Consécration épiscopale de Mgr Marc à la métropole roumaine

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cathaga
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Consécration épiscopale de Mgr Marc à la métropole roumaine

Message par cathaga » mer. 18 mai 2005 9:48

Mgr Marc (Alric) a été consacré évêque le 7 mai dernier. Il est français, ce qui constitue en soi un événement. Il paraît que les autres évêques ont eu divers empêchements et qu'ils n'ont pas participé à cet office. Je suis étonnée que personne n'en parle sur le Forum ! Pourtant, loin de tout esprit de philétisme, il me semble important que l'orthodoxie en France compte un évêque français, qui peut devenir pour nous un interlocuteur privilégié... Qu'en pensez-vous les uns et les autres ?
Catherine Agassant

Georges Papathanassios
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Message par Georges Papathanassios » mer. 18 mai 2005 12:32

Mgr Marc est en effet le seul évêque orthodoxe français d'origine. Il n'est pas le premier, l'Eglise Roumaine ayant avant lui consacrée Gilles Bertrand Hardy, l'ex-évêque Germain, pour l'Eveché Catholique Orthodoxe de France du Patriarcat de Roumanie. Il est aujourd'hui le seul dans son cas puisqu'en 93 fut déposé Mgr Germain, et dissoud ledit évêché français.

Mgr Marc est évêque vicaire du Métropolite Joseph avec Mgr Silouane. 8 évêques roumains étaient présents à sa chirotonie dont le Métropolite de Moldavie qui lui a décerné la titulature "Nemteamul", c'est à dire de Neamtz en Moldavie.

l'AEOF représentée a fait un communiqué saluant son arrivée en son sein.

Cela reste néanmoins un évement pour la Métropole Roumaine, et l'AEOF n'étant en rien un Synode, n'avait donc pas à co-consacrer cet évêque de l'Eglise Roumaine.

Est-ce important d'avoir des évêques français "d'origine" ? francophone, c'est évident, mais l'origine qu'importe ?

St Irénée n'était pas gaulois, n'appartenait pas à l'Eglise des Gaules non encore constitué, pourtant lorsqu'il présidait aux destinées de Lyon, il était bien l'évêque local.

Pour moi, ce qui serait un évenement, c'est qu'on attribue en France aux évêques orthodoxes des diocèses locaux véritables, et non avoir un évêque de Neamt en Moldavie ou de Korsoun, ...résidant à Paris ou Limours.

Convenons que nous sommes bien loin de l'établissement d'un Synode français. Mais pour autant, malgré l'anomalie canonique que constitue la juxtaposition de plusieurs diocèses et Métropoles ethniques en France, nous y avons bien "l'Eglise du Christ en France".

Ne boudons pas notre plaisir, il est aussi bien de voir des français, ou plus généralement des occidentaux, convertis à l'Orthodoxie, ayant vécu les difficultés de ce "parcours du combattant" dont parle Eleazar, accéder à l'épiscopat, Dieu voulant capables de mieux comprendre les besoins des locaux.

Jean-Serge
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Message par Jean-Serge » mer. 18 mai 2005 13:14

Il me semble que quand la chiritonie fut annoncée, on prévoyait la présence des autres évêques de l’AEOF. Mais c’est vrai qu’en regardant les photos, j’ai eu peine à les trouver (ils n’étaient pas là). En revanche, j’ai bien vu les prêtres des juridictions en question. Il n’y a donc pas eu boycott. Peut-être pas représentation au premier niveau dirions-nous. Mais vous aurez remarqué que lors du Premier dimanche de Carême (le Triomphe de l’Orthodoxie) tous les évêques n’étaient pas au rendez-vous de Saint Stéphane mais avaient aussi délégué des prêtres ou diacre… Cela me choque peu dans ce dernier cas, car je trouve que pour le Triomphe de l’Orthodoxie, la place de l’évêque est dans sa cathédrale où du reste on pourrait lire les anathèmes (mais c’est une autre question).

Pour ce qui est de l’importance d’avoir un évêque français, je suis un peu plus réservé. En effet, je ne dirais pas : l’orthodoxie en France compte un évêque français mais plutôt l’orthodoxie en Europe occidentale compte un évêque français. Car objectivement, même si nos évêques sont localisés à Paris, les diocèses sont des diocèses d’Europe occidentale (avec des découpages très variables selon les juridictions), chose qui à mon avis s’oublie trop souvent car on parle toujours d’orthodoxie en France et encore en France alors qu’il faudrait à mon avis voir un peu plus large. En ce sens la proposition du Patriarcat de Moscou me semblait assez positive car elle prenait en compte l’Europe occidentale en tant que tout (mais je ne me prononce pas sur cette affaire russe).

Je suis aussi un peu réservé quant à l’idée que le nouvel évêque puisse devenir pour « nous » un interlocuteur privilégié. Pour nous mais qui est ce nous ? Nous, francophones ? Je pense que notre interlocuteur privilégié est de toute façon l’évêque de notre propre juridiction.

Quant au fait que l’évêque d’un diocèse d’Europe occidentale soit « occidental », je constate que cela n’est pas une nouveauté : un message du lecteur Claude nous indiquait que dans les années 30, l’Eglise russe Hors Frontière (ERHF) comptait déjà un évêque allemand, elle en compte toujours un (au moins), l’Evêque Mark (pour l’Allemagne et les Iles Britanniques) et n°2 de l’ERHF. Quand à l’Exarchat russe il a comme évêque un Belge… (un occidental donc). N’oublions pas le diocèse de Souroge (je crois que c’est son nom) qui a été dirigé par les évêques Antoine et actuellement Basile. N’hésitez pas à me corriger : je ne suis guère au fait de l’actualité Outre-Manche. Et n’oublions pas l’Evêque Kallistos de Dioklea (Ware dans le civil)… qui est anglais… Quel impact cela a-t-il eu sur l’Orthodoxie dans les Iles britanniques ? Quelqu’un pourrait-il nous le dire ? Ce que je pense c’est qu’au premier abord, c’est que c’est un signe d’enracinement assez positif. Par ailleurs, je suis aussi heureux de constater que l’Evêque Marc est un « vrai moine ». Un simple regret : comme l’a signalé Jean-Louis Palierne sur le forum, le caractère anti-canonique de cette fonction d’évêque vicaire (pourquoi pas en faire un chorévêque ce qui est prévu dans les canons, en lui attribuant une zone géographique ?)

Mais ce qui compte, ce n’est pas au fond la nationalité de l’Evêque, c’est qu’il soit bon. Cela ne sert à rien de nommer un évêque autochtone s’il ne fait pas l’affaire, simplement pour faire couleur locale, cela chacun en conviendra.

Une question l’Evêque Silouane « couvre » l’Italie. Quel est donc le territoire du nouvel évêque ?
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

eliazar
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Consécration épiscopale

Message par eliazar » mer. 18 mai 2005 14:27

Je partage les remarques de Georges et de Jean-Serge.

Je préférerai toujours un évêque attentif à un évêque laxiste, un évêque spirituel à un évêque administrateur, et un évêque orthodoxe à un évêque "oecuméniste-au-nom-trompeur".

Qu'il soit Français, Africain ou Chinois (ou même Niçois !) m'importe peu. Dieu sait pourtant si je suis ridiculement attaché à ma Niçéité ... mais je ne serais pas Niçois et fier de l'être si les Grecs n'étaient pas venu fonder cette ville de NIKAIA en la dédiant ainsi à leur déesse Athèna !

Alors : "il n'y a plus ni Grec ni Juif, ni homme ni femme" !

Par contre je n'ai jamais eu, hélas, d'autres Évêques que des Évêques "en exil" : c'est à dire Évêques d'un troupeau lointain qu'ils n'avaient jamais visité, où ils n'avaient jamais prêché ni célébré ni baptisé personne - par exemple Trachia (où est-ce donc?) ou Nazianze (où aucun chrétien ne vit plus depuis belle lurette).

Mon problème serait plutôt que "mon" Évêque soit Évêque de "mon" diocèse, c'est à dire du lieu et du troupeau où il vit vraiment, où il célèbre vraiment, où il prêche vraiment, où il baptise, marie, enterre vraiment "ses" chrétiens.

J'ai un peu l'impression de continuer indéfiniment à vivre dans l'Église comme j'ai vécu sous l'Occupation - il y a 65 ans - lorsqu' il fallait admettre que Nice était toute entière sous la "surveillance" ( c'est la fonction de l'episcopos, non ? ) et le pouvoir réel d'officiers étrangers, qui ne connaissaient rien au pays (même s'ils faisaient souvent un louable effort pour parler français) et qui étaient perpétuellement en attente d'être envoyés ou rappelés ailleurs. C'est à dire qui expédiaient les affaires courantes et se préoccupaient forcément davantage de leurs concitoyens ou soldats que des civils locaux.

Tant que l'orthodoxie n'aura pas en France, terre jadis orthodoxe (et comment ! et avec tant et tant de très grands saints LOCAUX !), des évêques entièrement consacrés à leur tâche et mission d'évêques du pays de "leur" peuple, c'est à dire de leurs administrés, de leurs ouailles - il n'y aura pas vraiment d'Orthodoxie en France, et donc pas vraiment d'orthodoxes français - mais seulement des Français fraternellement tolérés (comme si c'étaient eux qui soient en exil dans leur propre pays) dans des paroisses qui font presque office de consulats d'un pays étranger et d'une Église d'ailleurs.

Au point que lorsque la guerre de l'OTAN a été déclenchée sans déclaration de guerre et sans l'accord du parlement français contre le peuple ami de Yougoslavie, ceux d'entre nous qui faisaient partie de l'Église Serbe ont amèrement constaté que l'évêque orthodoxe qui pourtant résidait à Nice et n'avait aucun autre troupeau réel à administrer, refusait à son clergé (russe et français) et donc aussi aux fidèles de sa Cathédrale (russes ou français) le droit de prier ouvertement pour les victimes serbes, nos frères orthodoxes victimes des bombardements.

Comment savoir ce qu'on est, dans des cas aussi surréalistes ? français ? serbe ? ou plutôt orthodoxe apatride, en cavale sur un territoire français où il lui faut se cacher au milieu d'une petite foule d'autres réfugiés, venus d'autres pays, et dont il ne parle même pas la langue ?!

Alors, chère Catherine (que je salue bien amicalement au passage), que veux-tu que cela me fasse que ce nouvel évêque soit Français de sang, et même de nationalité "documentaire" ? Si l'Évêque Marc est Évêque de Neamtz en Moldavie, je souhaite le plus grand bonheur spirituel aux habitants du diocèse de Neamtz, et j'espère que leur nouvel évêque parle assez parfaitement roumain, et aussi le dialecte local, avé l'accent, pour pouvoir au moins les confesser en connaissance de cause.

Parce que moi, j'ai le souvenir inénarrable de confessions où je pouvais toujours m'évertuer à ouvrir mon coeur à un prêtre que par ailleurs j'aimais beaucoup et qui était très respectable : il m' écoutait vaguement et terminait invariablement par "toi, bon chrétien, moi donne toi absolution".

Cela, c'est INSUPPORTABLE à la longue. Et ce n'est pas comme çà que l'orthodoxie grandira sérieusement en France.

Tandis que si mon Évêque est Zoulou, mais qu'il soit attaché fidèlement à son diocèse et qu'il parle la même langue que ses fidèles, je cesserai enfin d'avoir l'impression d'être un paria dans ma propre Église.

Vive les Évêques de l'AEOF, le jour où ils comprendront enfin cela !
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hilaire
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Message par hilaire » mer. 18 mai 2005 18:05

sur la maîtrise du roumain par Monseigneur Marc de Neamtz a priori pas de souci si l'on se réfère à ces quelques indications tirées du site de la Mitropolia:

Il est entré au monastère de Sihàstria en Moldavie, où il a été tonsuré moine le 6 septembre 1992.

Il a reçu, pour le diaconat (9 septembre 1992) et pour la prêtrise (20 août 1994), l'imposition des mains du métropolite Daniel, et il a terminé la Faculté de théologie orthodoxe de Iassy (1995).

En 1996, il est rentré en France, auprès de la paroisse Saint-Germain-et-saint-Cloud de Louveciennes, et depuis 1997 il a passé quelques années au monastère Saint-Silouane à Saint-Mars-de-Locquenay.

En avril 2003, il lui a été confié la responsabilité pastorale de la paroisse Saint-Joseph de Bordeaux, en étant membre du Conseil du Doyenné de France.

Récemment il a traduit du roumain en français le volume de l'archimandrite Ioannichie Bàlan, Le Père Cléopas, L'Age d'Homme, Paris 2004 - edition roumaine: Arhim. Ioanichie Balan, Viata Parintelui Cleopa, Iassy 1999.

cathaga
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Message par cathaga » mer. 18 mai 2005 22:20

Georges Papathanassios a écrit : Est-ce important d'avoir des évêques français "d'origine" ? francophone, c'est évident, mais l'origine qu'importe ?
Il me semble qu'un évêque français pourrait (peut-être) présenter une oreille plus attentive aux attentes des orthodoxes de ce pays qui ne se retrouvent souvent pas dans les pratiques culturelles des paroisses qu'ils fréquentent. En dehors de toute considération de juridiction et plus près du quotidien de la vie dans l'église, il pourrait amorcer la construction d'une orthodoxie qui puisse accueillir les français, sans
les inféoder à l'apprentissage d'une langue liturgique, sans non plus leur
faire croire que des traditions culturelles font partie intégrante de la
grande Tradition orthodoxe. Ce qui aurait pour mérite de clarifier les choses...

Par exemple : quand je me présente devant un prêtre roumain, je demande la bénédiction en inclinant la tête ; devant un prêtre de tradition russe, en rassemblant les mains pour recevoir la sienne et l'embrasser : devant un prêtre grec je lui serre la main avant de l'embrasser.
Mais que c'est compliqué : car le prêtre roumain qui sait que je fréquente
une paroisse russe attend de moi que je rassemble les mains ; quant au
prêtre russe, il se demande ce qu'attend un roumain qui incline la tête
devant lui ; enfin, le non-grec qui n'est pas averti se demande pourquoi,
lorsqu'il s'incline pour embrasser la main du prêtre grec, celui-ci retire
précipitamment sa main (lorsqu'il ne se sent pas digne de bénir). Enfin,
certains prêtres de la fraternité n'aiment pas beaucoup qu'on leur demande une bénédiction, considérant qu'il ne convient pas d'en demander à tout bout de champ.
On pourrait faire un constat similaire à propos des oeufs de Pâques : les
russes les portent en collier, les grecs et les russes teignent les oeufs,
quant aux roumains je ne sais pas.
Même chose à propos des croix : ma croix de baptême est grecque et les
russes pensent qu'elle est catholique. Les croix roumaines sont également
des croix à 2 branches, alors que les croix russes ont trois branches.
On pourrait encore citer, dans les paroisses d'origine russe, la pratique
des mains croisées sur la poitrine pour se présenter à la communion, ou
encore l'utilisation des codes couleur pour les différentes fêtes etc.

Dans toutes ces pratiques, il n'y a pas grand chose qui appartienne à la
Tradition orthodoxe : ce sont des usages, qui peuvent avoir leur
signification théologique, qui sont tout à fait honorables en soi et
auxquels les fidèles tiennent de façon plus sentimentale que spirituelle,
mais qui n'ont pas de caractère canonique. Mais le français ne le découvre qu'à condition de visiter des paroisses de différentes juridictions. Et le français doit apprendre à se conformer à l'usage de sa paroisse... ou non !

Quelle peut être l'identité fançaise ?
La question est-elle justifiée puisque l'orthodoxie n'a rien à faire de la
nationalité de celui qui la confesse ?
Et pourtant : avant de saluer un prêtre, je suis bien obligée de me
renseigner sur sa culture pour adopter l'attitude ad-hoc...

Toutes ces choses sont pesantes. J'en ajoute une autre : qui est mon évêque ? La question est particulièrement pertinente en province, pour les pélerins de paroisses qui vont chez les roumains un dimanche, chez les grecs un autre dimanche, chez les russes le dimanche suivant etc...

Une particularité des français, dont je fais partie : je peux fredonner
toute la liturgie en grec, en roumain et en slavon. Je peux même en chanter des parties entières avec le texte.

Que faire de tout cela ? Si cet aspect culturel n'est finalement pas le plus important dans la vie spirituelle, il n'en reste pas moins que les attentes des français sont étroitement liées à leur culture. Nous souhaitons entendre les mots du canon eucharistique, nous souhaitons entendre dites à voix haute les prières "secrètes", nous avons envie de lire les Pères, nous avons envie de comprendre avec nos têtes, et nous sommes finalement peu préoccupés par la transmission des traditions (avec un petit t) de différents autres pays.

Un évêque français se sentira sans doute concerné par toutes ces questions.

Catherine

hilaire
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Message par hilaire » jeu. 19 mai 2005 13:17

bonjour,

j'ai un peu d emal à vous suivre...

vous vous plaignez de pratiques différentes d'une église à l'autre et en réclamez de nouvelles qui viendraient s'y surajouter! la seule différence qui légitimerait ces nouveaux usages viendrait du fait qu'ils seraient conseillés par un évêque "français".

pour ma part, je n'ai jamais constaté que les "problèmes" que vous mentionnez en soient de sérieux...ils relèvent plus du faisage de noeud au cerveau qu'autre chose...

quand un évêque ou un prêtre voit un fidèle qui s'approche de lui avec piété, il s'attend à ce qu'on lui demande une bénédiction... vous pouvez inclinez la tête, tendre les mains, faire les deux en même temps à priori ça ne change pas grand chose...ça marche avec les roumains, les albanais, les russes, les grecs, et même avec les prêtres de l'ECOF qui ne sont pas orthodoxes!

il ne me semble pas judicieux d'aller voir Mgr Marc pour lui demander de dire les secrètes à voix haute et d'abattre les iconostases pour satisfaire l'intellect d'un pseudo intellectuel français.

il n'en reste pas moins que les attentes des français sont étroitement liées à leur culture. Nous souhaitons entendre les mots du canon eucharistique, nous souhaitons entendre dites à voix haute les prières "secrètes", nous avons envie de lire les Pères, nous avons envie de comprendre avec nos têtes, et nous sommes finalement peu préoccupés par la transmission des traditions (avec un petit t) de différents autres pays.

vous devirez mettre je au lieu de nous... parce que moi je ne me sens pas intégré dans votre nous...le canon eucharistique je le connais, les secrètes à voix hautes, je me demande bien à quoi ça peut servir pour un fidèle, quand à comprendre avec votre tête, ça c'est chaudement recommandé.. ça marche pas avec les pieds...

Georges Papathanassios
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Message par Georges Papathanassios » jeu. 19 mai 2005 13:54

Je pense aussi que les différences notées par Catherine sont bien exagérées....ce sont des nuances, qui ne doivent pas poser problème. Personnellement, je n'ai jamais vu de difficultées, par exemple pour la bénédiction.
Nul besoin de connaitre l'origine ethnique pour aborder un prêtre! N'importe quel prêtre officiant sur le sol français comprendra un "Bénissez, Père!".

De plus, il y a des paroisses francophones dans toutes les juridictions, qui font ce que vous dites: secrètes à voix haute, anaphore aussi...pas ou tout petit iconostase...dans la Métropole Roumaine, des paroisses comme Louveciennes ont gardés le chant grégorien à la Kovalevsky, et ont d'autres usages "français" hérités de la défunte écof.

Dois t'on généraliser ce genre de pratique à toute nouvelle paroisse francophone ? je ne sais. Certains travaillent à adapter le chant slave au français, d'autre le byzantin, d'autres encore le latin. Tout cela est légitime.

L'Orthodoxie "française" est celle qui se vit et célèbre en français, avec la vénération des saints orthodoxes locaux et universels, non ? Et elle peut être différente selon la tradition d'origine auquelle elle se rattache (une paroisse francophone de tradition russe célèbrera un peu différement qu'une francophone d'origine grecque.)

Un débat a déja eu lieu sur ce forum, Jean-Louis disait que le mieux était de se baser sur la tradition grecque, la plus ancienne, pour transposer au français.

cathaga
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Message par cathaga » jeu. 19 mai 2005 13:56

hilaire a écrit :j'ai un peu d emal à vous suivre....
Alors disons pour résumer : C'est un peu pesant de se sentir comme à l'étranger dans les églises parce qu'elles sont avant tout grecque, roumaine, russe etc.
A la cathédrale russe de Nice, les papiers pour les dyptiques sont qualifiés en russe (vivants, morts) et les cierges sont vendus en russe. chez les grecs, on me dit avec bienveillance "tu dois apprendre le grec", etc.

hilaire
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Message par hilaire » jeu. 19 mai 2005 14:09

à ce moment là, il vaut mieux préciser que c'est comme ça sur Nice...parce qu'en région parisienne c'est beaucoup plus "lisse".

il faut déménager alors!! (je plaisante)

Glicherie
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Message par Glicherie » jeu. 19 mai 2005 14:09

Pourquoi ne pas aller dans une paroisse francophone ? Il y en a. A la Mitropolia roumaine, celles-ci vivent que en français.

Et aussi il y en a dans la juridiction de Constantinople.

Les paroisses de Bordeaux et Louveciennes où a été Mgr Marc sont totalement francophones.

cathaga
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Message par cathaga » jeu. 19 mai 2005 15:15

hilaire a écrit :à ce moment là, il vaut mieux préciser que c'est comme ça sur Nice...parce qu'en région parisienne c'est beaucoup plus "lisse".

il faut déménager alors!! (je plaisante)
oui c'est une bonne idée... De ce que j'ai pu voir, la province est assez pauvre en paroisses francophones car elle est pauvre en paroisses tout court. A Avignon, une paroisse, qui dépend de la métropole grecque, rassemble les orthos de toutes origines. C'est rare !
J'ai créé il y a quelques années un groupe de discussion, qui est en réalité un groupe d'information, sur la vie orthodoxe dans le sud-est. Je vois bien que les paroisses sont fermées sur elles-mêmes et que leur origine culturelle est extrêmement importante !
Je veux bien croire, pour être parisienne et y avoir vécu longtemps, qu'il en va tout autrement : on peut choisir sa paroisse à Paris. Nous ne sommes pas au même "niveau de développement".

eliazar
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Consécration épiscopale de Mgr Marc

Message par eliazar » jeu. 19 mai 2005 20:28

Le Nissart que je suis aimerait tout de même soutenir "Cathaga". Même si elle a mis l'accent sur des détails de moindre importance (mais qu'elle a ressentis comme douloureux au cours de ses pérégrinations...), elle exprime au fond une vérité profonde, et sa souffrance montre une véritable plaie. En elle, et même si elle analyse les symptômes de manière un peu vague, c'est l'Église qui est blessée. Faire de l'humour ne guérit rien, dans un domaine aussi pathologique pour la Foi.

Au reste, il me semble que ce n'est pas tellement une liturgie dans la langue locale qui nous fasse défaut : peu des néo-orthodoxes vivant du côté de Nice seraient aptes à mieux suivre une liturgie en provençal ou en niçois qu'une liturgie en roumain ou en slavon ... quoique le provençal soit plus proche du français, tout de même, que le slavon.

Mais par contre, ce qui nous fait cruellement défaut, c'est une orthodoxie qui ne soit plus fragmentée en langues et coutumes "séparées les unes des autres" à qui mieux mieux. Un puzzle ne fait pas une mosaïque..

Je partage entièrement l'avis de Jean-Louis : traduire (et forcément adapter un peu ...) la liturgie orthodoxe en français me semble devoir évidemment signifier : la traduire de la liturgie byzantine. Ne serait-ce déjà que parce que l'immense majorité des autres liturgies ont procédé de cette manière (à partir de celle de Byzance).

Alors serait-ce une nostalgie héritée de nos siècles intermédiaires de papisme ultra montaine ? Chercherions nous inconsciemment à remplacer la "langue maternelle" latine par la langue maternelle "byzantine" ? Est-ce parceque les cathos ont traduit le latin en français que nous aurions à notre tour envie de traduire le grec de la Sainte Liturgie ? Je n'en suis pas si certain, quoique cela puisse prêter le flanc, naturellement, à ce genre de "psychanalyse de 4 sous".

Je crois plutôt que cela vient d'un besoin plus profond : on a suffisamment traité par ailleurs et en d'autres temps de l'universalité de la langue française pour que je puisse parvenir (j'espère) à me faire comprendre. La liturgie doit être commune à tous : et en France, si c'est la foi orthodoxe (qui nous est commune à tous, les "orthodoxes") qui nous lie fraternellement les uns aux autres, quand nous nous rencontrons par hasard dans la ville, et qui nous pousse à nous embrasser comme étant de la même famille - par contre, le dimanche au moins, nous nous séparons tous à nouveau pendant la liturgie! Et c'est la liturgie elle-même, qui devrait être notre première maîtresse de doctrine orthodoxe, qui nous sépare en plein Jour du Seigneur ! Nous ne nous retrouvons vraiment entre "familiers" ... qu'après la liturgie : au café et aux petits gâteaux partagés dans la crypte.

C'est un comble - et c'est insupportable. Tous les orthodoxes qui vivent en France comprennent le français, plus ou moins parfaitement, mais suffisamment pour suivre une liturgie en français. Certains Grecs, âgés, m'ont dit qu'ils comprenaient mieux l'Apôtre quand je le lisais en français qu'à sa première lecture en grec. Et cela en étant nés en Grèce, et en ayant toute leur vie suivi régulièrement les offices. Je ne reviendrai pas ici une fois de plus sur les raisons de cette meilleure compréhension, mais cela se comprend assez facilement. En tout cas le français est le seul point linguistique qui soit commun à nos frères et soeurs serbes, croates, russes, grecs, arabes, coptes, allemands, anglais, américains, italiens, portugais, roumains, catalans ou castillans - et je ne parle que de ceux et celles que j'ai côtoyés régulièrement dans telle ou telle des paroisses où j'ai vécu. Alors, pourquoi (et jusques à quand) ne célébrons nous pas la Sainte Liturgie dans la langue du peuple local : la France ?

Je n'y ressens pas tant une volonté de nous mettre à l'écart (de la part des Grecs dans une église fondée par leurs concitoyens, ou des Russes dans une église fondée par d'autres Russes, ou des Arabes, ou des Serbes, ou des Roumains, etc....) - qu'une sorte d'omertà non dite : comme si se mettre à célébrer l'Orthodoxie en français allait être considéré par les Évêques romains du lieu comme une tentative agressive de prosélytisme. "Tant que seuls les Grecs, ou les Russes, ou les etc... qui sont dans cette église resteront les seuls à comprendre le texte, l'orthodoxie restera une curiosité folklorique pour "nos" concitoyens français. Et eux-mêmes, s'ils deviennent quand même orthodoxes, passeront pour des hurluberlus religieux, des farfelus du christianisme, voire des snobs, aux yeux de leur entourage. Donc, ils ne risqueront pas de faire tache d'huile. Et leurs enfants se taperont gentiment le front de l'index et redeviendront tout naturellement papistes après la mort de papa-maman". Il y a certainement quelques membres du clergé romain qui pensent à peu près de la sorte. Or, nous orthodoxes n'avons pas à en faire autant - à leur place.

C'est cela qui doit cesser. C'est cela qui est un scandale.

A Nice, le clergé (romain, bien sûr) avait interdit que la première de toutes les églises orthodoxes de la ville (Ste Alexandra) ouvre directement sur la rue. Les fidèles étaient encore tous étrangers, en ce temps-là, et devaient se cacher, c'est à dire monter un escalier intérieur à l'immeuble avant de pouvoir entrer dans "leur" église. ...Au premier étage, donc plus loin de la foule qui passait dans la rue. C'était pour des raisons "ejusdem farinae". Mais c'était encore sous la monarchie piémontaise, et le futur Royaume d'Italie était déjà officiellement catholique romain.

On nous a assez répété que la République est laïque. Et de notre côté nous savons très bien que les nouveaux venus, en matière de christianisme, ce sont justement les "ultra montains" catholiques romains (même s'ils sont devenus l'écrasante majorité - mais pas pour très longtemps, puisque bientôt les musulmans leur dameront le pion - au moins statistiquement). La France a été orthodoxe pendant des siècles; elle n'est devenue chrétienne que parce qu'en même temps elle devenait orthodoxe. Elle ne s'est ensuite séparée en groupes chrétiens qui se bouffaient le nez entre eux (et pire encore que le nez, hélas) qu'après que le Patriarche de Rome se soit séparé (et avec quelle arrogance !) de l'Église Universelle. C'est là qu'ont commencé le catharisme, le valdéisme, les divers protestantismes et j'en passe. Et les massacres, et les exclusions, et les inquisitions, et les expulsions, etc etc

Alors, soyons des Républicains conséquents et laissons les Évêques catholiques romains (si tant est...) marronner, et essayer en vain de nous repousser dans un ghetto folklo. Ne nous y enfermons pas de nous mêmes !!!
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sabrinat60
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Message par sabrinat60 » jeu. 19 mai 2005 22:30

Je trouve tres belles les liturgies en grec ou en russe mais je n'y comprends rien. Bon, quand on dit "kyrie eleison",la sa va mais c'est vrai qu'au debut ne connaissant pas de paroisses francophones ça me gênait et je vous dis pourquoi. Premierement je ne savais pas pourquoi y aller (ok c'est tres beau mais tu ne comprends rien apres tout tu vas encore avoir le regard détourné et observer les gens pour savoir quand est ce que tu dois faire tes metanies), deuxiemement ne rien comprendre me fatiguais, je m'endormais d'autant plus novice, debout pendant plus d'une heure pour ne pas me distraire je repetais "alleluia" dans ma tete pendant que les autres etaient tous en choeur et bien sur disaient autre chose que "alleluia". Et puis, bien sur que l'on te benit, que Dieu est present mais la Parole de Dieu il faut la comprendre, c'etait tres difficile vraiment. Quand on a pas le choix c'est ce que l'on fait, mais je me disais "tu ne peux pas etre orthodoxe puisque tu ne "supportes" pas la liturgie. Vraiment, une ou deux ou dix fois cela va mais plus que cela sans comprendre cela m'est devenu difficile. Bon etant certaine que la plenitude de la verite se trouve dans l'orthodoxie, je me suis dis "reveille toi c'est pas grave tu apprendras le grec ou le slavon", ce n'est pas pour cela que tu vas aller embrasser une autre foi ce serait trop stupide. Par la suite j'ai trouvé une paroisse francophone et ce fut le bonheur, parce que je comprenais, je mettais la parole en moi et je la vivais. Ce n'est pas le fait de se sentir etrangere mais le fait de ne rien comprendre, je sais je me repete mais c'est pour vous dire que vraiment ce fut une douleur et je n'exagere pas.

Jean-Serge
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Re: Consécration épiscopale de Mgr Marc

Message par Jean-Serge » ven. 20 mai 2005 9:36

eliazar a écrit : C'est un comble - et c'est insupportable. Tous les orthodoxes qui vivent en France comprennent le français, plus ou moins parfaitement, mais suffisamment pour suivre une liturgie en français.!
Vous vous trompez lourdement sur ce point : certains immigrés même présents depuis bien longtemps ne comprennnent que très mal le français... De plus depuis la fin du bloc de l'Est, l'immigration en provenance des pays de l'Est a repris et s'accroît. On a donc besoin de paroisses en roumain, slavon (même si je référerais le russe, l'ukrainien..) et j'en passe. Ce n'est pas être ethnophylétiste que de le dire. Chacun préfère prier dans sa langue et il faut respecter ce choix. D'ailleurs à Paris on trouve bien des églises catholiques en polonais, italien, espagnol, tagalog et j'en passe. Et en Finlande, l'Eglise orthodoxe a également ouvert des lieux de cultes en slavon du fait de l'immigration...

Mais bien sûr on a aussi besoin de nouvelles paroisses en français. La solution passe à mon avis par l'établissement de nouveau lieu de cultes en français plutôt que les francophones ne cherchent à franciser les paroisses existantes (je n'ose dire faire main basse). Aux francophones de se bouger et à leurs évêques de les appuyer...
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

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