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Re: L'hésychasme: la méthode. Peut on prier sans limite?

Publié : ven. 13 nov. 2015 20:16
par J-Gabriel
Robert a écrit :Les textes anciens ont été écrits à une époque qui ne nous correspond plus. Il faut les adapter à notre civilisation actuelle. Si seuls les purs et les moines peuvent prier, à quoi sert la prière ? Je suis en chemin, pur et impur, inscrit dans la cité avec ses problèmes et ses épreuves et c’est là, dans le monde, que je trouve matière à me transformer.
Que signifie opposer une prière pure à une prière nerveuse ? Ce sont des concepts théoriques qui ne font rien d’autre que nous embourber dans des représentations mentales inutiles, dans ce que j’appelle la lumière mentale qui, avec la lumière solaire, fait partie de la lumière-d’en-bas.
Que veut dire qu’il ne soit pas bon de réciter la prière de Jésus en commun ? Que sait l’auteur de cette phrase, sur les autres, pour dire une affirmation aussi tranchée que celle-là ? Bon, pas bon, sont encore des catégories duelles issues de la lumière-d’en-bas.
Comment différencie-t-on l’effort moral de l’effort de volonté ? Quand j’insiste pour prier malgré les difficultés qui surgissent, la distraction qui s’impose, c’est un effort de volonté ; qu’il soit moral ou volontaire, propre ou pas est encore du discours théorique. La répétition de la procédure nous appartient, elle est là la volonté ; le fruit advient de surcroit. L’auteur ne connaît à l’évidence pas le yoga hindou qui ne dit rien d’autre que ça, la psychanalyse aussi ! J’ai déjà fait relever la même erreur dans un forum juif, à un rabbin.
Que la prière de Jésus ne soit pas valable en dehors de l’église, pourquoi pas ? Mais comment lutter contre les passions ? Il faut une procédure qui contraint le mental pensant. L’hésychasme est justement cette procédure. Pour les chrétiens, il n'y a pas de lutte contre les passions en dehors de la prière. Je pense que la phrase du Starets Serge est mal formulée.
Charalampos l’agiorite cite la prière mentale. Est-elle la prière du cœur ? Pour moi, elle est justement nécessaire pour stopper toute activité mentale. Nous ne donnons donc pas la même définition aux mots.
Ne pas chercher la satisfaction, ne pas s’attacher aux difficultés qui surgissent, chercher Dieu seul ; là, oui, je suis entièrement d’accord. Quand on s’engage dans une voie comme celle-ci, on doit autant être prêt à traverser les ténèbres qu’à recevoir la lumière-d’en-haut.
Et toujours chercher un guide, un maître, un « écouteur » ; là, d’accord, à un moment où un autre, nous aurons besoin de parler.
Votre commentaire pourrait se résumer ainsi : qu'est-ce qui est apparu en premier : l'œuf ou la poule ? Visiblement vous sautez des étapes car chez nous rien ne ce fait sans les conseils d'un père spirituel, ou au moins un parrain bien avancé mais qui vous ordonnera toujours d'aller demander la bénédiction du père spirituel.

Et puis quand vous écrivez que les textes "anciens" ont été écrits à une époque et de ce fait ne nous correspondraient plus, cela revient à prétendre qu'à une époque il y avait des passions différentes qu'aujourd'hui. Or, c'est faux. Nous avons toujours à faire avec les même démons, même passions que les anciens. Prenez les apophtegmes, on peut facilement les adapter à notre époque et chez le laïc.

Re: L'hésychasme: la méthode. Peut on prier sans limite?

Publié : lun. 07 août 2017 9:55
par Robert
Bonjour J-Gabriel,
Les remarques que vous faites ne correspondent pas du tout à ce que j'ai écrit. Vous découplez mes expressions de leur contexte, ce qui transforme leur sens. Cela ne m'étonne pas par ailleurs. Les échanges profonds sur internet, c'est-à-dire à distance des intervenants qui ne ne côtoient pas, sont difficiles ; chacun répondant en interprétant les mots des autres en fonction de ses propres limites. Plus nous progressons à l'intérieur de soi, plus les mots peuvent prendre des sens différents et recouvrir des subtilités inaccessibles aux autres. Ce genre d'échange devrait être fait face à face de manière à pouvoir reprendre mot pour mot ce qui est échangé, ce qui, sur internet, est fastidieux. Je vous propose que nous arrêtions là cet échange et que nous nous tournions chacun vers notre pratique intérieure en acceptant de ne pas toujours pouvoir nous comprendre.