UACORO

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samuel
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Message par samuel » jeu. 12 mai 2005 15:15

Est-il possible que l'histoire est été falsifiée à ce point ?

Glicherie
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inquiétude

Message par Glicherie » mar. 06 sept. 2005 10:59

Je vous soumet mon inquiétude, au sujet de l'UACCORO.

A cette heure, le Sf Synode Serbe a donné sa réponse et proposé ses modalités d'entrée dans l'Eglise Orthodoxe à l'UACCORO.
Non encore traduite, on ignore le contenu de cette lettre, mais on a peine à imaginer qu'elle permettrai une reprise en l'état et la pratique du pseudo-rite occidental...

Déja, une majorité de membres de cette association semble prête à intégrer les "coptes français" de Bethanie, parcequ'ils pratiquent le "rite des gaules", et uniquement pour cela.
D'autres envisagent sérieusement un retour à l'écof, alors qu'ils en étaient courageusement partis en dénonçant la non-canonicité de ce groupe marginal, toujours pour la même raison: pratiquer le pseudo rite des gaules!

L'idée de voir des personnes sincères prolonger leur errance hors de l'Eglise Orthodoxe pour préserver une fiction, un héritage idéologique, se privant ainsi de la plenitude de la vie en Christ dans l'Eglise, dépositaire mystique de la Grâce, m'est pénible.

La Divine Liturgie n'est-elle pas, plus que la manifestation d'une identité culturelle ou ethnique, la réponse aimante de l'homme à l'Amour premier, inconditionel et gratuit du Dieu tri-unique ?

Les mystères ne sont ils pas avant tout l'action du Christ présent par l'Esprit Saint parmis nous, plus que la mise en oeuvre d'anciens formulaires gallicano-mozarabes ?

L'Eglise n'est-elle pas, plus qu'une institution nationale autonome, le lieu universel de la communion des hommes entre eux et avec le Dieu tri-hypostatique, application du commandement du Seigneur "tu aimera ton Dieu de tout ton coeur et ton prochain comme toi-même", l'arche du Salut pleine de la Grâce déifiante ?

Je vous invite à prier ces jours ci pour ces chrétiens, posé devant un choix crucial pour leur vie, afin que le Saint Esprit de Dieu les inspire.

Jean-Marc
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Message par Jean-Marc » mar. 06 sept. 2005 11:17

Ce qui m'étonne, c'est que ces gens soient autant attachés à cette construction artificielle qu'est ce "rite des Gaules". En tant que catholique, je peux vous dire que ce constructivisme abstrait qui a présidé au travail de Kovalevski a également fait beaucoup de mal au rite romain dans le cadre des réformes postconciliaires (Vatican II) menées par le liturgiste italien Mgr BUGNINI. Cela dit, le résultat obtenu par l'ECOF, auquel j'ai assisté deux fois dans ma vie, est, à la limite, plus "réussi" en termes de sacralité et de respect de certains principes traditionnels, que la "messe de Paul VI"...
Il n'en reste pas moins que je comprends mal la démarche écofienne, même à l'origine. Pourquoi ne pas prendre exemple sur les paroisses du patriarcat d'Antioche en Amérique et ne pas utiliser le rite romain corrigé de ses "déviances" "post-schismatiques" et le chant grégorien qui est un trésor spirituel irremplaçable au même titre que le chant de Byzance. Je crois savoir que certaines paroisses américaines utilisent aussi le rite dit de Sarum (Salisbury), à peu près entièrement conservé à la différence de celui des Gaules, ou le rite anglican ce qui me paraît plus discutable, ce dernier étant artificiel. Par ailleurs, il semble dans les deux premiers cas que l'anglais n'ait pas complètement supplanté le latin ce qui permet l'usage des mélodies grégoriennes. On est loin du fatras de l'Ecof avec ses prières gallicanes chantées sur des pseudo-mélodies russes...

Antoine
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Message par Antoine » mar. 06 sept. 2005 13:21

Pourquoi [...]ne pas utiliser le rite romain corrigé de ses "déviances" "post-schismatiques"
Pourquoi aller chercher ailleurs alors qu'il y a tout ce qui est nécessaire dans le rite de St Jean Chrysostome?
Il ne suffit pas de corriger des "déviances" au risque d'en oublier ou d'en commettre d'autres; Il ne suffit pas d'avoir une bonne note en grammaire dogmatique; il faut s'imprégner de la spiritualité orthodoxe que l'on ne trouve nulle part ailleurs que dans le cycle liturgique de St Jean Chrysostome. Ce n'est pas en se mettant des gouttes dans le nez qu'on respire l'Esprit Saint.

Jean-Marc
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Message par Jean-Marc » mar. 06 sept. 2005 14:48

Antoine,

Dans le rite romain, le cycle liturgique, notamment le Temporal, est bien antérieur aux réformes tridentines, aux théories scolastiques, et plonge dans le Haut moyen-âge d'avant le schisme Ex: l'Avent, le Carême "occidental", le Temps pascal, les dimanches "après la pentecôte", le principe des vigiles et des octaves... De même les péricopes scripturaires et le Canon eucharistique (anaphore) remontent au premier millénaire commun. Enfin le chant grégorien, sur le plan des principes mélodiques, est tout à fait antique. Quant aux textes, si certains sont d'origine ecclésiastique et récents, un grand nombre sont antérieurs au XI ème siècle ou en tous cas tirés directement des Ecritures "version Vulgate-St Jérôme".
Bien sûr, il y a des fêtes et des textes inacceptables pour les orthodoxes : filioque, Fête-Dieu, Immaculée Conception, Sacé-Coeur, Coeur de Marie, Précieux Sang... mais l'essence de l'antique liturgie ne me paraît pas atteint par ces formulaires de "propres" de messes. La correction des doxologies des oraisons (filioquistes pour certaines) par exemple, n'est pas un travail constructiviste ou insurmontable pour apurer le rite. Prenons le cas du chant grégorien, dans votre propos, il disparait à jamais alors qu'il est propre, par les vertus que Dieu a bien voulu lui donner, à permettre aux fidèles d'approcher Ses mystères. N'est-ce pas enterrer le talent au lieu de le faire fructifier ?

romaric
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Message par romaric » mar. 06 sept. 2005 15:56

Chers tous,
Je suis d'accord avec Jean-Marc: je ne pense pas que l'oeuvre de "restauration" arbitraire de Mgr Kovalevsky soit comparable avec une rectification de la messe tridentine, qui elle plonge ses racines, sans interruption, malgré les hérésies nombreuses, dans le terreau orthodoxe. Bein sûr je ne vois pas très bien l'utilité de na pas célébrer Saint Jean Chrysostome sous le pretexte que l'on est un occidental converti. Ceci dit, l'acceptation d'un rit romain rectifié (qui a existé et existe toujours dans l'Orthodoxie) me semble poser nettement moins de problèmes que la reconstitution arbitraire du fameux rit des Gaules.

Antoine
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Message par Antoine » mar. 06 sept. 2005 16:26

Jean-Marc

Pour la musique vous pouvez prendre les textes de St jean Chrysostome et les chanter sur du ton grec, du Znameny, du ton slave harmonisé, du ton roumain, du Grégorien, l'essentiel est que le caractère liturgique de la musique soit respecté. J'avoue que le Grégorien m'ennuie et je ne lui trouve pas la profondeur , la chaleur et la pureté du chant grec ou du Znameny. Rien que la façon de poser la voix en grégorien m’exaspère. Mais cela n'engage que moi et ma sensibilité musicale.

Quant à la spiritualité il y a de grandes différences entre un Saint Basile , un St Jean Chrysostome, un Grégoire de Naziance, un St jean Damascène un Romanos le Mélode d'un côté et des Pères latins comme St Jérôme ou Tertullien (qui a oscillé entre Grande Eglise et secte montaniste) et avec lesquels j'ai peu d'affinités.
J'aime un St Hilaire, un St Ambroise un St Cassien chez lesquels je vais retrouver la chaleur et la miséricorde orthodoxe. Je ferais donc un tri chez les Pères latinophones en fonction de leur aptitude à la "délatinisation", en fonction non pas d'une date arbitraire d'un schisme dont le ferment remonte à Augustin, mais en fonction de leur capacité à appréhender la vie "mystérique" et la théoria plutôt qu'en fonction de ratiocinations élaborées. Je me demanderais même, au risque d'en faire hurler plus d'un, dans quelle mesure la langue latine en tant que telle n'a pas contribué à la fermentation du schisme. Ce qui fait une langue ce sont les auteurs et ce qui fait les auteurs c’est la langue dans laquelle ils se font.
Pour les textes liturgiques donc, le cycle de St jean Chrysostome m'épargne un tri fastidieux et très délicat. Il est le plus riche de Tradition. Quand on est orthodoxe je ne vois pas l'intérêt d'aller chercher sa nourriture ailleurs. Que des catholiques romains essaient de sauver quelques meubles on peut le comprendre mais l'Orthodoxie ayant gardé intact le dépôt de la foi et la Tradition je ne vois pas en quoi elle aurait besoin d'apport devenus au fil des temps extérieurs. Le temporal latin me reste donc spirituellement étranger et je ne le regarde que comme une curiosité de brocante. Quand on est comblé par le cycle de St Jean Chrysostome dont la richesse est inépuisable, on n'a plus le temps de se consacrer à ranimer des cadavres liturgiques pour prouver à tous qu'à tel endroit il y a eu jusqu'à une certaine époque des gens qui encore etc... Aucun intérêt pour la vie spirituelle. En revanche pour alimenter la cuistrerie, les thèses des liturgistes et les conversations de forum c'est super.
D’une façon générale on peut certainement reprendre les catégories de Lossky dont le texte se trouve à la rubrique « énergies incréées » pour départager les Pères. Lorsqu’ on me parle de déification , d’énergies incréées, de théologie mystique et apophatique, je me sens chez moi. Quand on me parle de Grâce liée au libre arbitre je ne me sens aucune affinité avec cet âne « qui reste toujours un âne, même s'il porte le Christ sur son dos.»

Jean-Marc
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Message par Jean-Marc » mar. 06 sept. 2005 17:03

Antoine, je comprends ce que vous voulez dire dans la mesure où vous évoquez la liturgie au sens large, et particulièrement les Heures qui comportent de nombreux extraits des Pères ou d'écrivains eccclésiastiques, latins bien sûr dans la liturgie romaine. J'avais plus insisté de mon côté sur la célébration eucharistique.
Mais vous comprendrez que moi-même, latin en quête d'orthodoxie, je me résouds difficilement, malgré mon admiration et mon émerveillement devant les richesses du rite byzantin (que je pratique beaucoup ces derniers temps mais que je connais mal et par les melkites uniates essentiellement), à imaginer de voir disparaître le patrimoine liturgique de l'occident, le latin que vous n'aimez pas mais dont la précision incisive est admirable comme on le constate dans les collectes de la messe (pensez à l'attachement des grecs à leur langue liturgique pourtant incomprise du peuple), les mélodies grégoriennes (y compris les tons magnifiques des oraisons, des préfaces et des épitres et évangiles), les textes vénérables comme le canon romain, etc... Il me semble que cela reviendrait à une sorte d'anéantissement d'une partie non négligeable de la Tradition de l'Eglise indivise du premier millénaire.

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » mar. 06 sept. 2005 19:22

En ce qui concerne la réponse du saint synode de Serbie à l'UACORO, le texte a été remis en serbe à monseigneur Luka qui l'a donné à traduire. Pour l'instant, les horloges sont arrêtées en attendant cette traduction qui, il faut l'avouer, tarde un peu...
Mais ne pensez pas forcément à la place des autres, chers amis : le thème du stage de chant de l'UACORO qui a eu lieu ce mois d'août était... le chant des vigiles dans la liturgie selon saint Jean Chrysostome.
Pour information, bien sûr.
Encore que j'aie eu une grande tentation d'ajouter "niak, niak". Se renseigner avant de supputer, cela ne fait jamais de mal...
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » mar. 06 sept. 2005 19:34

Excusez mon brin d'agacement, mais je me joins à Glicherie pour dire plus sérieusement que l'UACORO est à un tournant décisif, que tous en sont conscients, que c'est un temps exigeant, difficile, où il ne peut y avoir aucun faux-semblant et où, dans les discussions internes, chacun va au bout de sa pensée et de sa compréhension de la situation sans compromissions mais pas sans douleur. La question liturgique n'est pas forcément la plus aiguë, d'ailleurs.
Le fait que cette traduction tarde et retarde d'autant les assemblées générales indispensables du double point de vue de l'achèvement d'une étape d'une démarche spirituelle commune et de la légalité française rend cette transition d'autant plus dure à vivre.
Alors oui, ne dissertez pas trop sur ce qui aurait pu ou du être dans l'absolu, priez pour que ce passage se fasse dans la présence de l'Esprit Saint, dans la volonté divine et dans l'orthodoxie. Car je peux témoigner d'une chose : si certains actuellement sont tentés de rejoindre les Coptes (personne à Juvisy, si c'est le cas quelque part, c'est en province), ce sera d'une part égarés sur l'orthodoxie de ces derniers par la "reconnaissance" du patriarcat de Constantinople ; d'autre part par peur d'un rejet de la part des orthodoxes de l'AEOF.
Oui, je demande vos prières à tous pour nous aider à passer ce cap. Vos prières, pas les conseils des amis de Job. Ce n'est plus l'heure. Merci.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mar. 06 sept. 2005 20:17

Glicherie a raison de nous faire part de son inquiétude. En fait la menace vient, non pas des deux lettres de mgf Athanase, président de la commission ad hoc du Synode de l’Église serbe, lettres où il invite les membres de l’UACORO à rejoindre les rangs de l’Église orthodoxe en entrant à titre individuel dans les paroisses où on célèbre de l’Église orthodoxe, c’est-à-dire les Liturgies de saint Jean Chrysostome et de saint Basile. Mais peu de temps après l’envoi de cette lettres, des membres de l’UACORO ont rencontré à Cetinije le métropolite Amphiloque du Monténégro, qui leur assuré que le rite des Gaules avait bien été reconnu par le patriarche Serge de Mescou, puis par l’Archevêque Jean Maximovitch, que c’est un beau rite, qu’il souhaiterait le célébrer et il leur a laissé comprendre qu’il le ferait dès qu’il serait élu Patriarche serbe, ce qui selon lui ne saurait tarder.

On comprend donc que certains membres de l’UACORO souhaitent rester dans l’état de choses actuel. D’autres souhaitent retourner à l’ÉCOF (en fait l’UACORO n’est guère autre chose qu’une organisation de l’opposition intérieure à l’ÉCOF). D’autres désirent se joindre au groupe dirigé au sein de l’Église copte (mais de rite occidental) par le père Alphonse Goettmann, et enfin certains envisagent d’entrer dans l’Église orthodoxe « de rite oriental ». On en saura plus à l’issue de la prochaine assemblée générale de l’UACORO en octobre. Cette AG risque fort d’être la dernière.

Glicheie a parfaitement raison de nous inviter à prier pour que cessse ces errances hors de l’Église orthodoxe.

La possibilité d’un rite occidental au sein de l’Église orthodoxe existe depuis que l’Église russe a reconnu un tel rite dans l’espoir d’attirer des fidèles venant des Églises de la communion anglicane (aux USA ils portent le nom “d’épiscopaliens”). Il existe bien quelques communautés de ce type (sans l’Archidiocèse américain du Patriarcat d’Antioche) mais il s’agit surtout d’anciens épiscopaliens traditionnalistes qui aiment pouvoir dire à leurs ex-coreligionnaires (restés épiscopaliens) « Vous voyez bien qu’on avait raison et qu’on pouvait rester ce que nous sommes tout en gardant une structure hiérarchique. » Ils se mêlent peu à la vie de l’Église orthodoxe, restent entre eux et sont en quelque sorte léthargiques.

Mais y a-t-il vraiment une bonne raison à ressusciter un “rite occidental” ? En dehors de toute question d’authenticité je crois qu’il faut répondre par la négative. L’histoire de l’Église n’est pas le fruit de l’expérience humaine, si l’Esprit l’avait voulu, les “autres rites” auraient survécu. La liturgie btzantine, qui ne se réduit d’ailleurs pas au texte des deux anaphores, mais qui comprend un gigantesque trésor de textes, de prières, d’hymnographies, de fêtes fixes et mobiles, de cycles de lectures, représente pour nous un trésor inépuisable. L’Église -- bien que pour un certain nombre de siècles elle se soit identifiée avec l’Orient, -- a fait un très grand effort de synthèse, de tri, de pédagogie, de commentaire, qui de nos jours ne cesse d’émerveiller et d’attirer les occidentaux lorsqu’ils viennent à le découvrir. Tous ceux qui ont pratiqué pour un temps plus ou moins long le pseudo-”rite des Gaules” puis se sont mis à pratiquer le rite orthodoxe dans sa plénitude comprennent quel appauvrissement représentait cette tentative artificielle.

Le rite que certains croient être seulement “oriental” attire de plus en plus directement les occidentaux et les comble de tout ce dont ils ont besoin.
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mar. 06 sept. 2005 20:19

Glicherie a raison de nous faire part de son inquiétude. En fait la menace vient, non pas des deux lettres de mgf Athanase, président de la commission ad hoc du Synode de l’Église serbe, lettres où il invite les membres de l’UACORO à rejoindre les rangs de l’Église orthodoxe en entrant à titre individuel dans les paroisses où on célèbre de l’Église orthodoxe, c’est-à-dire les Liturgies de saint Jean Chrysostome et de saint Basile. Mais peu de temps après l’envoi de cette lettres, des membres de l’UACORO ont rencontré à Cetinije le métropolite Amphiloque du Monténégro, qui leur assuré que le rite des Gaules avait bien été reconnu par le patriarche Serge de Mescou, puis par l’Archevêque Jean Maximovitch, que c’est un beau rite, qu’il souhaiterait le célébrer et il leur a laissé comprendre qu’il le ferait dès qu’il serait élu Patriarche serbe, ce qui selon lui ne saurait tarder.

On comprend donc que certains membres de l’UACORO souhaitent rester dans l’état de choses actuel. D’autres souhaitent retourner à l’ÉCOF (en fait l’UACORO n’est guère autre chose qu’une organisation de l’opposition intérieure à l’ÉCOF). D’autres désirent se joindre au groupe dirigé au sein de l’Église copte (mais de rite occidental) par le père Alphonse Goettmann, et enfin certains envisagent d’entrer dans l’Église orthodoxe « de rite oriental ». On en saura plus à l’issue de la prochaine assemblée générale de l’UACORO en octobre. Cette AG risque fort d’être la dernière.

Glicheie a parfaitement raison de nous inviter à prier pour que cessent ces errances hors de l’Église orthodoxe.

La possibilité d’un rite occidental au sein de l’Église orthodoxe existe depuis que l’Église russe a reconnu un tel rite dans l’espoir d’attirer des fidèles venant des Églises de la communion anglicane (aux USA ils portent le nom “d’épiscopaliens”). Il existe bien quelques communautés de ce type (maintenant c'est dans l’Archidiocèse américain du Patriarcat d’Antioche) mais il s’agit surtout d’anciens épiscopaliens traditionnalistes qui aiment pouvoir dire à leurs ex-coreligionnaires (restés épiscopaliens) « Vous voyez bien qu’on avait raison et qu’on pouvait rester ce que nous sommes tout en gardant une structure hiérarchique. » Ils se mêlent peu à la vie de l’Église orthodoxe, restent entre eux et sont en quelque sorte léthargiques.

Mais y a-t-il vraiment une bonne raison à ressusciter un “rite occidental” ? En dehors de toute question d’authenticité je crois qu’il faut répondre par la négative. L’histoire de l’Église n’est pas le fruit de l’expérience humaine, si l’Esprit l’avait voulu, les “autres rites” auraient survécu. La liturgie byzantine, qui ne se réduit d’ailleurs pas au texte des deux anaphores, mais qui comprend un gigantesque trésor de textes, de prières, d’hymnographies, de fêtes fixes et mobiles, de cycles de lectures, représente pour nous un trésor inépuisable. L’Église -- bien que pour un certain nombre de siècles elle se soit identifiée avec l’Orient, -- a fait un très grand effort de synthèse, de tri, de pédagogie, de commentaire, qui de nos jours ne cesse d’émerveiller et d’attirer les occidentaux lorsqu’ils viennent à le découvrir. Tous ceux qui ont pratiqué pour un temps plus ou moins long le pseudo-”rite des Gaules” puis se sont mis à pratiquer le rite orthodoxe dans sa plénitude comprennent quel appauvrissement représentait cette tentative artificielle.

Quant à l'authenticité du rite occidental et à ses vertus supposées, nous en avons déjà amplement discuté dans ce Forum.

Le rite que certains croient être seulement “oriental” attire de plus en plus directement les occidentaux et les comble de tout ce dont ils ont besoin.
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GIORGOS
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Message par GIORGOS » mar. 06 sept. 2005 21:48

Message édité :

Je crois avoir compris les inquiétudes de Jean-Marc: la nostalgie d’un « rite latin » dans l’amour duquel les catholiques d’antan avaient été formés au même temps qu’ils recevaient une instruction dogmatique plus rigoureuse que celle dispensée dans les dernières décades.
Mais la dogmatique a-t-elle perdu son attraction, et avec elle « l’ancien » (en vérité moderne) rite. C’est l’église même du Pape, laquelle a jeté aux orties le plus proche de ses passés !... après d’avoir jeté a la poubelle ses autres passés antérieurs…
Je comprends très bien les nostalgiques, et nous, nous les orthodoxes, n’allons pas à rire devant des hétérodoxies successives et ses petites chapelles passéistes. Mais on ne peut pas demander à l'Eglise Orthodoxe de maintenir ce que la communauté hétérodoxe d'origine a elle même écarté...
Certes le latin, le chant romain, le chant dit grégorien, sont toutes des expressions valables et même de valeur… et sous l’aspect de l’activité pastorale des instruments que l’Eglise Orthodoxe du Christ peut maintenir pour réconforter des fidèles nouveaux-venus (ou « re-devenus », si vous voulez) a son sein. Mais ces expressions, elles ne l’enrichissent pas !, parce que l’Eglise n’a pas de carence ni elle a besoin de rien.
Quant aux Pères latinophones (orthodoxes, bien sur) nous n'avons pas autre chose a faire qu’a les écouter (ou lire) et apprendre , en élèves, comme face a tous les Pères, grecophones, arabophones ou autres.
De même, nous avons le plus grand intérêt pour les écrivains ecclésiastiques, genre Eusèbe de Cesarea, Tertullien ou autres pourvu qu’ils témoignent de la vérité et que ces écrits n’aient pas souillure aucune d’hérésie.
Dernière modification par GIORGOS le mer. 07 sept. 2005 21:04, modifié 3 fois.
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Antoine
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Message par Antoine » mar. 06 sept. 2005 23:16

[quote=Jean-Marc"]le latin que vous n'aimez pas [/quote]
Voilà une conclusion style catholique romain qui n'a rien à voir avec ce que j'ai écrit. On peut aimer Tacite et ne pas apprécier Tertullien; aimer la langue de la Guerre des Gaules et trouver que le Filioque ou la papauté sont des hérésies ou encore aimer le latin et préférer la déification à la prédestination.
Quelle différence entre le confessional obscur de la honte et l'accueil miséricordieux du prêtre orthodoxe qui prononcera l'absolution devant l'assemblée! C'est là que ça se joue. Metanoia et déification contre indulgences papales. Tiens, vous avez vu qu'elles sont remises à l'ordre du jour pour les JMJ? Un strapontin au Royaume pour le sacrifice de quelques jours à Köln. Mais là encore vous allez en déduire catholiquement que je n'aime pas l'allemand et je serai obligé de vous avouer que je préfère Rilke et Hölderlin à Beaudelaire et ein gemütliches Abendbrot à une blanquette de veau.
"So Entzognes ist am meisten dein".

Glicherie
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Message par Glicherie » mer. 07 sept. 2005 12:14

Anne-Geneviève, ce sont pourtant des informations qui viennent en partie de Juvisy. Mais ce n'est pas là l'important.

Sachez que nous prions pour que vous intégriez tous l'Eglise Orthodoxe, seule Arche du Salut.

Si mes inquiétudes sont infondées, tant mieux.
Si vous vous préparez à la célébration de la liturgie orthodoxe en prévision d'intégrer l'Eglise, bravo. Je ne peux que m'en réjouir.

Nous souhaitons tous, j'en suis persuadé, que ce passage mortifère par un vide canonique et l'absence de la Communion aux saints corps et sang de notre Seigneur soit achevé et que vienne le temps pour vous de la Resurrection.

Quant à la communion entre les coptes et l'Eglise Orthodoxe, elle n'existe pas pour le moment, non plus avec le Patriarcat de Constantinople.
Reconnaitre leur orthodoxie comme il se fait à Saint Serge, ne revient pas à les considérer membres de l'Eglise Orthodoxe.

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