Dieu nous parle t'il encore?

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sabrinat60
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Dieu nous parle t'il encore?

Message par sabrinat60 »

Ce sujet est ouvert pour parler de cette prophetie qui dit " vos enfant auront des visions..." Est ce que selon l'orthodoxie et les saints peres, de nos jours Dieu peut nous donner des visions?
Existe t'il des possibilités que le Tres Saint nous avertisse en songe ou en vision. J'ai lu des livres comme "Lettre à une novice" de la soeur Thaissia qui dit que dans le monastere une des soeurs a eu une vision d'exaltation, mais dans nos vies à nous, de pecheurs, de consacrés oui mais pas moines, est il possible que cela arrive? Bien sur avec toute la prudence et le discernement aupres d'un pere spirituel que cela comporte.
Je sais que Dieu parle au coeur, et qu'il faut faire attention aux illusions, mais est-ce possible? Et est ce que le temps de l'accomplissement de cette prophetie est arrivé?
paraclésis
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Message par paraclésis »

sabrina, tout est possible à Dieu.
Mais je crois que c'est sage prudence, que de ne pas souhaiter ces visions. Nous n'avons pas, le plus souvent, comme pères confesseurs de ces géants dont nous lisons les vies et les conseils ; qui pourrait alors nous aider à discerner ?
A titre très personnel, si je faisais le millième de ce que je sais m'être "utile et bon"...
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sabrinat60
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Message par sabrinat60 »

A mon entree dans l'orthodoxie, j'ai appris à ne souhaiter aucune vision pour que la parole du Seigneur 'tu crois parce que tu vois, heureux ceux qui croiront sans voir"s'accomplisse pour moi. Mais c'est juste pour savoir si cette prophetie de la Bible s'accomplit de nos jours, beaucoup de personnes disent avoir des visions, et peut etre qu'en les refusant trop nous allons à l'encontre de ce que dit Dieu et de ce qu'Il veut. L'illusion peut etre aussi de croire qu'une vision divine n'en est pas une.
eliazar
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Dieu nous parle-t-il encore ?

Message par eliazar »

Mais oui, Sabrina : Dieu nous parle encore. Et de nombreux chrétiens ont des visions, ou des paroles intérieures, et parfois plus audibles.

La question est : Dieu peut-Il faire des miracles ? La réponse est : Bien sûr.

Le contexte, lui, nous avertit que lorsque Dieu fait un tel miracle, c'est pour un homme ou une femme qui en ont un grand besoin - et qui n'arrivent pas à "décoller" de leur petitesse, ou de leurs doutes, ou de leur péché malgré tout. Alors, Il fait un miracle. Comme lorsqu'on se trouve devant un membre gangrené, par exemple, on se décide à intervenir par la chirurgie : d'une manière "violente". Mais ces interventions "miraculeuses" de Dieu restent le secret entre Lui, le Saint Esprit - et celui ou celle pour qui Il a décidé, dans Son incompréhensible sagesse, d'agir de cette manière insolite. Cela ne NOUS regarde pas. Nous ne devons pas en être ni curieux, ni friands. C'est Son affaire.

"Il est bon de taire le secret du Roi" Et le pendant de ce verset : "Et il est meilleur de le révéler".

-------------

Pour revenir à ta question fondamentale :
"pour parler de cette prophetie qui dit " vos enfant auront des visions..." Est ce que selon l'orthodoxie et les saints peres, de nos jours Dieu peut nous donner des visions?"
OUI, Il peut.

Et à la question parallèle :
"Je sais que Dieu parle au coeur, et qu'il faut faire attention aux illusions, mais est-ce possible? Et est ce que le temps de l'accomplissement de cette prophetie est arrivé?"
OUI le temps d'accomplissement de cette prophétie est arrivé : depuis le jour de la Pentecôte, quand les Apôtres ont parlé et que ceux qui les entendaient comprenaient ce qu'ils disaient, chacun dans sa propre langue.

La vraie question serait alors plutôt : "Est-ce que ce temps est terminé?"
Personnellement, je ne crois pas que ce soit fini. Au contraire, il y aura de plus en plus de nos contemporains tellement égarés que seuls des miracles peuvent encore les secouer.

Mais, Sabrina ... nous qui avons reçu le Baptême, et qui avons les grâces pour approcher Dieu à travers la prière de l'Eglise, les Saints Mystères, l'approfondissement de l'Ecriture (dans la prière, toujours : sinon c'est de la lecture superficielle) - nous ne DEVONS PAS nous laisser aller à désirer des miracles. S'il nous en arrivait, maintenant, cela voudrait dire que nous sommes retombés plus bas qu'avant notre entrée dans l'Église.

Ce qui peut toujours arriver, hélas ! Mais alors nous avons justement la Confession, l'Eucharistie, et la prière pour les Malades avec l'Onction.

Il faut nous approcher des Saints Mystères; et il faut en faire le véritable usage pour lequel ils ont été institués : nous guérir, nous nourrir, faire croître en nous le chrétien, spirituel, jusqu'à ce que nous ayons atteint notre pleine taille d'hommes. Celle qui nous convient, à chacun.

Nous devons nous battre - car notre montée dans la vie spirituelle est un combat de chaque jour, jusqu'à la mort corporelle et à la résurrection - mais nous battre avec nos pleines armes de Baptisés : les Saints Mystères, et la prière du Saint Esprit qui habite en notre coeur et qui prie en nous "par des gémissements ineffables" dit l'Apôtre. Et qui crie, par nos lèvres : "Abba ! Père ! "

Nous, Baptisés, sommes beaucoup plus loin que ces visions dont tu parles. Elles sont miracles pour les païens, ou les renégats du Christ, ceux qui nous entourent et qui fuient ou renient l'Église. Et qu'Il essaie de sauver tout de même, par ce moyen ultime.

Mais pour nous, elles seraient régression. "Vos fils et vos filles" ; il s'agissait pour la prophétie des fils et des filles d'Israël, le peuple de Dieu, mais qui s'éloignait de plus en plus. Nous sommes dans un contexte social qui ressemble extérieurement à ce contexte-là (d'Israël à la nuque dure, désobéissant, adorant le Veau d'Or, etc...) mais qui n'est pas du tout le même.

Car entre temps Dieu s'est incarné, et le Christ vrai Dieu et vrai homme (indissolublement) est mort et ressuscité. C'est en sa mort et sa résurrection que nous avons été baptisés - ce qu'aucun de ces "fils et filles" ne pouvaient espérer recevoir, ni même imaginer.

Tu te poses des questions graves, importantes. Mais fais-tu ce que tu as à faire ? Si tu ne le fais pas assez, fais-le. Mieux, davantage. Et là, ces questions s'éclaireront d'elles-mêmes, tellement que tu n'auras plus besoin même de les poser. Le Saint Esprit te donnera la réponse avec la question.

Il ne faut pas en rester sur ces questions générales. Celles des autres. C'est un peu faire du sur place. Le vieux proverbe, antérieur même à l'Évangile, reste valable pour tout homme en ce monde :

"Age quod agis" : Fais ce que tu as à faire. Fais (bien, complètement) ce que tu fais... et ne le fais plus à moitié.
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Antoine
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Message par Antoine »

Un exemple récent est la parole que le Christ a dite à St Silouane:
<<Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas.>>
Sabrina, vous devriez lire:
Starets Silouane, par l'archimandrite Sophrony publié aux ed. Présence.
En voici un extrait :

XI. "Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas"


L'ascète en état de contemplation voit des réalités qui, pour la plupart des hommes, demeurent un mystère, mais il lui est difficile de les communiquer ; traduites en langage humain, elles peuvent être déformées, voire trahies. Mots et concepts n'ont qu'une possibilité restreinte de transmettre un état spirituel, et la condition indispensable pour que, dans ce domaine, une personne puisse en comprendre une autre, est l'identité des expériences, ou du moins leur proximité. Faute de quoi, l'intelligence réciproque ne s'établira pas, car la valeur d'une notion est fonction du donné vécu qu'elle contient. Ainsi, d'une part, tous les hommes parlent des langues différentes, mais, d'autre part, grâce à la consubstantialité du genre humain, la parole peut parfois provoquer une expérience authentique dans l'esprit de l'interlocuteur et susciter en lui une nouvelle vie.

S'il en est ainsi eu égard aux relations humaines, combien plus en sera-t-il ainsi lorsque Dieu lui-même agit. La parole divine, bénéficiant de l'instant où l'âme est en mesure de la recevoir, lui apporte réellement une vie nouvelle, la vie éternelle incluse dans cette parole même. « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie » (In 6,63).

Ceci dit, nous nous permettrons de nous arrêter sur l'entretien-prière, d'apparence si étrange, dont nous avons parlé plus haut et particulièrement sur les paroles :

« Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas. »

Ceux qui lisent l'Evangile ont certainement remarqué le tour imprévu que prennent tous les entretiens du Christ, que ce soit avec Nicodème, avec la Samaritaine, ou avec les disciples lors de la Sainte Cène. De l'extérieur, on n'y découvre pas de suite logique. C'est que l'attention du Christ porte moins sur les paroles de ses interlocuteurs que sur leur cœur, leur besoin secret, leur capacité de compréhension.

De même, la prière-entretien du Starets offre apparemment peu de sens, et certains pourraient la qualifier de « délire incohérent ». Mais si la révélation qu'elle contient nous était dévoilée dans toute sa puissance, il est certain que notre être entier en serait profondément ébranlé.

Des dizaines d'années durant, le Starets a imploré le Seigneur avec ardeur afin que le monde connaisse Dieu. Si les hommes, pensait-il, — et sa prière embrassait tous les peuples — connaissaient l'amour et l'humilité de Dieu, ils abandonneraient, à l'instar de saint Paul, comme de la boue (Phi/. 3,7-8), comme des jeux d'enfants, leurs engouements et leurs préoccupations actuelles, et de toutes leurs forces, jour et nuit, ils n'aspireraient à rien d'autre qua cette humilité et à cet amour. S'il en était ainsi, disait le Starets, la destinée de chaque homme changerait et le monde entier en serait transfiguré. Telle est la puissance de l'humilité du Christ.

Les anciens d'Israël et les scribes s'étonnèrent de « l'assurance de Pierre et de Jean », « hommes simples et illettrés », lorsque Pierre proclama parlant du Christ : « Il n'est pas sous le ciel d'autre Nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Art. 4,12-13). Etonnés, nous le sommes tous encore aujourd'hui, et nous voudrions demander comment Pierre, « qui n'avait pas étudié » et qui ignorait vraisemblablement l'histoire des cultures et des religions de la Chine, de l'Inde et de tant d'autres civilisations, aurait pu savoir quels noms avaient été donnés sous le ciel. A cette question il n'est pas d'autre réponse que le fait de la plénitude de la révélation accordée à Pierre sur le Thabor et au jour de la Pentecôte.

A « l'ignare et simple » Silouane, la nuit de cette prière-entretien, a les mystères cachés aux sages et aux intelligents » furent également dévoilés. Cette nuit a une importance exceptionnelle dans sa vie. Le monde est plongé dans les ténèbres de l'ignorance spirituelle. La voie de la vie éternelle est sans cesse prêchée dans toutes les langues, mais ceux qui la connaissent véritablement sont en nombre très restreint à chaque génération.

« Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas. »

Injonction inintelligible... Que peut signifier : tenir son esprit en enfer ou, autrement dit, demeurer par l'esprit en enfer ? N'est-ce pas se faire de ce dernier quelque image simpliste, semblable à celles que nous voyons parfois sur ces tableaux grossièrement réalistes dus à l'imagination naïve de l'homme ? Tel n'est pas le cas. A Silouane, comme à certains des Pères les plus éminents, tels Antoine, Sisoès, Macaire et Poemen, il fut donné de vivre dès ici-bas les tourments de l'enfer. Il s'agissait d'un état dont l'intensité avait fini par laisser dans leur cœur une empreinte si profonde qu'ils pouvaient le renouveler par un mouvement intérieur approprié, dès qu'ils le voulaient. Ils avaient recours à cet acte ascétique dès qu'une passion quelconque, mais surtout la plus subtile et la mieux enracinée de toutes, l'orgueil, surgissait dans leur âme.

La lutte avec l'orgueil est en effet la dernière étape sur le chemin qui mène à l'impassibilité. L'ascète est tout d'abord aux prises avec les passions grossières de la chair, puis avec l'irascibilité, enfin avec l'orgueil : ce dernier combat est sans doute le plus pénible. Une longue expérience montre à l'ascète que l'orgueil fait perdre la grâce : c'est pourquoi, dès qu'il le voit poindre, il descend consciemment en enfer et paralyse ainsi tout mouvement passionnel.

Cette forme de lutte nous a été léguée par saint Antoine, le fondateur du monachisme, et le Starets Silouane avait remarqué que la plu-part des moines s'effraient et manquent d'endurance quand ils atteignent cette étape. C'est pourquoi le grand Sisoès a dit : « Qui peut porter la pensée d'Antoine ? »

Sisoès — précisait le Starets — faisait ici allusion à la pensée ascétique qu'Antoine apprit d'un cordonnier d'Alexandrie. Saint Antoine avait prié le Seigneur de lui montrer de qui il était l'égal. Dieu lui avait signifié qu'il n'avait pas atteint la « taille » d'un certain cordonnier d'Alexandrie. Antoine quitta le désert, se rendit chez cet homme et lui demanda comment il vivait. Celui-ci répondit qu'il donnait un tiers de son revenu à l'Eglise, un second tiers aux pauvres et qu'il gardait le reste pour lui-même. Cette oeuvre ne parut pas extraordinaire à Antoine qui avait lui-même abandonné tous ses biens et vivait au désert dans une pauvreté dépassant celle du cordonnier. Là n'était donc point la supériorité de ce dernier. Antoine lui dit : « C'est le Seigneur qui m'a envoyé pour voix comment tu vis. » L'humble artisan, qui vénérait Antoine, lui confia alors le secret de son âme : « Je ne fais rien de spécial ; seulement, en travaillant, je regarde les passants, et je songe : tous ceux-ci seront sauvés, moi seul je périrai. »

Antoine, préparé par un long et extraordinaire « exploit » ascétique qui avait étonné l'Egypte, saisit par la grâce de Dieu la portée de ces paroles et comprit réellement qu'il n'avait pas atteint la « taille » du cordonnier.

Revenu au désert, il s'appliqua à cette oeuvre spirituelle et l'enseigna aux ermites capables d'absorber non « du lait mais une nourriture solide » (Hébr. 5,12-14). Depuis lors, les Pères de l'Eglise l'ont transmise à travers les siècles comme un héritage inestimable. Chacun, il est vrai, l'exprime par une formule qui lui est propre. Ainsi Poemen le Grand disait à ses disciples : « Croyez-moi, mes enfants, là où est Satan, c'est là que je serai jeté. » Toutefois, en son essence, l’œuvre reste la même.

« Tiens ton esprit en enfer. » Cette expression semble refléter un extrême désespoir. Mais le Starets disait que l'ascète éprouvé, certain de l'amour de son Seigneur, se tient sagement au bord de l'abîme et « ne désespère pas ».

Si le récit de la prière-entretien du bienheureux Starets est simple comme le furent les paroles du cordonnier d'Alexandrie, la puissance et le mystère de cette oeuvre resteront par contre incompréhensibles pour quiconque n'a pas vécu, de façon analogue, tant les souffrances de l'enfer que les grands dons de la grâce.

A partir de cette nuit-là, la longue ascèse du Starets consista en une ardente recherche de l'humilité. Et si nous voulons pénétrer le secret de son chemin vers l'humilité, il nous faut écouter son « cantique préféré » :

« Bientôt je mourrai, et mon âme misérable descendra en enfer ; et là, souffrant seul dans la prison ténébreuse, je pleurerai amèrement : " Mon âme désire le Seigneur et je le cherche avec des larmes. Comment ne pas le chercher ? C'est lui qui le premier m'a trouvé et m'est apparu, à moi pécheur. " »

Quand le Starets disait « mon âme misérable descendra en enfer », ce n'était pas seulement des paroles : les tourments de l'enfer, réelle. ment vécus s'étaient gravés dans son cœur ; il pouvait ainsi les revivre par un mouvement conscient de l'esprit, et quand toute pensée passionnelle était anéantie, il opposait à l'effet destructeur de cette souffrance l'action salutaire de l'amour du Christ, car il le portait aussi dans son cœur.

Rares sont les ascètes capables de Cet exploit spirituel. L'âme, en persévérant dans cette oeuvre, s'y accoutume et acquiert une endurance particulière : le souvenir de l'enfer lui devient si familier qu'il ne la quitte presque plus. Et cette persévérance est nécessaire, car l'homme « qui vit dans le monde et porte la chair » est sans cesse soumis aux instances du péché et doit se défendre en revêtant la cuirasse de l'humilité.

Le Starets disait : « Par sa réponse — Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas — le Seigneur m'a appris comment il faut s'humilier. Et c'est ainsi que les ennemis sont vaincus. Mais quand je laisse mon esprit sortir du feu, les pensées retrouvent leur force. »

Au début de cet exploit, l'ascète descend par l'esprit en enfer et demeure partiellement en son pouvoir, comme un détenu. Mais, dans son développement ultérieur, cette oeuvre mène à l'impassibilité, et l'enfer du péché se change en « enfer de l'amour du Christ », essentielle-ment différent.

Qu'est-ce que « la descente du Christ en enfer » ? Nous ne devons pas concevoir l'enfer comme une portion de l'espace, comme une région physique où seraient détenus les pécheurs, mais comme un état spirituel de la créature qui s'est éloignée de l'amour divin.

Mais comment se peut-il que Celui qui est Lumière inaccessible et Amour incommensurable s'abaisse jusqu'au niveau des ténèbres de la haine ?

Nous trouvons une explication chez saint Paul lorsqu'il écrit : « Ainsi la mort fait son oeuvre en nous, et la vie en vous » (II Con 4, 12). Tel est le pouvoir de l'amour : il échange les vies. Celui qui aime vit l'existence de l'aimé comme la sienne, au point de lui transmettre la force et la lumière de son amour ; il assume en retour ses ténèbres et sa mort.

Nous savons qu'il est nécessaire que, dans ses grandes lignes, notre vie reproduise ce que le Fils de l'homme a accompli durant sa vie terrestre. Ce chemin est le même pour tout chrétien selon la parole du Seigneur : « Je suis la Voie », et, d'ailleurs, il n'est pas d'autre chemin, car « nul ne vient au Père que par moi » (in 14, 6).

Si le Seigneur fut tenté (Matth. 4,1 ; Hébr. 2, 18), nous aussi, inévitablement, nous devrons passer à travers le feu des tentations. Si le Seigneur fut pourchassé et persécuté, nous serons persécutés par ces mêmes puissances qui poursuivirent le Christ (In 15, 20 Il Tim. 3, 12). Si le Seigneur fut transfiguré, nous aussi, nous serons transfigurés et dès maintenant, sur la terre, pourvu que nos aspirations intimes soient semblables aux siennes. Si le Seigneur fut crucifié, nous devrons aussi souffrir, nous serons également crucifiés, fût-ce sur des croix invisibles, si toutefois nous le suivons véritablement. Si le Seigneur dut mourir, tous ceux qui croient en lui passeront par une mort semblable à la sienne (Rom. 6, 4-5). Si le Seigneur, par sa Résurrection dans un corps glorieux, fut « élevé au Ciel et s'assit à la droite de Dieu » (Mc. 16, 19), alors, nous aussi, nous serons les « fils de la résurrection » (Lc 20, 36), nous serons élevés au Ciel par la puissance du Saint-Esprit et nous serons faits « cohéritiers du Christ » (Rom. 8, 17).

En se condamnant à l'enfer, anéantissant ainsi toute passion, l'homme rend son cœur libre de recevoir l'amour divin (cf. Rom. 9,1-3). Et c'est seulement quand cet amour l'aura largement rempli, que le mystère de la descente rédemptrice du Christ dans les enfers lui sera dé-voilé et que sa ressemblance au Seigneur sera réalisée. Dieu embrasse tout, l'enfer compris, car dans l'univers entier il n'est aucun domaine d'où sa présence soit exclue. De même, « les saints voient l'enfer », disait le Starets, « mais il n'a sur eux aucune emprise ».

« Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas. »

Hors de cette expérience de descente en enfer, il est impossible de connaître véritablement ce qu'est l'amour du Christ, son Golgotha et sa Résurrection.

Le salut, conçu comme déification, commence dès ici-bas. Mais où est le critère tangible que cette déification nous est réellement accordée ? Il se trouve dans la mesure de notre ressemblance à Dieu tel qu'il s'est manifesté sur terre par l'acte de l'Incarnation ; c'est dans cette même mesure que nous devenons semblables à lui dans l'Eternité.

Notre exposé succinct est inapte à évoquer dans toute sa perfection cette voie dont la majesté, au fond, ne peut se décrire, car elle allie merveilleusement l'extrême souffrance à l'extrême félicité, l'une accompagnant l'autre de la plus étrange manière. Si la souffrance existait seule, il serait impossible de l'endurer. Et s'il n'y avait que la félicité, il né serait pas non plus possible de la supporter.
sabrinat60
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Message par sabrinat60 »

Vous dites que les starets et les saints sont passés par les tenebres egalement. J'ai lu l'Echelle Sainte de St Jean Climaque et il parle de cela, des tenebres spirituelles. Toujours aussi ignorante et ayant besoin d'eclaircissement bien que ce livre soit merveilleux, est il possible qu'un saint ou un staret passe par le doute, l'incredulité envers la messianité du Christ? ceci dit pas toute sa vie mais dans une periode de sa vie, et si oui, pourquoi? Je pense personnellement que le plus grand des enfers, c'est lorsqu'on entend dans notre esprit l'incredulité, le doute et que l'on a l'impression d'avoir un poids sur nous qui ecrase notre foi et que nous sommes pour cela, une creature miserable.
Antoine
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Message par Antoine »

Vous dites que les starets et les saints
Le texte ci-dessus n'est pas de moi mais de l'archimandrite Sophrony, disciple du starets Silouane.
Avant l'inconscience d'un "Je pense personnellement que le plus grand des enfers[...]" il faut s'imprégner de la pensée des Pères, vivre l'universalité de leur expérience spirituelle, lutter contre les passions et les pensées, lire les écritures, participer à la liturgie orthodoxe et pratiquer la prière.
est il possible qu'un saint ou un staret passe par le doute
Lisez déjà le livre sur Saint Silouane indiqué ci-dessus puis la vie d'autres saints orthodoxes. Nous ne vous rendons aucun service en vous répondant. Le forum ne fait que favoriser votre curiosité papillonnante au détriment de l'intériorité.
Si la sainteté d'un individu, c'est la sainteté de Dieu en lui, alors Dieu ne doute pas de lui-même. Mais beaucoup de choses dont le doute peuvent retenir l'Esprit de faire sa demeure en nous. Le saint ne quitte jamais son balai. Nous, nous le laissons souvent derrière une porte de notre âme.
Abba Poemen disait:
<<La terre en laquelle le Seigneur a commandé de travailler (Gn3,23) c'est l'humilité.>> Les chemins de Dieu au désert, collection systématique des apophtegmes, Editions de Solesmes p239)
Dernière modification par Antoine le ven. 01 juil. 2005 13:28, modifié 1 fois.
paraclésis
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Message par paraclésis »

Oui, les grands spirituels disent passer par des périodes de doutes, de ténèbres, d'ailleurs pas besoin d'être à leur niveau pour connaître de telles périodes.
Avec l'Echelle vous avez un livre de très grande qualité, n'hésitez pas à le relire chaque année comme c'est l'usage durant le grand carême.
Dernière modification par paraclésis le ven. 01 juil. 2005 18:57, modifié 2 fois.
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Antoine
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Message par Antoine »

Reclassement d'un message de Sabrina60
Message à Antoine

Desolee de vous paraitre "papillonante" et je suis desolee aussi que vous me jugiez de la sorte, ce n'est pas de la curiosité si vous me pensez aussi perverse que cela, amen, je le suis, mais cette question n'etait pas dans ce but. Ma question etait "interieure", je pense d'ailleurs que ce genre d'exemples peut aider à surmonter ses propres epreuves. Me repondre vous dites ne serait pas m'aider, mais ai-je besoin d'etre aidee? ou peut etre etes vous pere spirituel pour savoir ce que mon ame ressent?ce qui est bon pour moi ou pour les autres? Je trouve vraiment dommage qu'a chaque fois que j'ecris sur ce forum vous me jugiez de "folle qui veut nourrir de potins ses cahiers", vous allez me repondre que vous n'avez jamais dit cela et bien excusez moi monsieur c'est ce que vous faites ressentir. Je ne cherche pas les revelations ni les visions et d'ailleurs St Silouane l'Athonite je sais très bien ce qu'il dit ou pensez vous que je ne lise rien d"interieur"? Je sais pardonnez moi que ce forum est autre mais j'aimerais meme si mon message sera surement effacé, savoir pourquoi vous etes si agressif. Si une personne me demande de l'eau, je lui donne, et je ne me pose pas la question de savoir si elle a vraiment soif ou non: car ça c'est juger. Et les exemples ne servent pas qu'a moi, mon "je pense" voulait dire "pour moi le plus grand des enfers" meme si cela semble inconscient car j'en ai fait l'experience. Desolee encore une fois, mais à parler avec vous je me demande encore où est l'amour du christ? Dans les doctrines et dogmes, ou dans le coeur? Effacez le ce message de toute facon, je n'ai aucune colere mais je ne reviendrez plus sur ce site, peut etre pour vous plein de catechese, mais malgre tout mon ame a soif en le quittant car il represente une orthodoxie sous les couleurs de vos pseudointelligences, de discussions doctrinales c'est vrai qui aide mais vous oubliez de parler de la vie chretienne, de l'amour .... un non orthodoxe le visitant trouvera que "doctrine 1, dogme 6, philosophie..." Bref je vous dis cela amicalement parce que j'aime l'orthodoxie mais vous la representez mal, tres mal.
paraclésis
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euh

Message par paraclésis »

Nous nous agaçons l'un l'autre, chacun à notre tour, est-ce vraiment grave, dans la mesure ou le préalable, me semble-t-il, du forum, c'est que nous sommes tous (nous essayons tous d'être) de bonne volonté.
Nous n'avons pas (du moins je l'espère) l'intention de "représenter" l'orthodoxie, mais de nous efforcer d'en vivre.
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Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève »

Sabrina, j'aimerais vous répondre en paraphrasant la parabole du bon Samaritain à la manière des conteurs orientaux.
Il était une fois un voyageur sur le chemin qui, après une chute, avait le pied gangrené. Deux hommes s'approchèrent pour le soigner. Le premier lui tint la main, lui donna à boire, lui dit de bonnes paroles chaleureuses. Le second était chirurgien, il sortit ses instruments et réalisa l'opération salvatrice en grommelant dans sa moustache. Lequel a le mieux aimé ce voyageur ?
A cette question, il n'y a pas de réponse toute faite. Chacun a fait ce qu'il pouvait, non seulement avec son coeur mais aussi avec ses compétences.
Ici, tour à tour et à des degrés divers, nous sommes tous le voyageur, l'ami de rencontre chaleureux et le chirurgien qui tranche.
Partir parce qu'Antoine a quelques piquants de vieux porc-épic ? Dommage. C'est vous priver de ce qu'il transmet aussi de trésors théologiques.
Quant aux visions, c'est un sujet vaste et difficile. La meilleure attitude, à mon sens : ne pas les rechercher; ne pas en faire un fromage si elles sont données mais discerner autant que possible d'où elles émanent (et se faire aider d'un père spirituel ou, au moins, d'un moine d'expérience); rendre grâce si Dieu vous en envoie. Et continuer à vivre, comme d'hab.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."
eliazar
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Dieu nous parle-t-il encore ?

Message par eliazar »

Oui !

C'est la sagesse même...

Et je voudrais ajouter qu'Antoine est irremplaçable. Même avec ses piquants. Car les piquants protègent le porc-épic - qui sans eux, serait un petit animal bien trop vulnérable.

"Tout staretz est un don de Dieu
Mais si ce staretz laisse
Deviner sa tendresse
Il est temps de lui dire adieu."
Dernière modification par eliazar le sam. 02 juil. 2005 10:49, modifié 1 fois.
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Ploscaru Mihaela
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Message par Ploscaru Mihaela »

je me suis frottée à Antoine et Claude, ils piquent c'est vrai, mais ô combien plus ils apportent ! cela vaut largement queques piqures. Mihaela
Antoine
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Message par Antoine »

Arrêtez vos anneries tous. Antoine n'est ni un porc qui pique ni le forum à lui tout seul. Chacun contribue à l'édifice et c'est moi qui suis reconnaissant à vous tous de tout ce que vous m'apportez, de vos réponses et des réflexions et recherches que vous suscitez. Et puisque ma réponse ne plait pas à Sabrina un autre interlocuteur aura la gentillesse de lui fournir ce que je n'ai pas encore compris qu'elle cherchait.
Sur la sainteté et le doute je lui ai néanmoins écrit ci -dessus:
Si la sainteté d'un individu, c'est la sainteté de Dieu en lui, alors Dieu ne doute pas de lui-même. Mais beaucoup de choses, dont le doute, peuvent retenir l'Esprit de faire sa demeure en nous. Le saint ne quitte jamais son balai. Nous, nous le laissons souvent derrière une porte de notre âme.
Abba Poemen disait:
<<La terre en laquelle le Seigneur a commandé de travailler (Gn3,23) c'est l'humilité.>> Les chemins de Dieu au désert, collection systématique des apophtegmes, Editions de Solesmes p239)

Puisqu'elle dit lire un certain nombre d'ouvrages qui répondent déjà à ce qu'elle demande, alors je ne comprends pas cette curiosité qui s'éparpille sans objet réel autre que celui de l' intimité. Une sorte de voyeurisme religieux.
Elle a une façon de poser ses questions que je trouve spirituellement malsaine; un peu comme si on demandait au moine que l'on rencontre s'il a déjà eu une vision du Christ.
Et ceci n'est pas une pique. Ses questions me semblent inappropriées à la forme forum et relèvent plus de l'entretien individuel.
Elle ne doit pas non plus devenir un objet de discussion du forum pas plus que moi d'ailleurs. Elle m'avait dédicacé une rubrique, j'ai donc pris sur moi de reclasser dans ce fil son message auquel je n'accorde aucune importance autre que le fait qu'il y a urgence pour elle à se trouver un Père. C'est pourquoi je pense que nous( et pas seulement "je") ne lui rendons pas service en lui répondant.
Que Sabrina ne se sente ni jugée ni dévoilée car sur le forum elle n'est qu'un pseudo. La relation personnelle au Christ ne peut être traitée sous la forme d'un forum qu'elle a bien raison de quitter puisque cette forme ne correspond pas à sa demande. Nous n'avons aucune raison d'en être affectés, ni pour elle ni pour nous mêmes. Elle peut aussi correspondre en privé avec l'un(e) d'entre nous selon son choix. Et si je me suis trompé alors ce n'est pas bien grave. Elle en sera d'autant moins atteinte.
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