à propos de l'hérésie du Sacré-Coeur

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Antoine
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Message par Antoine » mer. 21 juil. 2004 0:05

mon goût pour l'échange oecuménique a bien de la difficulté à se sentir à l'aise.
Ce forum n'est pas un forum oecuménique. Il est un forum orthodoxe.
Ouvert à tous ceux que l'orthodoxie intéresse certes, mais il reste un forum orthodoxe. Le catholicisme romain y est considéré comme une hétérodoxie et il ne faut pas demander qu'il lui soit réservé un traitement de faveur diplomatique comme au sein d'une commission mixte. Il faut haïr l'hérésie et aimer l'hérétique disent les Pères. Ceci est toujours difficile à faire car dès qu'une déviation sera dénoncée comme hérésie les adeptes de cette déviation se sentiront inévitablement démasqués comme hérétiques.
Il est aussi facilement démontrable qu'historiquement, c'est Rome qui s'est séparée de l'Eglise indivise endossant ainsi l'étiquette de "schismatique". Comme cette vérité est contraire à sa propagande , nous comprenons que ceux qui découvrent cet aspect des choses dans nos propos soient choqués, surtout en cette époque où l'oecuménisme se construit sur le relativisme dogmatique et dans un pays dans lequel l'orthodoxie n'a droit au chapître que par l'intermédiaire de quelques individus entièrement dévoués à la puissance catholique romaine.
Force est de constater que le soi disant dialogue oecuménique n'a pas avancé d'un pouce. Seul l'uniatisme s'en est trouvé renforcé par la stratégie du double langage permanent de Jean Paul II fidèle sur ce point à la papauté millénaire.
Mais je veux bien passer outre à ces sentiments pour continuer de fréquenter ce site. Je connais bien le côté catholique de la foi, et je suis intéressé par la face orthodoxe.
Il n'y a pas de "côté catholique de la foi". Cela ne veut rien dire. Il y a bel et bien une hérésie catholique romaine. Lorsque le catholicisme énonce une vérité de foi dans la Vérité, cette vérité est nécessairement orthodoxe.

Jean-Marie Gourvil
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l'origine de la dévotion au sacré coeur

Message par Jean-Marie Gourvil » mar. 31 août 2004 20:54

Petit complément d'histoire.
La question de la dévotion au Sacré Coeur est complexe, même à l'intérieur du catholicisme. Henri Bremond dans son "Histoire littéraire du sentiment religieux" en 10 volumes, 1910-1930 essaie de refaire l'histoire de cette dévotion.
Contrairement à ce qui est souvent dit l'origine de cette dévotion n'est pas Ste Marguerite Maire Alacoque et ses soutiens jésuites mais un peu avant, St Jean Eudes, en Normandie et les eudistes. Bremond présente bien l'évolution entre ces deux dévotions.
Les historiens de la mystique normande au XVIIème et mes propres travaux ( cf. texte d'une conférence perso. tirée d'actes d'un colloque sur le sujet disponible via paradosis@wanadoo.fr )montrent que le milieu normand était traversé par les divers courants qui constituaient la galaxie de la spiritualité catholique au XVIIème : notamment un courant dionysien (la mystique abstraite disent les spécialistes) dans lequel il faut situer Marie des Vallées et Jean de Bernière et un fort courant lié à Bérulle dans lequel il faut situer St Jean Eudes et le Baron de Renty. St Jean Eudes vivra le dernier à la fin du XVIIème au moment des condamnations des derniers mystiques. Il fut marqué par la mystique dionysienne puis par la mystique de Bérulle dont il est le disciple normand via Condren... avant de prendre son autonomie en raison sans doute des tendances jansénistes des oratoriens. La question capitale qui agite le milieu normand est celle de l'union à Dieu et de la déification. Alors que les normands de la mystique abstraite (disciple de Benoît de Canfield) ont une approche classique assez peu éloignée des Pères grecs, les bérulliens vont proposer une approche de l'union à Dieu qui se limite à une adhérence à Jésus. On peut lire, dans ce contexte, l'invention de la dévotion au sacré coeur comme une hérésie, elle l'est, mais aussi comme une tentative ultime d'explication de l'union à Dieu en dehors des catégories de la tradition et ceci dans un contexte de lutte contre les mystiques. Je perçois la doctrine de St Jean Eudes comme la résultante d'un drame théologique et politique: comment défendre l'union à Dieu dans une fin de siècle qui ne veut plus de théosis et qui menace les derniers mystiques d'embastillement. La fusion (ontologique) des coeurs (doctrine de St Jean Eudes) est un ersats de la tradition. Hérésie oui, mais aussi combat ultime. Après St Jean Eudes les Jésuites vont rendre la tentative de St Eudes plus sentimentale. Au XVIIIème les mystiques auront disparu. Le sentimentalisme religieux l'emportera avant la révolution et pendant la révolution (les vendéens prendront le coeur de Jésus comme symbôle). La reconquête catholique du XIXème se fera, sans mystique autour de la dévotion au sacré coeur (cf la basilique de Paris).
Tout ceci est mieux expliqué par Henri Bremond et par Louis Cognet... auteurs que les orthodoxes français ont souvent plaisir à lire.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » jeu. 02 sept. 2004 15:04

Vous avez tout à fait raison de rappeler que tout cela a existé en France. Nous qui nous sentons tout fiers d’avoir retrouvé la tradition des Pères de l’Église, nous ne devons pas oublier qu’un souvenir a longtemps subsisté en Occident qu’autre chose avait existé ailleurs et pourrait exister encore. Mais laissez-moi vous dire ma conviction que les spirituels de l’époque classique ne pouvaient retrouver ce qui leur manquait qu’à la condition de considérer les Pères non pas comme un simple objet d’études historiques (n’oublions pas leurs travaux historiques et leurs traductions), mais comme des Maîtres indépassables, capables de nous donner beaucoup plus que ce long effort d’ascèse et d’union à Dieu des “mystiques” français de l’époque classique. Je ne veux pas du tout leur reprocher de n’avoir pas su retrouver cet enseignement, c’était probablement impossible, mais je veux dire que c’est uniquement dans l’enseignement des Pères qu’ils pouvaient retrouver cet équilibre et cet épanouissement de la prière dans la vérité qu’ils ont recherché avec tant d’ardeur.

Vous expliquez comment Jean Eudes a pu préconiser une adhérence du cœur à Jésus qui permet de comprendre que les Vendéens aient pu prendre le cœur de Jésus comme emblème puis qu’ils aient pu être indûment récupérés par les ultramontains. Je souhaite que vous puissiez progresser dans votre étude de synthèse de ce long cheminement, mais je ne pense pas qu’il soit possible de rechercher une convergence avec les Pères.

Si nous pouvons, nous occidentaux orthodoxes, former le dessein de retrouver la voie des Pères c’est parce qu’une profonde inflexion, on pourrait même dire qu’un retournement, est survenu dans la civilisation occidentale. Nous ne la ressentons plus comme possédant de droit une validité universelle. Tout au moins un certain nombre de gens en sont venus à douter de l’Occident et de son universalité. Dès lors il devient possible, et même nécessaire de croire qu’un enseignement de vérité peut exister ailleurs. Effectivement il existe, mais on ne peut le trouver que dans l’Église orthodoxe.

Je ne peux considérer les recherches qui ont existé hors de l’Église orthodoxe, si généreuses soient-elles, que comme des réminiscences, des tâtonnements ; pour qu’il s’agisse de véritables recherches spirituelles, il faut qu’elles admettent qu’une Révélation nous est apparue, et que l’Église orthodoxe en est la dépositaire. S’il a été impossible pour les spirituels de l’époque classique de retrouver dans l’enseignement des Pères une source vivante, c’est parce qu’ils ne considéraient l’Église d’Occident que comme la suite naturelle de l’Église antique. Il ne leur était pas encore possible de mettre en cause ce cadre historique.

Encore un mot : le mot “mystique” peut induire en erreur, parce qu’on l’appliquait à un certain nombre de spirituels français de l’époque classique, dont la recherche était — je le crois vraiment — très authentique. Mais depuis cette époque, et durtout je pense depuis la fin du XIXème siècle, le mot a été utilisé pour désigner un certain nombre de phénomènes pathologiques, qui n’ont de religieux que l’apparence et qui sont plus somatiques que spirituels. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir comment et à quelle époque, et dans quel contexte a pu se faire ce glissement sémantique. Mais cette “mystique”-là n’a rien à voir avec la précédente.
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr

Jean-Marie Gourvil
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sur le coeur de Jésus

Message par Jean-Marie Gourvil » jeu. 02 sept. 2004 22:32

Cher Jean Louis Palierne

La lecture quotidienne des Pères depuis presque quarante an m'a permis de ne pas mourrir. Cette expression n'est pas un effet de langage. L'incroyable unité de la Tradition vivante qui part des Pères d'Egype, des cappadociens, des syriens, des byzantins et va jusquà St Nectaire, St Silouane, St Jean de Cronstadt et de l'Ancien Joseph l'Hésychaste, dont Jean Claude Larchet a facilité la publication de la vie et de l' enseignement en France, fait mon bonheur. Cette Tradition est le socle unique, fondamental celui qui m'a fait revenir à la vie.
Mais vivant en France et ancien catholique il n'est pas possible de ne pas revenir en arrière sur l'histoire de l'Eglise catholique comme l'on revient sur une histoire de famille dont les drames marquent plusieurs générations.
Il est intéressant de voir encore à une époque tardive la lumière de la Tradition affleurer sous la terre noire, transparaître à travers le verre passé à la fumée. Il ne s'agit pas de dire "revenons au XVIIème". Si les grands mystiques du XVIIème n'ont pas réussi à passer le cap c'est que la doctrine catholique et le contexte politique ne le permettaient pas. Leur voie était impossible, leur combat étaient le combat d'une dernière génération. Mais il faut regarder ces figures vivre comme les acteurs d'un drame, le drame même de l'éloignement progressif et de plus en plus profond de la Tradition. Malgré les compromis d'expression, malgré des dissimulations de mots, ils ont tous été condamnés, oubliés, ridiculisés (je pense aux travaux de Michel de Certeau sur le Père JJ Surin). Je les considère non comme martyres mais comme victimes. Comme tous ceux qui vivent un drame ils sont dignes de compassion.
La lecture des mystiques du XVIIème ne me fait pas rêver de revivre au siècle de Benoit de Canfield ou de Jean de Bernières mais me précipite vers "mes" Pères et me fait dire je suis bien là. C'est ici ma demeure. Mais on ne peut oublier notre histoire et oublier les cicatrices de l'histoire qui sont aussi nos cicatrices.
Par ailleurs dans les dialogues avec nos amis, les membres de nos familles catholiques il est bon de leur dire "regarder ces saints" (ceux du XVIIème ou d'autres siècles), "lisez-les" et maintenant pourquoi ne pas vivre ce qu'ils ont cherché dans l'orthodoxie.
Aucune restauration catholique n'est possible, le chemin est celui de l'analyse de l'histoire, la conscience des faux chemins et la prière que nous disons tous plusieurs fois par jour "par les prières de nos saints Pères ...."
Cette voie évite de faire de l'orthodoxie une Eglise orientale et permet de montrer que sous le drame que vivaient les disciples du Père jésuite Louis Lallemant par exemple, se fait sentir la nécessité profonde de revenir aux Pères et ceci dans l'orthodoxie. Enfin je me méfierai d'un occidental qui ferait le saut dans l'orthodoxie sans comprendre pourquoi il le fait et sans saisir que dans ce saut il guérit une cicatrice "mystique" historique profonde. Il pourrait y avoir des catholiques qui passeraient à l'orthodoxie sans prendre conscience du bonheur de l'ancrage dans la sainteté des Pères et sans vraiment dénouer les turpitudes spirituels qui les habitent. Parmi les orthodoxes d'origine française combien lisent régulièrement les Pères? Ils peuvent les lires pour "faire St Serge" mais combien en sont abreuvés? Ils ne refusent pas les Pères mais sont méfiants, ils disent "attention avec les Pères!!!" "Il ne faut pas tout prendre..."et tiennent sans le savoir le discours de Bossuet embastillant les mystiques ou faisant condamner Jean de Bernières et tant d'autres. Niez les turpitudes qui se reproduisent dans sa famille de génération en génération c'est souvent le bon moyen de recommencer à commettre les même méfaits sans s'en rendre compte. Tout mon amitié.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » ven. 03 sept. 2004 1:10

Oui, il serait important de rappeler quel rôle l'Eglise gallicane a joué dans la conservation du sentiment que quelque chose d'autre avait existé. Il faudrait arrêter de s'illusionner: sans la Révolution française et ses conséquences (la Constitution civile du clergé, la chute de la monarchie, la persécution religieuse et finalement le Concordat de 1801), l'ultramontanisme n'aurait pas pu triompher au XIXème siècle. Pourquoi s'obstine-t-on à ne pas comprendre que si le dogme de l'infaillibilité pontificale n'a été promulgué qu'en 1870, c'est parce que cette proclamation aurait été inimaginable tant qu'a existé l'Eglise gallicane?

Il serait temps de rappeler cette vérité qu'en 1801, au moment du Concordat, il y a eu accord entre Pie VII et Napoléon Bonaparte pour liquider l'Eglise gallicane en imposant la démission à tous les évêques, à ceux qui avaient résisté à la Constitution civile du clergé aussi bien qu'aux évêques "constitutionnels", afin de pouvoir nommer un épiscopat à leur convenance; que tous les évêques de la "Grande Eglise" en communion avec le Vatican tirent leur épiscopat de ce coup d'Etat ecclésiastique voulu par Pie VII et Napoléon Bonaparte; et que, par conséquent, les seuls héritiers de l'Eglise catholique romaine telle qu'elle a existé en France entre 1054 et 1790 sont les fidèles de la "Petite Eglise" du Poitou, du Lyonnais et du Charollais.

Entre 1790 (Constitution civile du clergé) et 1870 (proclamation de l'infaillibilité pontificale), il y a vraiment eu remplacement d'une Eglise par une autre, tout en conservant le même nom, les mêmes apparences extérieures, etc.

C'est un peu le fil conducteur de la biographie que Jean Besse avait consacrée au père Guettée: Un précurseur. Du gallicanisme à l'Orthodoxie, montrant comment Wladimir Guettée fut à peu près le seul gallican suffisamment cohérent pour se rendre compte que la seule voie possible était le retour à l'Orthodoxie.

Stephanopoulos
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Message par Stephanopoulos » mar. 06 sept. 2005 23:36

Bonjour à tous,

Je crois qu’il n’est pas inutile de publier ici le petit texte d’introduction à la fête hérétique du sacré-coeur (p. 676 du Missel quotidien des fidèles de 1962; à l'usage de l'ordo dit "de saint Pie V") :

“En 1675, une religieuse de la Visitation, sainte Marguerite-Marie, entendit Jésus lui dire : “Voici ce coeur qui a tant aimé les hommes.” Il lui demandait de développer dans le monde la dévotion de son Coeur. L’Eglise vit, dans le mouvement qui s’ensuivit, un moyen de lutter contre les erreurs récentes. Le calvinisme et le jansénisme préchaient un Dieu inexorable qui n’étendait pas son amour à tous les hommes. A la fin du XVIIIème siècle, la fête du Sacré-Coeur était instituée. L’office actuel date de 1929.
Mais la dévotion du Coeur de Jésus est beaucoup plus ancienne. Les mystiques, dès le XIIème siècle, de la contemplation des blessures du Christ, passèrent à celle de son Coeur.
Tout l’amour de Dieu a fait battre un coeur d’homme, celui de Jésus. A ses réactions, nous avons connu quelque chose de la profondeur infinie de l’amour divin. A ses souffrances, nous avons pu mesurer la gravité de notre ingratitude. Adoration et contemplation de l’amour infini d’un coeur de chair, consolation d’un coeur blessé, telle nous apparaît la dévotion des saints. Avant eux, Jean l’Evangéliste nous avait parlé avec instance de la plaie du côté, dont il avait vu couler de l’eau et du sang et où il avait reconnu un signe de l’amour de Dieu. Le Christ nous rachetait par l’eau, c’est-à-dire en répandant sur nous sa vie divine dont l’eau est l’image. “Non point par l’eau seulement, mais par l’eau et le sang”, c’est-à-dire qu’il nous donnait sa vie divine par sa mort. Le sacrifice était la marque suprême de son amour, il en était aussi la marque la plus efficace. C’était par lui que la Nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes était scellée, et que nous étions sauvés.”

On peut remarquer que ce texte fait référence à la dévotion des "mystiques" du XIIème siècle pour les plaies du Christ; il n'y a rien d'étonnant à cela étant donné que c'est le pape Grégoire VII qui a mis en place la fausse spiritualité doloriste et le christianisme gore!
Aucun rapport avec saint Jean l'Evangéliste qui témoigne fidèlement de ce qu'il a vu!
Le second passage que j'ai mis en gras prouve que l'étude du Père Guettée sur ce sujet est sans contestation possible authentique.
Ce culte et sa doctrine tombe donc irrémédiablement sous le coup de l'anathème des Conciles d'Ephèse et de Chalcédoine!
Stephanopoulos

Jean-Marc
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Message par Jean-Marc » mer. 07 sept. 2005 11:35

Ne rendre un culte qu'à une seule des deux natures de Jésus-Christ constitue une grave déviance de la piété puisque ces natures sont indissociablement unies en une seule hypostase. Mais la question du Sacré-Coeur s'arrête là : une dévotion erronée et même peccamineuse pour ceux qui s'y adonneraient en connaissance de cause. D'ailleurs, en général, les dévots du Sacré-Coeur ne comprennent pas leur erreur et ne songent bien sûr pas à croire qu'il y aurait deux personnes en Jésus-Christ et qu'ils se réserveraient de rendre grâce à la personne humaine ! En fait, ils oublient surtout que les deux volontés du Christ, qui correspondent à ses deux natures, sont unies et coopérantes et ne peuvent être dissociées même dans une dévotion sentimentale à son "coeur de chair", à son "amour de frère pour les hommes" (expressions inconsistantes, sentimentalistes et non-théologiques, la seconde relevant plus du verbiage kto contemporain).
Tout cela ne signifie pas pour autant que l'Eglise romaine ait adhéré à l'hérésie nestorienne puisqu'elle maintient invariablement les mêmes définitions conformes aux Conciles dans tous ses catéchismes.

romaric
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Message par romaric » mer. 07 sept. 2005 13:48

Cher lecteur Claude,
Je suis, comme toujours, fort etonné de la proximité de nos vues. J'ai l'impression qu mes interventions ne serviront plus à rien tant que vous vous exprimerez sur le forum.
Mon intime conviction a toujours été que la récupération des martyrs de Vendée au profit de l'ultramontanisme avait été ce qui avait définitivement écarté le peuple français de ce qu'il lui restait d'instinct d'orthodoxie.
Je suis persuadé que les "apparitions" à Marie Alacocque visant à faire incrire sur les armes de France le Sacré-Coeur ne sont pas que de l'illusion spirituelle, mais une suggestion démoniaque: l'adoption de l'hérésie jésuite par le Royaume gallican aurait signé la mort du gallicanisme, c'est à dire des dernières traces d'Orthodoxie en France.

Stephanopoulos
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Message par Stephanopoulos » mer. 07 sept. 2005 23:03

Jean-Marc a écrit :

"Tout cela ne signifie pas pour autant que l'Eglise romaine ait adhéré à l'hérésie nestorienne puisqu'elle maintient invariablement les mêmes définitions conformes aux Conciles dans tous ses catéchismes."

Cela signifie surtout que l''église du pape n'est pas inspirée, qu'elle est contradictoire et qu'elle se fiche éperdument de la santé spirituelle de ses fidèles en inventant des dévotions qui ne servent que sa propre politique.

De toute façon cela ne justifie pas que l'on fête, adore ou vénère le coeur de chair du Christ, tout en sachant que la définition des saints conciles d'Ephèse et de Chalcédoine condamne ce genre de dévotion. Le fait que Rome et ses fidèles ne confessent pas en coeur et par écrit que la doctrine de Nestorius est vraie, n'enlève pas l'hérésie contenue dans le culte du "Sacré-Coeur". C'est un peu comme si le vatican instaurait le culte (arien) du "Christ-Homme" (pour faire plaisir aux musulmans) tout en confirmant, dans son cathéchisme, la validité des saints conciles de Nicée et de Constantinople; et ainsi de suite avec les autres hérésies.
Il faut bien que l'ignorance des fidèles serve à quelque chose!

Non, je regrette, mais je trouve cela odieux!
__________________________

Je publie à nouveau un extrait de l'ouvrage du Père Guettée que Claude à déjà publié sur ce fil, cela me semble nécessaire :

"L'évêque qui a prononcé de telles paroles s'étend en vain sur l'union de l'humanité avec le Verbe et sur le coeur symbolique, il n'en est pas moins affirmé: que l'humanité de Jésus-Christ en elle-même est adorable; que le corps est adorable; que le coeur est adorable; qu'ils ne sont pas adorés d'une seule et même adoration s'adressant à la personne divine.
Il est vrai que l'évêque du Mans n'enseigne pas une doctrine qui lui soit personnelle; sa doctrine est celle de son Eglise, comme il a soin de la déclarer.
Or, cette doctrine est hérétique, et a été condamnée par les deux conciles oecuméniques d'Ephèse et de Constantinople (431 et 554 - NdL).
Le premier de ces conciles approuva le huitième anathème de saint Cyrille dans lequel on condamnait celui qui n'adorait pas l'Emmanuel ou la personne divine Jésus-Christ par une seule adoration.
Le deuxième concile oecuménique de Constantinople s'exprime ainsi: "Si quelqu'un soutient que Jésus-Christ doit être adoré dans chacune de ses natures, de manière qu'il introduise deux adorations, l'une de Dieu, l'autre de l'homme en Jésus-Christ, au lieu d'adorer par une seule et unique adoration le Verbe incarné et la nature humaine qu'il s'est rendue propre et sienne, ainsi que l'Eglise, par une tradition constante, l'a toujours cru et observé, qu'il soit anathème."
Les cordicoles cherchent à échapper à cette condamnation en prétendant que leur adoration ne s'adresse au coeur qu'à cause de l'union hypostatique de l'humanité avec la divinité. Nestorius avait recours au même subterfuge, comme le lui reprochait Théodote d'Ancyre en plein concile d'Ephèse, mais ce subterfuge n'empêcha pas les Pères de condamner ses erreurs, car il n'y avait recours que pour dissimuler la division qu'il établissait dans la personne unique du Verbe incarné.
L'Eglise romaine divise non-seulement la personne unique du Verbe pour rendre à chacune des deux natures une adoration, mais elle divise la nature humaine pour adorer séparément le coeur matériel de Jésus-Christ; elle va donc plus loin que Nestorius lui-même, et son hérésie est plus monstrueuse encore."

(Wladimir Guettée, De la Papauté, Editions L'Âge d'Homme, Lausanne 1990, pp. 255-256.)
Stephanopoulos

romaric
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Message par romaric » jeu. 08 sept. 2005 13:58

Chers tous,
Je voudrais revenir sur l'etonnement du lecteur Claude face au paradoxe des monophysites qui admettent l'hérésie nestorianisante du Sacré-Coeur dans leurs rangs. Il m'est venu, ce matin, une idée: peut-être leur est-il impossible de voir en cette dévotion un hérésie, puisque la nature humaine du Christ n'existe plus, fondue, ou pour mieux dire fusionnée qu'elle est, selon eux, àdans Sa nature divine.
Dès lors le Coeur de Jésus, même materiel, est bien de nature divine, car tout dans le Christ, jusqu'à Son Corps, est divin.

Sylvie
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Message par Sylvie » jeu. 08 sept. 2005 16:03

Témoignage d'une Catholique,

J'ai un grand amour au Sacré Cœur de Jésus. Lorsque je vois une statue ou image du Sacré Cœur, ce n'est pas au cœur charnel que je m'arrête mais à Jésus en entier. L'image de Son cœur est là pour me rappeler son Amour, sa grande Miséricorde pour moi pécheresse.

Il me semble que chez les juifs le mot cœur ne signifie pas seulement le cœur charnel mais l'être intérieur en entier. C'est comme cela que je vis la dévotion au Sacré-Cœur. Mais je ne suis pas spécialiste des mots ni des apparitions du Sacré Cœur.

Sylvie

Jean-Marc
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Message par Jean-Marc » jeu. 08 sept. 2005 17:11

Je pense que si un fidèle latin a été habitué à rendre une dévotion particulière au Sacré-Coeur dès sa prime jeunesse, il est difficile de le convaincre de la dérive que représente ce culte.
En revanche, moi-même, y compris du temps où je ne questionnais pas mon appartenance à Rome, je n'ai jamais eu d'attirance particulière pour cette dévotion, si ce n'est par sympathie pour la révolte des Chouans et des Vendéens.
Il me semble que, pour aimer le Christ, il n'est pas nécessaire de disséquer cet amour. L'attachement à une personne, en l'occurence divino-humaine, ne se divise pas, ne se porte pas sur un aspect isolé et particulier dans une sorte de fétichisme platonique. Le Christ est Amour pour les hommes dans tous ses actes, dans toutes ses paroles, dans tous ses gestes. Il est Amour lorsqu'Il prêche sur la montagne, au Thabor lorsqu'Il est transfiguré, au Cénacle lorsqu'Il institue l'Eucharistie, sur la Croix lorsqu'Il expire, aux enfers lorsqu'Il vient y chercher les âmes des justes et enfin au Ciel lorsqu'il règne en Pantocrator à la droite du Père. L'Amour qu'il éprouve pour nous et pour la Création est le fruit des deux volontés humaine et divine qui coopèrent en Sa Personne unique. Il est la cause même de Son Incarnation et de Son Sacrifice sur la Croix. Afin de rendre grâce pour cet Amour du Christ, il convient d'adorer Sa Personne toute entière laquelle n'est pas fractionnable ou disséquable.

Sylvie
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Message par Sylvie » jeu. 08 sept. 2005 19:36

Cher Jean-Marc,

Je n'ai jamais eu cette impression de disséquer Jésus. Je ne m'arrêtais pas au cœur charnel.

Est-ce que j'ai mal compris la dévotion au Sacré-Cœur ? Je vais aller voir dans mes livres KTO.

Amicalement

Sylvie

Stephanopoulos
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Message par Stephanopoulos » jeu. 08 sept. 2005 22:19

Il me semble que le texte d'introduction du Missel tridentin de 1962 est assez clair :"Adoration et contemplation de l’amour infini d’un coeur de chair..."

Et que dire alors du "Coeur Immaculé" de Marie?
Stephanopoulos

Sylvie
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Message par Sylvie » jeu. 08 sept. 2005 23:14

Tant qu'à y être, que dire de la nouvelle dévotion des Coeurs unis de Jésus et Marie ? Est-ce que vous la connaissez ?

Sylvie

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