le sang du Christ offert à qui ?

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samuel
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le sang du Christ offert à qui ?

Message par samuel » mar. 31 mai 2005 14:05

Je lis la suite du bloc note de JF Colossimo sur la Passion de Gibson, sur l'excellent site orthodoxie.com, et j'y note un passage où il cite Saint Grégoire de Naziance:

Grégoire de Nazianze, décisif, qui explique le dilemme sotériologique : soit le sang versé sur la Croix est offert en satisfaction au Père –et c’est cruauté ; soit il est offert en paiement au Diable –et c’est blasphème ; soit une goutte de ce sang dit toute la folie de l’amour divin qui veut notre glorification – et c’est l’orthodoxie.

J'ai successivement appris, d'abord dans l'Eglise Romaine que le sang du Christ était offert au Père, puis à l'ECOF de l'enseignement de l'ex-évêque Germain que le sang était offert au Démon, pour le satisfaire de sa soif inextingible et du coup libérer l'homme du tribu qu'il lui devait et se libérer de l'emprise diabolique du culte sacrificiel, du meurtre...

Est-ce comme le texte l'indique contraire à l'Orthodoxie, au point d'être un blasphème, ou est-ce fondé théologiquement ?

Merci de vos opinions.

eliazar
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Le sang du Christ

Message par eliazar » mar. 31 mai 2005 15:57

Je ne suis pas théologien, et ce qui suit n'est PAS une réponse, mais une simple réflexion.

Samuel, vous venez d'écrire :

"J'ai successivement appris, d'abord dans l'Eglise Romaine que le sang du Christ était offert au Père, puis à l'ECOF de l'enseignement de l'ex-évêque Germain que le sang était offert au Démon, pour le satisfaire de sa soif inextingible et du coup libérer l'homme du tribu qu'il lui devait et se libérer de l'emprise diabolique du culte sacrificiel, du meurtre... "

Comment pourrais-je croire un instant que le Christ Jésus (vrai homme "mais" vrai Dieu) ait pu vouloir une fraction de seconde "satisfaire le Diable ... et du coup libérer l'homme" ?

Le Christ-Dieu n'a rien ni personne à "satisfaire", et surtout pas un archange "séparé" dont l'Apocalypse nous avertit déjà qu'il sera finalement envoyé au feu éternel.

Quant au Christ-homme, quel fidèle fils serait-il encore s'il lui venait (fut-ce une fraction de seconde) la tentation de "traiter séparément avec l'ennemi" (des hommes) ? Sa prière pendant la nuit de la sueur de sang, à Gethsemani, ne va pas du tout dans ce sens-là.

Cet "enseignement" de l'ex-évêque de l'ECOF me paraît être une confirmation de plus de son attirance morbide vers la gnose - si tant est qu'il y ait dans ce vaste monde intellectualo-mystico-imaginatif que nous regroupons sous le vague nom de Gnose (Irénée de Lyon parle à juste titre de "gnose au nom menteur") un fragment ou "enseignement" ponctuel qui dise exactement cela.

La tradition de l'Église nous dit au contraire que le Christ a piétiné, écrasé sous ses pieds la mort par Sa mort - et que ce faisant Il a arraché au Satan ses prestiges et sa principauté sur ce monde.

Mais il vaut mieux que je me taise et laisse un théologien orthodoxe donner la juste définition doctrinale.
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samuel
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Message par samuel » mar. 31 mai 2005 16:12

Merci pour cette réponse. Je crois que l'ex-évêque Germain a du l'entendre dans le sens de substitution de culte: puisque le diable veut du sang, et que le sang versé va à lui, payons le tribut avec un sang innocent et substituons au culte sanglant-que Dieu n'agrée pas mais le diable- l'eucharistie.
Une sorte de parallélisme des formes, pour opérer une subsitution.

eliazar
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Le sang du Christ

Message par eliazar » mar. 31 mai 2005 16:58

Cher Samuel,

Pardonnez à l'affreux Niçois que je suis une plaisanterie de goût douteux : je ne crois pas que la substitution que voulut opérer l'ex-évêque en question ait été seulement une substitution.

Quand un évêque "orthodoxe" se marie en secret, avec une pseudo-mystique qui fait argent de ce que "l'archange Michel" lui aurait commandé d'enseigner aux hommes de ce temps (à la place de l'Évangile), après lui avoir "donné un nom nouveau" (à la dame que ledit ex-évêque a épousée, pas à l'évêque G.), ce n'est plus seulement une affaire de substitution de culte.

Il y a des noms, et des livres (je me réfère à cet autre fil, sur les Anges - et au livre "luciférien" de Mme G. Mallasz) dont nous devrions absolument cesser de parler dans ce Forum. Ce n'est pas sérieux de laisser supposer à ceux de nos lecteurs qui nous font confiance que nous, nous prenons ces personnes et leurs enseignements assez au sérieux pour les discuter.
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samuel
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Message par samuel » mar. 31 mai 2005 17:37

Ladite dame écrivant d'ailleurs sous le nom civil de son ex (?) mari pour inviter qui veut à des stages au domaine "la Fauconnerie" sur son enseignement, probablement de la même veine...

Mais Eliazar, vous ne comprenez pas: même moi j'ai cru que c'étais un enseignement orthodoxe -comment déméler alors le vrai du faux ?
Exposer les bases de la vraie doctrine orthodoxe permet d'éviter à des âmes de tomber dans ces pièges doctinaux et des ecclesioles douteuses.

Monique
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Message par Monique » mer. 01 juin 2005 10:36

Christ est ressuscité !

Bonjour Samuel

Je viens aussi de l’écof où j’ai beaucoup écouté les conférences de Germain et celles de Béthanie et en particulier celles d’Annick de Souzenelle.

Je croyais aussi que c’était cela l’orthodoxie.
Je croyais aussi que je pouvais quitter l’écof pour me joindre à une église canonique sans mettre en cause tout ce que j’avais vécu et appris à l’écof.
Ce qui est totalement faux, nous avons besoin de nous convertir et de désapprendre la gnose écofienne.

C’est la fréquentation de ce forum qui me permet petit à petit de démêler le vrai du faux et je remercie beaucoup tous ceux qui participent et organisent ce forum.

Eliazar a écrit :
« après lui avoir "donné un nom nouveau" (à la dame que ledit ex-évêque a épousée, pas à l'évêque G.) »,

Pour la petite histoire ce nom donné est « Céleste », ce qui fait que certains ont appelé Germain "Babar", et chacun sait que les éléphants ça trompent énormément.

eliazar
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Le sang du Christ

Message par eliazar » mer. 01 juin 2005 15:17

Monique,

Je vous A-DO-RE (oui, je sais : ce n'est pas théologique!).

Mais tout de même, si toutes les ex-écofiennes étaient comme vous .... !

Hélas, elles ne le sont pas souvent.
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Georges Papathanassios
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Message par Georges Papathanassios » jeu. 02 juin 2005 13:52

Mon cher Samuel, je comprend votre déception, tout comme l'épreuve que fut celle de Monique, dont elle semble s'être fort bien sortie.

N'oubliez pas que dés 1993 dans l'acte de déposition de Germain le Patriarche Théoctist écrivait déja:

Peu de temps après avoir été reçu sous notre juridiction et après le sacre épiscopal de Votre excellence, au sein du diocèse et dans Votre activité commencèrent à se manifester. diverses erreurs d’ordre dogmatique, liturgique et de discipline canonique, ainsi que des enseignements et des pratiques contraires à l’orthodoxie universelle, qui ne firent que se multiplier avec le temps continuant à présent encore et étant maintes fois portées à notre connaissance

et en 2001 le Saint Synode roumain précisait dans un avis d'expertise canonique :

Après une suite d’erreurs de l’ex-évêque Germain de Saint Denis, le Saint Synode de l’Eglise orthodoxe Roumaine a été obligé de prendre la. décision disciplinaire de lui interdire l’exercice de toutes fonctions épiscopales. Cette décision no. 423 / 1993, ci-après annexée, a été communiquée aux intéressés par une lettre du 3 mars 1993, ci-incluse

Ce n'était donc pas nouveau, cette problématique des enseignements.

Je vous rappelle la conclusion canonique du Saint Synode le l'Eglise Orthodoxe de Roumanie:

Contrairement à la décision du Saint Synode de l’Eglise orthodoxe Roumaine, l’ex-évêque Germain, aggrave sa situation ecclésiale en poursuivant l’exercice des fonctions épiscopales, et ainsi tombe sous l’incidence des canons l’excluant de l’Eglise. Tout acte de culte et d’autorité excercé par un évêque après sa déposition sont nuls de fait et de droit (28eme règle apostolique et no. 4 du concile d’Antioche 74ème règle apostolique 9 et 17 du IV concile oecuménique et no. 15 du concile d’ Antioche). Les ordinations pourront être soumises par économie à l’examen de l’autorité canonique.

En continuant ses errements et passant au delà de toutes règles canoniques l’ex-évêque Germain, M. Gilles BERTRAND-HARDY, en se mariant est tombé définitivement de son état épiscopal et conformément aux Saints Canons la sanction appliquée par le Saint Synode pourrait être l’anathème, (no. 6 du VI concile oecuménique, no. I Néocésarée et no 12 et 48 du VI concile oecuménique).

En conclusion, par application des Saints Canons cités qui sont valabLes dans toutes les Eglises orthodoxes, l’ex-évêque Germain, M. Gilles BERTRAND-HARDY non seulement aperdu sa qualité d'évêque mais de plus encourt l’exclusion de l’Eglise orthodoxe,



Si cela n'est déja fait, je vous recommande de faire un choix entre l'Eglise Orthodoxe et son enseignement salvateur, et l'écofisme.

Jean-Serge
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Quelques pistes...

Message par Jean-Serge » jeu. 02 juin 2005 16:22

Je puis tenter une réponse ou plutôt suggérer des pistes à explorer. Je n'ai guère eu le temps de le faire...

Il faut à mon avis faire le parallèle entre la Crucifixion et les rites juifs. Les sacrifices avaient une fonction propitiatoire (ou expiatoire si vous préférez). La crucifixion se substitue comme le dit Saint Paul dans l'Epître aux Hébreux à tous ces sacrifices car pour parler de façon simple "le sang du Christ vaut plus que celui des boucs"... ll ne me semble justement pas que ce sang soit offert à quelqu'un en particulier mais plutôt pour quelqu'un ou pour quelque chose à savoir la rémission des péchés. D'après souvenir, dans la description des rites sacrificiels dans l'Ancien testament, on ne trouve pas l'expression "à quelqu'un..." mais toujours "pour les péchés".

Je crois que la sortie d'Israel d'Egypte peut aussi nous aider à comprendre la chose. Il me semble que le terme de Dieu qui "rachète" son peuple intervient à ce moment. Cette notion de rachat est intéressante car il ne semble pas correspondre à la notion habituelle où l'on se défait de quelque chose en échange d'un bien... En effet, les Israélites n'ont rien payé, Dieu lui-même n'a rien payé à personne (certainement pas aux Egyptiens) qui tenaient les Hébreux en esclavage...

Le sang serait donc offert pour et non pas à...

Ce ne sont que des pistes à confirmer ou infirmer en se rapportant aux passages bibliques en question...
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

Monique
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Message par Monique » ven. 03 juin 2005 9:19

Samuel vous avez écrit :
« J'ai successivement appris, d'abord dans l'Eglise Romaine que le sang du Christ était offert au Père, puis à l'ECOF de l'enseignement de l'ex-évêque Germain que le sang était offert au Démon, pour le satisfaire de sa soif inextingible et du coup libérer l'homme du tribu qu'il lui devait et se libérer de l'emprise diabolique du culte sacrificiel, du meurtre... »

Je pense que pour aborder ce problème du Sang du Christ il faut le remettre au centre de la Liturgie.

Lors de la Sainte Cène le Christ a dit : « ceci est mon Sang, buvez-en tous » Son Sang très pur et très saint est donc donné aux chrétiens pour leur vie éternelle.
Dire avec Germain que le Sang du Christ est offert au démon pour racheter l’homme de l’enfer me semble un blasphème. Comment le Christ pourrait faire communier les démons à son Sang ?

Avez-vous Samuel, le Triode de carême, le Pentecostaire et le grand octoède ? ces livres liturgiques sont indispensables pour apprendre à démêler le vrai du faux , car ils nous font baigner dans la vérité.

hilaire
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Message par hilaire » ven. 03 juin 2005 17:11

j'ai beau retourner l'argumentation dans ma tête je ne comprend pas comment on peut penser que le sang versé par le Christ durant sa Passion est offert au Diable.

Parcourons les textes de l'exaltation de la croix.

"Devant ta croix, nous nous prosternons ô Maître, et ta Sainte resurrection nous la chantons"

épître aux Corinthiens de la fête de l'exaltation de la croix:

1 Corinthiens 1: 18-24
Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j'anéantirai l'intelligence des intelligents. Où est le sage? où est le scribe? où est le disputeur de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.

Evangile des Matines (Jean 12: 23-36)
Jésus leur répondit: L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu'un me sert, qu'il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera. Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je?... Père, délivre-moi de cette heure?... Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure. Père, glorifie ton nom! Et une voix vint du ciel: Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore.
La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c'était un tonnerre. D'autres disaient: Un ange lui a parlé. Jésus dit: Ce n'est pas à cause de moi que cette voix s'est fait entendre; c'est à cause de vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi. En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir.
La foule lui répondit: Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement; comment donc dis-tu : Il faut que le Fils de l'homme soit élevé? Qui est ce Fils de l'homme? Jésus leur dit: La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous.
Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point: celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière.
Jésus dit ces choses, puis il s'en alla, et se cacha loin d'eux.

Evangile de la Liturgie (Jean 19: 6-11, 13-20, 25-28, 30-35)

Lorsque les principaux sacrificateurs et les huissiers le virent, ils s'écrièrent : Crucifie! crucifie ! Pilate leur dit : Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve point de crime en lui. Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu. Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus : D'où es-tu ? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit : Est-ce à moi que tu ne parles pas ? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te crucifier, et que j'ai le pouvoir de te relâcher ? Jésus répondit: Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui me livre à toi commet un plus grand péché.

Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors ; et il s'assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha. C'était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : Voici votre roi. Mais ils s'écrièrent : Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit : Crucifierai-je votre roi ? Les principaux sacrificateurs répondirent : Nous n'avons de roi que César. Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l'emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. C'est là qu'il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit une inscription, qu'il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue : Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville : elle était en hébreu, en grec et en latin.

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l'Ecriture fût accomplie : J'ai soif.

Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit. Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, -car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui. S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau. Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai ; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi.

peut être vaut-il mieux que je laisse la parole au Père Lev Gillet:

Méditation du Père Lev Gillet
Au seuil de l'année liturgique, nous avons rencontré la bienheureuse Vierge Marie ; nous y rencontrons aussi la croix du Sauveur. Ces deux thèmes ne sauraient être absents de notre prière et de notre méditation sans un appauvrissement de celles-ci. Peu de jours après la nativité de Marie, l'Eglise célèbre la fête de l'Exaltation de la Croix. Au-delà du bois même de la croix, au-delà des circonstances historiques parmi lesquelles le culte de la croix s'est développé, attachons nous à tout ce que l'idée même de la croix de Jésus contient de spirituel et d'éternel.

L'Eglise nous prépare, une semaine d'avance, à la fête de la Croix. Le dimanche qui précède celle-ci, outre l' épitre et l' évangile propres à ce dimanche, une autre épitre et un autre évangile sont lus, en rapport spécial avec la croix. Dans l'épitre (Galates 6 : 11-18), Saint Paul nous dit qu'un chrétien ne saurait se glorifier « sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ qui a fait du monde un crucifié pour moi, et de moi un crucifié pour le monde». Dans l'évangile (Jean 3: 13-17), nous lisons : « Comme Moïse éleva le serpent au désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, afin que tout homme qui croit ait par lui la vie éternelle. Oui, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».

A l' approche de la fête de la Croix, il n' est pas inutile de nous rappeler que la croix dont il s'agit, c'est la croix sur laquelle Jésus-Christ a été crucifié pour notre salut. La décision de « porter notre croix » - idée si profondément évangélique, et sans laquelle cette fête de la croix demeurerait une abstraction - est un aspect essentiel, mais secondaire, du mystère de la croix. L'aspect principal, c'est que nous sommes sauvés par la Passion de Jésus. L'attention des chrétiens d'Orient, qui se porte si facilement et avec tant d'enthousiasme vers l'incarnation du Christ, ne doit pas délaisser le mystère de l' expiation. Le Christ est Dieu fait homme; il est vainqueur et ressuscité. Mais il est aussi le Rédempteur crucifié. Les fêtes de la Croix sont pour nous une occasion de méditer sur la signification du Sang du Christ dans notre vie spirituelle, sur la mort du Sauveur comme réparation de nos péchés, sur le rapport entre la croix et l'amour. Elles nous sont une occasion précieuse d'approfondir l'article du symbole de Nicée où nous confessons que Jésus est mort «pour nous, hommes, et pour notre salut».

Au cours des vêpres célébrées le soir du 13 septembre, trois lectures de l'Ancien Testament nous montrent 1'ombre de la croix déjà projetée sur l'histoire d'lsraël. La première de ces lectures est tirée du livre de l'Exode. Quand les Hébreux étaient dans le désert de Shur, ils y trouvèrent des eaux amères qu'ils ne pouvaient pas boire ; ils murmuraient contre Moïse. Celui-ci « cria alors vers le Seigneur et le Seigneur lui indiqua une sorte de bois... L'ayant jeté dans l'eau, celle-ci devint douce». Ainsi l'arbre de la Croix, plongé dans nos amertumes, peut-il les adoucir. La deuxième lecture est tirée des Proverbes. Elle débute ainsi : « Ne méprise pas, mon fils, la correction de le Seigneur... car le Seigneur reprend celui qu' il chérit, comme un père, son fils bien-aimé». Ces paroles jettent une vive lumière sur Jésus portant le châtiment des péchés du monde, et sur le rapport entre l'amour du Père pour le Fils et la croix du Fils; elles nous indiquent aussi dans quel esprit nous devons accepter - et rechercher - le châtiment de nos propres péchés. Puis, après avoir fait un éloge de la sagesse, l'auteur des Proverbes conclut : « C'est un arbre de vie pour qui la saisit ». La Croix, qui semble au monde une « folie », est la sagesse même. Elle est identifiée avec l'arbre de vie du paradis terrestre. La troisième lecture d'Isaïe annonce à Sion sa gloire future; le passage semble avoir été choisi à cause d'un verset où sont mentionnés divers arbres qui contribueront à la beauté du Temple. « La gloire du Liban viendra chez toi, avec le cyprès, le platane et le buis, pour embellir le lieu de mon sanctuaire, pour glorifier le lieu où je me tiens». Mais c'est l'arbre de la croix qui est le vrai bois invisible du sanctuaire.

Aux matines du 14 septembre, l'évangile qu'on lit (Jean 12 : 23-36) et qui est le début du discours après la Cène, ne semble pas avoir de rapport direct avec la Croix. Cependant la parole de Jésus : « La voici venue l'heure où le Fils de l'homme doit être glorifié...» a un rapport mystérieux avec la Passion du Seigneur et avec la fête d' aujourd'hui. De même la phrase de Jésus à Pierre :
« Où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard». Que chacun de nous découvre ce que cette phrase contient pour lui-même.

Après la grande doxologie des matines s'accomplit aujourd'hui un rite spécial. La croix habituellement posée sur l' autel est mise sur un plateau et entourée de fleurs; le prêtre, tenant ce plateau au-dessus de sa tête, sort du sanctuaire; les ministres inférieurs le précèdent, avec l'encens et les lumières. Mais aujourd'hui c'est par une des portes latérales de l'iconostase, la porte du nord, que la croix quitte le sanctuaire. ce n'est pas, comme d'habitude, par la porte du centre ou «porte royale». Cela signifie que la voie de la croix est une voie d'abaissement et d'humilité. La procession, ayant franchi l'iconostase, s'arrête devant "la porte royale" et fait face à l'Orient. Le prêtre proclame (comme on le fait pendant la liturgie lorsque l'évangile est solennellement porté sur l'autel) : "Sagesse tenons-nous debout ! ». Car la croix, cette folie apparente, est le symbole de la sagesse divine. Cependant la procession se tourne vers l'Occident. La croix est déposée sur un pupitre placé au milieu de l'église et orné de fleurs.
Les fidèles s'approchent, se prosternent, puis baisent la croix. Dans les cathédrales et les monastères, un autre rite s' ajoute à celui-ci. Le choeur commence à chanter l'invocation: «Seigneur, aie pitié !». Elle est répétée cent fois. Le prêtre, tenant la croix, bénit les quatre points cardinaux ; puis il s'incline très lentement, et, à mesure qu'il se courbe, le choeur continue les invocations sur un ton descendant. Quand le choeur arrive à la cinquantième invocation, le prêtre est profondément incliné, tout proche du sol et tenant toujours la croix (Oh, que cette croix descende ainsi vers tous ceux qui sont tombés le plus bas, vers toutes les misères extrêmes; et qu'ainsi elle descende vers moi, en moi, et soit peu-à-peu plongée dans mon coeur). Puis le prêtre se redresse avec la même lenteur, et, tandis que le choeur chante les cinquante autres invocations sur un ton qui maintenant monte de plus en plus, il élève la croix, il l' exalte » (" quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi..."). Le prêtre bénit de nouveau le peuple avec la croix, puis remet celle-ci sur le pupitre, où elle demeure jusqu'à la liturgie.

Nous lisons, dans l'évangile de la liturgie de ce jour (Jean 19. 6-11, 13-20, 25-28, 30-35), le récit un peu abrégé de la Passion. Dans l'épître aux Corinthiens, Paul proclame le grand paradoxe chrétien que nous avons si souvent entendu qu'il a peut-être cessé d'être pour nous le choc renouvelant qu'il devrait être : «...Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde? ... Nous prêchons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens... Le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu... Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes».

Trois des chants de ce jour appellent particulièrement notre attention. Pendant que les fidèles baisent la croix, le choeur chante : « Devant ta croix nous nous prosternons, ô Maître, et nous louons ta sainte résurrection». L'Eglise se préoccupe de ne jamais dissocier la Croix du Sépulcre, la Crucifixion de la Résurrection, la mort de la vie. La douleur du Vendredi-Saint aboutit à la joie de Pâques. Un autre chant rapproche l'élévation du Christ sur la croix et le rayonnement de la lumière divine : « La lumière de ta face, Seigneur, est déployée sur nous». Il y a là, envers la Passion, une attitude profondément grecque et byzantine. Enfin un autre chant associe Marie à la croix. Car Marie est le « paradis mystérieux » dans lequel s'est opérée la croissance du Christ, et le Christ lui-même « a planté sur terre l'arbre vivifiant de la croix».

Le dimanche qui suit le 14 septembre comporte, comme celui qui le précède, une épître et un évangile se rapportant à la croix. L'épître (Galates 2: 16-20) a été choisie à cause de cette phrase de Paul: « Je suis crucifié avec le Christ et pourtant je vis...». Dans l'évangile (Marc 8. 34 - 9. 1), nous entendons l'avertissement donné par Notre Seigneur : "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi et de l'Evangile la sauvera». Ici se trouve la conclusion pratique de la fête. Ce n' est pas seulement à quelques disciples choisis que Jésus adresse ces paroles, mais à nous tous : «Appelant la foule, en même temps que ses disciples, il leur dit...».
Notre Seigneur établit une graduation instinctive, si nous savons la méditer, entre ces trois actes : renoncer à soi-même, prendre sa croix, suivre le Christ. Chacun doit prendre "sa croix"; non point une croix qu'il aurait arbitrairement choisie, mais la croix - c'est-à-dire la part de souffrance et d' épreuve - que Dieu lui a assignée d'une manière spéciale et qui est l'un des aspects de la Croix de Jésus lui-même. Dans la fête de l'Exaltation de la Croix, exaltons et intronisons dans notre coeur la croix de Jésus, en appliquant à la Passion de Notre Seigneur et même à nos pauvres efforts (qui sont notre participation à la Passion) cette parole par laquelle le mystère de la Croix reçoit son interprétation la plus haute et la plus complète : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie...»

Texte tirés du livre "L'an de grâce du Seigneur" du Père Lev Gillet
("Un moine de l'Eglise d'Orient") aux éditions du Cerf

Jean-Serge
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Message par Jean-Serge » ven. 03 juin 2005 17:47

Merci pour les textes mais ils ne répondent pas vraiment à la question "à qui est offert le sang" ou pour qui comme je le suggérais (hypothèse). Le Moine de l'Eglise d'Orient en dit-il plus à ce sujet?
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

hilaire
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Message par hilaire » mar. 07 juin 2005 11:57

excusez moi mais je pensais que les passages en gras du Père Lev Gillet répondaient à la question.

dans les vigiles de la fête de l'exaltation de la croix j'ai trouvé un passage qui m'a semblé illustrant..

O CROIX VÉNÉRABLE,
TOI QU’ENTOURENT LE CHOEUR DES ANGES DANS LA JOIE,
EXALTÉE EN CE JOUR TU RELÈVES,
TOUS CEUX QUE LE FRUIT DÉFENDU
CHASSA DU PARADIS ET PRÉCIPITA DANS LA MORT.

AUSSI T’EMBRASSANT, NOUS CHANTONS
EXALTONS LE CHRIST COMPATISSANT
ET PROSTERNONS-NOUS DEVANT L’ESCABEAU DE SES PIEDS
LA CROIX EXALTÉE INVITE TOUTE LA CRÉATION,
A CHANTER LA PASSION DE CELUI QUI Y FUT ÉLEVÉ,
SUR ELLE LE CHRIST MÎT À MORT NOTRE MEURTRIER,
RESSUSCITA LES MORTS ET LEUR RENDIT
LA BEAUTÉ ORIGINELLE
DANS SON AMOUR ET SA MISÉRICORDE.

AUSSI DANS L’ALLÉGRESSE CHANTONS LE NOM DU SEIGNEUR
ET MAGNIFIONS SA GRANDE MISÉRICORDE

VENEZ, TOUS LES PEUPLES,
PROSTERNONS-NOUS DEVANT L’ARBRE BÉNI
PAR QUI VIENT LA PAIX ÉTERNELLE.
CAR CELUI QUI SOUS L’ARBRE DÉFENDU
SÉDUISIT AUTREFOIS NOTRE PREMIER PÈRE
S’EST LAISSÉ PRENDRE AU PIÈGE DE LA CROIX
ET EST PRÉCIPITÉ DANS L’ABIME
CELUI QUI IMPOSA SA TYRANNIE AU ROI DE LA CRÉATION.
LE CHRIST EFFACE PAR SON SANG LE VENIN DU SERPENT.

LA MALÉDICTION EST ABOLIE PAR LE JUSTE.
LE MAL CAUSÉ AUTREFOIS PAR UN ARBRE,
TROUVE SA GUÉRISON EN L’ARBRE DE LA CROIX,
ET LA PASSION DU SEIGNEUR DÉLIVRE DES PASSIONS
CELUI QUI FUT RÉPROUVÉ SOUS L’ARBRE DÉFENDU.

GLOIRE À TON OEUVRE DE MISÉRICORDE.
PAR ELLE, CHRIST DIEU, TU AS SAUVÉ L’UNIVERS
DANS TA BONTÉ ET TON AMOUR POUR LES HOMMES

j'ai souligné ce qui me semblait également répondre à la question pour qui est versé le sang de la Passion

globalement il m'a semblé que j'essayais de répondre à la question, pourquoi et pour qui le sang de Notre Seigneur a été versé.

merci de votre patience à me lire.

Glicherie
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Message par Glicherie » ven. 23 sept. 2005 17:24

je fais remonter ce fil en rapport avec le dernier ouvert sur le Sacrifice du Christ

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