11 novembre: tropaire de saint Martin de Tours

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Claude le Liseur
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11 novembre: tropaire de saint Martin de Tours

Message par Claude le Liseur » jeu. 11 nov. 2004 2:17

Composé par le hiéromoine Denis Guillaume en 1994

Ton 4

Brûlant de zèle pour le vrai Dieu, * en moine et pontife tu l'as servi; * dans le ciel tu as trouvé la couronne des saints * et sur terre grande gloire, Martin; * pour vêtir un pauvre tu partageas en deux ton manteau, * dont tu vis ensuite le Christ revêtu; * dans les campagnes tu portas la lumière de la foi * et de tes miracles mainte ville fut témoin. *Père célébré dans tout l'univers * pour ton zèle de pasteur et ton ardente charité, * en faveur de nos âmes prie le Christ notre Dieu.

N.B.: En Grèce et en Roumanie, il convient de célébrer la mémoire de saint Martin de Tours le 12 novembre; en Russie, le 12 octobre.

Thomas
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Message par Thomas » jeu. 11 nov. 2004 10:00

Bonjour,

Qu'est-ce au juste qu'un tropaire ? (excusez mon ignorance :oops: )

Bien à vous,

- Thomas -

Maxime
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Message par Maxime » jeu. 11 nov. 2004 13:25

Cher Claude,
pouvez-vous préciser qui a composé les tropaire et kondakion en usage à l'église de Tours :
Tropaire de saint Martin, ton 4
Ta miséricorde envers le pauvre sans vêtement t’a valu, ô Martin,
De contempler le Christ qui disait aux anges :
Martin m’a revêtu de ce vêtement,
Aie pitié de nous qui sommes pauvres
Et qui n’avons pas d’œuvres bonnes pour nous vêtir,
Et prie le Seigneur de l’univers
Qu’il fasse miséricorde à nos âmes.

Kondakion de saint Martin, ton 2
Humble et simple de cœur, évêque Martin ;
Tu as fait paître ton troupeau, Tu as guéri les malades et chassé les démons
Tu as dompté le feu et tu as ressuscité les morts.
Par ta vie angélique et ta prière incessante
Tu as rendu fertiles les cœurs assoiffés
Et offert au Seigneur de la vigne une vendange surabondante.
Ô pontife vraiment saint qui ne juges personne
Assiste-nous à l’heure redoutable du jugement.
[url=http://la-france-orthodoxe.net]la-france-orthodoxe.net[/url]
[url=http://fr.hristianstvo.ru]fr.hristianstvo.ru[/url]
[url=http://pravoslavie.ru]www.pravoslavie.ru[/url]

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » jeu. 11 nov. 2004 18:18

Un tropaire est un chant court résumant le sujet d'une fête.

En ce qui concerne le tropaire chanté à saint Martin chanté par les orthodoxes de Tours, j'ignore qui est son auteur.

Il existe aussi un autre office à saint Martin le Miséricordieux, composé au monastère Saint-Nicolas-de-la-Dalmerie en 1992 et publié dans le numéro 96 de la revue Paix, Le Bousquet d'Orb 1998. Le tropaire de cet office est:

Ton 1

Tu es apparu comme un vaillant soldat du Christ, ô Pontife Martin; Moine, tu affermis tes frères par tes combats de vertu et ton ardente charité; Evêque, tu illuminas ton peuple par la puissance de tes actes et de tes paroles, comme par la force de ta sagesse. Gloire au Christ qui t'a glorifié, gloire à celui qui par toi fit des merveilles, gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Il y aurait donc déjà trois offices français à saint Martin en circulation: celui du monastère Saint-Nicolas, celui du hiéromoine Denis et celui de la paroisse de Tours.

J'en profite donc pour poser la question: y a-t-il un acathiste en français à ce saint?

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » jeu. 11 nov. 2004 21:00

Rappelons aussi au passage que saint Martin est, avec l'Archange Michel (lui protecteur principal de la Roumanie), le patron principal de la France, pays où 485 localités portent son nom, ainsi que le patron secondaire de la Hongrie, que sa couleur figure sur le drapeau français (tricolore = bleu de la chape de saint Martin + blanc de la monarchie + rouge de l'oriflamme de saint Denis), et que sa fête selon le calendrier julien révisé coïncide pour le moment avec un jour qui est férié en France, au Canada, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, chance dont ne bénéficient pas tous les saints orthodoxes, loin de là...

Mais est-ce vraiment une coïncidence si l'hécatombe qui menaçait d'anéantir complètement le pays dont il avait toujours été considéré comme le protecteur principal prit fin le jour de sa fête, à la onzième heure, le onzième jour du onzième mois?

Alors, chers orthodoxes, n'oublions pas d'honorer l'apôtre des Gaules, d'autant plus que l'exemple de travail missionnaire qu'il a donné est plus d'actualité que jamais.

De même que son rejet de la condamnation à mort prononcée contre l'hérétique Priscillien est un exemple de refus du recours au bras séculier que les siècles ultérieurs, du moins en Europe occidentale, renièrent totalement, et ce avec les plus graves conséquences pour la vie religieuse.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » jeu. 11 nov. 2004 22:00

La basilique de saint Martin avait jadis la réputation d'être la plus grande église de France. Elle fut détruite à la Révolution.

Quelqu'un serait-il capable de retracer l'histoire de la redécouverte des reliques ? Si ma mémoire ne me trompe pas, son corps a été brûlé lors de la Révolution française (comme d'ailleurs beaucoup d'autres). Un habitant de la ville alla durant la nuit suivante récupérer quelques fragments encore identifiables sur le bûcher et les cacha chez lui, murés dans sa cave. La rumeur en courut à Tours, mais nul ne savait où ces fragments se trouvaient. La maison passa de mains en mains puis, un siècle environ après le bûcher le saint apparut en songe à un habitant très pieux surnommé "le bon monsieur de Tours" (un personnage historiquement identifié je crois). Il acheta la maison, fit des fouilles dans la cave et retrouva les fragments de reliques. Ce sont eux qui sont maintenant conservés (avec d'autres fragments conservés dans d'autres églises) dans la crypte de la basilique néo-romane qui fut construite, par souscription nationale, de façon que son autel, et les reliques qui se trouvent en-dessous, se trouvent exactement à l'endroit où se trouvait jadis l'autel de la basilique antique (mais la nouvelle est beaucoup plus petite et orientée nord-sud). La crypte dut être achevée peu avant 1914 et les fragments de reliques y furent déposées. Après le 11 novembre 1918, de nombreux anciens combattants y firent poser des ex-votos à la gloire de saint Martin, au premier rang desquels se trouve celui du maréchal Foch.

Je ne raconte cela que de mémoire. J'aimerais bien qu'on puisse apporter précisions et confirmations. En particulier, qui était ce "bon monsieur de Tours" ?

Ma famille habitait en 1940 à Tours, où j'ai vu passer l'exode des réfugiés. Vous savez peut-être que devant le lamentable spectacle de la débâcle française, les élèves-officiers de l'école de cavalerie de Saumur prirent l'initiative d'une résistance improvisée (avec des armements de fortune) à l'avancée allemande, sur les ponts de la Loire, dont à Tours. L'artillerie allemande écrasa et incendia le centre de la ville. L'incendie s'arrêta exactement à la limite de l'ancienne basilique de saint Martin, à tel point qu'il en dégagea quelques fragmants oubliés au milieu des maisons (je me souviens d'une absidiole).

Les cadets de Saumur procurèrent ainsi quelques jours de répit pour ceux qui fuyaient sur les routes de France, civils et militaires
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr

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