Réincarnation ?

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Catherine
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Bien joué, Antoine !

Message par Catherine » sam. 23 août 2003 23:04

Et dire que je m'apprêtais déjà à répondre, en passant un savon à "chocolat chaud" sur l'autre Forum !
Puis, je me suis dit : je ne me mêle pas des affaires d'un forum aussi peu sérieux.
K.

christianc
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Message par christianc » dim. 24 août 2003 15:32

Effectivement la question de la relation du Judaïsme à la réincarnation se pose ..

Pour ce qui concerne le "segment commun" - jusqu'au premier siècle

Une référence à la Métempsychose ou la Réincarnation a été vue par Thakeray, universitaire distingué et traducteur de Flavius Joseph, dans la description que donne Flavius Joseph des enseignement des Pharisiens et dans le propre discours de Flavius Joseph contre le suicide.

Flavius Joseph ecrit "Chaque âme, comme ils (les Pharisiens), le maintiennent est impérissable, mais l'âme des bob seul passera dans un autre corps pendant que l'âme des maudits subira la punition éternelle/
Feldman soutien que dans cette description de la doctrine des Pharisiens, Joseh ne se réfère pas à la métempsychose mais dans la croyance en la résurrection. Puech affirme plus spécifiquement que dans les écrits de Joseph la "réincarnation" est réservée seulement aux justes et n'arrive qu'une seule fois, comme une récompense et non pas de manière cyclique.
Donc Joseph en fait, propose l'idée Juive de la résurrection et on pas une conception Platonicienne ou Pythagoréenne de réincarnation cyclique.

Et Ceci est vrai des autres passages de Joseph cités
par Thackeray pour soutenir la croyance en la métempsychose...

http://www.spiritual-wholeness.org/faqs ... ssrein.htm
Sources :

Jewish War 2.163 (transl. H. St. I. Thackeray)
Note c on Antiquities 18.14
Emile Pucech. La croyance des Esseniens en la vie future: imrnortalite, resurrection, vie eternelle? Histoire d'une crovance dans le Judaisme ancien (Etudes bibliques Nouvelle serie 22). vol. 2, Paris: Gabalda, 1993, 726-769, especially 757-758.

Thackeray a un peu semé le doute mais il semble que le débat soit clos en ce qui concerne le premier siècle..

Il me semble que le débat porterait plus sur la nature de la résurrection ..

La Résurrection de Lazare est elle la Résurrection de Jésus ou la Résurection de croyants à la fin des temps ?


D'abrès le Bureau de Documentation sur les Sectes et les Religions..

http://www.bdsr.org le Judaïsme n'a jamais cru en la réincarnation..

(D'ailleurs dans le bouddhisme ou l'hindouisme le Soi n'existe pas , il y a transmission d'une "flamme" primale comme d'une bougie à l'autre et donc ni transmission de personnalité ni de souvenirs.. Seuls les malheurs ou les bonheurs actuels sont expliqués en relation avec les diverses réincarnation.. (les mérites , comme les dé-mérites des vies antérieures expliquent la vie ..)

C'est très différent de la Résurrection Judéo-Chrétienne qui postule l'immortalité de l'âme (et non son éternité) et la continuité de la personne c'est à dire de la relation à Dieu qui est et reste unique.. Jésus n'a t'il pas affirmé " Dieu est le Dieu d'Abraham d'Isaac et de Jacob, Dieu est le Dieu des vivants et non des morts, celui qui vit et croit en moi vivra quand bien même il serait mort"



On pourrait interpréter l'exemple donné par Antoine dans le cadre de la psychologie Jungienne.

Pour la psychologie Jungienne on peut interpréter les souvenirs de "vie antérieure" comme des projections, des apriations refoulées qui reviennent sous forme symbolique (Comme des rêves ou des souvenirs de réincarnation)..
Ils sont précieux pour connaïtre l'état d'esprit de la personne, ses aspirations, ses blessures et permettre de les surmonter.. D'en guérir..Nous avons besoin d'aspirer à mieux pour grandir..

Il faudrait remarquer que de tous ceux qui avancent des "souvenirs de réincarnation" aucun n'a eu une vie "discrète et oubliée" .. Ils sont tous des personnages glorieux ou très proches de personnages glorieux (savants , artistes, princes, princesses, guerriers..)

J'espère que cela aide dans ce débat très complexe ..

L'existence de courants "libéraux" à l'intérieur du Christianisme et du Judaïsme ne facilite pas les choses je n'ai pris comme référence que des sources "conservatrices" qui ont le mérite d 'être claires..

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mar. 30 sept. 2003 0:14

Mais pourquoi ne pas avoir fait à notre ami totocapt la simple remarque que la sainte impératrice Théodora, morte en 548, ne pouvait naturellement pas avoir imposé ses décisions au cinquième concile oecuménique, réuni en 553, soit cinq ans plus tard?

Catherine
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notre ami totocapt

Message par Catherine » mar. 30 sept. 2003 8:36

lecteur Claude a écrit :Mais pourquoi ne pas avoir fait à notre ami totocapt la simple remarque que la sainte impératrice Théodora, morte en 548, ne pouvait naturellement pas avoir imposé ses décisions au cinquième concile oecuménique, réuni en 553, soit cinq ans plus tard?
Parce que l'unique lecteur Claude qui y aurait pensé, n'était pas là pour lui donner cette réponse imparable, pardi !
K.

Jean Béziat
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à totocapt

Message par Jean Béziat » lun. 17 mai 2004 12:15

La voix de la sagesse a largement parlé, je pense. Mais vous semblez sourd. Une fois, deux fois, trois fois... Inutile d'aller plus loin, si ce n'est en vous clouant le bec avec un autre élément faux de vos assertions : le coup de l'anathème inexistant.
Je laisse parler les textes :
LES ANATHEMES CONTRE ORIGENE
ET LES ORIGENISTES
(Conciles de Constantinople ; 543, et 553-Vme Oecuménique)



1. Quiconque soutient la fabuleuse préexistence des âmes et la monstrueuse apocatastase qui en est la conséquence, qu'il soit anathème.

2. Quiconque dit : tous les êtres raisonnables se présentaient comme des esprits sans corps, immatériels, sans nombres ni noms, de sorte qu'il en résultait une Enade1 par identité de substance, de force et d'énergie, et par le fait d'être uni au Verbe Dieu et de le connaître ; mais, ayant conçu quelque orgueil dans la contemplation divine, ils se sont tournés vers le pire, chacun en proportion d'une certaine inclination, et ont pris des corps plus ou moins subtils ou grossiers, assortis d'un nom - car de ce fait, une différence de noms et de corps est intervenue au sein des Vertus célestes : et c'est ainsi que les Chérubins, les Séraphins, les Principautés, les Puissances, ou encore les Dominations, les Trônes, les Anges, et combien d'ordres célestes, sont apparus et ont reçu un nom, qu'il soit anathème.


3. Quiconque dit : le soleil, la lune, les astres et toutes les créatures provenant de l'Enade des êtres raisonnables sont devenus ce qu'ils sont, avant tout par le fait qu'ils se sont tournés vers le pire, qu'il soit anathème.

4. Quiconque dit : les êtres raisonnables dans lesquels l'amour divin s'était refroidi ont revêtu des corps grossiers tels que les nôtres, et furent appelés hommes ; et ceux qui sont parvenus au sommet du mal ont revêtu des corps froids et ténébreux, et de ce fait sont appelés des démons de l'esprit du mal, qu'il soit anathème.

5. Quiconque dit : la complexion des Anges et des Archanges détermine l'état des âmes, dont la complexion à son tour détermine l'état d'homme ou de démon ; et à l'inverse les Anges et les démons naissent de la complexion humaine, et chaque ordre des puissances célestes s'est constitué soit à partir des choses d'en-bas, soit à partir des choses d'en-haut, soit à partir des deux, qu'il soit anathème.

6. Quiconque dit : la race des démons s'est manifestée doublement, par une combinaison à partir des âmes humaines et des esprits les plus profondément déchus, mais de toute l'Enade des êtres raisonnables, seul un esprit d'amour divin et de contemplation (divine) resta immaculé : le Christ ; et une Royauté née de tous les êtres raisonnables amena tous les corps physiques, le ciel, la terre et ce qui est au milieu ; et le monde possède, déposés en lui-même, des éléments antérieurs à son existence, le sec, l'humide, le chaud, le froid ; et (le monde) s'est formé lorsqu'ils cessèrent de se combattre (Hefele-Leclercq : et il a été formé par le concours de ces éléments) ; et ce n'est pas la toute sainte et consubstantielle Trinité qui a créé le monde, mais c'est soi-disant l'esprit (noûs) ainsi engendré qui en est l'artisan, existant avant le monde et lui donnant l'être qu'il avait reçu par engendrement, qu'il soit anathème.

7. Quiconque dit : le Christ que l'on dit naître divinement et avoir été uni à Dieu le Verbe avant tous les siècles, dans les derniers jours s'est diminué (kenôsai) pour l'être humain, a pris en pitié, soi-disant, l'attachement de ceux de l'Enade au relâchement sous toutes ses formes, et s'est mis à vouloir sortir au travers de toutes choses ; il s'est changé en divers corps, a obtenu du sort (divers) noms, est devenu tout en tous, s'est métamorphosé en Ange parmi les Anges, mais aussi en Vertu (Dunamin) parmi les Vertus 2, et en tout autre Ordre d'êtres raisonnables ou toute forme en accord avec chaque ordre ; ensuite il a participé à notre chair et à notre sang, presque comme nous, et il est venu au monde, homme parmi les hommes 3; et quiconque ne reconnaît pas que c’est le Verbe Dieu qui s'est diminué (kenôthêna) en se faisant homme, qu'il soit anathème.

8. Quiconque dit : Dieu le Verbe, consubstantiel à Dieu le Père et à l'Esprit Saint (àghiô Pneumati) , qui s'est fait chair et homme, Un de la sainte Trinité, (est) vraiment Christ, mais d'une manière abusive, à cause de l'esprit (noûn) qui s'est lui-même diminué, soi-disant ; et le Seigneur est dit Christ du fait qu'il s'est uni à Dieu le Verbe ; aussi, le Verbe n'est Christ que par le noûs, et le noûs n'est Dieu que par le Verbe, qu'il soit anathème.

9. Quiconque dit : ce n'est pas le Verbe de Dieu qui s'est incarné dans une chair animée, dans une âme raisonnable et intelligente, qui descendit dans l'Hadès et ensuite remonta au ciel, mais c'est le soi-disant noûs , appelé de manière impie (aseboûntes) vrai Christ, ce qu'il est devenu par la connaissance de la Monade 4, qu'il soit anathème.

10. Quiconque dit : le corps de résurrection du Seigneur est éthéré et de forme sphérique, et les autres corps de résurrection le seront aussi ; et, le Seigneur ayant d'abord déposé son propre corps, la nature de tous les corps pareillement cessera d'exister, qu'il soit anathème.

11. Quiconque dit : le jugement à venir donne le signal de la disparition totale des corps. Et la fin de la sentence sera la nature immatérielle, et dans l'avenir aucun des corps matériels n'existera plus, mais (seul restera) le pur esprit (noûs), qu'il soit anathème.

12. Quiconque dit : les Vertus supracélestes, tous les hommes, le Diable et les esprits du mal, s'uniront au Verbe de Dieu aussi immuablement que l'est l'esprit (noûs) appelé Christ, qui existe sous une forme divine et s'est soi-disant diminué lui-même, et ce sera la fin de la Royauté du Christ, qu'il soit anathème.

13. Quiconque dit : le Christ ne se différencie parfaitement en rien, par rapport aux êtres raisonnables, ni quant à la substance, ni quant à la connaissance (gnôsei), ni quant à la force ou l'action souveraine, mais tous assurément se tiendront à la droite de Dieu, auprès du Christ qui les rencontrera comme dans la soi-disant préexistence, qu'il soit anathème.

14. Quiconque dit : de tous les êtres raisonnables demeurera une seule Enade des hypostases 5 et des nombres, les corps ayant été détruits ; et la destruction et l'abandon des corps, comme l'élection des noms, suivront la connaissance (gnôsei) des mondes logiques, et il y aura pareillement identité de la connaissance (gnôseôs) et des hypostases ; et seuls les (esprits) nus demeureront, dans cette soi-disant apocatastase, ainsi qu'ils se trouvaient dans la prétendue et injurieuse préexistence, qu'il soit anathème.

15. Quiconque dit : la conduite des esprits (noôn) sera la même qu'auparavant, lorsque ceux-ci n'étaient pas encore descendus ou tombés, de sorte que le commencement ressemble à la fin, et que la fin sera proportion du commencement, qu'il soit anathème.


Le Ve Saint Concile Oecuménique (Constantinople, 553), prenant acte des décisions du Synode de 543, a condamné Origène et ses sympathisants 6 dans son 11me Canon :
Quiconque n'anathématise pas Arius, Eunomius, Macedonius, Apollinarius, Nestorius, Eutychès et Origène, ainsi que leurs écrits impies, et tous les autres hérétiques condamnés et anathématisés par l'Eglise sainte, catholique et apostolique et par les quatre saints conciles susdits, et tous ceux qui ont sympathisé ou sympathisent avec les hérétiques précités, et ont persévéré jusqu'au bout dans leur impiété, qu'il soit anathème.

Saint Irénée de Lyon avait condamné d’avance l’Origénisme, en même temps que le Gnosticisme où ce dernier plonge ses racines, dans son ouvrage ‘’Contre les Hérésies’’ : Ce monde est son propre domaine (celui du Verbe de Dieu) et a été fait par son entremise selon la volonté du Père, et non par l’entremise d’Anges, ni par celle d’une apostasie, d’une déchéance et d’une ignorance...(V ; 18, 2).

La condamnation de l’origénisme montre combien cette erreur est à la racine de la plupart des grandes hérésies, apparues ultérieurement : l’arianisme (comme l’ont démontré saint Pierre d’Alexandrie et saint Epiphane de Chypre, les premiers condamnateurs d’Origène au début et à la fin du IVe s.), le nestorianisme, le monophysisme, l’islam, l’iconoclasme, l’adoptianisme, le catharisme, le calvinisme et pour finir l’oecuménisme, qui les regroupe toutes, préparant in fine un retour universel à la doctrine de l’apocatastase. La recherche par l’oecuménisme d’un compromis commun dans une soi-disant ‘’multiplicité’’ de croyances imposées comme d’égale valeur (théorie des branches), en effet, place le christianisme orthodoxe ‘’en série’’ au milieu d’autres confessions sur lesquelles on lui dénie toute prépondérance. Cette démarche, baptisée ‘’retour à l’unité’’, n’est en fait qu’un retour à l’artifice d’une prétendue ‘’tradition primordiale’’, où seraient aplanies toutes les différences, notamment celles qui font la spécificité de l’Orthodoxie, et sans lesquelles le christianisme n’est plus le christianisme. Ainsi, le mal des fausses croyances (idolâtrie, hérésies) condamnées par les Apôtres et les Pères, se trouve relativisé à l’extrême, et nous aboutissons à l’apocatastase d’un ‘’tronc commun’’ où tout mal est exclu, à une ‘’unité’’ factice des croyances que l’on présente comme une ‘’nouvelle pentecôte’’ annonciatrice de la Parousie ! L’oecuménisme aboutit par conséquent, une fois ladite ‘’unité’’ réalisée, à la fin de la royauté du Christ, absurdité condamnée par le canon 12 du concile de 543.

En Italie et en Gaule, le meilleur exemple nous en est donné par le célèbre Rufin d'Aquilée, que Paulin de Nole, Sulpice-Sévère et surtout Augustin admiraient au plus haut point lorsque, vers 400, le pape saint Anastase, à la suite de saint Eusèbe de Crémone en 398, condamna Origène et ses sympathisants, dont Rufin, qui dans sa violente controverse avec Jérôme, s'était montré fervent partisan du docteur d'Alexandrie. Il fallut des décennies pour que l'idée d'une si vaste méprise soit enfin reconnue et "digérée" par tous7.

Saint Jérôme, dans sa "Lettre 42" à l'hérétique commingeois Vigilance (vers 405 ; édition de 1718), affirmait :
(Origène) s'est trompé sur la résurrection des corps ; il s'est trompé sur la nature des âmes, sur la pénitence du Diable : et, ce qui dépasse tout cela, il a affirmé dans son Commentaire d'Isaïe que le Fils de Dieu et l'Esprit Saint étaient les Séraphins .

Comme le souligne vigoureusement saint Vincent de Lérins en 434 dans son Commonitorium , Origène est d'autant plus blâmable qu'il bénéficiait d'une renommée extraordinaire. Vers 475, saint Patiens, lors du Concile de Lyon, fit insérer à la suite des canons condamnant le prêtre prédestinatianiste Lucidus, un ouvrage de Gennade de Marseille où les thèses d’Origène étaient vigoureusement condamnées (De Ecclesiasticis Dogmatibus ; VI-XIV).

Les milieux monastiques orientaux, qui avaient vu naître l’origénisme, furent parmi les plus virulents à le condamner par la suite. Peu de temps avant le Ve Concile Œcuménique, les moines palestiniens saint Barsanuphe et saint Jean de Gaza s’inquiétaient du danger que l’origénisme faisait courir à ceux qui vivent dans la difficile tension du combat ascétique. Un frère avouait être tombé sur les ouvrages d’Origène, Didyme, Evagre et leurs disciples, où on lisait que les âmes des hommes n’ont pas été créées en même temps que les corps, mais qu’elles préexistaient à l’état d’esprits purs (incorporels), identiques à ceux des anges et des démons, que la vie corporelle était la conséquence de la déchéance humaine, et que le châtiment futur aurait une fin, hommes, anges et démons retrouvant dès lors leur état premier d’esprits purs (apocatastase). Ce frère constatait la contradiction entre cette doctrine et celle des Evangiles : Ils s’en iront au châtiment éternel (Mt. ; 25, 46) ; Leur ver ne meurt, ni leur feu ne s’éteint (Mc. ; 9, 48). Puis il demandait à saint Barsanuphe de l’éclairer sur tout cela. Le saint Vieillard rétorqua : Nous avons quitté les voies droites et nous voulons cheminer par les tortueuses (…). Ce sont spéculations de Grecs ; ce sont sornettes d’hommes qui se croient quelque chose ; ce sont propos de gens désoeuvrés, ce sont rejetons de l’illusion. (…) Ces doctrines ne conduisent pas ceux qui y croient à la lumière, mais aux ténèbres ; elles ne les disposent pas à la crainte de Dieu, mais à la dureté de cœur ; elles ne les conduisent pas au progrès selon Dieu, mais plutôt au progrès selon le diable. Elles ne les retirent pas du bourbier, mais les y enfoncent. Elles sont l’ivraie que l’Ennemi a semée dans le champ du Maître (…) Fuis-les, frère, que leur boniment ne s’enracine pas dans ton cœur. Elles sèchent les larmes, aveuglent le cœur, perdent purement et simplement les hommes qui s’y attachent. (…) Ne te laisse pas non plus égarer à propos de la science des choses futures. Ce que tu sèmes ici-bas, tu le moissonneras là-haut. Lorsque nous aurons quitté cette terre, il n’y aura plus de progrès possible. Dieu n’a pas de peine à créer en même temps l’homme et son âme 8. (…) Frère, si tu veux être sauvé, ne te jette pas là-dedans. (…) Ecarte-toi donc de ces choses désormais et marche sur les traces des Pères. (‘’Correspondance’’ ; 600). Interrogé à son tour, saint Jean de Gaza répondit : Cette sagesse-là ne vient pas d’en haut, mais elle est animale et démoniaque (Jc. ; 3, 15). Cette doctrine-là vient du diable, elle conduit ses adeptes au châtiment éternel. Celui qui n’en démord pas devient hérétique ; celui qui y croit se détourne de la vérité (…). Ne t’y attarde pas, et sauve-toi comme Lot de Sodome… Questionné ensuite sur le fait que certains Pères, comme saint Grégoire le Théologien ou saint Grégoire de Nysse, semblaient parfois recevoir les thèses origénistes, tout en les rejetant à d’autres endroits, Barsanuphe répondit que dans leur enseignement, ces Pères mêlaient parfois deux choses : ce qu’ils tenaient de l’Esprit Saint d’une part, et ce qu’ils tenaient de leurs maîtres d’autre part. Et c’est ainsi qu’il y en eut quelques uns à hériter de leurs maîtres des enseignements qui n’étaient pas orthodoxes. (…) Et finalement les enseignements de leurs maîtres se sont mêlés à leurs enseignements à eux. Ceci n’a pas été empêché par Dieu, non pour laisser les hommes s’égarer, mais eu égard à la libre volonté humaine ; Dieu a respecté la liberté des Pères incriminés, qui avaient omis de l’interroger sur la vérité de leurs affirmations par la prière ; et Dieu a respecté la volonté de tous les hommes, qui, tombant sur un passage obscur des Pères ou de l’Ecriture, sont libres d’interroger à leur tour le Seigneur afin qu’il les éclaire. Car il est dit : Quiconque demande reçoit, et qui cherche trouve (Mt. ; 7, 8) ; ce qui veut dire aussi : quiconque ne demande pas ne reçoit pas, et qui ne cherche pas ne trouve pas. Enfin, questionné sur le ‘’corps de résurrection’’, le saint Vieillard, du bout des lèvres, après des reproches réitérés sur l’inanité de telles préoccupations, condescendit à répondre : Ne t’égare pas, les corps ressusciteront avec des os, des nerfs et des cheveux, et demeureront ainsi à jamais, plus lumineux cependant et plus glorieux, selon cette parole du Seigneur : Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume des cieux (Mt. ; 13, 43). Il accordera la gloire aux corps. (…) Ce seront les mêmes corps, mais incorruptibles, immortels et glorieux. A l’appui de leurs thèses, les origénistes font appel à la 1re Epître aux Corinthiens (15, 50), où il est dit que la chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu. Barsanuphe s’empressa de proclamer que par chair et sang, Paul entendait l’impureté, la luxure et les volontés. Car si la parole de Paul s’entendait dans l’absolu, à la manière d’Origène, le Christ n’aurait pu ressusciter sous la forme d’un corps sensible, comme l’ont montré les Evangiles (incrédulité de Thomas, dernière rencontre au bord du lac,…) Enfin, les origénistes faisant appel à une parole de l’Evangile selon Matthieu (5, 26 : Tu ne sortiras pas de là que tu n’aies rendu le dernier sou), preuve selon eux que le châtiment aura une fin, Barsanuphe répondit sans problème : Si on jette en prison un débiteur insolvable, et que le magistrat lui annonce qu’il n’en sortira pas tant qu’il n’aura pas rendu le montant de la dette, il est facile de juger s’il en sortira jamais. (…) Ne t’égare pas comme un insensé. Là-bas personne ne fait de gain… (op. cit. ; 607)

Au VIIe s., alors qu’en Occident un Isidore de Séville prônait la lecture d’Origène (qu’il rangeait du côté des Pères de l’Eglise), c’est saint Jean Climaque, higoumène du Sinaï, qui à son tour inséra dans son ‘’Echelle Sainte’’ une sentence condamnant fermement la doctrine du ‘’maître’’ d’Alexandrie, mettant en garde contre le danger d’une croyance en un amour tyrannique de Dieu pour sa créature ; Dieu n’est soumis à aucune loi, pas même celle qu’il génère, et n’est donc aucunement dans l’obligation de tirer du gouffre celui qui le rejette ; de plus, le grand danger de la doctrine de l’apocatastase, c’est la permissivité : Nous devons tous être sur nos gardes, et surtout nous qui sommes tombés dans le péché, de peur que notre cœur ne se laisse corrompre par la maladie de l’impie Origène. Car cette maladie pernicieuse, qui met en avant l’amour de Dieu pour les hommes, est facilement acceptée par les amis du plaisir. (5, 52)

A la fin du VIIe s., la 1re règle du Concile Quinisexte (VIme Œcuménique), en éliminant la vénération des symboles, visait le symbolisme en tant que principe, l’immaturité païenne représentée par Origène, Didyme et Evagre qui ont rénové les fables grecques (Ouspensky, ‘’Théologie de l’Icône’’, 8 ; 1980).

En 1932 le P. Justin Popovitch, dans sa ‘’Dogmatique Orthodoxe’’ (t. I), résumait les principales erreurs de la pensée origéniste :
Origène n'a pas compris comme il convient l'enseignement divinement révélé de l'Eglise sur la Création du monde dans le temps et avec le temps. Il pensait que Dieu ne serait pas tout-puissant si le monde n'existait pas toujours et depuis toujours. (...) S'il n'y a jamais eu de temps où Dieu n'ait été tout-puissant, alors on doit reconnaître que ce monde existe depuis toujours ("Peri Arkhôn"; I; 2, 10). L'Eglise a rejeté cet enseignement d'Origène. (...) Depuis l'éternité Dieu avait l'idée du monde, mais Il l'a créé dans le temps et avec le temps lorsqu'Il en a eu la volonté . (30)
L'Eglise, lors de son Ve Concile oecuménique, a condamné la pensée d'Origène ("Peri Arkhôn"; I; 8, 1 ; II; 9, 5-6 ; III; 5, 5) selon laquelle tous les esprits incorporels ont été créés égaux en nature et n'étaient primitivement pas distingués selon leurs rangs, mais que tout cela n'est survenu que lorsqu'un certain nombre d'entre eux a déchu loin de Dieu (canons 2 & 14).(31)
L'enseignement d'Origène sur l'égalité des Anges en perfection 9 a été condamnée comme erreur par le Ve Concile oecuménique. Le même Concile a également condamné une autre erreur d'Origène, selon lequel il viendra un temps où Satan lui-même avec ses anges se retourneront vers Dieu pour se réconcilier définitivement avec Lui . (33)
Conformément à sa théorie sur la préexistence des âmes, Origène a compris la chute et la faute des premiers hommes comme une chute de leurs âmes qui aurait eu lieu dans le monde spirituel avant le commencement du présent monde; Dieu les aurait alors chassés du ciel pour cette raison, et installés dans un corps qui est désigné en allégorie dans la manière dont Adam a été exilé du Paradis et a revêtu les tuniques de peau ("Contre Celse"; IV, 40). (40)
Aujourd'hui, se placent sous le coup de ces anathèmes tous les "réincarnationnismes" et tous les syncrétismes qui tentent de rattacher l'Eglise à ces soi-disant "traditions", et toutes les théories partisanes, à savoir les ésotérismes, les hermétismes, les théosophies, l'anthroposophie, les kabbalismes, les néo-paganismes, les néo-catharismes, les alchimismes, le ‘’martinisme’’, les néo-gnosticismes, ls guénonisme, les oecuménismes (dont la doctrine hérétique du ‘’retour à l’unité perdue’’ s’apparente à celle de l’ apocatastase origéniste et à celle, plus moderne, de la réintégration ‘’martiniste’’), etc...; c'est-à-dire toutes les théories qui prêchent que la matière découle de la Chute, que les différentes hiérarchies angéliques correspondent à des degrés d'obscurcissement (donc de corporéité) consécutifs à la Chute, que les anges et les démons ne sont que des appellations de nos lumières ou ombres psychiques (personnelles ou collectives) ou de leurs projections (cf. le ‘’Livre des Morts Tibétain’’, par exemple), ou qui enseignent que Dieu n'est que l'Ensemble regroupant une pluralité d'anges créateurs (R. Steiner), et que Satan n'est autre que notre "profondeur" indéracinable, et qu'il est indispensable à Dieu et à l'homme (A. de Souzenelle) ; qui croient que le Christ est Enoch, redevenu Ange Suprême après sa résurrection (R. Guénon et certains Kabbalistes), ou que les corps de résurrection sont éthérés ou spirituels comme ceux des anges, ou encore qui s'imaginent que l'on peut remonter, à cause de ce qui vient d'être dit, de la matière corporelle à l'Esprit sans passer par le Baptême, mais par divers procédés ou "techniques de spiritualisation" (Franc-maçonnerie ‘’martiniste’’), et qui croient pouvoir s'introduire de force dans la maison en l'escaladant par les côtés, comme l'a dit le Seigneur. Dans le même ordre d'idée, les anathèmes condamnent enfin ceux qui enseignent faussement (comme C. G. Jung, E. Drewermann et leurs sympathisants) que l'âme psychique est un intermédiaire ou un "pont" entre le corps et l'esprit, c'est-à-dire le "coeur" providentiel et indispensable d'une trichotomie ‘’corps-âme-esprit’’, de sorte que la Porte des brebis n'est plus le Christ, mais aussi, s'offrant comme voie parallèle, une prétendue "Alchimie psycho-spirituelle" (guénonisme).
Autre tendance moderne, l’œcuménisme dans sa recherche d’un compromis commun à la ‘’multiplicité’’ de religions ou de confessions imposées comme d’égale valeur (théorie des branches), place le christianisme orthodoxe ‘’en série’’ au sein d’autres croyances sur lesquelles on lui dénie toute autorité. Cette démarche, baptisée ‘’retour à l’unité’’, est un mythe : celui du retour eschatologique à une ‘’tradition primordiale’’ où seraient aplanies toutes les divergences, précisément celles qui font la différence entre la vérité et le mensonge. Ainsi, le mal des fausses croyances (idolâtrie, hérésies) condamnées par les Apôtres, les Conciles et les Pères, se trouve relativisé à l’extrême, et nous aboutissons à l’ apocatastase d’un ‘’tronc commun’’ où tout anathème est exclu, à une ‘’unité’’ factice des croyances que l’on présente comme une ‘’nouvelle pentecôte’’ annonciatrice de la Parousie. L’œcuménisme aboutirait, une fois ladite ‘’unité’’ réalisée, à la fin de la royauté du Christ. On voit déjà poindre cette absurdité, condamnée par le canon 12 du Concile de 543, dans le discours de l’œcuménisme inter-religieux. D’où probablement cette répartie que le romancier J. Macé-Scaron place dans la bouche du bibliothécaire de Suméla dans ‘’Trébizonde avant l’oubli’’ (Laffont, 1990) : Origène, c’est un peu le portier de l’Eglise. Quand un païen s’en approche : excellent, c’est qu’il s’apprête à y entrer !... mais un chrétien, attention... c’est qu’il veut en sortir.

Jean














































NOTES



1. Enade : unité ; ensemble.

2. Vertu (Dunamis) : créature de la sixième hiérarchie angélique selon saint Denys l'Aréopagite
("La Hiérarchie Céleste"). Une mauvaise interprétation de l'oeuvre de Denys est probablement à
l'origine de l'angélologie hérétique d'Origène.

3. Cet anathème vise la doctrine affirmant que le Verbe, dans son incarnation, a épousé tous les états
angéliques (qui pour les origénistes correspondent à des degrés de chute : voir anathèmes 2 à 5),
jusqu'à l'homme. A l'inverse, selon la même doctrine, l'homme peut se diviniser en passant par ces
mêmes états. Cette doctrine est héritée de l'Hermétisme gnostique, déjà combattu par saint Irénée de
Lyon à la fin du IIe s.

4. Monade : l'Un (Dieu).

5. Hypostase : la personne.

6. Concernant les sympathisants , le concile visait particulièrement, sans les nommer, Didyme
l'Aveugle et Evagre le Pontique, ainsi que leurs partisans.

7. Ceci n’empêcha pas Isidore de Séville (déb.-VIIe s.) d’introduire dans toute l’Espagne l’hérésie
d’Origène, dont il était un fervent admirateur. Isidore de Séville, déjà dans l’erreur quant à son
adhésion à l’augustinisme et à son filioquisme, se place ainsi sous le coup du 11e anathème du
Concile Oecuménique de 553.

8. Cette phrase revêt le même sens que celle de saint Irénée : la liberté divine est sans limite. Le
Créateur ne saurait être entravé par la moindre fatalité, et l’œuvre créatrice ne passe par aucune
forme de nécessité.

9. Justin Popovitch fait allusion à l’égalité des anges au commencement, professée par Origène ; cette
doctrine est contraire à l’orthodoxie, qui enseigne que les (neuf) ordres angéliques ont été créés tels
quels par Dieu, dès le commencement.

totocapt
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Re: Réincarnation ?

Message par totocapt » sam. 22 déc. 2012 10:34

Bel exemple de lâcheté que de supprimer un post fournissant ma réponse, depuis si longtemps en attente... Mais je laisse Dieu être votre seul juge!...
Gnôthi seauton!

Claude le Liseur
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Re: Réincarnation ?

Message par Claude le Liseur » sam. 22 déc. 2012 17:20

totocapt a écrit :Bel exemple de lâcheté que de supprimer un post fournissant ma réponse, depuis si longtemps en attente... Mais je laisse Dieu être votre seul juge!...

L'allusion à la "lâcheté" se veut sans doute une provocation, mais personne n'entrera dans votre jeu. En revanche, votre attitude me contraint à rappeler un principe que vous n'avez pas respecté: tout message à fins publicitaires, toute tentative de retape, sera effacé, comme cela a toujours été le cas depuis la fondation du forum et comme cela est à ma connaissance le cas sur tous les forums un tant soit peu organisés sur Internet. Soit vous venez débattre sur le présent forum et vous y postez, soit vous n'y postez pas. C'est aussi simple que cela et vous le savez.

A propos de votre phrase finale: n'en faites pas trop non plus.

totocapt
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Re: Réincarnation ?

Message par totocapt » sam. 22 déc. 2012 17:27

Ce n'était pas de la pub, mais une réponse à ce fil: je ne la posterai pas ici, un forum d'intégristes pour moi est repoussant, et ne mérite pas plus de considération...
Dernière modification par totocapt le sam. 22 déc. 2012 17:29, modifié 1 fois.
Gnôthi seauton!

totocapt
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Re: Réincarnation ?

Message par totocapt » sam. 22 déc. 2012 17:28

De plus, oui, Dieu vous jugera, vous comme moi... Si vous voulez vous y substituer, sans moi...
Gnôthi seauton!

Claude le Liseur
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Re: Réincarnation ?

Message par Claude le Liseur » sam. 22 déc. 2012 22:25

totocapt a écrit :Ce n'était pas de la pub, mais une réponse à ce fil: je ne la posterai pas ici, un forum d'intégristes pour moi est repoussant, et ne mérite pas plus de considération...

Et encore une provocation qui n'atteindra pas son but!

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Re: Réincarnation ?

Message par Claude le Liseur » sam. 22 déc. 2012 22:34

totocapt a écrit :De plus, oui, Dieu vous jugera, vous comme moi... Si vous voulez vous y substituer, sans moi...

S'il vous plaît, ayez la bonté de ne pas embrigader Dieu à votre service (Exode 20, 7).

Une dernière remarque, à propos de choses dont vous êtes au courant depuis longtemps: ce forum a été créé comme un lieu d'échanges, de discussion et de publication de textes en rapport avec la foi chrétienne orthodoxe, pas comme un espace virtuel sous lequel l'usage d'un pseudonyme vous permet d'insulter des gens que vous ne connaissez pas et à qui, je dois vous l'avouer, vos imprécations ne donnent pas envie de vous connaître. Il y a sans doute d'autres endroits où vous pouvez vous défouler, merci. Il est dommage de devoir vous répéter à la fin de 2012 ce que vous auriez dû comprendre lors de vos précédentes trolleries en 2003. Comme quoi ce qui paraît évident pour la plupart reste difficile à assimiler pour d'autres.

Maksim
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Re: Réincarnation ?

Message par Maksim » mer. 10 avr. 2013 23:09

J'aime l'expression française "untel est le frère que je n'ai pas eu"!
N'oublions pas que ce forum est, pour certains d'entre nous (dont moi), l'Eglise que nous n'avons pas.
Nous pouvons, certes, y discuter mais nous y venons essentiellement pour y entendre la bonne parole... d'espérance..! l'Espérance... quittes à nous faire mettre à notre place lorsqu'il le faut.
Merci, Lecteur Claude.
Avec espérance et humilité...

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