à propos de l'hérésie du Sacré-Coeur

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Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » mar. 27 sept. 2005 19:34

Il y a des hérésies très facilement repérables : quand monsieur Tartempion, par exemple Arius ou Nestorius, écrit un traité de théologie dans lequel on découvre une erreur grosse comme le bras.
Il y en a de plus subtiles : monsieur Tartempion écrit de la théologie, avec une simple petite déviance qui deviendra un monstre chez ses disciples. On les repère au bout d'un moment, selon le critère évangélique, à leurs fruits. Exemple : l'emploi du filioque chez saint Victrice de Rouen, par ailleurs tout à fait orthodoxe mais dont la formule malheureuse aura la postérité que l'on sait.
Il y a enfin les hérésies plus difficiles à nommer, celles qui sont diffuses dans l'air du temps et que l'on repère à des indices indirects comme des oeuvres d'art ou de divertissement mais qui trimballent insidieusement une vision du monde, de Dieu et de l'homme erronée ou dangereuse. Les hérésies de notre époque sont souvent de cette sorte et c'est de cela qu'Eliazar et moi avons débattu, le fil sur le Sacré Coeur nous en donnant l'occasion.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » ven. 30 sept. 2005 14:28

J’avais préparé un message et je m’aperçois qu’il fait double emploi, en moins fort, avec ceux d’Eliazar. Tant pis, je le mets quand même.

Quand on traduit par « pardonne nous nos offenses », on doit imaginer que Dieu se pose en hidalgo courroucé, en autorité extérieure et surplombante et qu’il exige de nous une conformité à son projet. Il faut en plus le supposer sacrément susceptible pour s’irriter des conneries humaines qui barbouillent le dit projet. En d’autres termes, on fait de Dieu un idéologue.
Traduire « remets nous nos dettes » est beaucoup plus profond. Que devons nous à Dieu, que nous donne-t-il de si puissant que tous nos efforts n’arriveraient jamais à un échange équitable ? C’est simple : l’être. Il nous a créés à son image et à sa ressemblance. Or, une des conséquences de la chute, c’est que nous avons une énorme difficulté à accepter de recevoir gratuitement. C’est comme si le don nous enchaînait. C’est nous qui le ressentons comme une dette. Et entre nous, même chose. Pourquoi très souvent celui qui a reçu un don inégalitaire se retourne contre son bienfaiteur ? Parce que le don inégalitaire induit une dépendance où s’abolit la liberté. Et c’est cette liberté indispensable à l’amour que rend la « remise des dettes ». Il y a des sociétés entières qui se sont ruinées parce que, incapables de comprendre le sens et l’urgence de remettre les dettes, elles ne pouvaient se libérer d’un don inégalitaire qu’en renversant le rapport par un don en retour plus somptueux, ad lib. Voir la magistrale étude de Marcel Mauss sur le potlatch. [Marcel Mauss, « Essai sur le don », in Sociologie et anthropologie, PUF, Paris, 1985 (1950)]
Mais je suis étonnée du pessimisme sur l’homme que manifeste Jean Louis. J’en retire spontanément l’image d’un Dieu armé d’un compte-gouttes pour ne pas laisser sa Grâce couler en dehors du vase choisi. Je sais bien que cette image est outrancière mais il y a quelque chose qui me gêne beaucoup dans l’équation dettes = péchés. Ou alors il faut aller plus loin et éliminer les résonances faussées qui s’attachent au terme péché. Puisque nous en sommes aux traductions… Le grec a plusieurs termes que le latin a rassemblés sous le seul mot peccatum qui est une métaphore, celle du cheval qui bronche. Le français péché n’est que ce peccatum dont la prononciation s’est altérée mais… mais, mais, mais… la métaphore du cheval a disparu dans le glissement vers la théologie de la satisfaction et péché entraîne tout un tas de résonances parasites, à commencer par la culpabilisation. Ne faudrait-il pas revenir à la diversité des termes grecs, les traduire directement ?
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Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » ven. 30 sept. 2005 18:27

Je ne vois pas ce qui a pu suggérer à Anne-Geneviève l’image du compte-gouttes. Je crois que c’est saint Grégoire le Théologien qui compare la divine Trinité des Personnes divines à une coupe qui déborderait en permanence. L’Esprit souffle partout, sans qu’on le sache. Nous savons qu’il souffle dans l’Église, mais on ne sait où il ne souffle pas.

Cependant il est vrai qu’il est des hommes qui se raidissent pour ne pas recevoir la Grâce divine jusqu’à leur dernier instant de vie charnelle.

Et inversement nous savons que l’Église, qui est le Corps du Christ, dispense sans compter la Grâce divine. elle en est l’unique détentrice, et le Seigneur lui a imposé des règles sur les conditions auxquelles elle doit la communiquer aux fidèles..

D’autre part le mot qui est à traduire dans le texte traditionnel du “Notre Père” est le mot “dettes” (opheilèmata). Les Pères nous disent que nous avons une dette envers le Père à chaque fois que nous agissons contre ses commandements. Nous demandons à Dieu “d’effacer” nos dettes (c’est le sens du mot “aphes”). Le péché n’est pas autre chose, ou bien si l’on y met autre chose, cette altération ne vient pas de la Révélation.

La paix intérieure, la quiétude, la sérénité, ne sont pas un but spirituel. C’est un état psychologique qui vient parfois dans la prière, mais il est aussi des hommes pour qui toute la vie aura été un combat spirituel. Mais l’Église doit veiller à ce que chaque communauté locale confesse la foi droite, orthodoxe, et qu’elle observe la discipline de la vie synodale. La vie spirituelle intérieure de chacun est autre chose. Et les théologies de la culpabilisation, de la satisfaction (ou de la libération) sont encore tout autre chose, des représentations parasites, des images doloristes et sanguinolentes.

Mais l’Église a un ordre interne à faire respecter, et le moyen par excellence de sa thérapeutique est d’écarter les pécheurs de “l’Offrande”, entendez de la Liturgie, communion comprise. L’une des fonctions attribuées à l’évêque est d’imposer avec discernement cette “excommunication” (au sens orthodoxe, non au sens occidental) , d’observer le comportement du pécheur, puis de décider du jour où il est “réconcilié”. Il y a à la fois toute une tarification des durées de pénitence, et son application repose repose sur le discernement de l’évêque. C’est un des aspects du charisme épiscopal.

De même l’Église doit veiller sur ses limites visibles : ne sont orthodoxes que les fidèles qui sont membres de la Communauté qui confesse la vraie foi, sous la présidence d’un évêque membre d’un synode provincial en communion avec l’Église orthodoxe répandue par toute la terre; Il y a différentes catégories d’hérérodoxes; Nous nous sommes déjà longuement étendus sur cette question dans d’autres fils de notre Forum. Je prie Anne-Geneviève de s’y reporter.

En tout état de cause il ne faut pas oublier que l’Église est une réalité concrète, tangible, visible, qu’elle a ses structures, ses limites, ses règles de fonctionnement. Si l’Esprit souffle où il veut, il amène un jour ou l’autre les âmes justes à l’Église. Ce ne sont pas des cultures ou des civilisations, des courants spirituels, qui entrent dans l’Église, ce sont des âmes droites; L’Église a toujours rassemblé des hommes de toute origine. Dès ses premiers pas elle rassemblait des Israëlites venus de tous les groupes formant le judaïsme, et Dieu sait s’il y en avait alors beaucoup plus que maintenant. Puis sont venus toutes sortes de païens, dont en général nous descendons. Mais l’Église se présentait comme une réalité unique, totale en chaque lieu les Églises locales étant en communion. Et dès le début sont apparus ses ministères et ses canons.

Ce n’est pas un corps mou et informe, une masse colloïdale indifférenciée, c’est un corps vivant avec ses membres et ses ligaments. Qui a parlé de compte-gouttes ? Et dès le début l’Église s’est formé un langage propre, où parfois les mots ont un sens que leur étymologie ne laissait pas prévoir, parfois aussi ils sont empruntés au langage des artisans et des commerçants, parfois à la philosophie, parfois ils sont d’origine hébraïque ou araméenne, parfois ce sont des néologismes.

Dans le Symbole du Concile de Nicée, texte sacré pour nous, un mot, un seul mot est inventé ad hoc, un néologisme, il ne figure pas dans l’Écriture sainte (la Bible des Septante plus le Nouveau Testament) c’est le mot “homoousios”. Il fixe la signification du terme “ousia” : c’est la Divinité commune aux trois Hypostases de la Trinité. Les Latins durent, après discussion, admettre qu’il n’était pas possible de rendre “hypostasis” par “substance”, malgré ce que l’étymologie aurait pu suggérer, car hypostase en grec signifie le sujet porteur de l’ousia, alors qu’en latin, substantia désigne une matière informe.

Les Latins durent donc rendre “ousia” par “substantia” et “hypostasis” par “persona”. Donc “homoousios” doit se traduire “consubstantiel”, ce que, grâce à Dieu les Latins n’ont jamais contesté. Mais on ne peut pas imaginer que les Pères du Concile de Nicée n’avaient pas, quend ils ont créé le terme “homousios”, en tête le “Notre Père” qui nous fait demander au Père le pain “epi-ousion”. Il nous faut donc aussi traduire ce dernier terme par “substantiel” ou bien, si l’on veut, par “pro-substantiel”.

L’étymologie n’a rien à voir là-dedans, pas plus que l’histoire des cultures. L’Église se forge délibérément un langage en utilisant des matériaux divers, mais sous l’inspiration de la Tradition apostolique et de l’Esprit saint. Il en est de même pour ses canons et ses formes liturgiques.

Le don de Marcel Mauss venait de paraître lorsque j’étudiais à la Sorbonne. Je l’ai alors dévoré. Mais il ne nous apprend rien sur l’offrande eucharistique, où Celui qui offre est aussi Celui qui est offert.
Jean-Louis Palierne
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patrik111
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Message par patrik111 » ven. 05 août 2011 6:47

Claude le Liseur a écrit :Entre 1790 (Constitution civile du clergé) et 1870 (proclamation de l'infaillibilité pontificale), il y a vraiment eu remplacement d'une Eglise par une autre, tout en conservant le même nom, les mêmes apparences extérieures, etc.
Savez-vous que certains sédévacantistes (ultramontains du XXie siècle pour qui il n'y a plus de papes légitimes depuis, en gros, la mort de Pie XII en 1958) bâtissent toutes leur théories sur une citation des apparitions de La Salette: «L'Église sera éclipsée»?

Pour eux, l'éclipse commence en 1958. Et si l'éclipse avait commencé au XIXe siècle, voire au XVIIIe siècle?

Mais, déjà, l'Église éclipsée n'était certainement pas l'Église authentique...

patrik111
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Message par patrik111 » ven. 05 août 2011 6:53

Stephanopoulos a écrit :[...] la fausse spiritualité doloriste et le christianisme gore!
dont l'ultime avatar fut La Passion par Mel Gibson, qui n'a pas trouvé mieux que de filmer ensuite Apocalypto, sans avoir jamais abjuré de s'être fait connaître comme Mad Max. Fasciné par l'ultra-violence...

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Message par Claude le Liseur » ven. 05 août 2011 8:54

patrik111 a écrit :
Stephanopoulos a écrit :[...] la fausse spiritualité doloriste et le christianisme gore!
dont l'ultime avatar fut La Passion par Mel Gibson, qui n'a pas trouvé mieux que de filmer ensuite Apocalypto, sans avoir jamais abjuré de s'être fait connaître comme Mad Max. Fasciné par l'ultra-violence...

Fascination par l'ultra-violence et, en effet, lourd héritage du catholicisme romain doloriste. Braudel écrivait dans sa Grammaire des civilisations que, dans le catholicisme d'Amérique hispanophone, on a l'impression que le Vendredi saint n'est jamais suivi par le dimanche de Pâques. C'est un peu la même chose dans La Passion de Gibson, quand on voit la poignée de secondes à laquelle se réduit la scène de la Résurrection.

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Message par Claude le Liseur » ven. 05 août 2011 9:14

patrik111 a écrit :
Claude le Liseur a écrit :Entre 1790 (Constitution civile du clergé) et 1870 (proclamation de l'infaillibilité pontificale), il y a vraiment eu remplacement d'une Eglise par une autre, tout en conservant le même nom, les mêmes apparences extérieures, etc.
Savez-vous que certains sédévacantistes (ultramontains du XXie siècle pour qui il n'y a plus de papes légitimes depuis, en gros, la mort de Pie XII en 1958) bâtissent toutes leur théories sur une citation des apparitions de La Salette: «L'Église sera éclipsée»?

Pour eux, l'éclipse commence en 1958. Et si l'éclipse avait commencé au XIXe siècle, voire au XVIIIe siècle?

Mais, déjà, l'Église éclipsée n'était certainement pas l'Église authentique...

Très belle et très juste formule. Certes, l'Eglise éclipsée n'était plus l'Eglise authentique depuis le XIe siècle. Mais force est de constater qu'authentique ou pas authentique, ce qui existait en 1790 n'existait plus en 1871. A cet égard, les références des lefebvristes à l'égard de "l'Eglise de toujours" me font sourire: leur Eglise de toujours, ce n'est que l'ultramontanisme de 1870-1958, et ils sont complètement étrangers à ce qui existait antérieurement, malgré leur récupération des martyrs de la Révolution française.
Comme si les seuls héritiers des martyrs de la Révolution française, ce n'était pas les anticoncordataires de la Petite Eglise.
A cet égard, on peut évidemment vouloir ne pas regarder l'Orthodoxie, "le témoin gênant" (RP Guettée), et refuser le fait que l'Orthodoxie contemporaine, c'est le christianisme latin des origines, quitte à s'en tirer par l'absurde formule des "deux poumons" forgée par l'habile Jean-Paul II. Pourtant, même en s'accrochant au catholicisme romain, un observateur honnête ne peut pas échapper à cette constatation que les papes du XIXe siècle ont fait tout leur possible pour briser ce qui existait avant eux. De Pie VII à Léon XIII, ils ont été les premiers agents de la destruction des traditions religieuses et il n'est que justice que le mouvement qu'ils ont déclenché soit maintenant en train d'emporter leur successeurs.
Il y a vraiment rupture entre Pie VI et Pie VII. En 1791, Pie VI condamne la Constitution civile du clergé; en 1801, Pie VII met sur pied d'égalité les évêques qui ont été fidèles à son prédécesseur et les évêques constitutionnels. Où est la continuité là-dedans?
Il y a un document qui est très clair à ce sujet, et que personne ne cite jamais, c'est les Réclamations canoniques signées en 1803 par trente-huit évêques - qui, s'ils n'étaient pas des ministres de la Parole de vérité du point de vue orthodoxe, n'en étaient pas moins, dans la logique interne du catholicisme romain, les évêques légitimes - contre Pie VII. Il y a vraiment, à ce moment-là, une rupture du catholicisme romain (qui avait, depuis déjà huit siècles, rompu avec l'Eglise, mais ce n'est pas le propos ici) avec sa propre logique interne.
Et cela, ni les lefebvristes, ni les sédévacantistes, ne veulent le voir.

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Message par patrik111 » ven. 05 août 2011 22:19

Anne Geneviève a écrit : [...]
Qu’est-ce qui vient de l’homme et qu’est-ce qui vient d’une inspiration luciférienne ou satanique ? C’est toujours très délicat de tracer la frontière. Tout d’abord, nous avons souvent une vision réductrice de la nature humaine et de ses capacités. Je ne sais pas d’où vient cette tendance, j’ai bien peur que ce soit encore de cet animal d’Augustin, ce vieux pessimiste foncièrement dualiste, relayé par l’Union Rationaliste et sa main-mise sur l’éducation et les média depuis les années 50. Mais l’homme n’est infime que par rapport à Dieu : même tordu par la chute, il est immense devant le cosmos. Parallèlement, je me demande souvent si nous ne regardons pas le Malin avec des verres grossissants. Et je dis cela en pensant à la Vie de notre père saint Antoine par saint Athanase, où il place dans la bouche du grand ermite un enseignement aux jeunes moines sur le thème des démons. Il écrit en substance (je résume) : les démons n’ont aucun pouvoir, c’est pour cela qu’ils font du tapage, qu’ils en font des tonnes et qu’ils en rajoutent comme de mauvais acteurs de théâtre ; vous n’allez tout de même pas leur donner de l’importance et les applaudir, non ?
Loin de moi l’idée de nier l’existence du Malin, de sa haine de l’humanité et de ses efforts désespérés et vains pour empêcher la déification de l’homme et la transfiguration du monde.
Mais c’est très étrange. Plus la société occidentale se déchristianise et plus se profile une fascination collective pour ce Malin que plus personne ne sait nommer. Ce n’est sans doute pas un hasard si les romans dits « fantastiques », c’est à dire les histoires de magie noire et de démons, se vendent mieux que la science-fiction, l’heroic fantasy ou le polar classique (à niveau littéraire comparable) ; pas un hasard non plus si les séries TV américaines sont pleines de loups-garous et de vampires, de monstres en tout genre prêts à envahir la Terre, le tout sur fond de dualisme virulent, mais jamais nommé non plus.
Je suis très sensible à ce dualisme larvé qui, de plus en plus, imprègne tous les réflexes et la pensée « politiquement correcte » de notre société et dont l’une des conséquences est la confusion de la justice et de la vengeance, laquelle exclut radicalement la miséricorde et se méfie comme la peste du pardon. Les moralistes et les hygiénistes applaudiront peut-être mais cette importance quasi principielle donnée au « mal » via la politique, le sociétal et via ses personnifications mythiques, les monstres de la TV ou des BD, affadit aussi le « bien » et tend à dicter les valeurs à Dieu même. Attention, car cette tendance à définir le « bien » et le « mal » (l’hébreu dit « le bon et le mauvais ») de manière « naturelle » ou hors de Dieu, c’est exactement le processus de la chute en Genèse 2 et 3.
Si quelque chose était insidieusement soufflé par le Malin à l’humanité, ce pourrait bien être cette confusion entre lui-même, le vieux menteur, l’« autre vieux machin » comme disent les Bretons (ar pot coz), et une abstraction, un mot poubelle où l’on flanque aussi bien les bobos corporels (aïe !) que le péché et ses conséquences. Qu’on entérine cette confusion dans la traduction du Notre Père est à hurler.
[...]
Observations très judicieuses et qui méritent réflexion.

Néanmoins, quand on observe les productions hollywoodiennes et l'industrie des jeux sur ordinateur et sur consoles vidéo, l'on ne peut pas ne pas être frappé par la présence de thématiques explicitement satanistes. Je crois qu'il y a malheureusement en ce bas monde des centrales d'énergie noire qui impulsent à plein régime des cochonneries dont le but est de nous perdre après nous avoir abîmés.

Qu'en pensez-vous?

J-Gabriel
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Message par J-Gabriel » lun. 08 août 2011 22:34

patrik111 a écrit :Néanmoins, quand on observe les productions hollywoodiennes et l'industrie des jeux sur ordinateur et sur consoles vidéo, l'on ne peut pas ne pas être frappé par la présence de thématiques explicitement satanistes. Je crois qu'il y a malheureusement en ce bas monde des centrales d'énergie noire qui impulsent à plein régime des cochonneries dont le but est de nous perdre après nous avoir abîmés.
Les productions hollywoodiennes sont si vastes, qu’avant tout je voudrais vous demander quels sont ces films explicitement satanistes, qu’entendez-vous par cette définition ?

J-Gabriel
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Message par J-Gabriel » mar. 09 août 2011 23:00

patrik111 a écrit :Qu'en pensez-vous?

Je ne sais pas quoi penser, car je ne sais pas où se trouve la dite thématique sataniste dans les productions hollywoodiennes ! Vous avez mentionné plus haut Mad Max , La Passion par Mel Gibson et du même auteur Apocalypto.
La saga Mad Max je l’ai vue il y a bien longtemps, le premier et le second film de cette saga, furent assez distrayants, surtout le premier pour moi en tant que mécanicien automobile de formation, le troisième je ne m’en souviens pas assez, c’est sans doute parce que je n’aime pas les films de science-fiction et généralement je m’endors. Pour La Passion je partage l’avis qu’en fait Claude le Liseur dans la rubrique du même nom le Lundi 12 avril 2004 à 22h12min. en rajoutant qu’ils ont bien fait de ne pas aller plus loin. Pour Apocalypto, c’est génial, génial d’avoir fait une fois un film sur cette civilisation, et il faut lire un livre comme Le Sacrifice humain chez les Aztèques, par Michel Graulich chez Fayard, pour s’apercevoir que Mel Gibson n’invente rien dans l'atroce. Il a osé et il a eu raison.

Mais dans ces productions il n’y a rien qui m’a laissé à penser à quelque chose d’explicitement satanistes. Plutôt je pense à de la pédagogie.

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Message par patrik111 » mar. 09 août 2011 23:42

J-Gabriel a écrit :
patrik111 a écrit :Néanmoins, quand on observe les productions hollywoodiennes et l'industrie des jeux sur ordinateur et sur consoles vidéo, l'on ne peut pas ne pas être frappé par la présence de thématiques explicitement satanistes. Je crois qu'il y a malheureusement en ce bas monde des centrales d'énergie noire qui impulsent à plein régime des cochonneries dont le but est de nous perdre après nous avoir abîmés.
Les productions hollywoodiennes sont si vastes, qu’avant tout je voudrais vous demander quels sont ces films explicitement satanistes, qu’entendez-vous par cette définition ?
J-Gabriel, pardonnez-moi de n'avoir pas répondu plus tôt. À vrai dire, je suis un peu embarrassé car j'aimerais pouvoir étayer mes dires, mais la mémoire me fuit de titres dont, sans les avoir vus, le résumé ou le synopsis m'ont paru lourds dans ce sens. Par ailleurs, je n'ai pas autant de temps que je voudrais pour pouvoir rechercher dans ma documentation.

Je vous propose donc de vous répondre au coup par coup quand la mémoire me reviendra sur tel ou tel film dont le sujet m'avait paru choquant lors de leur sortie, films que, encore une fois, je n'ai pas vus.

Mais, en attendant quelques pistes, en vrac, et au-delà du strict cinéma:
  • deux films de Polanski: Rosemary's Baby et La Neuvième Porte
  • le rôle joué par Anton LaVey et la mort subite de Jayne Mansfield
  • le développement du genre littéraire science-fiction
  • la saga Harry Potter, phénomène mondial
  • tous ces jeux vidéo où, pour gagner, il faut tuer et en tuer un maximum
J'ai bien conscience que tout cela n'est pas ordonné.

Il me revient en mémoire un film sorti il y a un ou deux ans, dont je n'ai pas retrouvé le titre, quelque chose comme Legion.

Je vous demande toute votre indulgence pour ce brouillon de réponse.

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Re: à propos de l'hérésie du Sacré-Coeur

Message par patrik111 » mar. 09 août 2011 23:46

J-Gabriel a écrit :
patrik111 a écrit :Qu'en pensez-vous?
[...] Je ne sais pas quoi penser, car je ne sais pas où se trouve la dite thématique sataniste dans les productions hollywoodiennes ! Vous avez mentionné plus haut Mad Max , La Passion par Mel Gibson et du même auteur Apocalypto.
Je n'ai pas mentionné Mad Max comme sataniste, j'ai juste dit que Gibson n'était visiblement pas sorti de sa fascination pour la violence et que le fait qu'il ait tourné Apocalypto après La Passion ne fait que me confirmer dans cette opinion.

La passion (c'est le cas de le dire) que les cathos tradis se sont mis à éprouver pour Gibson m'a passablement exaspéré à l'époque.
Dernière modification par patrik111 le mer. 10 août 2011 22:51, modifié 1 fois.

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Satanisme dans la culture

Message par patrik111 » mer. 10 août 2011 7:48

J-Gabriel,

J'aurais dû mentionner également la présence d'influences satanistes dans le rock et les formes «musicales» dérivées. En vrac, là aussi:
  • Sympathy for the devil de Mike Jagger
  • l'album Sergeant Pepper des Beatles, avec la photo de Crowley en médaillon
  • Led Zeppelin, et Jimmy Page en particulier
  • Lady Gaga
Liste non ordonnée là aussi.

Je n'ai qu'une connaissance théorique de ces phénomènes, car, à la différence de beaucoup de gens de ma génération (ado en 1968), cela n'a jamais été ma culture musicale. Mais j'ai été amené à m'y intéresser ces dernières années.

Voilà. Une réflexion en marge: j'ai peur que nous ne soyons en train de détourner le fil de discussion sur l'hérésie du Sacré-Cœur. Peut-être faudrait-il transférer notre échange vers un nouveau fil.

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Re: à propos de l'hérésie du Sacré-Coeur

Message par J-Gabriel » mar. 23 août 2011 23:41

Pour le cinéma déjà et d’une façon superficielle, mon sentiment est le suivant:
dans Jean 8 : 44 le Christ dénonce Satan comme père du mensonge. Or, le cinéma, d’une manière générale, pour moi c’est de la fiction, donc du mensonge déguisé en quelque sorte. Ainsi on pourrait dire que toute oeuvre cinématographique est sataniste en fin de compte. Or ce n’est pas vraiment le cas, car le cinéma jusqu’à maintenant ne m’a jamais éloigné de la communauté ecclésiale, ni même mit en péril ma foi. En ce sens je ne peux pas dire que le cinéma soit là pour me perdre ou alors Satan fait mal son boulot en ce domaine.

Bien-entendu ce n’est pas une conclusion, mais en gros mon avis sur ce thème.

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Re: à propos de l'hérésie du Sacré-Coeur

Message par patrik111 » mer. 24 août 2011 0:43

Bonjour J-Gabriel.

Ne pensez-vous pas que cette discussion mériterait un nouveau fil? Nous sommes en train de squatter un fil lancé par quelqu’un d'autre. C'est en partie ma faute car j'ai rebondi sur les propos d'Anne-Geneviève.

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