'il s'est agi d'opposer des faits (francophilie réelle manifestée par le maintien, envers et contre tout, d'un enseignement de masse du français dans un contexte non franophone) aux phantasmes (francophilie imaginaire dont l'évocation relève du psittacisme ou de l'anachronisme, mais ne repose sur aucune réalité), j'ai choisi l'exemple de la Syrie précisément parce que sa situation n'est pas comparable à celle d'autres pays qui firent à un moment ou l'autre partie des empires coloniaux belge et français:

- Le français n'y est pas langue maternelle (contrairement au Québec et aux minorités francophones du Canada anglais et des Etats-Unis);
- Le français n'y est pas langue officielle (contrairement à Haïti, à 16 républiques d'Afrique noire, aux 3 républiques de l'océan Indien et à la république de Djibouti); en Syrie, l'administration, la vie politique, la justice fonctionnent en arabe (sauf, dans le cas de la justice, en cas de référence à des arrêts des tribunaux français ou aux travaux préparatoires de lois promulguées à l'époque du Mandat);
- Le français n'y sert pas de langue tampon dans un contexte de conflit entre deux langues autochtones comme dans certaines régions d'Algérie (ce serait, d'après les linguistes, le cas de la ville de Tizi-Ouzou);
- Le français n'y est pas, sauf cas exceptionnel, la 2e langue maternelle (ou langue seconde, ou langue apprise après la langue maternelle, mais dans le contexte familial et non scolaire) d'une partie de la population (contrairement à Haïti, au Maroc, à l'Algérie, à la Tunisie et au Liban), mais bien une langue étrangère;
- La Syrie n'a pas jugé bon d'adhérer à l'Organisation internationale de la Francophonie, sorte de machin copié sur l'ONU dont les objectifs sont nébuleux et les moyens limités, et qui a de surcroît ouvert ses portes à une bonne trentaine de pays qui n'ont aucun lien de près ou de loin avec la langue française, mais qui ont vu dans l'infiltration de cette organisation un moyen de réaliser des objectifs politiques ou économiques à court terme; cette abstention est à mettre à l'honneur du gouvernement syrien, d'autant plus qu'aucun des membres de la glorieuse phalange que je viens de citer ne peut faire état ne serait-ce que d'une fraction des traditions de francophonie et de culture francophone de la Syrie - ou même de l'Allemagne;
- Ce n'est évidemment pas les 23 années du Mandat - presqu'unanimement considéré comme une réussite administrative (industrialisation et scolarisation) et comme un échec politique (violations graves et répétées par la France de ses devoirs en tant que puissance mandataire, amputation d'une partie du territoire du Mandat par livraison frauduleuse à la Turquie du sandjak d'Alexandrette, promesses non tenues en ce qui conceranit l'indépendance) qui ont implanté une tradition francophile dans un pays comme la Syrie, mais bien, comme l'a souligné Anne-Geneviève, le souvenir des écoles françaises (en général catholiques des missions ou juives de l'Alliance israélite universelle).

La Syrie m'apparaissait donc comme l'exemple chimiquement pur d'un pays où un enseignement de masse du français, et un contact avec les cultures francophones, se maintenait, sans que cela fût dû au passé colonial ou à d'autres facteurs contingents, donc l'exemple chimiquement pur d'une tradition francophile encore vivante. Et cela était d'autant plus intéressant que, pour des raisons aussi obscures que probablement sordides, cette tradition réelle et bien vivante de la Syrie n'est jamais évoquée, alors que l'on s'étalera sur la prétendue francophilie de tel ou tel pays où à peu près personne ne lit en français depuis des générations et des générations.

J'ajoute encore que, dans le cas du chiffre des "apprenants" de français, il s'agit de données brutes, et non pas de données que l'Organisation internationale de la Francophonie peut manipuler, comme celui des locuteurs. Pour préciser ce que je veux dire, il suffit d'imaginer une région d'un pays A où le français est obligatoire à l'école parce qu'il est la langue officielle d'une autre région du pays, tandis qu'il existe dans cette région non francophone une solide tradition de culture francophone et un intérêt pour l'apprentissage des langues. On aboutit à une situation où 100% de la population de la région non francophone du pays A a étudié le français à l'école, et où 30%de la population totale (30% de la population qui a eu des cours de français) en ont acquis la maîtrise et resteront jusqu'à la fin de leur vie capables de tenir une conversation en français. Imaginons maintenant un pays B où un passé rejeté par la population a abouti à ce qu'on impose encore le français comme 2e langue étrangère à 40% de la population scolaire, mais dans le cadre d'un enseignement obsolète, d'une absence totale de motivation des élèves et d'une solide francophobie de la population dans son ensemble, ce qui fait que seuls 2,5% de la population ayant eu des cours de français en ont acquis la maîtrise. Vous avez bien, dans la réalité, 30% de locuteurs du français dans la région non francophone du pays A, et 1% de locuteurs du français dans le pays B. Et bien, dans le monde merveilleux de la Francophonie, on décrètera, si des besoins aussi mystérieux qu'impérieux l'exigent, que le taux de maîtrise du français par ceux qui l'ont étudié dans le pays B est de 60% (au lieu de 2,5% dans la réalité), et l'on vous trouvera 24% de locuteurs du français dans le pays B (au lieu d'1% dans la réalité), vous le rendant presqu'aussi francophone que le pays A. Il suffit de partir d'une donnée brute (le nombre des "apprenants") et de la manipuler au moyen d'un facteur arbitraire (le taux de succès de l'apprentissage) pour arriver à une donnée déconnectée de la réalité (le nombre des locuteurs). C'est ainsi que les statistiques publiées par la Francophonie dans son rapport 2006-2007 arrivent à l'aberration statistique de ne pas trouver un seul francophone en Algérie (10 à 20 millions de locuteurs du français en réalité!) ou en Syrie, pays qui n'ont pas jugé bon d'adhérer à l'organisation en question, et à en inventer des millions dans des pays qui n'ont aucune tradition francophone, ni même francophile, mais qui ont adhéré à l'organisation pour des raisons de pur opportunisme politique. Dieu merci, l'OIF publie aussi les statistiques des "apprenants" de français, y compris dans les Etats qui n'ont pas adhéré à l'organisation, et l'on est tout à coup surpris de découvrir des millions d'"apprenants" de français en Syrie ou en Algérie - pays où, comme je viens de l'écrire, l'OIF ne nous trouve aucun francophone... - et des effectifs squelettiques dans tel ou tel des nouveaux pays membres où l'OIF s'évertue à nous multiplier par cent le nombre des francophones. Même en dehors des étranges statistiques de l'OIF, un décalage entre les lieux communs et la réalité amènera le discours dominant à inventer une tradition francophone et/ou francophile dans tel ou tel pays où même l'OIF a renoncé à la parthénogenèse statistique des locuteurs du français, et à ignorer superbement la réalité partiellement (mais solidement) francophone et francophile d'un pays peu médiatisé et peu favorisé par la rumeur populaire comme la Syrie.
Tout ceci pour expliquer pourquoi je suis parti du chiffre des apprenants publié par l'OIF - seule donnée non susceptible de manipulation - et de l'exemple de la Syrie, très révélateur quant à l'ignorance obstinée de certaines réalités et à la répétition lassante de certaines affirmations sans fondement dans la réalité.

Claude le Liseur
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Re: Pour Roman le Russe

Message par Claude le Liseur » sam. 02 janv. 2010 21:45

Pour revenir à des débats qui eurent lieu dans le cadre de ce fil en 2003, certes, tous les emballements idéologico-romantiques sont possibles, mais il est parfois intéressant de leur opposer la froide rationalité des chiffres. Le retour au réel peut parfois faire du bien, n'est-ce pas?
Un État peut investir dans des territoires coloniaux ou dans des territoires protégés. C'est ainsi que la France a, de 1945 à 1955, dépensé dans les territoires d'outre-mer dont elle avait la responsabilité, 4 milliards de dollars, c'est-à-dire 3% de son revenu national: ce chiffre dépasse largement le total des investissements réalisés dans le monde par la Banque internationale de reconstruction et de développement pendant la même période. [Souligné par moi - NdL] (Raymond Barre et Frédéric Teulon, Économie politique, tome 2, 11e édition, Presses universitaires de France, Paris 1997 [1re édition Paris 1956], p. 684.)

Claude le Liseur
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Re:

Message par Claude le Liseur » mar. 02 févr. 2010 4:06

Claude le Liseur a écrit :
Tiens, tiens, j'ai entre les mains le dernier rapport (2006-2007) de l'Organisation internationale de la Francophonie La Francophonie dans le monde (Nathan, Paris 2007).

On sait que, peut-être pour des raisons idéologiques assez peu glorieuses (euromondialisme, « masochisme pourfendant le français pour avoir été langue de domination coloniale [qui] s'inspire d'une morale politique aux relents aussi comiques que désuets dans le monde contemporain, et dont on ne trouve qu'en France le pesant ressassement » [Claude Hagège, Dictionnaire amoureux des langues, Plon / Odile Jacob, Paris 2009, p. 168]), les rapports de cette organisation ont une fâcheuse tendance à sous-évaluer le nombre des francophones en Afrique et en Europe occidentale et à le surévaluer dans des proportions qui confinent au ridicule dans le reste de l'Europe et en Asie. Toutefois, je suppose que les statistiques relatives au nombre d'écoliers qui apprennent le français sont moins fausses que les statistiques relatives au nombre de personnes qui parlent le français.
Ces réserves étant énoncées, je renvoie audit rapport qui nous indique ce qui suit à propos de la tradition évoquée plus haut (sans doute «très ancienne» dans un sens archéologique): en 2006, la Russie, pays de 143 millions d'habitants, comptait 53'785 «apprenants» de français dans ses écoles primaires et secondaires (op. cit., p. 58).
La même année, la Syrie, pays de 19 millions d'habitants, comptait 1'260'000 «apprenants» de français dans ses écoles primaires et secondaires (op. cit., p. 40).
Par conséquent, une proportion 176 fois supérieure.
Or, personne ne parle jamais de «très ancienne tradition francophile» à propos de la Syrie et des Syriens.
Tabou. Trou noir. Silence de mort.
Parce qu'ils sont arabes? Ou parce qu'ils sont gouvernés par le parti Baas? Ou à cause d'une troisième raison qu'il est interdit d'évoquer?

En ce qui concerne la Russie, les chiffres de l'OIF doivent correspondre à la réalité - pour une fois ! - puisqu'un rapport du Sénat français de 2004 (ici: http://www.senat.fr/rap/r04-274/r04-2747.html ) indique qu'il y avait en 2002 52'000 écoliers qui avaient des cours de français dans les écoles secondaires en Russie. On peut supposer que la différence de 1'785 apprenants en plus en 2006 correspond à des élèves qui ont un apprentissage précoce à l'école primaire.

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Re: Pour Roman le Russe

Message par Claude le Liseur » sam. 06 févr. 2010 22:06

Claude le Liseur a écrit :De même, Eliazar parle de la connaissance du français par les élites au Vietnam. C'était peut-être vrai en 1950; mais aujourd'hui on parle de 10'000 à 70'000 personnes connaissant le français, ce qui fait un pourcentage bien faible des élites pour une nation de 75 millions d'âmes...
Les dernières statistiques que j'ai pu lire font état de 35'000 francophones au Vietnam sur 86 millions d'habitants, de 7'000 francophones au Cambodge sur 15 millions d'habitants, et de 1'400 francophones au Laos sur 7 millions d'habitants. Soit, pour l'ancienne Indochine française, 43'400 francophones (au sens de personnes qui connaissent le français, pas de personnes qui l'ont comme langue maternelle) sur 108 millions d'habitants. C'est mieux que la Russie (30'000 sur 142 millions), moins bien que le Japon (60'000 sur 127 millions). Dans tous les cas, cela ne s'appelle pas de beaux restes. L'espagnol aux Philippines, le néerlandais en Indonésie, ont connu le même sort, et je ne sais combien de temps le portugais survivra au Timor oriental. L'Asie est ainsi devenue la plus belle conquête de la pensée unique anglo-saxonne.

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Re: Pour Roman le Russe

Message par Claude le Liseur » dim. 07 févr. 2010 15:12

Claude le Liseur a écrit : Les dernières statistiques que j'ai pu lire font état de 35'000 francophones au Vietnam sur 86 millions d'habitants, de 7'000 francophones au Cambodge sur 15 millions d'habitants, et de 1'400 francophones au Laos sur 7 millions d'habitants. Soit, pour l'ancienne Indochine française, 43'400 francophones (au sens de personnes qui connaissent le français, pas de personnes qui l'ont comme langue maternelle) sur 108 millions d'habitants. C'est mieux que la Russie (30'000 sur 142 millions), moins bien que le Japon (60'000 sur 127 millions).
C'est surtout insignifiant par rapport à des pays qui, contrairement à ceux de l'ancienne Indochine, ne furent jamais des colonies françaises: Argentine (65'000 sur 41 millions), Roumanie (160'000 sur 20 millions - chiffre officiel qui me semble extrêmement surévalué par rapport à ce que j'ai pu observer sur place, mais bon...), Espagne (170'000 sur 46 millions), Grèce (200'000 sur 11 millions),Italie (230'000 sur 60 millions ), Égypte (300'000 sur 82 millions), États-Unis d'Amérique (1'500'000 sur 302 millions).

Le français, qui naguère vécut en Asie (il y avait 250'000 francophones au Cambodge avant la prise du pouvoir par les Khmers rouges en 1975; 90% d'entre eux furent exécutés par les communistes), vit aujourd'hui en Afrique - espérons-le pour plus longtemps: République démocratique du Congo (24 millions sur 69 millions), Côte d'Ivoire (13 millions sur 20 millions), Algérie (13 millions sur 36 millions), Maroc (7 millions sur 32 millions), Cameroun (7 millions sur 19 millions), Tunisie (4 millions sur 11 millions). Malgré tout, on continue à faire comme si rien de tout cela n'existait et à nous traiter comme si notre langue avait aussi peu de portée internationale que l'oudmourte.

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Re: Pour Roman le Russe

Message par Claude le Liseur » dim. 07 févr. 2010 16:28

Claude le Liseur a écrit : C'est surtout insignifiant par rapport à des pays qui, contrairement à ceux de l'ancienne Indochine, ne furent jamais des colonies françaises: Argentine (65'000 sur 41 millions), Roumanie (160'000 sur 20 millions - chiffre officiel qui me semble extrêmement surévalué par rapport à ce que j'ai pu observer sur place, mais bon...), Espagne (170'000 sur 46 millions), Grèce (200'000 sur 11 millions),Italie (230'000 sur 60 millions ), Égypte (300'000 sur 82 millions), États-Unis d'Amérique (1'500'000 sur 302 millions).
Pour en terminer avec le chapitre désormais clos à jamais du français en Extrême-Orient, un autre chiffre qui paraît lui aussi extrêmement surévalué par rapport à ce que l'on peut observer sur place: 6'000 francophones sur 1 million d'habitants de l'Union territoriale de Pondichéry. C'est peu après trois siècles de présence française (1673-1954), mais cela s'explique par le fait que les Tamouls francophones ont presque tous émigré vers la France. (Il y aurait 20'000 Tamouls francophones de Pondichéry en France - si le reste de l'Inde avait émigré vers la France dans les mêmes proportions, il y aurait 20 millions d'Indiens en France !)
Le professeur Jacques Leclerc, de l'université Laval de Québec, estime d'ailleurs (ici: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/EtatsNsou ... cherry.htm ) que le chiffre réel des francophones du territoire de Pondichéry est de 200 personnes, pas de 6'000. Cela veut tout simplement dire que tous les autochtones qui avaient une connaissance fonctionnelle du français - et qui devaient représenter un pourcentage non négligeable de la population au moment du rattachement à l'Union indienne - ont depuis longtemps pris le bateau pour Marseille!

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Re: Pour Roman le Russe

Message par Claude le Liseur » dim. 07 févr. 2010 16:56

Claude le Liseur a écrit : Pour en terminer avec le chapitre désormais clos à jamais du français en Extrême-Orient, un autre chiffre qui paraît lui aussi extrêmement surévalué par rapport à ce que l'on peut observer sur place: 6'000 francophones sur 1 million d'habitants de l'Union territoriale de Pondichéry. C'est peu après trois siècles de présence française (1673-1954), mais cela s'explique par le fait que les Tamouls francophones ont presque tous émigré vers la France. (Il y aurait 20'000 Tamouls francophones de Pondichéry en France - si le reste de l'Inde avait émigré vers la France dans les mêmes proportions, il y aurait 20 millions d'Indiens en France !)
Le professeur Jacques Leclerc, de l'université Laval de Québec, estime d'ailleurs (ici: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/EtatsNsou ... cherry.htm ) que le chiffre réel des francophones du territoire de Pondichéry est de 200 personnes, pas de 6'000. Cela veut tout simplement dire que tous les autochtones qui avaient une connaissance fonctionnelle du français - et qui devaient représenter un pourcentage non négligeable de la population au moment du rattachement à l'Union indienne - ont depuis longtemps pris le bateau pour Marseille!
Réflexions tirées du manuel de tamoul le plus répandu en pays francophone:
À bien des égards, la langue tamoule mériterait d'être mieux connue qu'elle ne l'est aujourd'hui. Étrangement, alors que le passé de la France la liait étroitement à l'Inde tamoule - où se trouvaient les deux principaux comptoirs français en Inde, Pondichéry et Karikal -, le grand public n'a pris conscience de l'existence de cette langue qu'avec l'arrivée des Tamouls de Sri Lanka à partir des années quatre-vingt. (Elisabeth Sethupathy et Nagapattinam M. Kasi, Le tamoul sans peine (langue parlée), Assimil, Chennevières-sur-Marne 2007 [réimpression de l'édition de 2002], p. VII.)
Au vu des chiffres qui précèdent, on peut se demander si ce n'est pas plutôt la langue française qui mériterait d'être mieux connue qu'elle ne l'est aujourd'hui à Pondichéry / Puducherry !

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Message par Claude le Liseur » dim. 07 mars 2010 23:02

Claude le Liseur a écrit :
Avez-vous lu la thèse définitive du professeur Marseille "Empire colonial et capitalisme français"? Avez-vous lu la thèse de Daniel Lefeuvre "Chère Algérie"?

La liste des disparus irremplaçables de l'année s'allonge. Après le merveilleux cinéaste Rohmer, l'implacable historien Marseille, le pourfendeur de chimères.

Jacques Marseille est mort le 4 mars 2010 et ses obsèques auront lieu mercredi http://www.jacquesmarseille.fr/ . Prions pour lui.

Anne Geneviève
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Re: Pour Roman le Russe

Message par Anne Geneviève » mar. 09 mars 2010 10:01

Les grands historiens ne sont pas légion. Y aura-t-il seulement une relève ?
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Re:

Message par Claude le Liseur » mer. 13 oct. 2010 21:07

Claude le Liseur a écrit :C'est ainsi que les statistiques publiées par la Francophonie dans son rapport 2006-2007 arrivent à l'aberration statistique de ne pas trouver un seul francophone en Algérie (10 à 20 millions de locuteurs du français en réalité!) ou en Syrie, pays qui n'ont pas jugé bon d'adhérer à l'organisation en question, et à en inventer des millions dans des pays qui n'ont aucune tradition francophone, ni même francophile, mais qui ont adhéré à l'organisation pour des raisons de pur opportunisme politique. Dieu merci, l'OIF publie aussi les statistiques des "apprenants" de français, y compris dans les Etats qui n'ont pas adhéré à l'organisation, et l'on est tout à coup surpris de découvrir des millions d'"apprenants" de français en Syrie ou en Algérie - pays où, comme je viens de l'écrire, l'OIF ne nous trouve aucun francophone... - et des effectifs squelettiques dans tel ou tel des nouveaux pays membres où l'OIF s'évertue à nous multiplier par cent le nombre des francophones. Même en dehors des étranges statistiques de l'OIF, un décalage entre les lieux communs et la réalité amènera le discours dominant à inventer une tradition francophone et/ou francophile dans tel ou tel pays où même l'OIF a renoncé à la parthénogenèse statistique des locuteurs du français, et à ignorer superbement la réalité partiellement (mais solidement) francophone et francophile d'un pays peu médiatisé et peu favorisé par la rumeur populaire comme la Syrie.
Tout ceci pour expliquer pourquoi je suis parti du chiffre des apprenants publié par l'OIF - seule donnée non susceptible de manipulation - et de l'exemple de la Syrie, très révélateur quant à l'ignorance obstinée de certaines réalités et à la répétition lassante de certaines affirmations sans fondement dans la réalité.
Dieu merci, selon Le Temps d'aujourd'hui, l'OIF aurait découvert l'existence de francophones en Algérie, aux USA et au Val-d'Aoste! (On a rajouté - on se demande bien pourquoi - Israël, avec un chiffre fantaisiste de 300'000 à 500'000 francophones -excusez l'imprécision -, mais il faut bien faire plaisir à Sarkozy. Le chiffre de 90'000 francophones pour la vallée d'Aoste est aussi délirant quand on sait qu'une enquête locale en avait trouvé moins de 21'000 en 2001. On ne comprend pas non plus comment l'OIF trouve 2'100'000 francophones aux USA sur la base d'un recensement fédéral de 2000 qui en avait trouvé 1'600'000. Enfin, la manipulation statistique est moins grande que ce à quoi on nous avait habitués quand il fallait inventer des francophones dans tel ou tel pays candidat à l'adhésion à l'Union européenne pour nous faire gober, contre toute évidence, que la... ou l'.... avaient plus de liens culturels, humains et historiques avec la France et la Belgique que n'en ont la Suisse, le Québec ou le Congo. )

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/598f7f3 ... _africaine
La lecture qui sera faite de ce rapport tiendra de la parfaite image du verre à moitié plein, ou vide. A quelques jours de son sommet de Montreux, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a publié mardi son étude La Langue française dans le monde 2010*. Laquelle fait état d’une hausse de 20 millions de locuteurs francophones dans le monde par rapport à 2007, le total atteignant 220 millions. Un bilan chiffré et affiné – il s’agit de gens disant lire et écrire la langue –, qui peut conforter les dirigeants. Mais qui traduit aussi une réalité moins favorable qu’il n’y paraît.

L’Observatoire de l’OIF a déjà produit de nombreuses enquêtes de ce type, mais cette fois, la méthodologie a été enrichie. Les auteurs, une cinquantaine d’experts, ont puisé dans un plus grand nombre de sources, et surtout, tenté de préciser le dénombrement des francophones; jusqu’ici, l’OIF compilait des données fournies par ses pays membres, même si dans certains cas, «le pourcentage de francophones était systématiquement repris d’un rapport à l’autre», indiquent les auteurs, ce qui conduisait à des sur- ou sous-estimations. La tâche est complexe, tant le statut du français hors de son seul territoire homogène (la France) peut varier: langue officielle, langue d’enseignement cohabitant avec les parlers locaux, voire une autre langue – c’est le cas des pays africains –, idiome d’apprentissage en plus de l’anglais, par exemple…

Différences régionales

L’OIF veut souligner que le nombre de personnes apprenant le français, ou suivant une scolarité en français, estimé à 116 millions, affiche aussi une hausse. «A relativiser», notent toutefois les experts. Les différences entre les régions du monde s’accroissent: baisse dramatique en Europe, reflux dans certains pays d’Asie, stagnation voire légère baisse américaine… et hausse africaine.

L’Afrique, surtout subsaharienne, fournit l’essentiel des augmentations constatées. En 2050, estime un chercheur, le nombre global de locuteurs pourrait avoir bondi à 500 millions. Et à ce moment-là, selon la même projection, 85% d’entre eux seront Africains. Parmi ceux qui apprennent le français, ou en français (si c’est la langue de l’école), la zone Afrique subsaharienne-océan Indien concentre déjà aujourd’hui 44% de l’effectif. L’Europe, 23%. En somme, l’expansion future du français dépendra d’abord des politiques éducatives des pays africains, et du développement de leurs systèmes scolaires.

* Ed. Nathan, 384 p. En librairie dès le 21 octobre.
Et un lien vers le résumé des résultats de l'enquête:

http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Syn ... e-2010.pdf

Et ils ont même trouvé 11 millions de francophones en Algérie (bien sûr, il y en a beaucoup plus, mais bon, c'est déjà un progrès par rapport aux statistiques précédentes où l'Algérie non-membre de l'OIF comptait pour zéro, tandis qu'on s'obstinait à trouver un francophone en Albanie ou en Bulgarie membres de l'OIF).

Quant aux larmes de crocodile de l'article du très euromondialiste et très anti-francophone "quotidien suisse édité à Genève", il y a un aspect qui me fait toujours sourire. Pourquoi éternellement reprocher à la langue française de n'être parlée, en dehors de l'Europe occidentale, que dans d'anciennes colonies belges et françaises? Reproche-t-on au portugais de n'être parlé, en dehors de l'Europe occidentale, que dans d'anciennes colonies portugaises? Reproche-t-on à l'espagnol de n'être parlé, en dehors de l'Europe occidentale, que dans d'anciennes colonies espagnoles? Ah non, au contraire, dans ces deux cas, c'est cool et ça permet à Manu Chao de chanter en portugnol.

Alors, pourquoi seule la langue française doit-elle être stigmatisée? Ce serait bien, si l'on admettait une fois pour toutes que ce n'est pas l'ancienne puissance coloniale qui a imposé sa langue après les indépendances (la preuve, le Vietnam, le Laos ou le Cambodge se sont débarrassés du français au profit de l'anglais, comme les Philippines se sont débarrassées de l'espagnol au profit de l'anglais; donc ceux qui ont gardé le français le voulaient quand même bien un petit peu...) et que l'on montrait poliment la sortie aux Etats sans aucun lien avec la langue française dont la présence pollue les sommets francophones où ils avaient été admis à titre de "preuve" que la présence du français dans le monde n'était pas liée au fait colonial (eux, espérant en retour des avantages commerciaux, des subventions ou le Graal de l'adhésion à l'Europunie).

Claude le Liseur
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Re: Re:

Message par Claude le Liseur » jeu. 14 oct. 2010 21:40

Claude le Liseur a écrit :
Alors, pourquoi seule la langue française doit-elle être stigmatisée? Ce serait bien, si l'on admettait une fois pour toutes que ce n'est pas l'ancienne puissance coloniale qui a imposé sa langue après les indépendances (la preuve, le Vietnam, le Laos ou le Cambodge se sont débarrassés du français au profit de l'anglais, comme les Philippines se sont débarrassées de l'espagnol au profit de l'anglais; donc ceux qui ont gardé le français le voulaient quand même bien un petit peu...) et que l'on montrait poliment la sortie aux Etats sans aucun lien avec la langue française dont la présence pollue les sommets francophones où ils avaient été admis à titre de "preuve" que la présence du français dans le monde n'était pas liée au fait colonial (eux, espérant en retour des avantages commerciaux, des subventions ou le Graal de l'adhésion à l'Europunie).
« masochisme pourfendant le français pour avoir été langue de domination coloniale [qui] s'inspire d'une morale politique aux relents aussi comiques que désuets dans le monde contemporain, et dont on ne trouve qu'en France le pesant ressassement » (Claude Hagège, Dictionnaire amoureux des langues, Plon / Odile Jacob, Paris 2009, p. 168)

«Le français, librement accepté par nous, a été un facteur de cohésion à l'intérieur de la Côte d'Ivoire où il a facilité le regroupement de nos quelque cent ethnies.» (Philippe Yacé, président de l'Assemblée nationale ivoirienne, 26 avril 1976)

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