Rapprochement entre l'ERHF et le Patriarcat de Moscou

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Jean-Serge
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Réaction de l'ERHF-Vitaly

Message par Jean-Serge » jeu. 21 juil. 2005 18:54

Avec retard, je communique la réaction du Synode des Evêques de l'ERHF Vitaly suite à la publication des documents conjoints... Je me permets de rappeler que ce fil a pour objet le rapprochement ERHF -Moscou et pas les problèmes immobiliers en général...

Donc le Synode de l'ERHF-V a condamné ces documents et invité les fidèles de l'ERHF-L à rejoindre la vraie ERHF et à quitter leur évêques infidèles.

source : http://www.russianorthodoxchurchinexile ... 20052.html
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

crevieauxp
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Message par crevieauxp » sam. 27 août 2005 1:21

Bonsoir ou bonjour à tous,
Cela fait des mois que je n'ai plus osé regarder les différentes interventions sur ce sujet très douloureux pour nous, orthodoxes bruxellois hors-frontières sous Vitaly.
Remarquez comme les plus rigoureux ici peuvent se perdre dans la désignation de juridictions qui font le jeu de leurs contradicteurs. Dans deux (?) fils précédent et d'il y a plusieurs mois, j'avais tenté avec toute ma maladroite et véhémente sincérité de rétablir la vérité sur le putsch éclos au sein de notre synode.
Où en sommes-nous maintenant?

Premier fait :
Le métropolite Vitaly a été presque évincé de manière brutale et illégale du synode constitué d'évêques devenus de plus en plus nombreux aux ordres de l'archevêque Mark (deux tentatives d'enlèvement, promotion diocésaine de l'évêque Donskoff pour ces hauts faits d'armes dans la réalisation de cet acte bolchévique). Depuis cette lente mais consciencieuse gangrènisation de nos évêques, des paroisses entières sont passées directement à Moscou, les autres ne faisant que répondre avec de plus en plus de lassitude aux appels de quelques excités dans mon genre à se maintenir dans la rectitude doctrinale qui avait toujours constituer le prestige et la consistance de l'Eglise hors-frontières.

Deuxième fait :
Tout le monde semble progressivement adopter la phraséologie actuelle pour désigner l'Eglise hors-frontières comme étant celle présidée par le synode lavriste. Personne (ou presque plus personne) y compris parmi ses plus chauds partisans ne se rappllent de Vladyka Vitaly comme le seul et toujours primat de l'Eglise hors-frontières. Or, Vladyka Vitaly est toujours métropolite, son Eglise est toujours l'Eglise hors-frontières et le synode de celle-ci est toujours celui...de l'Eglise hors-frontières. Lavre, comme Mark, Ambroise et tous ceux qui leur emboitèrent le pas ont fait sécession de cette Eglise. Ils l'ont fait en tentant d'emportant avec eux et aux yeux du monde le nom, l'entiereté de l'organisation synodale et la légitimité canonique de cette Eglise. Et ils y sont presque parvenus! Loin de vouloir se séparer dignement, comme c'est leur droit le plus strict, ils ont usé de méthodes non chrétiennes et immorales pour partir. En effet, partir vers Moscou ne leur suffisait pas : ils leur fallait emporter l'Eglise hors-frontières entière (synode, diocaises, biens patrimoniaux), du moins leurs actes semblent attester de cette vision très terrestre de l'Eglise. Arrivés au terme des comprommissions qui leur fut possible d'infliger aux différents évêques et paroisses récalcitrants, il leur sembla nécessaire d'appuyer le trait par des actes que la morale la plus élémentaire réprouve (tentatives d'enlèvements, chantages, faux et usages de faux, actions en justice profane à profusion etc).

Troisième fait :
Ce qu'ils avaient jadis juré de ne jamais faire, ils le font : les décennies d'exil digne et sobre de l'Eglise hors-frontières hors du mensonge sergianiste et de toutes les dérives doctrinales du "patriarcat" constitué par Staline en 1943 n'avaient d'autre but que d'offrir à la hiérachie de celui-ci l'occasion vivante et immédiatement accessible de se rapprocher de la Vérité et de s'y fondre après une juste et nécessaire repentance. Aucune décision politique, aucune circonstance mondaine favorable, aucun atermoiement n'aurait pu et du favoriser ce rapprochement des sergianistes vers l'Eglise-mère, droite et directe continuatrice du Patriarcat de Moscou (sous Tikhon) qu'est l'Eglise hors-frontières, rien sinon une sincère et pieuse demande de pardon et d'union avec le synode que vous appelez maintenant "de Vitaly". J'ai personnellement interpelé Mgr Ambroise de passage à Bruxelles en...2000 sur nos craintes d'alors (nous étions déjà considérés comme fous, paranoïaques) au sujet des nouvelles tendances de plus en plus exprimées parmi nos évêques à se rapprocher de Moscou. C'est personnellement et publiquement qu'il m'a répondu que JAMAIS NOUS PASSERIONS A MOSCOU. Or, les pourparlers prouvent, montrent et affirment clairement le contraire. D'ailleurs, non obstant le cours des négociations, c'est l'issue explicitement exprimée. Tout aussi clairement, on voit les deux protagonistes lacher quelques concessions l'un vers l'autre. Et c'est de tout cela que ce fil est abreuvé, d'une sorte de cécité face à l'inanarrable face à un immense jeu de duppes destinées à l'opinion publique orthodoxe; qu'aurions-nous dit de pourparlers entre le Vatican et Constantinople, l'un cèdant à l'autre sur son infaillibilité et l'autre cédant à l'un sur son intransigeance face au filioque?

Quatrième fait :
C'est donc un accord dénué de toute pureté spirituelle : aucun des protagonistes ne visent un retour ou une consolidation dans l'unité de la vrai foi et de son expression la plus orthodoxe; aucun des protagonistes ne s'est repenti de ses péchés (le pseudo repentir d'AlexisII pour la collaboration avec le pouvoir rouge étant de pure forme, sans suite ni incidences doctrinales ni pastorale et les hiérarques lavristes taisant aux yeux du monde leur reniement à la pureté confessionnelle de l'Eglise hors-frontières, comme ils continuent de passer par pertes et profit "l'affaire Vitaly" et ses avatars). C'est donc une non négociation spirituelle, c'est aussi une non négociation entre partenaires puisque pour négocier il faut être deux. Or, les lavristes ont clairement montré par leur but (se rapprocher du mensonge moscovite) et leurs méthodes musclées (d'un soviétisme inculqué "mystérieusement") qu'ils constituaient l'autre face d'une même pièce avec les "patriarcaux". Ce jeu de duppes ne sert donc à rien d'autres qu'à habituer la masse dont nous faisons partie à une issue explicitement définie. Voyez ici la confusion à laquelle moi-même je me laisse engluer : je ne devrais rien craindre pour l'Eglise hors-frontières puisqu'ils l'ont quittée! Et pourtant, je pleure pour eux; la séparation est encore trop proche et le divorce ne fut pas librement consenti mais remplacé par une tentative diabolique d'avalement, prélude à un autre plus gigantesque qui sera opéré par Moscou.
C'est donc en vain que nous glosons sur un simulacre d'arrangement puisque lavristes et sergianistes sont maintenant unis vers une même issue, discutaillant en façade sur les modalités techniques.

En discutant du sexe des anges alors que le Turc était aux portes de la deuxième Rome, nos théologiens n'avaient pas sombré dans cette inconscience qui est la nôtre : ouvrir les portes de la ville et se jeter dans les bras de l'ennemi pour "négocier" chaleureusement la reddition avec champagne et petits fours.

Après tout, aimons-nous les uns les autres; n'est-ce pas cela qui compte, peu en importe le prix, non?...

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » sam. 27 août 2005 15:24

crevieauxp a écrit :Bonsoir ou bonjour à tous,
Cela fait des mois que je n'ai plus osé regarder les différentes interventions sur ce sujet très douloureux pour nous, orthodoxes bruxellois hors-frontières sous Vitaly.
Remarquez comme les plus rigoureux ici peuvent se perdre dans la désignation de juridictions qui font le jeu de leurs contradicteurs. Dans deux (?) fils précédent et d'il y a plusieurs mois, j'avais tenté avec toute ma maladroite et véhémente sincérité de rétablir la vérité sur le putsch éclos au sein de notre synode.
Où en sommes-nous maintenant?

Premier fait :
Le métropolite Vitaly a été presque évincé de manière brutale et illégale du synode constitué d'évêques devenus de plus en plus nombreux aux ordres de l'archevêque Mark (deux tentatives d'enlèvement, promotion diocésaine de l'évêque Donskoff pour ces hauts faits d'armes dans la réalisation de cet acte bolchévique). Depuis cette lente mais consciencieuse gangrènisation de nos évêques, des paroisses entières sont passées directement à Moscou, les autres ne faisant que répondre avec de plus en plus de lassitude aux appels de quelques excités dans mon genre à se maintenir dans la rectitude doctrinale qui avait toujours constituer le prestige et la consistance de l'Eglise hors-frontières.

Deuxième fait :
Tout le monde semble progressivement adopter la phraséologie actuelle pour désigner l'Eglise hors-frontières comme étant celle présidée par le synode lavriste. Personne (ou presque plus personne) y compris parmi ses plus chauds partisans ne se rappllent de Vladyka Vitaly comme le seul et toujours primat de l'Eglise hors-frontières. Or, Vladyka Vitaly est toujours métropolite, son Eglise est toujours l'Eglise hors-frontières et le synode de celle-ci est toujours celui...de l'Eglise hors-frontières. Lavre, comme Mark, Ambroise et tous ceux qui leur emboitèrent le pas ont fait sécession de cette Eglise. Ils l'ont fait en tentant d'emportant avec eux et aux yeux du monde le nom, l'entiereté de l'organisation synodale et la légitimité canonique de cette Eglise. Et ils y sont presque parvenus! Loin de vouloir se séparer dignement, comme c'est leur droit le plus strict, ils ont usé de méthodes non chrétiennes et immorales pour partir. En effet, partir vers Moscou ne leur suffisait pas : ils leur fallait emporter l'Eglise hors-frontières entière (synode, diocaises, biens patrimoniaux), du moins leurs actes semblent attester de cette vision très terrestre de l'Eglise. Arrivés au terme des comprommissions qui leur fut possible d'infliger aux différents évêques et paroisses récalcitrants, il leur sembla nécessaire d'appuyer le trait par des actes que la morale la plus élémentaire réprouve (tentatives d'enlèvements, chantages, faux et usages de faux, actions en justice profane à profusion etc).

Troisième fait :
Ce qu'ils avaient jadis juré de ne jamais faire, ils le font : les décennies d'exil digne et sobre de l'Eglise hors-frontières hors du mensonge sergianiste et de toutes les dérives doctrinales du "patriarcat" constitué par Staline en 1943 n'avaient d'autre but que d'offrir à la hiérachie de celui-ci l'occasion vivante et immédiatement accessible de se rapprocher de la Vérité et de s'y fondre après une juste et nécessaire repentance. Aucune décision politique, aucune circonstance mondaine favorable, aucun atermoiement n'aurait pu et du favoriser ce rapprochement des sergianistes vers l'Eglise-mère, droite et directe continuatrice du Patriarcat de Moscou (sous Tikhon) qu'est l'Eglise hors-frontières, rien sinon une sincère et pieuse demande de pardon et d'union avec le synode que vous appelez maintenant "de Vitaly". J'ai personnellement interpelé Mgr Ambroise de passage à Bruxelles en...2000 sur nos craintes d'alors (nous étions déjà considérés comme fous, paranoïaques) au sujet des nouvelles tendances de plus en plus exprimées parmi nos évêques à se rapprocher de Moscou. C'est personnellement et publiquement qu'il m'a répondu que JAMAIS NOUS PASSERIONS A MOSCOU. Or, les pourparlers prouvent, montrent et affirment clairement le contraire. D'ailleurs, non obstant le cours des négociations, c'est l'issue explicitement exprimée. Tout aussi clairement, on voit les deux protagonistes lacher quelques concessions l'un vers l'autre. Et c'est de tout cela que ce fil est abreuvé, d'une sorte de cécité face à l'inanarrable face à un immense jeu de duppes destinées à l'opinion publique orthodoxe; qu'aurions-nous dit de pourparlers entre le Vatican et Constantinople, l'un cèdant à l'autre sur son infaillibilité et l'autre cédant à l'un sur son intransigeance face au filioque?

Quatrième fait :
C'est donc un accord dénué de toute pureté spirituelle : aucun des protagonistes ne visent un retour ou une consolidation dans l'unité de la vrai foi et de son expression la plus orthodoxe; aucun des protagonistes ne s'est repenti de ses péchés (le pseudo repentir d'AlexisII pour la collaboration avec le pouvoir rouge étant de pure forme, sans suite ni incidences doctrinales ni pastorale et les hiérarques lavristes taisant aux yeux du monde leur reniement à la pureté confessionnelle de l'Eglise hors-frontières, comme ils continuent de passer par pertes et profit "l'affaire Vitaly" et ses avatars). C'est donc une non négociation spirituelle, c'est aussi une non négociation entre partenaires puisque pour négocier il faut être deux. Or, les lavristes ont clairement montré par leur but (se rapprocher du mensonge moscovite) et leurs méthodes musclées (d'un soviétisme inculqué "mystérieusement") qu'ils constituaient l'autre face d'une même pièce avec les "patriarcaux". Ce jeu de duppes ne sert donc à rien d'autres qu'à habituer la masse dont nous faisons partie à une issue explicitement définie. Voyez ici la confusion à laquelle moi-même je me laisse engluer : je ne devrais rien craindre pour l'Eglise hors-frontières puisqu'ils l'ont quittée! Et pourtant, je pleure pour eux; la séparation est encore trop proche et le divorce ne fut pas librement consenti mais remplacé par une tentative diabolique d'avalement, prélude à un autre plus gigantesque qui sera opéré par Moscou.
C'est donc en vain que nous glosons sur un simulacre d'arrangement puisque lavristes et sergianistes sont maintenant unis vers une même issue, discutaillant en façade sur les modalités techniques.

En discutant du sexe des anges alors que le Turc était aux portes de la deuxième Rome, nos théologiens n'avaient pas sombré dans cette inconscience qui est la nôtre : ouvrir les portes de la ville et se jeter dans les bras de l'ennemi pour "négocier" chaleureusement la reddition avec champagne et petits fours.

Après tout, aimons-nous les uns les autres; n'est-ce pas cela qui compte, peu en importe le prix, non?...

Voilà un message typique des raisons pour lesquelles j'apprécie la participation de gens comme Philippe Crevieaux ou Romaric à notre forum, alors que je ne suis pas nouveau-calendériste et par ailleurs peu concerné par les polémiques internes à la nation russe. Les convictions sont fermes, le fond est sans concession, mais le ton est courtois et l'argumentation n'en a que plus de force.
Philippe et Romaric nous montrent qu'il est possible de défendre des opinions minoritaires sans basculer dans des formes extrémistes ou grotesques, et ils savent défendre leur choix ecclésial avec sobriété.
Quel contraste entre le comportement d'un vieux-calendériste authentique comme Romaric ou d'un Russe hors frontières authentique comme Philippe, et les pitreries, dont nous avons été les témoins dans le passé de ce forum, de personnages confondant Orthodoxie et carnaval et jouant à l'anti-oecuménisme en nous abreuvant de proclamations grandiloquentes dont la violence verbale masquait mal l'absence de conviction réelle.

Encore merci à Philippe et à Romaric, car ce sont grâce à des gens comme eux que le débat est encore possible.

christian
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réunion du congrès diocésaine de l'ERHF à Vevey

Message par christian » mar. 29 nov. 2005 13:19

Information trouvée sur le site orthodoxie .ch :

Vevey: textes du congrès diocésain de l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger
27 novembre 2005 - Comme l'ont relaté plusieurs sites orthodoxes, le congrès diocésain de l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger (également connue sous le nom d'Eglise orthodoxe russe hors-frontières) s'est déroulé à Vevey les 29 et 30 octobre 2005

Pour lire les textes, allez sur :
<http://www.orthodoxie.ch/p/2004-2005/news_13.shtml>

Irène
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Message par Irène » mar. 29 nov. 2005 14:01


crevieauxp
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Message par crevieauxp » mar. 29 nov. 2005 18:16

Au congrès diocésain de l' "EORHF" (Lavre) à Vevey du 29-30/11/2005,
l'ambiguïté des évêques lavristes est totale, visiblement en proie au doute ou aux pressions grandissantes de leurs fidèles réticents aux noces avec Moscou.

La prose de l'évêque Ambroise (motif et instigateur du schisme lavriste dans le diocèse d’Europe occidentale de l'EORHF), vous avez tout et son contraire.

Exemple 1 page 2 : "le gouvernement soviétique se rendit compte que le patriarcat de Moscou, qu'il avait créé de toutes pièces en 1943, pouvait servir à sa propagande."

Dont acte pour les thuriféraires du rapprochement tous azimuts et sans condition: le "Patriarcat de Moscou" sous Alexis Ridigher, Drozdov pour les anciens de la Loubianka, est une création soviétique de Staline. C'est dit, c'est clair et sans bavure. N’en doutez plus.

Exemple 2 page 2 : "A la fin de 1991, l'URSS est tombée; dans sa structure étatique, la Russie ne professe plus un athéisme militant et des voies de communication ont pu être trouvées avec l'Eglise de Russie. Donc, formellement, les conditions d'application, aussi bien du décret patriarcal n°362 que de l'art.1 de notre statut, n'existent plus."

Malgré l'aveu implicite de formalisme de l'argument, on avance quand même l'argument. De plus, on occulte le fond qui demeure gravement suffisant pour justifier l'application de l'oukaze n°362 (rédigé par Tikhon et donnant mission à la partie en exil de l'Eglise russe de continuer à être l'Eglise russe libre et fidèle) et de l'article1 des statuts de l'EORHF.
De plus, parler des voies de communication qui ont pu être trouvées avec l'Eglise de Russie sans parler des démarches de l'Eglise des catacombes qui, elle, a vraiment trouvé des voies de communication avec l'Eglise de Russie (EORHF) est une profanation de l'héroïsme spirituel et temporel des fidèles des catacombes.

Hommage leur soit rendu.

Exemple 3 page 3 : "Tous nos efforts doivent porter à montrer la voie juste, surtout si, comme c'est le cas, cette voie juste est réorientée".

Ici, on nage en pleine contorsion jésuito-sémantique: ou bien la voie est juste et, DONC, bien orientée; ou bien la nécessité de la réorienter prouve sa non-justesse antérieure. Mais dire les deux est une pitrerie conceptuelle ou une tromperie manifeste à moins de considérer comme Edgar Faure : "On m'accuse de changer d'opinions comme le vent de direction mais c'est la girouette qui tourne, pas le vent".

L'évêque Ambroise renchérit dans cette voie malhonnête :

Exemple 4 page 3 : "Ce n'est pas l'enseignement qui a changé mais ce sont les conditions et circonstances dans lesquelles est proclamé cet enseignement qui se sont modifiées."

Ainsi, la chute du pouvoir bolchévique modifie les circonstances et conditions de diffusion de l'enseignement de l'EORHF. Magnifique! L'EORHF pourra enfin librement faire son travail pastoral et doctrinal de véritable Eglise russe dans une Russie libérée? Et bien non : il s'agit, en fait, de se jeter dans les bras d'Alexis Ridigher et de se fondre dans la masse numérique des paroisses moscovites dépendant d'une hiérarchie encore largement réticente à effectuer une complète et authentique repentance. S'agit-il alors de pouvoir servir d'aiguillon à ce "Patriarcat de Moscou" afin qu'il y parvienne? Non plus mais, rassurons-nous, l'évêque Ambroise explique que :

Exemple 4 page 4 : "le projet, tel qu'il est présenté, me paraît satisfaisant, il consacre, en effet, le rétablissement de l'unité plénière de l'Eglise-Mère de Russie et n'indique ni une absorption, ni une inféodation par le patriarcat".

Ainsi, l'unité plénière est à rétablir avec l'Eglise-Mère de Russie. Ainsi, l'unité se fera vers un "patriarcat" de Moscou non repentant par une "EORHF" (sous lavre) oublieuse de sa fidélité inébranlable à l'orthodoxie non frelatée par le sergianisme et l’œcuménisme. A moins que cela n'ait que peu d'importance, l'essentiel étant alors d'être ensemble coûte que coûte (comme au COE avec les autres "confessions" chrétiennes). On ne voit pas très bien, dans ces "conditions" ou dispositions psychologiques, comment ce "rétablissement" ne signifierait pas une absorption ou une inféodation.
Franchement, ici, l'évêque Ambroise se fout du monde. Et ce mépris de l'honnêteté la plus élémentaire continue à s'exprimer un peu plus loin par ses mots :

Exemple 5 page 4 : "Pour nous, le fait de le (saint-chrême) recevoir de Moscou (donc du "patriarcat" de Moscou créé de toutes pièces par Staline en 1943, dixit Ambroise lui-même!) serait (et prudent avec ça) un signe concret de rétablissement de l'ordre ecclésiologique et non une dépendance".

Voilà, tout est dit, bas les masques, chapeau bas pour autant de perfidie sémantique et de manipulations des âmes.

"A vot'bon coeur, M'sieurs 'Dames", moi je vais apprendre la balalaïka et me faire des sous dans le métro en chantant : "Glore à toi, Russie, qui retrouve tous les tiens sous le drapeau de tes persécutés brandis par tes persécuteurs". (Vous ne trouvez ce texte trop compliqué?)

J'ai honte pour mes ancêtres persécutés de Russie ou exilés; ils doivent se retourner dans leur tombe, une fois de plus.

Philippe Crévieaux

romaric
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Message par romaric » mer. 30 nov. 2005 21:24

Cher Philippe,
Je tiens à vous apporter tout mon soutien: il est évident que la volonté de rapprochement à tout prix manifestée par la hierarchie lavriste est une trahison de la position antérieure de l'ERHF et du Métropolite Philarète de bienheureuse mémoire.
Votre combat est celui de la pureté de la confession de la foi. Dieu vous soit en aide!

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