Consécration épiscopale de Mgr Marc à la métropole roumaine

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eliazar
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Consécration épiscopale de Mgr Marc

Message par eliazar » lun. 23 mai 2005 19:45

Merci, Glicherie
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cathaga
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Message par cathaga » lun. 23 mai 2005 22:04

Pour revenir au point de départ de ce fil : que peut-on attendre d'un évêque français ? Peut-être faut-il rester attentif et voir ce qui va se passer.

Voici un extrait de l’interview de Mgr Marc dans le Feuillet Saint Jean Cassien :

« Ce samedi-là était aussi le samedi à la veille du dimanche de saintThomas, saint Thomas l’incroyant, celuiqui a douté. On peut dire aussi que c’était le moment quand, ceux qui doutaient dans le passé de la possibilité d’avoir un évêque orthodoxe français, découvrent qu’ils se sont trompés et qu’il est tout à fait naturel et possible d’avoir un évêque orthodoxe français en France.
Mgr Marc : Oui, on peut dire que le nombre des personnes qui étaient présentes et que j’ai saluées à la fin de la liturgie ont eu l’occasion de me toucher pour se rendre compte que je n’étais pas un fantôme !
Encore une fois, je crois que ce qui est remarquable c’est la générosité de vue du Saint-Synode de
l’Eglise de Roumanie, c’est également son tact et sa grande délicatesse à l’égard des communautés qui
vivent en Occident. C’est vraiment très délicat d’avoir choisi un évêque issu du peuple qui abrite et qui
reçois ces communautés roumaines. Mais le fait que mon métropolite ou que Monseigneur Silouane
soient des Roumains ne me dérange pas, bien au contraire, je suis très heureux, nous sommes, nous les
Françaises, tous très heureux de cela, car nous avons besoin d’une transmission vivante des hiérarques
4ui viennent des pays traditionnellement orthodoxes.
Il y a une foi vivante qui se transmet, je vous ai parlé tout à l’heure de la possibilité du jumelage
des communautés, bien entendu ce qui compte c’est ce contact avec la foi vivante. Je ne dis pas que
notre foi ne le soit pas, mais nous ne pouvons pas vivre chacun chez soi, et nous avons à nous enrichir
mutuellement. »
C’est curieux, il semble que jusqu’à récemment, les français étaient plus nombreux à fréquenter les paroisses d’origine russe parce que les gens y sont somme toute devenus français pour la plupart. Depuis une dizaine d’années maintenant, des russes sont arrivés nombreux de là-bas.
De leur côté, les grecs, qu’ils soient ou non nés en France, se sentent avant tout grecs, c’est du moins ce qu’ils disent eux-mêmes.
Enfin les roumains, qui ont commencé à arriver au début des années 90, se montrent pleins d’humilité : ils s’intègrent peu ou prou en France et surtout, ils nous laissent nous intégrer dans « leur » église. C’est étonnant. Ça change !
Moi aussi j’ai déjà fait cette expérience, qu’évoque Samuel, de voir le prêtre roumain changer de langue en voyant arriver quelques français. C’est une délicatesse assez agréable.( J’ai vu ça chez les grecs aussi : à Nice, l’orthros est célébré en français pour la bonne raison que la plupart des fidèles présents sont français ; les grecs arrivent plus tard, pour la liturgie, qui est alors célébrée en grec. En revanche, chez les russes, ce n’est généralement pas le cas. Comme je l’ai entendu dire par un psalomtchik : « les gens n’ont pas besoin de comprendre. Ils n’ont qu’à se représenter les souffrances du Christ sur la croix ». C’est sans doute pour cela qu’il marmonnait les psaumes à toute vitesse en slavon !)

Catherine

Monique
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Message par Monique » mar. 24 mai 2005 9:44

Catherine a écrit :
En revanche, chez les russes, ce n’est généralement pas le cas. Comme je l’ai entendu dire par un psalomtchik : «les gens n’ont pas besoin de comprendre. Ils n’ont qu’à se représenter les souffrances du Christ sur la croix ». C’est sans doute pour cela qu’il marmonnait les psaumes à toute vitesse en slavon !)
Pour la Semaine Sainte et Pâque je suis allée dans la paroisse russe de Belfort ; quand je me suis présentée au prêtre, il s’est assuré que je comprenais bien le français ; les offices sont en français et en slavon et les lectures sont souvent lus dans les deux langues.
J’ai beaucoup aimé leur accueil.

Jean-Serge
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C'est les russes c'est rarement le cas!!!

Message par Jean-Serge » mar. 24 mai 2005 9:58

Je me souviens que du temsp où j'allais aux vêpres à Saint Serge, certaines ecténies étaient en français. De même pour la Saint Wladimir et la Sainte Olga, les lectures furent bilingues. En réponse au "chez les Russes c'est rarement le cas".

Une fois je suis allé aux Vêpres à Saint Constantin et Hélène pour la consécration (l'évêque Emmanuel étant présent), tout fut en grec même le discours de l'Evêque qu'il a heureusement reformulé en français... Pour ceux qui ne comprennent pas grec...

On en a déjà discuté sur le forum, mais l'église roumaine a hérité des Français de l'ECOF, de là une plus grande facilité peut-être, sans compter qu'il me semble que les Roumains apprennent très vite le français
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

samuel
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Message par samuel » mar. 24 mai 2005 11:51

Oui les roumains ont ces facilités, mais c'est aussi une volonté de leur part que de respecter les français en utilisant la langue du pays. En témoigne la récente chirotonie de Monseigneur Marc.

Jean-Serge
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On mélange tout

Message par Jean-Serge » mar. 24 mai 2005 12:44

samuel a écrit :Oui les roumains ont ces facilités, mais c'est aussi une volonté de leur part que de respecter les français en utilisant la langue du pays. En témoigne la récente chirotonie de Monseigneur Marc.
Il me semble qu'on mélange tout dans ce fil et qu'on en se comprend pas. User de la langue locale est une marque d'attention. Mais chirotoniser quiconque fait suite à la prise de conscience que cette personne est à la hauteur... Telle doit être la condition essentielle. Parce que si on chirotonise pour faire plaisir aux indigènes et qu'on n'en demande pas plus ça va nous faire des nouveaux Germains à gogo...
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

samuel
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Message par samuel » mar. 24 mai 2005 12:53

Je ne crois pas que nous puissions comparer l'ex-évêque Germain qui est déposé et Monseigneur Marc.
Ce dernier est un moine ayant une véritable expérience ascétique.
D'autres que lui, roumains, possèdent aussi les qualités requises pour faire avec la grâce de Dieu un évêque, mais c'est lui français qui a été ordonné. Et cela n'est pas par hasard ni seulement pour faire plaisir. Quel drôle de façon de voir!

Jean-Serge
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rediffusion

Message par Jean-Serge » mar. 24 mai 2005 13:00

Je me répète (c'était mon premier message) :

[quote="Jean-Serge"]
Pour ce qui est de l’importance d’avoir un évêque français, je suis un peu plus réservé. En effet, je ne dirais pas : l’orthodoxie en France compte un évêque français mais plutôt l’orthodoxie en Europe occidentale compte un évêque français. Car objectivement, même si nos évêques sont localisés à Paris, les diocèses sont des diocèses d’Europe occidentale (avec des découpages très variables selon les juridictions), chose qui à mon avis s’oublie trop souvent car on parle toujours d’orthodoxie en France et encore en France alors qu’il faudrait à mon avis voir un peu plus large. En ce sens la proposition du Patriarcat de Moscou me semblait assez positive car elle prenait en compte l’Europe occidentale en tant que tout (mais je ne me prononce pas sur cette affaire russe).

Quant au fait que l’évêque d’un diocèse d’Europe occidentale soit « occidental », je constate que cela n’est pas une nouveauté : un message du lecteur Claude nous indiquait que dans les années 30, l’Eglise russe Hors Frontière (ERHF) comptait déjà un évêque allemand, elle en compte toujours un (au moins), l’Evêque Mark (pour l’Allemagne et les Iles Britanniques) et n°2 de l’ERHF. Quand à l’Exarchat russe il a comme évêque un Belge… (un occidental donc). N’oublions pas le diocèse de Souroge (je crois que c’est son nom) qui a été dirigé par les évêques Antoine et actuellement Basile. N’hésitez pas à me corriger : je ne suis guère au fait de l’actualité Outre-Manche. Et n’oublions pas l’Evêque Kallistos de Dioklea (Ware dans le civil)… qui est anglais… Quel impact cela a-t-il eu sur l’Orthodoxie dans les Iles britanniques ? Quelqu’un pourrait-il nous le dire ? Ce que je pense c’est qu’au premier abord, c’est que c’est un signe d’enracinement assez positif. Par ailleurs, je suis aussi heureux de constater que l’Evêque Marc est un « vrai moine ». Un simple regret : comme l’a signalé Jean-Louis Palierne sur le forum, le caractère anti-canonique de cette fonction d’évêque vicaire (pourquoi pas en faire un chorévêque ce qui est prévu dans les canons, en lui attribuant une zone géographique ?)

Mais ce qui compte, ce n’est pas au fond la nationalité de l’Evêque, c’est qu’il soit bon. Cela ne sert à rien de nommer un évêque autochtone s’il ne fait pas l’affaire, simplement pour faire couleur locale, cela chacun en conviendra. [quote]

Je n'ai pas mis en doute les qualités ascétiques de l'Evêque Marc... Je mets en garde contre une focalisation trop grande sur la nationalité de l'évêque, focalisation qui peut avoir des inconvénients...
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eliazar
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Consécration épiscopale de Mgr Marc

Message par eliazar » jeu. 26 mai 2005 13:41

Sôson himas, Hyié Théou !

J'avais écrit une longue râlerie, le 20 mai, qui ne m'a pas fait que des amis... et j'ai reçu ma volée de bois vert habituelle, par courrier cette fois, de la part d'un excellent ami, Russe et Orthodoxe oh! combien !

Il m'écrit entre autres pointes de cactus :

... "... c'est pourquoi vous pourrez toujours vous berner en croyant que les Russes, les Serbes, les Roumains, etc. vont vous laisser prendre des bâtiments que nos parents et grand-parents ont payés avec leurs maigres salaires de chauffeurs de taxi, de portiers de restaurants ou d'ajusteurs chez Renault..."

Et il ajoute (in cauda venenum) :

"Faites comme eux! Bossez et parlez moins !"

Lui ayant répondu par retour du courrier, je tiens à apporter ici même quelques précisions nécessaires. Car il est bien possible que mes propos à l'emporte pièce aient choqué d'autres participants de ce Forum (qu'ils daignent me le pardonner, dans ce cas).

J'ai été élevé en grande partie au milieu de la colonie "Russes Blancs" niçoise, et j'ai des souvenirs émus de la générosité sans limites de ces émigrés pour l'enfant pauvre que j'étais, moi aussi. Ils n'étaient pas tous propriétaires de belles villas bienheureusement achetées par leurs familles avant la Révolution - et ils dormaient parfois au-dessus du garage d'une de ces villas de compatriotes plus fortunés qu'eux, à même le plancher sur de vieux matelas de récupération. Jusqu'au jour où les propriétaires, faute de pouvoir entretenir le toit et payer les taxes, étaient obligés à leur tour de la revendre à des Anglais, des Allemands ou des Américains fraîchement arrivés sur la Côte.

Mon coeur n'oubliera jamais ce que je leur dois : et d'abord la re-découverte de notre orthodoxie méridionale oubliée depuis plus d'un millénaire. Jamais je n'ai pensé que nous, les néos orthodoxes du cru, avions le moindre droit de leur "prendre" leurs églises. D'ailleurs, je suis un fana de la séparation de l'Église et de l'État. Système dans lequel, comme chacun sait, c'est l'État qui paie les réparations des églises qu'il a saisies en 1905, et les fidèles qui en paient les restaurations ou embellissements intérieurs.

Au besoin, nous pourrions participer nous aussi aux frais ; j'ai été profondément blessé un jour déjà lointain que, à la suite d'un appel de l'évêque d'alors, je m'étais avancé pour déposer une autorisation de prélèvement mensuel sur mon CCP entre les mains de la charmante dame qui gérait les finances de l'association paroissiale de la belle église que je fréquentais alors, et qu'elle m'a refusé le droit de me joindre à cette association "parce que je n'étais pas de famille russe".

J'avais de même demandé à pouvoir reposer, après ma mort, dans le seul cimetière orthodoxe de ma ville - et cela aussi m'a été refusé pour la même raison. Or je ne demandais pas d'emplacement somptuaire, mais seulement le droit d'être mis à la fosse commune parmi mes frères et soeurs orthodoxes - dont beaucoup sont des amis d'enfance.

Ceci dit pour mémoire, si leurs descendants tiennent à garder la pleine propriété d'églises effectivement payées par de dures ponctions sur les maigres revenus de cette bande de miséreux grandioses dont le souvenir m'est cher - qu'est-ce qui peut bien empêcher d'y appliquer la règle orthodoxe universelle : de la célébration liturgique dans la langue du pays ?!

Après le martyre de saint Pothin de Lyon, son successeur saint Irénée , qui arrivait tout droit d'Anatolie et célébrait en grec, a fait apprendre le gaulois à ses prêtres parce qu'il avait remarqué que de nombreux Gaulois (païens) aimaient venir assister à ses liturgies - quand ils descendaient de leurs sauvages provinces dans la cité de Lugdunum pour les fêtes druidiques du dieu Lug (équivalent celtique d'Apollon). Et puisqu'ils étaient si curieux de cette "nouvelle religion", Irénée avait décidé qu'on célébrerait en langue locale quand il y en aurait dans l'église. C'était plus de mille ans avant la condamnation du phylétisme des Bulgares, à Byzance.

Avant d'être propriétaires d'une église, ne doit-on pas être orthodoxes ? et appliquer avec amour les règles qui ont justement permis de refouler cette incroyable "xénophobie" qu'est l'ethnophylétisme? Les chrétiens de vieille souche orthodoxe, chassés de leurs pays par l'Histoire et réfugiés en Occident, devraient se souvenir plus souvent que leur exil joue une part essentielle dans le plan de Dieu pour répandre l'orthodoxie dans le monde entier. Et une liturgie dont on puisse se pénétrer jour après jour, qu'on puisse comprendre a plus profond de son coeur, c'est la seule catéchèse vraiment vivante de l'Église.

J'ai grande envie de dire que tout le reste est du patriotisme mal entendu. Et je suis dans ce sens un anti-patriote convaincu : la patrie d'un chrétien est d'abord l'Église. Pour le reste, nous sommes tous les descendants spirituels d'un Araméen errant à qui Dieu ordonna de quitter sa maison, et son pays... Jamais ne n'exigerais, si j'étais exilé en Argentine ou en Patagonie (et rien ne garantit que nous ne le serons pas un jour, nous aussi !), qu'une église jadis payée par des Niçois (s'il s'en trouvait une) ne célébrât qu'en nissart : j'apprendrais d'abord l'espagnol (sans lequel, du reste, je n'aurais aucune chance de trouver du boulot) - et je proposerais qu'une fois par mois, la liturgie soit en nissart, pour se réchauffer le coeur entre nostalgiques du pays - tant qu'il en resterait quelques-uns capables de comprendre notre langue d'origine.
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Jean-Serge
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Re: Consécration épiscopale de Mgr Marc

Message par Jean-Serge » jeu. 26 mai 2005 21:13

eliazar a écrit :Sôson himas, Hyié Théou !

J'avais écrit une longue râlerie, le 20 mai, qui ne m'a pas fait que des amis... et j'ai reçu ma volée de bois vert habituelle, par courrier cette fois, de la part d'un excellent ami, Russe et Orthodoxe oh! combien !

Il m'écrit entre autres pointes de cactus :

... "... c'est pourquoi vous pourrez toujours vous berner en croyant que les Russes, les Serbes, les Roumains, etc. vont vous laisser prendre des bâtiments que nos parents et grand-parents ont payés avec leurs maigres salaires de chauffeurs de taxi, de portiers de restaurants ou d'ajusteurs chez Renault..."

Et il ajoute (in cauda venenum) :

"Faites comme eux! Bossez et parlez moins !"
C'est drôle mais j'allais faire la même remarque que ce Russe orthodoxe... Cela dit un hiéromoine français m'avait parlé de la générosité des fidèles en remarquant que les orthodoxes "ethniques" donnaient généreusement (alors que souvent ils sont moins fortunés) alors que les Français étaient de vrais radins... Autre remarque, un orthodoxe ethnique, on peut lui faire la remarque qu'il se tient mal à l'Eglise et qu'il faut corriger sa posture (ou autre). Essayez de faire ça avec une Français et voyez comment il vous répond...
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sabrinat60
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Message par sabrinat60 » jeu. 26 mai 2005 21:48

Je suis vraiment indignée face à ces propos que je trouve tout simplement racistes. Alors maintenant on fait des statistiques dans les eglises? on regarde combien donne plus et combien donne moins? On juge la pauvreté d'un homme face à son apparence ou quoi? Desolee, mais moi on m'a deja repris sur ma posture et j'ai accepté l' aide que m'offrait un vieil homme russe pour me corriger et je trouve le fait de dire les français sont des radins un peu trop comment dire? "Ne pas juger les autres" ça ne vous rappelle pas grand chose? Alors si maintenant on juge sur l'argent que l'on donne c'est grave. Chacun donne ce qu'il a et ce qu'il peut et ce qu'il veut, et on doit remercier pour cela et non pas dire "il a donné moins que l'autre qui est pauvre". Qu'est ce que vous en savez vous si des personnes ont les moyens ou pas? cela se peut qu'une personne donne peu à l'eglise car elle donne plus dans la rue aux mendiants, alors que vos bons petits hommes russes ne donnent qu'a leurs confrères, moi aussi vous voyez je peux juger, je peux très bien dire que les russes, serbes etc... ne donnent qu'a leurs freres russes ou orthodoxes et que lorsqu'il voit un arabe dehors ils ne lui donnent rien. Votre raisonnement est absurde et très outrageant. Ce ne sont pas des reproches de la part d'un patriote français que je fais, mais c'est tellement stupide. Peut etre oui que ce sont des pauvres qui ont travaillé durs pour ces bâtiments et qu'ils leur appartiennent, mais vous oubliez une chose, c'est que tout appartient à Dieu, l'argent que nous avons c'est l'argent de Dieu que nous devons distribuer comme lui le voudrait, le logement que nous avons pareil, cela doit servir à Dieu. Oui nous devons travailler également mais tous ensemble, et partager. Franchement je ne sais pas ce qui se passe, mais je suis très déçue par les pensées de certains sur ce forum, je sais c'est juger ce que je fais mais dire de telles choses, c'est vraiment ecoeurant surtout pour moi qui suis novice. Comme certains disent oui je cuis au premier bouillon, vous avez plus d'experience que moi etc...et felicitez vous de votre sagesse.

Jean-Serge
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AÏE!!!

Message par Jean-Serge » jeu. 26 mai 2005 22:12

C'est bon, je me suis pris ma volée de bois vert... Aïe!!!! Je crois que vous m'avez mal compris : c'est un constat que le dit hiéromoine a fait et qu'il a partagé avec moi... Constat absolument pas raciste étant lui-même français... et réalisé sans la moindre animosité et sans l'esprit de jugement et que je rapportais dans le même esprit. Je ne suis pas non plus raciste... et me définit comme un électron libre... donc sans attachement exagéré à un groupe surtout ethnique...

J'insistais sur le fait que pour avoir de nouvelles églises payées de notre poche, il faudrait être disposé à faire des sacrifices assez importants vu le coût des choses... Et surtout je ne me montrais pas en exemple comme étant un généreux donateur... et moi aussi je suis radin... hélas... Priez pour moi... Notez que le sujet a été abordé brièvement sur ce forum avec le même constat que mon hiéromoine :
Jean-Louis Palierne a écrit :Jean-Serge pose la question des finances des paroisses.

Il me semble que l’un des problèmes auxquels se heurtent les églises orthodoxes en France est que les Français donnent très peu d’argent à leurs églises, et que les immigrés orthodoxes de souche, qui à l’origine étaient plus généreux dans leur pays, prennent vite les habitudes françaises. Il ne s’agit pas seulement des sommes destinées à l’acquisition et à la décoration d’un lieu de culte, mais aussi de l’entretien du clergé.

J’ai l’impression que la plupart des prêtres de paroisses sont très peu rémunérés et doivent mener de pair une activité professionnelle souvent exigeante, une vie de famille, qui est la même pour tous, et un ministère paroissial qui représente beaucoup de travail, presque à titre bénévole.
viewtopic.php?t=695&postdays=0&postorde ... &start=105

Je vous félicite pour la correction de votre tenue suite à un conseil de la vieille dame russe. Nous autres, Orthodoxes récents (dont je fais partie) avons immensément à apprendre des orthodoxes de souche sur bien des aspects... Mais pour apprendre il faut sortir de la logique : je n'en fais qu'à ma tête, logique un rien française...

Je m'excuse auprès de ceux qui auraient pu être choqués...
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Claude le Liseur
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cactus dans le vide

Message par Claude le Liseur » jeu. 26 mai 2005 22:19

eliazar a écrit :
J'avais écrit une longue râlerie, le 20 mai, qui ne m'a pas fait que des amis... et j'ai reçu ma volée de bois vert habituelle, par courrier cette fois, de la part d'un excellent ami, Russe et Orthodoxe oh! combien !

Il m'écrit entre autres pointes de cactus :

... "... c'est pourquoi vous pourrez toujours vous berner en croyant que les Russes, les Serbes, les Roumains, etc. vont vous laisser prendre des bâtiments que nos parents et grand-parents ont payés avec leurs maigres salaires de chauffeurs de taxi, de portiers de restaurants ou d'ajusteurs chez Renault..."

Et il ajoute (in cauda venenum) :

"Faites comme eux! Bossez et parlez moins !"



1. Les cathédrales russes de la rue Daru (1861), de Genève (1866), ou de Nice (1912), les églises de Pau, de Vevey, etc., payées avec des "maigres salaires de chauffeurs de taxi, de portiers de restaurants ou d'ajusteurs chez Renault"? Première nouvelle.

2. Puisque ton correspondant fait allusion à la situation des Serbes et des Roumains, je lui ferai respectueusement remarquer que l'église roumaine la plus fameuse en Europe occidentale, celle de la rue Jean-de-Beauvais, est une église gothique du XIVème siècle achetée par l'Etat roumain à l'Etat français qui l'avait enlevée au culte catholique romain en 1880.
Là encore, l'émigration a peu bâti - et il n'en va pas de même aux Etats-Unis, alors que la situation financière des émigrés n'y était guère plus brillante. C'est une situation qui est propre à l'Europe occidentale.
Je ne crois pas que ce soit une conséquence d'une imprégnation due à la prétendue avarice des Français. Cela pourrait plutôt être l'imprégnation d'un climat général de stagnation et d'apathie qui est celui de l'Europe, par rapport à la mentalité beaucoup plus dynamique des Etats-Unis (pays pour lequel j'ai peu de sympathies, mais où il faut reconnaître que les gens sont habitués à se prendre en main sans tout attendre de l'Etat, surtout sur le plan religieux).
Ajoutons aussi que ceux qui ont émigré en Amérique du Nord n'ont jamais eu d'espoir de retour dans leur pays d'origine et que ceci a sans doute été une puissante incitation à s'enraciner dans le pays d'accueil en y bâtissant des églises.
Je ne m'étendrais pas sur les raisons pour lesquelles j'ai l'impression que ton interlocuteur est mal placé pour mettre en garde les Roumains contre d'hypothétiques confiscations d'églises, eux qui en ont subi de bien réelles. A moins qu'il ne veuille à son tour qu'on lui donne un petit cours d'histoire?

3. Tu peux de ma part recommander à ton interlocuteur de faire un peu de tourisme dans des lieux comme Lectoure (Gers) ou Saint-Laurent-en-Royans; ça lui donnerait l'occasion de voir des églises bâties par les orthodoxes francophones et le dispenserait de nous prodiguer un conseil qui a déjà été suivi.

eliazar
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Consécration épiscopale de Mgr Marc

Message par eliazar » ven. 27 mai 2005 11:55

Claude a écrit :


" Tu peux de ma part recommander à ton interlocuteur de faire un peu de tourisme dans des lieux comme Lectoure (Gers) ou Saint-Laurent-en-Royans; ça lui donnerait l'occasion de voir des églises bâties par les orthodoxes francophones et le dispenserait de nous prodiguer un conseil qui a déjà été suivi."

A ce sujet, l'église de Lectoure (dont j'ai été paroissien deux ans) relève du même cas de figure que St Jean de Beauvais, à Paris, que je connais bien aussi.

Elle n'a été sauvée de la destruction (ou de la profanation, comme l'ancien Carmel de Beaune en Côte d'Or dont une municipalité pourtant très RPF-UDF et la suite avait fait un garage !) que par des rachats successifs par des particuliers. Ensuite, c'est un archimandrite (français) de l'Église Orthodoxe Serbe qui l'a rachetée et en a fait une église orthodoxe. Le comble est que cette église très ancienne était l'ancien lieu de culte élevé sur le lieu où avait vécu le grand saint (martyr) de Lectoure - et que l'évêque catholique de ce diocèse a fulminé dans divers journaux régionaux contre cet archimandrite, alors qu'il n'avait jamais essayé de sauver cette église ancienne, et assez belle en effet.

En parlant de l'église cathédrale russe de Nice, qui a en effet été payée en grande partie par la famille impériale (dont le tzarévitch était mort sur cet emplacement, et où un beau cénotaphe lui est encore consacré), tu cites la date de 1912. Mais la toute première église orthodoxe de Nice avait été construite avant 1860 (date de la cession du Comté de Nice à Napoléon III), et donc sous le règne des rois de Piémont-Sardaigne de la famille de Savoie. Elle est elle aussi bien antérieure à la vague d'immigration des Russes Blancs, et date du temps où la colonie russe de Nice (et de toute la côte italienne qui continue l'actuelle Côte d'Azur) se composait de Russes richissimes qui venaient y festoyer luxueusement pendant les mois d'hiver. La construction de cette église Ste Alexandra (assez belle, et curieuse : il faut monter un escalier intérieur pour accéder au sanctuaire proprement dit) n'était somme toute qu'une bien petite partie qui ont été englouties en fêtes sardanapalesques (et dans les Casinos de la Côte) par ces grandes familles.

Dont acte.

Mais il existe à Paris, et dans certaines villes de province, des églises orthodoxes russes qui justifient la remarque exagérée de mon ami : elles ont bien été bâties par des pauvres, émigrés, souvent ruinés et sans autres ressources qu'un travail de qualité inférieure, et donc très mal payé - travail auquel la plupart n'avait jamais été obligée en Russie.

Puis-je ajouter, au sujet de la radinerie des Français d'aujourd'hui, qu'elle est hélas très réelle : on donne généralement moins à la quête du dimanche que pour aller au cinéma la veille, ou pour l'apéritif entre copains le lendemain ? Mais que, par exemple, lorsqu'à Nice un petit groupe de néo orthodoxes français a proposé à son Évêque d'acquérir un local et de l'orner pour en faire une petite église, mais où la liturgie serait célébrée en français, la levée immédiate de bouclier de toute la paroisse grecque (et surtout du comité paroissial) a fait capoter le projet : ils devaient impérativement rester dans la paroisse actuelle, dont ils composaient à l'époque un bon tiers des participants réguliers. Il a même été parlé à cette occasion de notre "ethnophylétisme" francophone (!) et de la volonté de "dresser autel contre autel"...

Certains de ces "ethnophylétistes" d'un nouveau genre ont encore leur appartement encombré par les icônes et les livres liturgiques, voire les meubles qu'ils avaient achetés ou fait fabriquer par un menuisier à cette intention - laquelle avait bien été encouragée (lorsqu'il ne croyait sans doute pas qu'ils le feraient vraiment) par le même Évêque qui s'y opposa ensuite, lorsqu'elle était prête à aboutir.

Tout n'est pas noir et blanc dans les difficultés de l'orthodoxie en France.
Il y a même pas mal de nuances et de clair-obscur. Et quelques fois ... ce n'est pas triste non plus !!!
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Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » sam. 28 mai 2005 21:44

Je crois qu’il faut accueillir cette ordination épiscopale comme il se doit et présenter nos vœux de longue vie à mgr Marc. Il faut l’accueillir avec un préjugé favorable, car personne n’a eu auparavant de réserve à faire sur sa personne, tout au contraire, et nous ne devons pas oublier que le charisme épiscopal est un don du Saint Esprit, et même la forme suprême de ses dons. Cela dit nous avons tant de fois été déçus par nos hiérarques que nous ne pouvons qu’adopter une bienveillante expectative.

Le fait que la Roumanie consacre un Français pour la France ne peut pas nous être indifférent, car nous savons quelles difficultés doivent surmonter les indigènes que nous sommes pour faire réellement partie d’une des nombreuses filiales locales dont nous gratifient les Églises ethniques. Il ne fait pas de doute que ces “Églises-Mères” se préoccupent avant tout de l’encadrement de ce qu’elles appellent leurs “diasporas” ainsi que de leur représentation diplomatique en Europe. La question du langage ne peut pas être sous-estimée dans le “parcours du combattant” qui est imposé aux indigènes de l’Occident. Nous devons montrer que la langue française est parfaitement capable d'exprimer la vérité et la beauté de l'Orthodoxie. Il faut absolument que nous ayons des liturgies dans notre langue, et d’ailleurs cela devient rapidement nécessaire pour les membres eux-mêmes des diasporas, qui s’imprègnent très rapidement de notre langue, et encore plus pour leurs enfants, et aussi pour se rencontrer entre différentes ethnies orthodoxes qui s’ignorent.

Les enfants de la communauté grecque n’entendent leurs prêtres leur parler français (seule langue qu’ils comprenennent) que lorsqu’ils vont en Grèce au “camp d’été”. Résultat : les enfant des diasporas (de toutes les diasporas) cessent rapidement de fréquenter l’Église. On en retrouve parfois quelques-uns beaucoup plus tard, lorsqu’ils deviennent des adultes âgés. Et d’ailleurs ces Grecs ne comprennent pas le grec ancien, et ces slaves ne comprennent pas le slavon et découvrent parfois la beauté de leur Église et de sa liturgie dans des traductions françaises, ou par l’intermédiaire des indigènes convertis.

Cela dit je crois que le problème de Nice est un cas extrême de renfermement religieux et d’gnorance de la réalité locale? Sans doute parce que plusieurs communautés ethniques orthodoxes vivent et se sont fortement affirmées là depuis longtemps. Dans beaucoup d’autres endroits elles dépérissent d’elles-mêmes et se fondent dans le tissu local.

Mais il y a encore pire : les membres de ces “diasporas” orthodoxes perçoivent le monde occidental dans lequel ils viennent vivre qu’au premier degré, comme une société triomphante, sûre d’elle-même, vouée au catholicisme comme sa forme normale de vie ecclésiale. J’en connais d’éminents, vivant depuis cinquente ans en France, qui n’ont découvert stupéfaits que récemment (mais de source très autorisée et compétente) l’effondrement accéléré que vit actuellement l’Église catholique. Et la plupart ne l’ont pas encore découvert.

C’est probablement l’une des raisons (ce n’est pas la seule) qui expliquent que les Églises des pays de tradition orthodoxe n’aient pas encore perçu la profonde crise spirituelle que vivent les occidentaux. Elles en sont encore au débat avec les théologiens catholiques “ouverts”. Mais les façades somptueuses des Églises d’Occident, qui impressionnent encore les orthodoxes, ne sont plus que des décors de carton-pâte prêts à s’écrouler.

Sels des indigènes pourront édifier l’Église orthodoxe en Occident. Il nous faut donc espérer que ce nouvel évêque, nécessaire parce qu’il est indigène, se montrera digne de son épiscopat. Et il faut regretter qu’on l’ait fait “évêque auxiliaire” (ce qui n’est pas canonique) et qu’on ne lui ait donné qu’un siège local fictif et exotique.

Il est significatif que l’AEOF ait boudé cet événement. Ce n’est pas étonnant, car en vérité il y a bien là un blâme pour ces Églises qui ne se sont jamais réellement préoccupées de ce qui devrait l’un des premiers soucis d’un évêque orthodoxe en quelque lieu que ce soit (et peu importe sa nationalité) : former un clergé, en instruisant des lecteurs, puis des diacres et des prêtres, en observant leur progrès dans la vie spirituelle et dans la célébration des saints Mystères qu’ils doivent distribuer au peuple chrétien.

Seul jadis, et pendant trop peu de temps, l’évêque de l’ERHF saint Jean Maximovitch s’était préoccupé du problème (il n’est donc pas nécessaire d’être français pour celà). Mais depuis les Églises ethniques sont restées totalement indifférentes. Et je pense qu’elles le resteront. Saluons donc l’initiative de l’Église de Roumanie.
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr

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