répression de l'apostat en terre d'Islam

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Claude le Liseur
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répression de l'apostat en terre d'Islam

Message par Claude le Liseur » sam. 21 janv. 2006 18:08

Il est évidemment loisible d'écrire n'importe quoi sur n'importe quel sujet, mais je pense, à la suite du message de la nuit dernière qui faisait suite à plusieurs de la même veine, qu'il est nécessaire de dire la vérité. La simple vérité.

Alors d'abord sur le statut du Musulman qui change de religion. Ce sujet a déjà été abordé sur le forum à travers le témoignage de Gérard de Nerval sur le martyre d'un Arménien qui était revenu à sa religion en 1843.

Dans l'Islam classique:

"En droit islamique, l'apostat est celui qui, étant Musulman, soit par la naissance, soit par la conversion, renonce à sa foi. Dans le Coran, il n'est menacé que des peines de l'Enfer: "Celui qui renie Allah après avoir eu foi en Lui - excepté celui qui a subi la contrainte et dont le coeur reste paisible en sa foi -, ceux dont la poitrine s'est ouverte à l'impiété, sur ceux-là tomberont le courroux d'Allah et un tourment terrible." (Cor. XVI 106; cf. II 217; III 77, 86 à 91, 106, 177; IV 115 et 137; V 3, 52 et 53; VIII 13; XVI 106 et 107; XLVII 25 sv.) Au contraire, la Sunna proclame la peine capitale à l'encontre de l'apostat. Le Prophète a dit en effet: "Celui qui change de religion, tuez-le."
D'après les docteurs de la loi, l'apostat doit être mis à mort, à condition qu'il soit majeur, en possession de toutes ses facultés et n'ait pas agi sous l'effet de la contrainte. D'après les Malékites, les Chaféites et les Hanbalites, la peine de mort doit également être appliquée à la femme, à moins qu'elle soit enceinte; dans ce cas, elle est exécutée après la délivrance. D'après les Hanéfites et les Chiites, la femme ne subit pas la peine capitale; elle est simplement incarcérée jusqu'à ce qu'elle revienne à résipiscence. Les auteurs sont en désaccord sur la forme de la peine capitale et sur la question de savoir s'il faut impartir à l'apostat un délai pour le ramener à la foi. L'apostasie entraîne en outre des conséquences de droit privé: confiscation des biens, annulation du mariage, etc. que nous n'avons pas à approfondir ici.
Si l'apostat parvient à prouver qu'il ne s'était converti à l'Islam que sous l'effet de la contrainte, les Malékites et les Chiites l'autorisent à revenir à sa foi primitive. D'après Abu Hanifa et Malik, le Dimmi est libre d'abjurer sa foi pour embrasser l'Islam ou toute autre religion tolérée par l'Islam: Judaïsme, Christianisme, Parsisme, etc. Selon Saf'i et Ibn Hanbal, le Dimmi ne peut renoncer à sa confession que pour devenir Musulman. Autrement, sa conversion doit être considérée comme une apostasie, d'après certains auteurs, et comme un crime passible de flagellation, de prison et même de banissement dans les quatre mois, d'après d'autres. Cependant, d'après une opinion attribuée à Ibn Hanbal, un Mage est admis à devenir Juif ou Chrétien, mais un Scripturaire n'est pas admis à se convertir au Parsisme."
(Dr Antoine Fattal, conseiller d'Etat, Le statut légal des non-musulmans en Pays d'Islam, Dar-el-Machreq, Beyrouth 1995, pp. 164 s.; ouvrage couronné par la faculté de droit de Paris.)

Il suffit de consulter le calendrier des saints de l'Eglise orthodoxe, jour après jour, pour voir de quelle manière ces règles furent appliquées, au moins jusqu'en 1844 où, sous la pression des puissances occidentales, le gouvernement ottoman promit qu'il n'y aurait plus d'exécutions pour fait de religion. (L'accalmie ne dura en fait qu'une cinquantaine d'années.)

Situation dans le monde contemporain:

"Les pays arabes, conscients de cette opposition occidentale, n'ont pas inclus dans leurs codes pénaux modernes une dispoistion sur l'apostasie. Deux codes font exception, les codes soudanais et mauritanien. Le code soudanais de 1991 dit à son article 126:

1) Commet le délit d'apostasie tout musulman qui fait de la propagande pour la sortie de la nation de l'Islam (millat al-Islam) ou qui manifeste ouvertement sa propre sortie par un dire explicite ou par un acte ayant un sens absolument clair.
2)Celui qui commet le délit d'apostasie est invité à se repentir pendant une période déterminée par le tribunal. S'il persiste dans son apostasie et n'a pas été récemment converti à l'Islam, il sera puni de mort.
3) La sanction de l'apostasie tombe si l'apostat se rétracte avant l'exécution.


D'autre part, le Code pénal mauritanien (NdL: un pays membre de l'Organisation intenationale de la Francophonie; où sont les grands "francophones" donneurs de leçons à la terre entière en matière de respect des droits de l'Homme?) dit à son article 306:
(...)
Tout musulman coupable du crime d'apostasie, soit par parole, soit par action de façon apparente ou évidente, sera invité à se repentir dans un délai de trois jours.
S'il ne se repent pas dans ce délai, il est condamné à mort en tant qu'apostat, et ses biens seront confisqués au profit du Trésor. S'il se repent avant l'exécution de cette sentence, le parquet saisira la Cour suprême, à l'effet de sa réhabilitation dans tous ses droits, sans préjudice d'une peine correctionnelle prévue au 1er paragraphe du présent article.
Toute personne coupable du crime d'apostasie (Zendagha) sera, à moins qu'elle ne se repente au préalable, punie de la peine de mort.

(...)
A signaler ici la discrétion du code pénal marocain qui punit seulement celui qui amène un musulman à apostasier et ne dit rien de l'apostat lui-même. (...)
Lors de son discours du 8 mai 1990 annonçant la création du Conseil consultatif des droits de l'homme, le Roi Hassan II dit:
Nous sommes excédés, tous les Marocains sont excédés par tous ces propos tendant à faire croire qu'il existe au Maroc des prisonniers pour raisons politiques.
Si l'on estime dans certains milieux que c'est un délit politique que de porter atteinte à Dieu - Dieu me pardonne cette évocation -, à la Patrie et au Roi et d'attenter à nos croyances et à notre constitution, mon acception est toute autre, et je ne tiens pas à ce qu'ils la partagent.
Y a-t-il un seul musulman qui puisse circuler à travers le pays pour dire "embrassez telle autre religion que l'Islam"? Avant de se repentir, il devrait être soumis à un examen de son état mental par des médecins spécialisés. S'il persiste dans son appel à se convertir à une religion autre que l'Islam, religion de Dieu, il sera alors jugé et quelle que soit la sentence qui sera prononcée à son encontre, il ne saurait être qualifié de prisonnier politique.
(cf. Bulletin d'information, Ambassade du Maroc, Berne, 21 mai 1990.)
L'apostasie ne serait donc plus un délit politique, mais un délit tout de même. Le Roi Hassan II ne dit pas en vertu de quelle loi l'apostat serait jugé puisque le code pénal marocain ne parle pas de celui qui apostasie.
(...)
Il n'est donc pas nécessaire d'avoir une loi écrite pour pouvoir punir un apostat. Mahmud Mohammed Taha (1916-1985) a été pendu pour apostasie le 18 janvier 1985 au Soudan malgré l'absence de disposition relative à ce délit dans le code pénal de 1983.
L'exécution des apostats malgré l'absence de norme légale a lieu aussi en Arabie saoudite. Ce pays ne dispose pas de code pénal moderne, mais d'une série de décrets dont aucun ne concerne l'apostasie. En cette matière, le droit pénal musulman classique non codifié reste en vigueur et il est appliqué dans toute sa rigueur. Le 3 sept. 1992, fut exécuté publiquement par l'épée Sadiq Abd-al-Karim Mal-Allah, un shiite, que les autorités ont considéré comme apostat. Il était emprisonné depuis juillet 1992 et torturé pour l'obliger d'abandonner le shiisme et de devenir wahhabite. Plusieurs fatwas de chefs religieux de ce pays considèrent les communutés saoudiennes shiite, ismaélite et zaydite comme hérétiques."
(Dr Sami Aldeeb Abu-Sahlieh, vice-directeur de l'Institut suisse de droit comparé, Les musulmans face aux droits de l'homme, Editions Dr. Winkler, Bochum (RFA) 1994, pp. 108-110.)


A vrai dire, le but de ce message n'est aucunement d'attaquer l'Islam. Mais lorsqu'un catholique romain (!) vient nous faire de la propagande en faveur de l'Islam sur notre forum, j'estime que certaines bornes sont franchies et qu'il n'est pas plus mal de dire la vérité.

Et puis, quand j'ai lu le :
Alors pourquoi un musulman (ou un autre croyant) vivant pleinement sa vie d'homme et de croyant se convertirait-il à une autre religion?
du message de la nuit dernière sur le forum, j'ai tellement eu l'impression de lire les propos de Sa Majesté Hassan II dans son discours du 8 mai 1990:
Sa Majesté Hassan II a écrit :Y a-t-il un seul musulman qui puisse circuler à travers le pays pour dire "embrassez telle autre religion que l'Islam"? Avant de se repentir, il devrait être soumis à un examen de son état mental par des médecins spécialisés.
comme si le fait de choisir soi-même sa religion, de chercher la Vérité et de la trouver par soi-même, et de rencontrer Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie (Jn 14, 7) était extravagant, anormal ou relevant de la maladie mentale,

que je me suis dit qu'il fallait absolument citer les ouvrages de Fattal et Abu-Sahlieh.

Cela étant, loin de moi l'idée de tourner particulièrement en ridicule feu le roi Hassan II. Pour lui, le musulman qui voulait changer de religion s'assimilait à un malade mental. Vous noterez que c'est à peu près de cette manière que les media ou certaines associations "anti-sectes" parlent systématiquement des gens qui rejoignent les Témoins de Jéhovah, les Raëliens, etc. De mon point de vue, le jéhovisme, le raëlisme ou le culte du Christ de Montfavet (assez passé de mode et mentionné seulement pour mémoire) sont des religions pour le moins extravagantes. Mais je me garderais pour autant de dire que ceux qui les rejoignent sont des malades mentaux ou des gens qu'il faut absolument soigner malgré eux. Et je constate qu'Hassan II n'avait pas le monopole de ce type d'intolérance.

Makcim
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Message par Makcim » ven. 27 janv. 2006 23:11

Pour faire suite au message de Lecteur Claude, toujours en passant car je ne dispose guère de temps en ce moment, d'un très beau site, un texte de 1926 en anglais (malheureusement donc à traduire) de GEORGE HORTON Consul et Consul-General des USA pendant 30 ans au Proche Orient

http://www.ellopos.net/politics/turkey- ... efault.asp
Makcim

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mar. 21 mars 2006 0:05

Dépêche AFP / ATS reproduite dans Le Temps du lundi 20 mars 2006, p. 31.

"Un Afghan a été arrêté dans son pays pour s'être converti de l'islam au christianisme, a annoncé dimanche une source judiciaire. L'homme, qui a été dénoncé par sa propre famille, sera inculpé ces prochains jours d'apostasie et encourra la peine de mort. Le procès a commencé jeudi dernier.
La charia (loi islamique) préconise la peine capitale pour les apostats. La nouvelle Constitution de l'Afghanistan - dont 99% de la population est musulmane - stipule qu' "aucune loi ne peut être contraire à la religion sacrée de l'islam."
Au cours de ses auditions, l'homme aurait expliqué s'être converti au christianisme en 1990, alors qu'il était âgé de 25 ans et travaillait dans un camp de réfugiés afghans au Pakistan.
"Nous ne sommes pas contre une religion en particulier, a assuré le juge de la Cour suprême Ansarullah Mawlavizada. Mais en Afghanistan ce genre d'agissement est contraire à la loi. Il s'agit d'une attaque contre l'islam. La peine de mort a donc été requise par l'accusation."
Le procureur, Abdul Wasi, aurait proposé d'abandonner les charges retenues contre l'accusé si ce dernier se reconvertissait à l'islam. Mais l'intéressé aurait décliné son offre.
Il s'agit du premier procès du genre en Afghanistan. Le juge compte rendre son verdict dans un délai de deux mois."

Intéressant, non? On croirait lire l'histoire de saint Ahmed le Calligraphe (+ 3 mai 1682) ou de tant de nouveaux-martyrs qui figurent au calendrier des saints.

Mais comme c'est intéressant de voir de tels événements dans un pays où l'armée étasunienne est présente depuis plus de quatre ans. Qui a parlé de dhimmitude de l'Occident?

Facile, au vu de ce genre d'exemples, de s'extasier sur la fidélité des pays musulmans à leur religion ou sur l'impossibilité des missionnaires à pénétrer en milieu musulman. Evidemment, quand on laisse aux gens une telle latitude pour choisir leur religion...

Mais comme nous le proclamait M. Noël dans son message du 20 janvier sous pseudo Vincent, qui nous gratifiera peut-être à nouveau d'un de ses droits de réponses auxquels il n'a d'ailleurs aucun droit:
Noël, alias Vincent a écrit :Alors pourquoi un musulman (ou un autre croyant) vivant pleinement sa vie d'homme et de croyant se convertirait-il à une autre religion?

J'en reste toujours à Castellion: "En tuant Servet, les Genevois ne défendaient pas une doctrine; ils tuaient un homme". Et je ne parlerai pas seulement des pays musulmans qui continuent à appliquer la peine de mort pour apostasie qu'ont connue tant de nos nouveaux-martyrs. Je constate aussi que, malgré tous les hommages verbaux rendus à Stefan Zweig ou à Castellion vu par Zweig et malgré toutes les grandes proclamations de foi droitdelhommistes, les Européens de l'Ouest n'ont toujours pas lu Castellion.
Et il y a toujours des phrases qui me restent en dehors de la gorge.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mar. 21 mars 2006 11:27

Je partage totalement les points de vue de ceux qui s’alarment de la montée de l’intolérance et durerrorisme de l’Islam et qui dénoncent la répression des apostasies par la Shariah, et qui dénoncent aussi la faiblesses de gouvernements occident et la lâcheté de leurs élites intellectuelles et médiatiques, mais je persiste à penser, à titre personnel et n’engageant que moi-même, que ce Forum n’est pas le bon endroit pour en parler. Je pense que c’est un lieu trop précieux de liberté et que nous avons un trésor à préserver et à faire connaître. C’est un devoir beaucoup plus important.

Souvenons aussi qu’il y a, en France et dans d’autres pays de tradition chrétienne, des musulmans qui choisissent à leurs risques et périls la vérité du Christ. Un comportement trop tapageur ici aboutirait vite à les mettre encore plus en danger. Et on pourrait encore parler de beaucoup d’autres choses qui se passent en France ou ailleurs.

Cette question me préoccupe beaucoup, mais il y a un certain nombre de questions qui me préoccupent dont je ne cherche pas à parler ici. Caque chose en son lieu et en son temps.
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mar. 21 mars 2006 12:04

Les problèmes internes des musulmans ou l'évolution interne de l'Islam ne nous concernent pas.

La répression de l'apostasie, en revanche, cela nous concerne.

La conversion forcée à l'Islam suivie de l'exécution en cas de retour au christianisme a été le sort commun de tant et tant de chrétiens orthodoxes que nos calendriers liturgiques en sont remplis.

Certes, cela n'a plus la même actualité depuis la disparition du peuplement chrétien orthodoxe de l'Anatolie en 1922-24.

En effet, la présence orthodoxe dans les pays à majorité musulmane se limite maintenant en pratique à la Syrie (450'000 fidèles environ), au Liban (250'000 environ) et à la Jordanie (50'000 fidèles environ). Les communautés de l'Autorité palestinienne (20'000 fidèles environ) et d'Egypte (20'000 fidèles environ) sont petites, et l'Orthodoxie indonésienne est aussi faible sur le plan numérique. Et, pour le moment, la Syrie, le Liban ou la Jordanie ne sont pas sur la voie du rétablissement des peines coraniques.

Oui, mais voyez ce que les chrétiens monophysites endurent en Egypte depuis la mort de Nasser et imaginez qu'un Sadate quelconque arrive au pouvoir en Syrie et se mette en tête de rétablir la peine de mort pour apostasie comme l'illustre raïs égyptien, couronné comme il se doit par le Prix Nobel de la Paix, l'avait tenté en 1977. Il me semble que cette question deviendrait soudain d'une actualité brûlante pour les chrétiens orthodoxes. Et il ne serait plus possible de se voiler la face.

Je vous rappelle en outre que ce fil fait suite à une provocation que nous avons subie sur le forum en janvier où l'on est venu nous infliger le discours dieutoulmondiste avec le refrain de toutes les religions qui se valent et de tous les dieux qui sont égaux. Que l'apologiste ait été un bon catholique romain et non un musulman ne change rien au fond du problème. Il y a des phrases que l'on ne peut pas laisser passer et qui restent en travers de la gorge.

Vous savez aussi qu'il y a dans le sud de la France une ecclésiole parallèle qui se dit orthodoxe et qui invite des soufis musulmans à venir faire des danses de derviches dans un monastère prétendu orthodoxe. (Il est vrai que ledit monastère n'a que fort peu de chances de recevoir la visite de moines orthodoxes avant longtemps.)

Vous savez encore qu'il y a un "archiprêtre" sans diocèse, se disant orthodoxe, qui a écrit sur Internet où il reprend un texte qu'il a naguère publié dans un livre, que saint Grégoire Palamas aurait fait l'éloge de l'Islam et qualifié Mahomet de "prophète de l'Ancien Testament" (blasphème! blasphème!), alors que le saint archevêque de Thessalonique a écrit tout le contraire. Ce n'est pas parce que saint Grégoire Palamas, pendant sa captivité d'un an chez les Turcs, a trouvé que les Ottomans étaient relativement tolérants (et ils l'étaient en effet infiniment plus par rapport à la Papauté) et que leur administration était correcte, qu'il a pour autant soutenu le dieutoulmondisme (expression forgée par feu Vladimir Volkoff); au contraire, il a profité de sa meilleure connaissance de l'Islam pour en écrire une réfutation.

Oui, l'Islam a toujours été plus tolérant que ne le fut la Papauté triomphante. Cela est indéniable. Mais voilà, nous ne sommes plus au temps de la Papauté triomphante; il n'y a plus de bûchers, plus d'Inquisition, la liberté de culte existe même en Espagne (depuis 1969!) et, à vue humaine, le rêve avoué des catholiques intégristes - la suppression de la liberté religieuse qu'ils reprochent à Vatican II - paraît peu réalisable dans nos sociétés. Alors, autant parler de ce qui existe réellement.

D'autant plus qu'en reproduisant cette dépêche ce n'est pas l'Islam que je vise. Je cherche simplement à informer le lecteur et à le mettre en garde contre telle ecclésiole ou tel blog que j'ai cités et qui visent à entretenir la confusion en mélangeant toutes les religions.
Il se trouve que notre forum a été instrumentalisé à deux reprises par des apologistes "chrétiens" de l'Islam comme ceux que je viens de mentionner. C'est cette instrumentalisation qui me pousse à réagir et à rappeler les limites à ces syncrétismes, ces flirts, ces conversions sur un coup de tête. Et que certains comportements ou certaines affirmations suffisent à démontrer que les groupes qui en font la promotion ne sont pas orthodoxes.
Au moins, la procédure pénale en cours en Afghanistan nous rappelle que les musulmans eux-mêmes n'entrent pas dans ce jeu du syncrétisme et que l'Islam donne une limite très nette à ce petit jeu. De même que l'Islam nous démontre ainsi qu'il ne considère pas que toutes les religions se valent et que tous les dieux sont égaux.

Comme ça, chacun sait à quoi s'en tenir.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mar. 21 mars 2006 14:46

L’Islam, sa répression de l’apostasie, le persécution des minorités chrétiennes, l’asservissement de la femme, les mouvements terroristes islamistes, tout cela nous concerne et nous serons peut-être appelés un jour à avoir la tête tranchée.. Mais le problème est de savoir si un club de discussion sur la Tradition orthodoxe peut être aussi un mouvement militant pour une cause, quelle qu’elle soit.

C’est le péché mignon des Français que de vouloir défendre de nobles causes par des prises de position solennelles et de l’appuyer par des plaidoyers. Je prétends qu’ici il nous suffit d’une brève information. Nous parlons de la Tradition de nos Pères dans la foi. Il nous suffit de dénoncer les errements du syncrétisme religieux de certaones ecclésioles, et d’ailleurs le petit monde des ecclésioles est de peu d’intérêt pour nous.

Ce forum a été “instrumentalisé” par toutes sortes de gens, et pas seulement par des apologistes chrétiens de l’Islam. Face à la provocation — à toutes les provocations, d’où qu’elles viennent, — il faut savoir garder le silence, même si la langue nous démange. Je ne suis d’ailleurs pas certain d’avoir toujours su le faire. Mais je reste convaincu que s’enliser dans la polémique ne sert à rien.
Jean-Louis Palierne
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Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » ven. 24 mars 2006 16:20

Se taire pour ne pas ajouter au risque encouru par les nouveaux convertis ? Non. On a tenu ce raisonnement dans les années 30 aux Russes exilés – mais l’expérience a prouvé que la seule démarche qui pouvait faire sortir les prisonniers du goulag, c’était la pression internationale. Une pression forte. Se taire, c’est risquer de voir des martyrs jusque dans nos banlieues ou continuer de voir brûler des jeunes filles simplement parce que ce sont des filles, ce qui m’est encore plus odieux s’il se peut car ces gamines n’ont même pas pu trouver de soutien dans la prière.
Je ne sais pas si le forum est le lieu adéquat pour dire ce qu’est l’islam et ce qui se passe quand il a les coudées franches. Je sais simplement que, pour ma part, je ne peux pas vivre l’orthodoxie comme un bocal clos, même sublime, et fermer les yeux, les oreilles et la bouche comme les petits singes de l’hindouisme. La théologie orthodoxe a son mot à dire et peut scruter toute question, toute religion, tout événement et nous pouvons au moins essayer de le placer sous sa lumière. Je sais bien que la frontière est étroite entre cette scrutation, que je crois légitime et nécessaire, et le militantisme dont ce n’est sans doute pas le lieu. Mais je ne crois pas qu’un domaine quelconque échappe en droit au discernement par la théologie orthodoxe.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

theodore
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Il faut s'alarmer un peu plus face à l'Islam.

Message par theodore » sam. 25 mars 2006 11:24

Les travaux d'une Anne-Marie Delcambre mais aussi l'avis de bien de mes amis orthodoxes de Syrie , du Liban, d'Egypte devrait suffire à me vacciner pour toujours à cette hérésie mortelle, mais afficher seulement le mépris d'un Jean Damascène vis -à-vis de cette religion politique ne suffit plus , il est temps de s'alarmer(cf: les destructions d'églises au Kosovo dans CNS News.com)
La Croix est la volonté prête à toutes les douleurs.
Saint Isaac de Nisibe dit le Syrien

hilaire
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Message par hilaire » lun. 27 mars 2006 12:25

paru aujourd'hui sur orthodoxie.com, d'actualité par rapport au sujet de ce fil. Au delà du traitement plus médiatique du cas d'Abdul Rahman, la note en fin expose les risques pris par les "contradicteurs".

Dommage qu'il n'y ait pas de réaction, à ma connaissance en tout cas, des représentants de l'Islam en France sur ce sujet... c'est peut être moins choquant remarquez de tuer un converti que d'interdire le port d'un signe religieux ostentatoire dans une école de la république laïque...


Dans une lettre au président afghan, le primat de l’Eglise de Grèce prend la défense d’Abdul Rahman
Le primat de l’Eglise de Grèce, Mgr Christodoulos, a envoyé une lettre au président afghan, Hamid Karzaï, pour prendre la défense d’Abdul Rahman, cet afghan qui risque la peine de mort pour s’être converti au christianisme. L’archevêque d’Athènes suggère notamment au président afghan d’exercer « le pouvoir que lui a donné le peuple et Dieu et prouve que les lois de son pays respectent le droit de ses citoyens à la vie et l'autodétermination ».

Cette menace d’exécution a soulevé de vives protestations dans le monde. Le gouvernement afghan, malgré la pression de responsables musulmans qui appellent à une exécution, tâche de trouver une solution. Après avoir évoqué des « troubles psychologiques », propres à invalider des poursuites, il semble que l’on se dirige vers l’absence de preuves pour libérer Abdul Rahman. Quant à celui-ci, il a refusé de renier sa foi et s’est déclaré serein.
Sur la question de la confrontation avec les sociétés musulmanes, un entretien, diffusé sur la chaîne de télévision arabe Al Jazeera, connaît un grand succès sur l’Internet. Il s’agit d’une vigoureuse et courageuse dénonciation de l’islamisme par une psychologue américano-arabe, Wafa Sultan. Depuis, celle-ci a reçu de nombreuses menaces de mort. Pour visionner cette interview (sous-titrée en français), cliquez sur ce lien (sous-titrée en anglais ici).
Dans une autre vidéo, d’une chaîne américaine, trois anciens terroristes islamistes, repentis, racontent comment ils ont été élevés dans la haine de l’Occident, de l’Amérique, d’Israël et du christianisme (pour la voir, sous-titrée en français, cliquez ici).

Irène
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Message par Irène » lun. 27 mars 2006 13:55

Nous avons hésité à mettre l' information concernant Madame Wafa Sultan sur le forum ; aujourd'hui, elle est de notoriété publique et entre tout à fait dans le cadre de ce fil ;
Hilaire ayant omis d'indiquer les liens où l'on peut visionner cette vidéo, je vous l'indique ICI

hilaire
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Message par hilaire » lun. 27 mars 2006 20:26

en fait c'est parce que je ne sais pas comment inscrire un lien dans un message...

Antoine
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Wafa Sultan

Message par Antoine » lun. 27 mars 2006 22:37

Irène a écrit :Nous avons hésité à mettre l' information concernant Madame Wafa Sultan sur le forum ; aujourd'hui, elle est de notoriété publique et entre tout à fait dans le cadre de ce fil
DES MENACES VIOLENTES POUR LA FEMME MUSULMANE QUI DIT QUE LA VIOLENCE DETRUIT L'ISLAM.
par JOHN M. BRODER- New York Times – 11Mars 2006

Traduit par Stéphane Teicher pour www.nuitdorient.com

LOS ANGELES, 10 Mars — Il y a trois semaines, le Dr. Wafa Sultan n'était qu'une psychiatre Syro-Américaine largement inconnue, vivant à l'extérieur de Los Angeles, et nourrissant profondément colère et désespoir à l'égard de ses congénères Musulmans. Aujourd'hui, par la grâce d'une interview inhabituellement acerbe et provocante sur la chaîne Al Jazeera le 21 Février, elle est une vedette internationale, présentée par certains comme la voix pure de la raison, et par d'autres comme une hérétique et une infidèle qui mérite la mort.

Dans cette interview, qui a été regardée plus d'un million de fois sur Internet, et a atteint les e-mails de centaines de milliers de personnes dans le monde, le Dr. Sultan critique avec amertume les religieux Musulmans, les propagateurs de la guerre sainte et les leaders politiques qui d'après elle ont déformé les enseignements de Mahomet et du Coran vieux de 14 siècles.

Elle dit que les Musulmans du monde, qu'elle compare en leur défaveur aux Juifs, se sont enfoncés dans un tourbillon d'apitoiement sur soi et de violence.

Le Dr. Sultan dit aussi que le monde n'est pas en présence d'un choc de religions ou de cultures, mais d'une lutte entre modernité et barbarisme, une guerre que les forces de l'Islam violent et réactionnaire sont condamnées à perdre. En réponse, les religieux de tout le monde Musulman l'ont condamnée, et son répondeur téléphonique s'est rempli de menaces funestes. Mais les réformateurs Islamiques l'ont couverte d'éloges pour avoir dit à voix haute, en Arabe, et sur la chaîne de télévision la plus regardée dans le monde Arabe, ce que bien peu de Musulmans osent dire, même en privé. « Je pense que notre peuple est l'otage de ses propres croyances et enseignements, » dit-elle cette semaine dans une interview donnée dans sa maison d'une banlieue de Los Angeles.

Le Dr. Sultan, 47 ans , porte un sweater et une jupe très élégante, avec des chaussons fourrés et de grosses chaussettes. Ses yeux et ses cheveux sont d'un noir vif et ses manières modestes contrastent avec ses intenses paroles : «la connaissance m'a libérée de cette pensée rétrograde. Quelqu'un doit nous aider à libérer le peuple Musulman de ces croyances erronées. »

Peut être ses mots les plus provocateurs sur Al Jazeera sont ceux qui comparent l'attitude des Juifs et des Musulmans face à l'adversité. Evoquant l'Holocauste, elle a dit : « Les Juifs sont sortis de cette tragédie et ont forcé le monde à les respecter, par leur savoir, et non par leur terrorisme; par leur travail, et non par leurs lamentations et leurs hurlements. »

Ella a poursuivi: «On n'a pas vu un seul Juif se faire exploser dans un restaurant Allemand. On n'a pas vu un seul Juif détruire une église. On n'a pas vu un seul Juif protester en tuant des gens. »

Elle a conclu: « Seuls les Musulmans défendent leurs croyances en brûlant des églises, en tuant des gens et en détruisant des ambassades. Ce chemin ne donnera aucun résultat. Les Musulmans doivent se demander ce qu'ils peuvent faire pour le genre humain, avant d'exiger que l'humanité les respecte».

Ses idées ont attiré l'attention du Congrès Juif Américain, qui l'a invitée à s'exprimer en Mai à l'occasion d'une conférence en Israël. « Nous avons discuté avec elle de l'importance de son message et essayé de déterminer le meilleur lieu pour qu'elle puisse s'adresser aux leaders Juifs, » dit Neil B. Goldstein, directeur général de l'organisation.

Elle est sans doute la bienvenue à Tel Aviv, plus qu'elle ne le serait à Damas. Peu après l'émission, des religieux Syriens l'ont dénoncée comme infidèle. L'un d'eux a dit qu'elle avait infligé à l'Islam plus de dommages que les caricatures Danoises se moquant du prophète Mahomet, selon une dépêche.

Le Dr. SULTAN « travaille à un livre qui, si il est publié, va chambouler le monde Islamique».

« J'ai atteint le point de non retour. Je n'ai pas le choix. Je remets en question le moindre des enseignements de notre livre saint. »

Le titre provisoire du livre est: « Le prisonnier évadé: quand Dieu est un Monstre. »

Le Dr. Sultan a été élevée dans une grande famille traditionnaliste Musulmane de Banias, en Syrie, une petite ville sur la côte Méditerranéenne à environ deux heures de route au nord de Beyrouth. Son père faisait le commerce des céréales et était un Musulman pieux, et elle a été élevée dans la religion jusqu'à l'âge adulte.

Mais, dit elle, sa vie a changé en 1979, quand elle étudiait la médecine à l'université d'Alep, au Nord de la Syrie. A cette époque, le groupe radical des Frères Musulmans utilisait le terrorisme pour tenter de saper le gouvernement du Président Hafez al-Assad. Des hommes armés des Frères Musulmans ont surgi dans une salle de cours de l'université et ont tué son professeur sous ses yeux, dit elle. « Ils ont tiré des centaines de balles sur lui, en criant,'Dieu est grand'. A ce moment, j'ai perdu la foi en leur dieu, et commencé à remettre en question tous nos enseignements. Ce fut le tournant de ma vie, et cela m'a amenée à la situation présente. Je devais partir, je devais rechercher un autre dieu. » Elle et son mari, qui a maintenant américanisé son nom en David, dressèrent des plans pour partir aux Etats-Unis. Leurs visas arrivèrent finalement en 1989, et les Sultan et leurs deux enfants (ils en ont eu un troisième depuis), s'installèrent avec des amis à Cerritos en Californie, une communauté prospère en limite du comté de Los Angeles.

Après une succession de métiers et de problèmes de langue, le Dr. Sultan a terminé sa licence de médecine à l'exception d'un programme de licence hospitalière qu'elle espère obtenir d'ici un an. David dirige une station de contrôle de pollution automobile. Ils ont acheté une maison dans la région de Los Angeles et mis leurs enfants dans les écoles locales. Ils sont tous citoyens Américains.

Mais alors même que le Dr. Sultan s'installait dans une vie confortable de classe moyenne Américaine, la colère grondait en elle. Elle se mit à écrire, d'abord seulement pour elle, puis pour un site Internet Islamique réformateur appelé Annaqed (la critique), géré par un expatrié Syrien à Phoenix.

Un essai du Dr. Sultan plein de colère, sur ce site, à propos des Frères Musulmans, attira l'attention d'Al Jazeera, qui l'invita à discuter avec un religieux Algérien dans une émission en Juillet denier.

Dans ce débat, elle mit en question les enseignements religieux qui amènent de jeunes gens à se suicider au nom de Dieu. "Qu"est ce qui pousse un jeune Musulman, à la fleur de l'âge, avec la vie devant lui, à aller se faire sauter?" demanda-t-elle. "Dans nos pays, la religion est la seule source d'éducation et c'est la seule source à laquelle ce terroriste s'est abreuvé jusqu'à ce que sa soif soit étanchée."

Ses remarques ont suscité des débats dans le monde entier et son nom a commencé à apparaître dans les journaux et les sites Internet Arabes. Mais sa réputation s'est accrue de façon exponentielle lorsqu'elle est réapparue sur Al Jazeera le 21 Février, une intervention qui a été traduite et largement diffusée par l'Institut de Recherche sur les Medias du Moyen Orient, connu sous le nom de Memri.

Memri a dit que le clip de son intervention de Février a été regardé plus d'un million de fois. "Le choc auquel nous assistons dans le monde entier n'est pas un choc de religions ou un choc de civilisations," dit le Dr. Sultan . "C'est un choc entre deux opposés, entre deux ères. C'est le choc entre une mentalité qui appartient au Moyen Age et une autre mentalité qui appartient au 21ème siècle. C'est un choc entre la civilisation et le retour en arrière, entre la barbarie et la raison."

Elle a dit qu'elle ne pratiquait plus l'Islam. "Je suis une personne laïque," dit-elle.

L'autre invité de l'émission, identifié comme un professeur Egyptien d'études religieuses, le Dr. Ibrahim al-Khouli, lui a demandé : "Etes vous une hérétique ?" Il a dit ensuite qu'il n'était pas question de la contredire ou de discuter avec elle, car elle avait blasphémé contre l'Islam, le prophète Mahomet et le Coran.

Le Dr. Sultan a dit qu'elle a pris ces mots comme une fatwa formelle, une condamnation religieuse. Depuis, dit elle, elle a reçu de nombreuses menaces de mort sur son répondeur et par e-mail.

Un message disait : "Oh, tu es toujours vivante? Attends et tu verras." Elle a reçu un e-mail l'autre jour, en Arabe, qui disait: "Si quelqu'un devait te tuer, ce serait moi."

Le Dr. Sultan dit que sa mère, qui vit toujours en Syrie, a peur de la contacter directement, et ne lui parle que par l'intermédiaire d'une soeur qui vit au Qatar. Elle dit qu'elle se fait plus de soucis pour la sécurité des membres de sa famille ici et en Syrie que pour elle-même.

"Je n'ai pas peur," dit elle. "Je crois en mon message. C'est comme un voyage d'un million de kilomètres, et je crois que j'ai parcouru les premiers 10 km, les plus durs."

hilaire
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Message par hilaire » mer. 29 mars 2006 21:35

d'après les entrefilets médiatiques... il semblerait qu'il faille plaider la folie quand on se convertit de l'islam au christianisme, puisque c'est un argument qu'aurait avancé les magistrats afghan pour relâcher Abdul Rahman.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mer. 29 mars 2006 21:40

hilaire a écrit :d'après les entrefilets médiatiques... il semblerait qu'il faille plaider la folie quand on se convertit de l'islam au christianisme, puisque c'est un argument qu'aurait avancé les magistrats afghan pour relâcher Abdul Rahman.
Reportez-vous au discours du roi Hassan II du Maroc (8 mai 1990) que j'avais cité dans mon message du 21 janvier 2006:

Lors de son discours du 8 mai 1990 annonçant la création du Conseil consultatif des droits de l'homme, le Roi Hassan II dit:
"Nous sommes excédés, tous les Marocains sont excédés par tous ces propos tendant à faire croire qu'il existe au Maroc des prisonniers pour raisons politiques.
Si l'on estime dans certains milieux que c'est un délit politique que de porter atteinte à Dieu - Dieu me pardonne cette évocation -, à la Patrie et au Roi et d'attenter à nos croyances et à notre constitution, mon acception est toute autre, et je ne tiens pas à ce qu'ils la partagent.
Y a-t-il un seul musulman qui puisse circuler à travers le pays pour dire "embrassez telle autre religion que l'Islam"? Avant de se repentir, il devrait être soumis à un examen de son état mental par des médecins spécialisés. S'il persiste dans son appel à se convertir à une religion autre que l'Islam, religion de Dieu, il sera alors jugé et quelle que soit la sentence qui sera prononcée à son encontre, il ne saurait être qualifié de prisonnier politique." (cf. Bulletin d'information, Ambassade du Maroc, Berne, 21 mai 1990.)

Vous voyez bien que je n'invente jamais rien dans mes messages. Pas plus sur les codes pénaux des pays musulmans (sauf Liban, Tunisie, Turquie et Indonésie - même l'Algérie vient de mettre fin à plus de quarante ans de tolérance dans ce domaine) que sur la législation de l'Etat de Stepinac et Pavelić. La réalité dépasse toujours la fiction.

Irène
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Message par Irène » jeu. 30 mars 2006 12:22

" Abdul Rahman est en Italie"
Je n'ai pas vu cette information sur la page de garde de Yahoo Informations ...


Déclaration des Droits de l'Homme adoptée par l'ONU
Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites .


Cette affaire est un grand scandale : que notre indignation se joigne à celle de beaucoup d'autres. Mais garder le silence absolu sur cette affaire serait une lâcheté.

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