Le "vieux calendrier julien non réformé & quo"

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Alexis Woronine
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Le "vieux calendrier julien non réformé & quo"

Message par Alexis Woronine » mar. 11 avr. 2006 18:01

Ceci un article paru dans un des premiers numéros du bulletin des VCO (un des 10 premiers) en ligne sur le net.

Peut-être n'est-ce pas à proprement parlé une réponse...à la réponse des néo-calendariste qui vient d'être très gentillement produite mais faut-il nécessairement une réponse raisonnée?

Voici :

L'APPARITION DU SIGNE DE LA CROIX
DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS CHRIST

PRÈS D'ATHÈNES EN 1925
Au début du siècle, et surtout dans les années 20, il y eut de puissants groupes antireligieux et sécularistes au pouvoir en Grèce et au Patriarcat oecuménique de Constantinople. Parmi les actes de ces groupes, il y eut l'introduction forcée du calendrier grégorien. Le calendrier grégorien convient au monde des affaires, à la bourse, et à d'autres activités mondaines, séculières. Au point de vue liturgique cependant, il est pratiquement inutilisable et même nocif. Il est impossible de réconcilier le calendrier grégorien avec notre Pascalie canonique de chrétiens orthodoxes. Qui plus est, l'introduction d'un changement dans le calendrier ecclésiastique par une Église locale a créé un schisme inacceptable à l'intérieur de l'Église elle-même.

Une grande partie de la population de la Grèce refusa ces changements anticanoniques et antireligieux, imposés par le pouvoir policier de l'État. Ces gens-là souffrirent et continuent à souffrir persécutions, prison, dépossession de la part de la police séculière. Mais les yeux spirituels des vrais chrétiens orthodoxes virent clairement, même s'il ne l'avaient pas entièrement compris à ce moment, le mal du nouveau calendrier. Il fut le précurseur et le signe de la plus grande hérésie de l'histoire du monde: l'oecuménisme. Beaucoup de gens cependant, se sont embrouillés. Quelques-uns commencèrent à chanceler. De la même façon que les Ariens avaient le contrôle du pouvoir séculier en 351 et qu'ils étaient en mesure d'imposer leur hérésie à l'empire, ainsi les novateurs du calendrier contrôlaient-ils aujourd'hui le pouvoir séculier en Grèce. En un temps aussi troublé et dangereux, Dieu le très miséricordieux fut attentif aux besoins de son peuple. Comme en 351 Dieu envoya une apparition miraculeuse du signe de la très vénérable Croix pour sceller la Vérité et faire honte aux faux docteurs.

L'apparition du signe de la Croix eut lieu de la manière suivante:

En 1925, la veille de la fête de l'Exaltation de la vénérable et vivifiante Croix de notre Seigneur, le 14 septembre selon le calendrier de l'Église orthodoxe, la vigile était célébrée à l'église saint Jean le Théologien dans la banlieue d'Athènes. Vers 9 heures du soir, plus de 2000 fidèles vrai-orthodoxes s'étaient assemblés dans et autour de l'église pour le service, puisqu'un très petit nombre d'églises de vrai-orthodoxes avaient été laissées ouvertes accidentellement par les autorités civiles. Une si grande assemblée de gens ne put, cependant passer inaperçue par les autorités civiles. Ainsi, vers 11 heures du soir, celles-ci envoyèrent un détachement de policiers à l'église "pour empêcher d'éventuels désordres qui pourraient surgir, au sein d'une si grande foule réunie". L'assemblée était trop grande pour que la police pût agir directement ou pour arrêter le prêtre à ce moment-là. C'est pourquoi ils se mêlèrent à la foule des fidèles dans la cour déjà débordante de l'église.

Alors, oubliant les véritables motifs de leur présence contre leur propre volonté, mais selon la Volonté qui dépasse tout pouvoir humain, ils devinrent participants de l'expérience miraculeuse de la foule de croyants.

À 11 h 30, apparaissait dans le ciel, au-dessus de l'église, dans la direction du Nord-Est, une brillante et radieuse Croix de lumière. La lumière non seulement illuminait l'église et les fidèles, mais dans ses rayons, les étoiles du ciel dégagé et sans nuage pâlirent et la cour de l'église se remplit d'une lumière presque tangible. La forme de la Croix elle-même était d'une luminosité particulièrement dense et elle était visiblement celle d'une croix byzantine, avec en bas une branche oblique. Ce miracle céleste dura une demie-heure, jusqu'à minuit, puis la Croix se mit à s'élever verticalement, comme la Croix dans les mains d'un prêtre au cours de la cérémonie de l'Élévation de la Croix à l'église. S'étant complètement redressée, elle disparaissait petit à petit.

La langue humaine est incapable de traduire ce qui eut lieu pendant l'apparition. La foule entière se prosterna à terre avec des hymnes, louant le Seigneur d'un même coeur et d'une même bouche. Les policiers étaient parmi ceux qui pleuraient, découvrant soudain, dans les profondeurs de leur coeur une foi d'enfant. La foule de croyants et le détachement de policiers furent transformés en un seul troupeau uni de fidèles. Ils furent tous pris d'une sainte extase.

La vigile continua jusqu'à 4 heures du matin, lorsque tout ce torrent humain regagna la ville, apportant les nouvelles du miracle qui les faisait encore trembler et pleurer.

Beaucoup des incroyants, sophistes et novateurs, reconnaissant leur péché et leur culpabilité, mais refusant de se repentir, essayèrent par tous les moyens de trouver une explication à ce miracle ou de le nier. Le fait que la forme de la Croix byzantine (parfois appelée Croix russe) à 3 branches transversales, dont celle du bas est oblique, démentit tout argument en faveur d'un phénomène physique accidentel.

Le fait qu'une telle apparition de la Croix eut également lieu au moment de l'apogée de la première grande hérésie doit frapper les orthodoxes d'un sens particulier de l'énorme importance de la question du calendrier et de tout ce qui en découle. Personne de raisonnable ne peut discuter de ce sujet légèrement, avec un raisonnement séculier ou des arguments du monde.

L'apparition du signe de la Croix de notre Seigneur Jésus Christ près d'Athènes en 1925 est commémorée le 14 septembre.



Tiré de "The Calendar Question"
Jordanville, 1973.
Traduit de l'anglais par C. Pountney

jaune
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Message par jaune » mar. 11 avr. 2006 18:40

A la lumiére de la Croix, cette histoire de calendrier apparait d'autant plus digne de larmes.

"le Christ s'est désigné comme la Vérité et non pas comme la Coutume."
Tertullien

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mar. 11 avr. 2006 19:11

Sauf que l'archimandrite Basile Bakoyiannis a aussi répondu à cet "argument" dans la suite du texte que je n'ai pas encore traduite. Patience...

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » sam. 15 avr. 2006 17:02

lecteur Claude a écrit :Sauf que l'archimandrite Basile Bakoyiannis a aussi répondu à cet "argument" dans la suite du texte que je n'ai pas encore traduite. Patience...
Voilà, promesse tenue, j'ai profité de ce jour de congé pour traduire la partie du texte de Mgr Basile (Bakoyiannis) qui aborde ce sujet, et j'ai posté ma traduction dans le fil "Une réponse de l'Eglise de Grèce aux vieux-calendéristes".

Vincenzo
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Message par Vincenzo » sam. 29 avr. 2006 22:32

« Supposons maintenant que ce miracle soit venu de Dieu. Et bien, ce miracle a eu lieu le 14 septembre 1925, c’est-à-dire avant 1935 ; avant le schisme ! A cette époque-là, il n’existait pas d’Eglise des vieux-calendéristes. A ce moment, tous faisaient partie de l’Eglise Une ! Ce serait juste si le miracle avait eu lieu après 1935 !!! »

Voilà bien ce que j’appellerai, sans malveillance, « un bobard » !

Le récit de l’apparition miraculeuse, en 1925, dit bien que l’apparition est survenue dans une église qui célébrait l’Exaltation selon le calendrier traditionnel, en défiance de l’injonction synodale qui venait de réformer le calendrier.

Qu’à ce moment le clergé récalcitrant ne fût pas encore interdit ou défroqué officiellement n’y change rien. On voit bien qu’il était déjà 1° en situation d’ouverte insoumission, 2° persécuté, 3° persécuté à l’aide du bras séculier, 4° persécuté avant jugement. "Notre Loi condamne-t-elle un homme sans que d'abord on l'entende ... ?" (Jean 7-51).

Si le Dieu des cieux avait voulu affermir des persécutés qui confessaient une foi ortho-doxe, fallait-il qu’Il attende encore 10 ans, le temps que les réformateurs exécutent et radicalisent leur besogne ?

On voit que l’objection ci-dessus ne tient pas la route.

On peut douter du miracle, si l’on veut ; on peut préférer l’apparition d’un serpent à l’apparition d’une Croix (qui plus est dans une forme prophétisée par l’Ecriture) ; on peut opiner que le calendrier devait être modifié (et croire savoir pourquoi) ; on peut imaginer que les résistants étaient tous « fanatiques » ou « cupides » ; mais ce qui n’est pas admissible, à mon sens, c’est d’invoquer des arguments fallacieux, des arguments qui n’en sont pas, comme celui qui précède.

Ne vous méprenez pas : je n’entends pas tirer de la fausseté d’un argument que la thèse censée être démontrée par cet argument est nécessairement fausse (tout comme si ma traduction de « falsifiy their word » par « bobard » est manifestement inexacte, ça ne veut pas dire que les chrétiens du temps de Pline affectionnaient les bobards). Mais j’ai toujours été fasciné devant la nécessité, chez certains, à recourir à des arguments faux pour démontrer une thèse juste.


Au risque de déplaire au lecteur Serge, qui a si mal accueilli ma modeste information sur Pline – j’en suis vraiment désolé - je citerai un 2ème exemple. Il nous est rapporté que saint Jean Chrysostome a écrit que « personne ne sera damné ou ne sera accusé parce qu’il aura célébré Pâques un mois plus tôt ou un mois plus tard ». Et cette affirmation est utilisée pour en tirer qu’on peut changer librement le calendrier liturgique ; voire qu’on peut célébrer Pâques les uns un mois plus tôt, les autres un mois plus tard, sans que cela soit dommageable sur le plan du salut général. On peut difficilement pervertir davantage la pensée du père de l’Eglise.

Et puis, en guise de conclusion, on lit : « ne nous occupons pas des chronologies et des dates (Gal 4,10) ». Mais ce commandement ne souligne-t-il pas précisément le caractère intempestif de la réforme calendaire, qui consiste précisément en une « occupation de chronologies et de dates » ? C’est ce qui a fait dire aux Patriarches orthodoxes, réunis en Concile élargi, que ladite réforme calendaire « des astronomes athées du pape » n’était qu’« un jeu d’enfants ». Et c’est ce qui a valu leur anathème contre ladite réforme calendaire, anathème à propos duquel Mgr l'archimandrite Basile Bakoyannis reste bien silencieux.


Vincent Deneyer (Vincenzo)

Antoine
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Message par Antoine » dim. 30 avr. 2006 10:30

La réponse de l’archimandrite Basile Bakoyiannis a effectivement la grande faiblesse de vouloir reprendre les VCO sur le même type d’arguments que ceux qu'ils emploient pour justifier leur schisme. En jouant sur la date de cette apparition dans le ciel d’une croix lumineuse en 1925 par rapport à celle du schisme qu'elleldate de 1935, elle garde le même référent et s’enferme dans une fausse problématique.

Or interpréter l’apparition de cette croix comme une ratification calendaire est sujet à caution. Pourquoi ne pas l’interpréter par exemple comme un avertissement de rappel aux VCO que l’important est la croix et non pas les futilités calendaires dans lesquelles ils s’enferment ? Ou encore comme un avertissement qu’un schisme revient à crucifier le Christ encore une fois ? Ou encore que le Christ s’est laissé crucifier pour tous? Qui peut assurer la vérité absolue de l’ interprétation de cette croix dans le ciel si croix il y a eu?

L'Eglise ne fonde pas sa dogmatique sur une apparition "miraculeuse".
et on peut mettre "miraculeuse" entre guillemets.
Les seules apparitions qui ont un fondement dogmatique ne sont-elles pas celles du Christ lors de sa Résurrection ?
Toutes les apparitions dont se targue le catholicisme romain doivent-elles alors être prises en considération par l’Eglise orthodoxe ?

Le calendrier n’est pas un problème de dogmatique ni de foi de l’Eglise ni de Tradition et ne saurait justifier un schisme.

Le problème du calendrier est lié à la Pascalie dont nous avons déjà longuement parlé sur ce forum et non pas à l'établissement d'une fête fixe comme celle du 14 septembre. Nous avons déjà vu que dans son histoire l'Eglise a plusieurs fois modifié des dates de fêtes fixes de son calendrier.

Les seules dispositions prises au concile de Nicée concernent la date de pâques. Or cette date de Pâque n’a toujours pas été modifiée chez les nouveaux calendaristes.(Sauf l'Eglise orthodoxe de Finlande). Elle le sera peut-être au prochain concile. En attendant nous continuons tous (VCO comme les autres) à fêter faussement Pâques en ne respectant pas les prescriptions du concile de Nicée qui enjoignent de fêter Pâques le premier dimanche qui suit la première pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps. S’il appartient bien à l’Eglise de fixer cette règle de pascalie, il ne lui appartient en aucun cas de fixer la date de l’Equinoxe. L’Eglise a fixé une règle d’établissement de la date de Pâques et non pas le résultat de cette règle qui est lui, calculé par les astronomes. Nos Pères ont ainsi pris la date d’Equinoxe que les astronomes de leur époque leur indiquaient en fonction de leurs connaissances scientifiques. Les astronomes de notre époque ont progressé dans leurs connaissances scientifiques. Que l’Eglise tiennent compte aujourd’hui de cette mise à niveau de mesures scientifiques n'est pas contraire à sa Tradition. Ainsi, oui, l’Eglise est nécessairement faillible sur sa date d’Equinoxe car la date d’Equinoxe est entachée de la faillibilité de la science et du fait que «Le ciel et la terre passeront, [mais mes paroles ne passeront point].» (Matt 24, ;35)
Si vous cherchez un miracle de ratification de l'Eglise comme Entité, alors pourquoi ne pas prendre celui du feu pascal qui descend chaque année au tombeau de Jérusalem? Si vous êtes cohérent vous devez donc considérer que ce feu pascal ratifie les patriarcats historiques comme étant l’Eglise et en conclure que tous ceux qui se séparent d’Elle sont dans le schisme.
Dans le cas contraire , alors n’appuyez plus vos raisonnements sur une apparition, fût-elle celle de la croix le 14 septembre 1925 dans un ciel près d’Athènes.



Vous pouvez également avec profit utiliser la fonction "rechercher" pour relire tout ce qui a été écrit sur le forum au sujet du calendrier et qui me semble avoir largement épuisé ce thème lassant qui reste le fond de commerce des VCO. (L'apparition de la croix y est déjà mentionnée). Si vous avez vraiment une nouveauté qui nous a échappé ou un argument infaillible que d'autres VCO auraient omis d'invoquer dans nos colonnes ou dans les leurs, alors oui, communiquez-nous cette info qui nous a fait défaut jusqu'ici, sinon toute nouvelle intervention sur ce thème resterait superflue et sans aucun intérêt.

Je vous rappelle (au cas où) que j'appartiens à une paroisse qui suit hélas le calendrier Julien, ce qui m'empêche, dans un pays comme la France, de participer à certaines fêtes importantes. Appartenir à l'Eglise orthodoxe devient une situation qui pécunièrement est très onéreuse et il ne me semble pas que l'Eglise soit réservée à ceux qui en ont les moyens financiers.

jaune
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Message par jaune » dim. 30 avr. 2006 13:55

J'adhére avec joie aux remarques d'antoine.
C'est cette lecture de l'événement qu'y me vint à l'esprit ,spontanément.
Je me suis permis, de façon lapidaire ,de faire remarquer qu'a la lumiére de la Croix ce schisme me semblait tragique et digne de larmes.
Les hésycastes et ascétes du siécle qui a vu naitre ce schisme douloureux ne s'y trompérent guére,ils furent et sont toujours nombreux à ne pas suivre les zélotes.
Et encore une fois :

" le Christ s'est désigné comme la vérité et non pas comme la coutume."
Tertullien.

Vincenzo
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Message par Vincenzo » dim. 30 avr. 2006 18:05

Chers Antoine, Claude et Jeanne,

Vos propos, sur la question récurrente du calendrier, sont un peu amers. Il ne faut pas. Car Christ est ressuscité !

Je crois percevoir d’où vient votre amertume : tout en voulant stigmatiser le mouvement vieux-calendariste, car il dérange votre idéal d’une église orthodoxe unie, vous êtes forcés de constater que ce mouvement se détache des tendances modernistes qui font tant de ravages ailleurs.

A lire vos anciens messages, vous êtes unanimement enclins à proscrire la recherche futile d’une exactitude algébrique, qui n’est d’ailleurs qu’illusoire. Mais en même temps, si vous en aviez la possibilité, vous seriez vous-mêmes des réformateurs radicaux, qui de la Pascalie, qui du Calendrier.

C’est là que, à mon avis, vous faites erreur. Vous avez en vous cette fibre réformatrice, qui en l’occurrence est futile. Car si un équinoxe a glissé de quelques jours, ça dérange qui ? Et qui a jamais dit que l’année calendaire devait coller à l’année tropicale plutôt qu’à l’année sidérale ? Personne.

Vouloir à tout prix « réformer pour réformer », cela est « un jeu d’enfant », selon la parole des Patriarches orientaux, jeu qui n’a rien à voir avec la vie authentique de l’Eglise.

C’est pour ça que, dans vos échanges antérieurs, vous avez apparemment ignoré le

SIGILLION OF THE COUNCIL OF CONSTANTINOPLE OF 1583:

“To all the genuine Christian children of the Holy, Catholic, and Apostolic Church of Christ... in all places... The heretics have raised up a relentless war against us, and we have deemed it well to leave behind the present tome against them so that with the things written in it you may be able more surely to defend your Orthodoxy... And the bad thing is that [certain persons] from being... born and bred in our parts, they not only have changed their faith, but also battle the Orthodox and true dogmas... Whereupon, having cut them off as rotten members, we order:

... 7. Whosoever does not follow... the Holy Pascha and calendar... but want wants to follow the newly invented Paschalion... and the new calendar of the atheist astronomers of the Pope ... let any such have the anathema and let him be outside the Church and the Assembly of the Faithful...

Amen.
The 1583rd year from the birth of the God-man, indiction 12, November 20th.

JEREMIAS, [Patriarch] of Constantinople
SYLVESTER, [Patriarch] of Alexandria
SOPHRONIOS, [Patriarch] of Jerusalem
(and the rest of the Bishops of the Synod who were present)”
Je n’ai pas traduit en français, de crainte d’introduire des fautes « au carré » ; j’en laisse le soin (et exprime ma gratitude) à plus calés que moi pour remonter au texte grec.

J’ai espoir que d’un texte signé par de si illustres auteurs vous ne direz pas qu’il s’agit d’un « fond de commerce », qu’il est « un peu lassant », et autres méchancetés gratuites à l’adresse des VCO.


Vincent

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » dim. 30 avr. 2006 19:31

Vincenzo a écrit :Chers Antoine, Claude et Jeanne,

Vos propos, sur la question récurrente du calendrier, sont un peu amers. Il ne faut pas. Car Christ est ressuscité !

Je crois percevoir d’où vient votre amertume : tout en voulant stigmatiser le mouvement vieux-calendariste, car il dérange votre idéal d’une église orthodoxe unie, vous êtes forcés de constater que ce mouvement se détache des tendances modernistes qui font tant de ravages ailleurs.

A lire vos anciens messages, vous êtes unanimement enclins à proscrire la recherche futile d’une exactitude algébrique, qui n’est d’ailleurs qu’illusoire. Mais en même temps, si vous en aviez la possibilité, vous seriez vous-mêmes des réformateurs radicaux, qui de la Pascalie, qui du Calendrier.

C’est là que, à mon avis, vous faites erreur. Vous avez en vous cette fibre réformatrice, qui en l’occurrence est futile. Car si un équinoxe a glissé de quelques jours, ça dérange qui ? Et qui a jamais dit que l’année calendaire devait coller à l’année tropicale plutôt qu’à l’année sidérale ? Personne.

Vouloir à tout prix « réformer pour réformer », cela est « un jeu d’enfant », selon la parole des Patriarches orientaux, jeu qui n’a rien à voir avec la vie authentique de l’Eglise.

C’est pour ça que, dans vos échanges antérieurs, vous avez apparemment ignoré le

SIGILLION OF THE COUNCIL OF CONSTANTINOPLE OF 1583:

“To all the genuine Christian children of the Holy, Catholic, and Apostolic Church of Christ... in all places... The heretics have raised up a relentless war against us, and we have deemed it well to leave behind the present tome against them so that with the things written in it you may be able more surely to defend your Orthodoxy... And the bad thing is that [certain persons] from being... born and bred in our parts, they not only have changed their faith, but also battle the Orthodox and true dogmas... Whereupon, having cut them off as rotten members, we order:

... 7. Whosoever does not follow... the Holy Pascha and calendar... but want wants to follow the newly invented Paschalion... and the new calendar of the atheist astronomers of the Pope ... let any such have the anathema and let him be outside the Church and the Assembly of the Faithful...

Amen.
The 1583rd year from the birth of the God-man, indiction 12, November 20th.

JEREMIAS, [Patriarch] of Constantinople
SYLVESTER, [Patriarch] of Alexandria
SOPHRONIOS, [Patriarch] of Jerusalem
(and the rest of the Bishops of the Synod who were present)”
Je n’ai pas traduit en français, de crainte d’introduire des fautes « au carré » ; j’en laisse le soin (et exprime ma gratitude) à plus calés que moi pour remonter au texte grec.

J’ai espoir que d’un texte signé par de si illustres auteurs vous ne direz pas qu’il s’agit d’un « fond de commerce », qu’il est « un peu lassant », et autres méchancetés gratuites à l’adresse des VCO.


Vincent


Puisque vous avez semble-t-il lu les messages échangés sur ce sujet, vous aurez sans doute remarqué que les 318 orthodoxes du concile de Nicée ont en effet fait preuve de la même "recherche futile d'une exactitude algébrique" qui vous semble "illusoire": ils se sont quand même donné la peine de déplacer la date de l'équinoxe du 25 mars au 21 mars, pour corriger l'erreur de Sosigène et le retard pris par le calendrier julien. Ils ont fait en 325 exactement ce que la conférence de Constantinople a fait en 1923. Ce fait n'aura sans doute pas échappé à votre attention.

Quant à la condamnation de 1583, en attendant que je traduise les pages écrites par l'actuel archevêque d'Athènes sur ce sujet dans sa thèse de doctorat - traduction qui prendra du temps, parce que le texte est en katharevoussa, que mes traductions du démotique me prennent déjà du temps, et parce que, même avec la meilleure volonté du monde, je ne peux pas consacrer le peu de temps que je passe sur ce forum à traduire des textes pour faire plaisir à Jean-Serge, Marianne et vous-même, car le sujet en lui-même ne m'intéresse pas beaucoup -, je vous signale que le texte en question était une réponse au fait que les occupants vénitiens de Corfou avaient essayé d'imposer aux orthodoxes de l'île de célébrer les fêtes religieuses selon le calendrier grégorien, alors que le patriarcat oecuménique dont ils dépendaient n'acceptait pas cette réforme. Il est vrai que jusqu'à l'introduction du calendrier grégorien, les dates des fêtes coïncidaient pour les catholiques romains, les orthodoxes et les protestants. Les Vénitiens voulaient se servir de cette ancienne habitude pour amener les orthodoxes de Corfou à ne plus respecter le typicon du patriarcat oecuménique dont ils relevaient. Vous savez que, à l'occasion des grandes fêtes de l'année ecclésiastique, les primats d'Eglises locales envoient des lettres pastorales aux paroisses. Naturellement, si les Corfiotes se mettaient à célébrer les fêtes religieuses à des dates différentes de celles de leur Eglise, le lien avec Constantinople ne pouvait que se distendre au fil du temps et les Vénitiens escomptaient que cela aboutirait à une rupture.
Merci d'ailleurs de reproduire le texte du sigillion de 1583 - même si je vous rappelle que nous sommes un forum francophone et que tout texte doit être traduit en français - qui montre bien qu'il s'agissait d'une condamnation des orthodoxes qui cesseraient de suivre le typicon de leurs autorités ecclésiastiques. Le calendrier grégorien a été condamné en tant qu'il était utilisé pour séparer des paroisses orthodoxes de la vie de leur Eglise. On a aussi condamné la brutalité avec laquelle Grégoire XIII a mené cette réforme du calendrier sans consulter les autres Eglises chrétiennes. Vous avez aussi d'innombrables condamnations protestantes de ce changement à l'époque, et il a fallu attendre 1811 pour que les communes protestantes des Grisons se rallient au calendrier grégorien. C'est pour cette raison qu'à Genève, nous continuons à fêter l'Escalade le 12 décembre, alors que cet événement s'est produit la nuit du solstice d'hiver.


Il est évident par ailleurs que la condamnation que vous reproduisez ici ne peut pas s'appliquer dès lors que c'est l'épiscopat orthodoxe lui-même qui a adopté la correction du calendrier par la voie conciliaire, correction du calendrier qui a été aussi reconnue légitime par la conférence de Moscou de 1948 à laquelle le patriarche de Constantinople ne participait pas. J'ai même l'impression que, si vous voulez vraiment vous attacher au sigillion de 1583, il condamne alors ceux qui, au XXe siècle, se sont séparés de leur épiscopat orthodoxe pour des raisons calendaires, exactement comme certains s'en séparaient à Corfou en 1583. Je m'étonne que vous ne le remarquiez pas.

Il y a eu des décisions synodales de la fin du XVIe siècle qui anathématisaient les fidèles orthodoxes qui se séparaient de la vie liturgique de leur Eglise locale en vivant l'année liturgique selon le calendrier suivi par les hétérodoxes qui vivaient parmi eux. Il y a eu au XXe siècle des décisions synodales réformant le calendrier, Eglise locale par Eglise locale. Et il y a eu de nouveau au XXe siècle des fidèles orthodoxes qui se sont séparés de la vie liturgique de leur Eglise locale.

Par ailleurs, puisque vous vous faites ici l'historien du mouvement vieux-calendériste, j'ai été frappé de votre phrase dans votre message du 29 avril à 22h32:
Vincenzo a écrit :Si le Dieu des cieux avait voulu affermir des persécutés qui confessaient une foi ortho-doxe, fallait-il qu’Il attende encore 10 ans, le temps que les réformateurs exécutent et radicalisent leur besogne ?
Le texte de l'archimandrite Basile Bakoyiannis faisait allusion à la date de 1935 parce que c'est à ce moment-là que trois évêques de l'Eglise de Grèce - dont deux faisaient partie de l'épiscopat qui avait accepté la réforme du calendrier en 1924, le troisième ayant été sacré plus tard - s'en sont séparés pour constituer une Eglise vieille-calendériste. Il n'y a eu nulle "radicalisation" de l'Eglise de Grèce entre 1924 et 1935. Il y a eu un certain nombre de prêtres qui ont insisté pour garder l'ancien calendrier et qui ont continué à faire partie de l'Eglise de Grèce: saint Nicolas Planas fut un de ceux-ci. Et, en 1935, il y a eu l'apparition d'un épiscopat parallèle, dont les relations avec l'Eglise de Grèce furent variables. C'est pour cette seule raison que Mgr Basile fait référence à la date de 1935.

Pour le reste, je ne vois guère ce qu'il y a à ajouter aux dizaines de messages déjà échangés sur ce sujet et que vous avez pu lire. Je regrette que vous n'ayez pas attaché plus d'importance à la mention de la correction de la date de l'équinoxe par les pères de Nicée. Par ailleurs, songez que tout le temps que nous passons sur ce sujet qui a été amplement débattu sur le forum est du temps perdu pour des sujets prioritaires alors que nous sommes tous surchargés. Voyez comment je peine à finir la traduction du texte de Mgr Basile. S'il n'y avait eu les sollicitations de Jean-Serge, Marianne et maintenant vous, je ne trouverai pas l'énergie pour aller jusqu'au bout.

Vincenzo
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Message par Vincenzo » lun. 01 mai 2006 0:20

Non, non, le SIGILLION ne fait pas référence aux seuls problèmes de Corfou. Il fait référence explicite à Rome et à sa réforme calendaire, en général. Recherchant sans doute ce que vous voudriez lire au lieu de ce qui est effectivement écrit, vous avez cru pouvoir restreindre le champ d’application du SIGILLION.

Une autre preuve de la portée universelle du SIGILLION est que son contenu a été réitéré en 1587 et en 1593, puis encore en 1756 et en 1848. Toute velléité de réforme avait disparu, jusqu’à ce que, les politiques se mêlant à la vie de l’Eglise, on créât le mythe de « la prééminence scientifique du calendrier grégorien ».

Je conçois que cela ne fasse pas plaisir aux sympathisants du nouveau calendrier de savoir qu’il a été anathémisé à 3 reprises par les patriarches orientaux. Mais cela n’est nullement ma faute. Et une thèse de doctorat - fût-elle en katharevoussa - n’y changera rien, surtout avant même d’être lue !

Par ailleurs, les décisions de 1923-24 ne sauraient renverser ce SIGILLION puisque les églises orthodoxes n’étaient pas toutes participantes : ni Jérusalem (signataire de l’anathème), ni la Russie (¾ des orthodoxes). Et si Alexandrie y a adhéré par après, ce fut encore par l’entremise du funeste Mélétios.

Par ailleurs, il est évident qu’un changement de calendrier (si cela était vraiment utile), requerrait un concile œcuménique, ce que l’assemblée de 1923 n’était pas.

D’un point de vue moral, si on se lamente de la « brutalité avec laquelle Grégoire XIII a mené cette réforme », ce ne serait que justice de condamner la brutalité inouïe avec laquelle la réforme de 1924 a été imposée en Grèce, et aussi en Roumanie. Peut être les francophones n’en sont-ils pas conscients. Mais affirmer que « il n'y a eu nulle "radicalisation" de l'Eglise de Grèce entre 1924 et 1935 » est une minimisation malencontreuse de la terrible persécution qui a sévi (qui n’est pas sans rappeler la mutinerie des vieux croyants).

Pour ce qui est du texte du SIGILLION, si je ne l’avais pas traduit, c’était pour ne pas commettre la même bévue qu’avec Pline (le traduire de l’anglais, et me faire reprendre, à juste titre, par Claude). Or voilà qu’à présent le même Claude me reproche de ne l’avoir pas traduit ! Voici donc la traduction, très certainement imparfaite :

SIGILLION DU CONCILE DE CONSTANTINOPLE DE 1583 :

“A tous les authentiques enfants Chrétiens de la Sainte, Catholique et Apostolique Eglise ... de partout ... Les hérétiques ont livré une guerre sans merci contre nous, aussi avons-nous cru bon de léguer le présent tomos contre eux, pour qu’avec des écrits vous soyez mieux à même de défendre votre Orthodoxie ... Et la mauvaise chose est que [certaines personnes], alors qu’elles étaient nées et nourries dans nos contrées, non seulement ont-il changé leur foi, mais aussi ils bataillent les Orthodoxes et les vrais dogmes ... C’est pourquoi, les ayant coupés comme des membres pourris, nous ordonnons :

... 7. Quiconque ne suit pas ... la Sainte Pâque et le calendrier ... mais entend suivre la Pascalie nouvellement inventée par les astronomes athées du Pape ... qu’il reçoive l’anathème et qu’il soit en dehors de l’Assemblée des Fidèles ...

Amen.

La 1583ème année depuis la naissance du Dieu-homme, indiction 12, le 20 novembre.


JEREMIE, [Patriarche] de Constantinople
SYLVESTRE, [Patriarche] de Alexandria
SOPHRONE, [Patriarche] de Jérusalem
(et le reste des Evêques du Synode qui étaient présents)”
Ce serait, je trouve, plus constructif de méditer sur le drame de ce malheureux changement de calendrier de 1924, plutôt que d’affirmer avec suffisance que « tout ce qui a été écrit sur ce forum au sujet du calendrier me semble avoir largement épuisé ce thème ».


Vincent.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 01 mai 2006 9:08

Vincenzo a écrit : Je conçois que cela ne fasse pas plaisir aux sympathisants du nouveau calendrier de savoir qu’il a été anathémisé à 3 reprises par les patriarches orientaux. Mais cela n’est nullement ma faute. Et une thèse de doctorat - fût-elle en katharevoussa - n’y changera rien, surtout avant même d’être lue !

Par ailleurs, les décisions de 1923-24 ne sauraient renverser ce SIGILLION puisque les églises orthodoxes n’étaient pas toutes participantes : ni Jérusalem (signataire de l’anathème), ni la Russie (¾ des orthodoxes). Et si Alexandrie y a adhéré par après, ce fut encore par l’entremise du funeste Mélétios.

Par ailleurs, il est évident qu’un changement de calendrier (si cela était vraiment utile), requerrait un concile œcuménique, ce que l’assemblée de 1923 n’était pas.

D’un point de vue moral, si on se lamente de la « brutalité avec laquelle Grégoire XIII a mené cette réforme », ce ne serait que justice de condamner la brutalité inouïe avec laquelle la réforme de 1924 a été imposée en Grèce, et aussi en Roumanie. Peut être les francophones n’en sont-ils pas conscients. Mais affirmer que « il n'y a eu nulle "radicalisation" de l'Eglise de Grèce entre 1924 et 1935 » est une minimisation malencontreuse de la terrible persécution qui a sévi (qui n’est pas sans rappeler la mutinerie des vieux croyants).

Pour ce qui est du texte du SIGILLION, si je ne l’avais pas traduit, c’était pour ne pas commettre la même bévue qu’avec Pline (le traduire de l’anglais, et me faire reprendre, à juste titre, par Claude). Or voilà qu’à présent le même Claude me reproche de ne l’avoir pas traduit ! Voici donc la traduction, très certainement imparfaite :

SIGILLION DU CONCILE DE CONSTANTINOPLE DE 1583 :

“A tous les authentiques enfants Chrétiens de la Sainte, Catholique et Apostolique Eglise ... de partout ... Les hérétiques ont livré une guerre sans merci contre nous, aussi avons-nous cru bon de léguer le présent tomos contre eux, pour qu’avec des écrits vous soyez mieux à même de défendre votre Orthodoxie ... Et la mauvaise chose est que [certaines personnes], alors qu’elles étaient nées et nourries dans nos contrées, non seulement ont-il changé leur foi, mais aussi ils bataillent les Orthodoxes et les vrais dogmes ... C’est pourquoi, les ayant coupés comme des membres pourris, nous ordonnons :

... 7. Quiconque ne suit pas ... la Sainte Pâque et le calendrier ... mais entend suivre la Pascalie nouvellement inventée par les astronomes athées du Pape ... qu’il reçoive l’anathème et qu’il soit en dehors de l’Assemblée des Fidèles ...

Amen.

La 1583ème année depuis la naissance du Dieu-homme, indiction 12, le 20 novembre.


JEREMIE, [Patriarche] de Constantinople
SYLVESTRE, [Patriarche] de Alexandria
SOPHRONE, [Patriarche] de Jérusalem
(et le reste des Evêques du Synode qui étaient présents)”
Ce serait, je trouve, plus constructif de méditer sur le drame de ce malheureux changement de calendrier de 1924, plutôt que d’affirmer avec suffisance que « tout ce qui a été écrit sur ce forum au sujet du calendrier me semble avoir largement épuisé ce thème ».


Vincent.
"Ma suffisance" remercie Votre Modestie et c'est vraiment un honneur pour un forum qui ne publiait que des "bobards" avant votre venue de bénéficier de vos lumières. Je pense que ce serait encore mieux s'il existait un forum mis en place, administré et modéré par Votre Modestie; il rayonnerait loin à la ronde. Merci pour les attaques ad hominem.
Oui, tout ce qui est publié sur ce forum doit être traduit en français et cela suppose simplement de faire des traductions correctes. Là encore, Votre Modestie dût-elle en souffrir, je ne fus pas le seul à remarquer que votre précédente traduction de l'anglais souffrait de quelques approximations qui tiraient le texte dans un sens qui vous convenait peut-être, mais qui n'était ni celui de l'original latin, ni celui de la traduction anglaise.
Pour le reste, les condamnations de 1583 et suivantes disent bien ce qu'elles veulent dire: elles condamnent les orthodoxes qui ne respectaient plus le calendrier de leur Eglise locale et préféraient se rallier au calendrier suivi par les hétérodoxes au milieu desquels ils vivaient.
Vincenzo a écrit :Je conçois que cela ne fasse pas plaisir aux sympathisants du nouveau calendrier de savoir qu’il a été anathémisé à 3 reprises par les patriarches orientaux.
Faux. En ce qui concerne le calendrier grégorien lui-même, il a été anathématisé dans la mesure où des orthodoxes décidaient de le suivre sans en référer à leur Eglise locale. Il a ensuite été accordé dans certains cas particuliers: Constantinople l'a accordé à l'Eglise de Finlande, et Moscou l'a accordé au diocèse orthodoxe néerlandais. Car, Dieu merci, en matière disciplinaire, l'Eglise peut changer ce qui a été fait. Vous confondez les questions disciplinaires avec les dogmes reçus de Dieu.
En ce qui concerne le calendrier mis en place par la conférence de 1923, le calendrier qui est suivi aujourd'hui par les Eglises locales de Constantinople, Alexandrie, Antioche, Roumanie, Bulgarie, Grèce, Chypre, Albanie, Amérique et Estonie, il n'a jamais pu être anathématisé par les patriarches orientaux au XVIe siècle, contrairement à ce que vous affirmez, puisqu'il a été mis en place par la conférence de Constantinople en 1923. Puisque vous lisez si bien le grec et que la katharevoussa semble vous être si familière, prenez la peine de lire le décret qui donne la définition de ce calendrier. Il est précisément en katharevoussa, et reproduit dans la thèse de doctorat de Mgr Christodoule. Avant de vous moquer de cette thèse, lisez au moins la définition du calendrier rectifié, si vous estimez pouvoir vous dispenser de la lecture de la thèse elle-même.
Le sigillion de 1583 condamnait la réforme de Grégoire XIII parce que celui-ci l'utilisait à des fins de prosélytisme contre les orthodoxes. Puisque vous êtes un si grand connaisseur de l'histoire du calendrier ecclésiastique, vous n'aurez pas manqué de constater qu'un des buts de la conférence de Constantinople de 1923 était de protéger les orthodoxes émigrés dans les pays hétérodoxes de la perte de la pratique religieuse et donc du prosélytisme exercé par le milieu d'accueil. Cela ne vous pousse pas à vous poser des questions, pour peu que vous vous attachiez au pourquoi des choses?
Vincenzo a écrit :Et une thèse de doctorat - fût-elle en katharevoussa - n’y changera rien, surtout avant même d’être lue !
Et bien, vous qui êtes si bon connaisseur des affaires de la Grèce, vous n'avez qu'à la lire, avant de la réfuter "surtout avant même d'être lue". Elle est encore disponible. Je suis bien content que mon aveu qu'il m'était plus pénible de traduire de la katharevoussa que du démotique ait ainsi suscité l'amusement de Votre Modestie, mais il est incontestable qu'il me faut plus de temps pour traduire de la katharevoussa que du démotique et je ne peux le nier. Si vous, vous traduisez plus facilement la katharevoussa, vous avez bien de la chance.
Excusez-moi, pour ma part, j'appartiens aux jeunes générations qui ne sont plus familières qu'avec le démotique: je suis né un an après la chute des colonels, quand la katharevoussa avait définitivement perdu la partie.
Bienheureux êtes-vous de lire la katharevoussa comme le français; mais cela vous donne-t-il le droit de vous gausser de moi qui ai plus de peine à traduire la katharevoussa que le démotique?
Vincenzo a écrit :Par ailleurs, les décisions de 1923-24 ne sauraient renverser ce SIGILLION puisque les églises orthodoxes n’étaient pas toutes participantes : ni Jérusalem (signataire de l’anathème), ni la Russie (¾ des orthodoxes).
Bien, je commence sérieusement à douter que vous ayez daigné lire les messages consacrés à ce sujet. L'Eglise de Russie, dont la situation catastrophique de persécution totale ne lui permettait pas d'envoyer une délégation, était représentée par deux évêques en exil. Ceci était expliqué dans le fil consacré à la question du calendrier.

En tout cas, les Eglises de Jérusalem et de Russie étaient bien présentes lors de la conférence de Moscou de 1948, sur laquelle vous glissez comme chat sur braise.

Soit dit au passage, l'Eglise de Jérusalem n'a jamais rompu les relations avec Constantinople à cause de la correction du calendrier. Il y a une différence entre juger qu'une réforme n'est pas opportune et ne pas l'approuver et l'anathématiser.
Vincenzo a écrit :D’un point de vue moral, si on se lamente de la « brutalité avec laquelle Grégoire XIII a mené cette réforme », ce ne serait que justice de condamner la brutalité inouïe avec laquelle la réforme de 1924 a été imposée en Grèce, et aussi en Roumanie. Peut être les francophones n’en sont-ils pas conscients. Mais affirmer que « il n'y a eu nulle "radicalisation" de l'Eglise de Grèce entre 1924 et 1935 » est une minimisation malencontreuse de la terrible persécution qui a sévi (qui n’est pas sans rappeler la mutinerie des vieux croyants).
La brutalité, dans le comportement de Grégoire XIII, réside dans le fait qu'il avait fait cette réforme du calendrier sans consulter ni les protestants, ni l'Eglise orthodoxe, ni les vieilles Eglises orientales, et qu'il réclamait ensuite que tout le monde se rallie à ses choix. La réforme était bonne en soi. Ce qui était inacceptable, c'était que Grégoire XIII voulait faire du ralliement des protestants et des orthodoxes à sa correction du calendrier une manifestation de reconnaissance de sa primauté. Vous ne pouvez absolument pas transposer cela à une réforme du calendrier orthodoxe décidée par l'épiscopat orthodoxe lui-même et qui n'impliquait pas la reconnaissance d'une autorité extérieure et non traditionnelle.
Pour le reste, vous alignez des phrases sans aucune argumentation, sans donner un seul exemple, et vous répétez mot pour mot ce qui figurait déjà dans le fil sur le calendrier en août 2005. Je n'ai pas vos éminentes vertus; aussi confesserai-je une certaine lassitude à l'idée de devoir sans cesse répéter les mêmes choses, alors que le simple usage de la fonction "Rechercher" vous permettrait de voir ce qui a déjà été dit et de vous concentrer sur le nouveau, même s'il ne vous dispenserait pas d'argumenter.
La "terrible persécution" dont vous parlez a fait un mort, Catherine Routtis, qui a été matraquée par la police grecque en 1927. C'est un mort de trop.
L'Eglise de Grèce a eu 203 prêtres assassinés par les fascistes, les nazis, les phylétistes bulgares ou les communistes entre 1940 et 1949. Si j'avais le même goût que vous pour les hyperboles, je devrais carrément parler de "génocide" pour rester dans une certaine proportionnalité par rapport à vos déclarations.
Si vous parlez de "terrible persécution" pour une victime, on doit en arriver à quelles descriptions pour un million de morts comme sous le régime oustachi?
Quand vous parlez de la "brutalité inouïe" avec laquelle cette réforme a été introduite en Grèce et en Roumanie, cessez d'aligner des adjectifs et donnez des faits, puisque vous êtes si bien informé sur tout.
A propos de la Roumanie, vous ne citez rien à propos des discussions qui ont eu lieu au sein du synode de ce patriarcat, encore en 1929, et dont les articles de Nae Ionescu, à l'époque, se sont abondamment fait l'écho. Après tout, les articles de Nae Ionescu sur le sujet ont été récemment réédités dans un recueil intitulé Teologia, recueil qui a aussi été cité sur ce forum à propos du schisme bulgare. La "brutalité inouïe" dont vous parlez n'empêche pas, par exemple, que 82 ans après la réforme, le vicariat de Sighet continue à utiliser l'ancien calendrier.
L'unique membre du synode roumain qui s'est opposé à la correction du calendrier liturgique en 1924, Mgr Bessarion (Puiu), a continué son épiscopat comme métropolite de Bucovine, puis de Transnistrie, avant de partir en exil en 1944 et de fonder à Paris en 1954 un diocèse roumain hors frontières au sein de l'Eglise russe hors frontières. Il n'a pas profité de cette occasion pour que ce diocèse passe à l'ancien calendrier, et il a fonctionné comme un diocèse ayant le calendrier rectifié au sein de l'Eglise russe hors frontières. Il n'y a pas eu de retour en arrière parce que les fidèles de ce diocèse en exil n'en voulaient pas. C'est un facteur que vous ne prenez pas en compte dans vos analyses.
La fonction que vous vous êtes attribuée de pourfendeur des bobards des autres (l'archimandrite Basile Bakoyannis), par exemple, devrait avoir pour corollaire que vous donniez des faits et des exemples, au lieu de répéter des phrases jamais accompagnées d'exemples et qui me rappellent ce que j'ai déjà lu sous d'autres plumes.

Vincenzo a écrit :Ce serait, je trouve, plus constructif de méditer sur le drame de ce malheureux changement de calendrier de 1924, plutôt que d’affirmer avec suffisance que « tout ce qui a été écrit sur ce forum au sujet du calendrier me semble avoir largement épuisé ce thème ».


Cela choque peut-être votre grande modestie, mais c'est humainement compréhensible: vous ne pouvez pas juger de la suffisance ou pas de mon affirmation, puisque vous n'avez pas lu le fil consacré à ce sujet. Je pense que vous aurez la compréhension suffisante pour accepter qu'il est lassant de récrire tout ce qui a déjà été écrit. Je n'aurais pas affirmé que le forum me semble avoir largement épuisé ce thème si j'avais lu sous votre plume le moindre argument nouveau. Enfin, vous pouvez comprendre qu'il est lassant d'écrire dix fois la même chose? Apportez quelque chose de nouveau et cela vaudra la peine de reprendre le fil "Le calendrier". Mais vous n'avez rien apporté auquel il n'ait déjà été répondu. Par exemple, le Sigillion de 1583 a déjà été évoqué dans un message de Jean Béziat en date du 18 mai 2004. Pouvez-vous comprendre que si la question du calendrier est l'alpha et l'omega qui justifie la création d'Eglises parallèles, d'autres puissent avoir le désir d'aller de l'avant et de ne pas répéter les conversations d'il y a deux ans en arrière? Désolé.
Je revêts mon cilice de crin et entreprends de me flageller pour faire pénitence d'avoir été jugé "suffisant" par Votre Modestie. Vous jugez merveilleusement des hommes, et des Eglises, et des langues.
Mais cela ne vous dispense malgré pas d'utiliser la fonction "Rechercher" pour prendre connaissance de ce qui a déjà été écrit sur le sujet, dans l'espoir que vous pourriez apporter de nouveaux arguments.
Vous noterez que M. Woronine a ouvert ce fil en apportant quelque chose qui n'avait pas été évoqué dans les messages précédents. Ce n'est pas le cas de vos messages.
A propos, puisque vous dénichez si bien les bobards, au point de les trouver là où Pline ne les a pas mis, permettez-moi de vous faire remarquer que rien n'interdit de considérer le récit de l'apparition du 27 septembre 1925 comme un bobard.

Et puis, un dernier petit conseil: pourquoi ne prenez-vous pas la défense de la paschalie du concile d'Arles contre ceux qui, en 325, ont réformé la paschalie et ont même osé déplacer la date de l'équinoxe de printemps du calendrier du divin Jules César?

Alexis Woronine
Messages : 7
Inscription : dim. 09 avr. 2006 16:08

Le vieux calendrier julien non réformé

Message par Alexis Woronine » dim. 07 mai 2006 10:46

Cher Claude,

Ne tournons pas autour du pot : oui ou non ce SIGILLION condamne-t-il le nouveau calendrier ?

Qu’en 1923-1924 on ait aménagé le calendrier grégorien, pour le rendre encore plus compliqué, plus inepte, et plus anti-canonique – cela n’y change rien. L’argument tendant à soutenir que, à cause de ces menues différences, le " calendrier nouveau révisé " échappe aux condamnations conciliaires du XVI ème siècle ne tient pas la route.

Un autre argument que vous avancez est : " les églises locales suivent ce nouveau calendrier, donc il est canonique ". Cela est une pétition de principe, puisque la question est précisément de savoir si l’usage du nouveau calendrier est canonique, alors qu’il est condamné par plusieurs Conciles orthodoxes ; on ne peut utiliser la thèse qui est à démontrer comme ingrédient de la démonstration.

Vous dites que l’Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontières avait mandaté deux évêques à Constantinople; ces ces évêques (et leur Synode) ont-il approuvé le changement de calendrier (sans parler des autres profanations " décidées " par ce concile, comme le raccourcissement des carêmes et le remariage des prêtres)? La réponse est bien entendu négative. Comment dès lors pouvoir faire cautionner le changement de calendrier par l'EORHF, qui est opposée à ce changement et le considère comme "une très grande erreur"?

Enfin, vous évoquez le " le fameux Concile de Moscou de 1948 "; mais citez-nous les résolutions qu’il aurait prises au sujet du calendrier, d’autant que le (alors) nouvellement créé " Patriarcat de Moscou " n’avait (ni alors, ni depuis) abandonné le calendrier julien.

Pour ma part, quitte à émettre des redites, je vous soumets quelques informations et citations de ce "Concile de 1948", sur lequel justement on semble ici " glisser comme chat sur braise " :

" Lorsque Karpov, le vrai leader de ce Concile, apprit que le Métropolite Germain de Thyateira et Grande Bretagne ne viendrait pas à Moscou avant la fin des travaux du Concile, il dit "il est bien connu qu’il est un espion anglais". Et à propos du Patriarche Maxime, qui avait donné cet ordre au métropolite Germain, il dit : "il souffre depuis longtemps de schizophrénie et doit prendre sous peu sa retraite".

Au Concile qui eut lieu après les célébrations, seules les Eglises dans l’orbite de Moscou et Antioche participèrent ; les autres le boycottèrent, ostensiblement sous le prétexte que seule Constantinople avait le droit de convoquer une telle conférence, mais plus probablement parce qu'ils ne voulaient pas s’impliquer dans les inévitables adulations de Staline.

Le Concile, de concert avec la politique étrangère de Staline, dénonça l’Ouest et le Vatican et condamna le mouvement œcuménique, qui avait reçu un nouveau souffle lors de la Première Assemblée Générale du Conseil Mondial des Eglises qui avait lieu à Amsterdam le même mois de la même année.

Le 15 juillet 1948, une fête en l’honneur des participants au Concile fut conduite par le Conseil pour les Affaires de L’Eglise Orthodoxe Russe. Quelques 200 personnes étaient présentes. Le représentant de l’Eglise bulgare proposa un toast à Staline de la part du premier ministre communiste de Bulgarie. Karpov déclara que les invités s’étaient personnellement convaincus à Moscou de ce que L’Eglise Orthodoxe Russe était entièrement libre et indépendante de l’Etat. Le Métropolite Germain de Thyateira loua Staline et appela Karpov un ministre "qui aide au renforcement et à l’épanouissement de l’Orthodoxie dans l’Union Soviétique". Le Métropolite Elias du Liban dit que c’était uniquement grâce à Staline que la prospérité de l’Eglise Orthodoxe Russe était garantie de par le monde."

(« How the MP fell under the 1983 anathema » , 2006, par l’historien Vladimir Moss, traduit de l'anglais, texte complet dans http://www.romanitas.ru/eng/HOW%20THE%2 ... ATHEMA.htm )

A propos des persécutions contre les anciens calendaristes, on ne peut se contenter d’en établir un bilan arithmétique comme le font si souvent les Israëliens pour excuser les exactions qu’ils commettent à l’encontre des Palestiniens : les Palestiniens devraient-ils attendre d’avoir 4,5 à 5 millions de génocidés pour être de valables interlocuteurs aux yeux des Israëliens?

« En Roumanie, de 1924 à 1989, le gouvernement civil et/ou l’Eglise d’Etat persécutait les anciens calendaristes …/… Les persécutions les plus sévères se firent sous la monarchie dans les années 30 …/… Les gendarmes arrivaient pendant les offices divins dans le but d’arrêter le prêtre, et de nombreux morts s’ensuivaient …/… Pendant cette période, plus de dix prêtres ont été tués ou sont morts en prison…/… Cependant, les persécutions avaient éliminé presque tout le clergé. »
(La Voie Orthodoxe n°1 p.50 - http://perso.wanadoo.fr/stranitchka/VO0 ... clend.html)

Que dire de la résistance du monastère de Valaam !
(La Voie Orthodoxe n°6 p.47 - http://perso.wanadoo.fr/stranitchka/VO1 ... alaam.html)

Petit retour vers la Roumanie pour évoquer Saint Glikhery le Confesseur : « Que signifie donc ce titre de « Confesseur » ? On nomme tels dans l’Eglise les saints qui ont souffert dans leur chair de cruelles persécutions à cause de leur confession de la Vérité, comme saint Maxime face à l’hérésie du monothélisme, au VIIème siècle. Cette expression garde donc bien toute sa force dans le cas de saint Glikhery qui durant sa longue vie (1891-1985), à partir de l’introduction violente du calendrier latin en Roumanie, a enduré avec une humble persévérance les coups, les blessures, la prison, les tortures (et même la condamnation à mort), de la main des autorités successives, qu’il s’agît du gouvernement du patriarche Miron (Cristea), un temps premier ministre, de celui de la Garde de Fer, ou du pouvoir communiste…/… »
(La Voie Orthodoxe n°25 p.2 – pas encore disponible en ligne)

A Woronine

Henri
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Message par Henri » dim. 07 mai 2006 13:57

+++
Dernière modification par Henri le ven. 23 mars 2007 16:32, modifié 1 fois.

Antoine
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Message par Antoine » dim. 07 mai 2006 23:55

XB!
Henri a écrit :Le Christ est-il mort pour un calendrier?
Non bien sûr, mais il est mort selon un calendrier bien précis et selon les prophéties vetero testamentaires. N'oubliez pas que le Christ est monté à Jérusalem pour la Pâque Juive, et qu'à sa crucifixion des éléments cosmiques ont témoigné de sa divinité.

Très tôt la fête de Pâque fut célébrée à des dates différentes selon les communautés judéo chrétiennes. Le concile de Nicée a donc élaboré un mode de calcul qui unifiait la Paschalie. Il est important de respecter cette décision de l'Eglise.
Pour cette Paschalie le forum contient déjà toutes les explications. Il a épuisé tout ce qu'on pouvait dire sur le sujet et a déjà répondu à toutes les attaques contre la réforme calendaire.

Les VCO se battent inutilement pour défendre un calendrier qui ne suit pas la décision de Nicée et qui n'est en rien assimilable à une Tradition de l'Eglise. Ils s'enferrent ainsi dans un processus ridicule et un schisme grotesque qui attache plus d'importance à la lettre qu'à l'Esprit. Ils se trompent de combat et nuisent à toute l'orthodoxie. Le calendrier Julien n'est qu'un prétexte à assouvir la soif de puissance de certains et l'orgueil inqualifiable dont ils font preuve entraînant derrière eux des fidèles qui les suivent aveuglément.
Mais les VCO ont la même foi que nous, la même dogmatique, une grande rigueur dans leur praxis. Nous les estimons beaucoup et l'histoire effacera les malentendus.
Néanmoins, beaucoup de VCO qui ont défilé sur ce forum nous ont d'abord félicité du travail effectué puis voyant que nous ne les suivions pas dans leur schisme ils se sont mis alors à nous vomir. Les suivre dans leur schisme! Il faudrait d'abord écrire cela au pluriel car leurs schismes sont aussi nombreux qu'il y a de communautés VCO. C'est comme pour les trains : "On est prié de ne pas se penché par l'iconostase car un schisme peut en cacher un autre." Ils se sont tous lancé des anathèmes les uns aux autres et chacun est plus "Vrai Chrétien Orthodoxe que l'autre".

En outre, comme le forum est aussi souvent critique à l'égard des autorités ecclésiastiques rattachées aux patriarcats historiques, certains pensent avoir trouvé sur le forum une vitrine propice à la propagation de leur schisme. Ils se trompent : Critique n'est pas trahison. Aussi sommes nous amenés régulièrement à radier du forum ces individus à notre grand regret.
Nous avons même été sollicités pour entrer dans un « machin » qui s’appelle « Union des églises orthodoxes non canoniques ». Tout un programme n’est-ce pas !

Alexis Woronine revient encore à la charge avec le Sigillion et repose des questions auxquelles il a déjà été répondu. Le dialogue n’est pas possible avec ceux qui font mine de ne pas comprendre, qui ne répondent jamais aux arguments qu’on leur oppose et qui se voyant acculés dans leur faux raisonnements attaquent par d’autres biais et ce à l’infini. Que lui dire d’autre sinon d’aller voir un site et forum VCO où il pourra partager avec d’autres congénères de faux arguments historiques, des textes tronqués, des parti pris sur la grâce et se réfugier dans le contentement de soi d’appartenir à la seule communauté "Orthodoxe Vraie" qui subsiste encore de nos jours.

Nous restons attachés aux juridictions patriarcales historiques, et refusons le choix d’un schisme absurde. Nous veillons également à ce que ce forum ne puisse servir aux VCO d’outil de propagande au détriment de la Vérité.

Christ est ressuscité !

romane
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Inscription : ven. 02 janv. 2004 21:45

Message par romane » lun. 08 mai 2006 9:43

Christ est ressucité !


Cher Antoine,

Il y a bien longtemps que je ne vous avais écrit mais je me sens tenu d'intervenir.
1° Quelle serait la situation canonique, normale d'une Eglise Orthodoxe en France ?
- il y aurait un synode avec à sa tête un primat élu ( métropolite, archevèque ) qui serait évèque en titre de la métropole française ( Lyon, Paris, autre )
- il y aurait des diocèses régionaux avec des évèques suffragants
- cette église aurait un calendrier unique, commun à l'ensemble de la métropole
- cette église serait francophone tout en laissant place à l'usage de langues liturgiques diverses pour respecter les souvenirs nationaux de personnes issues d'immigrations diverses
- cette église confesserait la foi orthodoxe en disant que l'orthodoxie est le christianisme dans sa plénitude et par des voies pacifiques de témoignage elle inciterait les français de toute sorte à la rejoindre s'ils veulent librement de la foi et de l'amour du Christ
- cette église serait en communion conciliaire avec toutes les autres églises locales qui vivraient selon la même foi et les mêmes saints principes canoniques orthodoxes

Voilà cher Antoine ce qui est orthodoxe, juste souhaitable et canonique. Les autres formes sont anti orthodoxes et non canoniques. Il ne s'agit pas de faire le procès de quiconque mais de constater des faits. Voilà presque un siècle qu'il a des orthodoxes sur cette terre et il n'y a pas d'organisation orthodoxe canonique. Pourquoi ?

Parce que, selon moi, des considérations autres que celles de la foi interfèrent dans la vie du monde orthodoxe. Ces idées étrangères, ces parataxes qui pourrissent la vie intérieure de l'orthodoxie sont en gros de trois ordres :
- dogmatique avec la mauvaise influence de l'oecuménisme
- politique avec les questions du phylétisme et de l'ingérence de l'appareil de certains états dans l'Eglise
- morale, car il faut bien admettre que des questions assez sombres jouent aussi contre un authentique témoignage orthodoxe ( simonie, moeurs etc...)

Face à cela on peut adopter des attitudes diverses. Je connais votre position comme celle de notre ami Palierne qui consiste à demeurer dans les diocèses nationaux et structures patriarcales existantes en considérant que les choses peuvent avec le temps s'arranger et que le corps dogmatique de l'Eglise n'étant pas officiellement abandonné, ne pas être en communion avec lui constitue un schisme.
Il se trouve qu'un certain nombre d'orthodoxes français pensent le contraire.
Nous considérons que l'oecuménisme est une hérésie, que le nouveau calendrier est une blessure dramatique infligée à l'Eglise, que les Patriarcats dominés par des puissances non orthodoxes ne sont pas légitimes, que l'orgaisation de la diaspora en France n'est pas canonique. Nous voulons une Eglise orthodoxe française, confessante, libre et digne et nous en avons pris les moyens en créant une Métropole répondant à ses critères. Ceci ne veut pas dire que nous soyons sans défaut mais nous voulons avancer vers un Vrai Chritianisme Orthodoxe local ( ce qui ne signifie pas le désir d'insulter les autres en disant qu'ils sont tous de faux orthodoxes ) et nous offrons cette possibilité à tous les français qui veulent nous rejoindre dans cette oeuvre conforme à l'esprit réel de l'Orthodoxie. Nous le faisons sans aucune haine pour personne, ni jugement négatif contre qui que soit qui cherche a être orthodoxe sincèrement. Beaucoup d'orthodoxes de diocèces différents sont venus dans nos paroisses comme visiteurs et ils ont toujours été accueillis fraternellement. Je pense que vous pouvez en témoigner de même que Jean Louis Palierne qui n'a pas à se plaindre des traductions de Justin Popovitch que nous nous lui avons commandé. Nous expliquons à tous notre position et s'ils veulent venir chez nous les " règles du jeu " sont claires :
- chrismation pour ceux qui ont été baptisés par triple immersion dans les patriarcats traditionnels
- baptème pour les autres
- nous demandons aussi de confesser que l'oecuménisme est une hérésie et de ne pas retourner communier dans les paroisses du nouveau calendrier ni de prier avec les hétérodoxes, selon les canons.
A titre personnel nous ne jugeons personne et notre seul désir est de donner aux orthodoxes de ce pays la possibilité d'oeuvrer à la naissance d'une vraie église locale débarassée des maladies qui infestent actuellement les grands patriarcats. Pour cela, effectivement nous avons rompu la communion volontairement avec ces organismes considérant que se séparer de l'erreur ne constitue nullement un schisme mais au contraire l'affirmation de l'unité et de la vérité qui vit dans l'Eglise. Si les choses se ratablissent un jour, évdemment nous serons heureux de retrouver une communion avec tous les orthodoxes du monde entier, mais il semble malheureusement que la confusion augmente si j'en crois les offensives bien étranges pour Eglise soeur du Patriarcat de Moscou pour manger la " rue Daru". Comme dit l'autre pour manger avec le diable il faut avoir une très longue cuillère...A suivre. amitiés. Romane.

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