Charles de Foucauld

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Antoine
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Charles de Foucauld

Message par Antoine » dim. 27 nov. 2005 16:43

La béatification de Charles de Foucauld (1858-1916), prévue en avril 2005 a été reportée au moment de la mort du pape, le 2 avril 2005. La célébration s’est déroule le 13 novembre à Rome. Elle est présidée par le cardinal José Martins, préfet de la congrégation pour la cause des saints.

La même semaine je trouve dans un lot de vieilles partitions, cette hymne ci-dessous. Elle est en Fa Majeur et je tiens à la disposition des amateurs la partition. Toute une époque !

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A monsieur le Maréchal PETAIN
Camarade de promotion de Charles de Foucauld, à Saint Cyr (1876-1878)

LA TARGUIA
Hymne au Père de Foucauld
Marche Chantée

Paroles du Père Georges Gorrée
Lauréat de l’Académie française

Musique de Henri Milan
Maître de Chapelle de la Cathédrale de Rabat
Editions Felix Moncho – Rabat

Pour l’exécution avec orchestre s’adresser
A la Cathédrale St Pierre à Rabat.


REFRAIN

O Foucauld, Tous, fervents Chrétiens,
Nous voulons que la France entière,
Dont tu fus un des purs soutiens,
Daigne prendre à notre prière,
La fière devise des tiens :
«Jamais, Jamais arrière »


1er COUPLET

Avec Pétain, le Maréchal,
Pour être un des chefs de l'armée,
Tu vins de ton pays natal,
De cette Alsace bien aimée,
Où retentit ta renommée.
Puis, par ton aspect martial
Dans notre Algérie alarmée,
Tu parus un preux ancestral.


2ème COUPLET

Pour être utile à ton pays,
Tu voulus faire davantage
Dans le Maroc tu te rendis.
Tu vins marquer par ton passage
La noble ardeur de ton courage.
Ce sol interdit aux roumis
Où tu voilas ton beau visage,
Nous donna de loyaux amis.


3ème COUPLET

Après le drapeau, c'est à Dieu
Que tu vouas ton existence ;
Ayant parcouru les Saints Lieux,
Où tu fis l'humble pénitence
Ton cœur s'ouvrit à l'espérance.
Tu livras combat au milieu
Du désert et de la souffrance,
En vrai missionnaire des cieux.


4ème COUPLET

O toi, le " Premier Marocain ",
Comme Lyautey sut t'élire,
Tel Laperrine, Saharien,
L’âme du Hoggar, doit-on dire,
Tout l'univers t'aime et t'admire.
Tu te dévouas pour le bien,
Et tu servis jusqu'au martyre,
Mourant pour la France, en Chrétien.

hilaire
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Message par hilaire » dim. 27 nov. 2005 18:15

ça se chante avec un choeur de la Légion?

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » mar. 29 nov. 2005 20:15

Zut alors, je parie qu'ils n'ont pas prévu les voix de femme, je ne vais pouvoir mettre ce chef d'oeuvre à mon répertoire !
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Arnaud Dumouch
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Message par Arnaud Dumouch » mer. 30 nov. 2005 23:39

Chers amis, Charles de Foucault est mort en 1914, assasciné.

Le Pétain de cette époque n'est pas celui de la seconde guerre mondiale.
(juste une remarque, ça va mieux en le disant...) :D
Arnaud

Antoine
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Message par Antoine » jeu. 01 déc. 2005 9:31

Ah, vous faites erreur sur la date. Il est mort devant son ermitage, assassiné d’un coup de feu, le 1er décembre 1916.(juste une remarque, ça va mieux en le disant...) Mais que sont deux anées face à l'éternité! Ceci mis à part, vous avez raison de souligner que ce qu'il y a de mieux dans cette hymne c'est sa dédicace au Maréchal...Si vous voulez je vous envoie une copie.
Une question me turlupine: Est-il au purgatoire? Je n'en dors plus. De quelle époque de la théologie catholique son jugement relève-t-il? Celle des premiers siècles, celle de l'époque médiévale, celle du XVIème siècle? du XVII ème, de Vatican II? des textes officiels? des textes tronqués? du magistère? du pape? des théologiens? Les juges doivent avoir du mal à s'y retrouver, même s'ils ont toute l'éternité pour rendre leur verdict, et l'éternité c'est long, surtout vers la fin...
Enfin, espérons que son sacrifice pour la patrie et que la gloire de sa sainteté pour la France rejaillira aussi sur ces pauvres orthodoxes.
Toute une époque, toute une époque vous dis-je! Vous reprendrez bien un petit four; un ami Jésuite me les a rapportés de Rome. Délicieux mon cher!

eliazar
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Charles de Foucauld

Message par eliazar » jeu. 01 déc. 2005 12:08

Le Pétain de cette époque n'est pas celui de la seconde guerre mondiale.
(juste une remarque, ça va mieux en le disant...) :D
Il y a quelques temps, je consacrai deux semaines à aider en histoire contemporaine un candidat à un grand concours - dont c'était le sujet le plus faible (il n'avait que six ans de faculté de droit derrière lui, le pauvre).

En effet, quand nous en vînmes à la guerre de 1914-1918, je constatai qu'il n'en avait qu'une idée tellement vague qu'il ne connaissait même pas les noms des maréchaux de France (ni bien d'autres choses non plus : p. ex. quels pays étaient du côté allemand et quels du côté français !).

Je lui posai donc des questions de rattrapage, accumulant des noms d'officiers célèbres et y mêlant perfidement des noms comme Dreyfus, Bazaine ou Turenne. Quand j'arrivai à Pétain, il me fit en riant une remarque semblable à la vôtre :
"Là, tu ne m'auras pas ! Pétain, c'est la Seconde Guerre Mondiale, pas la première."

Alors, pourquoi s'étonner quand des Français cathos pratiquants répondent à un questionnaire (en sortant de la grand'messe du jour de Pâques) que le Christ n'est "évidemment" plus vivant, puisqu'il est au ciel ...!
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theodore
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Son action

Message par theodore » jeu. 01 déc. 2005 18:22

A t-il réussit à convertir des berbères au christianisme?
La Croix est la volonté prête à toutes les douleurs.
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eliazar
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Charles de Foucauld

Message par eliazar » jeu. 01 déc. 2005 20:03

Charles de Foucauld n'a jamais cherché à convertir des Musulmans. Jeune officier français frais émoulu de Saint Cyr, il avait été frappé par la vigueur disciplinée de leur foi collective, à une époque où il était lui-même ouvertement athée. Plus tard,après avoir longtemps douté, il s'est converti, a renoncé avec un certain héroïsme à une vie de viveur fortuné, pour entrer dans l'ordre le plus dur du catholicisme romain, celui de la Trappe, dont les supérieurs l'ont envoyé plusieurs années dans un monastère trappiste particulièrement misérable de Syrie.

Ensuite, il a quitté la Trappe pour choisir une vie d'ermite dans le monde, qu'il s'en alla mener à Nazareth. En fait, il disait "ne vouloir vivre que pour Dieu" - et n'a jamais été tenté, semble-t-il, par une voie missionnaire quelconque. Il était plutôt orienté vers une vie d'humilité, de pauvreté, et de prière solitaire.

Comme il connaissait le désert, il s'est par la suite établi à Sidi-Ben-Abbès. Son idéal semble avoir été d'être le frère de tous les hommes, bons ou mauvais, amis ou ennemis, musulmans, juifs, athées ou chrétiens - et d'accueillir avec charité et humilité quiconque lui demanderait l'hospitalité.

Mais par ailleurs, il est incontestable qu'il a néanmoins continué à avoir des tendances marquées à l'activisme "dans le monde" : action sociale, militance anti esclavagiste, préoccupations colonisatrices - je ne dis pas colonialistes... mais enfin, il s'est beaucoup intéressé à l'établissement d'un chemin de fer à travers le Sahara. Ce qui ne risquait pas de lui faire beaucoup d'amis parmi les Touaregs ... et ne pouvait être vu par les habitants du Sahara qu'en étroit rapport avec la présence "étrangère" de l'Armée Française, dont par ailleurs le général Laperrine était connu pour être son ami personnel.

Ce mélange d'action sociale, d'enthousiasme un peu activiste, de généreux don de soi, certes... mais tout de même mélangé à une sorte de dédain pour la "propagation de la foi" (comme on disait de son temps en milieu kto) - tout cela me fait un peu penser à la forme de sainteté choisie par Mère Marie Skobtsova, au sein de l'orthodoxie russe parisienne. Une sainteté de "bon Samaritain", pas loin de l'assistance sociale, avec en plus une abnégation indiscutable, mais rien de bien comparable aux divers types de sainteté qu'on trouve traditionnellement dans les synaxaires orthodoxes. A mon avis, Charles de Foucauld serait plutôt proche du "catholicisme social" de la fin du XIXème siècle, avec une touche spécifique due à sa formation de militaire de carrière.

Il a toujours souhaité fonder des congrégations, mais quoique changeant plusieurs fois de type d'ordre (soit destiné à des moines, soit pour des laïcs, ou encore pour des gens mariés, etc), il n'y est jamais parvenu. Là encore, nous sommes très loin du type classique de sainteté de l'ermite orthodoxe, auprès de qui des disciples (qu'il n'a ni sollicité ni recherchés) viennent s'établir peu à peu parce qu'ils cherchent un guide spirituel - et autour de qui un monastère finit par s'organiser de manière organique, et non pas statutaire ou organisationnelle.

Dans tous ses projets (jamais aboutis) de congrégations, on retrouve une même idée de base : il veut les établir dans un milieu non chrétien, où ils ne chercheront à convertir personne au Christ, mais où les cénobites considéreront le fait d'être acceptés par les non-chrétiens comme une faveur; ses moines devront témoigner de la reconnaissance aux non-chrétiens qui seraient en quelque sorte leurs hôtes. C'est une sorte d'esprit de "dhimmis volontaires" qui ne pouvait que plaire aux Musulmans, au fond - mais faute de recrues, il n'a jamais réussi à concrétiser même cet idéal minimaliste. Je vois dans cette partie de sa vie une sorte de continuité de sa carrière d'officier, plus qu'une vie véritablement mystique; mais bien sûr, seul Dieu peut savoir ce qu'il en était, quant à sa vie spirituelle personnelle.

De toute manière, je regrette un peu qu'Antoine ait éprouvé le besoin de faire de l'humour sur sa béatification : ce n'est visiblement pas du tout un saint orthodoxe, et si les ktos veulent le béatifier, c'est à mon avis leur affaire. En rien, cela ne peut retenir l'attention de ce Forum. Et s'il a vraiment été un grand saint caché ( ce qui me semble assez probable) ce n'est pas à nous à y trouver à redire !

Un saint "porté sur les autels" à la manière latine n'a de valeur que pour l'exemple qu'il donne aux autres membres de sa communauté religieuse, sur cette terre. Nous ne sommes pas concernés par l'exemple de Charles de Foucauld : je ne crois pas qu'il y ait actuellement aucun pays orthodoxe qui gère des colonies. Pour le reste, nous savons bien qu'il y a des milliers de très grands saints que nous ne connaîtrons que si Dieu nous accorde la grâce de les rencontrer dans Son Royaume. Pourquoi discuter au sujet d'un officier athée, puis converti à la vie érémitique, dans une comumnauté religieuse qui n'est pas l'Église? C'est l'affaire de sa propre hiérarchie, me semble-t-il.

Tout autre est le cas (scandaleusement impie) d'une béatification comme celle récente du cardinal Stepinac. Là, nous sommes habilités à dire bien haut qu'un saint qui a soutenu et béni les bourreaux du peuple orthodoxe, approuvant des camps de concentration dont le but essentiel était de leur faire abjurer la foi orthodoxe avant de les massacrer et de voler leurs terres, leurs fermes, leur bétail et leurs biens - ce ne peut être ni un saint ni un exemple à recommander - sauf si le Vatican souhaite vraiment maintenir et raviver chez ses fidèles d'Europe centrale l'instinct glorieux de la chasse aux non-catholiques romains, et leur faire admirer les tueries des guerres de religion.

Pour revenir à Charles de Foucauld, il est clair ce n'est pas en tant que chrétien qu'il a été assassiné par le rezzou de 1916, à Tamanrasset, mais en tant que "sentinelle", ou "témoin", ou "agent" (supposé) de la présence coloniale française. Et si je regrette la désinvolture inutile avec laquelle cette chanson inepte a été publiée sur notre Forum, je comprends parfaitement la gouaille avec laquelle Antoine l'a citée : c'est en effet l'exemple parfait d'un hymne (en forme de marche, du reste!) dédié à un saint patriote par des parachutistes de la Légion Etrangère.

Et pour répondre à la question de Théodore, je doute qu'il ait jamais converti personne au Christ. Mais tous les saints ne sont pas missionnaires chez nous non plus, que je sache. Alors ...
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Antoine
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Message par Antoine » ven. 02 déc. 2005 4:28

De toute manière, je regrette un peu qu'Antoine ait éprouvé le besoin de faire de l'humour sur sa béatification : ce n'est visiblement pas du tout un saint orthodoxe, et si les ktos veulent le béatifier, c'est à mon avis leur affaire.
Eliazar, je n'ai porté aucun jugement sur la béatification de Charles de Foucaud. Je trouve simplement assez symptomatique le contenu de cette "Targuia".
Il se trouve qu'une simple coincidence me fait mettre la main sur cette partition au moment où il est canonisé. Ce n'est pas Charles de Foucaud qui est en ligne de mire mais la façon dont il est perçu dans cette hymne et cette perception est le reflet d'un catholicisme d'une époque.

eliazar
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Charles de Foucauld

Message par eliazar » ven. 02 déc. 2005 15:50

A qui le dis-tu !

Et toi, tu n'étais même pas né !!
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Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » ven. 02 déc. 2005 20:06

Je crois que le père Charles de Foucauld est l’un de ces personnages atypiques de l’Occident catholique qu’il est très difficile de classer. Son sens de l’ascèse, du retrait au désert, de l’humilité et de la paix en font un personnage très éloigné des clichés catholiques habituels. D’autre part il a été doublement ambigu, d’une part pas ses liens avec les forces militaires coloniales (mais je ne suis pas de ceux qui rejettent sans appel le passé colonial en bloc) ; d’autre part il a été un des pères de l’illusion mystico-catholique au sujet des musulmans (avec Louis Massignon). Un jugement tranché me parait impossible.

Son héritage spirituel à donné lieu à une série de groupuscules très variés, parmi lesquels il y avait le pire et le meilleur. Je ne connaissais pas le chant qui a été cité. Je l’ai entendu citer jadis par des gens qui avaient proches des Chantiers de jeunesse du gal de la Porthe du Theil, et qui étaient devenus des résistants. Alors…

Je crois, comme Éliazar, qu’il était de son temps et des illusions de son temps et aussi des meilleurs de son temps. Il y a eu parmi les néo-catholiques du XXème soècle et les “grands convertis” comme on disait, toute une sérue de gens qi’il faut considérer avec nuances, et qui prouvent que l’ultra-montanisme et le progressisme n’avaient pas encore tout balayé dans l’Église catholique en France. Leur héritage sera dans la conversion à l’Orthodoxie.
Jean-Louis Palierne
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theodore
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Illusion mystico-catholique envers les musulmans

Message par theodore » sam. 03 déc. 2005 11:49

J'y souscris , depuis le Père de Foucauld, jusqu'à Louis Massignon et soeur Emmanuelle il ya une vériable illusion mystique quant au dialogue avec l'islam, après tout combien de chiffoniers du Caire ont sous l'impulsion d'une soeur Emmanuelle découvert l'Evangile, et qu'en pensaient les églises chrétiennes locales(copte notamment mais aussi les autres patriarcats orientaux).
Des amis orthodoxes mais aussi catholiques syriens et libanais ont trouvé désastreux le baiser du pape Jean Paul II porté sur un Coran devant des dignitaires musulmans invités au Vatican: mais sait-il donc ce qu'il ya dedans concernant les chrétiens, un dignitaire musulman oserait-il baiser ainsi un évangile?J'en doute, je veux bien admettre qu'il faille dialoguer mais à ce point.
Illusion...
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eliazar
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Charles de Foucauld

Message par eliazar » sam. 03 déc. 2005 12:03

Lorsque Jean-Louis Palierne écrit, à propos de Charles de Foucauld, que :
... / ...D’autre part il a été doublement ambigu, d’une part par ses liens avec les forces militaires coloniales (mais je ne suis pas de ceux qui rejettent sans appel le passé colonial en bloc) ... / ...
... je ne puis à mon tour que partager son analyse.

L'indispensable rejet de "l'idéal colonialiste" ne peut jamais échapper à cette ambiguïté qui a justement présidé à la fabrication d'un tel idéal. Et c'est parce que cette ambiguïté a permis que ce qui n'était au départ qu'une sale manoeuvre politico-financière (souvent avec la complicité active d'armées nationales défaillantes qui avaient besoin de redorer leur blason à moindres frais!) devienne, pour les "bonnes âmes", un idéal - revêtant presque la puissance d'imprégnation qu'ont revêtu dans le catholicisme romain les faux dogmes - que toute idée proche du colonialisme doit être rejetée.

Cependant, Jean-Louis a raison et on ne peut pas jeter le bébé avec l'eau sale du bain !

Il y a eu beaucoup de gens respectables, pour qui le colonialisme (que leur confiance naïve édulcorait à plaisir) s'est confondu au sein d'une véritable marmite de sorcières avec le patriotisme, le christianisme missionnaire, la bienfaisance envers les pauvres et les humiliés, l'amour du frère, le don de soi et j'en passe certainement. Par exemple (en France) le prurit d'un pseudo-héroïsme issu des mythes confondus de la Chanson de Roland, des Croisades et de Fachoda...

La mémoire de ces idéalistes-là souffre de manière évidente (et malheureusement injuste, au plan de l'individu) lorsqu'on dénonce le colonialisme pour ce qu'il est fondamentalement : une tentative violente de mettre la main sur le territoire d'un peuple (ou de plusieurs ethnies mêlées, comme dans nombre de pays africains ou moyen-orientaux) et surtout de s'approprier les richesses naturelles qu'il contient et que ces peuples "ne savent pas exploiter convenablement" (pour adopter le langage hypocrite du mythe en question). Le colonialisme n'est plus alors, pour ces "idéalistes" là, que l'étiquette trompeuse qu'on met sur une bouteille de poison mortel. Ils la gobent sans méfiance, sans comprendre que c'est (en eux) la primitivité bestiale des instincts utilisés par Satan pour jeter les hommes dans les gouffres de la guerre qui leur masque la véritable finalité de ce qu'ils croient être leurs "sacrifices pour une bonne cause". Il n'y a pas de guerres saintes. Il ne peut pas y avoir d'armées chrétiennes.

Dans ce sens Charles de Foucauld est un parfait cache-sexe pour tous ceux qui, par exemple au Vatican de Jean-Paul II, ont armé en sous-main (avec l'aide de la CIA et de son industrie d'armement située en Irlande) la rébellion croate qui est à l'origine des massacres liés à l'enchaînement des guerres de Yougoslavie - jusqu'à celle du Kosovo. Dont les conséquences abominables sont loin d'être finies. Ici même, sous mes fenêtres, le long de la Baie des Anges (!) toutes les nuits on entend sur le trottoir les rires hystériques des jeunes femmes droguées, trompées, humiliées, raptées, avilies que les nouveaux "Kosovars" font passer par caravanes vers les terrains de prostitution de cet Occident qui leur a permis de prendre le pouvoir, et qui continue à couvrir leurs trafics.

Là aussi, on nous a fait le coup de la croisade humanitaro-colonialiste. Et là aussi les Français ont marché - du moins ceux qui avaient les leviers de commande en main, y compris dans les média. C'est tout juste si la guerre du Kosovo n'est pas encore célébrée dans nos manuels d'histoire au même titre que la "conquête" de l'Algérie ou la "libération" du tombeau du Christ.

Ce n'est donc pas pour cracher sur les morts qu'il est du devoir de tout Baptisé de détester et surtout de dénoncer tout ce qui ressemble à un quelconque colonialisme - mais pour éviter que cette fringale irréfléchie des richesses, de la force brutale, et de l'idéalisme béat puisse à nouveau être "bénie" par les fausses puissances de ce monde, et sans cesse conduire à de nouvelles horreurs.

Vouloir construire un chemin de fer transsaharien - dans un désert dont les éventuels gisements de pétrole, ou de gaz, ou de minéraux et de métaux divers n'intéressent absolument pas les habitants, mais bien au contraire où la réussite éventuelle d'un tel projet va les transformer en parias, annihilant leur mode de vie ancestral au bénéfice de quelques grandes compagnies financières - cela ne peut pas être le fait d'un Ami de Dieu dont le coeur est éclairé par l'Esprit Saint. C'est une tentation à quoi ne peut succomber que la confusion d'idées d'un ancien officer colonial gobe-mouches qui se mortifie pour devenir un grand saint selon son idée à lui de l'humilité.

Et dans ce sens, je déteste jusqu'à l'idée d'une possible canonisation d'un Charles de Foucauld. Cette palinodie ne changera rien au jugement de Dieu sur la vie du converti Charles (qui a été très probablement celle d'un grand ascète pour l'amour de Dieu), mais elle permettra une fois de plus au Vatican hérétique et schismatique de tromper les âmes qui lui font naïvement confiance ... en ramifiant de plus en plus loin son immense toile d'araignée - comme JP2 l'a si bien réussi avec la canonisation d'une ordure ecclésiastique comme Stepinac (entre autres !).

A quand la canonisation groupée des "saints" Augusto Pinochet, et des frères dalton de la colonisation hispanique : Hernàn Cortez, Francisco, Gonzalo et Hernando Pizarro ?
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Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » sam. 03 déc. 2005 13:45

Eliazar,

Je ne voudrais pas te faire de la peine, mais tes réflexions sur la colonisation française comme aventure politico-financière datent un peu.

Cela fait maintenant 23 ans que l'on a publié la thèse du professeur Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français. Histoire d'un divorce, qui a démontré de manière irréfutable à quel point les colonies furent pour la France un boulet. Le professeur Marseille avait commencé à rédiger sa thèse pour défendre la position que tu as développée, mais les découvertes qu'il a faites au cours de sa recherche l'ont amené à complètement réviser sa position. La désinformation tiers-mondiste ne s'en est jamais remise.

La thèse du professeur Marseille a été confirmée, pour le cas particulier de l'Algérie, par un livre publié l'année dernière, Chère Algérie de Daniel Lefeuvre, montrant le poids insupportable des dépenses d'investissement en Algérie pour le budget de l'Etat français entre 1930 et l'indépendance.

On notera que ces études ne font d'ailleurs que confirmer ce que tous les économistes sérieux écrivaient dans les années précédant la décolonisation. C'est ce que l'on avait résumé sous le nom de cartiérisme, d'après l'article de Raymond Cartier "La Corrèze avant le Zambèze". C'est aussi ce qu'avait expliqué Raymond Aron dans un article retentissant au début de la guerre d'Algérie.
Le patronat français, constatant le poids que représentait les investissements à fonds perdus (et qui ne furent jamais récupérés) pour construire des usines d'aluminium en Guinée-Conakry ou des chaînes de montage de camions en Algérie (usine Berliet construite dans le cadre du plan de Constantine et dont le FLN eut la bonne idée d'enlever, torturer et tuer le directeur après les accords d'Evian, montrant ainsi l'importance qu'il accordait aux investissements venus de l'étranger), et fasciné par le décollage économique qu'avaient connu les Pays-Bas après la perte de l'Indonésie, ne s'y trompait pas. Dans les années 1950, il fut le soutien le plus ferme de la décolonisation.

La décision (salutaire) de lâcher l'Algérie alors que le FLN n'avait pas remporté la victoire sur le terrain fut aussi une conséquence de cette perception des colonies comme un poids mort économique et financier. Le caractère inflexible de cette décision s'est d'ailleurs traduit par les circonstances peu glorieuses de cette décolonisation (Français d'Algérie laissés sans aucune protection et dont un millier furent égorgés à Oran le 5 juillet 1962 sous les yeux de 15'000 soldats français qui avaient reçu de leur commandant, le général Katz, l'ordre de ne pas intervenir; Algériens pro-français abandonnés dans la confusion et dont beaucoup - à peu près 80'000 - furent exterminés dans les semaines qui suivirent l'indépendance, quoiqu'il y ait eu des camps de concentration dans le Sahara algérien pour Algériens pro-français et Français enlevés par le FLN au moins jusqu'en 1967, le tout étant parfaitement connu du gouvernement français). Il fallait vraiment se débarrasser de ce boulet à tout prix, et cette fin dans le sang, le chaos et le déshonneur n'était que la concrétisation du "à tout prix". De Gaulle ne se cachait absolument pas que sa volonté de se débarrasser de l'Algérie était motivée par la démographie galopante de ce pays et par le coût financier insupportable non seulement de la guerre, mais aussi de l'Algérie en elle-même.

Et il est vrai que, une fois définitivement (mais à quel prix) débarrassée de l'Algérie, la France connut de 1962 à 1973 une croissance économique inespérée, qui rappelait les plus belles heures du Second Empire et valut au pays de connaître pendant quelques années le taux de croissance le plus élevé de tous les pays industrialisés.

Il paraît que les Anglais se sont mieux débrouillés avec leur Empire colonial. (Il est vrai que l'Australie, le Canada ou l'Inde, c'était quand même plus prometteur que le Niger et Djibouti et autres perles du Konfetti-Reich construit par la IIIe République).

Mais force est de constater qu'en Europe occidentale, ce sont les pays qui n'ont jamais eu de colonies (Suisse, Luxembourg, Norvège) ou qui s'en sont débarrassés très vite (Allemagne, Suède, Pays-Bas) qui jouissent d'une prospérité que n'ont pas les pays qui se sont empêtrés dans une aventure coloniale longue et sans issue (France, Royaume-Uni, Belgique, Espagne, Portugal).

Si l'on excepte le premier Empire colonial français, celui bêtement perdu par Louis XV et qui correspondait à une réalité puisqu'il en reste au moins aujourd'hui la province francophone du Québec, l'aventure coloniale de la France, brève et sans gloire, se limite à une opération de propagande visant à donner à l'armée quelques victoires pour faire oublier aux yeux de l'opinion publique l'humiliation totale de 1870, la trahison de Bazaine et la perte de l'Alsace-Lorraine. Il n'est donc pas étonnant de constater qu'entre 1871 et 1914, les royalistes et les nationalistes étaient systématiquement hostiles au projet colonial, en qui ils voyaient de la poudre aux yeux destinée à faire oublier la perte de l'Alsace-Lorraine, la ligne bleue des Vosges et la Revanche. (Notons que, Dieu merci qu'on ne les a pas suivis: une guerre de revanche en 1887 aurait abouti à une défaite encore plus catastrophique qu'en 1870 et à la perte de Belfort, Briey et Nancy.) En revanche, les républicains et la gauche étaient porteurs de ce projet colonial (qui eut finalement le seul mérite de retarder l'éclatement de la guerre en Europe).

Quant au père Charles de Foucauld, la chanson qu'Antoine a reproduite au début de ce fil n'est pas si anodine que cela. La personne du père de Foucauld n'est pas en cause; je pense que c'était une sorte d'ermite qui avait succombé, comme beaucoup de Français de ce temps-là, à la fascination du Sahara. (Le film Fort Saganne, avec Gérard Depardieu, décrit très bien ce phénomène.) Simplement, il avait été récupéré par la mythologie qui existait autour de la présence française en Afrique du Nord. Il est vrai que, celle-ci n'ayant laissé aucune trace, on a peine de nos jours à imaginer ce qu'elle fut par sa durée et son importance. Il a fallu beaucoup d'efforts et de sacrifices, sur le plan économique et financier, à l'Algérie indépendante pour effacer en quelques années tout ce qui pouvait rappeler plusieurs décennies de cette présence (cas inverse de l'Inde, qui a préféré garder tout ce que les Britanniques avaient laissé, dans le but de favoriser la croissance économique). Dans ce contexte, la chanson reproduite par Antoine est un document historique, qui explique aussi pourquoi la béatification du père Charles de Foucauld, dont les vertus étaient pourtant évidentes pour tous depuis longtemps, est venue seulement en 2005.
En effet, c'est à cause de ce genre de chansons et du risque d'assimilation d'une béatification du RP de Foucauld avec la colonisation française au Maghreb que le Vatican a ralenti le plus possible la procédure de béatification. Celle-ci fut par exemple suspendue en 1954 (début de la guerre d'Algérie) et ne reprit qu'en 1967 (cinq ans après l'indépendance de l'Algérie, quand on pensait que les susceptibilités seraient apaisées). Donc, ce n'est pas si inutile qu'Antoine reproduise cette chanson, car elle véhicule une idéologie, et le Vatican a eu peur que la béatification du RP de Foucauld ne soit considérée comme un hommage rendu à cette idéologie, et ce nonobstant l'engagement d'une grande partie du clergé catholique d'Algérie (le cardinal Duval, l'abbé Scotto) en faveur du FLN.

Toutes cette digression historique peut être utile aussi pour ceux qui, comme notre lecteur belge, réagissent à cette chanson par un désolant "ce n'est pas le Pétain de la deuxième guerre mondiale", ce qui tombe à côté du sujet qui était les rapports entre mission et colonialisme. C'était d'ailleurs couru d'avance: le conditionnement idéologique est tel qu'écrire quelque part le nom du vainqueur de Verdun revient à coup sûr à appuyer sur le bouton d'une machine pour recevoir ce genre de réponses stéréotypées toujours en rapport avec la deuxième guerre mondiale. Je laisse chacun à ses phantasmes, et je fais juste remarquer que la chanson reproduite par Antoine au début ce fil me remémore le passage des Clés de Saint-Pierre de Roger Peyreffite où l'ambassadeur de France auprès du Vatican tente désespérément de plaider la cause de la béatification du RP de Foucauld auprès d'un cardinal qui ne veut surtout pas voir l'Eglise catholique romaine entraînée dans les problèmes coloniaux de la IVe République et qui lui oppose une fin de non-recevoir. C'est un des passages les plus célèbres de ce livre, que je n'ai malheurusement pas sous la main (je suis en déplacement ce ouiquende).

Remarques:

1) A propos du massacre d'Oran, le député UMP Georges Fenech a eu le courage d'évoquer la responsabilité du général Katz dans ces événements lors d'une séance de l'Assemblée nationale française le 2 décembre 2003. Mais, quarante-et-un ans après, c'est un peu tard...
2) A propos des camps de la mort de l'Algérie indépendante, se reporter au témoignage du soldat du contingent André Aussignac, enlevé quelques semaines après l'indépendance (quatre mois après le prétendu cessez-le-feu...) et évadé au printemps 1963 d'un de ces camps de la mort de Ben Bella - celui-ci réservé aux Européens enlevés -, celui de la mine de fer de Miliana. (Les camps de la mort pour les Algériens pro-français se situaient plutôt plus au Sud, dans le Sahara, quoiqu'il y en eut aussi en bordure de la mer.) On eut tellement peur des révélations du soldat Aussignac sur l'existence de centaines de détenus français détenus dans les camps algériens avec la pleine complicité du gouvernement français que la Sûreté militaire tortura M. Aussignac à son retour en France (il avait pu quitter l'Algérie caché sur un chalutier) pour le dissuader de raconter son histoire. Toutefois, l'appelé Aussignac réussit à transmettre son témoignage au sénateur radical-socialiste Etienne Dailly qui le lut lors d'une séance du Sénat en octobre 1963. Le témoignage du soldat Aussignac ayant ainsi été publié au Journal officiel grâce au discours courageux du sénateur Dailly, il n'était plus possible au gouvernement de liquider ce témoin gênant. M. André Aussignac a ainsi pu vivre assez longtemps pour que son témoignage soit à nouveau publié dans l'hebdomadaire Le Point de M. Claude Imbert en 2002, lorsque ce journal a décidé de sortir un peu la presse de sa torpeur à propos de la glorieuse décolonisation de l'Algérie. Le témoignage de M. Aussignac est aussi reproduit plus longuement dans l'ouvrage de Raphaël Delpard Les oubliés de la guerre d'Algérie.
3) En ce qui concerne la guerre de 1870, il ne faut pas oublier que l'armée française (à l'exception des garnisons défendant Metz et Bitche en Moselle et Belfort dans le Haut-Rhin) fut écrasée en trente-trois jours, ce qui (compte tenu des moyens techniques de l'époque) constitue une défaite bien plus humiliante que celle de 1940. La garnison de Metz fut ensuite livrée aux Prussiens par la trahison du maréchal Bazaine (par la suite condamné à mort par le tribunal militaire, peine communée en réclusion à perpétuité, laquelle réclusion fut vite interrompue par une évasion rocambolesque vers l'Espagne). Si la guerre s'est prolongée cinq mois de plus, au prix de grandes souffrances, c'est parce que Gambetta a fait surgir du néant des armées de volontaires, et que des civils ont mené la guerre de partisans (jusque sur la frontière entre la Moselle et l'Allemagne, c'est-à-dire à deux cents kilomètres derrière la ligne de front!). L'armée régulière (sauf les garnisons de Belfort et de Bitche qui ne capitulèrent qu'après l'armistice et sur ordre exprès du gouvernement provisoire) avait perdu la guerre en trente-trois jours et c'est le sacrifice des volontaires et des partisans qui a prolongé une résistance désespérée pendant cinq mois. En clair, les civils en armes ont réussi à tenir quatre fois plus longtemps que l'armée.
Il n'est dès lors pas difficile de comprendre qu'une armée à ce point déshonorée avait besoin de redorer son blason, et qu'aux yeux des gouvernements successifs de la IIIe République, engager l'armée dans des expéditions coloniales pourtant mal conçues, mal préparées et inutiles sur le long terme, apportait au moins l'espoir de victoires qui feraient un peu oublier Froeschwiller, Speicheren et Sedan.
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eliazar
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Charles de Foucauld

Message par eliazar » sam. 03 déc. 2005 15:53

Cher Claude,

Puis-je te faire remarquer que je n'ai pas un instant parlé de la décolonisation, mais de la politique colonisatrice ?

Je n'ignore pas le moins du monde que les bénéfices sur le vin, le cacao, les épices, les bananes, les transports maritimes, les trafics de piastres ou de francs métro, les bois précieux, les mines etc.... et la main d'oeuvre pas chère... n'ont jamais été dans la poche du contribuable des pays colonisateurs.

...Pas plus que la chair à canon gratuite n'a été utilisée pour éviter aux citoyens de la Métropole d'être envoyés eux aussi en première ligne sans préparation et parfois sans armement adéquat. "Pour le communiqué" comme on dit...

...Mais au contraire que ce sont les non-bénéficiaires (citoyens, ou petits colons) qui ont payé de leur argent, de la ruine de leur économie, et souvent de leur sang, les bénéfices que les grands pousse-à-la-colonisation avaient engrangés. Il est du reste dans la nature des choses que le jour où ces derniers ne font plus assez de bénéfices, ils abandonnent la politique colonisatrice pour adopter de préférence ... la délocalisation de leurs productions dans d'autres pays à main d'oeuvre tout aussi famélique et tout aussi peu protégée.

... Tout en continuant à laisser au contribuable-citoyen la charge de payer les indemnités de chômage et l'augmentation vertigineuse du prix de la vie quotidienne qui résultent de la conjonction de ces deux doctrines économiques successives.

Si je me suis bien gardé de développer ce second sujet, c'est que l'orthodoxie ni la politique des "canonisations exquises" suivie par le Vatican n'ont grand chose à faire avec la décolonisation : même JP2 n'aurait pas eu l'idée de canoniser tel prêtre catholique romain à soutanes bleu ciel ou rose taillées chez les grands couturiers parisiens - et devenu chef d'un état africain décolonisé.
< Demeurons dans la Joie. Prions sans cesse. Rendons grâce en tout... N'éteignons pas l'Esprit ! >

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