ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

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Claude le Liseur
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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » dim. 10 janv. 2010 15:25

Claude le Liseur a écrit : La réponse réside sans doute dans une comparaison avec l'usage arménien.
Dans son remarquable livre déjà cité à plusieurs reprises sur le présent forum Η Αγία Αποστολική Εκκλησία των Αρμενίων (La Sainte Église apostolique des Arméniens), Parousia, Athènes 2001, p. 83, l'évêque arménien Yeznik (Petrossian) indique que les Arméniens anti-chalcédoniens sont passés du calendrier julien au calendrier grégorien le 1er janvier 1924 (encyclique du catholicos suprême de la Sainte-Etchmiadzine du 6 novembre 1923). Toutefois, le calendrier julien est resté en vigueur dans le ressort du patriarcat arménien de Jérusalem, ainsi que pour quatre diocèses arméniens qui dépendent du catholicat d'Etchmiadzine: Géorgie, Nor-Nachičevan, Caucase du Nord et Astrakhan. Il faut rappeler que le livre de Mgr Yeznik date de 2001, et que cela ne correspond plus exactement à la désignation des diocèses du ressort d'Etchmiadzine. Dans les dernières listes (publiées par l'Ostkirchkiches Institut de Ratisbonne en juin 2009), je ne trouve pas trace d'un diocèse d'Astrakhan, et il semble que le diocèse du Caucase du Nord porte maintenant le nom de diocèse de Russie du Sud (siège à Krasnodar). Le diocèse de Nor-Nakhitchevan a son siège à Moscou et a juridiction sur le reste des communautés arméniennes de Russie. Il ya en outre un diocèse arménien d'Ukraine (siège à Lviv, naguère Lvov, jadis Lemberg, et encore Leopol) dont Mgr Yeznik ne parle pas.
Il est dès lors facile de comprendre pourquoi les diocèses arméniens énumérés par Mgr Yeznik ont gardé le calendrier julien. Il s'agit de diocèses qui regroupent la diaspora arménienne de Géorgie et de Russie. Or, dans ces deux pays, la religion la plus importante est l'Orthodoxie, avec deux Églises locales (patriarcat de Moscou et catholicat de Tbilissi) qui, contrairement à la plupart des autres Églises locales, ont conservé le calendrier julien. Depuis la chute du communisme, un certain nombre de fêtes religieuses orthodoxes sont redevenues fériées, et ces jours fériés sont calculés selon le calendrier julien. On peut donc supposer que les diocèses arméniens de Russie et de Géorgie ont conservé le calendrier julien pour des raisons pratiques.
Il doit sans doute en aller de même avec les paroisses assyriennes de Russie et de Géorgie. Bien que dépendant du diocèse de Duhuk qui a adopté le calendrier grégorien, la paroisse cathédrale assyrienne de Moscou fête Noël selon le calendrier julien: on peut supposer une attitude parallèle à celle des diocèses arméniens de Russie et de Géorgie, un souci de s'aligner sur la pratique de la confession la plus importante du pays.
En sens inverse, on notera que c'est exactement une des raisons pour lesquelles le patriarche de Constantinople Mélèce IV avait proposé la révision du calendrier ecclésiastique en 1923: afin de permettre aux orthodoxes émigrés en Amérique du Nord et en Europe occidentale de pouvoir aller à l'église le jour de Noël, jour férié accordé le 25 décembre dans ces pays.

Mutatis mutanda, le raisonnement doit aussi être valable pour le patriarcat arménien de Jérusalem, qui a sans doute conservé l'usage du calendrier julien parce que le patriarcat orthodoxe l'a lui-même conservé.
Toutefois, concernant les Arméniens, un autre facteur doit jouer. Si je comprends que les Assyriens nestoriens de Russie suivent le calendrier julien pour que leur célébration de Noël coïncide avec celle des orthodoxes russes et donc avec un jour férié russe, les Arméniens ne sont pas sujets à ce raisonnement-là.
Il faut en effet se souvenir du fait - peu connu - que l'Église apostolique arménienne est la seule chrétienté qui n'a pas connu la dissociation entre une célébration de la naissance du Christ le 25 décembre et une célébration du baptême du Christ le 6 janvier. En clair, le 6 janvier, les Arméniens continuent à célébrer à la fois Noël et la Théophanie, comme le rappelle un manuel d'arménien oriental fort instructif.
Noël, en arménien, se dit Սուրբ Ծնունդ (Sourp Tzenound) - "Sainte Nativité" - et se célèbre le 6 janvier, en même temps que l''Épiphanie et le baptême du Christ (qui donne lieu, à l'église ou dans la rivière la plus proche, à un rite spécial de bénédiction des eaux). Les Arméniens, ayant toujours été isolés du reste du monde chrétien, n'ont souvent pas suivi les réformes de celui-ci. Ils n'ont notamment pas accepté la réforme qui adopta le 25 décembre comme jour de la Nativité du Christ, pour faire coïncider ce jour avec la fête païenne du solstice d'hiver. (Quant aux autres chrétiens, notamment les orthodoxes, qui célèbrent Noël le 7 janvier, c'est uniquement à cause du décalage de 13 jours entre les anciens et nouveaux calendriers.) (Rousane et Jean Guréghian, L'arménien sans peine, Assimil, Chennevières-sur-Marne 2001 (1re édition 1999), p. 111).
Cela aboutit qu'à Jérusalem, malgré l'observation du calendrier julien par le patriarcat arménien, on a trois célébrations successives de la naissance du Seigneur - ce qui fait sourire l'entourage juif et musulman. Les catholiques romains et les protestants le 25 décembre, les orthodoxes, mais aussi la plupart des miaphysites (Coptes, Éthiopiens, Syriens) le 7 janvier, et le Սուրբ Ծնունդ (Sourp Tzenound) des Arméniens le 19 janvier, le jour où les orthodoxes célébrent la Théophanie, avec laquelle la fête arménienne coïncide d'ailleurs en partie, puisqu'elle célébre à la fois la naissance et le baptême du Christ.

Un ami arabe orthodoxe qui vit une partie de l'année à Amman m'a appris que les Églises de Jordanie s'étaient mises d'accord pour éviter ce genre de ridicule en se ralliant à une situation qui correspond en fait à l'usage actuel du patriarcat de Constantinople: tous les chrétiens de Jordanie fêtent Noël le 25 décembre, mais ils fêtent tous Pâques selon la date retenue par les orthodoxes (donc selon la paschalie de saint Denys le Petit), et pas selon la date du calendrier grégorien.

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Message par Claude le Liseur » dim. 10 janv. 2010 15:41

Claude le Liseur a écrit : Et Saddam Hussein s'était condamné à mort le jour où il avait annoncé qu'il demanderait le règlement des livraisons de pétrole irakien en euros et non en dollars - le dollar, monnaie de singe selon un mécanisme déjà dénoncé par le général de Gaulle au cours d'une conférence de presse fameuse de 1965, mais surtout instrument de la domination chancelante du capital anglophone sur la planète.
Il me paraît bon de donner quelques précisions.
Dans une célèbre conférence de presse tenue en février 1965, le général de Gaulle, président de la République française, condamne le système du Gold Exchange Standard parce qu'il ne correspond plus à la situation présente, caractérisée par la restauration des monnaies des pays d'Europe occidentale, parce qu'il attribue aux États-Unis une facilité unilatérale qui consiste à faire financer par leurs créanciers les déficits de leur balance des paiements, parce qu'enfin il encourage une propension croissante des États-Unis à investir à l'étranger et à procéder à une sorte d'expropriation des entreprises de certains pays. (Raymond Barre et Frédéric Teulon, Économie politique, tome 2, 11e édition, Presses universitaires de France, Paris 1997 [1re édition 1956], p. 656.)
Barre et Teulon expliquent ensuite les efforts incessants imposés par les États-Unis à leurs principaux vassaux (Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Pays-Bas, Suisse et Belgique - le Japon n'était pas encore considéré comme une grande puissance financière) pour maintenir le cours de l'or au niveau fixé par les accords de Bretton-Woods en 1944 (soit l'once d'or à 35 dollars) et comment la France décida de se retirer du pool en juin 1967. Le lecteur un tant soit peu avisé ne peut s'empêcher, dès lors, de voir dans les événements de Mai 1968, «prodromes de l'Antéchrist» (Nikita Struve), une réponse du berger à la bergère pour abattre le général-président trop indépendant et qui ne voulait plus être payé en monnaie de singe.

Les accords de Bretton-Woods de 1944 fixaient le cours de l'once d'or à 35 dollars. Le but du pool de l'or créé par la Réserve fédérale américaine avec les banques centrales des sept principaux vassaux des USA avait pour but de maintenir le cours de l'once à un maximum de 35,20 dollars. Le 8 janvier 2010, l'once était à 1'137 dollars. Ces considérations permettent, mieux que les références hypocrites à la démocratie, de comprendre la politique anglo-saxonne à l'égard des États producteurs de pétrole quand ceux-ci ont la mauvaise idée de vouloir facturer leurs exportations dans une monnaie autre que le dollar US.

Claude le Liseur
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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » dim. 10 janv. 2010 19:48

Cela aboutit qu'à Jérusalem, malgré l'observation du calendrier julien par le patriarcat arménien, on a trois célébrations successives de la naissance du Seigneur - ce qui fait sourire l'entourage juif et musulman. Les catholiques romains et les protestants le 25 décembre, les orthodoxes, mais aussi la plupart des miaphysites (Coptes, Éthiopiens, Syriens) le 7 janvier, et le Սուրբ Ծնունդ (Sourp Tzenound) des Arméniens le 19 janvier, le jour où les orthodoxes célébrent la Théophanie, avec laquelle la fête arménienne coïncide d'ailleurs en partie, puisqu'elle célébre à la fois la naissance et le baptême du Christ.
Nous avions eu sur le présent forum tout une discussion dans laquelle le regretté Jean-Louis Palierne d'éternelle mémoire avait souligné l'absence de différence réelle entre les expressions «miaphysite» et «monophysite». Il semble toutefois, à la lecture notamment du savant ouvrage du professeur Herman Teule sur les Assyro-Chaldéens, que «miaphysite» soit devenu le terme «neutre» («politiquement correct» ?) pour ce que l'on appelait naguère «monophysite», et que «monophysite» soit devenu un terme péjoratif, dans le sens d' «eutychéen», alors que le terme n'était certes pas péjoratif quand Mgr Terenig (Poladian) l'utilisait pour décrire la position de son Église. On me pardonnera, dans un souci d'irénisme, de désormais utiliser de temps en temps cette expression «miaphysite» dont je ne suis pas sûr qu'elle apporte quelque chose, tout en me réservant le droit de continuer à utiliser l'ancienne appellation de «monophysite», dont je précise que, quand je l'utilise, je ne lui donne jamais une connotation péjorative du style «eutychéen».

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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » mar. 12 janv. 2010 2:52

Claude le Liseur a écrit : Nous avions eu sur le présent forum tout une discussion dans laquelle le regretté Jean-Louis Palierne d'éternelle mémoire avait souligné l'absence de différence réelle entre les expressions «miaphysite» et «monophysite». Il semble toutefois, à la lecture notamment du savant ouvrage du professeur Herman Teule sur les Assyro-Chaldéens, que «miaphysite» soit devenu le terme «neutre» («politiquement correct» ?) pour ce que l'on appelait naguère «monophysite», et que «monophysite» soit devenu un terme péjoratif, dans le sens d' «eutychéen», alors que le terme n'était certes pas péjoratif quand Mgr Terenig (Poladian) l'utilisait pour décrire la position de son Église. On me pardonnera, dans un souci d'irénisme, de désormais utiliser de temps en temps cette expression «miaphysite» dont je ne suis pas sûr qu'elle apporte quelque chose, tout en me réservant le droit de continuer à utiliser l'ancienne appellation de «monophysite», dont je précise que, quand je l'utilise, je ne lui donne jamais une connotation péjorative du style «eutychéen».

Une illustration du nouveau vocabulaire:
Miaphysisme: la doctrine christologique des Églises syro-occidentale, copte, arménienne et éthiopienne qui professe que le Christ possède une seule nature. Bien que la terminologie christologique de ces Églises soit différente de celle adoptée par le Concile de Chalcédoine (451), des études récentes ont montré que la christologie miaphysite est foncièrement orthodoxe et que l'unité de nature n'implique pas la suppression de l'aspect humain dans le Christ, comme dans le cas de la doctrine hérétique du monophysisme.
Monophysisme: doctrine christologique qui met l'accent sur l'unité de nature dans le Christ en lui déniant sa pleine humanité.
(Herman Teule, Les Assyro-Chaldéens, Brepols, Turhout 2008, p. 222)
Il est bon de comparer ce qu'écrivait le regretté Jean-Louis Palierne d'éternelle mémoire sur le présent forum le 17 février 2007 à 18h34:
En tout cas je ne vois guère quelle nuance peut apporter le passage de mono- à mia-. Le premier préfixe vient de l'adjectif grec qui signifie "un seul", et le second est la forme féminine de numéral "un". Il n'y aurait donc de différence que si l'on parlait de "l'une" (mia-) des natures parmi les diverses natures du Christ, ce que personne n'envisage, qu'à Dieu ne plaise ! Ici on parle de "mono-"physites parce qu'ils insiste pour dire que la nature étant nécessairement liée à l'hypostase, puisque l'hypostase du Christ est unique, il ne pourrait posséder qu'une seule nature.

C'est saint Cyrille d'Alexandrie -- un père dont personne ne conteste l'autorité, -- qui a dit que le Christ ne possède qu'pz seule nature pour s'opposer à certaines hérésies qui imaginaient que le Christ, Fils de Dieu, n'avait pu réellement souffrir sur la Croix et qu'il fallait donc imaginer que c'était quelqu'un d'autre, ou diverses hypothèses. Cyrille leur répondit vertement que le Christ n'est qu'une seule et unique hypostase (en grec : mia hypostasis). Plus tard d'autres théologiens ont compris la nécessité d'affirmer que pour son Incarnation le Fils de Dieu avait dû assumer la nature humaine de la chair que lui avait tissée en son sein la vierge Marie, pour laquelle on a forgé le mot Théotokos, c'est-à-dire "Déipare", car elle donné chair à Dieu. La réciproque de ce paradoxe (antinomique pour nos faibles intelligences humaines : le Vierge donne chair à Dieu !) est le paradoxe non moins antinomique d'une hypostase divino-humaine du Christ, sans confusion ni changement, sans division ni séparation. Les monophysites, coptes et jacobites, prétendent que ce sont là pures spéculations intellectuelles des trop subtils théologiens grecs, ou pis encore une concession voilée faite au parti opposé des nestoriens.
J'avais évoqué la possibilité (message du 18 février 2007 à 13h22) que le terme miaphysite fût une revendication de fidélité à saint Cyrille d'Alexandrie:
Il arrive que les monophysites eux-mêmes en fassent usage par rapport à leur revendication d'être fidèles à la christologie de saint Cyrille d'Alexandrie; le terme "miaphysite" serait dès lors une référence à la célèbre phrase de saint Cyrille μία φύσις του Θεού Λόγου σεσαρκωμένη ("une seule nature de Dieu le Verbe incarné") par laquelle, en l'isolant du consensus Ecclesiae, ils prétendent depuis bientôt seize siècles justifier leur rejet de Chalcédoine.

Mais voilà qu'un professeur de théologie de l'université de Thessalonique pose l'identité entre monophysites et miaphysites:
(...) la dénomination «monophysites» leur était donnée par les orthodoxes parce qu'ils réfutaient la terminologie de Chalcédoine et acceptaient exclusivement et uniquement la formulation cyrilienne, «une nature du Dieu Verbe incarnée», et non parce qu'ils acceptaient la christologie d'Eutychès qu'ils avaient condamnée, tout comme ils avaient condamné Eutychès lui-même, dès le début de la formulation du schisme non-chalcédonien. (...) Il faut encore souligner que Jean Damascène note ce point pour distinguer Dioscore et ses adeptes des non-chalcédoniens adeptes d'Eutychès, dénommés eutychianistes, et qui furent les véritables monophysites. (Georges D. Martzelos, «Le refus de Chalcédoine exclut-il de l'Orthodoxie ?» , in Chemins de la christologie orthodoxe, Desclée, Paris 2005, pp. 193 s.)
Ainsi, si je comprends bien le résumé terminologique du professeur Martzelos, les orthodoxes appelèrent les disciples de Dioscore monophysites parce qu'ils s'en tenaient à une formule miaphysite μία φύσις του Θεού Λόγου σεσαρκωμένη, alors qu'on aurait dû donner réserver ce nom aux eutychéens.

Mais saint Justin Popović faisait la distinction entre eutychianisme et monophysisme dans lesquels il décrivait deux erreurs différentes:
Il (Eutychès - NdL) enseignait que la chair de notre Seigneur et Dieu Jésus Christ ne nous est pas consubstantielle; le corps de l'homme n'est pas le corps de Dieu; il y a deux natures en Christ avant l'union, et une seule après l'union; la nature divine en Christ a englouti, absorbé la nature humaine. (...)
Le monophysisme est le nom d'hérésie donné à tous les adversaires du IVème Concile œcuménique. Selon l'enseignement du monophysisme, en Christ, après l'union, les deux natures sont unies en une seule. (...)
(Père Justin Popovitch [traduit du serbe par Jean-Louis Palierne], Philosophie orthodoxe de la Vérité, tome II, L'Âge d'Homme, Lausanne 1993, pp. 220 s.)
On voit donc que la terminologie n'est pas unifiée, et c'est pour cette raison que je crois que, pour le moment, chacun peut utiliser indifféremment les termes «miaphysite» et «monophysite», sans que cela soit pour autant considéré comme un jugement de valeur ou une prise de position dans les discussions et les rapprochements en cours.

Alors, terminons par quelques certitudes.

Saint Justin Popović (op. cit. p. 181), rappelle une très belle formulation de l'enseignement orthodoxe sur les deux natures de NSJC par saint Cyrille d'Alexandrie:
Enseignant cette sage vérité de la communication des propriétés des deux natures en la Personne du Seigneur Christ, Saint Cyrille l'a exprimée avec force et fermeté. Il l'a défendue contre les hérétiques dans son XIIe anathème, qui dit: «Si quelqu'un ne confesse pas que le Verbe de Dieu a souffert dans la chair [παθόντα σαρκὶ], qu'il a été crucifié en sa chair [ἐσταυρωμέξον σαρκὶ], qu'il a goûté à la mort en sa chair [θανάτου γευσάμενον σαρκὶ] et qu'il est devenu le Premier-né d'entre les morts [πρωτότοκον ἐν νεκρῶν], car il est la Vie et le Créateur de la vie, et Dieu - qu'il soit anathème !»
Et l'astre du peuple serbe nous rappelle aussi (op. cit., pp. 164 s.) la profession de foi que l'évêque récemment appelé prononce avant sa chirotonie:
Je confesse une hypostase unique du Verbe fait homme, et je Le crois unique, et je proclame le Christ, en deux natures et deux volontés depuis qu'il s'est fait homme, et sauvant [ces natures] dans lesquelles et desquelles il est. Par conséquent, je professe les deux volontés, chacune gardant sa volonté propre et son énergie propre.

Claude le Liseur
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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » mer. 13 janv. 2010 1:32

A tout hasard, j'e viens de poster dans la rubrique Textes liturgiques (même s'il s'agit d'un texte dogmatique...) l'horos du concile de Chalcédoine, que toute personne intéréssée devrait avoir lu au moins une fois, en grec, en latin et en français: viewtopic.php?f=8&t=2428

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Message par Claude le Liseur » jeu. 21 janv. 2010 12:37

Claude le Liseur a écrit :Je n'ai jamais assez creusé l'opposition entre les Ases et les Vanes. Il me semble que le professeur Poly en parle dans son étrange et fascinant Chemin des amours barbares. Le problème, c'est que la connaissance de la mythologie germanique - et aussi celtique - a été très affadie chez nous au cours du XXe siècle à cause de la récupération par la fantasy anglo-saxonne (Robert E. Howard chez qui les Vanes deviennent les Vanir, le peuple "viking" antédiluvien, ou Tolkien qui recycle la littérature galloise qu'il enseignait à l'Université). Je n'ai jamais réussi à lire Le Seigneur des Anneaux. Je ne voyais pas l'intérêt de me plonger dans la copie au lieu d'aller chercher l'original dans le Mabinogion. La vogue de Donjons & Dragons dans les années 1980 a popularisé des thèmes de la mythologie germanique, mais les a aussi affadis et commercialisés. L'éditeur français de jeux de rôles Jeux Descartes avait fait un travail beaucoup plus sérieux à propos de notre passé gaulois dans Légendes Celtiques, mais le jeu n'a eu ni succès, ni suivi. Encore des sujets sur lesquels il y aurait beaucoup à dire.

Pendant les vacances de fin d'année, je tombe sur une chaîne de télévision française sur l'adapation du Seigneur des Anneaux tournée en Nouvelle-Zélande par un dénommé Jackson et encensée par la critique et les spectateurs. J'ai beau essayer de me forcer, je n'arrive pas à surmonter mon allergie à Tolkien: cinq minutes du film et je n'en peux plus, de même que je n'ai jamais réussi à lire plus de dix pages du Seigneur des Anneaux. (En revanche, j'ai quand même réussi à lire Bilbo le Hobbit, plus proche de l'univers des contes de féées et moins empli de références pompées à la mythologie galloise.) Je sais qu'il est très politiquement incorrect d'être allergique à Tolkien, un des dieux de l'époque, carrément canonisé par le frère Robert Lentz. Mais vraiment, je n'y peux rien. Le sort de la couronne de Gondor m'a toujours moins intéressé que celui de la couronne de France; le roi Arthur m'intéresse plus que le roi des Rohirrim; Numenor m'intéresse moins que l'Atlantide ou les Formoire. C'était déjà comme ça dans l'adolescence et ça l'est toujours resté. Je préférais le dragon celtique des Légendes celtiques de Jeux Descartes aux dragons de Dungeons & Dragons de TSR; je préférais servir le roi Arthur dans Pendragon que le roi de Sartar dans Runequest; je n'achetais les suppléments du Middle Earth Role-Playing Game adapté de Tolkien que parce qu'il y avait en couverture les superbes illustrations de feu Angus Mc Bride. En plus, Tolkien a imposé une vision des nains et des elfes qui a été reprise ensuite dans tous les jeux de rôle médiévaux-fantastiques sauf louables exceptions du type Rêve de Dragon de Denis Gerfaud ou Talislanta, qui font heureusement l'impasse sur nains et elfes. Or, je défie quiconque a étudié le sujet de manière sérieuse - quiconque, par exemple, a lu le livre du professeur Claude Lecouteux Les nains et les elfes au Moyen Âge (Imago, Paris 2003 [1re édition Paris 1988]) de trouver le moindre intérêt à la réinterprétation qu'en fait Tolkien. Cette espèce de reconstruction savante en triturant la mythologie galloise et en l'agrémentant d'une pincée de folklore germanique m'apparaît comme un pastiche d'érudit qui ne peut avoir la saveur de l'original. Bien sûr, cette opinion n'engage que moi. Mais je trouve que c'est plus intéressant de lire Lecouteux ou Poly que Tolkien, et plus enrichissant de s'intéresser à l'original qu'au pastiche.

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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » jeu. 24 juin 2010 17:24

Claude le Liseur a écrit :
Claude le Liseur a écrit :Il ne faut pas confondre ces Assyriens orthodoxes qui ont réussi à garder une partie de leur conscience ethnique après leur exil en Russie avec d'autres Assyriens, qui n'avaient pas approuvé les réunions de 1898 ou 1914 ou les ont rejetées, mais qui ont aussi trouvé refuge à Moscou et à Saint-Pétersbourg où ils maintiennent jusqu'à ce jour une petite présence «nestorienne» . Petite, mais bien vivante, et, dans le contexte de déliquescence actuelle de l'Église d'Orient (assyrienne), qui ne se remet pas des massacres dont elle fut l'objet en 1914-1918 et en en 1933, cette communauté nestorienne de Russie, résultat d'incroyables vicissitudes historiques méconnues en Occident, est une des plus vivantes, avec sa propre cathédrale de style babylonien. Elle dépend de l'évêque assyrien de Douhok en Irak, Mar Isaac Joseph, qui a le titre d'évêque de «l'Iraq septentrional, de la Russie, de l'Arménie et de la Géorgie» - vaste diocèse ! (cf. Orthodoxia 2009-2010, Ostkirchliches Institut, Ratisbonne 2009, p. 36). Les quelques milliers d'Assyriens qui vivent en Arménie et en Géorgie sont les descendants d'émigrations bien antérieures à la première Guerre mondiale.
Bien, il faut raison garder et se représenter ce que peut être une communauté «dynamique» à l'échelle de cette chrétienté qui eut autrefois des diocèses de Chypre jusqu'à Pékin, et qui a été au bord de l'anéantissement total en 1914-1918: le professeur Teule (op. cit., p. 169) estime le nombre des Assyriens encore plus ou moins rattachés à l'Église d'Orient à 5'000 en Russie, 2'000 en Géorgie et 2'000 en Arménie. Toutefois, si l'on veut maintenant compter le total des personnes d'ethnie assyrienne dans l'ancienne Union soviétique, on doit ajouter à ces chiffres le chiffre des Assyriens restés fidèles aux retours à l'Orthodoxie de 1898 et de 1914 et qui font aujourd'hui partie de l'Église orthodoxe de Géorgie ou du patriarcat de Moscou, ainsi que celui des Assyriens qui se sont fondus dans l'athéisme soviétique et post-soviétique. Ces deux derniers groupes, réunis, doivent représenter un effectif supérieur aux 9'000 personnes restées plus ou moins rattachées à l'Église d'Orient.

Le Coz (op. cit., p. 389) donne quelques informations supplémentaires sur ces Assyro-Chaldéens de l'ancienne Union soviétique. Un groupe de réfugiés assyriens venus dans l'ancien Empire russe en 1917 et qui refusait de prendre le passeport soviétique aurait obtenu le droit d'émigrer en 1935 et se serait alors réfugié à Beyrouth, dans ces Mandats français du Levant qui se montraient décidément fort accueillants à l'égard de tous les persécutés du Moyen-Orient. En sens inverse, un groupe d'Assyriens membre du parti communiste iranien, le célèbre Toudeh (persan حزب توده ایران Hezb-e-Tudeh-ye Iran, Parti des masses d'Iran), qui avait participé à l'éphémère république kurde de Mahabad, s'est réfugié en Union soviétique en 1946. On peut supposer que, si ces Assyriens avaient déjà des convictions communistes dans l'Iran des Pahlavi, ils représentent l'exemple type d'un groupe qui a dû se fondre dans l'athéisme soviétique et qui ne saurait apparaître dans les statistiques du professeur Teule. Le Coz (op. cit., p. 390) mentionne une communauté assyrienne en république soviétique d'Azerbaïdjan qui n'apparaît plus dans les statistiques de Teule. Il indique aussi qu'il existait en Union soviétique des kholkozes assyriens et que leur langue était officiellement reconnue et enseignée. Lors de la guerre contre l'Allemagne (1941-1945), la communauté assyrienne - donc, celle des descendants des émigrés du XIXe siècle et des réfugiés de 1915-1918, puisque les communistes assyriens de nationalité iranienne ne devaient arriver qu'en 1946 - avait fourni au moins trois généraux à l'Armée rouge. (Trois généraux est un effectif considérable pour une communauté de probablement moins de 20'000 personnes, et reflète sans doute la combattivité que ces tribus nestoriennes avaient acquises lors de leurs souffrances dans le Hakkari.)

Toutefois, une assertion de Raymond Le Coz, que je retrouve reprise en traduction anglaise sur divers sites Internet assyriens, me laisse perplexe:
Enfin, dernière information qui semble prouver leur intégration: le représentant de ce pays à l'ONU a été pendant un certain temps l'Assyrien Malek Yacoub. (Le Coz, op. cit., p. 390)
Là, je me permets de faire part de mon scepticisme. Après de longues recherches sur Internet, je n'ai trouvé trace que d'un ambassadeur de l'URSS auprès de l'ONU dont le nom serait plus ou moins phonétiquement proche de Malek Yacoub. Il s'agit de Iakov Alexandrovitch Malik ( Яков Александрович Малик) (1906-1980) qui fut ambassadeur d'Union soviétique auprès des Nations-Unies de 1948 à 1952 et de 1967 à 1976 et vice-ministre des Affaires étrangères d'Union soviétique de 1946 à 1953 et de 1960 à sa mort en 1980. L'homme est suffisamment important pour avoir trois notices sur Wikipédia (en russe, en allemand et en anglais), ce qui est le gage d'une certaine notoriété. Mais je ne vois pas comment M. Le Coz a pu confondre le prénom russe Яков (Iakov), c'est-à-dire Jacques, avec le nom de famille Yacoub, très répandu chez les Assyro-Chaldéens et notamment illustré par l'universitaire français Joseph Yacoub, qui veut dire la même chose mais qui reste un nom de famille. De toute façon, ce nom de famille, qui semble être porté par certains Assyriens de Russie, se transcrit Якуб, et non pas Яков, en russe. Autrement dit, je ne vois pas comment M. Jacques Malik a pu être transformé en M. Malek Yacoub. Ajoutons que le nom de famille Malik (Малик) est répandu en pays slave et qu'il a été illustré par un joueur de hockey tchèque et par un écrivain ukrainien, et que l'ambassadeur Yacov Malik naquit en 1906 dans le gouvernement de Kharkov, dans une Ukraine où il ne devait guère y avoir d'Assyriens. Je suis au regret de dire que, faute de preuve du contraire, il faudra renoncer à la légende de l'Assyrien qui fut ambassadeur d'Union soviétique auprès de l'Organisation des Nations-Unies.

En revanche, ce qui est confirmé par une autre source, c'est que cette petite communauté fut jugée suffisamment significative (peut-être dans le cadre d'une utilisation future dans la politique soviétique au Moyen-Orient?) pour faire l'objet d'une initiative «pédagogique» de la part du pouvoir soviétique:
En Union soviétique, les organismes dirigeants se sont donnés à tâche de généraliser l'instruction en permettant non seulement aux républiques associées et à tous les «territoires autonomes» qui en font partie, mais même aux petits groupes n'ayant pas de territoire administrativement propre, de donner l'instruction d'abord dans leurs langues maternelles. Pour atteindre cet objectif, l'alphabet latin, en principe sous la forme d'un des alphabets phonétiques en usage chez les savants, a été appliqué à des langues de diverses origines, non écrites ou écrites dans une écriture incommode. Un petit exemple significatif est celui des Aysor ou Assyriens, groupés surtout à Leningrad, qui écrivaient auparavant leur langage araméen dans l'écriture syriaque nestorienne.
Mais, postérieurement à ce mouvement de latinisation, en raison de la position éminente du russe dans l'Union des républiques socialistes soviétiques, de la possibilité nouvelle d'en introduire de bonne heure l'étude à l'école chez des populations désormais habituées à l'instruction, et en tenant compte d'autre part du fait que l'alphabet cyrillique, plus riche que l'alphabet latin, est aussi mieux adapté traditionnellement aux notations phonétiques, cette écriture cyrillique a été préférée. Elle a donc été généralement substituée à l'écriture latine, mais comporte également un usage systématique et rationnel. La cyrillisation a ainsi succédé à la latinisation.
(Marcel Cohen, «La grande invention de l'écriture et son évolution» , in Marcel Cohen et Jérôme Peignot, Histoire et art de l'écriture, Bouquins, Robert Laffont, Paris 2005, page 217; 1re édition du texte cité, Paris 1958.)
On notera que cette présentation extrêmement lénifiante - qui laisse supposer de solides convictions marxistes chez l'auteur - ne nous permet pas de savoir en quoi l'écriture syriaque nestorienne était «incommode» pour les Assyriens qui l'utilisaient, sous une variante ou une autre, depuis deux millénaires, pas plus qu'elle ne nous permet pas de comprendre si les Assyriens de Russie et du Caucase subirent les mêmes expériences «éducatives» du pouvoir soviétique que d'autres populations à qui on imposa successivement l'alphabet latin, puis l'alphabet cyrillique, en une quinzaine ou une vingtaine d'années...

Héritage des efforts autrefois consentis par l'Union soviétique en faveur de sa petite minorité assyrienne, il semblerait, si l'on en croit le site du professeur Jacques Leclerc (Université Laval de Québec) sur l'aménagement linguistique dans le monde, que l'école secondaire n°8 d'Erevan en Arménie assurerait encore l'enseignement de la langue assyrienne http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/asie/armenie.htm , ce qui doit être un cas unique dans le monde. On notera que, selon les statistiques du professeur Leclerc, il y aurait près de 5'000 Assyriens en Arménie; or, le professeur Teule, comme cité plus haut, donne une estimation de 2'000 Assyriens nestoriens en Arménie; on peut donc supposer qu'il y aurait en république d'Arménie quelque 3'000 Assyriens passés à l'athéisme, à l'Orthodoxie russe, au protestantisme ou au monophysitisme arménien - ce qui montre bien les difficultés que l'Église d'Orient, aux très faibles moyens financiers et au clergé peu nombreux, éprouve à garder ses fidèles.

Fredrick
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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Fredrick » sam. 17 juil. 2010 12:17

Bonjour à tous,

Je voudrai faire part de mon expérience personnelle. Le mois dernier j'ai eu la chance de pouvoir passer quelques jours au Tibet et de visiter sa capitale Lhassa.

Je ne sais pas comment exprimé l'impression que j'ai eu en visitant les temples bouddhiste et le Potala, je me suis rarement sentit aussi mal que dans ces temples. De l'extérieur l'architecture est magnifique et se marie bien avec le décors alentour, mais l'intérieur est remplit de représentation et de divinité toutes plus effrayante les unes que les autres, le tout dans une ambiance très sombre, sans exagéré j'avais l'impression d'être dans une antichambre de l'enfer. Il était malheureusement interdit de prendre des photos dans ces temples (ce que je comprends bien évidement).

Ma guide m'a expliqué que les "démons" qui étaient représenté sont les dieux de l'ancienne religion qui a précédé le bouddhisme, et qui ont été assimilé et sont devenus les protecteurs du bouddhisme tibétain. Je lui ai demandé s'il existait encore des gens pratiquant cette ancienne religion, et elle m'a répondue qu'elle était encore très présente, mais dans les villages éloignés dans les montagnes.

Il existe aussi une communauté musulmane à Lhassa, et j'ai pu voir au moins deux mosquées dans la vieille ville de Lhassa, et un quartier entièrement musulman.

Honnêtement j'ai eu une mauvaise impression avec le peuple tibétain, l'ambiance dans la ville est malsaine et on ne se sent pas en sécurité. Et je ne pense pas que ça vienne du fait de l'invasion et de la présence chinoise, mais bien du résultat du syncrétisme entre la religion bouddhiste et les anciennes croyances locales. Ma guide m'a parler que lors des émeutes de 2007, les moines d'une temple avait capturer un soldat chinois, l'avaient dépecé vivant et pendu à un arbre pour effrayer les militaires chinois. Je comprend que lors d'une guerre il y a toujours des choses atroces qui arrivent, mais là nous parlons de moines bouddhiste ! Ma guide m'a expliqué que c'est l'ancienne façon de faire pour punir les condamnés, on est bien loin de la compassion vantée par le dalai Lama.

Claude le Liseur
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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » mar. 07 sept. 2010 9:19

Claude le Liseur a écrit :
(...)

Barre et Teulon expliquent ensuite les efforts incessants imposés par les États-Unis à leurs principaux vassaux (Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Pays-Bas, Suisse et Belgique - le Japon n'était pas encore considéré comme une grande puissance financière) pour maintenir le cours de l'or au niveau fixé par les accords de Bretton-Woods en 1944 (soit l'once d'or à 35 dollars) et comment la France décida de se retirer du pool en juin 1967. Le lecteur un tant soit peu avisé ne peut s'empêcher, dès lors, de voir dans les événements de Mai 1968, «prodromes de l'Antéchrist» (Nikita Struve), une réponse du berger à la bergère pour abattre le général-président trop indépendant et qui ne voulait plus être payé en monnaie de singe.

Les accords de Bretton-Woods de 1944 fixaient le cours de l'once d'or à 35 dollars. Le but du pool de l'or créé par la Réserve fédérale américaine avec les banques centrales des sept principaux vassaux des USA avait pour but de maintenir le cours de l'once à un maximum de 35,20 dollars. Le 8 janvier 2010, l'once était à 1'137 dollars. Ces considérations permettent, mieux que les références hypocrites à la démocratie, de comprendre la politique anglo-saxonne à l'égard des États producteurs de pétrole quand ceux-ci ont la mauvaise idée de vouloir facturer leurs exportations dans une monnaie autre que le dollar US.
A vrai dire, comme autre grande puissance financière apparue dans la sphère de domination des États-Unis depuis les lointaines années 1960, il faudrait mentionner non seulement le Japon, mais aussi le Luxembourg, voire l'Espagne et peut-être Taïwan et la Corée du Sud. En particulier Taïwan, s'agissant du marché de l'or.

Claude le Liseur
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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » lun. 19 déc. 2011 11:46

Claude le Liseur a écrit : Barre et Teulon expliquent ensuite les efforts incessants imposés par les États-Unis à leurs principaux vassaux (Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Pays-Bas, Suisse et Belgique - le Japon n'était pas encore considéré comme une grande puissance financière) pour maintenir le cours de l'or au niveau fixé par les accords de Bretton-Woods en 1944 (soit l'once d'or à 35 dollars) et comment la France décida de se retirer du pool en juin 1967. Le lecteur un tant soit peu avisé ne peut s'empêcher, dès lors, de voir dans les événements de Mai 1968, «prodromes de l'Antéchrist» (Nikita Struve), une réponse du berger à la bergère pour abattre le général-président trop indépendant et qui ne voulait plus être payé en monnaie de singe.

Les accords de Bretton-Woods de 1944 fixaient le cours de l'once d'or à 35 dollars. Le but du pool de l'or créé par la Réserve fédérale américaine avec les banques centrales des sept principaux vassaux des USA avait pour but de maintenir le cours de l'once à un maximum de 35,20 dollars. Le 8 janvier 2010, l'once était à 1'137 dollars. Ces considérations permettent, mieux que les références hypocrites à la démocratie, de comprendre la politique anglo-saxonne à l'égard des États producteurs de pétrole quand ceux-ci ont la mauvaise idée de vouloir facturer leurs exportations dans une monnaie autre que le dollar US.
Et ce 19 décembre 2011, l'once est à 1'596 dollars...

Olivier
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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Olivier » mar. 20 déc. 2011 17:42

J'avais vu il y a une dizaine d'année, un documentaire sur France 3 montrant que les services secrets USA avaient aidé les troubles de mai 68, en France, pour renverser de Gaulle, qui voulait une parité non avec le dollar, mais l'étalon or.

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Re: Dialogue entre bouddhisme et chrétienté orthodoxe.

Message par Claude le Liseur » mar. 28 août 2012 20:19

theodore a écrit :Je ne sais pas s 'il existe un dialogue entre bouddhisme et chrétienté orthodoxe en particulier(comme c'est le cas pour des chrétiens catholiques ou anglicans qui vécurent en Inde ou en Chine), mais il a bien dû exister des échanges un peu quelque part en Iakoutie ou en Bouriatie entre les missionnaires russes et les guides de ces peuples plus ou moins de culture bouddhiste(mon voisin me souffle qu'il devaient plutôt être shamanistes que bouddhistes comme les peuples de Mongolie).
Les Bouriates et les Kalmouks sont de tradition bouddhiste, rattachés à l'école Gelougpa du bouddhisme tibétain, ce qui n'exclut bien sûr pas la persistance de traditions chamaniques.

Les Iakoutes et les Khakasses, en revanche, ne sont pas de tradition bouddhiste.

Le chamanisme est sans doute plus fort chez les Iakoutes (Sakhas) que parmi les autres peuples cités, mais beaucoup de Iakoutes sont de tradition orthodoxe depuis le XIXe siècle, ce qui n'exclut pas, bien sûr, les phénomènes de double appartenance.

Il y a (au moins) un très bon restaurant bouriate au centre de Moscou, avec, bien sûr, un portrait du Dalaï-Lama et des moulins à prière à l'entrée, ce qui ne laisse aucun doute sur le fait que ce peuple se revendique de culture bouddhique. Dans quelle mesure il pratique encore le bouddhisme, après l'éradication du bouddhisme en Union soviétique sous le régime communiste, c'est une autre question.

Pour l'anecdote, il y a aussi un pourcentage de Vieux-Croyants considéré comme significativement plus fort (en l'absence de statistiques officielles) en Bouriatie que dans le reste de la Russie

Claude le Liseur
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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » jeu. 17 janv. 2013 12:25

Claude le Liseur a écrit :
Claude le Liseur a écrit :Je n'ai jamais assez creusé l'opposition entre les Ases et les Vanes. Il me semble que le professeur Poly en parle dans son étrange et fascinant Chemin des amours barbares. Le problème, c'est que la connaissance de la mythologie germanique - et aussi celtique - a été très affadie chez nous au cours du XXe siècle à cause de la récupération par la fantasy anglo-saxonne (Robert E. Howard chez qui les Vanes deviennent les Vanir, le peuple "viking" antédiluvien, ou Tolkien qui recycle la littérature galloise qu'il enseignait à l'Université).

Mystère: pourquoi tous les auteurs importants dans le genre médiéval-fantastique sont-ils d'expression anglaise (lord Dunsany, Robert E. Howard, J.R.R. Tolkien, Jack Vance et son merveilleux Lyonesse, Fritz Leiber, Michael Moorcock, etc.), alors qu'il y a aussi des auteurs importants d'expression française, allemande ou russe dans le domaine du fantastique (le comte Potocki, E.T.A. Hoffmann, Charles Nodier, Jean Ray) et de la science-fiction (A.R. Beliaev, I.A. Efremov, René Barjavel, les frères Strougatski) et que le sous-genre du merveilleux scientifique est à très forte dominante francophone (Jules Verne, Auguste de Villiers de l'Isle-Adam, Gustave Le Rouge, Gaston Leroux, Maurice Renard, Jean de la Hire - toutefois aussi Giovanni Papini en italien et Norbert Jacques en allemand)?

Est-ce parce que la Révolution française a marqué sur le continent une rupture radicale avec le passé que les Anglo-Saxons n'ont pas connue? Autrement dit, les continentaux ne brillent-ils pas dans le genre médiéval-fantastique pour les mêmes raisons qu'ils n'ont plus ni trusts ni substitutions fidéicommissaires?

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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » jeu. 17 janv. 2013 12:40

Fredrick a écrit :
Ma guide m'a parler que lors des émeutes de 2007, les moines d'une temple avait capturer un soldat chinois, l'avaient dépecé vivant et pendu à un arbre pour effrayer les militaires chinois.
Drawn, hung and quartered, auraient dit nos amis anglais... C'est en effet un mode d'exécution ancien, et pas seulement pratiqué au Tibet.

Ce fut, en 1660-1662, le sort d'une dizaine des régicides qui avaient signé l'ordre d'exécution de Charles Ier en 1649, le plus célèbre étant le général de brigade Thomas Harrison, immortalisé par le témoignage de Samuel Pepys qui assista à son exécution (Journal de Pepys, à la date du 13 octobre 1660):

(...) I went out to Charing Cross, to see Major- general Harrison hanged, drawn, and quartered; which was done there, he looking as cheerful as any man could do in that condition.


Ma traduction:

(...) Je suis allé à Charing Cross, pour voir le major général Harrison être pendu, traîné et dépecé; ce à quoi on a procédé là-bas, tandis qu'il avait l'air aussi gai qu'un homme peut l'être dans cette situation.

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Re: ORTHODOXIE & BOUDDHISMES

Message par Claude le Liseur » mar. 22 janv. 2013 15:13

Claude le Liseur a écrit : C'était déjà comme ça dans l'adolescence et ça l'est toujours resté. Je préférais le dragon celtique des Légendes celtiques de Jeux Descartes aux dragons de Dungeons & Dragons de TSR; je préférais servir le roi Arthur dans Pendragon que le roi de Sartar dans Runequest; je n'achetais les suppléments du Middle Earth Role-Playing Game adapté de Tolkien que parce qu'il y avait en couverture les superbes illustrations de feu Angus Mc Bride. En plus, Tolkien a imposé une vision des nains et des elfes qui a été reprise ensuite dans tous les jeux de rôle médiévaux-fantastiques sauf louables exceptions du type Rêve de Dragon de Denis Gerfaud ou Talislanta, qui font heureusement l'impasse sur nains et elfes. Or, je défie quiconque a étudié le sujet de manière sérieuse - quiconque, par exemple, a lu le livre du professeur Claude Lecouteux Les nains et les elfes au Moyen Âge (Imago, Paris 2003 [1re édition Paris 1988]) de trouver le moindre intérêt à la réinterprétation qu'en fait Tolkien.
Ceci étant, j'ai quand même fini par acheter Le roi de Sartar de Greg Stafford dans la traduction française. Et je reconnais que Glorantha est un des univers les plus originaux jamais imaginés. Et en ce qui concerne les elfes et les nains, quitte à s'éloigner de leur signification historique et folklorique telle que Lecouteux l'a reconstituée, autant faire comme Stafford et imaginer des elfes (Aldryami) végétaux et des nains (Mostali) minéraux. A mon humble avis, sur ce sujet, soit on reste fidèle (ce que fait au fond Shakespeare dans le Songe d'une nuit d'été, et ce qu'à mon avis Tolkien ne fait pas dans la Terre du Milieu), soit on en tire quelque chose de totalement autre comme l'a fait Stafford.
Je reconnais bien sûr que Tolkien est un bon écrivain. Je m'interroge lorsque je vois que, dans mon adolescence, nous n'étions, en pays francophone, qu'une poignée à nous intéresser à lui et que, maintenant, il a droit successivement à un numéro du Magazine littéraire et à un hors-série du Figaro Magazine. Je déplore juste que ce passage de la marginalité à la mode soit dû à des films et pas à la découverte de ses livres et de leurs qualités intrinsèques. Et je maintiens que, quand on a lu les travaux de Lecouteux, le travail de Tolkien (supposé pourtant s'inscrire dans notre folklore puisque la Terre du Milieu est censé être le passé lointain de l'Angleterre) déçoit.

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