Page 2 sur 3

Publié : jeu. 24 févr. 2005 14:42
par Glicherie
Loin de moi l'idée de répondre à la place de Jean-Louis Palierne, mais il me semble que tout loin de là n'a pas été traduit en anglais.

je crois que les anglophones ont surtout beaucoup profité des traductions du russe, et des ouvrages théologiques afférents.

Il doit y avoir des lacunes pour les ouvrage serbes (jusqu'aux traductions de Jean_Louis Palierne nous n'avions rien, et encore dévouvre t'on seulement maintenant Justin Popovic, St Nicolas Vélimirovic...), grecs.

Pour le roumain, il n'y a pas tant de choses que ça de traduites. Même si cette langue n'est pas dure à apprendre pour les français, il serait bon de donner accès aux francophones sans efforts.

Le Samizdat est illégal par définition, sauf accord de l'auteur (et éventuellement de la maison d'édition).

Mais bon...

Publié : jeu. 24 févr. 2005 18:03
par Jean-Louis Palierne
Je crois que le besoin n°1, et de loin, est de traduire les Pères de l’Église. Tout n’a pas été traduit. Par exemple très peu de Saint Cyrille d’Alexandrie. Et les pères postérieurs à saint Jean Danascène sont presque ignorés en Français.

Mais il ne suffit pas de traduire en “français courant”. Beaucoup de traductions sont simplement correctes, mais passent à côté de la résonnance spirituelle des vieux textes. Et jusqu’ici les traducteurs français trop souvent se contentent de ne voir dans les textes spirituels que des témoignages historiques ou littéraires, des expériences personnelles. Les débats théologiques en sont affaiblis. (D'ailleurs les textes que l'on a choisis pour les traduire sont surtout ceux qui semblent présenter un intérêt historique)

Mais je crois qu’il faut éviter à tout prix de traduire à partir d’une traduction dans une autre langue, et surtout d’une langue moderne comme l’anglais. Par contre si on traduit à partir du texte original grec, on peut très bien se vérifier sur une traduction existant dans une langue moderne, comme l’anglais (ou l’italien, ou l’allemand pour ceux qui peuvent). Soyons lâches : le travail peut s’en trouver très facilité !

Le problème des langues modernes est qu’elles partent toujours du point de vue subjectif, de l’impression, du sentiment, de l’apparence, ou à l’inverse de l’aspect institutionnel, politique. Il faut toujours forcer un peu les langues modernes pour rester au niveau de l’objectivité (même spirituelle) des Pères.

Autrefois on enseignait le grec dans les lycées (j’ai eu cette chance). Aujourd’hui il a presque disparu. Il faut donc le réapprendre. S’il y a une langue à étudier pour les néophytes orthodoxes que nous sommes, c’est bien celle-là. Mais ce n’est pas une langue facile.

J’ajoute qu’il n’y a pas d’autorisation à demander à un éditeur, s’agissant des textes patristiques. Donc on peut faire du “samizdat”.

Parmi les langues modernes, il y a eu avant 1917 une très importante littérature savante en russe. Presque rien n’a été traduit. Beaucoup devrait pouvoir être traduit. On pourrait trouver bien des pistes en lisant Les voies de la Théologie russe de Florovsky. Et avec ces textes aussi on peut faire du samizdat.

J’aimerais bien que parmi les Roumains, qui ont une grande connaissance du français quelqu’un se dévoue pour nous traduire de bons traités de théologie (patristique, liturgique etc).

Il y a aussi le grec moderne qui peut nous offrir une très abondante littérature spirituelle. Et quand on fait l’effort d’apprendre le grec classique, apprendre en plus le grec moderne est un effort supplémentaire (ce n’est pas la même langue), mais c’est moins que d’apprendre une langue totalement différente : 1 + 1= 1,5

Mais il ne faut pas négliger l’anglais, car de nombreux américains ont découvert l’Orthodoxie et certains l’étudient avec le plus grand sérieux. On peut commander (on line) des livres très traduisibles. Et tout de même l’anglais est de nos jours largement connu. (On peut aussi fréquenter des forums sur Internet, ou recevoir des listes de correspondance où on trouve parfois des points de vue très intéressants et des informations très précieuses)).

Je voudrais ajouter que traduire, et surtout traduire un ouvrage réellement spirituel, quelle que soit la langue à partir de laquelle on traduit, est tout autre chose que de faire de la traduction simultanée entre deux langues que l’on sait parler. J’ai vu des spécialistes de la traduction simultanée exercer leur métier dans des rencontres internationales. Je trouvais que c’est tout à fait admirable (et nerveusement épuisant).

Mais la traduction d’un livre est tout autre chose. Il faut se lire et se relire vingt fois pour bien pénétrer la pensée de l’auteur, comprendre son cheminement et se forger un vocabulaire correspondant à sa pensée. Les dictionnaires bilingues sont en général de peu d’aide — j’entends lorsqu’on aborde les points fondamentaux d’un ouvrage spirituel orthodoxe. Il faut forger une langue théologique orthodoxe française.

Publié : ven. 18 mars 2005 10:07
par samuel
Où en sommes nous de ce projet, et quel pourraient être les premières traductions a attaquer, et pour les barbares, les traités de théologie à traduire (du roumain, russe, ...) ?

Publié : ven. 18 mars 2005 15:33
par Jean-Louis Palierne
Si quelqu'un veut traduire du grec, je crois qu'il faudrait traduire avant tout saint Photios et saint Marc d'Éphèse.

Si vous pouvez et voulez traduire à partir du russe, je pense que le mieux serait de se fier aux appréciations formulées par le père Georges Florovsky dans Les Voies de la Théologie russe que j'ai traduit à l'Âge d'homme. Il y a l'énumération d'un certain nombre d'ouvrages savants fin XIXème-début XXème. Je ne parle pas de la "philosophie religieuse", mais des ouvrages de patristique, de théologie, d'histoire, de liturgie.

Côté roumain je ne sais pas bien, mais je suis convaincu qu'il faut commencer par l'œuvre du père Staniloae. Et du roumain aussi il y a certainement des manuels à traduire.

Je crois que l'erreur que commettent ceux qui veulent traduire de la littérature orthodoxe est de s'orienter uniquement vers des vies de saints hommes, des témoignages de spirituels. On veut faire du spirituel et éviter le théologique. C'est très français : on voudrait du témoignage, du vécu, du senti. À mon avis il raudrait faire le contraire.

AUTRES TRADUCTIONS

Publié : ven. 18 mars 2005 15:43
par Jeanne Saint Gilles
Supposons qu'un livre a été publié en anglais par une maison d'édition américaine et que j'achète le livre :

- puis-je le traduire et diffuser ma traduction sans rien devoir à personne (si l'auteur est mort ou si l'auteur est vivant)

Car je connais de bons livres en anglais et je crois personnellement être capable d'en faire des traductions en conservant correctement le sens même si je ne garantis pas contre d'éventuels lourdeurs (nétant pas agrégé d'anglais). A noter que dans le lien que nous signalais Jean-Serge au sujet de la publication des intervention à la Conférence de Thessalonique sur l'oecuménisme (www.uncutmountain.com), les auteurs de ce site disent que leur but jsutement est de traduire des écrits orthodoxes en majorité du grec... Par ailleurs, ils mettent à disposition gratuitement de larges extraits de leurs traductions.

A mon avis, si quelqu'un veut se lancer dans ce domaine, il pourrait prendre contact avec ces personnes, d'autant qu'il est peut-être possible d'envisager des traductions depuis l'anglais... J'ignore si une double traduction grec----------->anglais----------->français permet de garder le sens mais je pense que oui...

Publié : ven. 18 mars 2005 16:01
par Jean-Louis Palierne
Il est toujours extrêmement préférable de traduire un texte de la langue originale et non d'une traduction. Mais on peut toujours avoir une traduction sous les yeux. Cela peut toujours aider le travail de traduction.

Il faut avant tout bien connaître la langue vers laquelle on traduit. Ce qui ne me semble pas évident quand je lis vos textes, à commencer par la citation finale : « Jérusalem quand pourrais-je te voir ? » où de toute évidence vous entendez le "pourrai-je" au futur, alors que vous l'écrivez au conditionnel.

Il ne faut pas oublier les droits d'auteur. Si vous pensez aux livres orthodoxes américains (il y en a de très bons certes) ils sont très certainement attentifs à cela.

souscription

Publié : dim. 20 mars 2005 16:29
par cathaga
Je peux souscrire pour 5 livres.
je propose aussi mes services pour la relecture et la correction (je suis journaliste).
Y a-t-il véritablement un projet d'édition en cours ?
Catherine

Publié : dim. 20 mars 2005 22:40
par Claude le Liseur
Oui, il y a véritablement un projet en cours, qui devrait voir le jour d'ici fin 2005.

Je rejoins l'opinion de Jean-Louis: à mon avis, il serait important de traduire des manuels comme ceux qui sont utilisés dans les facultés de théologie, et je pense en premier lieu à la superbe Théologie morale orthodoxe de feu Mgr Nicolas (Mladin), métropolite de Sibiu et de Transylvanie, récemment rééditée (2003) par les soins de l'Archevêché d'Alba Iulia. Ou à des manuels de droit canonique comme celui de l'archidiacre Floca en roumain ou du professeur Boumis en grec. Peut-être faudrait-il aussi traduire la Démonologie de Matsoukas.
Mais je ne me fais pas trop d'illusions sur les possibilités de publier certains de ces livres avant longtemps: le manuel de Mgr Nicolas représente 2 volumes de quelque 500 pages chacun. On commençera sans doute avec des textes plus courts.

Il serait sans doute utile de traduire des livres de recettes de cuisine carémique, ce qui représente toute de même de l'orthopraxie fort utile. J'en ai en anglais, en allemand et en roumain, et n'en connais aucun en français!

Recettes caêmiques

Publié : lun. 21 mars 2005 9:35
par Jean-Serge
Vous trouverez des recettes carêmiques sur le site du hiéromoine Cassien des VCO...Pour ceux qui seraient intéressés... à la rubrique publication...

http://membres.lycos.fr/orthodoxievco/

Publié : lun. 21 mars 2005 12:03
par hilaire
il y en a aussi à la librairie saint serge, mais je ne me rappelle pas des références précises, en tout cas c'est en français! en cyrillique je n'aurais pas été en mesure de comprendre de quoi il retournait!

Publié : mer. 23 mars 2005 11:19
par Makcim
Possibilité de commander :

Recueil de recettes de Carême composé par la Paroisse orthodoxe des Saints Anargyres Cosme et Damien
Préface de Dominique Beaufils
Synoptique des jours de jeûne
Recettes

260 Chaussée Brunehault
7134 Péronnes-les-Binche BELGIQUE
tél. 32(0)65354174 - 32(0)71651617

Saint et fructueux Carême !

Questions au lecteur Claude

Publié : mer. 23 mars 2005 14:21
par Jeanne Saint Gilles
Bonjour,

Vous semblez indiquer essentiellement des livres écrits par des auteurs roumains. Est-ce dû à une plus grande disponibilité des traducteurs? Souhaiteriez-vous des traducteurs bénévoles ou pas connaissant d'autres langues et se proposant de traduire?

Et pourquoi traduire un ouvrage sur la Démonologie? De quoi parle-t-il? Des démons? S'il s'agit des ouvrages de type ésotérique disant tel démons s'appelle X et fait telle chose, en a-t-on besoin réellement?

Re: Questions au lecteur Claude

Publié : mer. 23 mars 2005 22:21
par Claude le Liseur
Jeanne Saint Gilles a écrit : Et pourquoi traduire un ouvrage sur la Démonologie? De quoi parle-t-il? Des démons? S'il s'agit des ouvrages de type ésotérique disant tel démons s'appelle X et fait telle chose, en a-t-on besoin réellement?
Nicolas Matsoukas est professeur de théologie dogmatique à l'Université de Thessalonique. Il est auteur, entre autres, d'une histoire de la philosophie byzantine et d'une étude sur le problème du paradis.
Son traité de démonologie (plus sobrement intitulé O Satanas dans la version originale grecque) constitue le tome IV de sa Dogmatique.
Je signale cependant que je n'ai l'ouvrage que dans la traduction roumaine (Editura Bizantina, Bucarest 2002), achetée au stand roumain du salon du Livre de Genève voici quelque deux ans. La traduction devrait bien sûr être faite d'après le texte original grec.
Pourquoi le traduire? D'abord parce qu'il ne me semble pas inutile de connaître l'enseignement de l'Eglise sur le problème du Mal, et particulièrement du père du mensonge. Ensuite parce que ce livre est unique dans le paysage actuel, à l'heure où une certaine traduction du Notre Père a tenté de remplacer le "délivre-nous du Malin" par un "délivre-nous du Mal"....

Souscdription pour édition de livres orthodoxes

Publié : mar. 19 avr. 2005 18:09
par eliazar
La suggestion-proposition de publication a été postée par Claude pendant la période où j'étais absent et je la découvre par hasard.

Bien sûr, je suis d'accord pour m'inscrire pour 3 exemplaires.

NOTA : Pour des ouvrages plus conséquents, comme ce Manuel de 2 volumes de 500 pages dont il a été question - pourquoi ne pas envisager la formule si utile (et si répandue au XIX° siècle) de la publication par livraisons - c'est à dire par paquest de plusieurs fascicules ? C'est une bonne solution pour les petites bourses, mais aussi pour le(s) traducteur(s). Et puis de toute manière un tel ouvrage ne se lit pas non plus d'une traite !

Publié : lun. 11 juil. 2005 15:19
par samuel
Est-ce que le projet avance, prend forme ?

Prions pour qu'il aboutisse.